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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 5 mars 2021 27 minAutoproduit

#RDLS132 - Le duo Macron-Le Pen / L'assurance chômage en danger / 500.000 abonnés 🎉

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Alors, mesdames, messieurs, vous avez entendu le roulement de tambour ? Vous l'entendez ? Oui, c'est le numéro 132 de la revue de la semaine, numéro extraordinaire. Pour la première fois, nous travaillons en présence de 500 000 abonnés à ma chaîne. Tout semaine, un semaine, à coup de petits pouces bleus, de petits coucous, de votre participation, d'abonnement, sachant que c'est gratuit et que ça le restera toujours, de sympathie, des fois pour moi, d'autres fois pour Antoine qui réalise cette revue, nous sommes arrivés à créer la première chaîne politique de ce pays. Bon, eh bien, on est très fiers.

On vous remercie à tous parce que, bon, vous avez bien compris que ça m'aide, dans la bataille politique qui est engagée et puis aussi du point de vue de la renommée, quoi. On se dit, mais comment fait-il ? Alors, il y en a plein qui viennent juste pour voir et essayer de faire pareil. Ce n'est pas très dur, vous asseyez sur une chaise, vous mettez d'un côté votre camarade de l'autre de la caméra et puis vous racontez ce que vous avez à raconter, voilà. Voilà. Le problème, ça ne marche pas tout le temps. En tout cas, nous, ça marche, on est contents. Alors, j'ai une idée. Si, la vérité, je vous parle franchement, je ne sais pas pourquoi vous regardez ça.

Et je sais qu'il y en a qui y sont attachés parce qu'ils m'envoient des mots et puis des copains proches ou copines proches qui me disent, ah, cette semaine, il n'y a rien eu, ça fait 10 jours que... Oh là là là, bref. Mais dites-moi pourquoi vous venez. Vous faites une petite vidéo dans la description qui, à la fin de la vidéo, il y aura un endroit où vous pourrez mettre votre vidéo à la poste, en quelque sorte. Ne faites pas des trucs kilométriques, hein. Courts, hein. Vraiment très très courts. Pas une revue de la semaine bis. Et puis moi, je regarderai ça pour voir ce que vous me dites, ça m'intéresse. Qu'est-ce que vous me conseillez de faire ?

Mais par pitié, ne me faites pas de cours de communication. Ni ne dites pas ce que vous pensez qui plairait à d'autres. Dites-moi ce que vous, vous trouvez bien et ce qui vous plaît à vous, hein. Sans filtre, sans masque, sans... Parce que maintenant, c'est devenu la mode. Tout le monde est devenu conseil en communication. Alors, il y a des gens qui disent, ah, vous n'y arriverez jamais, il faut faire ceci, cela, cela, cela, guillemets. Est-ce que vous êtes convaincu de mon programme ? Oui, mais ce n'est pas le sujet. Ben si, justement, c'est le sujet. C'est le sujet. Ça fait des semaines, par exemple, je vois qu'ils discutent. Alors, le deuxième tour, ça sera Macron, Le Pen.

Alors, évidemment, vous savez, c'est comme la neige en hiver, la crue du Nil tous les ans, c'est Macron, Le Pen. Ben non, il n'y a pas de Macron, Le Pen, si vous ne votez pas pour eux au premier tour. Alors, au lieu de jeter des grosses larmes, regardez comment faire pour que ce soit ni l'un ni l'autre. C'est quand même pas dur. Je vais vous expliquer comment faire. Il ne faut pas voter pour eux. Si vous ne votez pas pour eux, ben, ils ne seront pas ni au premier ni au deuxième tour. Voilà, ça, tout le monde peut comprendre. Moi, je n'en reviens pas de voir comment cette époque va rendre compliquée jusqu'aux choses les plus simples. Vous avez soif, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut boire.

