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interviewSUDRADIO· 9 juillet 2026 23 min

Le Pen : la justice fait-elle preuve de neutralité ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Les vraies voix de l'été, deuxième partie, avec des face-à-face, la justice face à Marine Le Pen et en Coupe du Monde de football, la France face au Maroc. Vous réagissez au 0826 300 300 ou sur nos réseaux sociaux et notre chaîne YouTube. Évidemment, dans cette émission, nous poursuivons le suivi des feux de forêt, de la canicule, le tout avec l'expertise de nos vraies voix que je vous présente. Les vraies voix Sud Radio. Si vous venez de nous rejoindre, sachez que Mathieu Davy, avocat membre du collectif de défense de l'état de droit, est avec nous.

Mickaël Sherman, conseiller municipal inscrit sans étiquette et président de l'association Engagement France Solidarité, Sébastien Ménard, éditorialiste et entrepreneur dans la foodtech. Messieurs, on parlera tout à l'heure de France-Maroc, mais un petit pronostic, Mathieu Davy ? 4-3 pour la France. Ah, carrément 4-3, oui. Sébastien Ménard, qui, vous, qui nous avez rappelé que vous n'y connaissiez rien en foot ?

1:03
Invité

Pas grand-chose, mais je vais faire comme le président Hollande qui a dit 2-1 pour la France, moi je dis 2-1 pour le Maroc. Mais pourquoi le président Hollande, il a dit 2-1 pour la France ? Non, parce qu'en fait, c'est un extraordinaire pronostiqueur. Et à chaque matin, avant les matchs de l'équipe de France, il a donné jusqu'alors des pronostics, et pour l'instant il ne s'est pas planté. Mais il a dit 2-1 pour la France ? Il a dit 2-1 pour la France, moi je dis 2-1 pour le Maroc.

1:25
Présentateur

Mais alors pourquoi vous citez François Hollande alors que ça n'a aucun...

1:28
Invité

Vous voulez vous faire accepter... Je vous ai dit que François Hollande sera le prochain président de la République, je l'ai déjà dit. Ah, donc vous êtes en train de vous placer sur ce radio ? J'ai pas besoin de me placer, vous savez, je suis déjà placé.

1:42
Présentateur

Ce monsieur est important. Michael Sherman, votre pronostic ?

1:45
Invité

Moi, je dirais 3-2 pour la France. Pour la France, très bien. 3-2 c'est pas mal.

1:50
Marine Le Pen

Dire le contraire de François Hollande, c'est plutôt prudent. Oui.

1:55
Présentateur

Ça c'est énorme. Oui, mais ça c'est facile. Ça c'est facile. Oui, mais c'est du Mathieu David dans le texte. C'est du cabotinage de fin de semaine. Très bien. Bon, ça c'était le clin d'œil. France-Portugal, etc. Mais rentrons maintenant dans les choses sérieuses. Le grand débat. Les vraies voix sud radio. La cour de cassation pourrait se prononcer sur le pourvoi en cassation de Marine Le Pen au plus tard, début avril 2027. Habituellement, il lui faut minimum un an pour statuer. Traitement de faveur pour une élection propre ou pour une machination anti-RN. Nous vous posons la question, à vous les auditeurs de Sud Radio, affaire Marine Le Pen, la justice fait-elle preuve de neutralité ?

Alors, j'aimerais déjà que vous écoutiez cette intervention de Rémi Heinz, qui est procureur général près de la cour de cassation et qui s'exprimait chez nos confrères de France Inter ce matin. Il a justement voulu faire le point et il parle de cette neutralité de la justice. Nous l'écoutons. C'est parti.

3:05
Invité

C'est parti. Ce qui est important, c'est que nous, nous sommes en ordre de marche pour rendre cette décision avant le scrutin présidentiel. Et nous ferons tout, nous, ce qui nous concerne, pour tenir cet objectif parce que nous, nous y sommes engagés. Et encore une fois, nous sommes dans un fonctionnement qui est un fonctionnement normal.

