Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 12 mars 2025 24 min

Pour 2027, "il faut une gauche la plus large possible, mais sans Jean-Luc Mélenchon", affirme Martine Aubry

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons donc ce matin la maire socialiste de Lille. Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Martine Aubry, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, je vous ai présenté comme la maire de Lille. Vous l'êtes effectivement depuis 24 ans, élue depuis 30. Mais dans quelques jours, vous ne le serez plus. La semaine dernière, vous avez en effet présenté votre démission au profit de votre premier adjoint, Arnaud Deslandes. Le temps est venu de passer la main, avez-vous dit en conférence de presse. Vous nous expliquerez pourquoi vous avez pris cette décision.

Mais démissionner ne veut pas dire disparaître ou se retirer de la vie publique. Vous comptez continuer à peser sur le débat. En tout cas, on est ravis de vous entendre, vous qui êtes si rares dans les médias. Mais commençons, avant de parler de la France, par le monde tel qu'il va depuis l'élection de Donald Trump. Nos points de repère historiques vacillent. Brutalisation, bras tordus à l'Ukraine. Guerre commerciale, déclaration critique. Et on est très poli du président américain à l'égard des Européens. Que ressentez-vous Martine Aubry face à cette nouvelle donne ? Vous êtes sidéré, branlé, révolté ? Ou voyez-vous quelque part peut-être une lueur d'espoir ?

1:34
Martine Aubry

D'abord sidéré. Parce qu'actuellement, Trump, avec ses décisions qui changent souvent dans la journée d'ailleurs, il met à bas l'ordre public mondial qui existait depuis 1945. Et surtout, on assiste à un effondrement du multilatéralisme. Mais pas seulement sur la défense. Aussi sur la santé, quand il sort de l'OMS. Aussi sur le climat, quand il sort de l'agenda 21. Quand il supprime la recherche, il sort aussi de l'UNICEF et autres. Le multilatéralisme, c'est quand même des pays qui se disent « Nous allons ensemble affronter des enjeux communs ». C'est majeur. Et c'est cela qui est en train d'être à un moment où l'Europe vacillait et où j'espère qu'elle va pouvoir se reprendre.

Vous espérez ? J'espère, oui. Je soutiens à cet égard ce que fait le président de la République. Parce qu'on n'a vraiment pas le choix. Et on va sans doute parler de la guerre en Ukraine. Je pense que c'est la priorité des priorités pour l'Europe. Mais il y a beaucoup d'autres choses à faire sur le pacte vert, sur la réindustrialisation de l'Europe. Au-delà de cette politique de défense commune que la France réclame depuis des années et que peut-être enfin, même si la Hongrie n'est pas d'accord, on pourra réaliser.

2:48
Présentateur

On va en parler, mais un mot sur la personne, le style, la politique et l'entourage de Donald Trump. Quel regard vous avez sur Donald Trump et sur ces milliardaires de la tech qui l'entourent ? C'est quand même cet attelage-là qui a été confortablement élu par les Américains. C'est exact.

3:02
Martine Aubry

Alors, pourvu que ça change, c'est d'abord la première chose que je dirais. Moi, j'ai parfois l'impression... Pas tout de suite que ça va changer. Pas tout de suite. Oui, mais pourvu que ça change, que l'opinion se rende compte des choses. Parce que dans le fond, on a souvent l'impression d'assister à quelque chose de virtuel qui n'existe pas. surtout que la brutalité de ces annonces, quelques heures plus tard, il y a la même brutalité en sens inverse où il abandonne une décision qu'il a faite encore hier sur le Canada où il leur annonce des droits de douane de 50% sur l'acier et l'aluminium pour revenir dessus quelques heures plus tard.

Bon, donc, cet homme est inquiétant, est très inquiétant et il est entouré du monde de l'argent et puis de Vance, qui est quand même quelqu'un qui va profondément anti-européen, c'est-à-dire anti-démocratique, n'aimant pas un modèle qui ne met pas l'argent, les finances au premier rang de tout. Donc, c'est assez terrible et personnellement, je suis très contente que Musk commence à subir les conséquences, je dirais, de ses positions hallucinantes. Il est tapé au portefeuille, là. Oui, il est tapé au portefeuille et la bourse, peut-être que c'est la seule chose qui peut toucher, d'ailleurs, Trump, la bourse, la bourse qui s'effondre.

Et puis, ils se rendent compte que les Américains commencent, eux aussi, à se rendre compte que les droits de douane qui augmentent, ça va être une inflation encore plus grande, alors qu'on sait bien que le pouvoir d'achat, c'est aujourd'hui leur problème essentiel, un risque de croissance moindre, etc., etc.

4:24
Présentateur

Qu'est-ce qu'on doit faire face aux droits de douane qui augmentent des Américains ? Il faut tendre l'autre joue, il faut être aussi dur,

4:31
Martine Aubry

il faut faire quoi ? Il faut faire la même chose. On ne fait pas la guerre aux Etats-Unis, mais on doit être à la même hauteur. Des quotas, des droits de douane, tous les outils qu'on a utilisés, d'ailleurs, pour les voitures électriques chinoises, on doit les mettre en place. Mais l'urgence de l'urgence, c'est la politique de défense commune. Oui, oui, allez-y.

4:51
Présentateur

Nicolas, allez-y. On a un code avec Léa. Oui, j'ai compris. En interview, on se montre... C'est pour ça que je me suis tuée pour vous laisser la parole, Nicolas. Des chiffres. Donc là, c'est la 2, Nicolas. Oui. Alors justement, comment jugez-vous la riposte de l'Union Européenne et de la France ? 800 milliards, dit Ursula von der Leyen, pour réarmer l'Union Européenne. Emmanuel Macron, qui annonce aussi augmenter encore les budgets de la défense. Il a des propos aussi, le président de la République, sur l'extension de la dissuasion nucléaire. Et les mots historiques, comment vous les avez reçus ? Ces mots historiques du futur chancelier allemand. Est-ce que tout ça va dans le bon sens ?

Est-ce qu'il faut aller vers une Europe de la défense à 27 ou avec ceux qui veulent bien, quitte à assumer une Europe à plusieurs vitesses ?

5:44
Martine Aubry

Ce n'est pas la première fois qu'on demande. En tout cas, moi, j'ai toujours été favorable. Mon père l'a souvent soutenu. Qu'il y ait une Europe qui avance et puis qu'il y ait des accords de coopération avec les autres. Là, je crois réellement que tout le monde, à partir du moment où l'Allemagne, qui est peut-être le pays qui attendait le plus du parapluie américain, avec les Pays-Baltes, avec le Danemark, à partir du moment où le nouveau chancelier, dans sa coalition, commence à nous dire je vais mettre 200 à 400 milliards sur la politique de défense et je suis d'accord pour faire une politique de défense commune, je ne dirais pas c'est gagné, mais c'est vraiment un pas considérable.

Et il y a eu ces trois, aussi bien l'anglais, le français et l'allemand, qui sont partis en avant. Moi, je pense que Mme von der Leyen a fait très rapidement, elle a dégainé un plan, c'était très important, 800 milliards d'euros. Il faut y aller. Après, il faudra peut-être parler du financement. On va parler du financement. Mais juste peut-être dire qu'il faut aller très vite parce qu'on voit bien que si... Hier, il y a eu une amorce de paix. De trêve. En tout cas, une amorce peut-être de paix par une trêve aujourd'hui. Attendons de voir ce que va nous dire Poutine. Et de toute façon, il faut continuer à armer profondément les Ukrainiens. Car aujourd'hui, Poutine n'a pas gagné.

Il a pris 20% du territoire, mais on le voit bien. L'aide américaine, qui a été remise soi-disant hier soir, on verra, ça peut encore changer, a permis aux Russes de reprendre une partie de leur territoire. Donc, il faut continuer à aider l'Ukraine de manière extrêmement forte. Il faut cette politique de défense commune. Et puis, il faut faire ce qu'a fait le président hier, c'est-à-dire qu'il faut préparer une force qui sera sur le terrain et qui permettra de s'assurer, s'il y a un accord de paix, que c'est une paix juste, durable. Donc, envoyer des troupes, vous y êtes favorable.

7:32
Présentateur

Donc, envoyer des troupes. Des soldats français, entre autres, qui iraient à la frontière, surveiller que le cessez-le-feu est respecté, vous y êtes favorable. Vous parliez du financement face à cette nouvelle donne internationale et européenne. Face à l'état aussi de nos finances publiques, Martine Aubry, est-ce qu'il va falloir faire des sacrifices si on veut augmenter les budgets militaires, si on veut mettre plus d'argent dans l'armement ? Et est-ce qu'il faut dire simplement aux Français qui nous écoutent, il va falloir travailler plus et plus longtemps ?