Vous ne voulez pas de Le Pen, Macron. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Pas voter pour eux. Voilà, ça s'appelle la démocratie. On n'est pas obligé d'en passer par... Alors, je ne vais pas vous engueuler, parce que je vous demande une faveur. C'est de me dire pourquoi vous me regardez et vous regardez cette revue de la semaine. Qu'est-ce que je dois renforcer qui vous plaît à vous personnellement, pas à ce que vous avez entendu dire qui serait bien, parce que tout ça, c'est de la com à zéro balle. Je n'y crois pas. Et je sais que ça ne marche plus.

Que tous ceux qui font de la com ont perdu, parce que maintenant, il y a une culture de masse de la communication qui fait que vous vous rendez compte tout de suite de ce qui est sincère et de ce qui est bidon. Alors après, ça ne veut pas dire que parce que quelque chose est sincère, vous appréciez. Vous pouvez être sincèrement contre, mais vous pouvez aussi être sincèrement pour, parce que vous savez que la personne qui vous parle, se fout pas de vous. Voilà. Bon, ça ne m'a pas éloigné tant que ça, mais c'est juste le démarrage, d'accord ? Donc c'est la 132e revue de la semaine. Hop, on envoie le générique et après, on attaque vite et fort.

Bon, le premier sujet dont je vais vous parler, il est plutôt triste. C'est peut-être l'époque qui veut ça, mais ça ne serait pas normal que je n'en parle pas ici. C'est le changement du régime de l'assurance chômage. Alors déjà, qu'on se comprenne bien, les indemnités de chômage, ce n'est pas une faveur qui est faite aux chômeurs, c'est le retour de leur propre cotisation et celle des autres travailleurs. L'idée était de se couvrir par une assurance mutuelle des périodes où on ne travaille pas, mais où on a droit à un revenu qui est donné par l'assurance chômage. Donc, on commence déjà par mettre de côté les arguments type rat du bonnet, oui, on leur donne des soirs, il y a affaire, etc.

Les gens qui sont là, et quand ils touchent leurs allocations, c'est parce qu'ils ont travaillé un temps qui est jugé suffisant pour avoir en quelque sorte correctement cotisé et bon, on fait la démonstration qu'on n'est pas un parasite de la collectivité. Alors, donc voilà, il y avait un régime et puis, si vous voulez, tous les systèmes d'assurance sociaux, ils sont issus de la libération et au départ, beaucoup d'entre vous ne le savent pas, tout était géré par les seuls travailleurs. Il n'y avait que les salariés puisque c'était eux qui cotisaient. Au passage, on a obligé les patrons aussi à cotiser un peu, pas tant que ça.

Et puis, c'est sous De Gaulle qu'il a été décidé d'introduire dans les conseils d'administration des patrons. Il n'y en avait pas avant. Ça ne se passait pas comme ça. Donc, je vous dis ça pour vous rappeler que l'assurance, les assurances sociales, c'est un résultat de la libération de la guerre contre les nazis et contre les collabos en France. Et le ministre qui a créé ça, c'est un communiste, un bras-croisat. Alors, certains mettent beaucoup en avant la personnalité du premier directeur général, mais c'est très injuste. Pourquoi on fait ça ? Pour dire que ce n'est pas un communiste qui a dirigé ça ? Mais au départ, les syndicats qui faisaient tourner l'assurance, c'était syndicaliste.

Ils ouvraient des bureaux et ils agissaient du mieux qu'ils pouvaient. Et syndicalistes, très souvent, c'était ceux de la CGT. Ça, c'est l'histoire. Ce n'est pas une chose qu'on arrange après coup. Donc, il faut s'en souvenir. Le système de l'indemnisation du chômage est un système d'assurance sociale. Il n'y a pas de profiteurs dans cette histoire. Ce sont les salariés qui par leur cotisation se payent les uns aux autres un salaire. C'est donc le début d'une sécurité sociale professionnelle qui fait que normalement, l'objectif, c'était que personne ne soit jamais sans un revenu lié au travail qu'il est capable de faire ou qu'il a déjà fait. Ok ?

Alors, donc, évidemment, les libéraux, ça les rend malades. Et vous entendrez régulièrement les macronistes vous dire en gros, la déclinaison de cette phrase épouvantable, il n'y a qu'à traverser la rue, vous trouverez du boulot. Je traverse la rue, je vous en trouve, il y a simplement des gens qui sont prêts à travailler. Et c'était particulièrement honteux ce jour-là parce que je crois que le gars à qui il dit ça, il est horticulteur, si mes souvenirs sont bons. Donc, c'est quelqu'un qui a une qualification, c'est un métier, tout le monde ne fait pas horticulteur en se levant le matin.

Alors, bien sûr, vous pourriez devenir horticulteur pendant des années, cultiver des plantes, des fleurs, des machins, des fleurs, et puis vous vous apercevriez que ça, il faut le planter à tellement... Bon, ça, c'est là. On n'a jamais dit que la seule manière d'acquérir une qualification professionnelle, c'était le diplôme. Et le diplôme, il sanctionne le fait que vous savez, vous savez le faire, donc si je vous embauche et que sur votre diplôme les marteurs horticulteurs, je suis sûr que vous avez de quoi vous parler.

Bon, et le diplôme permet aussi ensuite de signer des conventions collectives et on dit celui qui a le diplôme d'horticulteur, il sera payé comme ci et comme ça et s'il a Bac plus 2 horticulture, il aura ceci et cela. Enfin bref, les conventions collectives permettent de fixer quelle est la rémunération correspondant à un niveau de diplôme. Sinon, c'est à la tête du client. Bon, voilà comment tout ça se tient. Assurance sociale, diplôme et sécurité sociale. Donc, disais-je, quand Macron dit au gars il suffit de traverser la rue parce qu'il y a du boulot dans la restauration, et bien ce qui fait tout simplement indigne parce que la restauration, c'est pareil, c'est un métier.

Il y en a beaucoup qui croient qu'il suffit d'être là. Ben non, pas du tout. C'est un métier. Il y a une école où on apprend ça. On apprend tout si vous ne le savez pas. On apprend comment on met la couleur de la nappe par rapport à l'éclairage de la salle. Quel type de couvert on met par rapport... Bon, et vous vous demandez à quoi ça sert ? Ben, je vais vous le dire. Vous sortez avec votre chéri, qu'il soit garçon ou fille, et vous allez au restaurant. Alors, dites-moi voir, vous allez dans lequel ? Celui où la lumière est dégueulasse, la nappe aussi, et la nourriture n'est pas bonne ? Parce que vous vous dites ben moi je vais dans n'importe lequel.

Non, vous allez dans ce lieu, c'est le plus joli. Et où ce qu'on vous sert est bon à manger. Voilà. Donc, il y a une prime à la qualité, c'est que les gens demandent des choses de qualité. Et donc, la restauration, ça ne s'improvise pas, M. Macron. Il ne suffit pas de traverser la rue pour savoir le faire. Je ne dis même pas faire la cuisine, qui est un art, mais simplement servir à table. Ça s'apprend. C'est un métier. Et vous avez des niveaux de qualification différents aussi pour servir à table. Ça vous embouche en quoi ? Ben voilà. Toutes les activités nécessitent des niveaux de qualification qui sont de plus en plus élevés.

Si vous, vous ouvrez votre table mal servie, et que quelqu'un d'autre arrive à côté et fait une table bien servie et sympa, ben c'est l'autre qui l'emporte. Voilà. Ce n'est pas moi qui l'ai décidé, c'est vous. C'est le marché, la liberté, tout ça. Bon. Donc, le chômeur n'est pas responsable de son chômage. Mais les libéraux, ils font toujours ça. Ah, vous êtes au chômage, vous n'avez qu'à traverser la rue. Vous êtes pauvre, ben il n'y a qu'à bosser. Vous n'avez pas de costume, je ne sais même pas si le mec en voulait. Eh ben, vous n'avez qu'à bosser si vous voulez, en avoir un sur le dos. La meilleure façon de se payer à Cossard, c'est de travailler.

Comme si c'était de leur faute, comme si c'était eux qui avaient dit « Moi, je ne veux rien faire et profiter. » Ce n'est pas vrai. Là, vous n'avez pas du travail. Alors après, c'est sûr que quand on reste longtemps sans être au boulot, on ne va pas non plus passer sa vie à se flageller. C'est ça qu'ils veulent. Les gens se disent « Ah, c'est de ma faute, c'est de ma faute, je suis coupable. » Ben non, ils ne sont pas coupables. Ils font ce qu'ils peuvent et ils n'y arrivent pas à trouver du boulot. Pourquoi ? Parce qu'il n'y en a pas. Donc, pour moi, le problème, ce n'est pas la réforme de l'assurance chômage, encore que celle-là, est dégueulasse. Pourquoi ?

Parce que 40% des assurés vont perdre de l'argent et jusqu'à un tiers de ce qu'ils avaient. Donc, ils vont cotiser plus longtemps pour toucher moins qu'avant. Signé, Macro.

10:54
Locuteur

Parce que c'est notre projet !

10:57
Présentateur

Signé, Libéraux. Et si vous n'êtes pas content, c'est pour sauver notre modèle social. D'accord ? C'est toujours pour sauver le modèle social qu'on lui coupe les jambes, on enlève le toit, on démolit les murs. Donc, c'est les gens du double langage. Vous avez peut-être vu à l'Assemblée nationale, je ne sais pas si vous regardez ça, les questions d'actualité. On a interrogé la personne qui s'occupe de ça, elle s'appelle Elisabeth Borne.

Alors, cette madame Borne, elle a dit « je suis une femme de gauche » parce qu'il y a je ne sais pas combien d'années, elle avait acheté une carte au Parti Socialiste, peut-être parce que quelqu'un lui avait dit « vous allez voir, c'est bien, ça donne du boulot ». Celle-là, je crois que je l'ai croisée une fois, je crois qu'elle elle travaillait au cabinet de Jospin. Déjà, elle s'occupait de détruire la SNCF. C'est des gens, ils auront passé toute leur vie à dire qu'ils sont de gauche et en faisant le contraire et en détruisant les conquêtes de la gauche.

Alors là voilà, à chaque fois qu'on lui pose la question « nous avons amélioré le système », on va voir, les gens vont dans la rue aussitôt sauter de joie « oh, youpi ! Merci madame Borne, j'ai une allocation moins importante qu'avant, j'en ai plus pour certains puisqu'ils n'auront pas travaillé le nombre de mois qui dorénavant est exigé. Bon, autrement dit, ces gens, ils méprisent le peuple. C'est-à-dire, ils se disent ils sont tellement bêtes que je peux raconter n'importe quoi, et alors elle dit « après une ample concertation nous avons fait la réforme, tu parles d'une ample concertation, il n'y a pas un syndicat qui a signé.

En France, pour qu'il n'y ait pas un syndicat qui signe, c'est que vraiment on a pris cher. Et bien justement là, ils ont pris cher les travailleurs qui ont besoin de leur assurance chômage. Alors, ça va tomber que c'est au pire moment, c'est-à-dire un moment où déjà tous ceux qui avaient un emploi précaire n'ont plus rien ils n'ont aucune couverture sociale et puis c'est pas demain la veille qu'ils vont en retrouver une si on continue à gérer le pays comme on est en train de le faire. Donc, à nouveau, des centaines de milliers de gens vont basculer dans la pauvreté. Moi, ça me rend fou de voir ça.

Ils arrosent les entreprises d'argent, des grandes entreprises, ils ne posent aucune condition, aucune ! Faites ce que vous voulez avec. Donnez de l'argent à vos actionnaires. Vous ne voulez pas acheter de machines, ce n'est pas grave. Vous ne voulez pas payer mieux les ouvriers ? Bon, ce n'est pas grave non plus. Voilà comment fonctionne Macron parce qu'il espère qu'à la fin, ça ruisselle depuis le sommet, il tombe des miettes de plus en plus grosses en dessous de la table. Ça, c'est leur vision du monde, ils sont complètement fous. Un truc pareil n'a jamais marché à aucune époque. Et ce n'est pas d'aujourd'hui que racontent des bêtises sur le ruissellement.

Comme vous savez, je m'intéresse beaucoup à l'histoire. Alors, si je sors les bouquins de la révolution de 89, c'est pareil, on se dit mais comment vous allez mettre fin à l'ancien régime et qui c'est qui va ? Que vont devenir les ouvriers qui dorent les carrosses ? Que vont devenir les perruquiers qui mettent des perruques sur la tête des nobles ? Vous vous rendez compte de ce que vous proposez ? Vous êtes la ruine du pays ? Blablabla. Parce que bien sûr, il n'y avait rien de plus important que de dorer les carrosses et de poudrer les perruques. Bon. Donc, ne vous laissez pas impressionner par leur baratin, soi-disant technique et soi-disant économique. En attendant, ça va souffrir.

Et nous, on doit réfléchir à partir de là. Parce que, il y a un débat, c'est un bon débat, qui est commencé. Certains parlent d'un revenu universel comme la réponse. Alors, tout le monde aurait, tout le monde, aurait un revenu de base universel. Quels que soient vos revenus par ailleurs, que vous travaillez ou pas, vous auriez un revenu universel. Bon. Alors, évidemment, dans des périodes où plus personne ne va au boulot parce qu'il n'y a pas de travail, évidemment que ça paraît être une bonne idée. D'ailleurs, moi, j'ai dit, j'étais d'accord pour qu'on fasse le RSA pour les jeunes 18-25 ans parce qu'il faut quand même bien qu'ils puissent vivre.

Puis, ils ne peuvent pas faire d'emplois précaires, je ne dis pas que c'était la solution, mais c'est comme ça qu'ils vivent. Non, ils n'ont plus rien. Donc, on peut faire ça, même si on dit c'est exceptionnel, on fait une clause de revoyure dans un an, un an et demi, ou deux ans ou trois ans ou ce que vous voulez. Mais alors, eux, vous avez vu ce qu'ils répondent. Ils disent, ah ben non, nous, on n'est pas pour le RSA, on est pour que les jeunes travaillent. Mais évidemment, tout le monde est d'accord avec ça, mais alors où est le travail ? Donc, c'est seulement un prétexte et c'est, vous voyez, la petite musique, c'est au fond, ceux qui ont le RSA sont des fainéants.

C'est ça qu'ils veulent faire croire. C'est ça qu'ils veulent faire croire. Évidemment, ce n'est pas le cas. Et c'est injuste, c'est injurieux de parler comme ça aux gens. Et même si ce n'est pas dit aussi brutalement que je viens de le dire, mais c'est ça que les gens entendent, ils ont bien compris ce qu'on leur dit. Et ça les fait souffrir. Non seulement vous souffrez matériellement, vous souffrez psychologiquement de vous faire traiter de cette manière-là. Mais alors, ce revenu universel, moi je demande qu'à être convaincu, mais je ne le suis pas. Alors, je préfère le dire. Si je l'étais, je vous le dirais avec la même force. Je ne le suis pas. Pourquoi ?

Parce que dans mon esprit, j'ai option préférentielle pour l'emploi. C'est-à-dire, je pense qu'on a besoin de millions de personnes au travail pour faire tout ce qu'il y a à faire. Et pardon de dire que l'agriculture paysanne non chimique, non industrielle, ça veut dire qu'il faut des bras. Donc, des gens qui passent du temps de travail à faire de l'agriculture, à planter des choses, à les entretenir, à les récolter, etc., etc. Bon, il nous faut du monde pour faire ça. Vous croyez qu'on claque dans les doigts, on dit, allez, agriculture paysanne, il n'y a qu'à, il faut qu'on repre du tout. Il faut trouver des dizaines de milliers de paysans pour aller faire ça. On ne les a pas.

Aujourd'hui, il reste 400 000 paysans dans le pays. C'est une agriculture que vous connaissez, pas toute, mais c'est un modèle agricole. Bon, s'il s'agit d'en amener à nouveau là pour faire de l'agriculture paysanne de 200 ou 300 000, il faut les trouver. Donc, il faut les former. Donc, il faut le proposer aux gens. Et puis, vous ne pouvez pas dire aux gens, venez faire paysan matin, midi et soir toute l'année, hein, tout le temps, pas de pause, pas de vacances, pas de week-end, etc. Personne n'a envie d'un métier pareil. Donc, vous devez rendre les métiers supportables, c'est-à-dire permettre aux gens d'avoir un revenu en travaillant moins longtemps.

Donc, travailler mieux, pour travailler tous. Ça vaut pour l'agriculture, ça vaut pour l'industrie, ça vaut pour tout. Donc, moi, je pense qu'on a besoin de millions de gens au travail pour faire tout ce qui est à faire. Supposer que je gagne une élection présidentielle, on dit, il va falloir remplacer les réacteurs nucléaires, qui sont dangereux, par des hydroliennes ou des éoliennes. Des hydroliennes, je préfère. Mais bon, il faut les fabriquer. Il faut donc former le personnel avant, il faut être sûr qu'il y en aura à faire. Je pourrais dire la même chose, par exemple, nous aurons besoin de construire beaucoup de navires.

Parce qu'il faut qu'on soit plus présents sur les mers du monde et en particulier sur tout le territoire maritime français. Bon, il y a plein de choses à faire. Il faut construire des bateaux, donc il faut avoir des chantiers navals ici. Deuxièmement, il faut former les gens. Vous croyez qu'on monte sur un bateau et qu'on est en route ? Non ? C'est un métier, ça aussi. Donc, tout ça, ça se prépare, ça s'organise, ça se planifie.

On a besoin de monde et ce n'est pas vrai, à mon avis, que la nécessité du travail est dans des dizaines de situations par des machines qui soulagent de l'effort physique ou des machines qui soulagent de l'effort intellectuel répétitif que certaines tâches comportent. Donc, l'intelligence artificielle va nous soulager dans un certain nombre de tâches. Mais, dites-moi, depuis le temps que les machines et les inventions sont censées rendre le travail inutile, il y a coulé de l'eau sous les ponts. Mais qu'est-ce qu'on constate ? Ben, que non, ce n'est pas vrai.

Il y a toujours besoin de travail et on peut dire d'une certaine manière qu'il y en a à la fois besoin de plus pour produire tout ce qu'il y a à produire, encore qu'une partie pourrait ne pas être produite et puis il y en a besoin de moins par tête de pipe pour que les gens arrivent à vivre une vie décente. Donc, moi, c'est mon option. Du travail pour tout le monde, le plein emploi. Donc, ça veut dire se lancer dans l'investissement, dans la formation, des métiers qui arrivent, etc., etc. Mais je ne prétends pas imposer ma thèse, je la proposerai, ça sera formalisé dans notre programme, je vais écouter tout ce qu'on va me dire sur le revenu universel.

Il y a des thèses qui sont très brillantes, celle de Bernard Friot est très brillante, très convaincante, mais il faut dire la vérité, pour appliquer son schéma, il faut collectiviser la totalité de la valeur ajoutée du pays. Comme dirait l'autre, il n'y a plus qu'à, mais enfin, si vous voulez faire une révolution communiste, vous avez la solution sur ce qu'on fera après, mais en attendant, il ne faut pas raconter aux gens que ça peut se faire comme ça, au détour d'une phrase comme on change la décret. Non, ce n'est pas vrai. Donc, je ne demande qu'à être convaincu, je ne le suis pas, je propose autre chose, mais j'entends ce qu'on me dit.

Et je pense qu'il faut qu'il y ait un revenu garanti à tous les Français, c'est-à-dire un peu plus, enfin, au niveau du seuil de pauvreté. N'importe quoi en dessous n'est pas acceptable, ça veut dire que vous acceptez la pauvreté et d'y enfermer des gens. Alors, ce qui est encore moins acceptable que le reste, c'est de dire « Ah, je vais vous donner un revenu universel, vous allez voir, tout le monde va voir la même chose. » Bon, ce que vous aviez avant, on n'en parle plus.

C'est-à-dire les allocations, les minima sociaux, et toutes ces choses sont quand même calculées de manière assez fine pour être adaptées à chaque personne, à ses revenus, à sa situation de famille, à l'endroit où il habite, que sais-je encore. Tous ces paramètres interviennent et ça fait du sur-mesure. Si on commence à dire « Ben voilà, c'est 700 » ou « 560 » ou « 800 euros » pour tout le monde par mois et tout le reste, « Au revoir et merci », non, c'est pas possible, je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord, ça ne correspond pas à la diversité des situations et ça ne permet pas de vivre. Alors, bon, je vois qu'il y a déjà des gens qui proposent ça.

Alors que la droite le propose, ils ne sont pas fous, ils ne perdent pas le Nord. Mais j'ai vu qu'il y avait des propositions dans des programmes de la gauche traditionnelle qui vont dans ce sens, disons que sur ce point-là, on ne s'accordera pas. Moi, je ne veux pas, président de la République, appliquer des mesures qui font que les gens vivent moins bien après qu'avant. Non, ça, c'est fini, je ne ferai pas ça à moi. Pour faire ça, vous allez voir Hollande, mais pas moi. Bon, voilà, je voulais vous dire ça. La réforme de l'assurance chômage, c'est un sale coup qui nous arrive. J'espère qu'il y aura des mobilisations de masse qui nous permettent de repousser le coup.

Sinon, vous avez le bulletin de vote. Moi, si je suis élu, j'annulerai leur truc. Et voilà, 48 heures après, il n'y en a plus. En plus, ça pourrait aller assez vite parce que c'est une affaire de décret. Bon, Auchan et le décret, même la loi, elle raconte ce qu'elle veut. C'est le décret qui va établir son contenu. Mais je ne vais pas vous dire toutes mes ruses pour faire en vitesse alors qu'ils s'attendent à ça prendre des mois de palabre. Ben non, ça ne prendra pas des mois de palabre. Vous pouvez compter sur moi. Donc, voilà. Le cap que je propose, c'est ça, c'est le plein emploi. Ne pas se dire qu'on n'a plus besoin. Donc, on a besoin de travail.

On a donc besoin que les gens aillent à l'école, apprennent sérieusement, ressortent avec des diplômes, sachent faire, etc., etc., etc. Par exemple, j'ai un plan eau. Bon, heureusement qu'il y a des salariés extrêmement qualifiés dans notre pays sur le maniement de l'eau parce que sinon, vous appelez ça comme vous voulez, s'il n'y a personne pour le faire, ça ne marchera pas. Donc, la première question pour moi, c'est évidemment quel est le statut des entreprises. Moi, je suis pour que l'eau soit un bien commun public et gérée par des entreprises publiques, coopératives, communes, ce que vous voulez. plutôt tous ceux qui sont présents sur un bassin versant.

Mais moi, je ne perds pas de vue que l'essentiel, c'est d'avoir les gens qui savent faire parce que sinon, ce que je raconte là, rien, c'est pareil. Donc, plein emploi par la qualification, la planification, on sait où on va, etc., ce qu'on va faire, on va changer les canalisations, je l'ai déjà dit dix fois, donc à la fin, tout le monde va venir par le savoir. On sait comment on va faire, on sait combien ça va nous coûter, combien de monde il va falloir investir là-dedans, donc qualification, planification et emploi. Je voulais vous dire ça parce qu'il y a des moments où on finit par se dire mais par quel bout on peut empoigner une pagaille pareille.

Alors confiance, les gens, c'est par quel bout le faire et on le fera tous et vous allez voir que ça va fonctionner. Donc maintenant, moi je demande un coup de main parce que j'ai le droit de le demander. La situation est en train de bouger, je termine là-dessus. Macron vient de se prendre les pires en tapis d'une manière incroyable. Il s'était dit je me fais un petit trimestre tranquille, je vais un peu draguer à l'extrême droite. Vive Pétain, vive mon race et puis après, pouf, une belle loi sur le séparatisme qu'un jour insultait les musulmans. Il s'est dit c'est bon, ça va me faire des copains.

Ils prennent le téléphone, allô, coucou, France 2, le service public, organisez-nous un débat qui montre que le vrai problème que se pose la France tous les jours, ce n'est pas la Covid, ce n'est pas l'emploi, ce n'est pas le chômage, ce n'est pas non, c'est les musulmans. Ils font donc une émission dégoûtante où ils passent leur temps pendant deux heures à discutailler Mme Le Pen et M. Darmanin, Dupont et Pondue, bon, et puis ils sont là, blablabli, blablabla, et puis Darmanin dit ah, vous êtes trop molle, je dirais même plus, dit l'autre, vous êtes trop molle, bon, et alors une qui dit mais j'aurais pu signer votre livre, moi je pourrais faire pire que vous, enfin bon, bref, l'horreur.

Et puis ça dérape. Alors, les autres ministres macronistes d'extrême droite, parce qu'il y en a plusieurs, comme la ministre de l'enseignement supérieur, Mme Vidal, ou comme pire que tout, Blanquer, le ministre de l'éducation nationale qui est un réacte de première bourg, d'accord, alors aussi, c'est formidable, nous sommes validés, alors ils sont mis à agonir les universitaires d'injures, islamo-vauchis, tout ça, ils veulent faire la police politique, des fous, des fous, irresponsables.

Bon, en attendant, les gens se sont mis, mais attendez, qu'est-ce que c'est cette histoire et on nous dit qu'il y aura un deuxième tour Macron-Le Pen, mais nous, si c'est ça, si c'est les mêmes tous les deux, nous, on ne vote pas pour Macron, donc ça ne nous regarde pas, faites ce que vous voulez, alors là, tout d'un coup, ils pétochent, pourquoi ? Parce qu'il y a plein de gens qui se disent, ah ben si c'est Macron, c'est sûr que c'est Le Pen qui gagne, est-ce que vous pensez que les gens ont tort de penser ça ? Hein ?

Vous savez comme moi que c'est vrai, que c'est ce qu'il dit autour de vous, donc maintenant, il y a une chose que nous savons, c'est que si c'est Macron, Madame Le Pen sera élue, donc si vous ne voulez pas qu'elle soit élue, faites ce qu'il faut pour ça, déjà, commencez par ne pas voter pour elle, ni pour lui, seulement d'être contre, le sujet c'est d'être pour, et la solution d'être pour, elle existe, et ça s'appelle l'avenir en commun avec le programme et avec ma candidature. J'ai été un peu en vitesse à ça parce que c'est long, mais je vous demande de bien réfléchir à ce raisonnement, il se tient d'un bout à l'autre.

Si vous voulez un changement qui soit une rupture, pas un petit truc comme ça à la marge, avec un peu de verdure par-ci, un peu de tralala social par-là, mais un vrai changement global d'organisation, de l'économie, de l'échange et de la consommation, vous pouvez le faire tout en vous offrant le plaisir d'envoyer balader deux gens dont vous ne voulez pas. Vous pouvez être à la fois contre avec la tranquillité de pouvoir être pour. C'est valable. Ça s'appelle les Insoumis et le programme l'avenir en commun. Allez, à la semaine prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada