Retailleau, ballon d’or du mytho : la VAR politique a tranché !
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 0 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteÉludée
Il n'y a pas de lien prouvé entre immigration, délinquance et criminalité ?
- 0:10OuverteÉludée
Les politiques disent toujours la vérité ?
- 0:43OuverteÉludée
Qui est le plus gros producteur de fake news entre Bruno Rotaillot et Donald Trump ?
- 3:01OuverteÉludée
Revenons sur le fond des coups d'éclat de Bruno Rotaillot
- 4:01OuverteÉludée
Bruno Rotaillot dit du bien de la sociologie ?
- 7:42OuverteÉludée
Bruno Retailleau évoque la surreprésentation des étrangers dans les prisons françaises ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00PrésentateurFait
« Il y a un lien entre cette immigration massive et la délinquance et l'insécurité. »
- 0:05PrésentateurFait
« Il n'y a pas de lien prouvé, d'existence prouvée entre immigration, délinquance et criminalité. »
- 1:26PrésentateurFait
« Son mot d'ordre à Rotaillot, c'est l'ordre. »
- 1:50PrésentateurFait
« Immigration massive, le regroupement familial. »
- 1:52PrésentateurFait
« Le chaos migratoire, il y a une haine de cette civilisation. »
- 2:25PrésentateurFait
« Parler vrai, et quand on parle vrai, j'ai cette liberté, je l'utilise, quitte à choquer. »
- 3:07PrésentateurFait
« Bruno Rotaillot se dit favorable à la possibilité d'autoriser en France des statistiques dites ethniques. »
- 3:21PrésentateurFait
« Ces statistiques ethniques ne permettent pas de mener une politique de discrimination positive. »
- 4:01PrésentateurFait
« Les statistiques ethniques, je m'en suis toujours un peu méfié. »
- 4:21PrésentateurFait
« La réalité sociologique, tout simplement. »
- 5:04PrésentateurFait
« Il brandissait un chiffrage qui l'arrangeait. »
- 5:26PrésentateurFait
« La réalité dément cette étude. »
- 7:57PrésentateurFait
« Il y a une corrélation, je me souviens très bien, que mon prédécesseur Gérald Darmanin, quand il avait fait le rapprochement entre la population carcérale, l'origine, les étrangers. »
Temps de parole
- Présentateur81 %
- Invité7 %
- Locuteur 83 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il y a un lien entre cette immigration massive et la délinquance et l'insécurité. Il n'y a pas de lien prouvé, d'existence prouvée entre immigration, délinquance et criminalité. À les politiques, ils ne sont jamais les derniers à juger qu'ils disent toujours la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Et à dénoncer les mensonges des autres, bien sûr. Chacun à sa manière. Quand c'est Macron, c'est toujours suranné et très, très gênant. Il ne faut pas raconter non plus des caravistouilles à nos concitoyens. Et avec Trump, on a la version grossière et très gênante. Comme on le disait jadis dans les cours de récré, c'est celui qui le dit qui est.
Dans ce nouvel épisode de l'avare politique, nous allons essayer de répondre à la question piège entre Bruno Rotaillot et Donald Trump, qui est le plus gros producteur de fake news à la seconde. Allez, c'est parti. Aujourd'hui, Bruno Rotaillot serait avec Gérald Darmanin, le ministre le plus populaire du gouvernement, loin, très loin devant François Bayrou. Du moins, si l'on en croit les sondages. Alors si Bruno Rotaillot a rapidement rattrapé son déficit de notoriété, depuis qu'il a pris les rênes du ministère de l'Intérieur fin septembre, c'est parce qu'il a emprunté une technique imparable aux acteurs de films d'action de série B. Murdoch, je vais revenir et j'aurai votre peau.
Il en fait des caisses et en surjouant la nécessité de mettre fin au chaos qui règnerait sur la France, son mot d'ordre à Rotaillot, c'est l'ordre. Trois priorités, vous les retiendrez facilement. La première, rétablir l'ordre. La deuxième, rétablir l'ordre. La troisième, rétablir l'ordre. Parce que je crois à l'ordre. Même ChatGPT le sait, quand vous dites ordre, vous devez aussi dire immigration. Immigration massive, le regroupement familial. Le chaos migratoire, il y a une haine de cette civilisation. Bingo, mais répéter ordre et immigration en sautant comme un cabri, ça ne suffit pas pour percer le mur du buzz. Bruno Rotaillot a un petit truc en plus bien à lui. La provocation.
