Sites porno : et si on les fermait vraiment ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:00OuverteRéponse directe
Que vous inspire la réaction des sites porno avec cette fermeture temporaire ?
- 25:00RelanceRéponse partielle
La vérification faciale ou le tiers de confiance sont-ils vraiment sécurisés pour protéger la vie privée ?
- 30:00FerméeRéponse directe
Est-ce que cette mesure va vraiment compliquer l'accès des mineurs aux sites porno ?
- 40:00OuverteRéponse directe
Les sites porno ont-ils vraiment peur de l'ARCOM ou est-ce un coup de communication ?
- 50:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les contenus pornographiques sont-ils de plus en plus violents selon vous ?
- 1:00:00OuverteRéponse directe
La gratuité des sites porno est-elle le cœur du problème ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 45:00Justine AtlantChiffre
« 21 % des garçons de 10-11 ans, 50 % des 12-16 ans, 66 % des 16-17 ans consultent chaque mois des sites pornographiques. »
- 46:40Justine AtlantChiffre
« Plus 36 % de fréquentation de ces sites depuis 5 ans. »
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[Applaudissements] [Musique] Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue, c'est Science Publique, votre rendez-vous de débat chronique et reportage. 90 minutes et deux grands thèmes seulement pour donner à nos experts le temps de donner du sens à l'actualité.
Et voici le sommaire de ce 4 juin. Les principaux sites pornographiques ferment leur plateforme en France. protestent contre les règles qui leur imposent de couper l'accès aux mineurs.
On a envie de leur dire bon débarras mais c'est la santé mentale et la sexualité des adolescents qui est en jeu et ces sites vont certainement rouvrir rapidement. Comment protéger durablement nos enfants ? Ce sera notre premier débat.
Et puis dans la seconde partie de notre émission cette question. Les commissions d'enquête parlementaires sont-elles en train de devenir des tribunaux politiques ? C'est ce que le premier ministre prochait aux députés après sa longue audition sur l'affaire Betaram.
Vous ne m'avez interrogé que sur moi, sur ma responsabilité, sur ce que j'avais fait ou pas fait, sur le soupçon d'être intervenu soupçon insupportable, que je sois intervenu dans l'affaire pour protéger des pédo criminels. Est-ce un écran de fumée allumé par François Baïou faut-il mieux encadrer ces commissions d'enquête notamment pour garantir les droits de la défense ? Pourquoi ces lieux de contrepouvoir importants se sont-ils multipliés ces dernières années ?
On répond à toutes ces questions. Ce sera dans 3/4 d'heure. Mais d'abord le bras de fer ou le coup de pub des sites porno qui bloquent leur contenu en France depuis ce matin.
Antoine Jouau. Pour accéder à ce site pornographique depuis 16 heures ce mercredi, c'est désormais impossible. À la place, la marienne détournée du peintre Eugène I la Croix accompagné d'un texte contre le gouvernement.
En suspendant l'accès à notre site en France, nous prenons nous refusons de compromettre votre vie privée avec des mesures qui paradoxalement échouient à protéger efficacement les mineurs. Incompréhension pour la ministre chargée du numérique. Ce référentiel, on l'a établi avec l'ARCOM, avec l'ACNIL.
On s'assure aussi bien qu'on protège nos enfants, qu'on protège la vie privée des adultes. Il y a des solutions, il y en a de nombreuses des solutions. La vérification faciale, le tiers de confiance pour vérifier l'identité, même le le bureau de tabac, j'y suis allée ce matin, on va au bureau de tabac, on nous donne un code pour rentrer sur ces sites internet.
Tout ça, c'est absolument sécurisé. Donc c'est absolument cynique ce qu'ils sont en train de faire et bon débarras. En cause la possibilité pour l'autorité de régulation audiovisuelle de bloquer les sites pornographiques qui ne vérifient pas efficacement l'âge de leurs visiteurs.
Une mesure pourtant obligatoire depuis juillet 2020. C'est fait pour protéger les enfants. Or pour protéger les enfants, il faut mettre des barrières.
On sait qu'on a à peu près un gamin de 12 ans sur de qui va tous les mois sur un site porno qui n'est pas fait pour lui. Son cerveau, son corps ne sont pas fabriqués pour regarder ce matériel destiné aux adultes. Donc j'espère bien que les enfants vont comprendre que ce n'est pas fait pour eux.
Ce n'est pas fait pour eux. Malgré les risques de contournement des restrictions, cette mesure est efficace selon ce spécialiste. Ce type de service va clairement compliquer la tâche, voir rendre impossible le contournement par des mineurs.
Euh maintenant, c'est sûr que à partir du moment où vous avez défauts qui peuvent être faits ou que les procédures de contrôle sont insuffisantes, il peut pas y avoir des des contournements. Globalement, ce type de service est efficace et change complètement la donne, change complètement le le modèle économique de ces de ces sites qui aujourd'hui ne contrôlent rien, sauf un simple clic pour accéder au contenu et rentrer dans le site. Dès vendredi 6 juin, tout site pornographique sans réelle vérification d'âge pourra être mis en demeure par l'arcom.
Bon, il y a une liaison qui fait un peu mal aux oreilles, mais c'est pas grave. Ce sujet a été fait dans l'urgence donc on s'en on s'en excuse auprès de vous et on va se poser cette question importante à propos des des sites pornographiques et si on les fermait vraiment après tout pourquoi pas. On a envie de dire chiche à nos invités Laurence Rossignol.
Bonsoir bienvenue. Vous êtes sénatrice socialiste du Val de Marne, ancienne ministre, présidente de l'Assemblée des femmes et vous avez mené un plusieurs travaux sur sur ces sites pornographiques ici au au Sénat. Justine Atlant, bonsoir et bienvenue.
Vous êtes directrice de l'association IF. Michel Séan, bonsoir et bienvenue professeur de droit de la cybersécurité à l'université de la Sorbonne Paris Nord et Antoine Oubdov, bonsoir. Vous êtes éditorialiste politique à à mes côtés euh tous les mercredis dans cette émission.
Peut-être une réaction assez générale sur cette journée particulière. Laurence Rossignol, que vous inspire la réaction, ce coup de pression, cette fermeture temporaire de de des sites pornographiques peut-être. Euh le plus important n'est pas cette réaction des sites pornographiques.
