Nicolas Goldberg, spécialiste de l'énergie, est l'invité d'Anne-Sophie Lapix
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Questions et réponses
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- 0:24OuverteRéponse directe
Pouvez-vous nous expliquer ce que sont exactement ces réserves stratégiques, à quoi elles servent ?
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C'est quoi le mécanisme ? Comment on va les injecter ces millions d'euros ?
- 3:19FerméeRéponse directe
18 centimes, ça vous semble beaucoup ?
- 4:26FerméeRéponse directe
18 centimes, ça vous semble beaucoup et début novembre, ça vous semble un peu tôt aussi ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Vous le disiez, cet été, il y a déjà eu des millions de barils qui ont été débloqués. Il y a eu un effet ?
- 5:42OuverteRéponse directe
Les prix d'électricité qui sont assez élevés en ce moment, ça dépend ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« de barils de gazole sortis de nos réserves stratégiques pour faire baisser le prix du litre à la pompe. »
- 0:37PrésentateurFait
« chaque pays doit avoir 90 jours de consommation de carburant sur son sol. »
- 0:44PrésentateurFait
« En France, 80% des stocks sont gérés par une société qui s'appelle la Sagesse, qui est gérée par des pétroliers. »
- 0:52PrésentateurFait
« Avant la crise, on avait environ 108 jours de carburant sur notre sol, donc un petit peu plus que prévu. »
- 1:54PrésentateurFait
« Là, aujourd'hui, les stocks ont été relâchés pour deux raisons. Essayer de faire baisser les prix, et surtout parce qu'une menace planait sur l'Europe. »
- 2:05PrésentateurFait
« Donald Trump menaçait de couper les approvisionnements en gazole si les Européens ne relâchaient pas justement une partie des stocks. »
- 2:12PrésentateurChiffre
« le but c'est de faire baisser les prix du gazole de 12 à 18 centimes. »
- 2:43PrésentateurFait
« l'idée, c'est de mettre ces volumes sur le marché au prix coûtant, c'est-à-dire au prix où ils ont été achetés, pas au cours actuel. »
- 4:06PrésentateurChiffre
« Les marges sur la distribution sont quand même assez faibles en général, entre 4 et 7 centimes du litre. »
- 5:20PrésentateurFait
« il y avait vraiment une grande crainte sur la sécurité d'approvisionnement et donc beaucoup de primes de risque. »
- 5:27PrésentateurFait
« Fatih Birol, le président de l'IEA, avait porté le même message. »
- 5:46PrésentateurFait
« Sur une facture de consommateur particulier, ça n'a pas bougé depuis février. »
- 5:57PrésentateurFait
« Ensuite, si vous regardez les marchés de gros, donc là où s'approvisionnent les fournisseurs, là, ça commence à beaucoup monter. »
- 6:11PrésentateurFait
« parce que ça monte chez nos voisins. Donc, ça influence notre prix à nous puisque c'est un marché ouvert. »
- 6:29PrésentateurChiffre
« La hausse qu'il pourrait y avoir en février n'a rien à voir avec ce qu'on voit à la pompe. Ce serait quelques pourcents au plus. »
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1
million
de barils de gazole sortis de nos réserves stratégiques pour faire baisser le prix du litre à la pompe. C'était la grande annonce de Sébastien Lecornu hier soir. Le gouvernement essaie de voler au secours des automobilistes sans dépenser d'argent. Pas facile, on va voir ce qui peut marcher ou pas avec Nicolas Goldberg, spécialiste de l'énergie chez Columbus Consulting. Bonsoir. Pouvez-vous nous expliquer ce que sont exactement ces réserves stratégiques, à quoi elles servent
? En
fait, pour les pays de l'OCDE, il faut éviter les ruptures d'approvisionnement. Et donc pour ça, il y
a
un accord tacite entre les différents pays, qui est que chaque pays doit avoir 90 jours de consommation de carburant sur son sol. Alors chacun a ses petites modalités. En France, 80% des stocks sont gérés par une société qui s'appelle la Sagesse, qui est gérée par des pétroliers. Avant la crise, on avait environ 108 jours de carburant sur notre sol, donc un petit peu plus que prévu. Et généralement, ces stocks sont relâchés quand il y
a
des risques sur la sécurité d'approvisionnement, c'est-à-dire quand les volumes n'arrivent plus. Et là, en ce moment, depuis le début de l'année, ces stocks sont parfois relâchés, plutôt pour tenter de faire des baisses de prix. Donc déjà, on les détourne un peu de leur usage habituel. Quand on les a achetés, ils ne coûtaient pas cher
?
C'est ça. En fait, le principe d'un stock, c'est que vous les faites quand ils ne sont pas chers, pour les relâcher quand il y a une tension sur l'approvisionnement, et donc généralement une tension sur les prix. Là, on détourne effectivement un peu l'usage premier, quoique, en début d'année, les stocks avaient été relâchés, parce qu'il commençait à y avoir certaines ruptures d'approvisionnement, surtout en Asie. Donc il y a des pays d'Asie qui les ont lâchés, et les pays européens ont lâché aussi un petit peu pour montrer qu'il n
'y
aurait pas de risque de pénurie. Donc effacer des primes de risque et montrer qu'il y avait du stock. Là, aujourd'hui, les stocks ont été relâchés pour deux raisons. Essayer de faire baisser les prix, et surtout parce qu'une menace planait sur l'Europe, puisque aujourd'hui l'Europe s'approvisionne beaucoup en gazole à partir des Etats-Unis, puisque le Moyen-Orient fait défaut pour les raisons qu'on connaît, et que Donald Trump menaçait de couper les approvisionnements en gazole si les Européens ne relâchaient pas justement une partie des stocks.
Et
alors, le but c'est de faire baisser les prix du gazole de 12 à 18 centimes. C'est quoi le mécanisme ? Comment on va les injecter ces millions d'euros
? Alors,
le mécanisme qui est à l'oeuvre. Déjà, relâcher ces stocks, ça effame ce qu'on appelle les primes de risque. Vous savez, quand il y
a
des risques sur la sécurité d'approvisionnement, c'est pricé dans le prix du raffinage, dans le prix de l'approvisionnement. Et donc là, en montrant pas de blanche à Donald Trump, justement, on efface ces primes de risque. Donc déjà ça, ça a un effet. Donc ça baisse un petit peu. Après, l'idée, c'est de mettre ces volumes sur le marché au prix coûtant, c'est-à-dire au prix où ils ont été achetés, pas au cours actuel, et donc en moyenne de faire baisser les prix. Après, de combien ça fait baisser ? Et
quand
ça va faire baisser, c'est très incertain, puisque ça dépend de comment les marchés vont intégrer ces volumes, comment ils vont les pricer, comment ça va être fondu dans tous les approvisionnements actuels, comment ça va se répercuter jusqu'à la pompe, c'est ça qui est un petit peu incertain. En tout cas, on pourrait avoir une baisse.
S
'exprimer sur combien exactement ça va faire à la baisse, c'est à mon avis un petit peu risqué. Vous n'y croyez pas du tout, 12-18
centimes
? 18 centimes, ça me semble vraiment beaucoup. Ensuite, c'est 18 centimes par rapport à quand ? Dans quel timing ? Là, comme ça a été dit en introduction, le ministre du Power d'Achat parle de dès novembre, ça veut dire que d'ici
novembre,
il peut se passer beaucoup de choses. C'est-à-dire que peut-être que le brut va baisser, peut-être qu
'il
va augmenter, je n'en sais rien. Il suffit que les outils tirent sur un oléoduc pour que ça monte. Dès
qu'il y a quelque
chose qui se passe au Moyen-Orient, il y
a
une répercussion immédiate. C'est Serge Papin qui a dit effectivement que, d'abord, il va aller recevoir les distributeurs pour leur dire de bien appliquer.
Ça, c
'est important quand même, parce que vous savez, quand il
y
a des baisses de taxes ou quand il y a des produits qui sont mis à pas cher sur le marché, il y a la tentation pour les intermédiaires d'améliorer leurs marges. Les marges sur la distribution sont quand même assez faibles en général, entre 4 et 7 centimes du litre. Il peut y avoir la tentation à un certain moment d'avoir un petit peu de marge et c'est ça qui est compliqué à mesurer, en particulier dans des zones où il n'y a pas beaucoup de concurrence. Et on sait que dans certaines zones, il y
a
beaucoup de stations-service qui ont fermé justement parce qu'elles n'étaient pas rentables et donc peu de concurrence et donc peu de contrôle des prix par la concurrence. Donc 18 centimes, ça vous semble beaucoup et début novembre, ça vous semble un peu tôt aussi ? C'est tôt et en fait, c'est pas tôt. D'ici un mois, il peut se passer plein de choses. Il peut se placer plein de choses et bien malin est celui qui peut dire quel sera le prix à la pompe d'ici novembre. Le plus important pour le gouvernement, c'est de montrer que ces stocks qui ont été achetés à pas cher vont être vendus à pas cher et que ça ne profitera pas aux intermédiaires qui feront des marges.