Écoutez-le revendiquer son goût pour la polémique, ce que lui appelle le « parler vrai », d'une droite tellement décomplexée qu'elle assume désormais le caractère démagogique de son discours. C'était il y a quelques jours devant un think tank très droitier appelé le centre de réflexion sur la sécurité intérieure. Parler vrai, et quand on parle vrai, j'ai cette liberté, je l'utilise, quitte à choquer, quitte à parfois créer des polémiques, c'est parfait, ça me sert. Oups, l'aveu mal placé, vite, il faut rectifier. Ça me sert, ça permet d'expliquer ce que je souhaite faire aux Français. Et ils me soutiennent.
Quand on parle vrai, on est soutenu, on est compris et on est suivi.
Ce que ne dit pas notre bon Bruno, c'est que sa technique lui permet aussi de gratter quelques points de popularité dont il a besoin pour installer l'idée qu'il pourrait concourir à la prochaine élection présidentielle. Revenons sur le fond des coups d'éclat du locataire de la place Beauvau. Le 19 janvier, sur BFM TV, Bruno Rotaillot se dit favorable à la possibilité d'autoriser en France des statistiques dites ethniques, mais à une condition. Et c'est là sa provocation, c'est que ces statistiques ethniques ne permettent pas de mener une politique de discrimination positive.
Sa stratégie a parfaitement fonctionné, puisqu'aussitôt ses adversaires de gauche lui ont répondu et ont donc amplifié l'éco-médiatique de sa provocation en accusant le ministre de l'Intérieur d'encourager les discriminations. Mais pour notre épisode de l'avare politique, ce qui est à retenir dans la réponse de Bruno Rotaillot que vous allez entendre, c'est qu'il exprime le besoin pour les politiques d'avoir des études chiffrées sur ce qu'il appelle la réalité sociologique du pays. C'est à retenir parce que c'est assez rare d'entendre un discours venant de la droite soutenir en creux des travaux de sociologues. On imagine qu'il y a un piège, mais commençons par le positif.
Écoutons Bruno Rotaillot dire du bien de la sociologie. Les statistiques ethniques, je m'en suis toujours un peu méfié. Je vais vous dire pourquoi.
Vous disiez en 2020, d'un côté, ça permet de connaître la réalité.
Voilà, il y a d'un côté la connaissance de la réalité. La réalité de quoi ? Je ne voudrais pas que, comme aux États-Unis, à un moment donné, cette statistique-là débouche sur la discrimination positive.
La réalité de quoi ?
La réalité sociologique, tout simplement. Il y a une étude d'ailleurs, il y a peu de temps, je pense que c'était de l'INSEE ou de France Stratégie sur les mouvements migratoires. On a besoin de connaître. Traduisons le Rotaillot. Les études, c'est vachement bien quand on peut les tordre pour pointer une pseudo-submersion migratoire. Mais maintenant, regardons ce même Bruno Rotaillot être confronté à une série d'études qui démontrent son petit catéchisme habituel sur immigration et délinquance. Les conclusions de ces chercheurs, vous pouvez d'ailleurs facilement les retrouver vous-même en tapant dans un moteur de recherche les mots-clés immigration, délinquance et réalité.
Mais il faut croire qu'avec Rotaillot, la science est vraie uniquement quand ça l'arrange. Si quelques jours auparavant, sur BFM, il brandissait un chiffrage qui l'arrangeait, regardez-le maintenant balayer d'un revers de main les chiffrages qui détruisent son fonds de commerce.
Le CEPI, qui est le Centre d'études prospectives et d'informations internationales, un centre sérieux qui dépend de Matignon, a expliqué que les études concluaient unanimement à l'absence d'impact de l'immigration sur la délinquance.
Eh bien, la réalité dément cette étude. Et cette réalité, ces chiffres, la préfecture de police de Paris, pour ce qui concerne...
Ce sont des chercheurs qui travaillent pour Matignon...
La préfecture de police de Paris, mais aussi l'ensemble des préfectures et les chiffres que je tiens à votre disposition permettent d'affirmer un certain nombre de points. C'est une réalité.