3:25
Présentateur

Alors, qui est dans un fonctionnement normal. Bon, sans vous faire offense, Mickaël Sherman et Sébastien Ménard, je vais commencer par l'avocat, Mathieu Davy. D'un point de vue, parce qu'on a du mal à comprendre quelque chose, Mathieu Davy, c'est-à-dire que tout le monde évoque le temps d'un an à un an et demi pour qu'une cour de cassation statue, et là, ça ne serait pas le cas.

3:51
Marine Le Pen

Beaucoup de choses ont déjà été dites depuis quelques jours. J'aimerais qu'on reprenne les choses un petit peu dans l'ordre. Le tribunal avait été assez sévère, c'est un jugement, si vous vous en souvenez, qui avait présenté Marine Le Pen comme une personnalité dangereuse pour l'ordre public, d'où une inéligibilité assez longue qui allait au-delà de l'élection présidentielle. La cour d'appel a une attitude, à mon sens, un peu plus adaptée, peut-être plus proportionnalisée à la situation de Marine Le Pen et à la démocratie de notre République.

C'est-à-dire qu'elle a laissé la porte ouverte à ce que Marine Le Pen puisse quand même se présenter, tout en maintenant une peine très lourde, très grave, pardon, sur le fond.

4:30
Présentateur

On rappelle trois ans de prison, dont un ferme, et cette année ferme, c'était avec le bracelet électronique.

4:37
Marine Le Pen

Mais la cour d'appel a eu ce raisonnement que je trouve très intéressant. Est-ce que c'est de la neutralité ou pas ? Ça reste de l'indépendance, évidemment. Elle est condamnée, elle est inéligible, mais bracelet électronique pour pouvoir se présenter. Et par ce que dit la cour d'appel, nous allons laisser le peuple trancher. Qu'est-ce que doit trancher le peuple dans cette histoire ? Est-ce que je vote ou pas pour une candidate en bracelet électronique ? Mais pas parce qu'elle n'est pas disculpée ou innocente, elle l'est condamnée.

En revanche, en tant qu'institution judiciaire et en respect de la séparation des pouvoirs, à la Montesquieu, l'essence même de l'État de droit français, en tant qu'institution judiciaire, on sait que l'élection présidentielle, c'est le moment démocratique de la décennie. Il y en a deux par décennie. Donc laissons le peuple français prendre sa responsabilité.

5:18
Présentateur

Pardonnez-moi, Mathieu, Mathieu, Mathieu, juste, là on n'est pas à la cour, c'est la radio. Donc moi je suis obligé d'éditorialiser. Est-ce que je voulais vous répondre ? Non, non, non, mais justement Mathieu, ce qui est très important sur ce que vous dites, vous dites très bon jugement rendu par la cour d'appel, je veux juste demander...

5:35
Marine Le Pen

Je n'ai pas dit très bon jugement, j'ai dit jugement sévère, dur, assoupli par la cour d'appel.

5:41
Présentateur

Mais assoupli par la cour d'appel et qui permet donc à Marine Le Pen de se présenter. C'est ce que vous dites, on est d'accord ?

5:47
Marine Le Pen

Exactement, et c'est ce que va dire la cour de cassation, c'est ce que je voulais vous répondre.

5:50
Présentateur

Justement, je vais vous interroger sur la cour de cassation, mais avant, Mickaël Sherman et Sébastien Ménard, sur ce que vient de dire Mathieu Davy, sur finalement la décision de la cour d'appel, oui ou non, sur ce que vient de dire Mathieu, qui dit que c'est plutôt intelligent.

6:06
Invité

Déjà, on a le devoir je pense de respecter l'institution judiciaire, il y a la séparation des pouvoirs en France, moi je suis conseiller municipal, je pense que le mélange des genres, c'est important je pense que les Français aussi comprennent qu'il y a le respect d'une décision de justice. Le pourvoi en cassation, sauf erreur de ma part, et l'avocat en face de nous, ne changera pas la décision judiciaire.

6:27
Présentateur

Non, non, mais on va y revenir après, parce qu'il va nous parler de la cour de cassation, mais l'arrêt rendu par la cour d'appel, on parle d'arrêt d'ailleurs, c'est pour une cour d'appel, voilà, c'est ça. Donc l'arrêt rendu pour la cour d'appel vous semble plutôt bien pesé

6:41
Invité

pour le bon déroulement de la vie démocratique ? Mickaël Sherman, la cour d'appel de Paris est statuée, ce n'est pas à moi qui n'ai pas juge de dire... Je ne voulais pas vous prononcer, vous avez bien avis. Mais je n'ai pas, moi en tant que politique, à commenter ce que la cour d'appel fait, et je pense que même les élus en France...

