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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 17 mars 2022 22 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalEnvironnement & énergieSolidarités & famille

J. Bayou "On avait un Président qui se la jouait startup et aujourd’hui il fait rentier monarchique"

Au micro : Julien LécuyerSource d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:50OuverteÉludée

    Est-ce que vous êtes satisfait de la position du gouvernement sur l'autonomie de la Corse ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Comment Yannick Jadot gérerait-il la situation en Corse ? Que signifie l'autonomie pour les Verts ?

  • 2:31OuverteRéponse directe

    Les Corses pourraient-ils lever leurs impôts selon votre proposition ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Peut-on imaginer un rapprochement avec le statut de la Polynésie française ?

  • 3:15RelanceRéponse directe

    Vous avez dit que Darmanin s'est réveillé plus ou moins mal, que voulez-vous dire ?

  • 4:36OuverteRéponse directe

    Le plan de résilience présenté hier est-il à la hauteur des conséquences de la guerre en Ukraine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueFait
    « Il a fallu un drame et la tentative d'assassinat d'Ivan Colonna pour que le gouvernement se préoccupe de la situation en Corse. »
  • 1:18Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron préside en Jacobin depuis Paris et discute quand ça l'arrange. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Le problème au départ, c'est la situation du détenu Ivan Colonna, qui est maintenu sur le continent, alors que le droit permet le rapprochement. »
  • 6:12Invité politiquePromesse
    « Engager la tarification sociale, c'est-à-dire que les premiers kilowattheures soient gratuits. »
  • 7:54Invité politiqueChiffre
    « Il y a 3 millions de passoires énergétiques, 5 millions de passoires énergétiques dans ce pays. »
  • 8:01Invité politiqueChiffre
    « Le gouvernement avait promis d'en rénover 80 000. La Cour des comptes vient de nous dire que c'était en fait 2 500. »
  • 9:10Invité politiqueFait
    « Moi, je comprends qu'on entretienne un dialogue, parce qu'à un moment, il faudra bien organiser la paix. »
  • 9:21Invité politiqueFait
    « Il y a eu beaucoup de naïveté ou d'arrogance de la part d'Emmanuel Macron de recevoir à Versailles, en grande pompe, Vladimir Poutine. »
  • 10:35Invité politiqueFait
    « Vladimir Poutine a rasé Grozny. Vladimir Poutine a rasé Alep. Vladimir Poutine a envahi la Géorgie au mépris du droit international. »

Temps de parole

  • Invité politique71 %
  • Invité20 %
  • Présentateur9 %

6,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:05
Présentateur

– Bonjour Julien Bayou, merci beaucoup d'être notre invité politique ce matin. Secrétaire nationale d'Europe Écologie, les vers vous soutenez bien évidemment Yannick Jadot dans cette présidentielle et on est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord, bonjour Julien.

0:20
Invité

– Bonjour Yann, bonjour M. Bayou, bonjour.

0:22
Présentateur

– Et l'actualité pour commencer du côté de la Corse, Julien Bayou, Gérald Darmanin s'y trouve actuellement, hier il a longuement discuté avec les élus de l'île, il va rester d'ailleurs jusqu'à vendredi pour poursuivre ses discussions. Gérald Darmanin qui est prêt à aller jusqu'à l'autonomie, il parle d'un calendrier qui pourrait aller jusqu'à la fin de l'année avec un texte à la fin de l'année en cas de réélection d'Emmanuel Macron. Yannick Jadot lui s'est positionné clairement en faveur d'une autonomie – Et depuis longtemps. – lors de sa visite en Corse, c'était effectivement il y a plusieurs semaines. Est-ce que du coup vous êtes satisfait de la position du gouvernement ?