Mais vous savez, peut-être qu'à France Télévisions, vous ne voulez pas voir la réalité, mais les Français, ils la voient. On regarde la réalité, on regarde ce qui se passe, on l'interroge, on regarde aussi les rapports de personnes compétentes qui ont étudié des questions et qui sont des experts de la question.
À 70%, les Français souhaitent qu'on reprenne le contrôle. Confronté à l'expertise de chercheurs unanimes, Bruno Rotaillot répond par une démagogie, encore une fois, totalement assumée. Elle consiste à opposer des sondages d'opinion à la réalité statistique issue du monde de la recherche académique. Autrement dit, nous avons là un ministre qui mise sur les croyances contre la science, qui s'appuie sur l'opinion contre les faits. Et pour mieux mettre en évidence cet immense décalage, j'ai réalisé ce petit montage, regardez. Il y a un lien désormais, il est statistiquement établi entre cette immigration massive et la délinquance et l'insécurité.
Il n'y a pas de lien prouvé, d'existence prouvée entre immigration, délinquance et criminalité et que pourtant les gens perçoivent un lien très fort entre ces deux phénomènes. Alors non seulement aucun lien ne peut être scientifiquement établi, car l'immigration n'est pas un facteur d'insécurité en France, mais c'est aussi le cas dans d'autres pays comme en Italie ou aux Etats-Unis, explique ce chercheur spécialiste des questions migratoires. On observe le même résultat comme par exemple sur l'immigration et les criminalités dans beaucoup de pays.
On a des études très bien faites sur le Chili, sur l'Italie, sur le Royaume-Uni, sur les Etats-Unis, dans lesquels on retrouve de manière systématique cet effet nul de l'immigration sur la criminalité en moyenne. J'ai trouvé cette vidéo sur le compte YouTube du Centre d'études prospectives et informations internationales, cette institution dont Bruno Retailleau ne veut pas entendre parler. Je vous encourage vivement à la regarder, c'est passionnant. Elle a été publiée en 2023 et s'intitule « Réalité de l'immigration, médias et opinions publiques ». Et d'autres passages de cette vidéo que vous allez voir viennent encore contrarier le narratif anti-immigré du ministre de l'Intérieur.
Nous sommes toujours sur le plateau de complément d'enquête, écoutez Bruno Retailleau évoquer la surreprésentation des étrangers dans les prisons françaises.
Est-ce qu'il y a, selon vous, une surreprésentation des crimes et des délits chez les personnes sous OQTF ?
En tout cas, il y a une corrélation, je me souviens très bien, que mon prédécesseur Gérald Darmanin, quand il avait fait le rapprochement entre la population carcérale, l'origine, les étrangers, le poids dans la population carcérale en prison par rapport au poids, en gros 7%, il avait souligné qu'il y avait une surreprésentation.
Il y a tout un tas de biais qui expliquent ces statistiques.
On en a d'autres. Quand Bruno Retailleau rétorque « non, non, il n'y a pas de biais », il s'éloigne grandement de la vérité. En fait, il ment. Le fait que les immigrés soient surreprésentés dans la population carcérale tient à plusieurs raisons. D'une part, il y a tout un tas de crimes qu'ils ne peuvent concerner par définition que les immigrés. Le séjour irrégulé sur le territoire, le travail illégal, etc. Donc tous ces crimes-là, par définition, augmentent la probabilité des immigrés par rapport aux natifs de se retrouver incarcérés.
Vous avez aussi des caractéristiques qui sont associées à une probabilité plus forte de mettre un crime, comme le fait d'être un homme par rapport à une femme, comme le fait d'être un jeune par rapport à être une personne plus âgée. Et ces caractéristiques-là sont surreprésentées dans la population des immigrés qui sont en majorité plutôt jeunes et plutôt des hommes. Et aussi, il ne faut pas oublier que les immigrés sont plus à même des victimes d'un traitement différencié dans le système judiciaire et pénal.
Toutes ces caractéristiques-là, de manière mécanique, entraînent une surreprésentation des immigrés dans la population carcérale, sans pourtant qu'on ait un lien direct entre immigration et criminalité. Et ce ne sont pas les seuls biais que Bruno Rotaillot va tenter de nier, comme le fait que, devant les tribunaux, les personnes étrangères, ou perçues comme telles, sont plus souvent condamnées et condamnées plus sévèrement que les Français nés en France. C'est ce que détaille sur France Culture un spécialiste du sujet, Arnaud Philippe, qui est enseignant-chercheur à l'Université de Bristol.
