Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre des Pays-Bas, Rob Jetten.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le Premier ministre, cher Rob, mesdames messieurs, je suis très heureux d'accueillir aujourd'hui à Paris quelques jours après votre son investiture, monsieur le Premier ministre. Soyez le bienvenu dans cette maison et c'est un un un réel plaisir et un honneur d'accueillir un Premier ministre après la formation de son nouveau gouvernement aux Pays-Bas qui plaide pour une Europe forte, plus autonome dans les domaines stratégiques, plus compétitive, mais également protectrice de ses valeurs, de ses citoyens. Au fond, euh, un Européen engagé et qui croit dans cette voie d'indépendance et de progrès.
Alors, évidemment, nous allons ensemble aborder les grands dossiers internationaux. D'abord, la situation, euh, au Proche et Moyen-Orient, nous devons nous coordonner pour opérer, justement, une désescalade, à la fois protéger nos ressortissants, être aux côtés, des pays amis de la région et et participer aux missions de de sécurité maritime et de liberté de la navigation. Je veux, à cet égard, vous remercier tout particulièrement, monsieur le Premier ministre, car lorsque nous avons pris la décision de réorienter la route euh, de notre porte-avions, le Charles de Gaulle, et de réorienter avec son escorte, euh, jusque dans la Méditerranée orientale, on a eu quelques partenaires européens qui n'ont pas hésité une seconde.
Les Pays-Bas étaient là et votre frégate nous a suivis jusque en Méditerranée illustrant, à cet égard, combien les Pays-Bas sont un grand partenaire en matière de défense et en matière stratégique. Et je vous remercie de ce cette décision immédiate. Nous allons donc nous déployer en Méditerranée orientale, en mer Rouge, dans le cadre de la mission Aspides et aussi pour préparer la réouverture du détroit d'Ormuz dans des conditions qui seront, euh, évidemment, à préparer méthodiquement.
Dans cette situation, je n'oublie pas que les Pays-Bas, comme la France, sont parmi les plus importants contributeurs à la FINUL et à cet égard ont un rôle à jouer avec leurs partenaires pour mettre fin à l'engrenage dangereux auquel nous assistons actuellement au Liban et pour soutenir les efforts des forces armées libanaises. Je vais ici rappeler toute l'importance que nous attachons à la sécurité de nos forces sur le terrain et redire donc combien nous sommes aux côtés de nos partenaires, le Liban premier chef qui veut lutter pour sa sécurité et sa souveraineté a eu des messages extrêmement clairs à l'égard du Hezbollah et également combien nous souhaitons être aux côtés des Émirats arabes unis du Qatar de l'Arabie saoudite, du Koweït de l'Irak, de la Jordanie qui sont frappés directement par de nombreuses frappes et sans oublier Bahreïn et nous avons déployé beaucoup de systèmes de défense et accompagner ces pays à travers des actions appropriées. Tout ceci évidemment ne détourne pas l'Europe de l'Ukraine.
Vous étiez il y a quelques jours à peine aux côtés du président Zelensky j'ai pu m'entretenir avec lui ces derniers jours, mais nous voulons ici réaffirmer notre soutien indéfectible à l'Ukraine, à sa souveraineté notre détermination à veiller à ce que ses intérêts, comme ceux de l'Europe, soient pris en compte et préservés. Dans le cadre de la coalition des volontaires, nous nous avons fini la planification pour apporter des garanties de sécurité robustes à l'Ukraine. La priorité est maintenant de mettre en œuvre sans délai les 90 milliards d'euros de prêts à l'Ukraine que nous avons décidé au Conseil européen de décembre et de pouvoir adopter le 20e paquet de sanctions et augmenter la pression sur la Russie, comme nous continuerons de le faire à travers nos actions contre la flotte fantôme.
Au-delà de ces deux grands dossiers internationaux et européens qui évidemment sont la priorité du moment. Nous allons continuer ensemble d'aborder les principaux enjeux de l'agenda européen. La sécurité et la défense, et renforcer ce pilier européen de l'OTAN auquel nous croyons.
Je veux remercier les Pays-Bas d'avoir accepté d'engager un dialogue sur notre démarche de dissuasion nucléaire avancée qui témoigne d'une véritable convergence stratégique entre nos pays, apportera un épaulement conventionnel réciproque par le renforcement des capacités européennes en matière d'alerte avancée, de défense aérienne, de frappe dans la profondeur. Et là aussi, nous engageons une page historique de la relation. Sur la compétitivité, nous voulons continuer d'avancer sur ce chantier au combien essentiel, à la fois pour continuer à créer des emplois en Europe, mais pour renforcer notre indépendance sur le plan économique et technologique.
Et donc une Europe qui simplifie, approfondit son marché unique, une Europe qui investit, une Europe qui sait se protéger face à la concurrence déloyale, et une Europe qui diversifie ses partenariats. Cet agenda, sur lequel nous sommes revenus au moment de la retraite stratégique il y a quelques semaines, et [grognement] sur lequel nous reviendrons au Conseil européen de la semaine prochaine, nous allons en parler. Et il alimente aussi notre volonté commune de faire avancer l'union des marchés de capitaux pour que le l'épargne européenne soit au service de nos économies.
La France et les Pays-Bas peuvent aussi apporter une contribution déterminante s'agissant de la protection de nos démocraties, de nos valeurs dans l'environnement numérique. La lutte contre les ingérences étrangères en période électorale, la protection des mineurs sont des sujets d'importance, et je veux dire ici combien nous croyons l'un et l'autre à une Europe qui défend à la fois ses intérêts et ses valeurs dans l'ordre international et sur les grands dossiers du moment. Nous avons aussi vocation à parler des sujets bilatéraux et d'approfondir notre coopération bilatérale dans plusieurs domaines stratégiques, la défense, le nucléaire civil, la diversification de nos chaînes de valeur, l'investissement dans les technologies de rupture.
