Pierre : "Les femmes ont besoin de beaucoup de protection"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et c'est bien d'avoir un homme aussi qui appelle et qui donne son avis. Bonjour Pierre.
Bonjour Brigitte.
Alors qu'est-ce que vous en pensez ? Vous trouvez que les femmes ont beaucoup changé ? Enfin peut-être que vous en avez une et que vous tenez à la garder et que...
Ah bah il faut. Et puis il faut faire ce qu'il faut pour la garder. C'est clair. Oui, donc les femmes maintenant ont besoin toujours de beaucoup de protection, même si elles ont une indépendance depuis maintenant, on va dire une quarantaine d'années. Parce qu'avant c'était encore l'homme qui menait la maison, mais maintenant les femmes ont leur indépendance. Mais je pense qu'elles ont toujours besoin de cette protection, de cette présence. Également, besoin de tendresse, c'est aussi une chose que les femmes demandent beaucoup, je pense.
Je crois aussi, oui. Je pense que la femme a besoin de se sentir... Alors protéger le mot est peut-être agaçant pour certaines féministes. Oui, non mais c'est pas... Mais symboliquement, si on l'utilise sur le plan symbolique, oui, les femmes...
Oui, bien sûr. On a envie de se sentir protégé. Oui, c'est pas connu avec un fusil devant la porte.
Parce qu'on voit bien d'ailleurs, quand il y a par exemple des disputes dans un endroit public, etc., c'est souvent l'homme qui va prendre la défense de sa femme, de ses enfants. Et ça paraît... Enfin je pense qu'aujourd'hui ça paraît encore normal.
Oui, tout à fait. Comment dire ? Qu'est-ce que des milliers, voire des dizaines de milliers d'années que ça se passe ? On ne va pas changer ça en deux générations.
Non, et puis... Alors après, c'est toujours la même histoire. Qu'est-ce qui est inné ? Qu'est-ce qui est acquis ? Comme je le disais tout à l'heure avec Delphine, on verra comment les choses évoluent dans 20 ans. Mais je pense qu'il y a quelque chose de très inné dans tout ça. Malgré tout.
Oui, oui, oui. C'est ce que je dis. C'est que ça fait des dizaines de milliers d'années que c'est comme ça.
Mais vous savez Pierre, moi j'ai étudié ce qui se passe dans les pays nordiques, Suède, Danemark, etc. Où ils ont, on va dire, pratiquement 20 ans d'avance sur nous par rapport au féminisme. C'est-à-dire que les hommes, les femmes sont plus à égalité depuis plus longtemps, depuis 20 ans de plus qu'en France. Et bien curieusement, on voit toujours les femmes choisir des métiers qu'on appelait des métiers de femmes. Et on voit toujours les hommes choisir des métiers d'hommes. Et pourtant, c'est très ouvert, il n'y a plus de caricature. L'homme doit faire ça, la femme doit faire ça. Les enfants sont élevés à peu près de la même manière. Et pourtant, on reste encore dans ces choix-là.
Donc, moi je pense qu'il y a quelque chose comme ça de fondamentalement ancré chez nous.
Oui, dans nos civilisations, c'est le cas.
Non, je crois que ça va au-delà de la civilisation. Je pense que c'est dans notre nature. Parce que de toute façon, on n'est pas fabriqué pareil. Au moment de la puberté, l'homme est complètement envahi d'hormones et la femme d'hormones différentes. Donc, obligatoirement, ça voudrait dire que les hormones ne jouent aucun rôle. Ça serait quand même étonnant. Vous voyez ce que je veux dire ?
Tout à fait. Et puis bon, les hormones fonctionnent, même si elles sont en baisse vers la fin de la vie. La moitié de ma vie, il y a toujours les hormones qui sont là. Ils les ont toujours jusqu'à la fin, même si c'est en baisse.
Oui, oui. Et d'ailleurs, vous avez raison de dire ça. Parce qu'on voit moins de différences chez les personnes âgées, entre les hommes et les femmes, que chez les jeunes.
Oui.
Alors après, est-ce que c'est les hormones ? Est-ce que c'est la vie ? Je veux dire, encore une fois, moi je ne fais que des réflexions de bon sens. Je ne suis pas spécialiste, je ne suis pas endocrinologue, comme on dit.
Et c'est toujours l'homme qui ne prête pas le barbecue, malgré ce que vous...
Oui, par exemple, oui. Mais en ce moment, s'il vous plaît, évitez les barbecues en ce moment, s'il vous plaît. C'est dangereux. Oui, voilà. Mais vous, Pierre, vous avez l'impression... Je ne sais pas, vous avez quel âge ?
61.
Et vous avez l'impression que, depuis 20 ans, il faut traiter les femmes différemment ou pas ?
Alors, il y a un changement de respect, on va dire, envers la femme. Alors, j'ai toujours respecté les femmes depuis... Je suis jeune, mais je veux dire, les générations précédentes, la femme était au foyer. Maintenant, la femme est libre, elle divorce. Parfois, les femmes divorcent et ne se remettent pas en couple, elles restent seules. On va dire que c'est surtout ça le changement qui s'est opéré depuis une vingtaine d'années, même plus, un peu plus. Avant, une femme avait pratiquement...
Oui, mais vous, est-ce que vous avez le sentiment d'avoir bougé dans votre façon d'échanger avec des femmes dans la société, j'entends ?
D'un autre côté, de toute façon, le MeToo a ouvert le mythique. C'est qu'on ne peut plus aborder une femme dans la rue. Ça, c'est une chose qui est depuis quelques années.
Oui, c'est fou ce que vous dites, parce qu'on voit bien qu'il y a quand même... Je ne sais pas, on n'a pas fait de sondage là-dessus, mais est-ce que l'après MeToo, c'est mieux ou c'est moins bien ? Je ne suis pas sûre qu'on aurait vraiment autant de gens que ça qui diraient que c'est mieux, parce que là, on vous entend, on a l'impression que c'est plutôt moins bien pour vous.
Ce n'est plus la même chose. Ce n'est plus du tout la même chose d'aborder une femme. Aborder une femme, c'était poliment, ce n'était pas les mots d'homme. Je veux dire, aborder une femme poliment dans la rue, ça pouvait se faire ou offrir un verre à une femme...
Aujourd'hui, vous n'osez plus.
Soit on a un très bon avocat.
Non, non, mais allez, on parle vrai, sauf sous de radio, Pierre.
Oui, oui, mais bien sûr, c'est ça.
Oui, je sais. C'est l'anecdote que je racontais en début d'émission. Les hommes, ils n'osent plus demander le téléphone d'une femme, c'est quand même un peu inquiétant.
Oui.
Vous avez des enfants ?
Oui, j'ai trois fils, oui.
Des fils. Ils sont grands, vous, puisque vous avez...
31 et 27 ans.
Alors oui, non, ils sont encore assez jeunes.
Pas les plus grands, moi.
Est-ce qu'ils osent séduire les femmes, justement ? Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
Les deux, les hommes, enfin, le deuxième vit seuls, mais le premier et le dernier ont rencontré leurs compagnes via des sites.
D'accord, via les sites, oui, bien sûr. Ce qui est le plus en plus fréquent aujourd'hui.
Oui.
Donc, même pour les jeunes, et je pense encore plus pour les jeunes, que ça se passe...
Eh oui, ça bouge, la société change, ça c'est sûr, et les rapports entre les hommes et les femmes évoluent à grands pas. On en continue d'en parler dans un instant, et je crois que c'est Maria qu'on va retrouver. Merci beaucoup, Pierre. Merci de cet échange. Merci.
Merci. Merci. Merci.