0:53
Invité politique

– Moi j'y vois de l'improvisation totale. Il a fallu un drame et la tentative d'assassinat d'Ivan Colonna pour que le gouvernement se préoccupe de la situation en Corse. Ça fait plus d'un an qu'il y a une majorité, celle de Gilles Siméoni, président de l'exécutif Corse, pour engager des discussions. L'Assemblée des régions de France avait déjà dit qu'il fallait envisager l'autonomie de la Corse.

1:16
Présentateur

– À l'unanimité des présidents régionales.

1:18
Invité politique

– Emmanuel Macron préside en Jacobin depuis Paris et discute quand ça l'arrange. Et donc là, il a fallu attendre une flambée de violence historique, dramatique et peut-être un calendrier électoral. Donc en fait on est dans l'impro la plus totale et par respect pour la Corse, par respect pour ces questions fondamentales de décentralisation et d'autonomie, ça ne se fait pas sur un coin de table quand le ministre de l'Intérieur s'est réveillé plus ou moins mal.

1:45
Invité

– Est-ce que vous pouvez nous expliquer concrètement comment Yannick Jadot, lui, gérerait la situation ? On parle d'autonomie, mais qu'est-ce qu'on met derrière ce terme chez les Verts ? – Nous, nous appelons ça la subsidiarité.

1:55
Invité politique

Alors c'est un grand mot de grand matin, mais c'est en gros prendre la décision au plus proche des concernés. Il y a des sujets qui se traitent au niveau européen, l'évasion fiscale, le dérèglement climatique, les grands investissements. Et puis il y a des décisions qui se prennent de manière différente selon que vous êtes à Brest, à Bastia ou à Lille. Et en particulier, l'idée c'est de confier à la Corse des pouvoirs législatifs ou quasi-législatifs. Le régalien resterait de compétence nationale et du côté de l'État, mais on pourrait avoir un pouvoir réglementaire ou quasi-législatif sur certains sujets.

2:31
Invité

– Ils pourraient lever leurs impôts par exemple ?

2:33
Invité politique

– Oui, bien sûr, c'est une revendication de longue date des écologistes que les régions, qui sont un outil important, et qui sont aujourd'hui les régions françaises, ce sont des nains politiques ou économiques par rapport aux lenders allemands, ou aux régions espagnoles bien sûr, que les régions gagnent en autonomie, y compris financière.

2:53
Invité

– Mais est-ce qu'on peut imaginer un rapprochement avec le statut de la Polynésie française ? On sait que l'État par exemple examine cette question, c'est autorisé par un article 74 de la Constitution. Est-ce que vous pensez à ça ?

3:06
Invité politique

– Moi je souhaite que ce débat puisse s'engager dans un dialogue hors situation de violence. – Oui mais là, qu'est-ce qu'il fallait faire face à la prison ?

3:15
Présentateur

– Tout à l'heure, vous nous avez dit que Gérald Darmanin s'est réveillé plus ou moins mal, ça veut dire qu'il a mal géré la situation depuis une dizaine de jours ?

3:20
Invité politique

– Ah ben écoutez, le problème au départ, c'est la situation du détenu Ivan Colonna, qui est maintenu sur le continent, alors que le droit permet le rapprochement. C'est la demande des familles, c'est la demande d'un grand nombre de responsables politiques, y compris évidemment Yannick Jadot, appliquer le droit. Il fait de la prison, il est condamné, il y a eu des décisions de justice, le droit commun permet le rapprochement pour éviter que sa famille et ses proches doivent aller sur le continent et donc en fait il n'est pas accès à ce droit tout simplement. C'est cette situation de non-respect du droit qui a suscité énormément de tensions. Et à la fin on improvise complètement.

4:04
Présentateur

– Que vous expliquez comment ? Pour des questions politiques ?

4:07
Invité politique

– Je pense que le gouvernement a voulu faire le dur, oui, plutôt que d'appliquer le droit. Et on est très très loin, vous voyez, du respect, du dialogue, de la concertation. C'est dans les situations de respect qu'on peut envisager des sujets aussi sérieux que l'évolution du statut de la politique de Corse.

