Dîner Édouard Philippe-Marine Le Pen : Frédéric Valletoux "trouve sain de discuter en démocratie"
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Après un accès de fièvre, état général stationnaire.
La France a déjà eu meilleur mine. Alors, pour prendre le pouls d'un gouvernement démissionnaire, nous recevons ce matin le ministre de la Santé. Bonjour Frédéric Valteau.
Bonjour Amélie Fernier.
Vous êtes officiellement encore ministre ce matin. Jusqu'à mardi prochain, c'est ça ?
Alors, je lis dans la presse que mardi, il pourrait y avoir effectivement une démission du gouvernement, mais qui ferait de moi un ministre de plein exercice, un ministre démissionnaire, c'est-à-dire assurant la continuité des affaires courantes, l'accompagnement du fonctionnement administratif du ministère, et puis bien sûr une présence en cas de pépins, en cas de nécessité. Donc c'est une activité effectivement, certes entre parenthèses, mais qu'on a connue ces dernières semaines lorsque, comme dans toute campagne électorale, il faut que le gouvernement se mette en réserve, de manière à effectivement ne plus sortir, ne plus parler en public, ne plus faire de déplacement.
Et puis vous allez redevenir député, vous venez d'être réélu, c'est ça, en Seine-et-Marne ?
Et je vais redevenir député, puisqu'effectivement, juridiquement, étant ministre démissionnaire, je peux assumer pleinement mon rôle ou avoir les prérogatives d'un député, ce que je ne pouvais pas jusqu'à présent.
Vous avez été élu à la faveur du désistement de la candidate insoumise pour le nouveau Front populaire face au Rassemblement National.
Oui, c'est ça. Il y a deux ans, j'avais gagné contre une candidate au deuxième tour du Insoumise. Cette fois-ci, j'ai gagné contre une candidate du Rassemblement National, avec effectivement un désistement de la candidate qui aurait pu se maintenir au deuxième tour de la France insoumise. Donc effectivement, j'ai fait partie de ces circonscriptions dans lesquelles il y a eu, comme dans tant d'autres circonscriptions, soit de la part du camp présidentiel, un désistement, soit, et elles étaient effectivement plus nombreuses, de la part de la gauche.
Grâce à la gauche, donc, est-ce que la gauche doit aujourd'hui accéder à Matignon, le nouveau Front populaire qui a obtenu le plus de députés à l'Assemblée Nationale ?
Je pense que la gauche gagnerait à rassurer les Français s'ils montrent qu'ils sont capables, effectivement, de coordonner, d'organiser une majorité. Et la difficulté aujourd'hui de la gauche, c'est qu'avec 182, et imaginons même quelques ralliements, à peine 200 députés, ils sont très loin de la majorité absolue. Mais personne ne l'a, la majorité, absolument. Non, personne ne l'a aujourd'hui, effectivement. Et ce sont eux les plus nombreux.
Et il faut voir si dans les prochains jours, quelle est la solution qui permettra d'assurer une stabilité du travail gouvernemental, puisque derrière la notion de majorité, il y a effectivement une stabilité de la mise en œuvre d'un programme gouvernemental. Donc, ce sont les discussions qui ont lieu aujourd'hui, et qui, je trouve ça tout à fait normal et presque sain, qu'elles prennent effectivement quelques jours dans certaines démocraties, elles prennent quelques semaines ou quelques mois. Il n'est pas complètement aberrant qu'alors que les groupes ne sont pas constitués, ils le seront en milieu de semaine prochaine, alors qu'on ne sait pas quel est le périmètre.
Peut-être qu'au sein de la coalition de gauche, il se peut peut-être que les socialistes arriveront à avoir un groupe plus important que les insoumis. Tout ça, on ne le sait pas. Et aujourd'hui, personne ne peut dire avec certitude le périmètre du groupe de telle partie, c'est exactement tant de députés. Donc, tout ça sera fixé au milieu de semaine prochaine. Vous, vous serez dans le groupe Horizon. Moi, je serai dans le groupe Horizon, ça y est.