Le plus important, c'est qu'à partir du 6 juin, les sites pornographiques sont dans l'obligation euh de fermer l'accès des mineurs à leur contenu. C'est ça le plus important. Après la réaction des sites pornographiques c'est c'est un c'est un sujet mais c'est s'il le font aujourd'hui c'est sans doute parce que l'événement c'est qu'après plusieurs années de de travail de mobilisation de d'élaboration juridique de recherche technologique de combat au niveau de l'Europe on en reparlera probablement tout à l'heure enfin nous y sommes parvenus vous le disiez je voyais ma collègue Marie Mercier qui l'évoquait de en 2020 nous votons l'amendement qui préconise que les sites porno doivent ne plus d'accessible au mineur amendement qui était superfitatoire monsieur le professeur doit le savoir puisque déjà il était prévu dans la loi dans le code pénal que les les contenus pornographiques ne doivent pas être accessibles au mineur sauf que internet avait un peu tout changé rendu tout plus difficile.
Il a fallu le repréciser et c'est là que la bataille a commencé et la bataille s'est menée au Sénat. Je suis assez fière de le dire aujourd'hui. Après, j'arrêterai le le moment Cocorico Oui, parce qu'il y a encore beaucoup de travail.
Mais mais c'est déjà une une dans ma vie politique, dans ma vie parlementaire, il n'est pas si fréquent que ça qu'on commence une bag une bataille et qu'on la voit réussir au moins partie une première étape. Et au parce que quand on a commencé avec sur la la fermeture de site porno mineur, on a expliqué que c'était pas possible. porno desch qui dis ah mais non c'est pas possible on y arrivera jamais vous vous battez contre des moulin avant et ben la preuve qu'on s'est pas battu contre des moulins avant et c'est une bonne nouvelle et on est mobilisé pour continuer alors justine il y a aussi un côté coup de pub dans cette opération puisque tout le monde tout le monde en parle mais c'est peut-être aussi la démonstration qu'effectivement on on on on on tape là où ça fait mal quoi d'une certaine façon d'arriver à notre objectif ou absolument c'est vrai que c'est une dernière tentative un espèce de de sursaut ultime. que ce ce leader hein quand même de l'industrie pornographique en ligne tente.
Alors il il est il est coutumier du fait puisqu'il l'a déjà fait y compris aux États-Unis où il y a des États américains qui avaient tenté effectivement aussi de mettre en place le même nom de mesure. Ça avait marché donc il le tente en France. C'est vrai que c'est un gros coup de communication.
On est je pense tous assez rassurés sur le fait que ils vont se mettre en ordre de marche en réalité mais ils mettront le temps qu'il faut et puis ils vont certainement négocier avec l'ARCOM pour pour le faire. Mais mais c'est vrai que ça montre bien qu'ils sont acculés. Euh d'ailleurs cette démarche est vraiment je trouve totalement déplacée aujourd'hui.
Elle parlait paraît complètement anachronique compte tenu de la maturité de la société face à ce sujet-là. Que ça soit les parents, que ça soit les jeunes, les jeunes adultes aujourd'hui qui ont commencé beaucoup de consommé beaucoup de pornographie il y a peut-être encore 10 ans, vous dites "Mais c'était beaucoup trop tôt euh et on ne veut pas que nos enfants, nos petits frères, petites sœurs le fassent." Donc plus personne n'est d'accord avec cette posture.
Donc elle est complètement archaïque, ridicule. Euh et effectivement, je pense qu'elle montre qu'ils ont très peur que l'ARCOM effectivement se saisisse de son pouvoir qu'il a maintenant pour la loi et à partir de vendredi commence à lancer effectivement des procédures qui à terme les auraient bloqué. Donc ils prennent la main en disant ben plutôt que d'être bloqué par effectivement une autorité indépendante, on s'autobloque nous-même.
Et je pense qu'effectivement ils avaient quand même conscience d'un risque réputationnel s'il se faisait bloquer par une autorité indépendante en France. avec une double question Michel S peut-être ce que vous pensez de ce coup de pression ou coup de pub et puis est-ce que c'est pas je reprends ce que vous disiez au-delà du cas de de ces de ces sites pornographiques, il y a il y a un enjeu sur ce qu'Internet a changé, la liberté sur internet, espace de droit ou de non droit. Il y a aussi toutes ces questions là qui viennent derrière quoi.
Ben là, on est sur un zoom très fort sur la question d'une restriction. Il faut pas oublier que le principe en France, c'est la liberté. la liberté de publier des contenus et ça ça reste notre principe, c'est le principe de la liberté d'expression mais là on est sur une exception qui est très importante qui concerne la santé des mineurs, le bien-être des mineurs et d'ailleurs le tribunal administratif un tribunal administratif a a jugé le le 15 avril 2025, donc il y a quelques jours, euh que c'était pas contraire à la liberté d'expression, ni à la liberté du commerce et de l'entreprise que de faire ces blocages. parce que l'intérêt supérieur de l'enfant triomphait prime au titre de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Et j'aime bien ce moment-là juridique qui nous permet de mettre un peu la hiérarchie de nouveau sur le papier. Mais qu'est-ce qui pouvait espérer que qu'il y aurait des manifestations dans dans les rues pour défendre les sites pornographiques ? Oui.
Ou des questions gouvernement. Non mais franchement c'est difficile à dire parce que moi j'imagine pas effectivement une manifestation de personnes qui descendent dans la rue avec des pancartes. Je sais pas ce qu'il y aurait sur les pancartes mais euh mais je pense que là c'est ils essayent de gagner enfin d'occuper le terrain.
C'est la dernière solution qui leur reste. Occuper le terrain un peu comme une sorte de fronde et puis ils savent que la prochaine actualité écrasera la précédente. Donc je pense que la prochaine séquence de communication arrivera très vite.
Mais ce qui est intéressant, c'est que en faisant ça, ils ont donné beaucoup de popularité à l'ARCOM dont peu de gens entendaient parler jusqu'à présent et don à qui était pas encore entré dans le paysage audiovisuel paradoxalement auprès de l'opinion publique. On peut en discuter mais ça c'est un autre débat. Voilà sauf quand certaines références TNT ont été supprimé mais bon ça c'est un autre débat.
Je voudrais qu'on revienne sur ces euh ces chiffres qui sont qui sont quand même à la fois édifiants et effrayants. 21 % des garçons de 10 11 ans, 50 % des 12 16 ans, 66 % des 16 17 ans consultent chaque mois des sites pornographiques. C'est effectivement l'ARCOM qui nous dit ça en quête de 2023.
Est-ce qu'ils sont Justine Atlant stables ces chiffres ? Est-ce qu'il s'aggrav c'est est-ce qu'il y a de plus en plus de jeunes de plus en plus nombreux ? Qu'est-ce qu'on peut en dire ? tendance en quel la tendance elle est elle est pas bonne effectivement parce que les chiffres s'aggravent euh je veux pas me tromper mais je crois qu'il y a plus 36 % de fréquentation de ces sites depuis 5 ans.