4:29
Présentateur

– Et un dernier mot là-dessus, vous demandez le rapprochement immédiat des deux autres membres du commando Erignac ?

4:33
Invité

– Évidemment, appliquons la loi.

4:34
Présentateur

– On va parler du plan de résilience, celui-là ?

4:36
Invité

– Oui, plan de résilience pour contrer les sanctions et les effets de la guerre en Ukraine. Il a été présenté hier par le Premier ministre. Est-ce qu'il est à la hauteur des conséquences de la guerre selon vous ?

4:52
Invité politique

– Mais là encore, improvisation. Improvisation, c'est-à-dire que nous avons une partie de la population qui est prise à la gorge par les dépenses contraintes. C'est le loyer, c'est le carburant, c'est bien sûr l'énergie. C'est pas nouveau. Les Gilets jaunes en 2018 disaient déjà ça. Nous n'en pouvons plus. Les salaires sont trop bas et les dépenses augmentent, notamment le carburant. Qu'a fait le gouvernement pour anticiper cette situation, pour corriger cette situation de vulnérabilité ? Rien. Rien. Ils ont improvisé pendant trois ans. On nous dit qu'ils ont géré des crises. En fait, ils n'ont absolument rien géré. Et donc, à nouveau se pose la question de l'augmentation des pics.

On est rentré dans une phase où on va avoir des crises de l'énergie, des flambées de prix de l'énergie. Et le gouvernement n'a rien fait.

5:43
Invité

Alors, qu'est-ce que vous auriez proposé ? Excusez-moi, parce qu'en effet, il y a eu des réponses, on va dire paramétriques, au travers du chèque énergie, ou bien là, de l'annonce d'une baisse de 15 centimes sur le tarif des énergies, de l'essence. Est-ce que vous, vous auriez proposé quoi ?

6:01
Invité politique

Alors, nous, nous proposons avec Yannick Jadot, de longue date, d'augmenter le chèque énergie et de l'étendre à plus de 15 millions de ménages, d'engager la tarification sociale, c'est-à-dire que les premiers kilowattheures soient gratuits. Parce qu'il y a une notion d'usage. Les premiers kilowattheures qui vous amènent à 18 ou 19 degrés, c'est-à-dire que la base du confort, sont plus intéressants, plus utiles que ceux qui vous amènent là-dessus, à 21, 22 degrés. Et donc, les premiers, c'est la tarification sociale, c'est la même chose pour l'eau.

Les premiers mètres cubes d'eau qui vous permettent de vous laver ou de faire la cuisine sont plus utiles que ceux qui permettent de remplir troisième fois la piscine.

6:35
Invité

– Excusez-moi, M. Bayou, mais sur la tarification, plutôt sur le chèque que vous prévoyez sur le chèque essence, le problème, c'est le chèque énergie. Ça ne résout pas le problème de fonds systémiques. En fait, ça répond à des crises et à des pics de prix tels qu'on peut les avoir.

6:53
Invité politique

– C'est plus utile, c'est plus utile parce que là, aujourd'hui, le fait de la réduction à la pompe, les 15 centimes, aide finalement deux fois plus quand vous avez un gros réservoir type SUV qui consomme plus. En gros, vous aidez deux fois plus celui qui a un SUV avec des revenus conséquents que la personne qui a une Clio. Donc, ce n'est pas nouveau, je le redis, qu'il y a des personnes dans ce pays qui doivent faire des dizaines de kilomètres chaque jour pour pouvoir se rendre à leur travail. C'est des infirmières qui ne font plus les heures de garde. C'est des enseignants qui consacrent énormément de leur part de leur revenu.

7:24
Invité

– Vous êtes sur la même méthode que le gouvernement, mais c'est plutôt une différence de degré, en fait, de chèque.

