Jean-Baptiste Lemoyne salue l'"espoir qui se lève" en Algérie
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous félicitez de cette décision ?
- 0:46RelanceRéponse partielle
L'espoir qui se lève aujourd'hui, pour reprendre l'expression que vous venez d'utiliser, c'est le même espoir qu'il y a une semaine, deux semaines ou trois semaines lorsque les manifestations ont débuté. Pourquoi la France n'a rien dit pour les soutenir ?
- 1:26RelanceÉludée
Qui est valable dans tous les cas de figure, dans tous les pays, quelles que soient les situations que rencontrent les pouvoirs en question.
- 1:39RelanceRéponse partielle
Par exemple, la France a condamné beaucoup plus fermement le pouvoir de Nicolas Maduro au Venezuela.
- 2:14OuverteRéponse directe
Mais il y a quelques semaines, la France avait pris note, c'était la déclaration officielle, de la nouvelle candidature d'Abdelaziz Pouteflika. Et hier, elle a donc pris note de l'abandon de cette candidature.
- 3:11OuverteRéponse partielle
Est-ce que la France va s'avancer davantage désormais ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« La France a salué naturellement cette décision. »
- 0:29Invité politiqueFait
« Il y a manifestement un espoir qui se lève, une nouvelle dynamique qui s'enclenche. »
- 1:08Invité politiqueFait
« on n'est pas dans l'ingérence. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Oui, mais je crois qu'on ne peut pas faire de comparaison entre le Venezuela de Nicolas Maduro et l'Algérie. »
- 2:10Invité politiqueChiffre
« Vous avez vu, 3 millions de réfugiés, etc. »
- 4:04Invité politiqueChiffre
« il y a un chômage des jeunes qui, je le crois, s'élève à près de 25%. »
- 4:48Invité politiqueFait
« il a pris un discours qui, justement, a eu d'ailleurs des accents très volontaristes quant à ce qu'il appelle de ses voeux en termes de transition. »
- 6:15PrésentateurFait
« Il a été élu au Sénat avant le président algérien. »
- 7:25Invité politiqueChiffre
« il y a un chômage des jeunes qui, je le crois, s'élève à près de 25%. »
- 10:34Invité politiqueFait
« l'Union européenne, elle a montré qu'elle était de bonne foi pour faire en sorte qu'on puisse arriver à un retrait ordonné. »
- 12:38Invité politiqueFait
« On parle de backstop, de filet de sécurité. »
- 13:00Invité politiqueFait
« si cet accord était accepté par le Parlement britannique, à ce moment-là, on rentre dans une phase de transition qui nous conduit jusqu'à décembre 2020. »
- 17:04Invité politiqueFait
« nous considérons que c'est un chantier qui, déjà, pardon, moi, ça fait 15 ans que j'en entends parler. »
- 18:57Invité politiqueFait
« Nous sommes membres de la famille européenne. Et donc, il y a un minimum de savoir-vivre. »
- 21:22Invité politiqueFait
« Oui, je vous confirme que ces familles, enfin, que ces personnes ont été identifiées. »
Temps de parole
- Jean-baptiste Lemoyne65 %
- Présentateur14 %
- Présentateur 210 %
- Invité9 %
- Invité 22 %
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L'invité politique de France Info ce matin est secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Renaud Dely. Bonjour Jean-Baptiste Lemoyne. Bonjour. Au bout de trois semaines de manifestations massives et pacifiques en Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a donc renoncé hier à se présenter pour un cinquième mandat. Est-ce que vous vous félicitez de cette décision ?
La France a salué naturellement cette décision. Jean-Yves Le Drian a l'occasion de s'exprimer dès hier soir. Il y a manifestement un espoir qui se lève, une nouvelle dynamique qui s'enclenche. Et vous le savez, la France a des liens traditionnels, d'amitié avec le peuple algérien. Et donc elle reste, elle a toujours été et elle reste très attentive naturellement à tout cela.