Donc évidemment il y a 5 ans, tout le monde pense à l'événement du confinement hein qui a accéléré les usages numériques de tout le monde des jeunes aussi et ce type de consommation de de contenu par les jeunes. Donc plus 36 % en 5 ans, c'est beaucoup sur ces mineurs qui je vous rappelle ne sont pas censés du tout être exposés à ces contenus. Et il y a aussi d'autres chiffres qui sont sortis récemment sur le commissariat justement à l'égalité hommes-femmes.
Je pense que vous avez peut-être vu les chiffres sur les stéréotypes hommes-femmes et qui est très grave aussi, c'est que finalement ces stéréotypes contre lesquels on lutte et le discours sociétal a beaucoup évolué. En revanche, on se rend compte que la jeune génération et bien les stéréotypes se sont aggravés depuis une dizaine d'années entre 2014 et et 2024. Et euh et quand on creuse sur quelle donnée euh c'est manifestement quand même beaucoup lié à l'exposition, à ses contenus pornographiques parce que c'est vraiment une vision de la femme par rapport au consentement, à l'objet sexuel que ça doit être, à euh son acceptation de la violence hein.
Euh oui, parce que les contenus sont de plus en plus violent. Voilà. Donc on voit bien que ça a un vrai vrai impact non seulement sur le psychisme, la santé mentale physique des jeunes et des adultes, mais sur la société en général, ce qui est gravissime.
Comment vous expliquez ce ce cet étrange paradoxe assez préoccupant dans le fait que il y ait eu la vague mit, que les questions de consentement soient quand même sur le haut de la pile, en tout cas dans certains milieux et que paradoxalement il y ait cette socialisation sauvage, cet éveil à la sexualité complètement Oui. de V contraires. Il y a deux vents contraires.
C'estàd que d'un côté, il y a effectivement Mou et le débat public que Mou a provoqué qui est un débat de prise de conscience des questions de violence sexuelle et puis il y a des gamins qui regardent de plus en plus de films porno de plus en de plus en plus violent. Et effectivement Justine Atlant évoquait l'enquête du de conseil à l'égalité où on est tombé l'année dernière sur un chiffre assez terrifiant. sur c'était un/art des moins de 25 ans pense que il y a des des séries de consciences dans lesquelles il est normal de bousculer de un peu une femme bousculer forcer un peu une femme et quand on regarde ça on dit avec chez les moins de 25 ans un chiffre qui est supérieur au trangage plus âgé donc c'est c'est une génération et au bout d'un moment on s'est dit qu'il y a une seule explication possible c'est la contreculture du porno par rapport à la culture collective qui est celle effectivement du consentement et qui elle s'est aggravé parce que les contenus pornographiques d'aujourd'hui sont bien plus violents, bien plus grave que ceux d'il y a peut-être 30 ans qu'on imagine dans des films qui aujourd'hui paraissent finalement extrêmement extrêmement soft.
Et c'est ça aussi qu'on a payé, c'est que le décalage pendant longtemps, on n' pas parlé la même chose. C'est-à-dire qu'on parlait de pornographie avec les acteurs acteurs les les personnalités politiques et cetera, ils avaient encore ces images là dans la tête. Or ce qu'on voyait nous et ce que consommaient les jeunes, c'était ce qu'on voit aujourd'hui maintenant et je pense tout le monde a conscience, c'est vraiment maintenant tout le monde en a conscience mais il y a quelques années, c'était pas le cas.
Oui. Et pendant ce tempsl il y a une génération qui a consommé ses contenus. C'est quand même faut quand même avoir en tête que le porno c'est avant tout une mach c'est une machine à cache.
Oui. Alors ça on va en parler de de de l'aspect business parce que c'est très important. Mais pourquoi les contenus sont de plus en plus violents ?
C'est que pour fidéliser les consommateurs qui eux recherchent une excitation sexuelle au bout d'un moment ils se lassent. Donc il faut continuellement changer les personnes qui sont dans les films que j'arrive pas à appeler actrices parce que c'est des victimes. Changer les personnes qui sont dans les films, changer les scènes et de plus en plus de violence.
Et on sait aussi, mais Justine Atlan connaît ça encore mieux que moi, je crois, que euh après l'excitation supérieure, c'est d'aller vers la pédopornographie. C'est-à-dire que il y a une a il y a une espèce de continuum chez les gros consommateurs vers ça. Et puis on a quand même des phénomènes incroyables, c'est qu'on a des addictologues qui maintenant se sont spécialisés dans l'addiction en porno.
Avant elle traitait de l'alcool, du cannabis ou de la cocaïne et aujourd'hui il il ou elle traite de l'addiction au porno. C'est d'hobes qui n'ont plus d'autres sexualités que celle que le porno leur procure. Alors, face à ces euh cette ce coup de de force en ou coup de pub de euh de ce de ce géant des des sites pornographiques, il y a eu plusieurs réactions politiques aujourd'hui, notamment celle de la ministre délégué chargée de l'intelligence artificielle et du numérique, Clara Chiapas, qui était au micro de Quentin Calmet cet après-midi.
Écouter, je leur dis bon vent, bon vent parce que personne personne n'est au-dessus des lois de la République et s'ils ne veulent pas protéger nos enfants parce que c'est la seule chose qu'on leur demande, protéger nos enfants de ces contenus pornographiques, qu'il s'en aille. Qu'il s'en aille et et cette espèce de de coup de pression là qu'il nous mettent où ils essayent de dire si c'est comme ça, nous on part et ben partez, partez parce que personne ici en République n'a le droit d'être au dessus des lois. qu'il s'en aille.
Il y a un autre ministre Jean-Noël Barre qui dit bon débarras et vous Antoine vous dites c'est pas trop tôt. Oui Thomas, moi ce qui me frappe à titre personnel c'est la désinvolture la désinvolture avec laquelle les géants de l'industrie du porno ont baladé nos autorités pendant des années. Qui a pu croire sérieusement à un moment qu'un simple clic pour déclarer être majeur allait arrêter un ados de 12 13 ans ?
Personne en réalité. Résultat des générations entières ont grandi en regardant des vidéos où la domination sexuelle voisine toujours heinmanquablement la violence et le sexisme. Une véritable porno pandémie.
Porn pandémie, c'est le terme utilisé par certains professionnels du secteur de l'enfance comme si nous ne percevions pas clairement que le business de ces plateformes repose sur des revenus publicitaires, donc du trafic parce que quand c'est gratuit, ce sont évidemment nos enfants le produit. Alors, est-ce que vous pensez qu'il y aura un avant et un après cet épisode qu'on est en train de vivre ? Alors, c'est un peu tôt pour le dire, on aura l'occasion d'en débattre, mais ça ressemble quand même à la fin de l'impuissance, une sortie de la naïveté.