7:30
Invité politique

– L'aide est indifférenciée, disons les choses. L'aide est indifférenciée quand c'est à la pompe. Et donc, on aide beaucoup plus ceux qui consomment le plus, même s'ils ont des revenus beaucoup plus conséquents. Donc, le chèque énergie est ciblé, il est augmenté, il est élargi pour un plus grand nombre de ménages, jusqu'à 15 millions de ménages. Et puis, engageons enfin la rénovation thermique, la réduction des dépenses contraintes, la réduction de la vulnérabilité. Il y a 3 millions de passoires énergétiques, 5 millions de passoires énergétiques dans ce pays. Le gouvernement avait promis d'en rénover 80 000. La Cour des comptes vient de nous dire que c'était en fait 2 500.

30 fois moins, 30 fois moins. C'était déjà pas à la hauteur, 80 000. Mais ils en font finalement 30 fois moins qu'annoncés. Alors que c'est une panacée, c'est une bénédiction pour l'emploi local, pour l'artisanat, pour le BTP. C'est du gain de confort, c'est du gain pour le porte-monnaie, c'est bon pour le climat, c'est bon pour la santé. Qu'est-ce qu'on attend ? Vous voyez, ça fait des décennies qu'on le demande, que la Fondation Abbé Pierre le demande. La Convention citoyenne pour le climat l'avait proposée. Emmanuel Macron avait dit, c'est super la Convention citoyenne pour le climat. Vos propositions, je les jette à la broyeuse.

Qu'est-ce que ça veut dire d'improviser autant, et soi-disant de gérer, alors qu'en fait, on est dans l'impro la plus complète ?

8:40
Présentateur

On va parler de l'Ukraine, Julien.

8:41
Invité

Oui, alors on passe à la situation dramatique, on le voit, on continue d'entendre parler des bombardements. Joe Biden a qualifié Vladimir Poutine de criminel de guerre. Bien sûr. Les mots du président américain sont bien plus forts qu'en France, où on ne souhaite pas le taxer de dictateur. On l'a vu lors de la dernière émission, avec Emmanuel Macron ou Marine Le Pen. Beaucoup de pudeur de la part d'Emmanuel Macron. Trop ?

9:09
Invité politique

Écoutez, oui.

9:10
Présentateur

Il aurait dû dire que Vladimir Poutine est un dictateur.

9:12
Invité politique

Moi, je comprends qu'on entretienne un dialogue, parce qu'à un moment, il faudra bien organiser la paix. Simplement, je trouve qu'il y a eu beaucoup de naïveté ou d'arrogance de la part d'Emmanuel Macron de recevoir à Versailles, en grande pompe, Vladimir Poutine. D'ailleurs, à la fin de ce quinquennat, finalement, on reçoit le sommet européen à Versailles pour, entre guillemets, corriger la naïveté et l'arrogance d'avoir reçu Vladimir Poutine tout seul. Il y a eu une part de naïveté. Vladimir Poutine...

9:41
Invité

Est-ce que ce n'est pas le fait, justement, de l'avoir invité à Brégançon ou à Versailles qui permet au chef de l'État à l'heure actuelle d'avoir un contact assez privilégié avec Vladimir Poutine et de pouvoir lui parler et de pouvoir lui proposer, justement, des solutions diplomatiques ? Pour l'instant, je ne les vois pas. Je dis bien qu'il faut maintenir un contact.

9:59
Invité politique

Je ne dis pas que je crois qu'il sort grand-chose de ces longues conversations. Non, je le redis. Inviter Vladimir Poutine en grande pompe à Versailles, c'est tout à fait différent d'entretenir un contact diplomatique. Le tutoyer et l'accueillir à Brégançon, c'est tout à fait différent de la cordialité diplomatique. On a eu... Ce n'est pas nouveau.

10:20
Invité

Et le traité de dictateur, pardon, de la part, par exemple, de Yannick Jadot, est-ce que c'est une façon pour vous d'entretenir un canal diplomatique ? C'est une logique de dire les choses.