Et
là-dessus, ils ont raison de faire des contrôlants. Vous le disiez, cet été, il y a déjà eu des millions de barils qui ont été débloqués. Il y
a
eu un effet ?
Il
y
a
eu un petit effet en particulier. Mais l'effet a été assez immédiat, si vous voulez. La réunion sur le relâchage des stocks a quasiment eu autant d'effets que le relâchage des stocks lui-même. Parce qu'en fait, en début d'année, il y avait vraiment une grande crainte sur la sécurité d'approvisionnement et donc beaucoup de primes de risque. D'autant plus qu'il y avait déjà des pénuries en Asie. Il y a certaines associations d'aviation qui ont dit attention, il nous reste trois semaines de carburant et ensuite on ne sait plus quoi faire. Fatih Birol, le président de l'IEA, avait porté le même message.
Et
donc les Européens ont réagi justement avec cet observatoire des carburants et le relâchage des stocks. Et donc là, ça a eu un effet parce que ça a supprimé surtout toutes les primes de risque. Alors, l'autre annonce du Premier ministre hier concernait l'électricité. Les prix d'électricité qui sont assez élevés en ce moment
?
En fait, ça dépend. Sur une facture de consommateur particulier, ça n'a pas bougé depuis février. Ça n
'a
pas bougé depuis août et ça n'avait pas bougé depuis février avant. Ensuite, si vous regardez les marchés de gros, donc là où s'approvisionnent les fournisseurs, là, ça commence à beaucoup monter. Pourquoi ? Parce que ça monte chez nos voisins. Donc, ça influence notre prix à nous puisque c'est un marché ouvert. Et parce que chez nous, parfois, le gaz fixe le prix et que le gaz est très élevé en ce moment et que l'hydraulique fixe le prix aussi chez nous puisque là, en France, on a surtout de
l
'hydraulique.
Mais l'hydraulique
copie le prix du gaz. Donc, tout ça fait que ça monte sur les marchés de gros et que ça pourrait se retrouver sur les factures d'électricité. Mais attention, ne soyons pas trop alarmistes. La hausse qu'il pourrait y avoir en février n'a rien à voir avec ce qu'on voit à la pompe. Ce serait quelques pourcents au plus. Sébastien Lecornu a demandé à EDF de mobiliser au maximum ses capacités de production pour que les prix n'augmentent pas cet hiver. Mais EDF ne mobilise pas déjà toutes ses capacités de production ?
Alors
oui, mais il faut y voir le message caché.
C
'est-à-dire qu'effectivement, EDF mobilise déjà toute sa production pour la mettre sur le marché et faire baisser les prix. Mais surtout, en fait, le message de Lecornu, là, c'est de dire si on veut des prix de
l
'électricité qui sont bas, il faut avoir beaucoup de production. Et donc, c'est légitime de continuer à faire le PR2, donc le nouveau réacteur nucléaire, et plus de renouvelables, quand bien même on nous dirait qu'on est en surcapacité, pour arriver à faire baisser les prix de marché. Et à la fin, on pourra exiger aussi que le prix soit plus bas ? Le gouvernement pourra imposer un plafonnement ? Alors, effectivement, en février, la commission de régulation de l'énergie refait un calcul et le propose au gouvernement. Et là, le gouvernement a deux possibilités. Soit baisser les taxes en se disant qu'il
y a
des poches budgétaires qui peuvent être mobilisées, notamment parce que quand les prix de marché montent, les énergies renouvelables coûtent moins cher à subventionner. Donc, ça peut être une poche budgétaire mobilisée. Malheureusement, pour ça, il faut un projet de loi finance, ce qui est compliqué en
ce moment.
Autre souci. Autre souci. Ce que peut faire le gouvernement, c'est tout simplement refuser la hausse et la reporter à plus tard, mais avec une hausse récroactive. Ce n
'est
pas très propre, mais c'est du domaine du possible. Merci beaucoup, Nicolas Goldberg, pour toutes ces explications.
Faites
ses 60 ans.