La loi euh pour la sécurisation et la régulation de l'espace numérique qui a été votée en mai 2024 change la donne et à partir du 6 gen, vous le rappelz Laurenceignol, l'ARCOM pourra en tant que gendarme d'audiovisuel infliger des amendes sans passer par un juge. C'est important bloquer ou déféren déférencer les sites porno accessibles au mineurs. C'est une avancée concrète.
Qu'est-ce qu'il fallait faire avant ? Parce qu'avant il fallait, et vous en savez quelque chose, il fallait attendre des décisions de justice. À l'automne 2024, par exemple, la cour d'appel de Paris avait bien ordonné le blocage de sites comme Xhamster au nom de l'intérêt supérieur de l'enfant.
C'était le motif invoqué. Mais impossible juridiquement de toucher à des sites comme Pornhub ou X vidéo hébergé à l'intérieur de l'Union européenne, au Luxembourg ou en République tchèque en particulier. Vous vous demandez sans doute pourquoi cette immunité.
Et bien une directive européenne de juin 2000 imposit la libre circulation des services numériques entre Étatsmembres. Il a donc fallu attendre que la cour de justice de l'Union européenne se prononce pour finalement agir. Voilà ce qu'il se produit Thomas quand on fait primer la hiérarchie des normes sur la protection des droits de l'enfant.
Fort heureusement est arrivé le digital services Isact qui impose aujourd'hui des obligations strictes aux plateformes. Un peu tardivement quand même. Ouais.
Alors est-ce qu'on peut dire pour conclure que la puissance publique a vraiment gagné son bras de fer ? pas vraiment, j'aimerais le dire, mais pas encore parce que pour beaucoup d'experts, pour beaucoup d'experts, la vraie solution serait de mettre fin à cette gratuité. Cette gratuité à la base de leur modèle économique.
Ce serait radical mais simple, pas de porno sans carte bleue. Les plus malins trouvont toujours un moyen bien sûr hein de se procurer une carte de crédit, mais au moins la pornographie redeviendrait un acte transgressif, pas un réflexe quotidien, pas cette addiction. Mais le vrai défi aujourd'hui selon moi, ce sont les réseaux sociaux.
Twitter est un site pornographique. C'est l'actrice et productrice de X Nikita Belucci qui le dit, pas moi. Et elle va même plus loin, c'est devenu le dark web.
On y trouve des vidéos zoophiles, pédocriminelles, des appels au viol et sur ce point forcé de constater que les procédures de signalement arrivent malheureusement toujours avec un train de retard. Alors et je je reprends la Merci beaucoup Antoine. Je reprends la question de notre titre et je commence avec vous Michel Séjan.
Et si on les fermait vraiment ces sites pour de bon si on considère qu'ils sont nuisibles à la société ? Oui, c'est une idée qui est séduisante. Elle est difficile à mettre en œuvre juridiquement, mais pour de bonnes raisons.
La difficulté, elle est liée au fait que il faut toujours garder comme principe la liberté. Euh quand on réfléchit au cas d'usage de ce que c'est que la pornographie, bien sûr, on voit des images, on peut tous à peu près être d'accord sur l'idée que l'image qui va nous venir à l'esprit, il faudrait qu'elle n'arrive plus sur internet. Oui, mais après je fais confiance à toutes les parties prenantes pour tirer le débat vers des cas un peu frontières comme vous vous souvenez par exemple le le tableau l'origine du monde où on lui dit est-ce que c'est de la pornographie ou pas ?
Mais non, c'est de l'art. Et pourtant Facebook l'a l'a censuré parce que il disait que c'était de la pornographie. Et donc euh si on veut fermer des sites, euh on peut le faire.
Euh d'ailleurs aujourd'hui, comme l'a dit euh euh le chroniqueur Antoine, euh l'Arcome. Euh mais euh il faut rester vigilant sur le fait que euh Mais vous dites quoi ? Pardon, je vous interrompre.
Mais si aller jusqu'à si on considère que ce sont que ces contenus pornographiques font la promotion de la violence contre les femmes, au-delà même du cas des enfants qui les qui les regardent, on pourrait tout simplement dire bah c'est interdisons-les. Vous dites non c'est une atteinte aux libertés. Ah non, j'ai pas dit que c'était une atteinte à la liberté.
Je dis qu'il faut le faire d'une manière qui continue de respecter le principe de liberté. C'est pas du tout la même chose. Non, c'est pas la même chose.
Euh et donc moi, je serais favorable pour qu'il soit fermé. Bien sûr, et je pense que c'est possible. et même des types peut-être pour pour apprécier la proportionnalité des types de pornographie, on pense par exemple des catégories racisées qui sont enfin qui sont quand même euh particulièrement insoutenable ou qui appelle à l'inceste.
Eff les rubriques qui s'appellent en famille qui sont des rubriques euh de de de tubes pornographique, de petites vidéos pornographiques mett en scène des relations sexuelles entre le tonton et la niè la belle-mère et le beauf-fils. Voilà, c'est que nous on on se bat pour sortir l'inceste de de de du silence sur lequel qui pèse sur les victimes et en même temps on laisse autour d'au se propager. Mais je est est-ce qu'on peut les interdire ou pas ?
Je je je prends le progrès qu'on est en train de vivre, je le sous-estime pas mais bon, est-ce qu'on peut aller plus loin ? Alors, je je vais pas répondre à votre question parce qu'en fait vous la vous la posez avec plein de bonnes intentions, j'en suis certaine. Mais c'est pas la bonne question.
C'est ça. Mais c'est pas ça. C'est que aujourd'hui, on va en rester sur ce que ce que l'on veut aujourd'hui.
Parce que j'entends bien, je vois bien les gens qui sont à l'affue, euh qui sont en embuscade et qui disent "Ah, regardez, en fait, ce qu'il veut c'est faire ce qu'ils veulent c'est fermer les sites pornographiques, c'est qu'un premier pas." Donc, on va rester là. Mais jeis quand même rappeler qu'il y a on peut trouver d'autres infractions pénales contre ces sites au moment de la loi Senine qui a fait des avancées certes mais je regrette qu'elle n'est pas lo la mo de mai 2024 pardon la loi sur la sécurité régulation d'espace numérique nous avions déposé d'autres amendements par exemple des amendements pour appliquer des sanctions pénales aux sites qui font la promotion de l'inceste euh au sites qui font la promotion de la pédopornographie par exemple aujourd'hui pour que une vidéo soit retirée par euh Pharao qui est la cellule du ministère de l'intérieur euh qui retire les vidéos par exemple terroristes.
Je vais être prendre une petite un tout petit peu longue pour expliquer. Euh aujourd'hui pour qu'une vidéo soit retirée au titre de la péo ou criminalité, il faut que la personne l'enfant qui est dans la vidéo soit réellement un enfant un mineur voire même qu'il soit vraiment un enfant qui retienne des critères qui sont un peu gênants qui est prépuberté ou post-puberté. D'accord.
Nous ce que ce que moi j'avais déposé des amendements avec plusieurs collègues, ce que nous on défendait, c'est que peu importe que l'actrice entre guillemets l'acteur soit un mineur ou un majeur, ce qui compte c'est qu'il est mis en situation d'être un enfant et donc par là on fait la promotion de la pédocriminalité. Même chose pour le racisme, même chose pour l'incitation au viol. Donc nous avons encore beaucoup de bagarres juridiques à mener.
Notre problème en fin de compte, il n'est pas notre notre imagination juridique dans le respect de la loi. Notre problème c'est les outils, les moyens humains, les moyens d'enquête qui sont entre les mains de de de de des enquêteurs et des magistrats pour poursuivre tout ce qui devrait être poursuivi. J'abandrai dans le sens de l'ance signal.
C'està-dire d'abord ne tombons pas dans le piège que nous tent depuis des années les sites pornographiques qui est de mélanger leur respect de l'interdiction des mineurs sur la plateforme avec l'interdiction de leur existence propre. Euh, ils nous ont toujours piégé là-dedans, nousant passer pour des abolitionnistes alors qu'à notre place de protection de l'enfance, on est juste pour le respect du cadre légal qui a préexisté internet qui est que ce sont des contenus dit pour adultes pour adultes. Voilà.
Donc en fait, ne longeons pas les débats, sinon effectivement on est taxé d'être en embuscade effectivement pour les familles. Par ailleurs euh le ce cette ce ce cette industrie pornographique euh est victime non pas les les entrepreneurs, mais ceux qui malheureusement parfois en vivent euh du fait qu'il n'y a aucun encadrement parce que effectivement c'est une zone d'ombre et de tabou pour la société. Tout le monde en consomme mais personne veut trop regarder ce que c'est.
Personne surtout veut aller voir dans quelles conditions sont réalisés tout ça, comment les contenus arrivent, comment ils sont filmés. Et là en revanche effectivement on peut aller voir parce que que ça soit de la pornographie haute c'est pas le sujet c'est qu'il y a des conditions de production de tournage de maltraitance. Donc on a des outils juris pour aller effectivement encadrer encadr on va pas encadrer interdire la pornographie pour la pornographie, on va interdire des contenus qui ne respectent pas des droits des libertés et cetera infiné on verra bien ce qui restera mais en tout cas voilà c'est plutôt comme ça qu'il faut voir le le deux procès importants qui sont à venir le procès Jacky et Michel et le procès French Mukak 50 parties civiles de jeunes femmes qui ont été on porté plainte pour viol contre les organisateurs et aussi contre les hommes qui étaient sur les tournages avec elle.
Je reviens sur ce qui se passe à partir de de du 6 juin Michel Séjan. C'està-dire que l'ARCOM va avoir la capacité de taper au portefeuille. Je suis un peu trivial mais c'est c'est ça le c'est ça la menace.
Oui, elle a la capacité de bloquer le site sans passer par un juge. Et cette capacité de blocage, elle est précédée par une mise en demeure. Donc une lettre qui va consister à dire maintenant vous devez faire ce que je vous ai demandé. qui va consulter est m ou pas.
Et ils savent le faire puisqu'il le font ces sites là pour les personnes qui veulent publier des vidéos. Donc euh l'idée selon laquelle euh il n'y a pas de bons moyens pour le faire, c'est pas une bonne idée parce que ils ont même des outils comme Yoti par exemple qui est une plateforme qui permet justement l'identification des personnes qui sont filmées avant de publier la vidéo pour pouvoir vérifier que ces personnes euh sont majeures. Donc pourquoi est-ce qu'elles pourraient pas le faire pour les personnes qui consultent ?
Et ça, elle ne donne pas la réponse. Ouais. Euh la France est est évidemment pas la seule à vouloir protéger ses enfants et ses adolescents des contenus pornographiques.
Le l'Union européenne vient de lancer une enquête sur l'insuffisance des mesures prises par les principales plateformes. On écoute le porte-parole de la Commission européenne Tomara. Nous soupçonnons ces plateformes pornographiques de ne pas évaluer et atténuer correctement les risques liés à leurs services et de ne pas empêcher efficacement les enfants d'accéder à des contenus pour adultes.
Nous allons maintenant mener une enquête approfondie et invitons les quatre entreprises à coopérer tout au long du processus. Justine Atlant, est-ce qu'il y a d'autres pays européens ou même ailleurs qui qui sont plus efficaces que nous, qui ont réussi à à bloquer, interdit interdire ces sites à l'accès au mineurs ? Alors, dans les démocraties, non.
Euh parce qu'après on trouve toujours des solutions formidables mais dans l'état totalitaire, je suis pas sûr qu'on soit prêt à prendre tout le le pack. Euh en démocratie, non. Comme je vous disais, les États-Unis ont essayé de faire la même chose que nous. enfin des États américains et n'ont pas réussi face à ce rapport de force des sites pornographiques qui qui ont fait la même chose que qu'aujourd'hui mais qui qui l'ont emporté.
Donc c'est vrai que la France est très regardé de très près effectivement par l'Union européenne. Pour autant l'Union européenne travaille évidemment sur ce sujet-là. Le DSA est quand même assez clair sur effectivement le droit est très aligné avec nous.
Les lignes directrices qui vont être publiées prochainement vont encore plus loin sur la vérification d'âge, l'estimation de l'âge et cetera. Et en plus l'Europe est en train de travailler sur un système d'estimation et de vérification de l'âge notamment de majorité. qui va être en test dans cinq pays dont la France, l'Espagne, la Grèce, le Danemark euh là vraiment dans les semaines qui viennent et qui va avoir effectivement qui a normalement va être généralisé si si donc l'Europe est plutôt pragmatique, c'estàdire qu'elle essaie d'avoir d'abord de créer un système de vérification d'âge qui sera plus contestable, qui sera pouvoir être diffusable dans tous les pays d'Europe, interopérable et cetera et ensuite ce système existera.