6:59
Présentateur

Mais en tant qu'éditorialiste ce soir sur Sud Radio ?

7:01
Invité

En tant qu'éditorialiste sur Sud Radio, je respecte la décision de justice, je pense par contre que le communiqué, parce que c'est de la communication que fait aujourd'hui la cour d'appel de Paris, son représentant, Rémi Hertz, qui a pris la parole, je pense qu'avant une élection présidentielle, je pense qu'il n'était pas utile de dire comme quelque part une urgence de devoir se prononcer avant l'élection présidentielle. Je pense qu'ils ont commis une erreur de communication. Alors ça c'est autre chose, on va y revenir...

7:30
Présentateur

Sébastien Ménard, même question qu'à Mickaël Sherman qui n'a pas voulu répondre. Vous vous étiez lui mais vous ne l'êtes plus, alors allez-y.

7:35
Invité

Moi j'ai été élu pendant plus de 20 ans, donc je suis ancien conseiller ministériel, enfin bref j'ai eu des fonctions qui m'obligent, qui m'ont obligé à une certaine forme de neutralité jusqu'alors. Non, moi je voudrais juste, ce que vous n'avez pas dit maître, cher Mathieu, c'est on rend la justice au nom du peuple français, et pas à la place du peuple français, ce qui est une grosse nuance.

Et sur cette antenne on a souvent dit que finalement il y avait une espèce de république des juges qui avait enjambé le suffrage universel direct, qui avait quelque part, parfois par parti pris, par une vision très partisane ou intellectuellement très engagée, pour ne pas dire plus, décidé de celles et ceux qui pourraient concourir à l'élection présidentielle, comme vous l'avez dit, maître, qui est quelque part la plus belle et la plus grande des batailles démocratiques de par décennie, vous l'avez dit.

Donc aujourd'hui, oui, on retrouve quelque part dans la décision de la Cour d'appel et dans vraisemblablement ce qui va se dérouler, l'essence même, vous avez cité Montesquieu, vous avez bien fait, c'est on rend la justice au nom du peuple français et pas à la place du peuple français.

8:45
Présentateur

Non, non, non, c'est trop tard, Mickaël, vous avez botté en touche, là vous ne reprenez pas la main. C'est trop facile. Non, non, non, je vais savoir. Mathieu Davy, stop, c'est à Mathieu Davy.

8:55
Marine Le Pen

Non, non, mais il ne faut pas créer de dissidence artificielle. Je défends l'état de droit, la justice rendue par le peuple, pour le peuple, au nom du peuple, ce que vous avez oublié de dire. En revanche, ce que j'aimerais dire quand même, c'est que la Cour d'appel a maintenant une cellule de communication. Est-ce que vous savez ça ?

9:13
Présentateur

Non, je ne savais pas.

9:14
Marine Le Pen

Et donc, pourquoi ? Pour l'accès au droit. Et d'ailleurs, il faut défendre l'accès au droit. Pour que les justiciables comprennent, décryptent, s'approprient les décisions qui les concernent au plus haut point en tant que justiciables, en tant que citoyens. Donc la Cour d'appel, il ne faut pas la juger là-dessus. C'est intelligent, je trouve, que de communiquer, que d'expliquer l'arrêt et de dire justement, écoutez, nous, quand on décrypte cet arrêt, Mme Le Pen a été condamnée. Elle est responsable. Elle est coupable.

Maintenant, on a considéré que sur l'inéligibilité, qui est un sujet aussi démocratique et pas que judiciaire, nous avons considéré que nous n'irions pas jusqu'au jour du premier jour de délection. Vous l'avez déjà dit, on a bien compris, Mathieu. Mais donc, c'est très intéressant, parce qu'on pourrait croire que c'est une décision politique. Non, c'est une décision judiciaire, mais qui, par le principe de proportionnalité de la peine, qui est quand même notre sacro principe judiciaire, s'est adaptée à Mme Le Pen, qui est une prévenue, comme les autres, mais pas tout à fait comme les autres. Donc c'est intéressant, c'est pas une décision politique.