10:31
Invité politique

Vladimir Poutine...

10:31
Invité

Mais vous pensez que ça favorise les relations avec Vladimir Poutine ?

10:34
Invité politique

Je crois que c'est important de dire les choses. Vladimir Poutine a rasé Grozny. Vladimir Poutine a rasé Alep. Vladimir Poutine a envahi la Géorgie au mépris du droit international. Vladimir Poutine a envahi le combat en 2014. Est-ce que c'est un criminel de guerre, selon vous ? Est-ce que vous suivez Joe Biden ? Non, ce que je veux dire, c'est que...

10:50
Invité

Non, mais c'est important de le dire. Si on ne dit pas les choses... Est-ce donc un criminel de guerre ?

10:54
Invité politique

Mais oui. Oui, et je pense que d'ailleurs la Cour internationale pénale s'en est saisie. S'en est saisie, mais il n'y a pas les conclusions pour l'instant.

11:02
Présentateur

Non, mais la Russie dit que c'est vraiment impardonnable. Est-ce que ce n'est pas envenimé la situation dans la période actuelle ?

11:06
Invité politique

Écoutez, celui qui envenime la situation, c'est celui qui envahit un pays pacifique voisin.

11:10
Invité

On peut aller plus loin dans l'escalade, vous êtes d'accord ?

11:11
Invité politique

Il y a des complaisances, il y a des complaisances coupables, notamment de la part de l'extrême droite. Vous savez que le Front National, qui est une campagne présidentielle aujourd'hui, possible uniquement parce qu'un oligarque russe a prêté les 8 ou 9 millions nécessaires pour éviter que le Front National ne fasse faillite. Le Front National est un actif russe. Et donc évidemment, les soi-disant patriotes qui voulaient protéger la grandeur de la France étaient prêts à sa vassalisation. Ce n'est pas, c'est l'extrême droite qui est en fait, si on doit reprendre des termes malheureux, le parti de l'antifrance.

On a vu la même chose en Autriche, où c'était le premier ministre d'extrême droite qui en fait avait les liens les plus prégnants, y compris les services secrets russes.

11:53
Présentateur

Sur les sanctions.

11:54
Invité politique

Ceux qui s'opposent et qui permettent de garantir une fermeté européenne, une solidité européenne face à l'impérialisme russe, ce sont les écologistes. Nous ne nous sommes pas découverts pro-Ukraine ou pro-PAI en Ukraine avant-hier. Moi j'étais moi-même... Mais jusqu'où êtes-vous prêt à aller ?

12:09
Présentateur

Je suis là-dessus parce que vous parlez de l'extrême droite. C'est la même chose pour Jean-Luc Mélenchon.

12:13
Invité politique

Jean-Luc Mélenchon, je crois qu'il est plutôt piégé dans une vision très 1950. Vous savez, c'est la conférence de Mandoum, les non-alignés. Mais moi je crois que quand il y a un pays pacifique, démocratique, qui est agressé, il faut pouvoir dire que nous sommes du côté de l'agressé. Donc vous faites une différence. Oui, bien sûr. Est-ce qu'il y a jusqu'où il faut aller ? C'est daté, disons, pour Jean-Luc Mélenchon. Tout ce qui est anti-États-Unis, je pense que la situation dans ce monde au XXIe siècle est un tout petit peu plus complexe. Et qu'il y a un enjeu de construire une défense européenne. Nous le disons depuis des décennies, avec un peu de l'argent d'un accord.

12:45
Invité

Je suis désolé, mais le débat progresse. Est-ce que les écologistes ne rompent pas aussi avec une tradition pacifiste ? Et là, ils sont en train de vanter finalement les vertus de la guerre.

12:56
Invité politique

Mais le pacifisme, ça n'est pas regarder une population se faire massacrer par un agresseur.