Ils pourront effectivement factuellement dire aussi de pornographie maintenant il y a plus il y a plus d'excuses comme vous l'avez dit il y a pas il faut attendre un système est-ce qu'il est faible pas fa il y en a au moins un qui existe dans tous les pays d'Europe et donc cette ultime excuse que vous avez ne pourra pas exister donc on est très proche du fait que l'action de la France soit généralisée dans tous les pays mais légalement tout existe he il y a pas besoin de sauf que ces sit je je reviens vers vous mais Michel Séan ces sites ils sont pour certains situés ou enfin leur siège social est dans certains pays d'Europe Oui. Oui. Et avec le DSA, ça pose aucune difficulté justement.
C'est le but d'avoir le digital services Isaac dont on parlait tout à l'heure. Oui, c'est le le règlement européen, on peut dire, on pourrait dire une loi européenne disons pour simplifier qui concerne les contenus, le caractère illicite des contenus. Et parmi ce caractère illicite, bien sûr, il y a la pornographie et euh et le fait que ce soit un règlement fait qu'il est uniforme pour tous les pays de l'Union européenne.
Euh après, il peut y avoir des adaptations par le droit interne, mais sur l'essentiel, il est uniforme pour tous les pays de l'Union européenne et c'est ce qui permet, enfin c'est ce qui inquiète énormément d'ailleurs les plateformes qui sont basées soit à Chypre, soit en Hongrie. Et vous parliez Antoine de la Luxembourg plateformes et les tournages il y a pas mal de pays européens qui sont dans un H quand même la Hongrie, ce pays est urbane qui se présente comme étant le berceau de la civilisation, de la rigueur et de la morale européenne qui qui poursuit les femmes qui veulent avorter mais qui est aussi un des pays dans lequels l'industrie pornographique prospère. Mais quelle hypocrisie et quel scandale moral !
Je pouvais pas m'empêcher et ben non mais vous avez raison. ici levier voilà qu'est-ce qui peut changer c'est très important parce que dans les arguments qu'on a entendu au début de de cette campagne qu'on mène avec les associations avec des avec des associations féministes avec osé le féminisme on a quand même un consortium de de d'acteurs entre nous on nous a dit ah oui mais ça de toute façon internet ça connaît pas de frontière vous n'y arriverez jamais il faut l' intéressant c'est que depuis les dernières années année, c'est on a vu que c'est un problème qui est dans chaque pays. En fait, tout le monde est confronté au même problème.
Partout, il y a des enfants, partout il y a des parents et partout il y a des états qui se rendent compte que le le la pornographie déstructure la représentation de la sexualité chez les enfants. Alors, aux Union européenne, il y a un pays qui a aussi beaucoup travaillé, c'est le le Royaume-Uni qui est très aussi mobilisé là-dessus. Et il y a maintenant suffisamment de pays.
Il y a l'Italie euh effectivement l'Espagne qui va être dans l'Espagne, la Grèce, la Slovénie je crois bien et le Danemark. Et on voit que au niveau européenne, il y a quelque chose qui est en train de s'organiser et au fait aussi quand même une plus grande sensibilité de la commission à ce sujet qu'il y a quelques années où quand même quand on arrive avec nos histoires de porno, on nous regarde on a des choses plus sérieuses à régler et organiser. Maintenant ça devient ça devient un sujet collectif.
Est-ce que sur le plan de la bataille culturelle, bien souvent les gens qui ont porté ce combat dont vous faites partie nous disent pendant des années, on a été considéré comme des mèes la morale, on disait vous êtes des mises froid que sais encore est-ce que la révolution des imaginaires est en train de s'opérer de telle manière à ce que le porno ne soit plus du côté du c'est mon expression pardon du cool mais du gloc en réalité et que reproduire y compris des scénars dans sa vie privée et intime qui sont le fait de la pornographie soit proprement gloc est-ce On est à ce moment c'est comme le tabac si je peux me par c'est comme le tabac le tabac à une époque c'était cool c'était la liberté individuel et il fallait que les femmes fument parce que c'était c'était la promotion sociale et à un moment donné tout le monde a compris que le tabac c'était dangereux et c'est devenu une question de santé publique. Et bien pour le porno c'est en train de devenir une question de santé publique. C'est ça qui est le plus important aujourd'hui.
Ce qui est dommage allons-y Michel Justine Atlant l'un ou l'autre. Non, il a fallu une génération qui soit qui soit quand même brûlée à ça. C'està dire ce qui est un peu dommage, c'est que oui, on était sans doute quelques-uns à le à le à le pressentir.
C'était pas très compliqué de le de le sentir. Mais il a fallu quand même encore une fois, comme je dis tout à l'heure, qu'on est des jeunes adultes d'aujourd'hui he qui ont 25 ans et cetera, qui ont regardé de la pornographie à partir de 12 ans et qui peuvent témoigner. Euh et donc effectivement, ce sont des jeunes.
Donc on n' plus l'air d'être vieux, réac et et pas cool quand on mène ces combats-là puisque les jeunes eux-mêmes nous disent "Mais non, effectivement, faites quelque chose. Ce n'est pas possible qu'à 12 ans j'ai pu consommer ça, que je sois devenu accro à ça, que j'ai des problématiques dans ma représentation de mon corps, de ma sexualité tout." Vous parlez d'une génération brûlée ou sacrifie sacrifiée.
C'est vrai que c'est quand même le cas et c'est toujours un peu dommage d'en arriver à ça et qu'on puisse pas faire confiance à un espèce de risque de précaution qui est facile quand même à appréhender sur ces sujets-là. pour un maintenant fa attention sur c'est comme on l'a dit avec comment coexiste mit tout et ça euh sur les combats qui sont quand même de près au de loin quand même que touche la liberté de la femme et cetera, c'est très facilement réversible hein donc rien n gagné et il faut continuer effectivement à avancer parce qu'il y a une lame de fond qui peut être présente et la maltraitance de la femme l'objet sexuel qu'elle est voilà est quand même très ancestral et peut revenir assez facilement vous ou je voulais revenir sur la bataille culturelle que Antoine évoquait parce que moi je suis né dans les années 80 et dans les années 80 à 19h45, le samedi, euh il y avait une émission qui s'appelait la Pléette et elle venait et elle se déshabillait. Il y avait un parter d'hommes qui hurlaiit et cetera et c'était considéré comme quelque chose de cool en fait.
Sauf que nous les enfants, on voyait ça, on avait 6 7 ans à 19h45. C'est quand même une heure de grande écoute. Oui, c'était juste avant le JT.