7:59
Martine Aubry

Moi, d'abord, je voudrais vous dire, quand j'ai entendu le président de la République, la première partie, bon, certes, elle était sombre et inquiétante, mais je crois qu'il a raison parce qu'avec Trump, on ne sait jamais un jour entraîner l'inverse de la veille. Mais, en revanche, la fin de son intervention, quand il dit j'attends des propositions des Français, c'est un côté un peu presque ridicule, mais quand il a dit qu'il n'y aura pas d'augmentation d'impôts, il va falloir faire des économies. Aujourd'hui, on ne peut pas faire d'économies dans deux domaines.

Les services publics qui vont très mal, que ce soit l'éducation, l'hôpital, je dirais même la justice et la police, et on ne peut pas en faire non plus sur le climat parce que, alors que les États-Unis renoncent, il va falloir que, là aussi, l'Europe aille plus loin dans le plan climat et notamment dans le fonds social climat pour aider ceux qui n'ont pas les moyens effectivement d'y aller. Alors où on prend l'argent ? Eh bien, aujourd'hui, je pense qu'il faut une augmentation des impôts là où l'argent est là. Je ne l'ai jamais dit. Chez les plus riches ? Oui, chez les plus riches, notamment les entreprises.

100 milliards de dividendes et de rachats d'actions qui ont été, cette année, versés par les entreprises du CAC 40. Alors, je ne dis pas qu'il faut des mesures définitives, mais il faut néanmoins des mesures. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire des économies dans certains domaines. J'essaye toujours de bien gérer là où je suis. Mais ça ne pourra pas suffire.

9:19
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas un peu facile, Martine Aubry, de dire, bon, il manque de l'argent, on va aller taper les entreprises et les plus riches ? Et faire des économies. À un moment où, de l'autre côté, Donald Trump, lui, baisse les impôts sur les entreprises et favorise les plus riches, est-ce qu'on ne risque pas d'accélérer aussi le déclassement de l'Europe par rapport aux Etats-Unis en taxant les entreprises ? Mais est-ce qu'on est déclassé

9:41
Martine Aubry

parce qu'on a moins d'inégalités ? Aujourd'hui, les Etats-Unis, on sait bien pourquoi, la candidate démocrate, qui aurait beaucoup de raisons, a dit, a perdu, mais notamment parce qu'il y a un problème de pauvreté, un problème de pouvoir d'achat qui va s'accélérer avec les mesures de Trump. Est-ce que nous, l'Europe, justement, le message de l'Europe que critique tant Vance, c'est justement réduire les inégalités, foncer sur le climat et travailler beaucoup plus tous ensemble dans les domaines majeurs, par exemple la défense ou bien la recherche, la réindustrialisation de l'Europe. Moi, je crois que ce sont cela aujourd'hui. Un autre modèle.

10:17
Présentateur

Les partenaires sociaux, vous le savez, continuent à débattre en conclave sur les retraites, mais d'ores et déjà, le président du corps, Gilles Berset, a estimé dans un article que l'entrée, je le cite, l'entrée progressive dans une économie de guerre rendra secondaire sinon dérisoire, les débats actuels sur l'âge légal à 64 ans. La question deviendra plutôt comment augmenter rapidement cet âge au-delà de 64 ans. Qu'en pensez-vous, Martine Aubry ? Honnêtement, est-ce qu'on peut se permettre de revenir à 62 ans dans le contexte actuel ? Est-ce que vous pensez que c'est tenable que le PS a raison de s'accrocher à ce totem ?

10:56
Martine Aubry

Alors, d'abord dire que ce n'est pas parce qu'on a la guerre en Europe, parce que la guerre est déjà en Europe, qu'il va falloir revenir en arrière sur tous les progrès et Dieu sait s'il n'y en a pas eu sous la présidence actuelle de Macron. C'est trop facile là aussi de dire ceux qui vont déjà mal n'ont qu'à se serrer la ceinture. Donc, d'abord je pense que Gilles Berset, que j'apprécie comme économiste, même si je ne suis pas toujours d'accord, aurait bien fait de ne pas sortir ce texte aujourd'hui. Bayrou avait déjà dit vous avez toute liberté puis après il a envoyé une lettre au partenaire en leur disant vous devez faire l'équilibre en 2030. Il faut savoir ce qu'on veut.