C'est une décision adaptée au dossier et aussi au peuple français qui rompt justement cette justice.

10:14
Présentateur

Donc je reviens sur la cour de cassation, et comme vous êtes magnifiques tous les trois, vous m'avez amené jusqu'à la nécessaire petite respiration, comme ce qu'on appelle finalement une bande-annonce. Donc la bande-annonce est la suivante, chers amis auditeurs de Sud Radio. Dans un instant, Maître Mathieu Davy va nous dire si la cour de cassation, et enfin, il va nous le dire, si la cour de cassation, finalement, en prenant cette décision de statuer avant, ce qui se fait habituellement, le fait d'une manière neutre, vous intervenez au 0826 300 300, pour nous dire si, dans l'affaire Marine Le Pen, la justice fait preuve de neutralité. On se retrouve donc tout de suite après ça.

17h20, les vraies voix Sud Radio. Le débat est intense. Affaire Marine Le Pen, la justice fait-elle preuve de neutralité ? La cour de cassation pourrait se prononcer sur le pourvoi de Marine Le Pen au plus tard, début avril 2027. Habituellement, il faut minimum un an pour statuer. Alors, traitement de faveur pour une élection propre, ou machination anti-RN. Nous en parlons avec nos trois vraies voix, Mickaël Sherman, Sébastien Ménard, et maître Mathieu Davy, à qui nous avons posé la question, est-ce normal qu'une cour de cassation, qui habituellement prend un an à 18 mois, dise, je vais le faire en combien de temps ? 6 ou 7 ou 8 mois ? Mais comme pour la cour d'appel, mon cher Fred.

11:42
Marine Le Pen

La cour d'appel dans ce dossier aurait dû rendre son arrêt après le premier tour de l'élection présidentielle par les délais classiques de la justice. Est-ce qu'il y a eu un passe-droit ? Ce n'est pas un passe-droit, c'est l'organisation juridictionnelle de la cour qui dit, c'est tellement important l'élection présidentielle. Nous, justement, par la séparation des pouvoirs, nous, institutions judiciaires, on fait attention au pouvoir exécutif. Donc on fait en sorte de rendre une décision avant, et avec un délai suffisant, pour que justement, la campagne puisse se faire. En gros, qu'est-ce que va faire la cour de cassation ?

Évidemment, pour vous, en cour de cassation, je vous le dis, c'est 12, 18 mois, même 24 mois. Là, dans un de mes dossiers, c'était 3 ans. Est-ce que c'est Marine Le Pen ?

Pas Marine Le Pen, parce qu'on est dans le débat démocratique, et qu'il faut qu'effectivement, pour respecter justement la motivation de l'arrêt de la cour d'appel, qui est de dire, les Français doivent trancher, pour qu'on respecte cette décision-là, eh bien, on va faire en sorte que nous, cour de cassation, on est capable de le faire en vérité, on réunit les grands magistrats de la cour de cassation, on prend ce dossier en priorité, parce que c'est prioritaire, et je pense que les Français auraient un consentement à ça, pour qu'on puisse savoir, effectivement, si avant le premier tour, il y a rejet du pourvoi, rejet du pourvoi, ça veut dire qu'on revient à l'arrêt de la cour d'appel.

Donc là, on remet le bracelet électronique. Donc elle a pris un risque. Par exemple, pour le débat d'entre deux tours.

12:53
Présentateur

Donc elle a pris un risque. Mais c'est pas un énorme. Elle a fait tapis,

12:55
Marine Le Pen

elle aurait pu aller voir juste l'appliquation des peines, pour être très clair, et négocier la suspension du bracelet, mais ça veut dire qu'elle a caissé à l'arrêt de la cour d'appel. Oui, elle disait, je suis coupable. Elle fait le pourvoi en se disant, ça suspend tout. Parce qu'il disait sur le plateau de CNews, je me souviens avant-hier, c'est bon, ça va durer 18 mois, on est tranquille. Eh bien non ! La cour de casse, elle dit, pas du tout. On va rendre l'arrêt avant le premier tour. Est-ce qu'elle est neutre ?