13:00
Invité

Mais donc il faut continuer à livrer des armes. Est-ce qu'il faut aller encore plus loin dans les livraisons d'armes ? Est-ce que vous êtes plutôt favorable, par exemple, à livrer des avions de chasse au gouvernement ukrainien ?

13:12
Invité politique

C'est Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, pacifiste par excellence, qui disait vraiment, si vous ne prenez pas parti face à une injustice, vous êtes du côté de l'agresseur. Donc j'insiste là-dessus.

13:21
Invité

Mais ça, c'est de la théorie. Très concrètement, ça s'appelle... Jusqu'où va-t-on dans les sanctions ? Est-ce que, par exemple, il faut couper le robinet du gaz et du pétrole, alors qu'on n'en a pas forcément les moyens ?

13:33
Invité politique

Bien sûr. Alors, non seulement il faut soutenir la résistance ukrainienne, parce que la résistance ukrainienne se bat pour la paix et la sécurité en Europe tout entière, bien sûr. L'Ukraine a droit et la paix a la sécurité. Mais il n'y a pas de paix et sécurité en Europe si l'Ukraine ne peut pas en bénéficier. Il faut être très clair. Ensuite, il faut les sanctions les plus dures, d'abord ciblées à l'égard de Vladimir Poutine et de toute son équipe et de l'appareil d'État. Et puis, il y a un sujet, c'est que Total doit quitter la Russie. Ce n'est pas possible que Total fasse des profits sur, finalement, le dos.

14:04
Invité

Toutes les entreprises françaises doivent quitter la Russie. Mais les entreprises américaines le font. Pourquoi les entreprises françaises ne le font pas ? Donc Auchan, Danone, toutes les entreprises doivent quitter la Russie. Aujourd'hui, nous finançons l'effort de guerre de Poutine. Non, mais très concrètement, toutes les entreprises françaises doivent quitter. Je vous réponds oui ?

14:18
Présentateur

On va avancer, Julien Bayot. Un mot sur les propositions de Yannick Jadot en matière d'école, puisqu'il est présent ce matin dans le journal La Croix. Tous les pays qui obtiennent de meilleurs résultats scolaires que nous ont moins de congés. Et c'est ce qu'il dit. Est-ce que, clairement, vous dites que vous allez réduire, si vous êtes élu, les vacances scolaires ?

14:30
Invité politique

Ce que dit Yannick Jadot, c'est qu'il faut pouvoir ouvrir une discussion sur les rythmes scolaires. Il présentera ses propositions lundi. L'idée, c'est une conférence où on prenne enfin l'avis de toutes les parties prenantes. Pour se dire les choses très franchement, aujourd'hui, les vacances scolaires, elles ne sont pas calées sur le rythme des enfants. Elles sont calées sur les besoins de l'industrie touristique, du ski, des circuits d'hiver.

Et donc, on a un truc un peu bizarre, absurde, où en fait, c'est l'enneigement des stations de ski et le fait que c'est moins de 10% des Français et Françaises qui vont au ski, tant mieux pour eux, mais vraiment, c'est une toute petite partie de la population. Mais l'ensemble des rythmes scolaires de l'ensemble des élèves du pays est rythmé sur l'enneigement de certaines stations de ski. Mais alors, vous proposez quoi, M. Bayou, en fait ? C'est donc une grande conférence où on puisse discuter avec les parents d'élèves et prendre l'avis enfin des enseignants. Parce que c'est vrai que réduire peut-être les vacances scolaires permet d'avoir de meilleurs résultats.

C'est ce qu'on constate en Allemagne, par exemple, ou dans d'autres pays. De combien ? Non, mais vous... Discussion à vous, votre avis. Je ne vais pas vous dire que moi, je suis spécialiste de l'éducation. Ce que je constate et ce que je trouve particulièrement absurde, c'est que quand j'étais élève, on me disait que c'était le taux d'enneigement à Chamonix ou ailleurs qui déterminait la date des vacances scolaires. Je pense que ça n'a pas de sens.

