Stanislas Guerini : "Les Français sont les grands absents de cette campagne"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteÉludée
Est-ce qu'il n'y a pas un mélange des genres dans son costume de président et celui de candidat ?
- 0:43RelanceRéponse partielle
Comment éviter le piège d'être à la fois candidat et président ?
- 1:37OuverteRéponse partielle
Dans la forme, cette vidéo est léchée, sans contradiction. Ça va lui être reproché ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Cette vidéo tournée à l'Elysée, c'est le candidat ou le président qui nous a parlé ?
- 3:45OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron est sur tous les fronts. Est-ce que cette campagne n'est pas déjà pliée ?
- 5:14OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'Emmanuel Macron va participer à des débats télévisés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de piège à éviter. »
- 1:04Invité politiqueFait
« Le président de la République va devoir continuer à présider la destinée de notre nation. »
- 2:42Invité politiqueFait
« Ce sont eux qui sont les grands absents, pour l'instant de cette campagne. »
- 4:05Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, le premier parti de France, c'est l'abstention. »
- 4:32Invité politiqueChiffre
« Il y a 15%, je crois, de moins par rapport à l'élection présidentielle de Français certains d'aller voter en 2017. »
- 9:26Invité politiqueFait
« Il travaillait plus longtemps. »
- 9:36Invité politiqueChiffre
« Plus de justice aussi en permettant à ceux qui ont travaillé toute leur vie de bénéficier d'une retraite minimale. Plus de 1000 euros. »
- 15:20Invité politiqueChiffre
« Il y avait 200 000 apprentis par an, au début du quinquennat. C'est plus de 700 000 aujourd'hui. »
- 16:31Invité politiqueChiffre
« Nous arriverons à multiplier par 5 l'énergie solaire, par 2 l'énergie éolienne. »
- 17:12Invité politiqueChiffre
« Un tiers du plan de relance, 30 milliards d'euros, consacré justement à la transition écologique. »
Temps de parole
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Bonjour Stanislas Guérini, délégué général de La République En Marche. Vous avez un rôle de premier plan dans l'organisation de la campagne du candidat Macron. Alors après la lettre jeudi soir, voici donc la vidéo hier soir, 4 minutes 30 d'Emmanuel Macron, filmé un peu comme dans une série télé, au travail, dans son bureau. Il évoque d'ailleurs des coups de fil avec Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky. Est-ce qu'il n'y a pas d'ailleurs un peu un mélange des genres dans son costume de président et celui de candidat dans cette vidéo ?
Vous conviendrez qu'il est quand même un peu paradoxal que ceux qui disaient hier qu'il fallait à tout prix que le président soit candidat,
le critiquent aujourd'hui d'être aussi président. C'est toute la difficulté, comment éviter le piège d'être à la fois candidat et président ? C'est à vous notamment En Marche de lui insuffler peut-être ça ?
Il n'y a pas de piège à éviter. La réalité, je crois que chaque Français le comprend parfaitement. C'est que jusqu'au dernier instant de ce quinquennat, le président de la République va devoir continuer à présider la destinée de notre nation et plus encore, quand on voit le contexte international de guerre, non pas aux portes de l'Europe, mais sur notre continent. Et donc le président de la République, jusqu'au bout, devra assumer pleinement ses fonctions. Il va faire cette campagne.
Il profitera de chaque instant qui lui sera donné pour présenter sa vision pour les cinq prochaines années, ce qui manque tant dans cette campagne électorale pour l'instant pour présenter son projet aux Français, mais il le fera nécessairement dans une forme qui n'est pas totalement celle qu'il aurait pu lui-même anticiper.
Dans la forme, justement, on y voit un président candidat avec pas de contradiction dans cette vidéo. C'est léché comme mise en scène. C'est un peu confortable, sans contradiction, une vidéo qu'il valorise. Ça va lui être reproché, cette mise en scène, encore une fois.