13:16
Invité

Non, non, mais je veux juste qu'on soit concret, qu'on aille jusqu'au bout. Parce que quand je vous écoute, là, vous nous déroulez le fil narratif, etc. C'est-à-dire qu'il y a une première décision qui était... Je vous rappelle les faits. Non, non, mais vous vous rappelez les faits. Mais la réalité, c'est que dans l'opinion publique, vous avez allé plus d'un Français sur deux qui était persuadé que les juges voulaient choisir les candidats à la candidature et que là, quelque part, il y a une forme de rattrapage pour éviter un trouble à l'ordre public et un trouble à l'ordre démocratique des choses. Je n'aime pas Marine Le Pen, je ne voterai pas pour elle.

Mais en tout cas, il y avait quand même une sacrée difficulté dans le processus électoral. Vous ne pourrez pas empêcher d'avoir deux visions. Mais ce n'est pas le narratif du Front National.

14:04
Marine Le Pen

C'est le narratif du Front National que de dire... Pas vous, mais que de dire que les Français, que les juges décident de qui se présentent à l'élection présidentielle. C'est le narratif du Front National.

14:14
Invité

Messieurs, vos deux arguments s'entendent. Je voudrais qu'on écoute Michael Sherman là-dessus. Moi, je trouve ça insupportable, les discours polarisants, que parce qu'on n'est pas forcément d'accord avec vous, on est forcément d'extrême droite où on serait des pro-RN. Non, c'est pas ce qu'il a dit. C'est le narratif timide. C'est un petit peu ça. Mais non, moi, ce que je voudrais, c'est... Il y a les décisions de justice et on respecte l'autorité judiciaire. Dans le même temps, en tout cas, en termes de jeu politique et de stratégie, ce que fait la justice, à mon avis, ça donne des voix au RN. Tout ce qui est en train d'être fait, joue pour le RN et joue pour Marine Le Pen.

Sauf que si la cour de cassation dit... Michael, dans les deux cas... Attends, attends, attends. Si la cour de cassation dit... S'il vous plaît, messieurs,

14:50
Présentateur

si la cour de cassation dit vous prenez le bracelet électronique, Marine Le Pen a dit qu'elle ne ferait pas campagne. Donc, clairement, ça veut dire qu'on vous empêche de faire campagne, Michael Sherman.

15:00
Invité

Quelque part, ça peut être vu comme ça et on ne peut pas juger les Français et les mettre dans le côté de l'extrême droite parce qu'ils pensent ça et qu'ils ont le droit de penser ça. Maintenant, ce que je vous dis, c'est que tout ce qui va être fait jusqu'à... À partir de maintenant, par la justice, il ira dans le sens du RN, il va profiter au RN pour élection présidentielle.

15:15
Présentateur

Vous voyez ça comme ça. Bon, ben, c'est intéressant. 0-826-300-300, Kevin de Bordeaux. Bonsoir, Kevin. Oui, bonsoir. Bon, vous venez d'écouter. C'est très passionnant. Vous, votre point de vue. Alors, justement, on a besoin que vous tranchiez. Cette décision cour de cassation anticipée, c'est quoi ? C'est neutre ou c'est pas neutre ?

15:31
Invité

Pour moi, c'est tout sauf neutre. Ce que je voulais préciser, c'est que c'est la forme du projet qui va être évaluée en cassation. Ce ne sera pas le fond. Donc, Marine Le Pen a été condamnée par des juges à des niveaux plus ou moins importants. L'appel a été plus clément, semble-t-il, ou plus réaliste et moins idéologue. Ce que je voulais simplement dire, c'est qu'aujourd'hui, il y a un vrai problème de discrédance de la cour de cassation des années 2000 et même l'année antérieure qui expliquait que les motifs de poursuite dans le cadre de contrats qui sont tenus par l'Union européenne, c'est-à-dire hors la nationalité française, hors le droit français, ne sont pas opposables.

Et donc, grosso modo, Marine Le Pen a été jugée de façon abusive sur un détournement de procédure et par des juges dont on voit bien qu'ils sont tous sauf équitables.