Effectivement, Cocol, il y avait pas de il y avait pas de débat sur le fait est-ce que c'est bien ou pas. on les a intégré et aujourd'hui moi je suis content de voir que on est sur ce plateau et qu'on en discute pas seulement sur le volme si on prend les vous parlez du Royaume-Uni, je vous redonne la parole mais si on prend les certains tabloïdes, il y avait une photo de femme nu en page 2 ou tr et c'est et ça fait pas si longtemps que ça a été que ça a été abandonné ça. Oui.
Et et donc je pense que ce qui est ce qui est important c'est qu'on ait ce débat pas seulement au niveau du droit, même si je comprends bien l'importance que le droit peut avoir pour consolider, pour conforter et parfois même pour devancer un certain nombre de d'évolutions. Mais c'est pas que le droit qui va résoudre ces problèmes là. La bataille culturelle est aussi très importante.
Et quand je vois l'impact d'une série comme adolescence, les quatre épisodes euh qui ont fait euh changer les conversation je pense dans les maisons et c'est dans les maisons dans les mais peut-être expliquer pour celles et ceux qui l'ont pas vu. C'est c'est une une série britannique, je crois, qui qui raconte l'histoire d'un d'un jeune garçon qui enfin, je veux pas spoiler, mais qui est soupçonné d'avoir d'avoir tué l'une de ses camarades de classe et effectivement, on se rend compte que il a été bibronné un certain nombre de de contenus violents. Bon voilà, je je résume, je simplifie un petit peu.
Oui. Et en fait, moi je pense que il y a des choses que le droit peut faire mais sur cette partie- làà il doit continuer d'occuper sa place mais il faut aussi qu'il soit complété par des instruments culturels qui permettent de rentrer dans l'intimité des foyers que le droit ne peut pas faire et ne doit pas toujours faire. Et euh et c'est bien que euh on rappelle cette dimension variable en fait.
Vou Ouais. qu'on reparle un peu des des moyens euh parce que ça fait partie des euh des arguments donnés par les sites pornographiques. Alors, on l'a montré dans notre sujet d'ouverture.
Il se pose évidemment défenseur de la liberté. Ils affichaient le tableau de la Croix là, la liberté guidant le peuple sur leur site aujourd'hui. Et puis voilà ce que nous dit le vice-président chargé de la conformité chez le propriétaire de deux des principaux sites pornographiques.
Mon nous ne voulons pas nous ne recueillerons pas les informations d'identification personnelle de nos utilisateurs. Il s'agirait là d'une énorme violation de la vie privée sans compter que c'est inefficace. Donc si vous avez un système qui protège les enfants, qui fonctionne réellement et qui protège la confidentialité des données des utilisateurs, le problème de la vérification de l'âge sera résolu.
Et la seule solution que nous envisageons et qui satisface ces deux critères est une vérification de l'âge sur l'appareil directement. Vérification de l'âge sur l'appareil directement et critique consiste à dire que le système qu'on leur propose est inefficace. Justine Atlant, qu'est-ce que vous leur répondez ?
Euh ben c'est inaudible, c'est inoubli parce que Mais oui, bien sûr, c'est leur argument depuis toujours de dire "On peut pas faire, ça n'existe pas, c'est pas possible." Alors, c'était peut-être entendable il y a 10 ans mais évidemment aujourd'h savoir que évidemment que au niveau gouvernemental, institutionnel français, il a été vraiment question de sécuriser ces systèmes. Évidemment, c'était un enjeu énorme.
On a travaillé protéger l'anonymat a été il faut se souvenir que l'ACNIL était contre au départ he les systèmes de vérification parce que justement elle considérait que ça ne protégeait pas la vie privée les données personnelles. Donc l'acné a été plutôt un ennemi hein dans notre combat pendant très longtemps. Finalement, petit à petit, l'ACNIL a compris les enjeux et s voilà, s'est rapproché, a fait un travail avec l'ARCOM de vraiment de pour trouver une solution qui protège vraiment les données personnelles.
Les données personnelles ne sont pas collectées du tout par les sites pornographiques, ne sont à aucun moment stocké même par le soi-disant en tiers de confiance qui juste les voit passer mais ne les stock pas. Donc en fait les seuls qui sont qui qui ont les données personnelles, c'est ceux qui les ont déjà, ce sont les représentants de de l'État hein, qui sont garant identités, qui les connaissent, qui vont pouvoir à certain moment donner un un voilà une espèce de jeton de majorité qu'on pourra ensuite utiliser pour demander au site pornographique de nous ouvrir les portes quand on est majeur. Donc tout ça tout ça est extrêmement travaillé, sécurisé.
Donc c'est vraiment pas une question et c'est vraiment se moquer du monde que d'entendre ces sites-là qui à mon avis malmettent déjà pas mal les données personnelles de leurs clients puisque c'est de ça qu'il vivent. L'hypocrisie, elle est quand même d'accord dans leur modèle économique comme ils sont gratuits la public en permanence les données, ils ne vivent que de ça. Alors subitement ça devient leur sujet, ils deviennent les gars de ça.
Alors effectivement, on comprend bien, moi je comprends bien que leur leur sujet aujourd'hui c'est d'avoir l'air d'être du côté des internautes et de leur dire mais nous on protège à tel point qu'on est prêt à se couper de votre marché pour protéger vos données. Ce qui fait que quand ils reviendront sur le marché, parce qu'évidemment ils vont revenir, ils vont pas se priver de leur deuxè ou troisème marché qui est la France, ils vont dire "Bah regardez, nous on est vos défenseurs, donc la solution de vérifierage qu'on vous offre, elle est la plus garante de vos droits et cetera et donc je pense qu'ils espèrent bien finalement recollecter à nouveau tous leurs clients quand ils reviendront." C'est pas une colle Michel Séj combien peuvent-ils gagner par jour ? parce que là ils ont fermé ils ont fermé leur contenu aujourd'hui.
Moi je fais le pari que que dès demain peut-être après demain ça sera de retour parce queils perdent beaucoup d'argent. Je ne sais pas c'est une colle. Ouais.
Euh j'ai pas de j'ai pas de chiffre à produire mais effectivement quand on a 7 millions pour Pornhub, je crois que c'est 7 millions d'utilisateurs unique par mois euh et dont alors il je crois comprendre que c'est la moitié qui sont des enfants de 12 ans. Euh enfin et après je sais pas comment comment il enfin forcément il récupère des données, il y a des traceurs donc des cookies et puis après il revendent ses données mais je sais pas du tout quel est le quel est le marché qui derrière. En fait le modèle économique des sites porno, c'est la gratuité parce que c'est le flux.
C'est pour ça d'ailleurs qu' se battent autant contre l'interdiction mineure parce que l'interdiction mineure elle va réduire le flux incontestablement parce que c'est le flux et avec le flux c'est le prix auquel ils vendent les espaces publicitaires sur leur site. C'est ça leur modèle économique. Et quand on dit ce sont des menteurs incontestablement parce qu'il y a ce modèle-là et puis il y a d'autres sites plus petits qui sont dans les mêmes groupes dans lesquels il y a des abonnements dans lesquels les gens déjà payent avec une carte bleue.
Donc déjà ils recueillent des données. Ils nous font croire que ils veulent pas de données. C'est pas vrai.
Ce qui éévoquait Antoine tout à l'heure, c'est le fait de basculer du modèle gratuit à un modèle 100 % payant. Qu'est-ce que çaève qui soulève au passage une question subsidiaire sur la la le côté payant, c'est que certains producteurs productrices de X, je citais Nikita Bilci tout à l'heure, se prévalent se tarc d'une pornographie éthique. Je reprends leur terme.
Est-ce que vous y croyez ? Il y a quoi être un peu sceptique honnêtement, mais je vous soumets quand même ça parce que ça monte. Ouais.
Laurence Rossignol sur sur la gratuité le vous étiez dans cette démonstration. Non mais sur la gratuité je sais que la gratuité c'est l'oral économique. Je vais juste dire une chose sur les les contrôles d'âge.
Il y a un secteur qui ce sont les sites de jeux d'argent en ligneou qui sont interdits au mineurs. Je et ça marche très bien. Il y a un contrôle d'âge et je n'ai jamais entendu ces sites venir pleurer que il fallait ouvrir qu'il pouvaient pas le faire qu'ils y arrivaient pas.
Donc c'est quand même très spécifique euh aussi de porno cette euh cette ce discours euh sur de défenseur des libertés. Euh après sur le le le rendre les sites payants, oui pour bien oui, ça peut être une mais enfin c'est en fait je vais pas aller me mêler de savoir euh quel comment elle doit organiser l'économie des sites. Moi je fais de la santé publique.
Euh c'est ça. Euh après sur le porno éthique, il y aura pour discuter un petit moment parce que je pense qu'on est quelques-uns à être un peu perplexe. Je voudrais rebondir plutôt sur le le thème de santé publique.
Il nous reste 5 minutes. Je voudrais qu'on termine là-dessus parce que finalement on l'a évoqué en permanence en filigrane, vous parlez de génération brûlée ou ou sacrifiée. On on pense aux conséquences sur la sexualité évidemment mais il y a aussi des conséquences sur la santé mentale des enfants.
C'est ce que décrit cette infirmière scolaire qui s'appelle Samia Bounour qui a été entendue ici au Séné il y a quelques semaines. Certains enfants adolescents à un âge où ils sont en pleine construction peuvent présenter des symptomatologies variées. du traumatisme lié au fait que ces enfants et jeunes ne s'attendaient pas aux images vidéo visionnées du fait qu'il ne soi non préparés et qu'ils n'ont pas le recul suffisant jusqu'à donc ça peut conduire jusqu'à une chute des notes des difficultés de concentration qui peuvent avoir un impact fort sur leur scolarité sur leur réussite scolaire cela passe aussi parfois par du repli sur soi de l'isolement des troubles du sommeil de l'alimentation, des omnibulations avec des scènes qui reviennent en flashback à tout moment de la journée et très souvent un important sentiment de culpabilité, de honte et de dégoût.
Justine Atlant, ça fait combien d'années que vous voyez monter ce type de pathologie ou de ou de voyez de de symptômes de de famille ou d'enfants qui viennent vous voir en disant voilà ce qui est en train de se passer ? Et ben, je vais vous dire, ça fait 20 ans 20 ans parce que l'association Enfance, elle a 20 ans cette année. Donc, elle a été créée en 2005 et elle s'est créée sur ce sujet euh de la confrontation des mineurs au contenu perdantque.
Qu'est-ce que ça provoque dans le cerveau d'un d'un enfant ? Bah, un enfant, il peut pas il a pas de place dans son cerveau pour recueillir ça. Il a pas de mot, il a pas de case, il a rien.
Donc en fait, c'est ce qu'on appelle une effraction psychique. C'est comme un coup de poignard dans son cerveau. C'est d'une violence sans nom.
Euh, il ne sait pas quoi en faire. Donc c'est pour ça que c'est un traumatisme, c'est qu'il reste figé avec ça. Il ne peut le mettre à aucune place.
Donc ça continue, ça l'occupe, ça l'envahit. Hm hm. Euh ce que ce que l'infirmière a relaté évidemment est très juste.
Elle a il y a des choses qu'elle a pas mentionné qui sont comment on se'en rend compte que des enfants étaient exposés à ça ? C'était la question que j'allais vous poser. Et alors effectivement, il y a ce qu'elle a évoqué qui sont des changements bon que tout un parent peut voir chez un enfant et se poser la question de pourquoi.
Il y a évidemment des cauchemars, des choses comme ça. Il y a souvent des dessins. Par exemple, quand un enfant commence à faire des dessins ou à caractère très sexuel, euh souvent ça montre qu'il a vu des des images et la seule façon de de l'exprimer, c'est de le dessiner.
Euh, il y a aussi et c'est ça se ça se constate de plus en plus dans les écoles, des enfants qui vont avoir des comportements très sexués, c'est-à-dire qu'ils vont euh mimer en fait ce qu'ils ont vu parce que c'est la seule façon à nouveau de s'en débarrasser et de l'exprimer, de le manifester. Et donc, ils vont avoir des comportements avec d'autres enfants à caractère très très sexuel, voir un peu d'agression sexuelle. Et souvent effectivement, c'est la manifestation du fait qu'ils ont été confrontés à ces images et qu'ils ont besoin de l'exprimer.
Ils savent pas de mots pour ça parce qu'ils savent pas ce que c'est et qui doivent le faire de cette façonlà. Voilà. Mais dans tous les cas, c'est une violence vraiment inouie parce qu'encore une fois, c'est pour ça que ces contenus sont dit adultes et sont réservés aux adultes et les adolescents ça d'autres impacts.
Mais chez les enfants petits, c'est vraiment dramatique. Il y a un lien avec l'augmentation des avec l'augmentation des mineurs auteurs de violence sexuelle. Voilà, c'est ils parfois c'est parce qu'ils sont victimes eux-mêmes, mais être exposé à des images pornographiques, ça fait de l'enfant une victime de violence sexuelle.
Merci beaucoup à toutes et à tous d'avoir participé à à ce débat et je vous dis à bientôt sur sur Public Sénat. Oh.
Laurence Rossignol