27 députés, c'est le groupe 28, pardon, d'Edouard Philippe. Édouard Philippe qui se dit favorable à une coalition pour gouverner de LR à Renaissance.
Édouard Philippe dit depuis le début qu'il est favorable à une coalition de tous ceux qui partagent, qui ont la même approche des valeurs républicaines et qui partagent la même conception de la République. Et de ce point de vue-là, il l'a dit dès le début de cette campagne des élections législatives, au lendemain de la dissolution. Et donc, il continue à défendre l'idée qu'au sein de l'arc républicain, avec LR, peut-être avec certains socialistes, enfin, tous ceux qui, effectivement, veulent stabiliser, veulent donner de l'assise à une majorité.
Vous, vous avez été à LR et vous les avez quittés parce que c'était trop à droite. Alors, aujourd'hui, on vous dit qu'il faudrait faire une coalition avec LR.
Oui, mais vous voyez, quand j'étais député, c'était encore l'année dernière, j'ai fait voter le seul texte sur l'accès aux soins, ce qui n'est pas un sujet anodin pour les Français, l'accès aux soins, l'amélioration à l'accès aux soins, l'organisation du système de santé. Le seul texte qui a été voté ces deux dernières années. C'était une proposition de loi que j'avais portée qui était d'une trentaine d'articles. Je l'ai discuté, je l'ai travaillé en amont avec des socialistes, avec des républicains, avec des écologistes, avec, bien sûr, les élus du camp de la majorité présidentielle de l'époque.
Et finalement, on voit qu'il peut se dessiner, bon, là, on parle de santé, mais santé, ça n'est pas une affaire totalement accessoire. Il peut se décider des majorités qui sont des majorités sur des projets tout à fait concrets. Donc, moi, je jette d'invectives à personne et par principe, je sais que je peux travailler avec ceux qui, effectivement, partagent les mêmes, je le redis, les mêmes valeurs républicaines, c'est-à-dire cette approche de la République, de ce que doit être la communauté nationale. Et effectivement, ça exclut et le Rassemblement National d'un côté, et les députés insoumis de l'autre.
Ça liait à LR, est-ce que c'est le seul moyen d'échapper à la disparition ? Hier, Gabriel Attal, il a dit « Nous avons frôlé la disparition ».
Je pense qu'il parlait de feu, la majorité présidentielle, qui était de toute façon d'une majorité très relative. Et effectivement, de cette capacité qu'il y a eu au deuxième tour de faire front républicain et de voir que les électeurs suivaient de ces stratégies, puisque, effectivement, on a vu que les résultats allaient bien au-delà de ce que ceux qui font des prévisions imaginaient.
Donc, je ne sais pas si on a frôlé la disparition, mais en tous les cas, on voit bien qu'on a réussi à desserrer cette tenaille qui, avant le premier tour, que l'on nous décrivait avant le premier tour, entre, d'un côté, l'extrême-gauche, enfin, la gauche qui était quand même menée et qui continue à être menée par les insoumis, puisqu'on voit dans les discussions, c'est eux qui font l'appui et le beau temps, et cette extrême-droite que l'on nous disait à un très haut niveau. Donc, on a réussi à desserrer déjà cette tenaille.
Maintenant, il faut qu'on continue à discuter pour voir si, effectivement, des Républicains, mais éventuellement à certains députés de gauche qui comprendraient qu'avec les insoumis, ils sont dans une impasse, eh bien, on peut monter une majorité qui, le temps de cette fin de quinquennat, puisse assurer à notre pays de mener une action très concrète dans quelques domaines qui seraient à discuter, qui seront discutés au sein de ce programme de travail, de cette union de gouvernement.
Mais alors, qui pourrait aller à Matignon ? Vous avez des idées, des noms en tête ?