C'est vrai que ça fait 7 ans que les partenaires sociaux sont méprisés. Là, on leur a redonné la main. Laissons-les négocier. Alors, s'il devait y avoir comme le demandent certains, parce que moi j'ai toujours pensé que ce n'était pas un âge coup près qui était important, mais le nombre d'années travaillées. En pensant par exemple que ceux qui ont fait des emplois pénibles leur année pourrait compter 1,2 ou 1,3 ce qui permet de laisser plus de flexibilité et les gens finalement choisissent aussi est-ce que je veux une retraite plus importante ou est-ce que je veux partir plus tôt. Voilà, ça allie à la fois l'intérêt.

Je rappelle que la première réforme des retraites faite par Marisol Touraine, nous l'avions préparée au PS quand j'étais première secrétaire car en effet il fallait prendre des mesures mais la mesure coup près de 64 ans pose vraiment d'énormes problèmes aux femmes et aux personnes qui ont eu des emplois pénibles. Vous dites que ça pose problème mais vous ne dites pas forcément si on vous entend ce matin

12:27
Présentateur

il faut revenir aux 62 ans.

12:29
Martine Aubry

Non parce que je ne vais pas moins faire comme Gilbert Sette ou comme Bayrou et dire aux partenaires sociaux voilà ce qu'il faut faire. Je dis c'est sur la table et pour cela bien sûr il faut trouver d'autres ressources.

12:39
Présentateur

On est bien d'accord. On voulait vous entendre aussi Martine Aubry ce matin sur la montée du Rassemblement National qui monte qui explose dans votre région mais aussi en France partout avec des scores historiques. Qu'est-ce que les partis de gouvernement de gauche de droite du centre ont collectivement raté ? Quand vous entendez certains disent c'est la faute de la gauche c'est elle qui a perdu les classes populaires au profit de la défense des minorités. C'est ça l'explication de la montée du RN ou la vraie explication ? Vous répondez quoi ?

13:06
Martine Aubry

Je répondrai deux choses. La première c'est la faute de tous les partis politiques républicains. Pourquoi aujourd'hui les Français ne nous écoutent plus ? Parce qu'ils ont l'impression qu'on ne les entend pas qu'on ne connaît pas leur situation ou qu'on n'a pas de réponse à leur apporter. Que finalement les politiques ne sont là que pour leurs propres ambitions personnelles. Voilà. Donc ils vont vers les extrêmes mais ils vont vers le RN ils vont aussi vers les filles même si bien évidemment je ne fais absolument pas le lien entre les deux parce qu'ils pensent qu'en criant fort ça ira mieux. Alors le RN il monte et aujourd'hui qui fait monter le RN ?

Un parti politique au pouvoir quand il explique que le problème majeur des Français c'est l'immigration. Est-ce que vraiment aujourd'hui en montant chaque drame chaque drame où un malade un fou terroriste envoie un coup de couteau dans le ventre de quelqu'un est-ce que réellement ce sont toutes les personnes d'origine étrangère dans notre pays qui en sont responsables ? Sauf que c'est monté tellement que finalement les Français notamment ceux qui ne vont pas bien se disent c'est eux les responsables de ma situation. Voilà. Donc on est tous responsables.

14:11
Présentateur

Vous savez ce que vous répondrez François Bayrou ou Bruno Retailleau s'il était en face de vous et vous dirait vous voulez à nouveau mettre sous le tapis le problème de l'immigration

14:18
Martine Aubry

en disant ça ?

A partir du moment où c'est une préoccupation des Français l'immigration il faut le traiter mais il ne faut pas le traiter en reprenant les mots je ne reviens pas sur la submersion je laisse Bayrou de côté parce que je pense que c'est un homme qui a une certaine humanité voilà mais quand j'entends Retailleau ou même Gérald Darmanin ou quand j'ai entendu Gabriel Attal Premier ministre faire son discours de politique générale reprenant les mots du Rassemblement National ça fait monter le RN ça le met dans le débat extrêmement classique et normal donc pour cela il faut des réponses aux Français il faut traiter les problèmes de l'immigration parce qu'il y a des problèmes aux frontières parce que Frontex ça ne marche pas très bien au niveau européen parce que nous ne savons pas intégrer correctement et il faut renvoyer évidemment ceux qui ne respectent pas les règles dans notre pays et essayer de les renvoyer au mieux c'est pas simple je crois qu'il faut le dire simplement tous les gouvernements se sont heurtés par rapport à cela donc il faut traiter le problème de l'immigration mais pas comme il l'est aujourd'hui parce que c'est un faux sujet

15:20
Présentateur

Venons-en donc à votre ville de Lille cette décision de passer la main à votre premier adjoint Arnaud Deslandes vous aviez du mal à cacher votre émotion en expliquant votre décision le temps est venu de passer la main à une nouvelle génération avez-vous dit cette décision de partir avant le terme de votre mandat qui est en 2026 Martine Aubry quand l'avez-vous prise et comment s'est-elle imposée à vous ?