Mais il faut qu'il y ait des moments où il puisse s'exprimer, expliquer les choses. Il a eu cette démarche de déclaration de candidature qui était, je crois, la seule possible, en adressant un courrier aux Français, dans une forme de sobriété, de gravité aussi, au regard de la situation internationale, qui était, je crois, nécessaire. Mais il faut expliquer les choses, donner du sens, parler aussi du bilan de ce quinquennat, parce que c'est un socle de crédibilité pour pouvoir justement se projeter. Il faut être innovant, vous me posiez la question à l'instant, pour trouver des formes d'expression un peu nouvelles, un peu directes.
Mais ce qui sera très important, c'est d'avoir des moments de confrontation, au sens positif du terme, de conversation, au fond, avec nos concitoyens. Je crois que le plus important, c'est de parler directement aux Français. Au fond, ce sont eux qui sont les grands absents, pour l'instant de cette campagne, où les candidats ne parlent que d'eux-mêmes, où le débat se fait sur les ralliements des uns et des autres, sur les trahisons des autres, sur les exclusions des troisièmes, je crois que ça, ça ne sont pas les grandes questions du pays pour demain.
Mais encore une toute petite question sur cette vidéo, qui est tournée à l'Elysée. Donc c'est le candidat ou c'est le président qui nous a parlé ? C'est normal ça ?
Vous savez, le président de la République vit à l'Elysée. Pardon de rappeler cette banalité, mais il y travaille.
Mais il est candidat depuis deux jours.
Oui, il y a d'ailleurs une aile privée à l'Elysée, avec un bureau, dans lequel cette vidéo a été enregistrée, dans l'aile privée de l'Elysée. Il est président de la République. Et donc, qu'il consacre 4 minutes 30, 4 minutes 50, je crois que dure cette vidéo à répondre à une question qui lui est posée, et qui permet de donner du sens aussi. Eh bien, il me semble que c'est tout à fait légitime. Il va falloir trouver ces moments dans, au fond, les trous de l'agenda international, de l'agenda présidentiel, pour pouvoir s'exprimer, et par les visions, par les projets. Il faut mettre du contenu dans cette campagne.
Alors, Emmanuel Macron est aujourd'hui, de fait, sur tous les fronts, en tant que chef d'État, en tant que chef de guerre, en tant que chef de l'Union Européenne même. Est-ce que cette campagne n'est pas déjà pliée ?
Ah non, je ne crois pas du tout.
Ah bon ?
Je crois que dire cela, c'est oublier un fait qui est très important et qui est très peu commenté. Aujourd'hui, le premier parti de France, c'est l'abstention. Et je crois que le premier enjeu que nous avons, c'est d'abord de convaincre les Françaises et les Français de l'importance du choix dans cette situation d'embranchement, au fond, pour notre pays, que nous avons. Et donc, on est en train de parler de sondages, d'études d'opinion qui ne reposent sur rien du tout. Ce sont des sables mouvants, tout simplement parce que les Français n'ont pas encore fait leur choix.
Vous savez, il y a 15%, je crois, de moins par rapport à l'élection présidentielle de Français, certains d'aller voter en 2017. C'est tout à fait considérable. Je pense que nous sommes dans une situation d'instabilité, dans un climat politique qui est au fond gazeux, donc explosif. Et c'est à cette situation-là qu'il faut répondre. Et la seule façon de le faire, je crois, c'est de projeter le pays. Pour l'instant, nous sommes dans une campagne, un peu au ras des pâquerettes, qui est faite de propositions techno, démago pour certaines. Et il faut proposer cette vision-là d'une société du plein emploi, au fond, avec une question posée, qui est notre capacité à reprendre en main notre destin.
Ça, c'est sur le fond, dans la forme, quand Valérie Pécresse lui demande de descendre dans l'arène pour débattre. Est-ce qu'Emmanuel Macron va prendre le temps de participer à des débats, télévisés notamment ?
Il y a dans la réaction des différents candidats et candidates aujourd'hui dans l'élection, une forme, à mon sens, d'aveu d'impuissance intellectuelle, d'impuissance d'ambition. De tous les candidats. J'ai vu, à l'instant où le président de la République déclarait sa candidature, comme derrière une sorte de ligne de départ virtuelle, les uns et les autres se précipitaient pour être les premiers à faire des sorties au vitriol sur le bilan du président de la République. Mais ça, on dit beaucoup de ce qu'est cette campagne, que chacun présente son projet pour le pays, que chacun présente sa vision. Et c'est sur ça que le débat doit se faire.
Mais vous ne répondez pas à la question. La question, c'est de savoir si Emmanuel Macron va participer à des débats télévisés parce qu'il le laisse entendre, là, dans sa vidéo. Il dit qu'il a envie de répondre à la controverse.
Mais moi, j'ai toujours pensé qu'il fallait qu'il y ait des moments de confrontation. Et d'ailleurs, le chef de l'État ne s'est jamais soustrait tout au long de ce quinquennat, qu'elle soit directe, en échange avec nos concitoyens, en ayant des formats avec des journalistes, avec vos confrères. Ce n'est pas décidé, il le fera. Moi, je crois, et je parle à titre personnel, que ce qu'il faut simplement éviter, ce sont ces moments de baltrap d'une certaine façon où vous avez un président sortant et tous les candidats à l'élection qui n'auront qu'une obsession qui est de montrer que ce sont eux les adversaires du deuxième tour, donc de créer un moment de confrontation. Ça, ça n'amène rien.
Ça ne permet pas le débat productif. C'est de la confrontation stérile. Et donc, il faut trouver les formes pour que cette confrontation-là soit au sens positif et surtout profitable pour nos concitoyens.
Mais dans la forme, donnez-nous des précisions ce matin. Est-ce qu'il y aura des meetings, par exemple, des débats ? Vous ne savez pas. Des meetings, on sait ou pas ? Ça se prévoit, les meetings ? Il puisse y avoir des moments de rassemblement. Il me semble que c'est légitime. Mais celui de Marseille, le 12, il est maintenu ou pas ?
Non, je n'ai pas à confirmer cette information ce matin, tout simplement parce qu'une caractéristique de cette campagne, c'est qu'on sera très agile dans l'organisation des choses. Pour vous répondre, je crois que les formes très classiques de meetings 100% militants, si je puis dire, elles sont peut-être un peu passées. Et dans une campagne très courte où on doit partager une vision, où on doit pouvoir répondre aussi aux interrogations des Français, je pense qu'il faut trouver des formes d'expression qui permettent aussi le dialogue et une forme de conversation avec les Français.
Combien de thématiques vous espérez réussir à aborder ? Parce qu'il reste quand même plus que 5 semaines.
Vous avez lu le courrier du président de la République. Il pose déjà un certain nombre d'axes sur notre capacité à bâtir une société du plein emploi, avec une priorité donnée pour le travail. Nous permettre d'investir et de continuer à investir dans ce qui doit être le fil conducteur, au fond, de ces deux quinquennats, si jamais les Français continuent à nous faire confiance. Bâtir une société du plein emploi. C'est-à-dire une société de la compétence, où on investit depuis la petite enfance jusqu'à la formation tout au long de sa vie pour pouvoir bâtir un modèle français et européen compétitif dans la mondialisation, qui permette de répondre à ces grands défis qui nous sont posés.
La transition démographique, la transition écologique, la transition numérique. Nous sommes au fond en train de vivre une nouvelle révolution industrielle. On a lu cette lettre aux Français, comme disait Karine. Parce qu'au XIXe siècle, il y a eu avec la révolution de la mécanisation et l'électrification. Il faut apporter des réponses, donner du sens à ça.
Ce sont un peu des grandes lignes que cette lettre. Je prends un exemple, les retraites. On sent que si Emmanuel Macron est réélu, on va relancer cette réforme des retraites. Mais qu'est-ce qui se dessine précisément après l'abandon de la réforme ? On ne sait toujours pas si Emmanuel Macron souhaite reculer l'âge légal du départ. Vous le savez, vous ?
Il a déjà eu l'occasion de s'exprimer. Il ne l'a pas repris dans cette lettre. Mais il avait dit les choses, me semble-t-il, assez clairement. Volonté de mener une réforme des retraites qui, à mon sens, est tout à fait cohérente avec les choix de société qu'on doit faire. On doit continuer à investir dans un certain nombre de priorités. Je pense notamment à l'autonomie pour pouvoir répondre justement à ce défi de la transition démographique. Alors oui, il faut faire la réforme des retraites. Et le président de la République en avait donné quelques grandes lignes. Il travaillait plus longtemps. Il a eu la clarté de le dire.
Mais aussi une réforme qui permette d'avoir plus de justice avec une convergence des différents régimes spéciaux. Et puis plus de justice aussi en permettant à ceux qui ont travaillé toute leur vie de bénéficier d'une retraite minimale. Plus de 1000 euros. C'était ça le projet que nous portions. Nous l'avons fait pour les agriculteurs, je vous le fais remarquer. Parce que je pense que c'est une très belle avancée de ce quinquennat. Eh bien, il faut que cette réforme de justice aussi, elle puisse profiter à l'ensemble de nos concitoyens.
Plus longtemps, soyons précis, c'est 64, 65, ça peut même aller jusqu'à 67 ans.
Cela, c'est le candidat qui le dira dans sa campagne. Parce que je pense qu'à un moment d'élection présidentielle, ça doit être l'occasion de préciser les choses.
Pour l'instant, ces équipes ne le savent pas.
Pour l'instant, les choses ne sont pas encore arbitrées. Parce que c'est lui qui fera cet arbitrage-là, une campagne présidentielle, c'est pas une élection régionale, c'est pas une élection cantonale, c'est pas un moment où, pour faire un programme présidentiel, on picore un bout ici et un bout là. Non, je crois que c'est un moment où la synthèse doit se faire autour d'un homme ou d'une femme, celui ou celle qui présidera au destin de notre nation. Et donc, c'est lui qui dira les choses.
Alors, dans sa lettre aux Français, il est question beaucoup d'école également, on comprend que ce sera un thème important. Il écrit, la priorité sera donnée à l'école et à nos enseignants qui seront plus libres, plus respectés et mieux rémunérés. Plus de liberté, ça veut dire quoi exactement ? Autonomie des établissements scolaires ?
Moi, je le souhaite. L'école, c'est totalement fondamental dans notre projet depuis le premier jour. Dans ce quinquennat, on a beaucoup investi dans l'école, notamment dans la petite enfance, mais pas que. L'accompagnement des devoirs faits au collège, la réforme du bac, la réforme de l'orientation professionnelle avec Parcoursup. Je crois qu'il est temps de poser un nouveau pacte dans notre société avec les professeurs. Et donc, ça veut dire quoi ça ? Ils doivent être remis au centre, respectés, protégés aussi, parce qu'ils pèsent sur leurs épaules beaucoup de charges. Celles que la société n'est pas toujours capable de prendre en compte, c'est sur les professeurs que les choses reposent.
Mais restons sur l'autonomie des établissements scolaires. J'y viens, J'y viens, J'y viens. Et puis, la capacité pour les établissements de pouvoir porter des projets pédagogiques propres. Voyez ce que le président de la République a lancé à Marseille. Cette ville qui a à la fois tant de difficultés, mais aussi tant de ressources et d'opportunités.
En investissant, en donnant des moyens aux établissements pour, avec plus d'autonomie, pouvoir un peu plus spécifier les projets pédagogiques, travailler sur le climat scolaire, avoir une capacité aussi de recrutement des enseignants, de pouvoir faire varier leur rémunération aussi pour porter vraiment un projet d'équipe dans un établissement, je crois que c'est attendu par un certain nombre d'établissements.
Ça sera dans les petites villes rurales ?
Je crois, je m'exprime à titre personnel ce matin. Mais c'est une question qui doit vraiment être posée. Et cette idée-là, que nous portions d'ailleurs déjà dans notre programme, en 2017, sur laquelle peut-être que dans ce quinquennat, on n'a pas pu aller totalement au bout, moi je crois que c'est souhaitable. Effectivement, que ça soit généralisé dans tout le pays. Et puis qui dit autonomie, dit évidemment évaluation. Parce que c'est très important de ne pas laisser les établissements hors du socle principal, général, qui doit être celui de l'éducation nationale. Mais donc, avec l'autonomie, doit aller l'évaluation.
Et je crois effectivement que c'est attendu par les parents, par les élèves, par les enseignants, pour peut-être créer un peu plus de bonheur à l'école. Parce qu'aujourd'hui, on voit que l'école concentre beaucoup d'anxiété, beaucoup de points de tension dans notre société. Et il est important, je pense, de se redonner les moyens pour que l'école puisse aussi créer du bien-être, créer du bonheur. Parce que c'est comme ça qu'on va bâtir une société de la compétence. C'est la seule voie, je le disais, pour bâtir un modèle efficace dans la mondialisation.
Stanislas Guérini, quand le président a écrit dans sa lettre, « Nous n'avons pas tout réussi », il reconnaît des erreurs, mais sans les nommer. Qu'est-ce qui, à vos yeux, n'a pas été réussi ces cinq dernières années ?
Peut-être parfois dans la méthode, dans la façon de construire les réformes. On a démarré ce quinquennat tambour battant, avec un certain nombre de réformes qui portent leurs fruits d'ailleurs aujourd'hui. On a parfois oublié la réforme de la formation professionnelle, celle du marché du travail, celle de la fiscalité, celle de la SNCF. Mais c'est vrai qu'au bout de deux ans de réformes très intenses, on avait un peu donné le tournis au pays, si vous me permettez cette expression. On voulait parler des gilets jaunes, en fait.
Et peut-être que cette sensation d'avoir perdu un petit peu le sens, la boussole, ça a aussi suscité un certain nombre de colère, parce que nos concitoyens, peut-être, ne voyaient pas exactement où est-ce qu'on voulait les emmener. C'est donc le mode de gouvernance qui n'a pas toujours fonctionné ? Cette question de méthode, elle doit être absolument centrale. Il y a eu, évidemment, des erreurs factuelles. Mais d'ailleurs, le président de la République a eu, à plusieurs reprises, l'occasion de s'exprimer là-dessus. Il avait cité les réformes de début de quinquennat, où on avait augmenté de 5 euros les APL. Ça a été très largement compensé.
Mais vous voyez, on est exactement dans des exemples qui montrent que, s'il n'y a pas la boussole, s'il n'y a pas la direction générale de la vision de société désirable qu'on souhaite construire, alors, dans une société où la confiance démocratique s'est un peu érodée, les choses sont très difficiles. Et ce qui doit être notre obsession, c'est l'efficacité de la réforme.
Est-ce que sa présidence jupitérienne a été une erreur ? Est-ce que, dans l'hypothèse d'une réélection d'Emmanuel Macron, son style de gouvernance pourrait changer ?
Pas dans la capacité à prendre des décisions. Vous voyez, je mentionnais des réformes de début de quinquennat, je pense à la formation professionnelle. Si nous n'avions pas, à ce moment-là, fait cette réforme qui était dite infaisable, tout le monde nous disait, mais c'est même pas de temps là-dessus, l'apprentissage, ça fait des années, c'est un serpent de mer qu'on nous parle de l'apprentissage, et ça n'a jamais fonctionné. Il y avait 200 000 apprentis par an, au début du quinquennat. C'est plus de 700 000 aujourd'hui. Je crois que c'est peut-être la plus belle réussite de ce quinquennat.