L'espoir qui se lève aujourd'hui, pour reprendre l'expression que vous venez d'utiliser, c'est le même espoir qu'il y a une semaine, deux semaines ou trois semaines lorsque les manifestations ont débuté. Pourquoi la France n'a rien dit pour les soutenir ?
Vous savez, la France elle est tout simplement attachée à un principe simple. C'est-à-dire qu'on n'est pas dans l'indifférence, loin de là. C'est pour ça que d'ailleurs on a été toujours très attentif. Mais on n'est pas dans l'ingérence. Et on le dit d'autant plus facilement que lorsque des États, parfois voisins, se sont permis de commenter la situation intérieure française, on a trouvé que ce n'était pas très de bonne alloi. Et donc par conséquent, on est relativement fidèle à ce principe qui est valable dans la diplomatie internationale.
Qui est valable dans tous les cas de figure, dans tous les pays, quelles que soient les situations que rencontrent les pouvoirs en question.
Mais encore une fois, je crois que c'est important de ne pas faire la vie politique algérienne à la place du peuple souverain algérien.
Par exemple, la France a condamné beaucoup plus fermement le pouvoir de Nicolas Maduro au Venezuela.
Oui, mais je crois qu'on ne peut pas faire de comparaison entre le Venezuela de Nicolas Maduro et l'Algérie. Le Venezuela, Nicolas Maduro, il est toujours en place alors que des élections n'ont pas été reconnues par la communauté internationale il y a plus d'un an. Et par conséquent, la communauté internationale, elle a pris un certain nombre de décisions. Et de ce point de vue-là, je crois qu'il n'y a pas la crise humanitaire qui prévaut au Venezuela. Vous avez vu, 3 millions de réfugiés, etc. Donc je crois qu'il ne faut pas comparer les deux situations.
Mais il y a quelques semaines, la France avait pris note, c'était la déclaration officielle, de la nouvelle candidature d'Abdelaziz Pouteflika. Et hier, elle a donc pris note de l'abandon de cette candidature. Oui, parce que la France n'est pas un acteur de la vie politique.
Elle prend note. Bien sûr, elle prend beaucoup de note.
Précisément sur cette attitude de la France. Ce matin, l'historien Benjamin Astora était l'un des invités de France Info. Et il explique le regard que les Algériens peuvent porter sur l'attitude de la France.
Les Algériens ne veulent pas d'ingérence. Et surtout pas venant de la France, compte tenu du poids de l'histoire. Mais en même temps, il y a, à cause notamment de la présence d'une diaspora, d'une immigration algérienne très puissante, la volonté d'une expression française de soutien, de solidarité avec les manifestants. Peut-être que les choses vont se dénouer maintenant. Avec ce retrait définitif de Bouteflika de la scène politique, peut-être que là, effectivement, il faut s'avancer davantage dans le soutien à ces grands mouvements démocratiques.
Est-ce que la France va s'avancer davantage désormais ?
Vous savez, la relation entre des pays, c'est certes des relations entre gouvernements, entre diplomatie, mais ce sont aussi des liens entre sociétés civiles. Et c'est vrai que, ça a été rappelé par Benjamin Astora, il y a une intrication de par la présence aussi d'une communauté algérienne, ou d'origine algérienne sur le sol français. Et donc, ces sociétés civiles, bien naturellement, on est à l'ère du numérique, ça dialogue, ça suit ce qui se passe. Mais encore une fois, le rôle du gouvernement français, il est tout simplement, je crois, de former des voeux de paix, de stabilité, de prospérité.
Vous savez, l'Algérie, c'est quelque part un pays-continent au sein du continent africain, tellement il est vaste, à l'ordre de la Méditerranée au Sahel. Et donc, nous avons besoin de faire en sorte que paix, stabilité, prospérité puissent être au rendez-vous pour ce grand pays.
Jean-Baptiste Lemoyne, est-ce qu'à votre connaissance, la France a la certitude que le président Abdelaziz Bouteflika, qui est toujours président ce matin, est bien en vie ? Toujours en vie ? Une partie de l'opinion algérienne en doute, on ne l'a pas vue en public depuis des années. Il y a eu des vidéos publiées hier, mais à partir du moment où personne ne le voit en chair et en os, on peut encore en douter, non ?
Il est manifestement revenu de Genève hier. On a vu un avion et une voiture. Il a pris un discours qui, justement, a eu d'ailleurs des accents très volontaristes quant à ce qu'il appelle de ses voeux en termes de transition. Et je crois que maintenant, c'est tout ce processus qui va se dérouler et auquel, naturellement, j'imagine, on va être attentifs.
Et ce processus, vous avez confiance en ce processus ? Ou est-ce qu'il y a un risque d'entourloupe de la part du pouvoir algérien ?
Vous savez, encore une fois, lorsque les autorités, face à une mobilisation, donnent des réponses très structurées, parce qu'il y a un calendrier, il y a un certain nombre de dispositifs...
Il y a le report de l'élection présidentielle algérienne. Le report de l'élection présidentielle, ça vous inquiète ?
J'imagine que la société civile algérienne va regarder cela de très près. Mais ce n'est pas à nous, encore une fois, de commenter le processus en lui-même. Non, c'est vraiment important de le redire. Mais pourquoi ? Parce que vous redoutez les conséquences d'une éventuelle déstabilisation du régime algérien ? Mais encore une fois, parce que, et c'est vrai qu'il y a une histoire commune qui est d'une forte intensité, on n'est pas là pour se substituer au peuple et aux dirigeants algériens. Ils ont pris, quelque part, ensemble, la décision d'écrire une nouvelle page de leur histoire et finalement de leur avenir. Laissons-leur écrire cela, parce que c'est un moment manifestement historique.
Vous avez vu la réaction de Jean-Luc Mélenchon, Jean-Baptiste Lemoyne ? Je peux vous la donner ? Oui.
Chapeau le peuple algérien, en France, on devrait y réfléchir.
Oui, alors je crois que, d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon est lui-même élu depuis 1986. Peut-être réfléchit-il pour lui-même à arrêter la vie politique.
Vous l'avez dit avant Mouteflika. Oui, c'est ça. Il a été élu au Sénat avant le président algérien. Renaud Deli ? Est-ce que la France peut peser sur le déroulement du processus démocratique en cours et veiller, par exemple, soutenir l'élan démocratique qui va continuer de se manifester en Algérie, puisqu'il y a des manifestations qui vont continuer dans les jours qui viennent ?
Vous savez, encore une fois, la France, pardon de me répéter, mais elle n'a pas à peser.
Même des aspirations démocratiques ne vous inspirent pas davantage de soutien, de sympathie.
L'acteur de tout cela, c'est le peuple algérien. Et encore une fois, je crois que toute autre position serait malvenue. Et Benjamin Stora l'a dit. Finalement, il y a ce souhait d'une non-ingérence. Eh bien, le peuple algérien, voilà.
Benjamin Stora que vous citiez, et que nous avons réécouté tout à l'heure, disait aussi peut-être que les choses vont se dénouer maintenant que Mouteflika annonce son futur retrait. Ce n'est pas le cas, visiblement. L'attitude de la France ne va pas se dénouer. Elle ne va pas s'engager davantage.
La France, ce qu'elle souhaite, c'est tout simplement que je crois qu'il y a une aspiration de la jeunesse à faire en sorte qu'elle puisse se réaliser, réaliser un destin individuel et collectif. Vous le savez, il y a un chômage des jeunes qui, je le crois, s'élève à près de 25%. Il y a une économie nationale qui ne demande qu'à être diversifiée parce que, très dépendante des hydrocarbures, on a vu une industrialisation qui a eu tendance à reculer un peu. Et donc, je crois que l'ensemble des acteurs, des forces en présence, souhaitent s'engager sur un chemin qui garantisse la prospérité, encore une fois, du peuple algérien et des retombées pour l'ensemble de la population.