Son verdict est sans appel à infraction, genre et âge égal, les étrangers sont plus lourdement condamnés. Grâce au casier judiciaire national, qui est la principale source de mon travail dans cette fourrage,
on peut regarder la différence qui existe entre les condamnations à faits constants, à âge constant, à juridiction constante, etc.
entre des Français et des étrangers et entre des Français nés en France et des Français nés à l'étranger. Si on fait cet exercice-là, on constate effectivement que les Français nés à l'étranger et plus encore les étrangers sont condamnés à des peines plus lourdes que les Français nés en France à infraction égale, à âge égal, à genre égal, etc. Et n'allez pas croire que les chercheurs ont des visions orientées uniquement vers la prise en compte des personnes dites racisées. Ils ont aussi, par exemple, documenté que les femmes sont en moyenne punies moins sévèrement que les hommes pour des faits similaires. Bref, ils cherchent dans toutes les directions. Ce n'est pas contre vous, M. Rotaillot.
Pour en revenir à l'interview de Bruno Rotaillot sur France 2, on peut aussi faire une comparaison entre son discours rejetant la réalité constatée par des chercheurs et certains discours médiatiques rejetant des statistiques car, je cite, on s'en fiche des chiffres, la seule chose qui compte pour Rotaillot, comme ces médias, c'est la démagogie. Pardon, la seule chose qui compte pour eux, c'est le ressenti des Français. On parle d'une hausse de la violence. Et si on arrête de parler des chiffres et qu'on s'attachait au ressenti des Français et qu'on s'attachait à ce que nous disent notamment les grenonlois qu'on vient d'entendre et qu'eux, on leur apporte des réponses.
Je ne suis pas d'accord. Je pense qu'il y a des faits. On s'en fiche des chiffres. Non, on ne s'en fiche pas. Il y a un sentiment dans le pays. Non, je ne suis pas d'accord. Les chiffres ne le montrent pas forcément qu'on va se focaliser là sur le moment où le ministre de l'Intérieur s'en prend au journaliste qui le confronte aux études prouvant l'absence de lien entre immigration et délinquance. La réaction de Bruno Rotaillot lui disant je cite qu'à France Télévisions vous ne voulez pas voir la réalité rappelle un peu ce qui s'est récemment passé à Washington quand Donald Trump la veille de son investiture a réglé ses comptes avec un journaliste de la chaîne ABC.
Trump n'a toujours pas digéré de cette fait fact-checkée en direct. c'est-à-dire de s'être fait corriger à chaque énormité chaque mensonge chaque aberration et il y en a eu des tonnes qu'il a proférées lors du débat avec Kamala Harris fin septembre. Trump a profité d'un discours pour régler ses comptes encore une fois avec le présentateur vedette de la chaîne ABC qui en a pris pour son grade. Et vous vous souvenez pendant le débat
il y avait David Muir
d'ABC qui disait non les taux de criminalité sont en berne mais non c'est le contraire les crimes explosent et lui il me disait
le contraire et il maintenait mordicus que non
et il me disait non non pas du tout et puis le jour d'après ils ont annoncé que la criminalité avait augmenté de 40%
vous voyez c'est terrible c'est terrible
les médias
sont tellement en rogne contre nous vous ne pouvez même pas vous rendre compte mais en se rendant sur le site internet de la chaîne Fox News on lit que contrairement à ce que Trump affirme ABC n'a absolument pas rectifié le tir le lendemain du débat et qu'en plus on comprend que si le FBI a finalement bien revu à la hausse ses chiffres sur la criminalité le FBI l'a fait en calculant une augmentation d'un peu plus de 4% et pas de 40% comme le prétend Donald Trump comparons à présent la réaction de Trump et celle de Rotaillot à l'encontre des vérifications journalistiques moi j'y ai trouvé un petit air de ressemblance
David Muir d'ABC fake news il m'a corrigé sur tant de choses alors que j'avais raison
la réalité dément cette étude peut-être qu'à France Télévisions vous ne voulez pas voir la réalité c'est ABC de mauvaises personnes propagent des fausses nouvelles à France Télévisions vous ne voulez pas voir la réalité fake news vous avez remarqué que si Bruno Rotaillot n'en est pas encore comme Donald Trump a reproché aux journalistes français de propager de fausses nouvelles sur ses thèmes de prédilection il en prend tout de même le chemin il faut dire qu'aux Etats-Unis en matière de vérification de la parole trumpienne les journalistes américains ne savent plus où donner de la tête pensez donc le Washington Post a dénombré plus de 30 000 mensonges prononcés par Trump durant son premier mandat soit une moyenne de plus de 20 000 bobards par jour alors forcément du côté des journalistes français chargés de couvrir l'investiture de Trump cette année ça leur donne un peu le vertige il raconte parfois n'importe quoi quand il explique que sous son mandat
c'est historiquement le moment où l'air et l'eau ont été les plus purs aux Etats-Unis il raconte n'importe quoi quand même ça présage encore une fois de la difficulté pour ses adversaires politiques démocrates pour les journalistes qui vont devoir faire leur boulot pendant les 4 ans à venir voilà de toute la difficulté à manœuvrer le Trump parce que précisément là ce soir dans ce qu'il dit il y a des faits il y a aussi des faits totalement alternatifs c'est-à-dire complètement bidons où ils racontent n'importe quoi tout est mélangé et il faut que nous on continue à faire notre boulot et à faire le tri aussi
la grande nouveauté qu'on a pu observer cette année aux Etats-Unis c'est que les journalistes ne sont plus les seuls à corriger les mensonges du président Trump l'évêque américaine que vous avez peut-être vu sermonner la Trump family cet évêque s'est aussi senti obligé de fact-checker ce que Trump a raconté sur les travailleurs sans papier devant ses supporters la veille de son investiture Trump a brandi une improbable statistique sans citer sa source bien évidemment disant je cite la traduction littérale de son discours sur les millions de personnes entrées illégalement dans notre pays beaucoup de ces personnes sont des meurtriers 52% ont tué plus d'une personne à affirmer Trump ce à quoi l'évêque a répliqué que la grande majorité des sans-papiers ne sont bien sûr pas des criminels comme vous allez l'entendre et bien évidemment Trump n'a pas apprécié nous avons laissé des millions de personnes rentrées dans notre pays avec ses frontières ouvertes pas de contrôle pas de vérification des antécédents rien des millions de personnes les nombres d'entre eux sont des meurtriers plus de 52% ont tué
pour tuer des gens à part ça sinon ce sont des gens très bien les gens qui font les récoltes qui nettoient nos bureaux qui peinent dans les élevages de volailles et les abattoirs
ils n'ont peut-être pas les bons papiers mais la grande majorité des migrants ne sont pas des criminels
un serment religieux non dépourvu de critiques politiques publiques il n'a pas manqué de le commenter
hormis ses déclarations inappropriées le service était très ennuyeux et sans intérêt elle n'est pas très douée dans son travail
imaginez Bruno Rotaillot se faire corriger par un curé français en pleine messe notre Vendéen aurait du mal à s'en remettre mais pour la suite de sa carrière Bruno Rotaillot pourrait s'inspirer en plus de Donald Trump des présidents français qui n'ont pas attendu leur homologue américain pour se vautrer dans le mensonge à commencer par notre champion national celui qui s'est surpassé pendant son quinquennat je veux bien sûr parler de Nicolas Sarkozy le plus drôle avec lui c'est sa proportion à dire qu'il n'a jamais menti et Sarkozy sait y mettre les formes regardez ses archives assez savoureuses où il est question d'honnêteté de probité et de peau de confiture
si je mentais mais ça se verrait comme le nez au milieu de la figure
la campagne est au contraire un moment de vérité d'authenticité je pense d'ailleurs que la France souffre beaucoup d'un déficit d'honnêteté
l'authenticité se lie
sur mon visage
je ne triche pas je ne truque pas ça fait 30 ans que je suis dans la vie politique personne ne m'a pris le doigt dans le pot de confiture du mensonge on peut être en désaccord avec ce que je fais on peut ne pas m'aimer c'est tout à fait compréhensible acceptable normal c'est la démocratie personne ne peut dire que j'ai menti sauf que Sarkozy a tellement menti pendant son mandat sur le mur de Berlin sur sa présence à Fukushima sur la TVA sociale sur le travail dominical et sur tellement d'autres sujets que par la suite il s'est vu décerner par des journalistes le prix du menteur pour l'ensemble de son oeuvre et notamment ses 17 bobards répétés pendant sa campagne pour reprendre la tête de l'UMP alors c'est moins que Trump mais on peut dire qu'en matière de fake news Sarkozy a été un précurseur si Sarkozy a montré qu'il était un bidonneur multirécidiviste François Hollande lui a été plus rarement rattrapé par la patrouille durant son quinquennat fin 2016 la rubrique désintox de libération a même dû se justifier de n'avoir relevé que deux ou trois erreurs dans ses prises de parole le fait est que François Hollande est un mauvais client pour les fact-checkers à expliquer le service de vérification de Libé un exemple tout de même pour montrer que François Hollande s'est aussi laissé aller à ce qu'il faut bien appeler une fake news cela s'est produit moins d'un an avant l'élection présidentielle de 2017 alors que des rumeurs faisaient état d'une possible candidature de son ministre de l'économie Emmanuel Macron François Hollande cherchait alors à vanter son bilan bilan qu'il déposera d'ailleurs quelques mois plus tard nous sommes autour d'avril-mai 2016 et à chacune de ses apparitions publiques le président Hollande martèle une formule qui ressemble quand même beaucoup à un slogan de campagne électorale ça va effectivement mieux pour la France ça va mieux dans notre pays ça va mieux la France va mieux et quand je dis ça va mieux quand je dis que ça va mieux j'en trouve toujours qu'ils me disent que ce n'est pas le cas pour eux
et c'est vrai
la phrase résonne comme une formule magique à un an de la présidentielle
quand je dis ça va mieux c'est pas un propos de circonstances ou de campagne la vérité c'est que François Hollande est bel et bien en campagne pour se succéder à l'Elysée mais comme le chômage ne baisse toujours pas sous son quinquennat Hollande va essayer de faire sienne l'expression quand je me compare je me rassure il va donc comparer l'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy avec l'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi sous son propre quinquennat sauf que pour parvenir à une comparaison avantageuse pour lui François Hollande va tricher mais à l'heure où les médias misent beaucoup sur le fact-checking Hollande va se faire immédiatement gauler sa comparaison fallacieuse prononcée le matin à la radio et fact-checkée le soir même à la télé vous allez le voir quand David Pujadas se demande si François Hollande dit la vérité bah c'est pas bon signe
François Hollande a-t-il dit la vérité sous mon prédécesseur le chômage
a augmenté d'un million
et sous son quinquennat c'est combien ? depuis 2012 600 000 alors François Hollande dit-il vrai où a-t-il arrangé les chiffres ?
il a comparé le score si j'ose dire de Nicolas Sarkozy au sien en prenant deux catégories de chômeurs différentes si on le ramène aux mêmes catégories de chômeurs son bilan n'est pas meilleur que celui de Sarkozy
voilà le calcul pour Nicolas Sarkozy ça fait 1 088 000 demandeurs d'emploi supplémentaires pour François Hollande ça fait 1 096 200 demandeurs d'emploi supplémentaires
où les fiches qu'on lui fait sont mauvaises et ça veut dire qu'il est mal entouré ou elles sont bonnes et ça veut dire qu'il n'a pas tout à fait voulu dire la vérité
sauf à croire que François Hollande lui-même énarque est entouré de conseillers particulièrement incompétents si l'expression fake news n'est pas prononcée à la télévision par les journalistes c'est simplement parce que cette expression n'est pas très en vogue à l'époque mais comme les médias l'ont constaté François Hollande a délibérément cherché à tromper son auditoire en présentant un bilan avantageux sur les chiffres du chômage pour coller avec son narratif du ça va mieux heureusement avec Emmanuel Macron est enfin arrivé l'heure de vérité enfin l'heure du discours de vérité c'est promis Macron lui ne nous mentira pas
je suis sur tous les sujets pour le discours de vérité et le discours de vérité moi j'ai eu un discours de vérité
sauf qu'avec Emmanuel Macron aussi la vérité n'a pas toujours été au rendez-vous comme lorsqu'il a voulu nous convaincre en 2017 du bien fondé de ses mesures libérales pour flexibiliser le marché du travail juste avant de signer ses fameuses ordonnances travail il a posté sur son compte Twitter une vidéo dans laquelle il prétend que la France est la seule grande économie de l'Union Européenne à subir un taux de chômage élevé mais Macron ment en omettant de signaler des taux de chômage nettement plus élevés et tout aussi persistants en Italie et en Espagne du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron on retiendra surtout en 2023 le bobard monumental de son gouvernement qui pour essayer de nous faire avaler la pilule du recul du départ de l'âge à la retraite de 62 à 64 ans va mettre en avant une pension de retraite minimale à 1200 euros brut l'entourloupe sera révélée au grand public par l'économiste Mickaël Zemmour dans la matinale de France Inter regardez comment Léa Salamé abasourdie a du mal à croire ce qu'elle entend une pension minimale garantie la retraite minimum elle concernera tous les Français tous les retraités dès le 1er septembre vont pouvoir avoir droit à ces 1200 euros il n'y a pas de pension minimale à 1200 euros dans la réforme aujourd'hui vous avez 5 millions de retraités qui sont sous les 1200 euros les seuls qui vont passer la barre c'est ceux qui sont à 1100 euros ou plus et vous aurez toujours au terme de la réforme 4 millions 2 4 millions 3 qui seront toujours sous les 1200 euros même des personnes qui ont une carrière complète ne seront pas garanties d'avoir 1200 euros
même des gens vous êtes sûr de ça c'est vraiment le gouvernement dit si vous avez une carrière complète et bien ce sera 1200 brut pour tout le monde
tout le monde comprend comme vous c'est pour ça qu'il y a un problème démocratique et même il y a des gens qui ont compris que tout le monde aurait 1200 euros minimum
notamment pendant les élections c'est complètement faux écoutez maintenant Léa Salamé quelques jours plus tard visiblement marquée par le gros mensonge proféré par toute une brochette de ministre venue mentir à son micro elle n'en revient toujours pas et on peut la comprendre
sur les 1200 euros qu'est-ce que ça dit de la parole politique de la sincérité de la parole politique de sa crédibilité quand tous les ministres vraiment tous les ministres et encore à notre micro Bruno Le Maire Gabriel Attal sont venus expliquer que je vous cite le tweet de Franck Criestère mais ils ont tous dit ça pas moins de 1200 euros c'est notre engagement pour les pensions de retraite des français pour une carrière complète pour une carrière complète mais il manquait un mot il manquait à taux plein pas pour les carrières hachées à temps plein
tout cela n'empêchera pas Olivier Dussopt ministre du travail de présenter à la radio Aléa Salamé et à l'Assemblée le lendemain une estimation trompeuse du nombre de bénéficiaires de cette fameuse de retraite à 1200 euros brut et quand je dis trompeuse c'est qu'il a été contraint ensuite de diviser son estimation par deux voire par quatre et quand on me dit mais combien
grâce à cette réforme vont passer le cap des 85% du SMIC 40 000 personnes de plus chaque année passeront le cap des 85% du SMIC grâce à cette seule réforme en 2030 40 000 retraités supplémentaires atteindront les 1200 euros et je le maintiens
un chiffre sérieusement revu à la baisse les services estiment qu'entre 10 et 20 000 personnes franchiront le seuil des 1200 euros grâce à la mesure portée par la réforme autrement dit l'estimation du nombre de bénéficiaires a été divisée au moins par deux reste que dans tous les cas de figure que nous avons vus à chaque fois qu'une personnalité politique se fait prendre en flagrant délit de mensonge ou même d'erreur cette personnalité évite de le contester évite de la ramener sauf Donald Trump et bon là on en a l'habitude c'est sa marque de fabrique et sauf Bruno Rotaillot mais là si le problème persiste s'il continue à répondre par des vérités alternatives et à sermonner des journalistes qui lui rappellent des faits il faudra vraiment mais alors vraiment s'en inquiéter voilà c'est terminé merci d'avoir regardé ce nouvel épisode de l'Avare politique dites nous ce que vous en avez pensé dans les commentaires mettez des pouces d'encouragement si vous avez aimé et restez connecté aux médias