Donc, non dans la capacité à prendre des décisions et à trancher, parce que je crois, et les Français le voient bien aujourd'hui, que c'est ça qu'on attend d'un chef de l'État. Mais pas sur tous les sujets. Mais peut-être. Effectivement, dans l'expression, dans la volonté d'explication, donner l'impression qu'on va moins un petit peu, quoi qu'il en coûte, vers la réforme, je pense que c'est peut-être là où les enseignements de ce premier quinquennat devront être tirés.
Il y a aussi les promesses non tenues. Vous évoquiez l'écologie. Où en est le doublement des énergies éoliennes ou solaires ? On en est où de ce projet ? Vous savez, c'est un sujet que je connais très bien.
C'est pour ça que je vous le pose. Moi-même, créé une petite PME pour installer des installations solaires, thermiques, photovoltaïques, des granulés de bois et donc des énergies renouvelables. Jamais dans un quinquennat, on avait autant énergie investie dans la rénovation thermique des bâtiments et dans les énergies renouvelables. Dans notre pays, les choses mettent parfois un peu de temps à se faire en termes de projet. Mais nous arriverons à multiplier par 5 l'énergie solaire, par 2 l'énergie éolienne. Et je pense que jamais on n'avait été aussi vite. Mais je vais être très clair, on a besoin d'accélérer encore la trajectoire. Je pense qu'il faut massifier cet investissement-là.
Ce sont les choix que le président de la République a annoncés pour projeter, justement dans cette question fondamentale, la souveraineté énergétique de notre pays. On voit bien avec la guerre en Ukraine à quel point c'est fondamental pour rester maître de notre destin. Et donc on va accélérer encore l'investissement et dans l'énergie nucléaire et dans les énergies renouvelables. Mais juste pour donner un chiffre, ça ne sert à rien d'abreuver de chiffres. Nous avons fait le plan de relance, 100 milliards d'euros. Un tiers du plan de relance, 30 milliards d'euros, consacré justement à la transition écologique.
Même les plus écolos des candidats de 2017 ne misaient pas sur une telle trajectoire. Il faut poursuivre ce changement de trajectoire pour les années qui viennent. C'est pour ça qu'on a besoin de faire des choix de société. C'est pour ça qu'on a besoin de continuer à faire des réformes de structure pour dégager des moyens, pour investir et faire ce chantier du siècle qui est sous nos yeux, qui est de rénover les bâtiments publics et privés de ce pays. Et il nous reste 30 secondes.
Alors restons dans bilan et perspective et programme. Vous aviez promis une nouvelle ère politique, une nouvelle ère institutionnelle, une nouvelle manière de faire de la politique, des institutions rénovées, des Français qui se sentiraient mieux représentés. Ça, ça n'a pas marché quand même.
Je ne suis pas totalement d'accord. J'imagine. C'est le jeu. Mais je veux évidemment, et je crois que je l'ai fait, évidemment prendre le point, si vous me passez l'expression, sur le fait qu'on n'a évidemment pas tout réussi. Mais regardez que dans ce quinquennat quand même, il y a eu le grand débat national, il y a eu la Convention citoyenne pour le climat, et je pense qu'il ne faut pas en rester là demain. Cet objet démocratique nouveau qui permet de réconcilier la démocratie participative et la démocratie représentative. Merci. Je pense que ça sera aussi un danger pour le prochain quinquennat.
Merci Stanislas Guérini, député de Paris, délégué général de La République En Marche. Je précise que vous serez vous aussi, on a reçu tout à l'heure François Ruffin, vous serez vous aussi à La République pour soutenir les Ukrainiens.
Pas pour la même raison, mais pour être en solidarité avec l'Ukraine, aux côtés, je l'espère, du plus grand nombre possible de nos concitoyens, parce que les Français doivent montrer que nous sommes un peuple uni, attaché à la démocratie, attaché aux libertés, et solidaires totalement avec nos amis ukrainiens.
Merci Stanislas Guérini, il est 9h moins 20. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.