Je crois que ce caractère inclusif d'une croissance est recherché et ça, c'est un travail sur lequel la France, à travers les outils de coopération, de développement, comme on le fait déjà depuis plusieurs années, peut accompagner. Mais on n'est pas là pour se substituer. Accompagner, par exemple, en matière d'insertion professionnelle, on est très engagé sur la formation professionnelle, dans un nombre d'outils d'aide au développement. Mais encore une fois, vous le voyez, il ne s'agit pas là de dispositifs politiques, mais de dispositifs pour faire en sorte qu'à la demande des Algériens, du peuple, des autorités, on puisse être au rendez-vous du partenariat.
8h41, on s'interrompt quelques instants, Jean-Baptiste Lemoyne, avant de vous retrouver dans une minute, le temps de jeter un oeil au titre de l'actualité avec Camille Revelle.
De nouveaux appels à manifester vendredi en Algérie. Ils sont lancés sur les réseaux sociaux. Même si Abdelaziz Bouteflika renonce à briguer un cinquième mandat, l'opposant Rachid Nekas promet sur France Info une loi d'amnistie si le président algérien sort par la grande porte. La prison a perpétuité pour Médine et Mouche, en Belgique, le djihadiste français condamné hier soir pour la tuerie du musée juif de Bruxelles. Le patron de l'Assemblée nationale écrit aux députés, c'est une information France Info. Richard Ferrand veut rénover la vie parlementaire avec, par exemple, une seule séance de questions au gouvernement par semaine et un dialogue instauré entre ministres et députés.
Les syndicats de douaniers dans le bureau du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, ce matin, au neuvième jour de leur grève du zèle, ils demandent plus de moyens en vue du Brexit. Le barlement britannique lui vote ce soir sur l'accord de Brexit. Le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn, appelle à rejeter le texte. Zinedine Zidane au centre d'entraînement du Real Madrid. Dès aujourd'hui, le français reprend les manettes du club de foot madrilène. Il signe jusqu'en 2022.
Toujours avec le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, l'heure tourne. Jean-Baptiste Lemoyne, le Brexit est censé entrer en vigueur dans 17 jours. Maintenant, nous sommes le 12 mars et le 29 mars à minuit. Toujours pas d'accord en vue. Est-ce que vous y croyez ?
Alors, tout simplement, on doit garder notre calme parce qu'effectivement, on voit d'un côté peut-être un peu d'euphorie hier soir à la suite de la rencontre entre M. Juncker et Mme May. Mais le processus qui va nous conduire au 29 mars...
Euphorie, c'est peut-être un peu fort. On n'a pas vu des fonctionnaires bruxellois ouvrir le champagne hier soir.
Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'on le voit. Il y a énormément, naturellement, de suspense. Et on le voit, la vie politique britannique est pleine de rebondissements. C'est pour ça qu'il est difficile d'avoir une appréciation définitive. Je ne suis pas Mme Irma. Ce que je veux dire, c'est qu'en tous les cas, l'Union européenne, elle a montré qu'elle était de bonne foi pour faire en sorte qu'on puisse arriver à un retrait ordonné. C'est-à-dire au fait que l'accord qui a été atteint il y a déjà plusieurs mois puisse entrer en vigueur.
Et donc, je crois que là, les conditions sont créées, en tous les cas, pour montrer qu'on n'est pas là pour enfermer le Royaume-Uni dans une union douanière sans fin. Parce que c'est ça, le sujet de débat et de discorde au sein du Parlement britannique. Mais maintenant, on voit bien que les négociations, elles sont plus au sein de la classe politique britannique et du Parlement britannique avec son gouvernement plutôt qu'avec l'Union européenne. Et donc, de ce point de vue-là, les prochaines heures et les prochains jours sont cruciaux, naturellement. Mais bien malin, celui qui peut dire comment cela va se terminer.
