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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 22 juillet 2024 54 minContradictoireMixte

Y a-t-il un retour du militantisme ?

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Présentateur

France Inter Bonjour à tous, je suis très heureux de vous accueillir sur France Inter pour le débat de midi. Un salut cordial et affectueux à Paola Poirier qui a tenu avec brio les rênes de cette émission depuis le début de l'été et qui est désormais à Languilles sur une plage. La pauvre, elle doit bien s'ennuyer alors que nous, nous sommes enfermés à bronzer sous les spots électriques d'un studio de France Inter. Courage, encore un mois de vacances. Allez, pour ne pas lâcher la barre, il y a le débat de midi. L'occasion de revenir sur les sujets qui animent notre quotidien au XXIe siècle et vous l'aurez remarqué, la période est légèrement politique.

Depuis l'annonce de la dissolution de l'Assemblée Nationale par Emmanuel Macron le 9 juin dernier, nous sommes rentrés dans une sorte de quatrième dimension politique entre colère, attente, impatience et stupéfaction. Qui serait étonné, franchement, si le nouveau Front Populaire proposait le clone de François Mitterrand à Matignon ? Ou si Edouard Balladur revenait pour sauver les Républicains ? Personne, ce serait presque la normale. Pourtant, une chose de bien pourrait ressortir de cette étrange ambiance, le retour du militantisme. A chaque crise, les Français ont envie de s'engager. On l'a vu lors des marches pour le climat.

On l'a vu au moment de la réforme des retraites où les syndicats annonçaient des hausses surprenantes, de nouvelles adhésions. Alors, le phénomène va-t-il se produire ? Avec cette parenthèse politique, va-t-on assister à un retour du militantisme ? Pas forcément dans les partis politiques qui ressemblent à des mondes engloutis, mais via des associations, via de nouvelles formes de mobilisation, désormais, dur de suivre une ligne. Et si militantisme arrivait avec créativité, les questions sont nombreuses. Et on vous attend dans le débat de midi. Engagez-vous en nous laissant messages et notes vocales sur le WhatsApp France Inter au 01. Je vais retrouver le numéro de téléphone.

01 45 24 7000, 01 45 24 7000. Autour de la table, nous sommes déjà 5 militants du débat de midi. Il faut peut-être qu'on se calme sur les adhésions. Allez, c'est parti jusqu'à 13h. Jean-Mathieu Pernin, le débat de midi sur France Inter. Voilà, et pour en parler jusqu'à 13h de ce renouveau du militantisme, nous accueillons autour de la table Mathilde Caillard. Bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes militante pour Action, Justice, Climat. Et on vous connaît notamment sur Instagram, sous le pseudo MCDance pour le Climat. C'est vrai qu'on vous a beaucoup vu, notamment pendant la contestation des réformes des retraites, où vous étiez une personne qui dansait, qui ne marchait pas, qui dansait.

C'était ça votre manière de manifester. On retrouvera également Baptiste Cotrasse. Bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes sociologue du numérique, auteur de La Voix du Web, Nouveau Régime de l'Opinion sur Internet. Ça, c'est votre livre qui est publié au Seuil. Également, Louis Laridon. Bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes porte-parole des jeunes socialistes. Vous êtes élu notamment de la ville de Sergie. Et puis, Jade Zahab, bonjour. Bonjour. Vous êtes essayiste, auteur de Retrouver la République. C'est chez Cherche Midi, édition.

Alors, justement, Jade Zahab, à votre avis, en tant que citoyen français, aujourd'hui, la séquence politique que nous avons vécue, notamment avec ces radicalités qui sortaient un peu du paysage politique, ces tensions permanentes. Est-ce qu'à votre avis, ça va donner envie aux partis politiques ou à d'autres associations ou même à des Français de s'engager davantage ?

3:25
Invité

Alors, déjà, le premier fait politique, c'est qu'on a eu une participation électorale au premier et au second tour des élections législatives qui n'a jamais été aussi importante. Et donc, le premier point, c'est qu'on va parler de militantisme pendant une heure. Le premier militantisme, c'est, d'une certaine manière, celui qui consiste à aller exercer sa citoyenneté et à aller voter. Et notamment chez les jeunes, on n'a jamais eu autant de jeunes qui sont allés voter. Donc, d'une certaine manière, quels que soient les partis pour lesquels on vote, c'est une bonne chose que les Françaises et les Français, de manière générale, soient allés voter.

Ensuite, effectivement, pour aller tout de suite sur votre question sur est-ce que les résultats de ces élections vont remobiliser, le militantisme partisan, c'est-à-dire dans les partis politiques, aujourd'hui, il me semble que, oui, il est de retour parce que c'est les résultats de ces élections législatives, elles ont consacré les partis. Et c'est d'ailleurs peut-être ça qui bloque. On voit aujourd'hui la coalition de gauche qui n'arrive pas à se mettre d'accord parce que les partis politiques en tant que tels sont forts, sont puissants et n'arrivent pas à se mettre d'accord d'une certaine manière dans l'intérêt général, c'est-à-dire dans l'intérêt du pays.

Et donc, je crois qu'il y a beaucoup de militantisme partisan, idéologique, au sein des partis politiques. Tant mieux, d'une certaine manière, il faudrait aussi qu'on ait, et vous mentionniez tout à l'heure la question de l'engagement dans les associations, dans les mouvements citoyens, dans la société de manière générale. C'est deux militantismes différents, mais je ne veux pas anticiper le débat, sur la question des partis politiques, tant mieux qu'ils existent à nouveau et qu'il y ait une mobilisation. Pour autant, il me semble que si elle est trop poussée à l'extrême, c'est-à-dire militer pour son parti sans être capable de dépasser les partis, ça peut être un frein.

4:58
Présentateur

Alors, Louis Laridon, vous êtes porte-parole des jeunes socialistes. Qu'est-ce qui vous a poussé vous-même ? En effet, quand on le voit, les nouvelles formes d'engagement qui sont nombreuses aujourd'hui, on va notamment parler avec vous, Mathilde Caillard, mais vous, pourquoi vous avez choisi finalement une formation, on va dire, assez classique du paysage politique français ?

5:15
Invité

Déjà, j'ai eu beaucoup de flair, parce que moi j'ai adhéré au Parti Socialiste en 2016, donc comme quoi j'ai senti le vent des victoires venir.

Mais je pense que quand on s'engage dans un parti politique, c'est qu'on a envie, au-delà de l'engagement associatif et de l'engagement syndical, qui sont des choses qui nous parlent, mais d'avoir une conception plus globale de la société, d'arriver à à la fois penser, rencontrer des gens d'autres environnements militants, et rentrer dans un parti politique, c'est aussi faire la rencontre, sortir de sa condition de classe initiale, aller explorer d'autres univers, aller rencontrer des camarades militants qui ont d'autres histoires, d'autres parcours, d'autres origines, et c'est aussi du coup renforcer son propre parcours à soi.

Moi, ce que j'aimais, c'était la force du collectif, la force de la décision collective, cette importance de la démocratie militante, qui a fait que, non seulement j'ai pu me former au-delà de mes connaissances sur Internet, mais apprendre de l'expérience des anciens et être un peu le petit maillon d'une grande chaîne, un maillon tout à fait remplaçable, et je pense que c'est aussi ça la force des partis politiques, c'est que ça un peu baisse le niveau de la force de l'ego individuel pour le mettre au service d'un collectif un peu plus grand.

Pas toujours, et je pense que d'ailleurs les partis politiques se dévouent et perdent un peu de leur force quand ils se mettent trop au service de l'individu, et ils restent forts quand ils sont dans une volonté collective et dans une écriture finalement constante de victoire. Donc pour vous, Louis Laridon, les partis politiques jouent toujours quand même un rôle de lien social en fait ? Je pense que les partis politiques jouent un rôle de lien social. Moi, quand je suis dans ma section du Parti Socialiste de Cergy, je rencontre des gens que je n'aurais jamais rencontrés si je n'avais pas adhéré au Parti Socialiste.

Et c'est ces gens-là qui nourrissent aussi mon parcours et mon engagement politique. Et je pense qu'à ma manière, je nourris aussi le leur. Et c'est ça, c'est cette force au ciment collectif, cette grande famille de militantisme politique qui fait qu'on rencontre des gens d'âge et de parcours différents qui est important.

6:53
Présentateur

Alors Mathilde Caillard, je rappelle, vous êtes militante, vous, pour Action Justice Climat. Notamment, vous aviez, on va en parler tout à l'heure, vous vous êtes fait connaître notamment en entamant ces pas de danse lors de la mobilisation contre la réforme des retraites. Pour vous, vous êtes donc Action Justice Climat. Ce n'est pas un parti politique en tant que tel. C'est plus une association ? Oui, c'est ça. Pourquoi vous avez choisi plutôt une association plutôt qu'un parti politique, par exemple vous ?

7:17
Invité

Moi, je suis entrée dans un collectif qui constitue tout l'écosystème des associations de la société civile, donc Action Justice Climat à Paris en fait partie.

7:25
Présentateur

Pourquoi ça vous a semblé plus intéressant en tant que citoyenne de vous engager dedans, dans ce collectif, plutôt qu'un parti installé, en fait ?

7:30
Invité

Je ne sais pas si c'est d'un point de vue plus intéressant, mais c'est vrai que ce qui me plaisait dans les associations de la société civile, c'est qu'il n'y a pas un moment de rétribution ou de privilèges qui peuvent être accordés suite à une place éligible, etc. Je ne suis pas du tout critique de ce mode de fonctionnement. C'est important qu'il y ait des élus. C'est très bien, c'est normal. Mais je veux dire, voilà, mais il en faut.

Mais moi, ce qui m'intéressait, c'était vraiment d'être avec des gens où je suis certaine que leur présence ici, elle est uniquement liée à un attachement à des valeurs, à faire gagner les forces progressistes, mais pas nécessairement à se faire gagner soi-même parce qu'on va avoir un poste. Et ça, c'est vraiment une chose qui me plaît dans la société civile et dans les associations.

8:07
Présentateur

Ce n'est pas forcément la démarche électorale, en fait.

8:10
Invité

On n'est pas prisonnier d'une démarche électorale et de toutes les petites guerres intestinales, qui peuvent avoir lieu suite à ces éléments-là.

8:19
Présentateur

On en voit de temps en temps. On est fait dans les parties, on en voit. Baptiste Cotras, pour vous, cette séquence aujourd'hui. On se souvient, je le disais tout à l'heure, au moment de la mobilisation contre la réforme des retraites, les syndicats annonçaient davantage d'adhésion. Au moment des marges pour le climat envoyées, aussi des Français plus intéressés par le climat, est-ce que cette séquence politique va tout simplement intéresser de nouveau les plus jeunes, voire même les plus âgés, à la politique ?

8:42
Invité

Oui, comme ça a été rappelé à l'instant, le taux de participation, ne serait-ce que ce chiffre brut, rappelle que l'élection législative qui vient d'avoir lieu a été une des plus fréquentées depuis longtemps, depuis les années 80. C'est difficile de dire ce qui va se passer maintenant. Ce qui est certain, c'est que l'originalité de la situation actuelle, c'est que ça remet le feu de la rampe sur l'Assemblée nationale, qui est un endroit quand même assez délaissé dans la Ve République, et puis de plus en plus avec la synchronisation des calendriers présidentiels et législatifs.

Et là, on se prend d'intérêt, on se passionne pour les tractations qui ont lieu entre partis ou qui n'ont pas lieu, ou tractation est parfois un mot poli. Mais en tout cas, se compter, compter les députés, s'intéresser aux points de convergence, aux points de divergence, c'est quelque chose dont on avait peut-être moins l'habitude récemment et qui revient un peu au centre, et qui rappelle un petit peu la séquence de l'affaire Benalla, en fait, où on avait redécouvert un petit peu le Sénat.

Alors là, pour le coup, puisque la commission d'enquête sur l'affaire Benalla était au Sénat, et où il y avait, en tout cas chez une frange la plus politisée de la population, il ne s'agit pas de dire que c'est un feuilleton que suivent 20 millions de personnes tous les jours, mais il y avait un intérêt pour le direct de Public Sénat, etc.

9:59
Présentateur

C'était fou, il y avait eu des scores d'audience, d'ailleurs Public Sénat, il était incroyable. Tout à fait. Oui, c'était une sorte de coupe du monde pour eux.

10:04
Invité

Voilà, de la même manière, ce qui se passe à l'Assemblée, on réfléchit aux membres de bureaux, aux perchoirs, aux caisseurs, on essaie de se rappeler ce que fait un caisseur exactement, et qui le faisait avant, et donc voilà, toutes ces questions-là, c'est plutôt une bonne nouvelle qu'on se les repose à nouveau.

10:20
Présentateur

C'est ça, en effet. Alors, un mot tout de même, ce que vous venez d'entendre quand on voit tout à l'heure Louis Laridon, en effet, le mot de Mathilde qui a l'air de se dire, elle, elle a choisi justement une coalition, plutôt que le côté électoral. Et c'est vrai que c'est en tête aujourd'hui, on a ça aussi, c'est vrai qu'il y a une désaffection des partis politiques, elle vient peut-être de là, on l'avoue à partir des années 90, de toute façon on voit les Français qui adhèrent beaucoup moins, notamment même aux partis de masse, qui étaient par exemple le parti communiste français, où il y a un déclin clairement du militantisme.

Là, vous, par exemple, que dites-vous, justement, à Mathilde Callard qui dit, elle, moi je m'intéresse plus à la cause qu'au poste, est-ce que vous, vous vous intéressez davantage au poste qu'à la cause ?

10:56
Invité

Non, mais moi je comprends, je comprends ce qu'elle dit, il y a eu un rejet, on le voit d'ailleurs dans le dernier sondage, qu'il y a un rejet des partis politiques. Moi je pense que c'est pas ça de chercher à être élu, tant qu'on le fait pour les bonnes raisons, qu'on le fait avant tout pour ses valeurs, en démocratie représentative, il faut des représentants, donc il faut des élus.

Et moi je pense que les partis politiques se dévouent, et se dévoient quand justement ils perdent cette volonté de faire élire des gens, pour faire appliquer un programme et des valeurs, et quand on passe finalement un peu, mais comme la société, sur une vision très individuelle, de ma réussite personnelle en tant qu'élu, de mon poste, de ma conquête du pouvoir, du fait de vouloir le garder.

Et moi je pense qu'un parti politique sain, et c'est ce qu'on essaie de construire, nous avec les jeunes socialistes, et je pense au parti socialiste ces dernières années qu'on a réussi à apprendre de nos échecs et de nos erreurs de la séquence récente, c'est que quand on porte une vision plus collective, plus centrée sur les valeurs, et bien on n'est pas dans la conquête individuelle du pouvoir, mais dans la conquête collective du pouvoir. Et la conquête collective du pouvoir, elle a rien de sale, au contraire, c'est ça qui est sain.

11:47
Présentateur

Oui, c'est ça, oui. Mathilde, vous voulez y rajouter ? Contre les appareils partenaires, c'est pour discuter entre nous. Alors il y a sur le WhatsApp, justement, de l'émission 014524, 7000 Clément Delage, nous a écrit que ces dernières semaines, il explique, m'ont donné envie de réadhérer à Europe Écologie Les Verts, j'ai été bluffé par Marine Tondelier, qui me redonne envie de croire dans la poétique. C'est vrai que Chazza, on l'a beaucoup vu, Marine Tondelier, donc c'est vrai qu'elle a été très en avant.

Et ensuite Gaël qui nous dit, ah vous oubliez le militantiste syndical, les représentants du personnel se battent dans un contexte très dur où la prévention des risques en entreprise et la santé des travailleurs est mise à mal. Je fais partie de l'Union Solidaire et le travail autour du collectif, de l'antiracisme, du féminisme et de l'écologie et le fondement de nos mots d'ordre. Alors Gaël, je ne l'oublie pas, parce que justement c'était ma prochaine question, c'est assez incroyable. Jadad, on le voit par rapport à ce militantisme aussi syndical, on parlait des partis politiques, mais le militantisme syndical, la France, c'est un des moins bien lotis en la matière en Europe.

C'est un des taux de syndiqués d'Europe, 18% dans le public, 8% dans le privé, 23% en moyenne en Europe. On voit que là aussi, il y a eu une désaffection, je dirais, sur le militantisme en général qui date vraiment des années 90. Il y a quand même eu une fatigue, on a eu l'impression.

13:02
Invité

Oui, je pense qu'il y a eu une fatigue dans le militantisme syndical qui est aussi le reflet des nombreuses conquêtes sociales qui ont eu lieu en France et dont on peut se satisfaire, ce qui pour autant ne veut pas dire qu'il faut arrêter de se battre pour aller conquérir de nouveaux droits. Et donc, il me semble qu'il y a eu une bascule malgré tout ces dernières années qui est la mobilisation autour des dernières réformes des retraites où effectivement l'engagement syndical en tant que tel a été réenclenché, il y a eu une nouvelle dynamique qui se produit. Mais pour réagir à ce qui a été dit, je trouve ça extrêmement intéressant.

L'engagement dans la société civile et l'engagement dans les partis politiques devraient malgré tout se rencontrer à un moment ou à un autre. C'est-à-dire que je crois qu'il y a une limite, mais peut-être qu'on peut en discuter et ça me semble hyper intéressant. La limite de l'engagement associatif, c'est dans quelle mesure est-ce que vous disiez à juste titre, j'entends, je m'engage pour des convictions et pas pour des postes. Comment être certain que cet engagement qui a lieu dans la société civile produit les effets escomptés sur la fabrique de la loi ?

Reprenons l'exemple d'actualité, le nouveau Front populaire est né aussi d'une volonté forte des associations, des collectifs, de la société civile. Certains aujourd'hui, je ne veux pas être leur porte-parole, mais se sentent un peu trahis par la récupération politicienne qui a pu être faite de ce mouvement. Et donc ce qui m'amène à, ce qui est pour moi un des freins dans le militantisme politique, ou en tout cas une limite qu'on atteint aujourd'hui dans la situation où on est en France, c'est qu'on est dans une situation que moi j'appelle une situation de cristallisation minoritaire. C'est-à-dire que vous avez aujourd'hui à l'Assemblée nationale des partis qui sont chacun seul minoritaire.

Personne n'a de majorité. Et donc tous les partis individuellement sont renforcés parce qu'il y a des gens qui viennent militer. Mais la critique que je fais aux partis politiques, c'est qu'aujourd'hui les partis parlent à leur camp. Chaque parti parle à son camp, chaque parti parle à ses électeurs. Et je crois qu'on a abdiqué, et c'est pour moi le symptôme de la crise démocratique majeure qu'on traverse, les partis ont abdiqué à parler aux autres.

Et précisément dans des situations où on n'a pas de majorité, je n'entends pas par exemple la majorité, alors moi j'ai l'ex-majorité présidentielle aller essayer de parler aux gens de la gauche, je n'entends pas les gens de la gauche essayer d'aller parler aux gens de droite par exemple. Alors je suis sans doute un peu naïf, mais il me semble que dans un monde où on va devoir faire des compromis, c'est normal que chaque parti parle à son camp, parle à sa base, mais il faut aussi qu'on essaye de dépasser le spectre des partis pour aller convaincre.

Parce que sinon, on sera sur cette forme de cristallisation et je crois hélas que la société est à l'image des partis puisque les Français ont élu à une Assemblée nationale plus que jamais fragmentée. Louis Laridon, vous voulez y répondre ? Je pense que les partis politiques ne se referment pas sur base. D'ailleurs je prends l'exemple du Parti Socialiste, moi j'ai fait la campagne prévencie d'Anne Hidalgo avec 1,7%, si on s'est refermé sur notre base, on ne parlerait plus à personne aujourd'hui en réalité.

Mais dans le discours qu'on tient, je pense aussi dans la séquence que ce qu'on voit, c'est la limite de certains partis politiques qui, quand ils veulent exercer toute la ligne, rien que la ligne et que la ligne, effectivement on va vers une limite. Je peux penser à la France Insoumise par exemple, mais je ne pense pas que ce soit le cas de l'intégralité des partis de gauche. Aujourd'hui on a un programme, le Nouveau Front Populaire, qui a amené une coalition en tête, la coalition du Nouveau Front Populaire. C'est cette coalition qui doit être amenée à gouverner. Pour autant, nous n'avons pas 289 députés à l'Assemblée nationale.

Donc il vaut mieux à pouvoir appliquer 50% du programme que zéro. Et ça c'est, je pense, ce que défend une grande partie des députés du Nouveau Front Populaire. Je ne crois pas que la gauche, dans sa forme actuelle, refuse à sa forme. Je parlais de tous les partis. Mais il y en est, et je pense que d'ailleurs c'est aussi le cas du Rassemblement National, et c'est très bien. Ils veulent parler à leur base, ils ont compris qu'ils n'étaient pas majoritaires et bardaient la boude. Boude, et bien moi, laissons le bouder.

16:26
Présentateur

Alors Mathilde Kea, quand vous entendez aussi ce que dit Jadziab, le côté, finalement, les partis politiques sont une telle institution en France que de temps en temps, ils veulent faire appel à la société civile, par exemple comme vous, mais de temps en temps, ça peut être un peu cosmétique. Et on a l'impression que la société civile a quand même du mal aujourd'hui à se faire une place parmi, et bien, dans les partis politiques, à vraiment avoir une influence. Qu'est-ce que vous en pensez ?

16:48
Invité

Moi, je pense que la société civile, en fait, elle s'organise, alors effectivement, elle a l'air d'être plus mobilisée, en tout cas, utilisée, entre guillemets, par les partis pendant les séquences électorales.

16:56
Présentateur

Vous l'avez vu sur le climat, notamment.

16:57
Invité

On l'a vu sur le climat, mais en fait, elle continue à s'organiser même en dehors de ces séquences-là. Et en fait, l'activisme fonctionne, y compris parfois pour passer des lois. Je pense à la séquence sur la loi pour interdire les PIFAS, les polluants éternels, qui a eu lieu il y a deux, trois mois, il me semble, maintenant. Et en fait, ça a été construit. Alors, c'était effectivement porté à l'Assemblée nationale par un député écologiste, mais à côté, l'association civile était organisée avec toute une mobilisation d'acteurs différents, secteurs plutôt asso-écolo, également des médecins, des ouvriers directement concernés parce que mobilisant directement ces matières dangereuses.

Et donc, en fait, elle continue à s'organiser, à obtenir des victoires, à travailler sur ces sujets, à les faire monter. Et parce que, justement, on travaille pendant des années, des mois sur des sujets, eh bien, ils deviennent tellement importants que le politique est obligé de s'en saisir et d'y adresser une réponse. Et donc, la société civile continue à s'organiser et elle ne disparaît pas dès que l'élection a eu lieu pour aller ensuite réapparaître à la prochaine élection.

17:56
Présentateur

Allez, on continue à parler militantisme, sur ce retour ou pas du militantisme avec la séquence politique que nous vivons. Dans un instant, dans le débat de midi, n'hésitez pas à participer, vous également, via le WhatsApp de l'émission au 01 45 24 7000 pour nous laisser messages et bien sûr notes vocales. N'hésitez surtout pas, on vous attend, vous aussi, pour participer. Mais tout de suite, petite pause musicale avec un grand groupe, un clou et mon épaule. Bienvenue, si vous nous rejoignez pour le débat de midi, nous parlons du retour du militantisme et apparemment, je me suis mal fait comprendre.

Le groupe s'appelle Clou et le titre de ce groupe, c'est Mon Épaule, que nous venons d'écouter. Et c'est très beau, m'a-t-on dit, autour de la table. Allez, justement, pour en parler, ce midi, nous recevons Mathilde Caillard, militante pour Action, Justice, Climat, alias MC, danse pour le climat sur Instagram. Baptiste Cotras, sociologue du numérique, Louis Laridon, porte-parole des jeunes socialistes, les Jad Zahab, essayistes, entre autres, parmi son CV, qui est particulièrement chargé. Alors, nous avons aussi, bien sûr, beaucoup de réactions sur le WhatsApp de l'émission 0145 24 7000, notamment Martin.

Martin qui nous dit, je me sens de plus en plus attiré par le militantisme à cause des nombreuses causes à défendre, démocratie, social, environnement. Mais en même temps, les militants sont de plus en plus réprimés, criminalisés, voire comparés à des terroristes. Je trouve que le militantisme est nécessaire à la démocratie pour faire remonter des causes importantes. mais des tentatives de baillonnement ou de décrédibilisation des activistes, souvent par des mensonges, et dangereux. C'est vrai qu'on l'entend souvent, Baptiste Cotras, notamment à propos des militants écologistes. Je reprends certains termes qui ont été écoterroristes, que mervers, aillat au-delà de l'écologie.

On voit des cas d'explicatif quand même qui sont très violents aussi à l'égard de ces militants qui ne donnent pas forcément envie de s'engager.

22:27
Invité

Oui, je peux comprendre. Effectivement. C'est un beau florilège que vous citez. Non, je pense que les réactions sont à la mesure des enjeux. C'est-à-dire que quand on conteste des intérêts organisés, quand on conteste des dynamiques de pouvoir, ces pouvoirs se défendent. Et donc, oui, effectivement, n'hésite pas à employer les termes les plus colorés.

22:54
Présentateur

C'est ça, exactement. Vous avez aussi cette impression, Mathilde Cailleur, à l'égard justement de certains militants écologistes. On voit des mobilisations. Je ne parle pas forcément par rapport aux méga-bassines où il y a eu des violences qui étaient en dehors même du mouvement et notamment le fait de Black Bloc. Mais est-ce que vous avez l'impression en effet qu'il y a eu des mots qui ont été prononcés à l'égard de militants qui ne donnent pas forcément derrière envie de s'engager ?

23:14
Invité

Ah oui, il y a une déshumanisation mais même, j'élargirais, du camp progressiste au sens large et de toutes les personnes qui portent parfois une parole progressiste qui est très préoccupante, qui est le fait à la fois du pouvoir mais aussi de toute une sphère de l'espace médiatique qui est vraiment très préoccupante. Et du coup, il faut compter sur la créativité du mouvement social pour continuer à pouvoir faire justement ce petit pas de côté pour réussir à continuer à porter un message politique, s'opposer ou proposer des choses sans être criminalisé et ça passe par justement la créativité au sens large.

Ça peut être par exemple les porteurs de casseroles pendant le mouvement contre la réforme des retraites. C'est très dur de qualifier de terroriste des retraités qui tapent sur une casserole en suivant un ministre. Oui, je vous en prie. Oui, moi je suis d'accord avec Mme Caillard, c'est-à-dire que à mon avis, je distinguerais la question des mots et du langage, etc. qui fait beaucoup parler parce qu'inversement on reproche souvent à la gauche d'employer des mots très durs, notamment du côté de la France insoumise.

Tant que ça reste des mots, moi je dirais que à la limite c'est peut-être pas très agréable, c'est peut-être même parfois carrément insultant, mais je trouve que c'est sans commune mesure avec par exemple les dispositifs législatifs qui ont visé ces dernières années à encadrer très fortement voire réprimer des formes de militantisme qui auparavant étaient tout à fait normales.

Et donc il y a eu un resserrement qui fait qu'il y a plein de types d'actions qui se retrouvent sans avoir changé, qui se retrouvent dans le champ de l'illégalité ou d'une légalité discutable ou des pratiques d'intimidation et qui pour moi sont des menaces beaucoup plus importantes que se faire traiter de Khmer Vert dans le média qui est bon à la limite c'est de bonne guerre. Oui, je suis d'accord mais j'ai quand même un avis un petit peu plus nuancé sur la question de la violence des mots. Moi je crois que la violence des mots d'une certaine manière elle autorise, elle légitime, elle engendre la violence physique dans la rue.

Je ne dis pas que les dirigeants politiques devraient tous se respecter et être très polis mais je crois un minimum qu'on est dans un moment où jusqu'aux années 2017-2018 jusqu'aux gilets jaunes le principe de la démocratie c'était d'organiser dans un cadre institutionnel la discorde et le désaccord et donc on est en désaccord et on respecte tous les institutions et dans ce cadre on est d'accord pour s'engueuler parce que la démocratie française c'est comme ça.

Il me semble que depuis un certain nombre d'années avec la désinformation avec l'intelligence artificielle avec les fake news avec les réseaux sociaux on est passé d'un débat dans le cadre démocratique à un débat sur le cadre démocratique lui-même et d'une certaine manière la violence des mots moi je crois que les politiques ne donnent pas un bon exemple quand ils emploient des mots qui sont d'une violence indigne le niveau du débat est abyssal et effectivement je pense que nos politiques sont responsables pour autant je souscris complètement au fait que les militants les militantismes associatifs la société civile d'une certaine manière ils n'ont pas les codes entre guillemets institutionnels de la politique et c'est tant mieux parce que la société a le droit de s'exprimer aussi il n'y a pas on parle souvent du vote comme étant le moment par excellence de l'expression de la citoyenneté il n'y a pas que ça moi à titre personnel je milite pour qu'il y ait beaucoup plus de prise de la société civile sur les institutions moi je défends le fait que par exemple la société des citoyens avec s'ils sont un certain nombre et puis signer des amendements directement dans la loi qu'on ait beaucoup plus l'appel au référendum ça c'est un petit peu plus classique mais qu'on ait beaucoup plus des pétitions avec effectivement un droit effectif c'est-à-dire que moi ma crainte c'est que souvent le milieu associatif ou que la société civile soit instrumentalisée et comme vous le mentionnez que les politiques instrumentalisent l'associatif et la société civile et finalement n'aillent pas au bout des changements qui sont escomptés donc pour moi oui on a besoin d'un tissu associatif très fort mais on a besoin aussi peut-être ça c'est mon prisme un peu institutionnel de changer les institutions pour qu'ils soient plus et mieux entendus Louis Laredon

26:58
Présentateur

est-ce que vous avez l'impression aussi vous-même je rappelle vous êtes porte-parole des jeunes socialistes que de temps en temps la violence que l'on peut voir à l'égard de certains militants est-ce que ça décourage certaines personnes de passer à l'acte de s'inscrire dans une association dans un parti politique

27:10
Invité

je pense qu'on a une violence inhérente à notre société qui ne fait que grandir ces dernières années et qui a fini par frapper beaucoup plus durement le champ politique qui s'en était peut-être préservé d'une certaine manière parce que c'est des institutions un peu plus bourgeoises un peu plus feutrées où la politesse est de rigueur et là ça y est cette violence qui existait dans nos sociétés fait éruption dans le champ politique et oui je pense qu'elle fait peur aux militants et en même temps quand on arrive à structurer et à proposer une autre alternative on fait venir des gens nous sur la dernière séquence c'est plus de 1000 nouveaux jeunes qui ont décidé de rejoindre les jeunes socialistes et c'est des milliers de gens qui ont adhéré au parti socialiste dans la dernière séquence et parce qu'on défend aussi une vision de je pense est-ce que le socialisme joyeux et le socialisme joyeux un livre une chose tout de même

27:48
Présentateur

parce qu'on va vous dire qu'il y a beaucoup d'adhérents sur notamment les partis les gros partis je rappellerai quand même un chiffre c'est vrai je suis désolé de vous le préciser mais c'est vrai que en 1980 la victoire de François Mitterrand il y avait 214 000 adhérents au PS désormais c'est 41 000 à jour de cotisation c'est vrai

28:03
Invité

mais moi j'ai adhéré au PS en 1980 j'étais pas né je pense que je n'étais même pas dans les plans de mes parents mais ça existe mais on cherche à tendre vers une revitalisation des partis politiques moi je pense que c'est aussi en descendant une autre forme une forme plus collective plus joyeuse où le militantisme c'est une aventure collective où il y a des temps festifs des temps de débat et c'est pas que simplement des machines à gagner électoralement et on parlait tout à l'heure justement du rapport à la société civile et moi je pense qu'on a eu une vraie bouchée d'oxygène dans cette campagne des élections législatives je pense au collectif Circo Pivot que Caroline De Haas entre autres portait qu'est-ce que c'est c'était donc des milliers de jeunes de points jeunes qui ont décidé de s'engager de faire campagne pour la première fois pour des candidats aux élections et pas pour des valeurs et qui sont venus du coup s'intégrer à des équipes de campagne dans les circonscriptions Pivot qui pouvaient basculer et moi j'ai vu une rencontre entre deux mondes qui finalement je pense peuvent coexister et peuvent se nourrir l'un l'autre et moi j'ai dit à tous ceux que j'ai croisés mais en fait engagez-vous dans un parti politique une petite préférence pour le mien mais engagez-vous dans un parti politique parce que vous y avez votre place

29:03
Présentateur

alors quelques messages que vous nous avez envoyés via WhatsApp donc au 045 24 7000 Jérôme qui nous dit je suis adhérent à un parti politique et je pense qu'il faudrait que les éventuels élus laissent de la place aux militants de base c'est toujours la même chose pour développer le parti Elisabeth qui nous dit petite contribution au débat de ma petite expérience j'ai 78 ans les militants dans les partis politiques sont souvent aussi des militants associatifs donc ça il faut bien le préciser et puis après alors il y a ça aussi qui revient souvent juste avant je donnerai la parole à tout le monde bien sûr mais Louis Laredon en tant que vous êtes membre d'un parti souvent on l'entend et souvent le mot militant a même été péjoratif très longtemps et là notamment et bien on a André qui nous dit les militants sont des intégristes godillots et vous voyez ce genre de choses c'est vrai qu'on l'entend souvent on se méfie presque maintenant du militant on se dit avant on était dans un parti politique de droite de gauche aujourd'hui c'est presque étrange

29:58
Invité

le militant c'est le ou la brave qui sacrifie toute une partie de sa vie qui sacrifie des soirées en famille des soirées avec des amis des soirées à regarder la télé à se détendre pour transformer la société le militant il n'a rien de honteux il fait des choses propres il s'engage pour ses valeurs il les défend et je le dis parce qu'il y avait aussi cet autre commentaire il faudrait que les élus laissent plus de place aux militants non non il faudrait que les élus soient des militants moi je suis élu simple élu dans ma ville mais je ne me sens pas pas militant de base il faut arrêter cette espèce effectivement d'aristocratie et d'élus et je pense que les partis gagnent à avoir à leur tête des vrais militants de base qui conçoivent la société et peut-être d'ailleurs attention parce que sur l'interesse à la société civile à un peu moins apporter des gens qui viennent que pour les élections parce qu'on a aussi ça on a des gens de la société civile qui arrivent à un mois des élections moi je pense qu'au contraire la société civile et les partis politiques se renforcent quand ils collaborent sur le long terme et faire élire des gens qui ont des profils divers mais qui restent et qui s'engagent et qui fassent fructifier la vie militante

30:51
Présentateur

alors il y a quand même une chose qui a changé aussi depuis longtemps puisque c'est vrai que le militant avant en effet il faisait tout des réunions des sandwiches des tractages voilà c'était quand même en effet il ne comptait pas ses heures et depuis maintenant il y a aussi les réseaux sociaux alors c'est vrai que Mathilde Caillère vous êtes assez active sur les réseaux sociaux un petit peu qu'est-ce que pour vous les réseaux sociaux ont changé dans le militantisme est-ce que finalement pour vous c'est juste un côté pratique ou alors ça va au-delà du côté pratique pour faire entendre votre discours

31:18
Invité

moi c'est vraiment d'un point de vue d'efficacité et de stratégie politique les réseaux sociaux nous permettent de toucher plein de nouvelles personnes qu'on n'aurait pas croisées en allant dans la rue initialement ou alors de toucher avec un seul contenu qu'on peut publier depuis chez soi énormément de personnes autour de nous ou même dans toute la France on peut même cibler il y a plein de choses qui peuvent être faites