Et à ce titre, je souhaite que nous puissions programmer un séminaire intergouvernemental franco-néerlandais le plus vite possible après celui que nous avions tenu en avril 2023 lors de ma visite d'État aux Pays-Bas. Et ça, nous allons le préparer avec monsieur le Premier ministre. Voilà quelques-uns des grands dossiers que nous allons évoquer dans un instant, mais je veux ici redire ma très grande joie de vous accueillir, monsieur le Premier ministre, à Paris aujourd'hui et cher Rob la la volonté sincère d'avancer ensemble sur beaucoup de ces dossiers où les Pays-Bas et la France ont beaucoup à faire ensemble.
Merci d'être à Paris aujourd'hui. Merci. Je tiens tout d'abord à remercier le président Macron pour son accueil chaleureux aujourd'hui à l'Élysée.
Nous nous sommes déjà rencontrés il y a près de 3 ans lors de votre visite aux Pays-Bas. Et c'est un honneur pour moi d'être reçu à Paris aujourd'hui afin de faire plus ample connaissance. Mais je vais maintenant poursuivre en néerlandais.
Monsieur le Premier ministre parle beaucoup mieux français que je ne parle néerlandais. [rires] Merci beaucoup. Merci beaucoup pour ce bel accueil que vous nous réservez aujourd'hui.
Merci aussi de nous inviter ici alors que je viens d'être nommé Premier ministre. Eh bien, nos relations sont très étroites et nos relations sont bonnes et je pense qu'aujourd'hui, c'est plus important que jamais. Voyons un petit peu les évolutions géopolitiques.
Voyons un peu tous ces défis auxquels nous sommes confrontés en tant qu'alliés européens. Et tout d'abord, il y a la situation extrêmement grave autour de l'Iran. Aujourd'hui, ce conflit est inquiétant, préoccupant et s'étend aux autres pays dans cette région et vous les avez cités.
Les Pays-Bas appellent aussi à la désescalade et il est important que l'Union européenne prenne son rôle au sérieux et soutienne tous les partenaires dans la région. Tant que cette menace sécuritaire provient de l'Iran, l'Europe devra voir aussi comment bien se protéger, protéger ses intérêts. La République française a fait appel aux Pays-Bas pour que le Charles de Gaulle, le porte-avions, soit escorté en Méditerranée pour aller y protéger la région.
Les Pays-Bas ont accepté cette demande et nous avons envoyé notre meilleure frégate, Evertsen. Je l'ai également dit lors de ma visite à Kiev ces derniers jours. Dans ce contexte géopolitique difficile, nous ne pouvons pas oublier l'Ukraine.
Le week-end dernier, j'ai pu constater de mes propres yeux la souffrance causée par la Russie, souffrance causée en Ukraine. Mais j'ai vu aussi le courage exceptionnel des Ukrainiens. Ces gens sont déterminés à se battre pour leur liberté et donc aussi pour notre liberté.
Ils méritent tout notre soutien. Les Pays-Bas, ainsi l'Europe, doit veiller ensemble pour que l'Ukraine puisse poursuivre le combat en bénéficiant d'assez de moyens militaires et financiers. Et je tiens à dire combien j'apprécie la contribution française, cette coalition des volontaires et tout ce que vous faites aussi pour les forces armées ukrainiennes.
Les tensions de cette époque-ci nous montrent et nous prouvent que la sécurité, eh bien, ce n'est pas un bien acquis. Le président Macron plaide depuis longtemps déjà pour que l'Union européenne ait une position forte dans ce monde. Et nous devons défendre notre propre sécurité, notre propre liberté aussi.
Il est intéressant de voir que l'Europe aujourd'hui fait tout pour que la défense européenne soit renforcée et pour que nous ayons un pilier fort au sein de l'OTAN. Et merci aussi pour la proposition du président français pour renforcer euh la dissuasion nucléaire européenne. C'est un sujet euh à propos duquel nous allons très certainement échanger davantage.
Une Europe plus sûre, une Europe plus sûre ne peut être bâtie que sur une base économique solide. Avec la France, les Pays-Bas sont convaincus que notre pouvoir concurrentiel doit être considérablement renforcé. Et nous voulons être des pionniers pour arriver à cette union effectivement du marché des capitaux.
Il faut effectivement qu'il y ait des moyens financiers disponibles pour l'économie et la prospérité européenne. Nous voulons aussi œuvrer pour moins d'obstacles, moins d'obstacles et moins de réglementation inutile. Et la semaine prochaine, effectivement, il y aura un un conseil européen, il y en aura bien d'autres encore et nous allons y travailler ensemble, côte à côte.
On dit en français que l'amitié est la sympathie de deux âmes. Et c'est vrai aussi pour nos liens. Et j'espère que ce sera vrai pour les liens qu'il y a aussi entre nous deux.
Bien sûr, nous sommes différents. Mais en même temps, nous sommes proches parce que nous partageons les valeurs européennes. Et c'est comme ça que nous allons pouvoir faire énormément de choses.
Je me réjouis de notre collaboration. Je me réjouis des consultations qu'il y aura entre nos deux gouvernements, nos deux pays. Et j'espère que nous allons pouvoir contribuer ensemble à une Europe plus forte et ce dans l'intérêt de nos deux États.
Merci beaucoup. Merci mesdames et messieurs.
Emmanuel Macron