Si l'Union européenne est de bonne foi, comme vous le dites, Jean-Baptiste Lemoyne, et ne veut pas enfermer les Britanniques dans un cadre extrêmement restreint, est-ce qu'il n'y a pas une solution de bon sens qui consisterait à leur accorder, s'ils le demandent, un délai au-delà du 29 mars ?
Alors, dans le processus qui va se mettre en place, il y a plusieurs votes qui vont avoir lieu. Et je vais venir à votre question naturellement.
Le troisième vote pourrait porter sur cette demande de délai à la Chambre des communes. Voilà, parce que le premier vote... Si les députés britanniques demandent un délai, est-ce que l'Union européenne doit le leur accorder ?
Pardonnez-moi de refaire la chronologie. Le premier vote, déjà, c'est sur l'accord. Compte tenu, justement, de précisions qui ont été apportées hier soir, puisqu'il a été convenu, quand même, d'un certain nombre de précisions qui sont de nature peut-être à rassurer, les parlementaires britanniques...
Ça veut dire que l'accord a été modifié hier soir, à l'issue de cet entretien, où on a simplement interprété le texte et fait son exégèse ?
Non, on est dans l'ordre de la clarification. On n'a pas changé le texte. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a eu des précisions, pour que les choses soient claires. Qu'est-ce que l'Union européenne a lâché ? Pour que ce soit clair, pour vos éditeurs, parce que tout ça est d'une complexité importante. On parle en plus de mots qui, pardon, ne sont pas toujours compréhensibles par tout un chacun. On parle de backstop, de filet de sécurité. Donc, de quoi s'agit-il ? Nous avons, le 29 mars, une date fatidique. À ce moment-là, le Royaume-Uni ne fera plus partie de l'Union européenne. La question qui se pose, c'est, ce retrait va-t-il être ordonné ou pas ?
Et donc, s'il y a un accord, l'accord a été conclu entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, si cet accord était accepté par le Parlement britannique, à ce moment-là, on rentre dans une phase de transition qui nous conduit jusqu'à décembre 2020. Et pendant cette phase de transition, eh bien, on négocie un certain nombre d'accords de libre-échange, d'accords de coopération universitaire, de défense, etc. Et donc, on voit que les choses se font, je dirais, de façon relativement naturelle et de façon organisée.
En revanche, si le Parlement britannique décide de ne pas rejeter cet accord, eh bien, effectivement, on s'achemine soit vers ce qu'on appelle le hard Brexit, c'est-à-dire la sortie pure et simple du Royaume-Uni, soit, effectivement, vers une demande qui pourrait être formulée par le Parlement britannique et le gouvernement britannique, en vue d'obtenir un temps supplémentaire, un délai. Alors, si cette demande est formulée, quelle est votre réponse ?
Eh bien, la réponse, c'est que ce sont les chefs d'État et de gouvernement européens qui, à l'unanimité, devront statuer le 21 et le 22 mars, parce que si un délai doit être octroyé, il faut bien que, derrière ce délai, il y ait une stratégie, et donc qu'on sache où l'on aille.
Donc, ce n'est pas exclu. S'il y a une stratégie, il peut y avoir un délai et un report de la date du 29 mars.
Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'encore faut-il qu'il y ait une stratégie claire, parce que, pardon, l'accord, il est sur la table déjà depuis plusieurs mois, il a été accepté par le gouvernement britannique, et donc on voit bien que la vie parlementaire britannique, pour autant, a été un feuilleton sans fin depuis. Et donc, est-ce que le fait d'octroyer quelques semaines de plus changerait fondamentalement la donne ? Point d'interrogation. C'est là où, à ce moment-là, les Britanniques devront étayer leur demande.
Il y a un autre scénario possible, c'est le retour aux urnes, un nouveau référendum, est-ce que vous l'excluez complètement ?
Là encore, je crois que ce sont d'ailleurs aux parlementaires britanniques, au peuple britannique de s'exprimer. Mais l'Europe aurait évidemment son mot à dire, et la France aussi, avant d'autoriser les Britanniques à voter à nouveau. Pour l'instant, on voit que ce n'est pas dans les scénarios privilégiés. Allez, on va dire, je crois qu'il y a beaucoup de bookmakers en Grande-Bretagne. Bon, pour l'instant, ce n'est pas ça qui tient la corde. Mais, encore une fois, la vie politique britannique en ce moment, d'ailleurs, doit être une source d'inspiration formidable pour tous les scénaristes de séries télé, parce qu'on le voit, ça va de rebondissement en rebondissement.
Allez, on change de voisin. L'Italie, maintenant. L'Italie avec lequel les sujets de contentieux se sont accumulés ces dernières semaines. Il y en a un en cours. Aujourd'hui, c'est le fameux tunnel Lyon-Turin. Pour l'instant, le gouvernement italien n'arrive pas à se mettre d'accord sur ce projet qui date maintenant de plusieurs décennies. Est-ce que vous dites aux Italiens, ça suffit maintenant, assumez vos responsabilités, il faut faire ce projet de tunnel Lyon-Turin ? Aujourd'hui, il n'y a que les Français qui creusent, pour l'instant.
Non, mais vous savez, on est l'Union européenne. C'est un vaste espace où on peut circuler librement. Et naturellement, ce type d'infrastructure est crucial pour le développement économique. Et donc, on a besoin de cette infrastructure. D'autant plus qu'il y a quand même des fonds européens de façon significative. Donc, c'est vraiment un beau projet.
C'est quand le délai ? C'est quand la date ? Quand est-ce que les Italiens doivent donner leur réponse définitive ?
Alors, il y a un certain nombre de délais qui, maintenant, arrivent près de l'échéance, liés justement au fait que l'Union européenne donne des fonds. Je comprends que le gouvernement italien souhaite enjamber, finalement, l'élection européenne, parce que, finalement, ce dossier, comme d'autres, est un révélateur du fait que cette coalition est une coalition de circonstances. Et que, finalement, regardez, ce sont quand même deux formations politiques qui étaient opposées de façon assez virulente dans leur campagne nationale, qui se sont alliées de façon de circonstances.
La Ligue du Nord étant favorable au creusement de ce tunnel, et le mouvement 5 étoiles, qui est plutôt dans le sud de l'Italie, n'y étant pas favorable. Donc, on peut attendre. On peut attendre au-delà des élections européennes. On peut attendre à la réponde jusqu'à cet été, jusqu'à l'automne.
Ah non, nous considérons que c'est un chantier qui, déjà, pardon, moi, ça fait 15 ans que j'en entends parler. Donc, autant vous dire que, maintenant, il est temps d'y aller, et il est temps que, naturellement, le gouvernement italien prenne ses responsabilités.
9h moins 10. Camille Revelle, pour le rappel de l'actualité.
Le défenseur des droits dévoile son rapport annuel ce matin. Il dénonce un repli des services publics, mais aussi une hausse de la répression en France. Jacques Toubon réclame à nouveau l'interdiction des LBD, les lanceurs de balles de défense. Réponse sur France Info du député En Marche et ancien patron du RET Jean-Michel Fauvergue. S'il n'y a pas d'agression, il n'y a pas de riposte. C'est une victoire en demi-teinte au goût d'inachevé pour le peuple algérien. Les mots sur France Info de l'ex-premier ministre aujourd'hui opposant Ali Benflis à la décision d'Abdelaziz Bouteflika, qui renonce à briguer un cinquième mandat en Algérie. Mais la présidentielle est reportée.
L'adhésion aux idées du Rassemblement national augmente légèrement, mais moins. Dans Français sur deux, le vote accédé au pouvoir. Enseignement du baromètre annuel qu'Antar s'offrait One Point pour France Info et le Monde. 160.300 emplois salariés créés dans le secteur privé l'an dernier. C'est une hausse de 0,8%. Le chiffre de l'INSEE ce matin. Et puis les Etats-Unis retirent tout leur personnel diplomatique encore présent au Venezuela. Le Parlement vénézuélien, contrôlé par l'opposition, lui déclare l'état d'alerte. Le pays est paralysé par une panne électrique géante depuis cinq jours maintenant.
France Info. Toujours avec Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Renaud Delis. Les sujets de contentieux entre la France et l'Italie se sont multipliés ces dernières semaines. Le gouvernement italien et notamment Luigi Di Maio se sont ingérés dans les affaires politiques françaises, notamment en venant soutenir des gilets jaunes. Lors d'un passage chez nous à France Info au début du mois de janvier, Jean-Baptiste Lemoyne, vous aviez eu ses propos à l'adresse du gouvernement italien.
Nous sommes membres de la famille européenne. Et donc, il y a un minimum de savoir-vivre. Vous savez que si on avait été sur un terrain de foot, peut-être qu'un Zinedine Zidane, il aurait réglé les choses. Hashtag coup de boule.
Alors ça tombe bien, Zinedine Zidane reprend du service. Est-ce que vous lui demandez de venir régler son compte au gouvernement italien ?
Non, non, non. C'était naturellement sur le ton de l'humour. Ce que je veux dire, c'est que d'ailleurs, on avait perdu. Donc, c'est vous dire. Ce qui est important, c'est que le président de la République a pu adresser une invitation à son homologue, le président Mattarella, qu'une rencontre aura lieu dans quelques semaines. Et puis, c'est vrai que c'est une année particulière. Ce sont les 500 ans de la disparition de Leonardo de Vinci, qui, vous le savez, a été que la France a accueilli à l'époque de la Renaissance, qui a laissé une marque indéluile dans nos deux pays.
Et donc, c'est vrai qu'on est également, le président de la République l'a rappelé, justement, attaché au fait d'avoir une relation forte avec l'Italie.
Donc, c'est réglé. Il n'y a plus de problème aujourd'hui avec le gouvernement italien. Pourtant, dans sa tribune, Emmanuel Macron, sa tribune sur son projet européen, il dénonce le repli national, il dit ce qui menace l'Europe, un rejet sans projet. Il ne vise pas, notamment, le gouvernement Salvini Di Maio.
Ah mais, attendez, on a toujours été très clair sur le fait qu'un certain nombre de propositions, de mesures formulées par le gouvernement italien, notamment en matière européenne, ne paraissaient pas idoines. Je pense, regardez, le sujet migratoire, on le voit, M. Salvini fait beaucoup, se dépense énormément sur le sujet de façon, parfois, un petit peu outrancière. Il n'en reste pas moins que c'est parce que leurs amis nationalistes hongrois, par exemple, ont décidé de fermer leurs frontières, eh bien, que l'Italie s'est retrouvée à gérer, eh bien, une situation qui devenait impossible.
Et c'est pourquoi, d'ailleurs, nous pensons qu'il y a besoin que l'Europe est à la croisée des chemins et qu'il y a un besoin de solidarité européenne pour affronter ensemble des situations complexes. Et donc, qui dit situation complexe dit réponse parfois complexe et non pas simpliste, comme parfois elles le sont.
Jean-Baptiste Lemoyne a eu une actualité dramatique ces derniers jours, c'est le crash de ce Boeing de la compagnie éthiopienne Airlines, dimanche, à côté d'Addis Abeba, la capitale éthiopienne. On sait qu'il y avait, parmi les 157 personnes qui sont mortes, 9 Français. Est-ce que vous les avez identifiées désormais ? Est-ce que les familles ont été prévenues, notamment ?
Alors, c'est effectivement un drame qui, d'ailleurs, survient au moment où le président de la République se rend dans les prochaines heures en Éthiopie. Et je pense que ce sera le moment aussi, un moment de recueillement, naturellement, parce que, voilà, des familles ont été touchées. Oui, je vous confirme que ces familles, enfin, que ces personnes ont été identifiées. Et donc, maintenant, je crois que tout, enfin, il appartient, au-delà du moment du recueillement, de s'assurer que, du côté de Boeing, un certain nombre de contrôles puissent être faits pour éviter que ce type d'événement puisse se reproduire.
Un certain nombre de pays ont annoncé qu'ils suspendaient pour l'instant l'utilisation de cet appareil, le Boeing 737 Max. Ce n'est pas le cas de la France. Est-ce que vous avez peur de vous fâcher avec les États-Unis ?
Vous savez, non, mais là, on est dans des procès, des considérations, voilà, techniques. Soit l'appareil est dangereux et en suspens, moi non plus. Mais quand vous voyez, ça ne vous interroge pas. Il est important, en tous les cas, qu'un certain nombre de contrôles soient faits. Voilà. Je veux dire, la sécurité aérienne n'a pas de prix. Voilà, c'est ce que je veux dire.
Les élections européennes, Jean-Baptiste Lemoyne, c'est dans moins de deux mois maintenant, ce sera le 26 mai. Tous les partis ont désigné leur tête de liste, sauf la République en marche. Quel est le bon profil à vos yeux de la tête de liste de la République en marche pour les européennes ?
Vous savez, déjà, nous, on fait campagne autour d'un projet, avant tout, avant de faire campagne autour d'une tête de liste. Et le projet... C'est ce qu'on dit quand on n'a pas de tête de liste, généralement. Une fois qu'on a une tête de liste, on passe à autre chose. Détendez-vous, ça va arriver. Le projet, c'est celui d'Emmanuel Macron,
c'est sa tribune.
Mais cette tribune, effectivement, d'ailleurs, j'ai vu, a rencontré un écho formidable, de nombreuses réactions positives partout en Europe, Premier ministre luxembourgeois, belges...
Victor Orban aussi a salué cette tribune.
Il a salué le fait qu'il y ait un projet affirmé, et lui, il y a un autre projet qui est différent, mais ce que je veux dire, c'est qu'on va véritablement vers le débat. Et de ce point de vue-là, ce que je vois, c'est que cette tribune, elle a généré d'autres tribunes, puisque Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez, la dauphine de Mme Merkel, se sont exprimées également par voix de tribune, et que tout le monde se positionne, finalement, par rapport au projet qu'a mis sur la table.
C'est un grand succès en Allemagne, la tribune d'Emmanuel Macron.
Ah, attendez. Vraiment, regardez, lisez bien la tribune de Mme Akaka, vous allez voir que, sur 85% des éléments, elle souscrit au fait d'avoir une Europe puissance, une Europe qui s'affirme en matière d'innovation, en matière aussi de gestion des flux migratoires. Et elle réclame à nouveau,
la nouvelle patronne de la CDU réclame à nouveau un siège de l'Europe au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Oui, alors manifestement, je pense que la présidente de la CDU n'a pas forcément lu in extenso le traité d'Aix-la-Chapelle, qui a été signé entre Mme Merkel et le président Macron, qui justement affirme que la France et l'Allemagne allaient travailler, dans le cadre d'une refonte du Conseil de sécurité de l'ONU, dans le cadre d'une réforme à venir, au fait que l'Allemagne puisse avoir un siège. Mais ce ne sera pas le nôtre,
on ne peut pas faire siège commun. Ah non, non, non, non, mais d'ailleurs, il n'y a pas question.
La France ne partagera pas son siège. D'ailleurs, parce que les règles de l'ONU ne le permettent pas, ce sont les États membres qui siègent, et la France, elle est attachée à son siège à l'ONU, comme au siège du Parlement européen à Strasbourg, parce que ça, c'est un autre point de désaccord que nous assumons. Il est hors de question que le siège du Parlement européen quitte Strasbourg, mais je vois que peut-être les Républicains ont une autre opinion, puisqu'il siège avec l'ADCDU au sein du Parti populaire européen. On attend d'eux des clarifications.
Merci à vous, Jean-Baptiste Lemoyne. Dans deux minutes, il sera 9h sur France Info.
Jean-baptiste Lemoyne