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Podcast / conversationHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 2 août 2021 16 minComplaisantActualité / polémiqueOutre-merSantéEurope & internationalNumérique

Le pass sanitaire est peut-être une mauvaise idée, Macron, JO, Nabilla...5 actus de la semaine

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  • 1:51PrésentateurFait
    « Les femmes polynésiennes qui aujourd'hui ont entre 40 et 50 ans ont le taux de cancer de la thyroïde le plus important au monde. »
  • 7:50PrésentateurChiffre
    « Les vaccins Pfizer et BioNTech ne protégeraient plus qu'à 39% contre l'infection des personnes qui sont donc vaccinées. »

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Présentateur

Le pass sanitaire en débat, la géopolitique qui s'empare des Jeux Olympiques, Macron en Polynésie à base de colliers de fleurs et de nucléaires, la Tunisie en pleine crise ou encore Nabila et des placements de produits polémiques. Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. Allez, on commence avec une première actualité. Cette semaine, Emmanuel Macron était en déplacement en Polynésie française, donc un territoire français d'outre-mer situé dans le Pacifique. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas passé inaperçu. En fait, il y a une image du président qui est recouvert complètement de colliers de fleurs qui a été vu des millions de fois partout dans le monde.

Mais en réalité, il s'agissait d'un montage vidéo publié par Illuminati Reptilien sur Twitter. En réalité, le président de la République a bien porté des colliers de fleurs pendant son déplacement qui a duré 4 jours, mais il n'en a jamais porté autant d'un coup. Et d'ailleurs, il a même demandé à ce qu'on lui enlève quelques fleurs car ça commençait à devenir trop lourd. Bref, ça c'est vraiment l'image qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, etc. Mais il y a quand même des éléments qui sont plus intéressants sur le fond. Et le sujet majeur de ce déplacement en Polynésie française, eh bien c'est la question des essais nucléaires qui sont très polémiques.

En gros, pendant 30 ans, de 1966 à 1996, eh bien la France a réalisé 197 essais de bombes nucléaires dans le Pacifique à proximité de la Polynésie française. Et en l'occurrence, eh bien ça a eu des conséquences désastreuses sur l'environnement et sur la santé des habitants. Pour vous donner une idée, les femmes polynésiennes qui aujourd'hui ont entre 40 et 50 ans ont le taux de cancer de la thyroïde le plus important au monde. Et au-delà de ça, selon le média Disclose, qui a enquêté justement pendant deux ans sur les conséquences de ces essais, environ 110 000 personnes ont été exposées à la radioactivité.

Et en l'occurrence, 110 000 personnes, eh bien c'est quasiment l'intégralité de la population de la Polynésie à l'époque. Du coup, quelques jours avant l'arrivée du président, eh bien des milliers de personnes ont manifesté en Polynésie pour réclamer que l'État français admette sa responsabilité dans ces essais nucléaires qui ont donc eu un impact sur la population. Le président était donc particulièrement attendu sur ce sujet. Et mardi, il a finalement reconnu que la France avait, je cite, « une dette à l'égard de la Polynésie française » et que, eh bien, les essais nucléaires faits en Polynésie n'étaient pas propres.

Par ailleurs, il a aussi affirmé que les victimes des essais devraient être mieux indemnisées et donc soutenues financièrement. Et il a promis que l'accès à certaines archives sur ces essais nucléaires allaient être facilités. Mais cependant, eh bien, le président n'a pas demandé pardon aux Polynésiens, ce qui était pourtant demandé par différentes organisations de défense des victimes de ces essais nucléaires. Bref, quoi qu'il en soit, c'est un sujet qui me semble important, qu'on avait déjà évoqué d'ailleurs il y a quelques mois sur la chaîne. Mais là, en l'occurrence, ce qui me semblait assez essentiel à évoquer à nouveau aujourd'hui.

L'autre actualité cette semaine, eh bien, c'est évidemment la situation en Tunisie qui vit depuis quelques jours une grave crise politique. En fait, il y a une semaine, le président tunisien Kaïs Saïed a gelé les activités du Parlement pour 30 jours et il a aussi viré son Premier ministre qui était en poste depuis septembre. Mais alors, pourquoi est-ce qu'il a fait ça ? Eh bien, il faut savoir que depuis plusieurs semaines, beaucoup de Tunisiens reprochent au Parlement et à son principal parti, donc le parti islamiste et conservateur Enarda, sa mauvaise gestion de la crise sanitaire contre le coronavirus.

En gros, le pays fait face actuellement à une pénurie de vaccins en pleine nouvelle vague de l'épidémie et alors que le pays est déjà le pays avec le plus de morts d'Afrique à cause du coronavirus, avec 19 000 morts pour 12 millions d'habitants. Au-delà de ça, il faut aussi mentionner un certain rejet de la part de la population, des politiques et notamment du Parlement. Un rejet qui s'explique en partie par une corruption qui est dénoncée par un certain nombre de personnes, mais aussi une situation dans le pays qui est assez compliquée avec une crise économique qui s'est accentuée avec notamment une baisse du tourisme cette année avec le coronavirus.

Bref, le président tunisien Kaïs Saïed a donc expliqué qu'il voulait, je cite, sauver la Tunisie, l'État et le peuple tunisien, d'où le gel du Parlement et l'éjection du Premier ministre. Mais tout ça, vous l'imaginez, a fait quand même énormément réagir. D'un côté, en fait, on a une part importante de la population qui a salué cette décision car elle donne de l'espoir aux Tunisiens qui attendent du changement au sein de la classe politique et des vraies mesures fortes. Mais de l'autre côté, il y a le parti Enarda et ses soutiens qui ont tout simplement dénoncé un coup d'État.

Les affrontements ont donc eu lieu devant le Parlement tunisien entre d'un côté les soutiens notamment du parti Enarda qui s'est retrouvé du coup là bloqué avec le gel du Parlement et de l'autre côté les soutiens du président qui n'appartient pas au parti Enarda. Bref, pour résumer, la situation aujourd'hui est donc complexe. Courage d'ailleurs à tous les Tunisiens. Et puis de l'autre côté, du coup, logiquement, on vous tient au courant dès qu'il y a du nouveau. Allez, on passe donc au troisième sujet de la semaine. On va parler du fameux pass sanitaire. Avec cette question majeure, est-ce que c'est une bonne idée ?

Pour remettre un peu le contexte et qu'on soit tous sur la même ligne, le pass sanitaire, c'est donc un document que vous obtenez soit si vous êtes vacciné avec les deux doses, soit si vous êtes testé négatif, soit si vous avez une preuve que vous avez eu le coronavirus il y a moins de six mois. Ce pass sanitaire, il est donc déjà obligatoire pour les cinémas, les théâtres, les musées, etc. Et le gouvernement a prévu, dès le 9 août, de le rendre obligatoire pour rentrer dans certains lieux. C'est le cas notamment des avions, des TGV, des bars, des restaurants, etc.

Alors, ce pass sanitaire est très critiqué et il y a en gros deux critiques différentes qui me semblent assez intéressantes à analyser. Première opposition, c'est l'opposition qu'on a vue dans la rue. C'est centaines de milliers de personnes qui ont manifesté la semaine dernière et encore ce week-end dans toute la France. Ces manifestants considèrent que le pass sanitaire est une privation des libertés car il force plus ou moins les gens à se faire vacciner puisque si on n'est pas vacciné, il faut faire des tests PCR ou antigéniques à chaque fois qu'on veut aller au resto, au ciné ou quoi. Et donc forcément, c'est vraiment pas évident.

Bref, la première critique adressée, c'est donc la privation de liberté pour les non-vaccinés et une certaine brutalité de la mesure selon certains de ces manifestants. Mais la seconde critique adressée, qui vient d'ailleurs pas forcément des mêmes personnes, eh bien elle porte plus largement sur l'efficacité du pass sanitaire. En fait, pour faire très simple, et je vais essayer de vous l'expliquer le mieux possible, avec l'apparition du variant Delta, eh bien les vaccins pourraient avoir perdu de leur efficacité sur certains aspects.

En gros, les vaccins resteraient très efficaces pour protéger contre les formes graves, donc pour limiter les hospitalisations et les décès, mais ils seraient en l'occurrence un peu moins efficaces pour lutter contre l'infection et la transmission du virus. Là-dessus, il y a en gros deux études qui sont importantes, même si elles restent à nuancer, on va en parler juste après. Mais la première étude, eh bien c'est des chiffres publiés par le ministère de la Santé israélien, montrant que les vaccins Pfizer et BioNTech ne protégeraient plus qu'à 39% contre l'infection des personnes qui sont donc vaccinées.

Et le deuxième élément là-dessus, eh bien c'est des déclarations de la CDC, donc les autorités sanitaires américaines, qui ont déclaré qu'il y avait effectivement une possibilité que des personnes vaccinées soient malgré tout contaminées et qu'elles puissent transmettre le virus à d'autres personnes. Alors là-dessus, c'est des études qui sont à prendre avec des grosses pincettes, puisque d'autres études sont actuellement en cours et c'est vraiment des tout premiers chiffres. Mais si on résume, ça voudrait donc dire que le vaccin protège toujours très bien contre les formes graves et ça c'est une excellente nouvelle pour limiter les hospitalisations et les décès.

Mais par contre, il y a donc un petit risque d'infection et de transmission du virus à d'autres personnes, y compris quand on est vacciné. Alors une fois qu'on a dit ça, eh bien le pass sanitaire obligatoire tel qu'on le connaît aujourd'hui paraît tout de suite un peu moins utile, car ça veut dire qu'une personne vaccinée qui possède le pass sanitaire pourrait donc accéder à plein de lieux sans masque, des boîtes de nuit, des restaurants, etc. Mais donc potentiellement attraper et transmettre le coronavirus malgré tout et malgré donc le fait qu'il soit vacciné.

Cette réflexion et ses premiers éléments, eh bien ils poussent certains à penser que la solution, ce serait pas réellement le pass sanitaire, mais plutôt une réelle obligation de vaccination partout en France. Pourquoi ? Eh bien déjà parce que, même si c'est pas parfait, le vaccin réduit quand même toujours pas mal le risque d'infection et de transmission. Donc logiquement, chez tout le monde est vacciné, eh bien ça ralentit l'épidémie.

Mais au-delà de ça, ce serait surtout une obligation de vaccination qui voudrait dire que, eh bien toutes les personnes fragiles seraient protégées contre les formes graves et donc il y aurait logiquement à la fin beaucoup moins de décès puisque, eh bien les personnes fragiles seraient vaccinées. Bref, j'en suis conscient, c'est un sujet qui est très complexe et surtout avec beaucoup d'inconnus, beaucoup d'éléments aussi qui font débat, est-ce qu'on peut obliger, sous quel cadre, etc, etc. Au-delà de ça, les études sont donc récentes et à prendre avec des pincettes. Mais vous l'aurez compris, c'est un sujet qui fait fortement débat et qui me semblait assez important à évoquer aujourd'hui.

Allez, on passe donc au quatrième sujet. Je voulais vous parler des Jeux Olympiques de Tokyo. Mais là, ce ne sera pas les Jeux Olympiques sportivement. Non, non, aujourd'hui, on va voir comment est-ce que la géopolitique et les tensions entre pays s'installent dans la compétition sportive. Alors, vous le savez peut-être, on suit la compétition sur notre compte Instagram hugodécrypte.sport. Chaque jour, on publie les médailles françaises mais aussi le classement des médailles par pays. Et en l'occurrence, vous avez été nombreux à nous demander ce qu'était le ROC ou alors le COR.

En fait, ce qui s'est passé, c'est que suite à différents scandales de dopage en 2020, le tribunal arbitral du sport a suspendu la Russie pour deux ans de toute compétition sportive majeure. Ça les a donc privés des Jeux Olympiques de Tokyo. Mais donc, les athlètes russes qui n'ont jamais été dopés sont quand même autorisés à participer mais pas sous le nom de la Russie mais bien sous le nom de la Russian Olympic Committee d'où le ROC. C'est le Comité Olympique Russe. Et ce que ça veut dire concrètement, c'est que les athlètes russes participent cette année avec une bannière neutre, c'est-à-dire donc avec ce nom de ROC et sans le drapeau russe et sans non plus l'hymne du pays.

Cette sanction, c'est donc un coup dur pour la Russie puisque les Jeux Olympiques sont quand même à chaque fois une immense opportunité pour les pays d'exercer leur soft power, c'est-à-dire donc d'exercer une influence à l'international, non pas avec une armée ou quoi que ce soit mais bien de façon plus discrète par le biais donc de la culture et du sport. D'ailleurs, cette influence par le sport, c'est vraiment un axe majeur de la politique internationale du chef d'État russe Vladimir Poutine et pour le prouver, il y a deux exemples.

En 2014, c'est la Russie qui a organisé les Jeux Olympiques d'hiver et puis en 2018 aussi, c'est là aussi la Russie qui a organisé la Coupe du Monde de football. Ça montre bien à quel point le sport, c'est important pour la Russie pour exercer une influence. Ça montre bien aussi à quel point il y a cette sanction pour dopage et cette année, un certain coup dur pour la Russie.

Alors plus largement, au-delà de la Russie, certains pays plus petits essaient de profiter de cette visibilité que sont les Jeux Olympiques pour se faire connaître et par exemple, je suis sûr que beaucoup d'entre vous connaissent la Jamaïque en partie pour ces athlètes comme Usain Bolt qui ont donc marqué les esprits grâce à des immenses performances sportives aux Jeux Olympiques et donc aussi fait rayonner leur pays. Bref, lors des Jeux Olympiques, il y a donc des petits pays qui tentent de se faire connaître. Il y a aussi des plus gros pays qui prouvent leur domination et certains pays en font les frais. C'est le cas notamment de Taïwan.

En effet, l'île de Taïwan, c'est une île que la Chine considère comme étant la sienne. La Chine ne veut donc pas reconnaître Taïwan comme étant une nation indépendante, si bien qu'aux Jeux Olympiques, Taïwan est indiqué comme étant Chinese Taipei. En gros, pour faire très simple, il y a 40 ans, sous la pression, et bien Taïwan a dû conclure un accord avec la Chine pour pouvoir participer aux Jeux Olympiques à condition de porter le nom de Chinese Taipei. Enfin, puisqu'on parle de la Chine, on pourrait aussi mentionner l'entraînement intensif et parfois depuis le très très jeune âge d'athlètes chinois dans l'objectif de montrer la grandeur du pays et de récolter un maximum de médailles.

Bref, les Jeux Olympiques, c'est du sport mais c'est aussi parfois des enjeux politiques et ça me semblait assez intéressant de le souligner aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, courage aux athlètes français pour les prochains jours. Allez, on termine donc ces actualités de la semaine très très rapidement avec l'influenceuse Nabila qui a reçu une amende de 20 000 euros pour pratique commerciale trompeuse sur Snapchat et ça a relancé un débat assez important. En fait, dans une story qui a été postée en 2018, Nabila a dit qu'il était possible de gagner de l'argent grâce au Bitcoin, que cette monnaie virtuelle était une monnaie sûre et qu'un site pouvait les aider.

Or, là, il y a deux choses qui clochent. Déjà, non, on n'est pas sûr de gagner de l'argent avec les crypto-monnaies mais au-delà de ça, Nabila n'a pas indiqué qu'elle était payée par un site pour faire cette story. Alors, depuis, Nabila s'est excusée tout en déclarant que le métier d'influenceur était nouveau et qu'il n'y avait pas de loi stricte qui encadrait ces nouvelles activités mais aujourd'hui, ce que dit la loi en France, c'est que chaque personne qui souhaite faire de la publicité sur ses réseaux sociaux doit préciser qu'elle a été rémunérée pour cela et ça peut passer par, par exemple, le hashtag partenariat ou alors le fait de le dire oralement.

Bref, Nabila est donc entrée en contact avec la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et elle a trouvé un accord pour payer 20 000 euros. Cette affaire, en tout cas, fait réagir le ministre de l'économie Bruno Le Maire qui a rappelé à l'ordre l'intégralité des influenceurs dans un tweet, Nabila lui a répondu déclarant vouloir avancer ensemble. Affaire à suivre, donc on verra s'il y a une rencontre entre les deux dans les prochaines semaines.

Bref, voilà donc pour les 5 actus de la semaine, des actus qui ont été tournées exceptionnellement sous une couette et oui, pour la simple et bonne raison que vous l'avez peut-être vu en story sur Insta, je suis actuellement dans le sud avec des amis et c'était la seule façon d'avoir un son correct sans écho. Donc écoutez, j'espère que le rendu n'était pas trop dégueu. En tout cas, moi je meurs de chaud sous la couette donc je vais vite ressortir. Voilà, écoutez, je crois que j'ai tout dit. Prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et on se dit du coup à très vite.