31:41
Présentateur

et ça fonctionne vraiment est-ce que vous voyez une différence de l'époque dans laquelle nous vivons aujourd'hui où les réseaux sociaux sont vraiment surpuissants c'est vraiment important

31:48
Invité

en fait moi ce qui m'intéresse quand je produis du contenu à vocation aux militantes engagées c'est vraiment comment une fois que mon contenu sera publié les personnes qui l'ont réceptionné auront plus de pouvoir à la fin qu'au début donc j'essaie vraiment de donner de faire en sorte que les personnes qui reçoivent ce contenu soient aussi deviennent militantes et me suivent par exemple et aussi de convertir un engagement en ligne à un engagement de terrain pendant la campagne des législatives moi j'ai notamment beaucoup travaillé avec Circo Pivot j'ai emmené enfin je faisais des messages en disant demain je vais aller dans telle circonscription rendez-vous tout le monde à Gare du Nord et on partait à 50, 60, 70 depuis Gare du Nord faire du porte-à-porte ailleurs en Ile-de-France

32:27
Présentateur

donc ça fonctionne parce que c'est vrai on dit souvent il y a deux vies en gros il y a la vie sur les réseaux sociaux et la vie réelle et souvent elle ne se confronte pas là vous vous nous dites qu'on peut militer quand on milite sur les réseaux se servir des réseaux sociaux et comprendre ce qui se passe à la politique ça peut se concrétiser dans la vie réelle

32:42
Invité

bien sûr et en fait on crée des liens entre plein de personnes moi j'ai des gens par exemple enfin une personne qui m'écrivait pour me dire je viens d'une petite ville rurale où ça vote à 50% des reines je viens d'écrire une lettre très émouvante à mes voisins qui s'adressera à eux par rapport à leurs problématiques c'est plutôt des agriculteurs elle m'a partagé sa lettre je l'ai mis en story et toutes les personnes qui étaient dans une ville similaire pouvaient repartager enfin imprimer la lettre et aller la coller près de chez soi donc en fait c'est aussi une mise en commun où chacun peut apporter un peu sa pierre à l'édifice et on peut mettre en commun comme ça des stratégies différentes militantes mais ça se caractérise aussi par des actions de terrain

33:12
Présentateur

c'est ça alors Baptiste Cotras pour vous aujourd'hui internet et les réseaux sociaux c'est ce qu'ils peuvent faire l'opinion c'est là où on trouve le plus de militants plus que dans les partis et les associations

33:22
Invité

je ne sais pas s'il y en a plus ou moins par contre je pense qu'effectivement vous avez raison de souligner que c'est deux dimensions de la vie qui ne sont pas disjointes du tout c'est un peu une idée qu'on avait au début de la diffusion d'internet qu'il y avait le réel et le virtuel c'est un peu une figure de style obligée c'est de moins en moins vrai et notamment parce que tout simplement les états-majors politiques associatifs enfin états-majors n'est pas un très joli mot mais tout simplement ces structures-là ont intégré ces outils-là dans leur routine et je pense que ce n'est pas mes voisins de table qui me contrediront qu'évidemment les réseaux sociaux ce que ça produit c'est que ça enfin internet en général c'est que ça abaisse le coût de la publication et on peut toucher beaucoup de gens à moindre coût financier mais aussi en termes d'énergie et donc du coup ça ouvre les frontières de l'espace public ça permet de sensibiliser des gens qui ne sont pas forcément très politisés inversement de l'autre côté de l'échiquier on sait que par exemple le Rassemblement National a beaucoup investi TikTok dans la perspective des européennes notamment on a vu aussi les militants pour la présidentielle d'Éric Zemmour qui étaient extrêmement présents sur les réseaux sociaux et donc il y a eu une routinisation tout simplement de la même manière que quand la télévision est apparue au début les responsables politiques et associatifs ne savaient pas trop quoi en faire et que maintenant on a une professionnalisation du rapport à ces outils-là qui fait que voilà on peut s'en servir pour certaines tâches c'est pas en plus c'est pas à côté c'est voilà on peut mettre en place il y avait les convois pour les circonscriptions dans les législatives il y a eu plein d'initiatives pour inscrire les gens sur la liste électorale il y a vraiment mille et une manières de mettre en lien ces deux dimensions-là et qui en fait remettent en cause le terme qui a eu un certain succès ces dernières années de slacktivisme qu'est-ce que c'est que ça ?

le slacktivisme c'est l'idée que slack ça veut dire paresseux en anglais et que donc c'est un activisme de canapé où on retweet un truc sans trop y penser on affiche le hashtag à la mode et évidemment ça existe mais en fait tout acte militant par définition enfin il y a un continuum très très variable de gens qui vont militer une fois ou repartager une fois ou donner un coup de main une journée et puis qui va jusqu'aux personnes dont c'est la vie l'existence voire le salaire enfin le métier et donc en fait les médias sociaux ouvrent des nouveaux modes de mobilisation qui parfois sont très peu coûteux effectivement mais de la même manière que si vous signez une pétition c'est pas très coûteux de mettre son nom en bas d'une pétition et c'est quelque chose qui préexiste largement aux médias sociaux

36:00
Présentateur

Jadzab est-ce qu'il y a eu une tentation d'après vous de certains politiques de croire qu'à un moment tout ça allait se passer sur internet et que la vie réelle allait être une transformation d'internet on a vu certains où ça n'a pas du tout fonctionné mais qu'à un moment on a pensé que le militantisme dans la vie réelle allait presque être abandonné

36:16
Invité

je ne sais pas mais ce qui est certain c'est que cette sphère numérique est devenue le lieu par excellence maintenant de la guerre idéologique de la scène controverse idéologique et je pense que c'est une bonne chose parce que les réseaux sociaux et internet mais je parle sous le contrôle de mon voisin c'est un formidable élargissement du champ politique c'est-à-dire qu'on va toucher des gens qui devant le JT de 20h ou devant leur journal n'auraient pas été touchés par les mêmes supports et donc je pense que c'est une opportunité incroyable d'amener des gens vers le militantisme parce que ça rapproche la chose politique ça rapproche la chose publique il n'y a pas besoin d'être extrêmement maîtrisé la technicité il n'y a pas besoin moi je le dis tout le temps il ne faut pas faire l'ENA ou Sciences Po pour faire de la politique il faut simplement être un citoyen et chaque avis vaut un autre avis et donc les réseaux sociaux ont permis justement d'amener la politique à portée de téléphone à portée de tweet à portée de je ne sais pas comment on dit sur TikTok moi je commence à être trop vieux mais à portée de vidéos l'inconvénient qui est l'enjeu pour moi des prochaines années c'est la désinformation c'est le fait qu'on l'a vu notamment pendant la pandémie moi je défends un citoyen égale un citoyen un avis égale un avis mais l'avis du prix Nobel de santé ne peut pas être entendu ne peut pas être reçu avec le même niveau d'appréhension que l'avis de moi qui suis quelqu'un qui connait quelque chose à la démocratie mais pas à la science et donc il y a d'une façon aussi un amoindrissement de la parole de la technicité de la parole c'est très bien on est tous des avis mais l'un des éléments qui emmène les gens vers la désinformation c'est quand on confond les faits et l'opinion et donc il y a un enjeu pour moi il faut que les politiques investissent aussi ce champ là c'est une opportunité les réseaux sociaux incroyables pour la démocratie ça peut aussi devenir les faux soyeurs de la démocratie on voit aux Etats-Unis une élection présidentielle dont les cartes sont rebattues mais où la désinformation vous mentionnez le Rassemblement National sur TikTok où la désinformation aussi est un voile qu'on ne voit pas mais qui est puissant et dont il faut qu'on se prémunisse voilà vous inquiétez pas

38:13
Présentateur

on doit encore avoir un petit Minitel qui traîne pour vous dans les coins France Inter allez on va continuer à parler de retour du militantisme n'hésitez pas à envoyer vos notes vocales et vos messages au 01 45 24 7000 01 45 24 7000 en attendant on va aller du côté des américains tout simplement en s'écoutant Poké Lafarge avec So Long Chicago France Inter Jean-Mathieu Pernin le débat de midi le débat de midi nous parlons du retour du militantisme avec la séquence politique que nous vivons depuis et bien maintenant plus d'un mois les élections européennes le coup de semence de la dissolution les résultats législatifs qui ne donnent aucun groupe majoritaire à l'Assemblée Nationale alors forcément est-ce que ça donne envie de s'engager n'hésitez pas à nous apporter votre témoignage par WhatsApp au 01 45 24 7000 des messages ou des notes vocales il y a notamment Arnaud qui nous dit et bien le militantisme peut se permettre d'aller encore plus loin aujourd'hui la désobéissance civile est souvent la seule voix qui porte Mathilde Caillard on l'entend aussi ça chez certains maintenant personnes qui souhaitent s'engager dans la voie politique ou associative sur le côté plus radical aujourd'hui certains disent la politique institutionnelle a échoué il faut aller vers des moyens d'action plus radical

42:59
Invité

je ne sais pas s'il faut aller vers des moyens d'action plus radical ce que je sais c'est qu'il y a une sorte de complémentarité dans le mouvement social de plein de modes d'action qui sont tous et toutes importants on a besoin de personnes qui mènent la bataille à l'Assemblée Nationale directement d'un point de vue législatif on a besoin de personnes qui s'engagent aussi en fonction de leur capacité tout le monde n'est pas capable de faire de la désobéissance civile il y a des gens par exemple je ne sais pas si on est étrangers on n'est pas en capacité de se mettre en illégalité volontaire parce que les risques qu'on encourt sont plus forts en revanche la désobéissance civile c'est un mode d'action légitime maintes fois dans l'histoire je veux dire les femmes n'ont pas obtenu le droit de vote en votant donc elles se sont aussi engagées les suffragettes qui allaient sur les courses hippiques pour interrompre ces courses là et faire part de leurs revendications donc oui la désobéissance civile c'est une voie comme une autre et effectivement avec cet aggravement de la situation même d'un point de vue juste sur le plan écologique on a envie de monter aussi en radicalité d'un point de vue du mode d'action parce que la situation elle semble désespérée quand on a par exemple des situations comme sur l'autoroute A69 où alors même que le droit n'est pas respecté et que les travaux continuent alors qu'il devrait que toutes les autorisations environnementales ne sont pas acquises mais que les travaux prennent enfin continuent et bien évidemment on a envie de monter dans les arbres et on peut essayer qu'ils soient abattus

44:24
Présentateur

ce qui est assez intéressant il y a eu un sondage justement par rapport à l'action écologique de militants écologiques dans The Conversation un média donc en ligne et qui voyait en fait les français par rapport à ces actions alors ils jugent en effet ils seraient plutôt pour ça ne les dérange pas plutôt de dire une grande majorité 67% considèrent acceptable par exemple de bloquer une entreprise polluante que l'on sait polluante par contre ce qui ne passe vraiment pas c'est les blocages de routes bien sûr rejetés par 69% ou l'interruption d'événements sportifs comme on le voit ou alors quand on jette de la soupe sur des tableaux est-ce que véritablement aujourd'hui finalement ce sont des actions qui à votre avis Matti Caillère insistent à s'engager

45:05
Invité

le fait de quoi

45:06
Présentateur

de bloquer une route de lancer de la soupe sur des tableaux parce que de temps en temps certains français n'arrivent pas à comprendre ces actions

45:14
Invité

je soutiens les modes d'action disons que le vrai sujet c'est l'urgence écologique c'est l'urgence sociale c'est les causes pour lesquelles les personnes se mettent à faire ce genre de gestes qui sont mal compris par une part importante visiblement de la population selon ce sondage ce qui est important c'est le cadrage médiatique qui est devant à chaque fois même par exemple quand on fait juste une simple manifestation on peut être très rapidement vilipendé qualifier des pires adjectifs perçus comme des perturbateurs mais enfin je veux dire toutes les personnes qui profitent des congés payés actuellement ils en profitent parce qu'il y a eu des grèves ils en profitent parce qu'il y a eu des gens qui se sont mobilisés qui ont parfois outrepassé la loi ou en tout cas qui se sont organisés parfois en dérangeant un petit peu de manière très ponctuelle et temporelle sur un temps précis mais pour des bienfaits hyper importants bien plus grands où tout le monde profite aujourd'hui donc c'est vrai que c'est parfois aussi enfin il faut aussi se rappeler que les conditions dans lesquelles on vit aujourd'hui elles ont été rendues possibles par des mobilisations importantes et parfois un petit dérangement ponctuel vaut le fait enfin le bienfait qu'on va en tirer derrière

46:19
Présentateur

on le voit quand même cette envie chez certains de radicalité même politique même intellectuelle c'est pas forcément aller se bloquer se mettre de la glu sur les mains pour bloquer une route on le voit quand même aujourd'hui en France c'est présent

46:31
Invité

chez les militants oui ça dépend de où est-ce qu'on regarde évidemment mais c'est vrai que sur les sujets écologiques l'urgence de la situation l'inaction de l'état qui a été condamné en justice pour inaction écologique fait que je peux comprendre que des militants ça s'explique assez bien envisagent d'autres modes de contestation et aussi aussi parce que les circuits habituels du dialogue social pour le dire poliment sont un peu passés à l'as ces dernières années vous avez parlé de la réforme des retraites en introduction de cette émission si vous voulez la réforme des retraites le mouvement cochait absolument toutes les cases d'une situation où un gouvernement pouvait se dire bon allez on remballe il y avait des manifestations monstres il y avait des modes d'action variés il y avait un très fort soutien de la population etc enfin vraiment si ça c'est pas une manifestation qui a un succès alors quelle manifestation a du succès et quand on voit que ça n'a eu aucune influence sur la décision finale on peut comprendre que certains soient tentés de procéder autrement puisque quand on reste dans le cadre effectivement le résultat politique est proche du néant

47:39
Présentateur

c'est ça Louis Larideau quand vous entendez ça justement vous qui êtes dans un cadre plus institutionnel je rappelle vous êtes au PS porte-parole des jeunes socialistes

47:47
Invité

je crois que de l'injustice naissent des colères et donc naissent des radicalités et la question c'est comment les partis politiques notamment ceux progressistes ceux de rupture et je pense que la gauche et le camp du progrès et de la rupture arrivent à transformer cette colère en solution moi je pense qu'on peut être radical sur le fond sur les propositions notre société a besoin de changements radicaux a besoin de rupture de bifurcation de transformation majeure sur la question sociale sur la question environnementale sur la question de la justice fiscale cependant je pense qu'effectivement sur la forme il va falloir aussi la transformer en emmenant toute la population on ne peut pas l'emmener par la forme d'action la plus radicale et ça c'est le rôle du politique parce que toute cette désobéissance civile elle a un sens dans l'histoire parce qu'effectivement on n'a pas obtenu toutes les transformations sociales tous les grands progrès qu'en étant poli en disant bon on aimerait bien s'il vous plaît donnez nous des choses cependant le rôle du politique c'est d'entendre ces sonnettes d'alarme et de dire ok c'est le moment de transformer et on avouit bien qu'on a eu pendant 7 ans un gouvernement mais aveugle au désespoir du pays et au cri de colère d'injustice que sentait il y a eu les gilets jaunes il y a eu la réforme des retraites il y a eu les manifestations pour le climat et donc nous notre rôle de la politique et je pense que c'est le rôle de la gauche le rôle historique de la gauche c'est de proposer et on l'a fait dans le programme du l'homophron populaire si on était majoritaire il y a eu l'été des fichurcations en 100 jours des transformations radicales et drastiques de la société pour après un gouvernement plus apaisé les années d'après alors le fait est qu'on n'a pas obtenu la majorité à l'Assemblée nationale et c'est donc notre rôle de convaincre et d'arriver à trouver des solutions et des alternatives pour répondre à la colère des français

49:07
Présentateur

Gézame on le voit aussi alors là le point de vue de gauche il est vrai qu'à droite aussi de temps en temps on le voit il y a des points de vue bien sûr radicaux quand on le voit notamment à l'extrême droite mais même dans un parti alors c'est sûr que les républicains n'appellent pas à aller dans la rue mais on voit aussi des points de vue un peu plus classiques alors je tenais à vous faire part de cette remarque de Michel sur le whatsapp donc de l'émission 01 45 24 7000 il nous dit les militants ne sont-ils pas en train de devenir des lobbyistes qu'ils dénoncent

49:38
Invité

mais d'une certaine manière c'est pas un gros mot d'être un lobbyiste faire du lobby ça veut dire défendre des idées quand le terme lobbyiste au sens péjoratif aujourd'hui c'est quand on est payé pour défendre des convictions moi je n'ai aucun problème avec le fait que les militants défendent des convictions très souvent ce sont des gens qui sont en plus bénévoles donc ils n'ont rien à gagner si ce n'est de faire avancer leurs idées sur la question de la radicalité je crois que notre époque n'est pas propice à la modération et à la nuance parce qu'il y a les réseaux sociaux parce qu'il y a les chaînes d'information en continu c'est une époque qui valorise le dogmatisme qui valorise le clash qui valorise le buzz et effectivement je comprends qu'il y ait parfois besoin d'action coup de poing entre guillemets pour attirer c'est un terme technique pour mettre à l'agenda politique pour attirer l'attention sur les faits pour autant je souscris avec ce qui était dit par mon prédécesseur oui il me semble que la radicalité comme mode d'action n'est pas la meilleure des façons pour emmener la société dans les changements et c'est la raison pour laquelle moi je milite pour que précisément on n'ait pas besoin que le politique nous fasse le plaisir et la gentillesse d'entendre la société il faut que dans nos institutions il y ait des changements majeurs pour que la société on a par exemple le CESE qui représente la société civile il n'a pas assez de pouvoir il n'a pas assez de pouvoir il faut que dans nos institutions pour que ça ne soit pas dépendant du politique on ait des moyens de participation beaucoup plus direct des françaises et des français et par ailleurs sur la question de la réforme des retraites j'entends complètement le fait que c'était une réforme qui était impopulaire le risque néanmoins est d'opposer la démocratie parlementaire la représentativité parlementaire et la société attention le parlement il a aussi été élu alors peut-être pas exactement pour faire ce qu'il a fait mais je crois que la petite musique qui monte dans beaucoup de démocratie occidentale c'est aussi d'opposer la démocratie représentative à la démocratie syndicale ou associative moi je pense qu'elles sont complémentaires et que dans les prochaines années vous mentionnez à juste titre les gilets jaunes on va dans le sens d'une meilleure prise en compte institutionnelle de la participation des associations de la société civile etc moi je milite pour ça parce que sinon il y aura encore des actions violentes et c'est pas ce qu'on souhaite il faut que cette société qui se mobilise elle ait sa place et qu'elle soit entendue qu'elle n'ait pas besoin d'aller faire des actions de coup de poing

51:46
Présentateur

pour que ce soit le cas coup de poing oui en effet je rappelle juste au CESE Conseil économique, social et solidaire qui a accueilli les conventions citoyennes sur le climat et sur la fin de vie ces nouvelles formes de mobilisation Mathilde Caillard juste un mot c'est vrai qu'on vous a découvert en train de danser alors vous non pas en hurlant en manifestant ou en donnant des tracts en train de danser sur des vidéos très populaires lors de la mobilisation contre la réforme des retraites pourquoi vous avez choisi de danser ?

52:11
Invité

alors je suis

52:12
Présentateur

est-ce que vous aimez danser déjà ?

52:13
Invité

alors déjà j'aime beaucoup danser je suis loin d'être la seule la danse l'art, la culture en général ça a toujours été utilisé dans les mouvements sociaux c'est un mode d'expression politique, artistique ça permet aussi de s'adresser avec un discours qui peut être plus émotionnel et pas juste le discours habituel, classique, rationnel bien ficelé où on va s'adresser à la rationalité de l'auditeur mais cette fois-ci on utilise plus le volet émotionnel, artistique, culturel ça permet aussi d'élargir de toucher plus de monde ça a visiblement plutôt fonctionné même si c'était pas prévu que ça fonctionne comme ça mais voilà

52:45
Présentateur

c'est ça alors un mot aussi Baptiste Cotras par rapport vous qui êtes sociologue numérique un mot vraiment rapide on a vu aussi de la politique dans des jeux vidéo on a vu par exemple sur dans Animal Crossing dans Fortnite on parlait des européennes c'est-à-dire qu'on peut investir certains militants investissent en effet des terrains aujourd'hui qui vont au-delà du réel et donc dans les jeux vidéo

53:06
Invité

oui oui je sais pas quelle place ça a occupé exactement mais de manière générale les supports numériques ça permet je disais l'élargissement de la prise de parole à moindre coût et avec moins de gatekeepers de journalistes qui cadrent le débat mais c'est un beau métier je dis pas le problème mais ça produit des effets propres vous disiez tout à l'heure que ça produit de la radicalité je voudrais juste dire que c'est pas nécessairement le cas avec mon collègue Sylvain Brunier on a étudié notamment les mouvements agricoles en ligne et avec toute une critique du rôle de la FNSEA elle a dit c'est pas comme ça qu'on va parler au grand public en déversant du lisier sur des préfectures

53:42
Présentateur

allez l'émission doit se terminer le débat de midi merci beaucoup à vous quatre d'être passés sur France Inter cette émission a été prépare par Lison Chambre Cyrine Benyounès et Caroline Protin merci à nos stagiaires bien sûr Alexandre Bigot et Raphaël Baudure Ibanez à la réalisation Étienne Bertin la programmation musicale Valentine chez Debois à la technique aujourd'hui et bien c'était Mélissa et toi Mélissa et toi