15:49
Martine Aubry

D'abord l'émotion que j'ai eue c'était pas parce que je partais c'est parce que je regardais les personnes que j'aime avec qui j'ai travaillé depuis 20 ans nous formons une équipe extrêmement soudée et en regardant une d'entre elles notre sénatrice que j'apprécie beaucoup ça m'a donné un coup d'émotion voilà en revanche j'étais très sereine parce que depuis le début du mandat je me suis dit je resterai jusqu'à la fin ou je partirai un an avant pour faire connaître mon successeur Arnaud Deslandes qui est un homme qui connaît parfaitement Lille et qui a une belle vision et qui défend surtout les valeurs de solidarité un peu comme j'ai toujours essayé de le faire pourquoi partir un an avant ?

Pour qu'il se fasse connaître mais j'avais moi-même je m'étais mis des conditions c'est-à-dire qu'on ait terminé les engagements qu'on a pris dans ce mandat pour les Lillois ça y est pratiquement tout est fait ou en train d'être terminé qu'on ait une belle équipe c'est le cas et qu'on se mette d'accord entre nous pour effectivement choisir le candidat qui viendra demain c'est chose faite et donc pour moi c'est une certaine sérénité je ne peux pas vous dire que je n'ai pas un pincement au cœur je vais rester à Lille mais c'est chose faite et je pense que c'est comme ça qu'on gardera une ville à gauche on a besoin de cette gauche

16:57
Présentateur

alors justement entre vous et Pierre Moroy ça fait 50 ans que la ville est acquise au PS et avant le PS c'était la SFIO vous ne croyez pas que le temps de l'alternance

17:08
Martine Aubry

est venu ?

non mais on n'a personne en face qui est capable cette ville elle est compliquée vous avez la gardée la ville non non mais c'est surtout pour les Lillois que je parle vous savez on a 6 quartiers sur 10 qui sont des quartiers en difficulté j'ai choisi dès le début en 2001 de garder les catégories populaires dans la ville ce que la plupart des grandes villes n'ont pas fait en les envoyant en banlieue nous avons métamorphosé ces quartiers nous sommes une ville avec une très grande diversité culturelle sociale il y a des gens très riches il y a des gens très pauvres générationnels et on arrive à bien vivre ensemble et pour moi c'est comme une micro société comme si en France on arrivait à bien vivre ensemble et c'est très très important c'est pour cela que je dis je ne vois pas comment ou alors cette ville changerait profondément nous n'aurions plus ce vivre ensemble on a réussi à l'image de la ville mais la réalité a changé on en a fait une belle capitale rayonnante culturelle moi quand je suis arrivée Pierre Moroy me disait c'est encore une belle endormie vous avez un regret sur votre bilan oui on a toujours des regrets le logement oui le logement parce qu'il y a toujours des mal logés et que nous sommes pratiquement la seule grande ville dans la métropole à construire des logements ça nous a été beaucoup critiqué d'ailleurs par les écologistes mais moi je pense puisqu'il y a un débat aujourd'hui à l'assemblée sur cette question là qu'il faut construire dense dans les coeurs de villes pour éviter justement d'aller toucher les terrains agricoles la nature etc donc oui on n'est pas aidé par la politique nationale et bien qu'on ait construit 30 000 logements et qu'on en ait rénové pratiquement autant il en manque et puis la sécurité voilà la sécurité parce qu'il y a un gros problème de drogue dans la ville et je me bats sans être entendu pour obtenir plus de policiers nationaux depuis que je suis maire

18:55
Présentateur

vous avez dit je ne prends pas ma retraite politique je vais continuer à m'exprimer autant sur le plan national qu'international sur le plan national il y a à dire Martine Aubry vous êtes éloignée des intrigues parisiennes et de la popole comme vous dites mais quand même ça continue vous voulez peser vous entendez peser notamment vous avez appelé Olivier Faure pour au moment de la censure de ne pas censurer François Bayrou vous l'avez dit dans le monde il y a un congrès au PS en juin prochain ça ne vous a pas échappé non la question vous saoule déjà je sais je sais mais tout de même vous allez faire entendre votre voix votre choix vous avez déjà choisi

19:29
Martine Aubry

moi ce que je souhaite c'est que le parti socialiste et je pense d'ailleurs qu'il y a un petit regain de crédibilité actuellement justement j'étais ravie que Olivier comme Boris Vallaud d'ailleurs décide finalement de ne pas voter la censure aussi bien sur la déclaration de politique générale que sur le budget c'est vrai que j'ai beaucoup oeuvré pour cela parce que c'est pas au moment où tout le monde va mal où les français sont inquiets et veulent un peu d'apaisement qu'il faut en rajouter non pas qu'on soutienne la politique de Bayrou son budget contre lequel on a voté d'ailleurs mais parce que je pense qu'il faut laisser un peu de temps dans cette période et c'était même avant toutes les folies de Trump voilà maintenant le congrès il ne faut pas refaire le congrès de Marseille où il y avait les hollandais d'un côté ceux qui se disent socio-démocrates comme si et les partisans d'Olivier Ford d'autre côté on y est pourtant non ?

bah oui alors c'est ce qu'essaye de faire aujourd'hui Boris Vallaud en disant réconcilions-nous réconciliation et doctrine oui on aurait pu s'y mettre un peu plus tôt sur la doctrine voilà Boris Vallaud ferait un bon premier secrétaire ? je ne réponds pas à cette question très bien autrement je m'en vais non non

20:37
Présentateur

je ne ferai pas ça et sur Jean-Luc Mélenchon vous le connaissez bien sera-t-il candidat quoi qu'il arrive il avait je le rappelle réuni 22% des voix en 2022 le PS moins de 2% le rapport de force peut-il s'inverser ?

20:54
Martine Aubry

alors moi très franchement je pense qu'à les filles maintenant c'est plus possible c'est plus possible à cause de Jean-Luc Mélenchon moi je ne critique pas les militants ou encore moins ceux qui votent pour eux parce que je le disais tout à l'heure l'exaspération fait qu'on a envie de voter pour ceux qui parlent les plus forts même si ce qu'ils disent n'a aucune chance d'arriver mais Jean-Luc cette brutalité cette façon permanente d'être dans la provocation de ne pas respecter les institutions ce n'est pas possible on a fait un accord électoral le président de la république n'a pas voulu reconnaître que cet accord a permis à la gauche d'être en numéro 1 même si elle n'a pas gagné je crois qu'aujourd'hui il faut regarder le fond des projets il faut effectivement une gauche la plus large possible mais pas avec Jean-Luc Mélenchon qui se présentera de toute façon s'il ne change pas et je ne pense pas je le connais depuis très longtemps qu'il changera

21:47
Présentateur

une question d'auditeur non en fait ce sont deux déclarations d'auditeurs Dagui bonjour la démission de Martine Aubry laisse-t-elle présager c'était une question une candidature à la présidentielle de 2027 en tout cas j'adhère à l'idée et Brigitte Martine présidente voilà

22:08
Martine Aubry

écoutez c'est très gentil c'est à la hauteur de ce que j'entends dans la ville franchement je suis très touchée des merci des petits cadeaux voilà de tous les ces jours-ci sont très émouvants voilà beaucoup plus que la décision que j'ai prise d'abord je ne pense pas que les français aujourd'hui pensent à la présidence de la république sauf pour éviter le RN je pense qu'ils ont d'autres préoccupations et moi de toute façon je ferai tout pour aider à ce qu'on ait un candidat socialiste ou d'une gauche qui se colte au réel et qui défend ses valeurs mais évidemment je ne serai pas candidate pensez-vous qu'il y aura un jour une femme présidente de la république la question se pose parce que moi je me souviens au moment où nous avons fait les primaires avec François Hollande il y avait plein de gens qui me disaient vous savez ce qui serait bien c'est François Hollande président et vous premier ministre pour faire le travail cool voilà vous avez rétabli les comptes de la sécu sympa oui oui donc les femmes ont fait confiance aux femmes parce qu'elles sont plus proches du réel je pense elles ont peut-être moins d'égo voilà donc elles font le boulot mais pour le job de président il faut quelqu'un voilà qui représente la France il vaut mieux un homme voilà ça reste encore je pense un vrai sujet quand je vois les attaques auxquelles Anne Hidalgo a été la victime je vois combien c'est difficile encore même si moi je veux reconnaître que j'ai pas eu trop d'attaques de cette manière

23:31
Présentateur

merci Marcine Aubry d'avoir été au micro-dentaire ce matin

23:35
Martine Aubry

merci à vous de m'avoir invité