15:52
Invité

On va parler de présidentielle. Emmanuel Macron est en conférence de presse cet après-midi pour présenter son programme. Il était temps ?

16:02
Invité politique

Il était temps. Écoutez, on a une drôle de campagne, ou de pré-campagne, parce que la campagne n'a pas encore particulièrement forcément démarré, qui a été évidemment empêchée par le Covid. L'ensemble de la population avait la tête à la santé, à celle de ses proches, et qui est désormais escamotée par un président qui ne veut pas vraiment faire campagne, ou plus exactement qui présente son projet, mais qui ne veut pas débattre. Il refuse la confrontation. En fait, on avait un président de la République qui voulait se la jouer start-up et révolution démocratique, et qui aujourd'hui fait rentier monarchique.

Il profite le plus possible de cette position en surplomb, pour ne pas faire de confrontation. Il nous disait, j'ai pas le temps, je m'occupe des relations internationales. Et tout le monde comprend. Simplement, lundi, il était sur la chaîne TF1 pour un grand oral, mais en fait, il ne veut pas débattre.

16:55
Invité

Mais vous n'étiez pas obligé d'accepter ces conditions ?

16:58
Invité politique

Nous, nous sommes pour le débat. Donc nous faisons l'ensemble du débat.

17:01
Invité

Vous pouvez débattre sur lui.

17:03
Invité politique

Débat d'ailleurs, hier, face à Marine Le Pen, et ce soir, face à Zemmour. Parce que face à la barbarie, face à l'extrême droite, face aux menaces à l'égard de la démocratie, l'écologie apporte des solutions. Et c'est important de pouvoir le faire projet contre projet. Mais quand le président esquive la confrontation, en fait, il esquive les critiques à l'égard de son bilan, ou sur la vacuité de son projet.

17:27
Invité

Et quand Gérard Larcher, le président du Sénat, parle d'illégitimité, s'il n'y a pas de campagne, vous le suivez ?

17:33
Invité politique

Oui, je rejoins Gérard Larcher. Il a pointé effectivement un risque. C'est que s'il n'y a pas de confrontation sur le bilan, si Emmanuel Macron est réélu en ayant fait un peu campagne sur les fonds publics, comme c'était le cas avant qu'il ait... Donc il a fait campagne. Et puis qu'il a refusé la confrontation. Et qu'il nous dise, j'ai été élu à la faveur de la situation, mon projet est validé. On avait bien vu déjà en 2017 que des parlementaires ne savaient pas s'ils avaient été élus parce qu'ils étaient candidats ou parce que Macron les avait désignés. Ça pose un problème de légitimité, effectivement, d'arrogance et de légitimité du projet.

Et donc c'est pour ça que nous réclamons à nouveau qu'Emmanuel Macron daigne descendre dans l'arène, se confronter à son opposition.

18:20
Présentateur

Un mot sur la primaire populaire qui a demandé hier pardon à ses électeurs pour avoir décidé de soutenir Jean-Luc Mélenchon et non Yannick Jadot, qui était pourtant arrivé deuxième à cette consultation. Un choix qu'ils ont justifié au nom du réalisme, Jean-Luc Mélenchon étant, je cite, le plus à même de gagner pour porter nos idées au pouvoir. Qu'est-ce que vous en pensez ?

18:36
Invité politique

Ne laissons personne nous dicter le résultat de l'élection. Je pense que vraiment, cette idée de suivre les sondages, évidemment, est importante, tout le monde le regarde. Mais rien n'est joué dans cette élection. C'est tout ce qui se joue dans les deux, trois semaines. On nous disait que tout était plié, que l'écologie, finalement, était un sujet un peu abstrait, que la question d'une défense européenne était un peu abstraite. La crise en Ukraine révèle profondément le fait que ce qui se joue le 10 avril, ce n'est pas juste une élection de plus, ce n'est pas un mandat de plus. C'est vraiment des choix de société, même des choix de civilisation. Paix en Europe ou non.

Plus ou mieux d'Europe ou non. Et je pense que les forces politiques qui ont dit que la France serait plus forte si elle faisait un pas en arrière en Europe sont profondément disqualifiées. L'improvisation complète du gouvernement sur la Corse, sur la question de l'indépendance énergétique, la vraie, sur la question de la rénovation thermique, sur la question de la réduction des dépenses contraintes, sur le fait qu'aujourd'hui, dans ce pays, on n'est pas payé la valeur travail, le travail ne paye pas. Ce gouvernement nous a toujours dit que le SMIC était trop élevé pour qu'on fasse un coup de pouce et autres. Il y a des enjeux majeurs de climat, de justice sociale, de démocratie.

On nous disait que tout était joué et que cette élection était finalement juste une élection de plus. Au contraire. Au contraire. Avec la situation en Ukraine, qui se révèle la profondeur de vision des écologistes, qui avaient anticipé ces sujets depuis des décennies et qui sont désormais les mieux à même pour gérer la transition.

20:06
Invité

Compte tenu des derniers sondages, M. Bayou, Yannick Jadot à 6,5%, donc avec quand même peu de chances de franchir le pas du premier tour. Mais faites tous les commentaires du monde

20:18
Invité politique

que vous voulez.

20:19
Invité

Faites tous les commentaires du monde que vous voulez. Est-ce qu'il n'y a pas la possibilité d'un accord, encore une fois, avec d'autres forces de gauche pour justement vaincre Emmanuel Macron au deuxième tour ? Tous les commentaires que vous voulez,

20:33
Invité politique

moi je dis aux personnes qui nous regardent, C'est pas un commentaire, c'est une question. Ne vous laissez pas dicter votre vote.

20:37
Présentateur

Ah, un dernier mot sur les...

20:38
Invité politique

Le vote utile pour le climat, pour vous, pour vos proches, pour le pouvoir de vivre, c'est le vote écologiste, tout simplement.

20:45
Présentateur

Un dernier mot sur les législatives. Vous nous confirmez que vous avez reçu une lettre de la France insoumise ? Pour un accord pour les législatives ?

20:52
Invité politique

Non, mais ça, c'était un truc de tacticien. Ils l'ont envoyé à Libération avant de me l'envoyer à moi, donc... Donc, mais vous l'avez eu ? Mais vous l'avez eu ? Oui, oui, bien sûr, bien sûr. Et alors ? Ben ça, oui.

21:00
Présentateur

Est-ce que vous êtes prêt à un accord pour les législatives avec la France insoumise ? En fait, la France insoumise, dans chaque élection,

21:03
Invité politique

quand c'est pas à la hauteur de leurs espérances, ils envoient un courrier pour dire qu'ils veulent faire une fédération populaire ou quoi, mais enfin, c'est toujours un peu la même chose. La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon n'ont pas construit de logique de rassemblement ces derniers temps, sinon le Parti communiste n'aurait pas fait sa campagne par ailleurs.

21:17
Présentateur

Donc, il n'y aura pas d'accord pour les législatives avec la France insoumise ?

21:19
Invité politique

On est en campagne, on se concentre sur la présidentielle. Vu la situation, je le redis, vu la situation, je le redis, les solutions écologistes qui pouvaient paraître un peu abstraites, quand nous disions fin du monde, fin du mois, même climat, quand nous disions paix en Ukraine, climat, même combat, ça pouvait paraître un peu abstraite. Les logiques de défense européenne, les logiques de l'Europe et l'échelon de la solution pour la transition écologique, on est en plein dans le mille. Ce sont des sujets majeurs qui se jouent le 10 avril et donc, laissons la campagne se dérouler et chacun, chacune, prendre la mesure des enjeux du vote du 10 avril.

21:50
Présentateur

Merci Julien Bayot. Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin.