L'invité de Bourdin Direct : Robert Ménard - 01/07
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Avez-vous été surpris par les scores du Rassemblement National aux élections départementales et régionales ?
- 0:36RelanceRéponse partielle
Démotivés pour tout le monde, pas que pour le Rassemblement National. Pourquoi, selon vous ?
- 1:20OuverteRéponse directe
Vous avez parlé avec des électeurs du RN qui ne sont pas allés voter ?
- 2:19RelanceÉludée
Peut-être parce que la qualité des candidats du RN n'était pas au rendez-vous ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Jean-Marie Le Pen dit qu'il faut viriliser le parti. Qu'en pensez-vous ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Pourquoi le Rassemblement National ne gagne-t-il pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:30PrésentateurFait
« Ils ont peur des lendemains. Moi, ils me disent, oui, mais si Marine Le Pen gagne, qu'est-ce qui va se passer ? Ça va être la guerre civile ? »
- 3:48PrésentateurPromesse
« Demain, l'État fonctionnera. Demain, vous ne serez pas plus malheureux. Demain, on essaiera de régler de vos problèmes. »
- 11:09PrésentateurFait
« Si je fais un putain de lobbying pour qu'elle change d'avis là-dessus, mais ce n'est pas pour ça qu'elle m'écoute. »
- 13:01PrésentateurFait
« Dire qu'on ne va pas allonger la durée de travail, c'est prendre les Français pour des bonnets. »
- 14:07PrésentateurChiffre
« Il y a un Français sur deux qui est vacciné une fois. »
- 14:28PrésentateurChiffre
« Un tiers du personnel médical n'est pas vacciné. »
- 15:11PrésentateurFait
« Vacciné, vous accepteriez d'être confiné à nouveau ? Reconfiné ? Bien sûr que non. »
- 16:41PrésentateurFait
« Une maman, ça peut remplacer un père. Une grand-mère, ça peut être un père. »
- 20:40PrésentateurFait
« Quand je descends dans la rue, on me traite de salope si je ne porte pas le voile. »
Temps de parole
- Présentateur85 %
- Robert Ménard15 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Jean-Jacques Bourdin. Robert Ménard est notre invité ce matin, maire de Béziers. Robert Ménard, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Avez-vous été surpris par les scores du Rassemblement National aux élections départementales et régionales ?
Bien sûr, surpris, déçu, catastrophé. Et encore plus, je dirais, au deuxième tour qu'au premier, parce qu'on pouvait espérer une espèce de sursaut. Et il n'y a pas eu, bien sûr que c'était une défaite. Alors, des électeurs démotivés, qui ne sont pas allés voter, pourquoi, selon vous ? Démotivés pour tout le monde, pas que pour le Rassemblement National. Non, non, je dis ça parce que j'ai entendu des responsables du Rassemblement National dire, oui, l'abstention et tout, mais l'abstention, elle ne concerne pas que le Rassemblement National, peut-être un peu plus que les autres. C'est plus grave que ça.
Je pense que les gens, ils ne se retrouvent pas dans un discours politique, ils n'aiment plus les partis politiques. Et le Rassemblement National, l'erreur qu'il fait fondamentale, c'est qu'il croit que comme il n'est pas au pouvoir, et qu'il n'a jamais été, en réalité, il se dit, moi, les gens ne me mettent pas dans le même sac que les autres. Non, ils les mettent dans le même sac que les autres. Et puis, il y a peut-être des problèmes aussi d'incarnation. Quand on vote pour quelqu'un, on vote peut-être pour, oui, sûrement pour des idées, pour un programme, mais aussi on vote pour quelqu'un. Quelqu'un de cher et de reste. Vous, vous en connaissez à Bézier des électeurs,
de vos électeurs ou des électeurs du Rassemblement National qui ne sont pas allés voter ? Vous avez parlé avec eux ? Oui, bien sûr.
Ils vous ont dit ça ? Non, bien sûr, ils ne croient plus en rien. Ils pensent que, surtout, surtout, ils croient que ça ne changera rien de voter pour les uns et les autres. C'est ça qui est le pire. Alors moi, je ne me plains pas parce que mes candidats, ils ont tous été élus. Moi, j'ai soutenu les trois candidats dans les cantons de Bézier. On a fait, Bézier même, plus de 67% des voix. Donc, je ne me plains pas. Mais en même temps, il y en a plein qui ne vont pas voter. Qui ne vont pas voter parce qu'ils ne croient plus en ça.
Je crois qu'on n'imagine pas à quel point, comment vous dire, il y a plus qu'un doute, c'est une espèce de poison qui s'instille et qui dit « Ces gens-là, de toute façon, tu votes pour les uns et pour les autres, ça change rien. » Et en même temps, c'est injuste. C'est injuste, je le dis, parce que, moi, vous savez pourquoi je voulais que le Rassemblement National gagne une région ? Pour voir si le procès en incompétence qu'on m'a fait, moi, quand je suis devenu maire, ou qu'on lui fait était vrai ou pas. Est-ce que, oui ou non, on est capable de diriger une région ?
Oui, mais Robert Ménard, peut-être parce que la qualité des candidats du Rassemblement National n'était pas au rendez-vous, aussi, je ne sais pas. Enfin bon, peu importe, mais j'entends les critiques et au sein même du Rassemblement National, il y en a. Puis j'entends les critiques, tiens, de Jean-Marie Le Pen qui dit qu'il faut viriliser le parti.
Ah, mais ça, c'est des conneries, il ferait mieux de se taire de temps en temps, on respirerait un petit peu. Le problème, il n'est pas ça. Bien sûr, moi, je l'entends comme vous, cette petite musique qui consiste à dire, en gros, Marine Le Pen serait banalisée. Il n'y aurait plus les aspérités.
Elle ne saurait plus parler vraiment aux gens. Marine Le Pen n'arrive pas à... Vous avez dit, Marine Le Pen n'arrive pas à tranquilliser les gens.
C'est exactement ce que je pense. Moi, mon problème, ce n'est pas le front républicain. Ce n'est pas que les partis, tous les partis, se réunissent contre le Rassemblement National ou contre des candidats comme moi. Ce ne sont pas les partis qui votent. Je dois le rappeler à chaque fois. C'est pour ça, mais je vais exactement dans votre sens. Moi, ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est que les gens écoutent ça. Et le font, le front républicain. Sinon, le Rassemblement National gagne. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que moi, je vois encore les gens. Vous me disiez, qu'est-ce que vous disent les gens ? Vous savez ce qu'ils se disent pour le Rassemblement National ?
Et c'est ça, le défi du Rassemblement National. C'est qu'ils ont peur des lendemains. Moi, ils me disent, oui, mais si Marine Le Pen gagne, qu'est-ce qui va se passer ? Ça va être la guerre civile ? Qu'est-ce qui va se passer avec les musulmans ? C'est ça. Et le boulot du Rassemblement National, ce n'est pas du tout de durcir son discours, comme le disent assez atomes aux gens. C'est au contraire de dire, mais non, il n'y aura pas de guerre civile. Demain, l'État fonctionnera. Demain, vous ne serez pas plus malheureux. Demain, on essaiera de régler de vos problèmes. Et ça, le Rassemblement National, il n'arrive pas à le faire. On a un langage factice, dit Gilbert Collard.
Non, mais Gilbert Collard a aussi, attendez, quand il dit, je suis content d'être infréquentable. S'il était maire d'une ville comme moi, moi, j'ai envie d'être fréquentable, j'ai envie d'être respectable. Pour être respectable, il faut que je sois respecté. C'est ça, la réalité. Le reste, honnêtement, ça, c'est des effets de manche de tribune. Non, parce que j'entends aussi certains dire, le Rassemblement National est devenu lisse et consensuel. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Attendez, sinon, sinon, Mariani, il aurait gagné. Mais non, c'est exactement le contraire.
Il y a encore la peur, demain, de se dire, oui, mais si Mariani avait gagné, qu'est-ce qui se serait passé dans ma région ? Le problème, ce que j'essaye de leur dire, c'est que, regardez, une ville comme la mienne, elle se porte plutôt mieux, depuis que je suis élue, qu'avant, si j'en crois. Les électeurs, c'est ça, le Paris du Rassemblement.
Vous sentez ces fissures, au sein même du Rassemblement National,
ces débats qui montent, cette mise en cause de Marine Le Pen. Mais moi, j'ai parlé avec Marine Le Pen. Oui. Et je lui ai dit, j'ai dit, surtout, surtout, ne cède pas à ça. Aujourd'hui, moi, j'étais satisfait de l'avoir, dire moins de bêtises sur un certain nombre de sujets, moins près de son petit appareil politique. C'est ce qu'elle doit dire au congrès de Perpignan ? J'espère bien. Moi, je lui ai dit, un, il faut que tu leur dises bien, au contraire, au contraire, il faut que tu sois plus rassurante. On ne gagne pas avec l'électorat du Rassemblement National. Ça ne suffit pas. On gagne avec d'autres. Les autres, il faut les convaincre.
Et aujourd'hui, les autres, ils continuent à se dire, c'est l'extrême droite, c'est les fascistes, c'est toutes ces conneries.
Enfin, il y en a un autre, qui est impatient, c'est Éric Zemmour. Est-ce que vous pensez que dans les bars de Béziers, ou sur le marché à Béziers, on connaît Éric Zemmour ?
Bien sûr, on le connaît, parce qu'on regarde une chaîne grande qui est la vôtre, et que tous les soirs, on regarde avec une audience
qui n'est pas plus forte que celle-là, et même moins que la vôtre. Bon, d'accord. Je peux dire un mot. Je me méfie, oui. Non, mais je me méfie, parce que quand on voit qu'un journal de 20 heures, ça fait 7 millions, ce n'est pas tout à fait la même dimension.
Ils ne boxent pas dans la même catégorie. Non, on est bien d'accord. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que les gens chez moi, qui votent beaucoup pour moi, ils regardent une chaîne dans laquelle ils se reconnaissent. C'est pour ça que je vous dis ça. Attendez, Éric, c'est mon ami, donc je fais attention à ce que je dis. Je sais. Moi, si je parle d'un garçon qui est mon copain, mon ami, depuis des années, je lui dis, j'en parle régulièrement de ça avec lui, je lui ai dit, écoute, tu pèses, tu joues ton rôle de journaliste. On peut aimer ou pas, Éric, il a du talent, il est cultivé, il est bon polémiste. Enfin, je suppose que vous le reconnaissez. Oui, oui, la bésure.
Il sait faire une émission de télévision qui fait est-ce que de ça, tu en conclus que tu serais un homme politique et un homme politique écouté par les gens ? Est-ce que parler au micro, c'est parler de la même façon dans un meeting ? Est-ce que s'adresser à quatre débatteurs sur un plateau de télévision, c'est pareil que convaincre quelqu'un sur un marché ou qu'il vienne te voir à la mairie et qu'il t'engueule parce qu'il a eu des problèmes avec son voisin ? C'est pas la même chose. Et je lui dis, fais attention. Fais attention. C'est peut-être une énorme connerie pour moi.
Vous l'avez eu au téléphone ?
Là, non, là, je ne lui ai pas parlé. C'est dernier jour, non ? Non, je ne l'ai pas eu.
Parce qu'il est impatient, hein ? Vous sentez qu'il a envie de se présenter ?
Je sens surtout qu'autour de lui... Est-ce qu'il va se présenter, selon vous ? J'espère que non. Vous espérez que non ? Autour de lui, on le pousse ? Mais pardis qu'on le pousse. Écoutez... Mais on le pousse, pourquoi ? Attendez, si, en sortant du studio, ici, il y a 50 personnes qui vous disent « Jean-Jacques, tu ferais un super président de la République. » Non, attendez. Ça ne me troublera pas. Non, mais vous, peut-être. Mais ça te flasse. Attendez, tout le monde est pareil. Ça te fait plaisir et tout. Quand, en plus, autour de toi, il y a des gens qui pensent que, voilà, avec trois coups, trois trucs, ils vont arriver à faire de toi un chef de l'État, bien sûr que ça t'influence.
Moi, je pense qu'aujourd'hui, en plus, je ne crois pas qu'il y ait l'espace politique. Il faut un espace politique. Est-ce qu'il peut bousculer le match ? Attendez, vous avez vu les sondages. Je le dis avec toutes les présentes, parce que je l'aime beaucoup. Mais je lui ai dit, regarde les sondages. Regarde les sondages. Les sondages, tu ne prends rien, Marine Le Pen. Tu prends acquis aux Républicains. Tu grignotes les Républicains et Dupont-Aignan. Ça ne suffit pas à faire un espace. En plus, pardon, mais les Républicains, ils sont plutôt boostés, là, des dernières, de ces élections régionales. Ils sont quand même un peu plus en forme qu'ils l'étaient il y a un mois.
Il n'y a pas d'espace politique. Et je ne souhaite pas, je lui ai dit, ce que je vous dis là, je le lui ai dit, donc je ne le dis pas dans le dos d'un sénateur de choc. J'ai dit, fais gaffe à ne pas devenir la Taubira de Jospin. Vous vous rappelez, Jospin n'est pas au deuxième tour quand Jean-Marie Le Pen l'est, parce que Mme Taubira lui prend 3%. J'ai dit, ne fais pas ça avec Marine Le Pen. Parce que quoi que tu dises de Marine Le Pen, tu as en commun avec Marine Le Pen 100 fois plus que tu l'as avec Macron.
Il attaque Marine Le Pen, qu'il accuse de gestion autocratique de son mouvement. Elle a un positionnement centriste, dit-il. Je lutte contre l'islamisme. Je ne lutte pas contre une religion, lui rétorque Marine Le Pen. J'ai vu les échanges, qui ajoutent que sa radicalité n'est pas la mienne, ni la vôtre.
Sur l'islam, Eric dit des bêtises. Tu ne peux pas dire, c'est impossible à dire, parce que quand tu vis près des gens et que moi j'ai responsabilité de maire, de président d'agglomération, je ne peux pas dire. Dans ma ville, Jean-Jacques Bourdin, il y a, allez, les deux tiers des enfants des écoles publiques qui sont, je fais attention à ce que je dis, parce qu'après j'ai des problèmes. Les deux tiers des enfants sont d'origine immigrée. La plupart, musulmans. Qu'est-ce que je vais leur dire ? Je vais dire, tu choisis entre l'islam et la France. Mais enfin, c'est impossible. Ce n'est pas seulement, pas possible, mais ce n'est pas bien, dégueulasse de leur dire ça.
D'abord parce qu'une bonne partie sont français depuis longtemps. Et tu ne peux pas dire ça. C'est impossible. Il n'y a pas d'incompatibilité. Je sais bien, là, je me mets à dos tous mes copains de cette partie de la droite qui disent qu'il y a une incompatibilité entre la République et l'islam. On ne peut pas dire ça. Ce n'est pas vrai. Il y a une incompatibilité entre un islam rigoriste, l'islamisme et la République, pas le contraire. Voilà, politique. Mais attendez, moi, dans mon conseil ministère, dans ma majorité, il doit y avoir, je ne sais pas, je ne vais pas compter, trois ou quatre musulmans. Je ne pense pas qu'ils sont moins bien que vous ou que moi ou moins assimilés à vous à moi.
Moi, je suis contre une immigration massive, non contrôlée. Mais là encore, je ne dis pas qu'il faut réduire à zéro l'immigration. Ça n'a pas de sens. Ça n'a juste pas de sens. Ce que moi, je reproche à un certain nombre de gens. Et c'est pour ça que plus personne ne croit les politiques. C'est dire des choses dont ils savent pertinemment qu'ils ne les feront pas. Quand Marine Le Pen, pour ne pas taper, enfin, je tape sur personne, mais pour montrer que j'essaye d'être de bon sens. Quand Marine Le Pen dit qu'on va ramener la retraite à 60 ans, je lui dis, Marine, Marine, tu ne le feras pas. Ce n'est pas vrai. Alors, les gens, c'est pour ça qu'ils ne votent plus.
Parce qu'ils savent bien que tu dis des bêtises. Elle va revenir, d'abord.
Pensez-vous qu'elle va revenir sur la retraite à 60 ans ?
Ah, là-dessus ? Attendez, si je fais un putain de lobbying pour qu'elle change d'avis là-dessus, mais ce n'est pas pour ça qu'elle m'écoute. Moi, j'ai dit quitte le Rassemblement National tout de suite, là, ce week-end. Mets-toi en dehors du parti. Vous lui demandez de quitter le Rassemblement National ? Elle a son caractère. Elle décide. Quand on en parle, je lui dis, prends tes distances et dis des choses moins caricaturales sur un certain nombre de sujets.