16:39
Présentateur

Ok. Alors, très intéressant et très technique de la part de Kévin. Justement, sur l'aspect technique, vous qui êtes l'avocat du soir, juste sur ce que vient de dire Kévin, Mathieu David.

16:50
Marine Le Pen

Mais il ne faut pas tomber dans cette espèce de populisme. Deux tribunaux ont rendu une décision. Elle n'a pas été condamnée une fois. Deux fois. Le tribunal de première instance, collégialité, cinq magistrats, la cour d'appel, ensuite, même cinq magistrats qui ne se connaissent pas, qui ne travaillent pas ensemble. Les deux ont condamné les faits. Mais ça, vous avez raison. Mais on parle d'inéligibles ou pas ici. Il faut arrêter de nous dire que c'est une justice instrumentalisée. L'inéligibilité fait partie de l'arsenal judiciaire. Et je dirais même d'ailleurs qu'à l'extrême droite, il le réclame depuis longtemps. Il le veut la vie. Il le veut la vie. Allez au bout. Allez au bout.

L'inéligibilité, vous savez, d'année en année, il se ressert de plus en plus dans ces dossiers-là.

17:25
Invité

Mais normalement, l'inéligibilité, elle doit tomber une fois que vous avez purgé tous vos recours. Là, la problématique, c'est que l'inéligibilité de Marine Le Pen, elle était... Il n'y avait pas d'appel, il n'y avait pas la cassation. Elle était tout de suite inéligible. Mais ça lui a servi

17:42
Présentateur

puisqu'en tant cumulé, finalement.

17:44
Invité

Mais je pense que la justice, en tout cas, même si tout est bien fait, vous avez probablement raison, maître, de le réexpliquer comme ça, il n'en demeure pas moins que pour moi, tout est bien fait. Mais elle se ravise. Elle se ravise face au tollé dans l'opinion publique que ça représentait.

17:59
Présentateur

Sauf que sur cette histoire de cours de cassation qui ne prend pas le même temps, et moi, j'entends ce que dit Kevin, finalement, et tout le monde le ressent, bon, il y a quand même une question à se poser. Bon, Mickaël Sherman, pour conclure sur le sujet.

18:10
Invité

Je pense qu'il faut écouter les Français. On ne pourra pas leur enlever de la tête, aux Français, qu'il y ait eu une volonté d'aller trop vite. Vous savez, si vous allez dans n'importe quel tribunal aujourd'hui en France... Pour l'accord de cassation,

18:21
Présentateur

c'est ça ?

18:22
Invité

Exactement, mais même pour l'appel. L'appel est allé très vite et ils ont voulu, à mon avis, juger trop vite. À mon avis, c'est une erreur de stratégie, mais même de communication de la justice. De France, je ne parle pas de la décision, je parle de la volonté d'aller trop vite

18:33
Marine Le Pen

pour rendre un jugement.

18:34
Invité

Mais s'ils avaient

18:35
Marine Le Pen

le jugement de première instance de condamnation à 5 ans sur Marine Le Pen avant le premier tour ?

18:41
Invité

Il ne fallait pas déjà, premièrement, faire une erreur de communication et dire qu'il faut absolument, avant la présidentielle, aller vite pour rendre une décision. La justice ne doit pas se rendre de manière rapide. C'est de ça que je parle. Et même sur la décision de la Cour de cassation, pourquoi dire qu'on va aller plus vite qu'il ne le faudrait pour d'autres personnes en France ? Si tous les citoyens doivent être jugés de la même manière, pourquoi est-ce qu'avec Marine Le Pen, il faudrait qu'on aille plus vite ? Sauf qu'en termes de calendrier,

19:05
Présentateur

Michael Sherman, si le procès en appel avait été tombé au moment traditionnel, peut-être qu'on serait tombé, Mathieu Davy, pile dans la campagne présidentielle aussi. Complètement. Voilà. Donc du coup... Mais pour l'un dans l'autre, c'est le citoyen, on irait plus vite qu'il y a avec deux citoyens. Parce qu'on parle du chef de l'État. Accepter de penser que ce n'est pas simple quand même cette histoire et que Marine Le Pen n'a pas pris la solution de facilité. Quentin Saunier, que disent nos auditeurs à la question que nous avons posée à faire Marine Le Pen ? La justice fait-elle preuve de neutralité ? Que disent-ils ?

19:40
Invité

Eh bien, écoutez, beaucoup de réactions et encore une fois, un sondage très net. 82% estiment que la justice n'a pas fait preuve de neutralité. Beaucoup de réactions aussi en commentaire. On a Mathieu qui nous dit les juges ont été trop laxistes et on a Catherine à l'inverse qui dénonce une condamnation sévère pour le RN, notamment pour Marine Le Pen.

19:58
Présentateur

Ça, évidemment, ça dépend de quel côté on se place. C'est toujours pareil.

20:01
Invité

On a également un sondage IFOP très intéressant sorti hier. Figurez-vous qu'au second tour, Marine Le Pen l'emporterait dans chacune des hypothèses testées. Elle devancerait Edouard Philippe à 54% contre 46, Gabriel Attal à 55% contre 45 et Jean-Luc Mélenchon de manière beaucoup plus conséquente à 70% contre 30%. Et ça, ça va

20:22
Présentateur

dans le sens de ce que vous disiez Michael Sherman, c'est que c'est le Rassemblement National qui ressort plus fort, c'est ça ?

20:27
Invité

Quel que soit le scénario, cela va profiter à mon sens au Rassemblement National. Il faut souligner tout de même parce que je pense qu'on déshumanise aussi quel que soit le parti de Marine Le Pen. Derrière des élus, c'est comme derrière un policier ou un pompier, il y a un être humain. Je pense qu'il y a une épreuve derrière et je pense que pas tous les citoyens ou tous les candidats seraient capables de supporter en tout cas ce qu'elles supportent aujourd'hui

20:52
Présentateur

minutes en plus et je vous demande messieurs autour de la table et vous savez le faire d'être très succinct. Mathieu, Mathieu Davy, le débat était tellement passionnant qu'on n'a pas pu évoquer ce que vous vouliez nous dire mais je vous donne la possibilité de le dire. Pour vous, Marine Le Pen doit retirer sa candidature alors ?

21:09
Marine Le Pen

Moi je trouve que le camp national aux patriotes est en contradiction totale. La beauté de la France, c'est pas que ses paysages, ses églises et son vin, c'est aussi son état de droit et ses institutions. Quand on défend l'ordre, quand on défend la chasse aux délinquants, quand on défend l'exemplarité, ça me paraît totalement hallucinant que le chef de file de ce mouvement-là du rétablissement de l'ordre se présente au suffrage universel ultime des Français avec des condamnations de prison ferme pour détournement d'argent public. Effectivement, le pourvoi fait qu'elle est présumée innocente le temps du pourvoi mais il n'empêche qu'on fait un peu de fiction quand même, on peut le faire.

C'est quoi les deux options ? L'option 1 qui est quand même majoritairement en statistique, en data, en pourvoi de cassation, c'est que la cassation rejette le pourvoi donc elle est définitivement condamnée. Autre possibilité, le pourvoi déclenche une cassation mais cassation avec renvoi donc on repart devant une cour d'appel pas la même forcément on va devant la cour d'appel de Versailles qui va devoir se prononcer et dont on ne sait pas quelle peut être l'issue mais la cour de cassation ne rejuge pas les faits et matériellement les faits ont l'air d'être assez établis.

Donc, on ne peut pas prendre le risque en fait, on ne joue pas au poker c'est-à-dire que moi je suis justiciable, j'estime que mon président de la République ne peut pas prendre le risque d'être in fine condamné. Et pourquoi je vous dis ça ? Parce que l'image que ça renvoie à l'international est catastrophique. On est encore une fois le pays des lumières du général de Gaulle de l'exemplarité et on a construit un système juridique et un état de droit et on va avoir comme chef de l'État une délinquante condamnée à de la prison ferme. Message ! Ça pose un vrai problème. Donc je pense que la crédibilité de Mme Le Pen c'est de laisser à peut-être M.

Bardella qui lui a un casier vierge de se présenter fan du parti.

22:50
Présentateur

Stop ! C'est votre point de vue. Message reçu. On en reparle dans un instant. On doit marquer une respiration. Restez bien sous pression. Ça n'arrête jamais. C'est Sud Radio.

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