Non, moi, je n'ai pas de noms en tête. Moi, je pense que, si vous voulez, le nom des personnes arrivera une fois qu'on pourrait s'entendre sur une feuille de route. Je suis, moi, assez étonné des discussions qu'on voit au sein de la gauche, où, finalement, on a l'impression que la seule obsession, c'est de savoir qui sera le dirigeant. Sans se préoccuper de dire, avec 182 députés, il faut peut-être qu'on revoie notre programme de manière à attirer d'autres groupes ou d'autres députés, de manière à aller vers cette majorité absolue. Là, l'obsession, c'est qui, quel poste et qui va occuper le poste ? Mais c'est important
d'incarner, quand même, le pouvoir.
Oui, c'est important. Mais bien sûr.
À gauche, on dit, d'abord, il faut le hall de la pyramide et après...
Mais ça ne fait pas le tout, puisque derrière, c'est quel projet on va mettre en œuvre pour les prochains mois ? Comment on va continuer à moderniser l'économie ? Comment on va traiter le sujet d'un maîtrise des finances publiques ? Comment on va mener et continuer à mener des politiques sociales qui doivent être, elles aussi, modernisées ? Donc, c'est ça, l'enjeu. Et une fois qu'on aura ce programme de gouvernement, eh bien, derrière, il sera toujours temps de faire le casting.
Donc, moi, je pense qu'il faut d'abord travailler le fonds, le projet, quel est le programme qui peut réunir une majorité et ensuite, au vu des discussions, au vu du menu qui sera gardé, eh bien, on choisit les acteurs.
Emmanuel Macron aurait regretté un spectacle désastreux donné par son camp cette semaine. Vous partagez ce point de vue ? Un spectacle désastreux ?
On a eu, on voit que chez Renaissance, il y a des tensions entre une et le droite, entre une et le gauche. Gabriel Attal,
Darmanin.
On a eu des jeux, de claquements de port, de gens qui repartent, qui reviennent, des réunions qui... Bon, mais ça, c'est normal qu'après, une défaite électorale, parce que c'est une défaite, il faille aussi peut-être recaler un peu les... Est-ce que ce n'est pas
la preuve de la fin du macronisme, la fin du en même temps, ça ne marche pas ? Il faut soit trancher, soit c'est à gauche, soit c'est à droite.
Vous savez, j'appartiens à un parti politique horizon dont le responsable, le leader, Edouard Philippe, a toujours dit qu'en l'histoire de France, politique, l'histoire politique de notre pays, en tout cas récente, avait toujours été structurée autour d'une droite et d'une gauche. Et puis, il y a des parenthèses, et sans doute que l'élection d'Emmanuel Macron et en 2017 et en 2022 font partie de cette parenthèse, où effectivement, parce que c'est des personnalités, Emmanuel Macron en est une, parce que c'est des moments politiques, on échappe à ce duel, à cet affrontement entre la droite et la gauche. Mais néanmoins, c'est ce qui structure la vie politique.
Et donc, je pense qu'on va vite retrouver effectivement la gauche, la droite, dans un jeu, quand je dis un jeu, ce n'est pas au mauvais sens du terme, un dialogue démocratique qui effectivement est plus structurant et sera structurant. Et oui, je pense que la rivière va revenir dans son lit, comme on dit, et que la vie politique va à nouveau se structurer autour effectivement de familles de droite et de familles de gauche.
L'essayiste Raphaël Liorca a parlé de la dissolution comme d'un coup d'État psychique. Je voudrais vous poser la question au ministre de la Santé. Un coup d'État psychique, ça vous parle d'une déstabilisation psychopolitique ?
Oui, je me garderais de qualifier ce mot. Ce qui est vrai, c'est qu'elle a surpris tout le monde, cette décision. Elle a été très soudaine et par nature, elle est arrivée à un moment où le paysage était déjà très déstructuré ou très déstructuré, très interrogé par la force du vote de l'extrême droite et surtout l'écart qu'il y avait, ça je parle du résultat des européennes, entre le vote d'extrême droite et les autres listes. Et donc finalement, cette situation-là était déjà déstabilisante pour beaucoup de Français.
Ajouter derrière une dissolution sans trop de préparation, de manière un peu hâtive, à effectivement, moi je l'ai vu pendant la campagne, il faut être honnête, à beaucoup déstabiliser les électeurs et ça a été une campagne très difficile. Moi j'ai fait une des campagnes les plus difficiles que je n'ai jamais faite, pas tellement par l'adversité des adversaires, par la violence des échanges que je pouvais avec mes adversaires parce que finalement une campagne de quatre semaines et j'en viens à rêver de ce qu'il aurait pu être. Non, non, ça a été beaucoup plus court. Ça a été beaucoup plus court, je le confirme, de trois semaines pour le premier tour et de quatre semaines pour le second tour.
Les débats n'ont pas tellement le temps de s'installer au niveau local, dans chacune des circonscriptions entre les adversaires. Mais par contre, je me suis heurté à l'incompréhension des électeurs, comme tous les candidats, à l'incompréhension des électeurs, aux besoins, à la colère même de beaucoup, qui ne comprenaient pas pourquoi il fallait effectivement dans ces conditions-là retourner au vote. Donc, il y a eu effectivement des tensions très fortes qu'il a fallu essayer de surmonter. Bon, visiblement, j'ai réussi à les surmonter et d'autres aussi et tant mieux.
La politique française n'est pas très en forme donc ces derniers temps, qu'en est-il du système de santé français ? Est-ce qu'il est prêt pour les JO, monsieur le ministre ?
Oui, nous sommes prêts. Le dossier des JO a été travaillé comme selon tous les aspects sur le plan sanitaire depuis très longtemps et effectivement, aujourd'hui, on a une organisation bien huilée. Je m'en suis encore... j'ai encore regardé ça de près avec tous ceux qui vont le faire tourner. Aujourd'hui, les lignes hospitalières sont prêtes, les plannings des services qui sont sollicités sont prêts aussi. Tout avait été anticipé depuis l'automne dernier pour permettre à ceux qui vont devoir travailler dans les 12 hôpitaux et les 80 services de la PHP puisque principalement, c'est l'Île-de-France qui va être impacté.
Tous ceux qui devaient travailler ont pu, pour certains d'entre, prendre des vacances avant, fractionner leurs vacances. Des primes ont été mises en place. Donc, aujourd'hui, l'organisation, elle est prête avec le comité d'organisation qui s'est prêt aussi pour tout ce qui est...
À l'hôpital, d'accord, mais les médecins libéraux, eux, ils font un petit peu la tête. J'ai l'impression, certains ont dit on va fermer notre cabinet à Paris parce qu'on ne pourra pas circuler et les patients ne pourront même pas venir nous voir dans nos cabinets.
Certains ont peur, effectivement, des effets collatéraux, de la circulation, de l'accès.
Ça, ça va exister.
Mais non, ça ne va pas exister puisqu'effectivement, il a été prévu que pour tout ce qui est transport sanitaire, pour tout ce qui est accès aux hôpitaux, pour tout ce qui est traitement d'affection de longue durée, pour tout ce qui est les traitements que l'on doit prendre, tout ce qui est... Pour les dialysés, notamment ? Pour les dialysés aussi. Ils auront leur passe ? Pour ceux qui suivent des chimios, tous ceux qui suivent des traitements en long cours auront leur passe, auront accès... Le seul désagrément sera peut-être un temps de transport un tout petit peu plus long que d'habitude, mais lié, je vais dire, à la circulation générale. Mais encore, vous voyez...
Parce que par exemple, pour les dialysés, ce sont des traitements très lourds, très fatigants, très éprouvants. Ils disent aujourd'hui, on ne va pas passer trois heures dans les bouchons alors qu'on doit aller
à l'hôpital plusieurs fois par semaine. Ils craignent cela comme anticipation, mais tout a été pris en compte. Sincèrement, on travaille sur tous les scénarios depuis des mois et des mois. Je peux vous assurer qu'il n'y aura pas de pépins, de soucis. Et sincèrement, on a mis une organisation qui est vraiment... Voilà, qui est parfaite, huilée.
Et la polyclinique des JO, elle est prête ou pas ?
Elle est prête, la polyclinique, oui.
Donc c'est une clinique qui va accueillir les urgences pour les athlètes.
Elle est prise en charge par la PHP, donc les hôpitaux de Paris. C'est la possibilité d'avoir jusqu'à 700 consultations par jour dans ces cliniques. Elle est faite pour le village olympique, c'est-à-dire pour les athlètes, leurs entourages, les encadrants, etc. Tous ceux qui sont de la grande famille olympique. C'est un plateau technique notamment d'imagerie important.
Et puis c'est une coordination, bien sûr, s'il y a nécessité d'aller vers des blocs opératoires avec les hôpitaux proches, on a l'avantage en Seine-Saint-Denis d'avoir une densité, enfin en Ile-de-France en général, d'avoir une densité hospitalière qui, effectivement, ne nous fait pas craindre un débordement certainement pas, mais même une difficulté au niveau du fonctionnement des hôpitaux.
On a un invité surprise, c'est peut-être la Covid qui pourrait s'inviter dans ces Jeux olympiques. Est-ce qu'on a des chiffres ? Il y a un variant qui revient où on dit qu'il pourrait y avoir un regain de l'épidémie cet été.
La Covid n'a jamais disparu. On en parle moins parce qu'elle fait moins la une, mais on le sait, il va falloir s'habituer à vivre avec la Covid. Donc aujourd'hui, on n'a pas d'inquiétude particulière, il n'y a pas de rebond spectaculaire tel qu'on a pu les connaître il y a quelques années. On en est loin. Et puis la vaccination fait son effet aussi sur finalement la couverture vaccinale aujourd'hui permet de contraindre et de contenir plutôt la Covid. Mais néanmoins, effectivement, on regarde comme la coqueluche pour les bébés, comme un certain nombre aussi éventuellement d'épidémies.
Mais la coqueluche, c'est l'autre épidémie qui pose un peu question et une inquiétude aujourd'hui.
On demande aux femmes enceintes de se vacciner puisque les bébés, on ne peut pas les vacciner avant deux mois. La première dose de vaccin, on le donne aux bébés contre la coqueluche, on le donne aux bébés à deux mois, avant un rappel à quatre mois. Mais effectivement, on a relancé de la communication il y a quelques jours.
Et ça fonctionne ? Les femmes enceintes viennent se faire vacciner parce que les femmes enceintes, il y a toujours une petite crainte de recevoir un vaccin pendant la grossesse.
Mais quand on dit que c'est pour protéger leur futur bébé, elles comprennent très vite et je pense qu'effectivement on voit que les taux repartent. On a fait de la communication, ciblée bien sûr, et ça fonctionne.
Comme chaque été, on s'inquiète aussi de l'état des services des urgences. L'année dernière, beaucoup, 163 services sur 650 avaient dû fermer soit le soir, la nuit. Où est-ce qu'on en est cet été ? Est-ce qu'il y aura encore des services des urgences qui vont fermer ?
Alors comme tous les étés, il y a des tensions. Il y a des tensions puisque les hospitaliers dans certains territoires prennent aussi leurs vacances. L'été, on a parfois un fonctionnement qui est ralenti, mais néanmoins, on s'assure que les urgences tournent. Chaque été, on annonce des tensions urgences. Je me remarque l'été dernier et l'été d'avant aussi. Les choses se sont bien passées, plutôt bien passées.
Bien passées, on a quand même eu des patients qui sont morts sur des brancards qui n'ont pas été dans le Var, à Nantes.
Pardon, mais on a 21 millions de passages aux urgences. Sur ces 21 millions de passages aux urgences, le zéro risque n'existe pas. Et il y a, que ce soit l'été, l'hiver, le printemps, l'automne... Mais des patients qui meurent
sur un brancard aux urgences, c'est quand même...
Le zéro risque, je n'ai pas dit que personne ne mourrait jamais aux urgences. Attention, je dis que sur ces 21 millions de passages aux urgences, 99%, 80... Je ne connais pas les statistiques, mais on va toujours trouver effectivement des personnes mal prises en charge, qui ont attendu trop longtemps, mal diagnostiquées, ou qu'on renvoie chez elles alors qu'elles ne l'aurait pas. Mais vous vous dites
qu'il n'y a pas de problème d'effectifs de moyens à l'hôpital ?
Sur l'organisation elle-même. Si, si, bien sûr, je n'ai pas dit ça, attention, je suis très... Il faut être lucide. Il y a des tensions. Parce qu'effectivement, quand on est amené à fermer en nuit profonde un service d'urgence, ça veut dire qu'on a travaillé à une solution alternative. Ça veut dire qu'on ne laisse pas un territoire sans solution. Ça veut dire qu'on rabat les urgences sur un autre service d'urgence à quelques kilomètres. Ça veut dire qu'on ajuste l'organisation.
Et puis, il ne faut pas oublier aussi qu'on a poussé ces derniers mois un certain nombre de solutions, notamment, je pense, aux services d'accès aux soins, les fameuses SINCE, qui sont des numéros qui aujourd'hui existent dans 87 départements. Il y en a une dizaine de supplémentaires qui vont se mettre en place cet été et qui permettent effectivement en téléphonant d'orienter mieux, c'est-à-dire pas toujours vers l'hôpital, mais aussi vers la médecine de ville, vers les cabinets de ville d'orienter mieux les patients. Et ces SAS-là, ils fonctionnent bien.
Aujourd'hui, c'est énormément de rendez-vous qui sont donnés à travers ce SAS et moi, j'encourage vraiment pour les personnes qui ne sont évidemment pas dans l'urgence absolue, mais qui se posent des questions sur est-ce qu'ils doivent aller aux urgences ou pas, est-ce qu'ils peuvent attendre le lendemain ou pas, de passer par le 15, de téléphoner, de manière à ce qu'on les oriente au mieux. Ce n'est pas la peine toujours d'aller aux urgences lorsqu'effectivement, on peut avoir soit le lendemain matin un rendez-vous alternatif. En tout cas, le SAS, ce sont des médecins qui décrochent et vous avez des conseils qui sont adaptés.
Une dernière question politique puisqu'on a beaucoup de réactions sur l'appli France Inter à propos du dîner entre Édouard Philippe et Marine Le Pen. Est-ce qu'il fallait qu'Édouard Philippe aille dîner avec Marine Le Pen ? Beaucoup de nos auditeurs réagissent sur notre application France Inter.
Je ne sais pas si Édouard Philippe devait aller dîner avec Marine Le Pen. Ce que je sais, c'est qu'Édouard Philippe a raison de vouloir discuter avec Marine Le Pen comme il discute avec tout le monde, comme il a déjà discuté avec Mélenchon, etc. Alors, la forme d'un dîner, je n'en sais rien. Mais en tous les cas, quand on vise la magistrature suprême et les compétitions présidentielles et qu'on a la possibilité de rencontrer une femme qui a quand même fait deux fois un deuxième tour et en 2022... Mais on apprécie
qu'il y a plus de mensuétudes avec Marine Le Pen qu'avec les Insoumis, par exemple. Eux, on ne leur parle pas.
Je crois qu'il a déjà discuté avec Jean-Luc Mélenchon. Alors, ça fait peut-être moins la une, je ne sais pas pourquoi. Ou ça la fera peut-être demain quand on évoquera un dîner qu'ils ont pu avoir ensemble. Je n'en sais rien. Je ne sais pas s'ils ont bien sûr dîné ensemble. Mais ce que je veux dire, c'est que des discussions entre des responsables dont on ne partage aucune des idées mais qui sont malgré tout des acteurs politiques importants, c'est normal de vouloir comprendre ce que les gens ont dans le ventre, comment ils sont dans un cadre, je veux dire, moins, plus privé qu'un plateau de télévision, une estrade parlementaire, etc.
Donc, moi, de ce point de vue-là, je trouve ça sain de vouloir discuter en démocratie.
Merci beaucoup Frédéric Valtou, ministre délégué en charge de la santé et de la prévention. Merci beaucoup d'avoir été au micro de France Inter. Je vous souhaite une bonne journée.
Merci.
Frédéric Valletoux