Pour en terminer avec Zemmour, les éditions Albin Michel affirment rompre le contrat avec Zemmour pour la publication de son prochain livre qui sortait en septembre. Rupture en raison de ses futurs engagements politiques. Vous y croyez ? Je ne sais pas. Si c'est vrai,
c'est dégueulasse. Honnêtement, je plais mes mots. Attendez, moi, j'ai appris comme vous. La librairie, les éditeurs, c'est le lieu de la liberté. C'est le lieu où on pense librement. Puis moi, j'ai été éditeur, j'ai été publié par Albin Michel. Oui, je sais. C'est pour ça que je vous pose la question. Philippe de Villiers dit que c'est fini. Il a raison. Honnêtement. Vous aussi ? Quoi ? Vous quitterez Albin Michel ? Je ne suis plus chez eux depuis longtemps. Mais si c'était le cas, bien sûr. C'est invraisemblable. Un lieu de liberté qui te dit parce que tu vas t'intéresser à la politique, si c'est vrai, je ne te publie plus.
En plus, c'est des jouards parce qu'en plus, c'est quand même un de leurs poulains qui leur apporte de l'argent. Ça veut dire pire. Ça veut dire qu'ils seraient prêts contre, pas seulement la liberté, mais contre leurs propres intérêts à faire de la politique de bas étage. Je n'imagine pas qu'une grande maison comme ça se permette ça où ça dirait une espèce de dérive de folie. Peut-être que c'est la folie de ce siècle et de ce pays.
L'âge légal porté à 64 ans, c'est indispensable. Est-ce que le président de la République doit relancer
la réforme des retraites ? Je ne sais pas si c'est le bon moment, mais dire qu'on ne va pas allonger la durée de travail, c'est prendre les Français pour des bonnets. Parce qu'on y arrivera, qui que ce soit finira par allonger et par faire que ce soit 63 ou 64 ans. Il n'y a pas d'autres solutions. Moi, je veux bien ne pas fâcher les syndicats, je veux bien expliquer qu'avec le Covid, ce n'est peut-être pas le moment de le faire. Mais dire le contraire, c'est mentir aux gens. Et les gens, ils en ont marre qu'on leur mente.
Bien, Robert Ménard, le Covid, le variant Delta qui menace la sortie de crise titré hier le monde à juste raison d'ailleurs. Alors, je sais qu'il y a vaste débat. Je regardais ce qui se passe par exemple en Irlande, en Autriche, au Danemark, en Israël, à Moscou, à Moscou. Vaccination obligatoire pour entrer dans un bar ou dans un restaurant. Ou dans un restaurant. Est-ce qu'on va devoir en arriver là en France ?
Bien sûr. Mais là encore, on prend toujours les jambes pour des imbéciles en disant pas maintenant et tout. Attendez. Tous les professeurs, les médecins, je ne connais rien. Moi, je ne suis pas pris Nobel de médecine. Qu'est-ce qu'ils vous disent ? Ils vous disent qu'on n'en sort qu'avec la vaccination. Enfin, c'est ce que j'ai compris. On a tous compris la même chose. Aujourd'hui, quoi ? Il y a un Français sur deux qui est vacciné une fois. Un peu de 50%. Voilà. On est loin du coup. Des adultes. Comment on fait quand il y a des gens qui ne veulent pas être vaccinés ? Comment on fait ? La seule solution que ça plaise ou que ça ne plaise pas, ce sera la vaccination obligatoire.
Moi, d'abord, je suis scandalisé. Je veux dire, quand j'apprends qu'un tiers du personnel médical n'est pas vacciné, les types, ils te font venir à l'hôpital. Ils t'expliquent qu'il faut être vacciné et un tiers d'entre eux ne le sont pas. Enfin, attendez, j'hallucine. Je veux dire, c'est la seule solution. Alors, je veux bien que ce ne soit pas populaire à dire. Je veux bien qu'il y ait des gens qui te disent « Ah oui, mais dans un pays de liberté, mais qu'est-ce que tu fais ? » « Qu'est-ce que tu fais ? » Il y a une autre solution. Non. Mais tout le monde recule à l'idée de l'annoncer. Mais ils finiront par le faire.
Vous verrez qu'ils vont annoncer la vaccination obligatoire d'abord pour le personnel médical, ensuite pour les enseignants avant la rentrée et on arrivera à le faire pour tout le monde. Et en même temps, ce sera une liberté. Moi, j'en ai marre. Je n'ai pas envie de repartir avec le masque en septembre, en octobre. Vacciné, vous accepteriez d'être confiné à nouveau ? Reconfiné ? Bien sûr que non. On te vaccine. Et on te dit « Mais tu ne peux plus ressortir. » Mais les gens vont être fous. Et qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez dire « Alors, lui, il n'est pas vacciné. Il ne peut pas sortir. Et toi, tu es vacciné. Il peut sortir. » Enfin, vous imaginez le climat en France.
Et puis, tu vas faire quoi ? Tu vas aller vérifier qui est vaccinale. Donc, vaccination obligatoire pour tous ? On va y arriver. Moi, j'ai été toujours pour le pass vaccinal parce que ça me donne liberté. J'ai envie d'aller partout sans masque, tranquillement, comme tout le monde.
Et rendre les tests payants, les tests PCR payants pour éviter ou les tests antigéniques pour éviter que certains refusent la vaccination. Je ne sais pas. Vous savez que certains refusent la vaccination et se font tester régulièrement. Ce qui remplace la vaccination. Ah non, je ne savais pas. Je n'ai pas pensé à ça.
Je ne savais pas.
Bon, l'égalité homme-femme, le congé paternité, pour une naissance qui passe de 14 à 28 jours.
C'est une bonne mesure. Mais c'est une bonne mesure. Mais en même temps, attendez. À partir d'aujourd'hui. Attendez, mais encore une fois, il faut avoir un tout petit peu de l'ordre. Qu'est-ce qui se passe en ce moment au Parlement ? On vient de voter la loi bioéthique. La loi bioéthique, on nous a expliqué qu'on pouvait faire la PMA pour une femme seule ou pour deux femmes en expliquant là, la semaine dernière au Parlement, les ministres, tout le monde. Écoutez, ce n'est pas si grave que ça. On peut élever un enfant sans son papa. On peut même l'élever avec deux mamans. J'ai même, c'était Agnès Buzyn qui disait mais une maman, ça peut remplacer un père. Une grand-mère, ça peut être un père.
Et en même temps, là, on m'explique le bon sens même que le congé parental pour les paternités, c'est pour rapprocher parce que c'est indispensable. C'est indispensable pour les enfants qui est leur papa. J'en suis complètement persuadé. Alors, c'est ça, en même temps, c'est-à-dire qu'on te dit ça là et puis pour faire plaisir à un certain nombre de gens, la semaine dernière, on m'explique oh non, finalement, si tu as un enfant toute seule et il n'y a pas de papa, ce n'est pas si grave. Bien sûr que c'est grave de ne pas avoir de père. Bien sûr que de priver un enfant sciemment...
Attendez, il y a plein d'enfants qui sont privés de père parce qu'il y a des divorces, parce qu'il y a des morts et tout. Mais c'est des drames. Ce n'est pas bien pour les gosses. Et là, d'un coup, on trouverait que ça ne poserait plus de problème. Honnêtement, on se fout de ma gueule, un tout petit peu.
Bien. Vous avez eu des assesseuses voilées dans vos bureaux de vote
à Bézine, non ? Non. Non. Je ne l'aurais pas toléré. Vous ne l'auriez pas toléré. Attendez, vous fichez du monde ? Enfin, attendez, vous imaginez. Vous imaginez. On ne me bassine avec les valeurs de la République. Mais c'est un geste politique. Ce n'est pas une affaire politique. Pas toujours. Mais enfin, oui, oui, peut-être. Vous avez raison. Robert Ménard, pas toujours.
Vous connaissez la communauté musulmane
de votre ville. Mais je la connais. Pas toujours, vous le savez très bien. Je suis d'accord. Mais sauf que la politique, à un moment donné, ce n'est pas de prendre en compte que des exceptions. Oui, il y a toujours des gens pour qui c'est évidemment, et je le respecte fondamentalement. Moi, je suis catholique. Les traditions. Les traditions. Et qui pensent que, je ne sais pas, que ce voilé est quelque chose qu'elle doit à Allah, au bon Dieu et tout. Je le respecte complètement. Ou à sa culture. Mais oui, dans 90% des cas, vous le savez, vous n'êtes pas plus naïfs que moi. C'est évidemment une revendication politique.
Si aujourd'hui, dans le quartier où j'ai été adolescent, il y a 75, qu'est-ce que je dis, 80% de femmes voilées, ce n'est pas qu'elles sont devenues d'un coup croyantes différemment d'il y a 10 ans ou 15 ans. C'est parce que c'est une revendication politique. Et chaque fois qu'on cède à ça, chaque fois qu'on cède à ça, on abandonne ce pays. Vous savez, si dans ma vie où il y a tant de musulmans, je suis si bien élu, c'est qu'ils votent pour moi parce qu'ils ont envie, ils ont envie que nous-mêmes on respecte. Mais une femme voilée dans la rue, est-ce que ça vous choque ? Oui. Oui. Vous interdiriez le port du voile dans les rues de Béziers.
La semaine dernière, la République en marche et la gauche a voté contre, contre, vous attendez, contre l'interdiction du burkini dans les piscines. Et c'est ces gens-là qui me disent qu'ils vont lutter contre l'islamisme. Ils ont voté contre le burkini dans les piscines. Moi, je suis pour l'interdiction. Dans ma ville, il n'y en aura jamais. Eux, non. Le burkini, c'est une chose. Le voile dans la rue.
Une femme voilée âgée. Ils ont voté. Ils se promènent dans la rue.
Est-ce que vous lui interdisez de porter son voile ? Je vous pose la question. Oui, dans l'espace public. Ils ont, oui, et je l'assume, et ils ont voté contre l'interdiction. Les mêmes, la semaine dernière, si, attends, laissez-moi dire, contre l'interdiction du voile pour les fillettes. Ça, dans les médias, les fillettes. Oui, je suis contre, quand je vois dans ma ville, je vois des gamines de 8-10 ans. 8-10 ans. Voilée, oui, ça me choque profondément. Je me suis battu toute ma vie à côté de femmes dans des pays musulmans qui allaient en prison, qui étaient fouettées, mais enfin, vous le savez, vous connaissez aussi bien que moi, fouettées parce qu'elles ne voulaient pas du voile.
C'est les mêmes journalistes, enfin, les mêmes journalistes qui se scandalisaient parce qu'on les obligeait à porter le voile en arrivant en Iran. Vous vous rappelez ? Qui aujourd'hui disent « Oh non, bien sûr qu'il faut céder sur rien. » Et vous savez pour qui il faut passer ? Il faut céder pour rien pour les musulmans parce que moi... Vous savez,
quand on est une femme qu'on part en reportage dans ces pays-là, on porte le voile aussi par respect pour la culture locale et par respect pour les habitants ou les habitantes de ces pays.
Et par respect pour la culture locale ici, tu ne le portes pas le voile. Et par respect pour toutes ces femmes qui, dans ma ville, viennent me voir, viennent me voir, Jean-Jacques Bourdin, et me disent « Moi, on m'oblige à porter le voile. » Moi, mon mari, il a honte vis-à-vis de ses copains si je ne porte pas le voile. Quand je descends dans la rue, on me traite de salope si je ne porte pas le voile. Alors moi, pour ces femmes-là, pour ces femmes-là, je suis contre le voile dans les rues. Un mot très vite
parce que je suis en retard déjà. Manifestation, danse traditionnelle lors des mariages avec des drapeaux étrangers, il faut interdire tout ça.
Je l'interdis dans ma ville. Et quand j'entends notre garde des Sceaux, la démagogie personnifiée, expliquer, dire « Oui, mais moi, la valse, c'est autrichien, le cirque taquis, c'est grec, mais il se fout du monde. » On ne parle pas de ça. On parle des gens qui arrivent avec des drapeaux du Maghreb dans les mairies qui font des you-you, qui choquent tout le monde et à qui je vais dire moi, personnellement, à leur dire « Où vous me rangez ça, tout ça ? Où je ne vous marie pas. » Vous direz la même chose aux gitans ? Quoi ? Bien sûr, les gitans. Les gitans, on ne fait pas la fête dans la ville, dans le lieu de mariage. Le mariage, c'est un lieu.
C'est la République, c'est ma mairie et on respecte les règles. Et les règles, c'est moi qui suis chargé de les faire respecter. Et je vous garantis que plus personne ne le fait dans la mairie parce que ça ne se passerait pas comme ça.
Bien, Robert Ménard, merci, 8h55 RMC et BFM TV.
Robert Ménard