Assemblée nationale : la "grande clarification" a-t-elle eu lieu ?
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Bonsoir à toutes, bonsoir à tous. Ce soir, dans le temps du débat, Assemblée Nationale, la grande clarification est-elle en train d'avoir lieu sous nos yeux ? Ce devait être un moment de grande clarification, selon Emmanuel Macron, lorsqu'il a appuyé sur le bouton de la dissolution. Six semaines plus tard, où en sommes-nous ? Les électeurs, après avoir été tendus et mobilisés pendant trois semaines de campagne, se retrouvent dans un moment difficilement lisible, comme si leur vote n'était plus adapté aux institutions datées du général de Gaulle, qui visaient au contraire à sortir du régime des partis.
A l'Assemblée, hier et aujourd'hui, ce sont bien les partis qui se retrouvent au centre du jeu et de la recomposition politique, au point de ne plus y voir très clair. Onze groupes politiques, un record, le premier le RN avec 126 sièges, le second Renaissance, renommé Ensemble pour la République, 99 députés, dont la présidente de l'Assemblée, réélue d'une courte tête, Yaël Braun-Pivet, devant son adversaire de gauche, André Chassaigne. Mais pourtant, c'est bien la gauche qui est arrivée en tête au second tour des élections législatives, car il ne faut pas confondre groupes et coalitions. Le nouveau Front populaire a bien 193 députés, mais pas de Premier ministre à proposer.
La victoire de Yaël Braun-Pivet est-elle la résultante du retour du parlementarisme ou une élection volée aux Français, comme le dénonce le nouveau Front populaire ? Alors que nous ouvrons cette émission, la répartition des postes clés est toujours en cours à l'Assemblée. Et nous irons d'ailleurs en direct à l'Assemblée avec deux députés réélus. Bonsoir Daniel Simonnet.
Bonsoir.
Merci d'être avec nous dans ce moment tendu, j'ai l'impression. Tout à fait. Vous êtes députée de Paris, vous avez été réélu, ancienne insoumise, mais vous avez rejoint le groupe écologiste et social à l'Assemblée. Vous nous direz si ça fait partie de la clarification. Constance Legrippe, je ne sais pas si elle est avec nous. Bonsoir. Bien sûr. Merci, merci d'être la députée ensemble de la sixième circonscription des Hauts-de-Seine, conseillère municipale de Nuit-sur-Seine. Vous avez également été réélu. Et enfin, Mélodie Moque-Gruet, docteur en droit public, enseignante à Sciences Po Paris, autrice du petit guide du contrôle parlementaire chez l'Armatan. Êtes-vous avec nous ?
Oui, bonsoir, merci. Tout fonctionne donc, merci beaucoup. Et j'accueille également Stéphane Robert qui a accepté exceptionnellement de rester avec nous, chef du service politique de France Culture. Merci beaucoup Stéphane. Je vous en prie.
Ils nous ont dit, occupez-vous de nous. Occupez-vous de notre pouvoir d'achat. Occupez-vous des déserts médicaux. Occupez-vous de nous. Occupez-vous de nos écoles. Occupez-vous de nos services publics. Occupez-vous de nous recréer des emplois. Occupez-vous de nos enfants. Occupez-vous de notre planète, de l'environnement. Occupez-vous de notre sécurité. Occupez-vous de notre défense. Et bien ces messages, quels que soient nos bords politiques, quels que soient nos territoires d'élection, nous devons les entendre. Et nous devons apporter de nouvelles solutions. Et ces nouvelles solutions, nous devons les apporter avec de nouvelles méthodes.
Cette Assemblée nationale, peut-être plus représentative que jamais des Français, est aussi plus divisée que jamais. En même temps, elle a cette immense responsabilité qui fait que nous n'avons pas le choix. Nous devons nous entendre. Nous devons coopérer. Nous devons être capables de rechercher des compromis. Nous devons être capables de dialoguer, de nous écouter et d'avancer.
La voix de Yael Brunpivayer, le 18 juillet au perchoir du Palais Bourbon, après sa réélection comme présidente de l'Assemblée nationale. Daniel Simonnet, êtes-vous d'accord avec ce que vient de dire la présidente de l'Assemblée ? Vous n'avez pas d'autre choix que celui de vous parler et de vous entendre pour le bien du pays et des Français ?
Écoutez, il y a quand même d'abord une première leçon à prendre. Emmanuel Macron, après la dissolution de l'Assemblée nationale, dans l'élection, dans les urnes, a essuyé une défaite. Il a été le grand perdant de cette élection législative. Et finalement, il impose que rien ne change. Puisque c'est cela, l'élection de Yael Brunpivayer. A la limite, ça donne une clarification, puisque la Macronie, qui se prétendait à ses débuts ni de gauche ni de droite, vient de faire élire à nouveau la même présidente de l'Assemblée nationale, avec un accord avec LR, avec un accord avec la droite. Donc en fait, il dissout l'Assemblée nationale.
Il fait voter les Françaises et les Français pour qu'au final, rien ne change. Il réalise Yael Brunpivayer à la tête de l'Assemblée nationale. Voilà le résultat. Il est responsable du chaos dans le pays qui a fait augmenter les voix pour le Rassemblement national et ne tire aucun enseignement démocratique respecté du vote des Français. Donc à la fois, il impose au perchoir et il refuse de nommer un Premier ministre du Nouveau Fonds populaire.
On vous a bien entendu, Daniel Simonnet. Vous pourrez bien sûr intervenir tout au long de l'émission jusqu'à 19h. Constance Legrippe, vous vous avez félicité sur le réseau social X-Yael Brunpivay, votre collègue du groupe Ensemble pour la République, groupe macroniste. Pensez-vous que c'est ce qu'attendaient les Français ?
Je suis persuadée que nos compatriotes nous ont adressé effectivement un son de messages très clair à la faveur tant des élections européennes, qu'on a un peu vite passé sous silence, qu'à la faveur des élections élégatives et que nous devons être les uns et les autres à la hauteur des messages, des aspirations, des préoccupations, des inquiétudes dont nous en fait part les Français. C'est un devoir de responsabilité, un devoir de gravité que nous devons les uns et les autres exercer avec, pour ce qui me concerne, je le dis très franchement, une certaine modestie, une certaine humilité.
La réélection de Yael Brunpivay témoigne du fait que l'Assemblée nationale a fait le choix d'une présidente d'expérience qui avait déjà présidé l'Assemblée nationale précédente, déjà une Assemblée nationale assez fragmentée et dont bien des sciences étaient assez mouvementées, avec à la fois beaucoup de dignité, beaucoup d'équité, de la fermeté quand il le fallait, mais un grand esprit d'ouverture et d'écoute de tous les groupes politiques présents sous la précédente mandature.
Et donc il y a également cette équation personnelle de Yael Brunpivay, une femme d'expérience, encore une fois, dont la présidence avait été assez largement saluée et que les 577 députés, à l'issue d'un vote parfaitement démocratique, parfaitement démocratique, ont choisi de reconduire pour présider à nos débats. Et il y a eu également, je dirais concomitamment, le refus d'une majorité des députés qui peuplent le Palais Bourbon, d'un député appartenant au Parti communiste français et qui était présenté par le cartel électoral composé de la France insoumise, le Parti socialiste, l'écologiste et le Parti communiste.
Donc un choix très clair, qui est un choix en faveur d'une présidente qui avait fait la preuve, sous la précédente mandature, de sa capacité à présider, encore une fois, avec élégance, retenue, fermeté et équité.
Merci, on vous a bien entendu, Constance Legrippe. André Chassène, donc le candidat du nouveau Front populaire au Perchoir, donc il était arrivé en tête du premier tour, mais il a échoué au troisième avec 207 voix, 13 de moins que Yael Brun-Pivet. Et il a déclaré à l'issue de ce vote, le vote des Françaises et des Français a été volé par une alliance contre nature. C'est un coup de force démocratique. Mélodie Moog-Gruet, vous qui êtes docteur en droit public, vous diriez la même chose ?
Je dirais que non, c'est plus compliqué que ça. Déjà, il y a trois blocs. On l'a bien vu justement sur le troisième tour. On voit Mme Brun-Pivet, le bloc central, on voit le nouveau Front populaire, on voit le RN, et c'est à chaque fois trois candidats. Ce qu'on peut remarquer, c'est que chaque bloc a fait le plein. Alors, je sais que le bloc central, il parle d'une alliance avec les LR, mais rappelons, c'est ce que vous avez dit, le nouveau Front populaire, c'est une alliance de groupes également. Donc là, il va falloir faire des alliances pour pouvoir... Pour l'instant, il n'y a aucune majorité. Il y a à peu près 200 députés partout, enfin un peu moins sur le Rassemblement national.
Et concernant même sur le vol, en réalité, c'était une possibilité constitutionnelle. L'article 23 de la Constitution dit bien qu'il y a incompatibilité entre fonction des ministres et des députés. Mais la loi organique qui met en œuvre l'article 23, c'est l'article 153 du Code électoral, prévoit que cette incompatibilité ne prend pas effet si le gouvernement est démissionnaire pendant le mois. Et donc, en réalité, ils avaient la possibilité de voter. Ce n'est pas du tout la première fois qu'on voit ça. On l'a vu avec le gouvernement Pompidou en 1967. On l'a vu avec le gouvernement Rocard, qui démissionna le 22 juin 1988 pour permettre l'élection de Laurent Fabius au Perchoir le lendemain.
Et puis après, ils se sont reconstitués. Et d'ailleurs, le Conseil constitutionnel avait déjà été saisi sur la question en 1986. Et c'était déclaré incompétent pour statuer sur l'élection.
Stéphane Robert, chef du service politique de France Culture, quel est votre regard sur ce qui est en train de se passer ?
Je crois qu'on a de toute façon, on n'a pas vraiment de clarification, puisque c'est le titre de l'émission. On a malgré tout un résultat qui est sorti des urnes. Et Daniel Simonnet parlait tout à l'heure, il disait que le camp présidentiel a perdu. Oui, c'est vrai, ils ont perdu 80 députés. Mais est-ce que quelqu'un a gagné ? Ben non, personne n'a gagné. Il y a une tripartition de l'Assemblée nationale entre trois grands blocs, trois grands groupes. Et pour fonctionner, il va falloir des coalitions, parce que sinon ça ne marche pas.
Si on a un groupe, une coalition du nouveau Front populaire qui est incapable de s'élargir, il ne peut pas y avoir de gouvernement qui puisse faire voter des lois. Ce ne sera pas possible. Ce sera de la même façon pour le camp présidentiel et pour le Rassemblement national, qui maintenant est inscrit directement, a priori, dans l'opposition, en tout cas pour cette législature. Mais cette Assemblée nationale ne peut fonctionner qu'en vertu d'accords, de coalitions, d'embouilles politiques ou politiciennes. Ça ne peut pas fonctionner autrement. Et c'est ce qui a eu lieu avec l'élection à la présidence de l'Assemblée nationale pour Yael Brown-Bivet.
Il y a eu un accord, droite républicaine comme présidentielle. Le résultat, c'est qu'elle est arrivée en tête.
Constance Legrippe, vous confirmez ces discussions entre LR, aujourd'hui appelée la droite républicaine, dirigée par Laurent Wauquiez, et Ensemble, pour faire élire Yael Brown-Bivet au perchoir ?
Il y a eu des discussions, bien sûr. Elles ne sont pas exclusives de tout autre type de discussions, bien évidemment.
Gabriel Attal, qui a été élu président du groupe Ensemble pour la République, l'a dit et redit, il souhaite engager la discussion, tendre la main à d'autres familles politiques et pouvoir travailler sur la base de propositions précises d'un document programmatique qu'il a appelé « Pacte pour l'avenir de la France » que nous sommes en train de rédiger avec d'autres représentants, d'autres courants politiques qui seraient prêts à se retrouver, se rassembler autour de la table, discuter, coopérer, trouver ensemble, à dégager un chemin pour constituer un socle qui serait la base d'un accord de gouvernement, d'un accord de coalition.
Tout ça, c'est le parlementarisme, c'est la démocratie parlementaire, telle que nous la voyons fonctionner depuis des décennies dans la quasi-totalité des pays européens qui nous entourent et c'est, je crois également, très clairement, être fidèle à l'esprit du vote tel que les Françaises et les Français l'ont construit, à savoir de donner la majorité à aucun des blocs, à aucun des partis, aucune famille politique et au contraire, aspirer certainement à ce qu'il y ait un travail commun, un travail de co-construction et de coalition.
Daniel Simonnet, alors même que la gauche, le nouveau Front Populaire est arrivé en tête, on le disait au second tour, est-ce que vous êtes en train de tout perdre ? Le perchoir, quatrième poste de la République, que sans doute le futur Premier ministre faute d'accord entre le PS et les Insoumis, et maintenant cette alliance qu'on sent se dessiner sous nos yeux entre la droite et la Macronie ?
Oui, moi je voudrais quand même revenir sur une chose. Le nouveau Front Populaire, c'est une coalition, une alliance entre des partis politiques, mais sur la base d'un programme de gouvernement, sur la base d'un programme de rupture. Et les candidats se sont donc présentés devant les électrices et les électeurs de manière transparente. On savait ce que nous allions défendre. Là, on est face à quoi ? À Emmanuel Macron qui ne veut pas reconnaître sa défaite, parce que si nous sommes sur trois blocs, ça je vous le concède, il y a bien un bloc arrivé en tête, et donc ça veut dire que les électrices et les électeurs attendent que ce bloc en tête puisse gouverner.
Monsieur Emmanuel Macron, à travers sa lettre aux Français, non seulement remet en cause, finalement, que nous sommes arrivés en tête et que nous pouvions avoir le Premier ministre, parce qu'il aurait dû, lui, convoquer les acteurs du nouveau Front Populaire pour dire, présentez-moi un Premier ministre, mais en plus, il piétine le parlementarisme. Parce que l'accord fait avec LR, d'abord, est un accord qui n'avait pas été présenté aux électrices et aux électeurs. Voilà, ils ne se sont pas présentés aux urnes dans ce cadre-là.
Et puis, s'ils respectaient les institutions et le parlementarisme, ils n'auraient pas fait cette confusion des pouvoirs tels que 17 ministres ont pu prendre part au vote en tant que députés. Or, si la loi organique le permet, en vérité, c'est totalement contraire à l'esprit de la Constitution qui exige la séparation des pouvoirs. Et puis, surtout, le deal avec la droite, il aboutit à quoi ? Normalement, vous savez, à l'Assemblée Nationale, la force politique qui a la présidence de l'Assemblée Nationale devient donc la majorité, et donc l'opposition doit avoir la Commission des Finances.
Donc, non seulement la Macronie n'aurait jamais dû présenter une présidente, une candidate pour la présidence de l'Assemblée Nationale, il aurait dû respecter le résultat des urnes et laisser le nouveau Front Populaire avoir cette présidence, mais il ne devrait pas dealer avec ceux-là même qui l'ont aidé à obtenir cette présidence de l'Assemblée Nationale, dealer que LR puisse avoir la présidence de la Commission des Finances qui doit revenir à l'opposition. Donc là, vous voyez bien que c'est quand même, enfin, je veux dire, c'est un mépris le plus total.
Donc, non seulement c'est, eh bien voilà, vous avez voté, mais en fait, nous, on veut faire en sorte que rien ne change et en plus, on veut que ce soit pire encore, encore plus antidémocratique.
Ce poste-là de la Commission des Finances, on le saura normalement demain. Constance Legrippe, si vous pouvez répondre à votre collègue Daniel Simonnet, et puis j'ajoute une question, pourquoi le président de la République ne nomme-t-il pas un Premier ministre issu de la première force arrivée en tête du second tour des législatives, le nouveau Front Populaire ?
Alors, je m'inscris tout d'abord en faux contre ce qu'a dit ma collègue Daniel Simonnet, s'agissant de mépris, de piétinement du Parlement, que sais-je, de détournement de la Constitution. Je pense qu'il y a là des positions très, très exagérées de la part de ma collègue et qu'il y a respect total du jeu institutionnel dans la manière dont se déroule actuellement la phase d'installation de la nouvelle Assemblée nationale.
Et qu'il y ait des alliances, des discussions, des concertations, voire des moments d'accord et de convergence de stratégies qui se font entre différents groupes parlementaires, c'est tout à fait dans le jeu du parlementarisme et ça n'est en rien un piétinement du Parlement. Par ailleurs, je pense qu'il y a une vraie erreur d'analyse chez les tenants du nouveau Front Populaire quand ils pensent que c'est une adhésion franche et massive à leur programme et à l'intégralité de leur programme qu'ont manifesté les Français. Il y a eu clairement, chez de nombreux compatriotes qui se sont déplacés massivement aux urnes, de la volonté de ne pas donner les clés du pouvoir au Rassemblement national.
Je pense que c'est un message très clair qu'on a tous reçu. Mais pour autant, il n'y a pas d'adhésion au programme du nouveau Front Populaire. Je crois qu'au contraire, le message des Français est un message très équilibré et un appel à ce que nous entrions dans une logique de co-construction, de coopération, de coalition, tout simplement. Et quant à dire qu'il faut faire rapidement conclure toutes affaires cessantes que le Président de la République nomme un Premier ministre issu du nouveau Front Populaire, telle n'est pas du tout la logique politique telle qu'on peut la lire de ce qui est en train de se passer.
Encore une fois, l'Assemblée nationale n'est pas définitivement installée, définitivement structurée. Mais il est clair qu'il y a une majorité des membres composant l'actuelle Assemblée nationale qui ne veulent pas se retrouver avec un gouvernement issu du nouveau Front Populaire et qui voteraient une motion de censure contre un gouvernement issu du nouveau Front Populaire dans les deux ou trois jours qui suivraient.
Donc il y a là clairement une logique politique qui ne va pas prospérer au-delà de deux ou trois jours et c'est de manière beaucoup plus, je dirais, collaborative et dans un esprit de plus grand rassemblement qu'il faut construire, je dirais, patiemment, raisonnablement, en prenant son temps, les conditions de l'émergence d'une future majorité de coalition.
On vous a bien entendu, Constance Legrippe. Mélodie Mock-Gruet, je me tourne vers vous. Est-ce que pour vous, il y a un problème de séparation des pouvoirs, un gouvernement démissionnaire qui siège à l'Assemblée, une minorité qui se déclare dans la majorité ? Est-ce qu'on a déjà vu ce genre de scénario ?
Alors, les groupes se déclarent d'opposition. Et donc là, on a vu que la plupart des groupes s'étaient déclarés d'opposition, sauf les trois anciens groupes de la majorité.
Voilà, mais j'aimerais qu'on s'arrête un instant là-dessus pour nos auditeurs et auditrices, parce qu'en effet, ça veut dire que depuis l'élection d'Yael Brun-Pivet, les groupes Ensemble pour la République, les Démocrates, le Modem et Horizon, se sont déclarés dans la majorité d'un gouvernement démissionnaire. Est-ce qu'il n'y a pas eu une confusion ?
À mon avis, c'était quand même très compliqué pour... Déjà, il y a eu le perchoir avec Mme Brun-Pivet, mais même s'il n'y a pas de lien avec la présidence de l'Assemblée nationale, le gouvernement démissionnaire, même s'il est démissionnaire, est encore là. Donc, ça aurait été compliqué d'avoir M. Attal premier ministre et en même temps président d'un groupe d'opposition. Voilà, donc après, on peut changer. C'est-à-dire qu'en cours de route, quand il y aura la nomination d'un nouveau gouvernement, parce que le gouvernement démissionnaire cessera lors de la nomination du nouveau gouvernement, ces groupes pourront changer.
Et certains qui étaient dans l'opposition pourront passer dans la majorité et vice-versa. Voilà, donc c'était difficile pour eux, pour n'importe quel groupe. Aujourd'hui, il y a eu des vrais débats de savoir comment on se positionne. Et ça, c'est assez nouveau. Normalement, on a un gouvernement, c'est assez clair avec une ligne politique et on sait où est-ce qu'on se place.
Daniel Simonnet, je crois qu'avec le nouveau Front populaire, vous, vous êtes inscrite dans l'opposition. Je croyais que vous vouliez gouverner.
En fait, tant qu'Emmanuel Macron refuse et exprime son refus de nommer un gouvernement du nouveau Front populaire, ça veut dire qu'il veut garder le pouvoir. Et donc, nous sommes en opposition à ce pouvoir. Dans une situation inédite où on voit finalement que c'est le président de la République qui maintenant, quelque part, intervient dans le choix de la présidente de l'Assemblée nationale avec cet accord entre la Macronie et l'air et cette participation des ministres avec y compris les engagements de répartition des rôles pour qu'ils puissent aussi contrôler la majorité et l'opposition qui est quand même assez inouï par cette promesse sur la présidence de la Commission des Finances.
On verra demain si la Macronie continue ce hold-up démocratique. Mais je voudrais revenir sur une chose. Les gens, oui, quand ils ont voté, nouveau Front populaire, ils ont voté pour un programme. Il y a une urgence sociale. qui est celle du pouvoir d'achat. C'est la question d'augmenter le SMIC à 1 600 euros, d'indexer les salaires sur l'inflation, d'enfin abroger la réforme des retraites dont, je rappelle, 70% des électrices et électeurs étaient opposés. Est-ce que la Macronie va donc accepter qu'un gouvernement du nouveau Front populaire porte ces actes-là politiques qui sont fortement attendus par les citoyens et les citoyennes ?
Ce n'est pas un gouvernement macroniste et LR qui a refusé pendant les deux précédentes années de s'attaquer au pouvoir d'achat, qui a refusé d'augmenter les salaires, qui a refusé de bloquer les prix des produits de première nécessité, qui va répondre à cette préoccupation première sur la question du pouvoir d'achat. Et sur, ensuite, le travail à l'Assemblée nationale, moi, je vais vous dire une chose. On sait bien qu'un gouvernement du nouveau Front populaire va essayer, bien sûr, de défendre tout le programme, mais va être confronté à une Assemblée nationale dans laquelle il n'est pas majoritaire. Mais prenez la question des retraites.
Emmanuel Macron n'a pas pu imposer la réforme des retraites par le vote. Il n'y a pas eu de majorité pour adopter la réforme des retraites. Il a utilisé le 49-3, donc la brutalité antiparlementaire. Et je pense que parce qu'il n'avait pas de majorité à l'Assemblée nationale pour faire adopter cette réforme. Donc je pense, moi, qu'il peut y avoir une majorité à l'Assemblée nationale pour abroger cette réforme. Et chaque député sera face à ses responsabilités vis-à-vis de ses électeurs. Qu'attendent-ils ? Les électeurs attendent de leurs députés qu'ils abrogent cette réforme de retraite parce que plus de 70% de la population était défavorable à cet allongement de l'âge de départ à la retraite.
Donc, Daniel Simonet, si on vous entend bien, vous, si vous avez quitté le groupe des Insoumises, c'est aussi pour construire des coalitions avec l'aile gauche de la Macronie ?
Non, absolument pas. Non, c'est pas du tout ce que je vous dis. Alors là, d'abord, on va revenir un peu sur ce qui s'est passé. Moi, je suis une députée qui était donc une députée insoumise NUPES. Et dans le groupe de la France Insoumise, j'exprimais un certain nombre de désaccords avec d'autres camarades, à la fois une exigence de démocratie et puis je défendais une stratégie beaucoup plus unitaire. J'avais le sentiment que pendant les élections européennes, Jean-Luc Mélenchon et la direction de la France Insoumise étaient un peu en train de rejouer le match de la brutalité et de faire croire qu'il y a à nouveau deux gauches irréconciliables. On ne va pas revenir sur toute l'histoire,
pardonnez-moi des insoumis, mais c'était simplement pour bien comprendre quand vous dites qu'on va trouver une majorité pour abroger la réforme des retraites. Avec qui ?
Eh bien, je suis pour une stratégie unitaire. Le Nouveau Front Populaire propose l'abrogation de la réforme des retraites et je pense qu'un gouvernement, quel que soit le Premier ministre, doit porter cette abrogation et je ne suis pas certaine que les députés à l'Assemblée nationale votent tous comme un seul homme contre l'abrogation de la réforme des retraites parce que si Macron a été obligé d'utiliser le 49-3, c'est qu'il y avait dans son propre camp comme dans les autres groupes de droite et d'extrême droite des gens qui n'étaient pas d'accord avec cette réforme des retraites. On vous a bien entendu.
Stéphane Robert, chef du service politique de France Culture, est-ce que finalement cette victoire de Yael Brunpivet hier au Perchoir, c'est aussi la victoire d'Emmanuel Macron ?
On a l'impression, on dit que rien ne change. C'est la une de libération. On conserve le pouvoir et qu'avec l'élection de Yael Brunpivet, l'ancien exécutif, en réalité, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas tout à fait vrai. Emmanuel Macron n'a plus vraiment le pouvoir. Le gouvernement n'est plus en mesure de gouverner. Qu'est-ce que peut faire la présidente de l'Assemblée nationale actuellement ? Rien. Qu'est-ce qui va se passer demain ? La conférence des présidents va se réunir, elle va dire qu'on n'a pas d'ordre du jour, on va fermer boutique et on se revoit dans quelques semaines parce que l'Assemblée nationale n'est pas en mesure de travailler aujourd'hui.
Le gouvernement n'est pas en mesure de gouverner, l'Assemblée nationale n'est pas en mesure de faire son travail non plus et Emmanuel Macron est considérablement affaibli. En réalité, il n'y a plus de pouvoir véritablement en place. Ces élections législatives, qu'est-ce qu'elles ont fait ? Elles n'ont pas maintenu au pouvoir Emmanuel Macron et l'ancien exécutif. Elles ont figé le paysage politique.
Elles ont figé un gouvernement dans une position ce sont les mêmes effectivement mais qui n'ont plus du tout, qui ne sont plus en mesure de gouverner, qui n'ont plus le moyen d'exercer le pouvoir et c'est pareil pour Yael Brunpivet qui est considérablement affaibli aujourd'hui et qui n'est pas en mesure de faire fonctionner l'Assemblée nationale.
Mélodie Mogruet vous partagez. Est-ce que cette nouvelle Assemblée clarifie la donne politique comme le souhaitait Emmanuel Macron ou on est revenu au point de départ, c'est-à-dire au 8 juin dernier ?
On est... C'est une fracture. On voit la fracture de la société française en réalité. Donc, est-ce une clarification ? C'est la réalité de la société française. Après, je suis d'accord avec vous sur le fait que l'Assemblée, l'ordre du jour va s'arrêter mais en réalité l'Assemblée pourrait travailler. Il y a tout ce qui est le contrôle par exemple. Donc, il y a les commissions qui... Les 8 commissions qui vont se mettre en place. Elles pourraient faire des auditions, commencer à travailler, commencer... Voilà, il y a d'autres choses. Il n'y a pas que les questions au gouvernement face au gouvernement. Il y a aussi la question des propositions de loi. Il y a aussi...
Voilà, il y a d'autres choses à faire qui peuvent être mises en place même si, on est bien d'accord, il faut attendre un gouvernement. Voilà.
Constance Le Grip, l'Assemblée nationale va fermer boutique samedi. Tout le monde va partir en vacances ?
Alors non, fermer boutique, pardon, ce n'est pas une expression que je reprendrai à mon compte. L'Assemblée nationale est installée depuis l'ouverture officielle de la 17ème législature et personne ne ferme boutique. Pardon, l'Assemblée nationale est constituée. Il y aura peut-être des vacances parlementaires à l'issue de la séquence qui est de droit en vertu de notre Constitution dont je voudrais bien qu'on n'oublie pas quand même les termes ni le fait qu'il y a toujours un chef d'État, chef des armées, qu'il y a un gouvernement. Certes, des missionnaires qui est dans l'expédition des affaires courantes mais tout cela se déroule dans le cadre d'un État de droit.
Tout cela est encadré par nos textes y compris, je dirais, encadré par le contrôle du Conseil d'État. Il y a toujours des hommes et des femmes qui assument les responsabilités de ministres de la République et qui peuvent prendre en cas d'urgence, par exemple, ou de crise appelant des décisions rapides un certain nombre de décisions. Et l'Assemblée nationale est constituée.
Certes, il ne va pas y avoir de nouveaux projets de loi ou de nouvelles propositions de loi qui pourront être mises à l'ordre du jour parce que pour des raisons techniques et juridiques, les propositions de loi, par exemple, ne peuvent pas encore être inscrites et qu'effectivement, l'actuel gouvernement qui est démissionnaire et qui expédie des affaires courantes n'est pas en situation d'imposer dans l'ordre du jour de l'Assemblée nationale l'examen de tel ou tel projet de loi. Mais il y a clairement un certain nombre d'activités qui pourront continuer à être exercées. Les commissions seront constituées.
Il appartiendra à chaque commission de voir si elle inscrit dans son agenda une réunion, par exemple, la semaine prochaine ou pas. Mais clairement, effectivement, ce ne sera pas l'examen d'un projet de loi ou d'une proposition de loi. Mais je ne voudrais pas que s'installe à la faveur des intervenants qui m'ont précédé l'idée qu'il n'y a plus de pouvoir et que tout cela est figé. Je pense qu'il faut faire attention à ne pas avoir... On ne sent pas une grande dynamique non plus, Constance Legris. Non, mais il n'y a pas de dynamique en ce sens qu'effectivement, on est dans une situation... On va écouter le Rassemblement national parce qu'on a...
Je suis désolée, mais il y a eu déjà beaucoup, beaucoup de temps de parole donnée par exemple à Mme Simonnet qui appartient quand même à l'heure où nous parlons à un groupe parlementaire qui n'est composé que de 38 membres. Je voudrais juste terminer ma phrase quand vous regardez ce qui se passe dans les autres grandes démocraties parlementaires qui nous entourent en Europe, par exemple la République fédérale d'Allemagne ou les Pays-Bas. Vous voyez qu'il y a des semaines, voire des mois, entre 3 et 6 mois par exemple pour les Pays-Bas, de discussions et de négociations entre les familles politiques présentes au Parlement avant que d'arriver à élaborer un socle d'accord gouvernemental.
Donc la situation que nous connaissons depuis tout juste quelques jours, elle est assez courante dans les autres grandes démocraties.
C'est inédit chez nous donc ça fait effectivement beaucoup causer dans les médias mais j'appelle quand même à raison garder et à laisser du temps au temps et laisser par exemple l'Assemblée nationale terminer sa phase d'installation et de structuration et ensuite s'installer la séquence de dialogue, de discussion, de travail commun si possible entre hommes et femmes de bonne volonté dans plusieurs familles politiques présentes au Palais Bourbon pour voir s'il y a un chemin possible pour effectivement un accord de gouvernement sur des propositions précises, constructives et qui permettent de répondre aux attentes des Français. France Culture Le temps du débat Astrid De Vilaine
En ce qui concerne le nouveau Front populaire je crois qu'on voit bien que c'est l'escroquerie de l'année une escroquerie d'abord pour leurs électeurs qui se retrouve fort probablement mari d'avoir voté pour des gens qui sont non seulement d'une nullité absolue puisqu'ils n'ont pas capable de s'entendre mais qui les ont trahis trompés en leur faisant croire qu'ils allaient mettre en place des dispositions d'un programme qu'ils ne mettront jamais en place parce qu'ils ne veulent pas le faire pourquoi ? Parce que la LFI ne veut pas jouer la LFI ne veut pas assumer ses responsabilités et c'est la première étape avant même d'être désignée par Emmanuel Macron.
La voix de Sébastien Chenu candidat malheureux au perchoir pour le Rassemblement National arrivait troisième avec 141 voix il s'exprimait hier soir jeudi sur le plateau de BFM TV alors peut-être votre réponse Daniel Simonnet et puis j'aimerais qu'on rentre un petit peu dans le dur de ces négociations est-ce que vous Daniel Simonnet député écologiste et social vous aimeriez que le RN soit tenu à l'écart que le cordon sanitaire soit rétabli par rapport à tous ces postes qui sont en train d'être répartis de vice-président de Kester etc
alors deux choses d'abord sur le nouveau Front Populaire oui moi je regrette que nous soyons toujours pas mis d'accord pour choisir un ou une Premier Ministre et je pense que la méthode n'est pas la bonne plutôt que de faire la réunion en conclave en huis clos des dirigeants des partis politiques la bonne méthode serait de rassembler l'ensemble des parlementaires d'auditionner les candidatures je trouve que la candidature du guet de vélo est très intéressante mais il faudrait pouvoir auditionner ces candidatures et ensuite permettre un vote préférentiel par exemple non mais restons pardonnez-moi sur l'Assemblée restons sur l'Assemblée oui mais c'est l'Assemblée parce que justement je pense que c'est aux parlementaires réunis en Assemblée plénière de choisir le Premier Ministre d'accord mais sur les postes l'extrême droite voilà concernant l'extrême droite on a fait un barrage républicain c'est-à-dire que quand des candidatures du nouveau Front Populaire étaient en troisième position et qu'il y avait un risque RN et bien on a on s'est désisté on a retiré nos candidatures la Macronie a fait de même dans une majeure partie d'endroits bien pour le barrage républicain ce barrage républicain doit se poursuivre y compris dans l'Assemblée nationale si on veut être un minimum cohérent pourquoi on demande à des électeurs de participer à ce barrage républicain et que par contre une fois élu député et bien on co-gérerait l'Assemblée nationale avec le Rassemblement national je trouve que là il y a une incohérence totale Constance Legripe
vous partagez vous qui en plus avez été au Parlement européen où le cordon sanitaire existait à l'époque
excusez-moi j'ai eu un petit moment d'absence je n'ai pas entendu je vous redis la question je suis désolée c'est très difficile comme vous le savez nous avons des tours de scrutin qui se succèdent et je voulais être sûre de n'avoir pas loupé un épisode et je vous remercie d'être avec nous j'ai fait un petit aller-retour mais c'est assez important de faire en sorte que les tours de scrutin se déroulent au mieux sans qu'il y ait des atteintes à la sincérité du scrutin
surtout qu'on parle déjà d'urne bourrée pour le premier tour mais on ne va pas rentrer dans le détail
n'exagérons rien urne bourrée c'est peut-être une expression un peu journalistique c'est en effet
le bandeau de BFM TV juste la question Constance Legripe c'est faut-il maintenir le cordon sanitaire avec le rassemblement national faut-il les exclure des postes de vice-président de casteurs de secrétaires postes qu'ils occupaient d'ailleurs sous la précédente législature mais en raison du front républicain qui s'est exprimé lors des dernières législatives
moi je suis partisane de ce que les responsabilités puissent être exercées dans la mesure du possible en vertu d'alliances ou d'accords avec les partenaires que nous avons nous le groupe ensemble pour la république de la manière la plus proche possible la plus proche possible de la composition de l'assemblée c'est un petit peu l'idée qui est sous-jacente dans l'article 10 du règlement intérieur qu'on essaye de s'efforcer de parvenir à la composition d'un bureau qui respecte la composition de l'assemblée nationale maintenant il ne s'agit pas de tordre le bras et de faire n'importe quoi les choses se construisent je dirais en bonne intelligence il faut que cela fasse sens et pour ce qui me concerne je n'ai aucunement l'intention pour ce qui est considéré comme les postes à responsabilité pour ce qui me concerne personnellement je n'ai l'intention de voter ni pour les candidats et candidates LFI ni pour les candidats ou candidates du rassemblement national c'est très clair ni pour les LFI ni pour les membres du rassemblement national pour ce qui est de ce qu'on considère être les postes à responsabilité maintenant il y a des accords et des alliances qui se nouent peut-être ici ou là et qui vont aboutir j'espère que cela sera fait je dirais en transparence et en assumant
Mélodie Mockgruet est-ce que vous pouvez nous dire ce qu'il en est du point de vue du droit et comment quelle est votre analyse de ce qui se passe en ce moment même le premier tour qui a été annulé pour les vice-présidences
alors normalement c'est l'article 10 du règlement de l'Assemblée nationale il y avait une réunion ce matin avec la présidente de l'Assemblée nationale et les présidents de groupe pour procéder à la répartition justement du bureau les 6 vice-présidents les 3 questeurs les 12 secrétaires voilà et elle doit se faire en représentation de l'Assemblée nationale et en proportion des groupes donc plus le groupe a de députés plus normalement il a 2 points donc les vice-présidents par exemple ils ont 2 points les questeurs ils ont 2 points et demi mais quand il n'y a pas d'accord donc normalement ça fonctionne en théorie pas trop mal mais quand il n'y a pas d'accord et c'est déjà arrivé en 2022 ce qui se passe c'est qu'on ne tient pas compte de cela il y a des votes qui ont lieu comme là cet après-midi et donc là les votes c'est comme les votes d'hier avec la présidente de l'Assemblée nationale c'est-à-dire qu'il y a un tour 2 tours c'est en scrutin majoritaire absolu et puis s'il n'y a pas de nom qui sorte au scrutin de majoritaire absolu il y aura un 3ème tour qui fait que là on sera au scrutin majoritaire celui qui a le plus de nombre de voix c'est quand même assez surprenant d'avoir 10 enveloppes supplémentaires déjà normalement il n'y a pas forcément toujours de vote parce que normalement il peut y avoir un accord entre les présidents de groupes là ça devient très compliqué d'avoir des accords puisqu'on a 11 groupes donc c'est le maximum qu'on ait jamais eu déjà en 2022 on en avait 10 et c'était compliqué on est allé souvent à l'Assemblée de 4 à 6 groupes vous voyez donc c'est plus simple de se répartir ce type de postes
Stéphane Robert elle va être gouvernable cette Assemblée on la sent très morcelée très tendue
oui oui de toute façon et puis là ce qui se passe avec la répartition des postes effectivement ça ne semble pas vraiment il n'y a pas d'équilibre qui se dégage ce que dit le règlement de l'Assemblée c'est qu'on s'efforce d'eux on s'efforce d'eux en négociant il y a un système de points qui est mis en place qui fait que en fonction de la taille du groupe ce qui vient d'être dit à l'instant on se répartit les postes en fonction de la taille du groupe mais quand il n'y a pas d'accord et ça c'est prévu aussi on va au rapport de force et on vote et c'est ce qui se passe et quand il y a le rapport de force c'est la loi du plus fort qui s'applique et là en l'occurrence c'est la loi du plus fort qui va s'appliquer c'est à dire que la coalition enfin pour l'instant il n'y en a qu'une il y a la coalition manifestement entre la droite républicaine qui a passé un accord avec le camp présidentiel qui est devenue de fait la coalition la plus forte et la plus nombreuse en nombre de voix qui devient la plus forte et qui vraisemblablement devrait s'octroyer la plupart des postes en vertu de cet accord et c'était induit par ce qui s'est passé hier et par la coalition en vertu de l'élection à la présidence de l'Assemblée nationale à partir du moment où il y a un accord il y a la gauche qui décide de contester au camp présidentiel la présidence de l'Assemblée parce qu'ils sont le premier groupe arrivé en tête à l'issue des élections présidentielles et le fait qu'ils décident de présenter un candidat et d'essayer de prendre le perchoir fait que le camp présidentiel négocie avec la droite et négocie avec la droite quelque chose qui déséquilibre l'attribution des postes donc là on est dans la logique de ce qui s'est passé hier avec la présidence de l'Assemblée nationale
Daniel Simonet vous qui êtes en direct du Palais Bourbon vous avez entendu parler de ces urnes où il y aurait trop de bulletins de vote vous qui avez l'expérience c'est rare quand même c'est quand même
c'est complètement dingue d'abord quand on procède à un dépouillement on commence tout de suite par compter le nombre d'enveloppes et compter le nombre d'émargements et de voir si ça coïncide donc déjà il y a de l'incompétence on ne comprend pas comment ça ça peut être possible et de découvrir qu'il y a 10 bulletins de vote donc 10 enveloppes supplémentaires bon là c'est pas une simple erreur c'est pas une erreur d'une enveloppe de quelqu'un qui aurait oublié de signer donc c'est quand même très préoccupant quand même est-ce qu'on est en train de le dépouillement est énormément long on ne comprend pas pourquoi ça devient vraiment préoccupant tout cela
est-ce qu'on est en train voilà un sketch début à la fin Daniel Simonet puis je vous donnerai la parole ensuite Constance Legris parce qu'on est en train de s'enfoncer progressivement dans la quatrième république
alors écoutez vous savez la quatrième république il y a aussi de grands acquis qui ont été obtenus sous la quatrième république donc ce serait bien de ne pas dénigrer en tous les cas on est plutôt dans une cinquième république qui est complètement au bout du rouleau parce qu'on a tous les travers du système de monarchie présidentielle sans aucune légitimité populaire et donc là on voit bien qu'il faut absolument passer à autre chose quand nous on dit sixième république c'est qu'on dit qu'il faut renforcer la séparation des pouvoirs il faut plus de pouvoir au parlement et il faut aussi repenser le rôle des citoyens et des citoyennes ça devient de plus en plus urgent
quand je parlais de quatrième république je pensais bien sûr à l'instabilité qu'elle a pu causer Constance Legris parce qu'en effet on sent que vous vous rapprochez de la droite de Laurent Wauquiez ou de Bruno Retailleau ils vont d'ailleurs proposer un pacte législatif dès lundi mais en même temps ils ne veulent pas de coalition est-ce que pendant ce temps-là ce sont les préoccupations des françaises et des français qui attendent ?
Je ne crois pas du tout qu'il faut dire que ce sont les préoccupations des françaises et des français qui attendent mais il est important effectivement et je pense que chacun a une responsabilité y compris les médias mais nous députés élus réélus premiers chefs et d'ailleurs je vous remercie de m'inviter mais enfin nous avons une préoccupation aussi qui est de ne pas exagérément commenter et surcommenter tout ce qui se passe actuellement au palais Bourbon dont je pense souvent avec de bonnes raisons la plupart de nos compatriotes n'ont pas grand chose à faire ils viennent de se mobiliser dans les urnes de manière massive je pense qu'ils ont envie de savoir qui va gouverner pardonnez-moi je sors d'une campagne électorale c'est ma troisième campagne électorale croyez-moi je sais ce que c'est que faire une campagne électorale et je sais faire la différence entre des taux de participation faibles et des taux de participation élevés donc de ce côté-là je n'ai aucune leçon à recevoir mais je crois important de rappeler qu'il y a un gouvernement en situation de gouverner certes sous le régime des affaires courantes tout cela est très encadré et très régulé et c'est bien normal par l'état de droit dans lequel nous nous situons et qu'il y a à côté de cela le besoin de tenir compte des aspirations telles qu'elles se sont exprimées des préoccupations des revendications et qui sont reflétées dans le spectre politique intégral avec 11 groupes parlementaires présents au Palais Bourbon donc c'est assez normal qu'il y ait ce temps d'installation et ce temps d'expression où les 11 groupes parlementaires présents au Palais Bourbon essayent de voir ce qui peut les rapprocher ce qui au contraire les différencie ce qui sont les lignes rouges pour les uns les lignes rouges pour les autres et essayent de voir comment dégager un accord de gouvernement parce qu'au bout du compte il faudra bien se retrousser les manches et gouverner réellement sortir du régime de gouvernement par affaires courantes et ça c'est à peu près la seule chose sûre c'est qu'on sortira de ce régime là et on arrivera à un moment où il y aura un gouvernement qui viendra faire sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale installée et qui je l'espère demandera un vote de confiance mais on comprend bien que dans une Assemblée nationale aussi fragmentée avec autant de différenciation politique mais qui encore une fois correspond à l'expression des sensibilités politiques différentes qui se sont exprimées dans notre pays il faut du temps pour construire des accords on vous a bien entendu on vous a bien entendu
Constance Legrippe merci merci infiniment députés ensemble de la 6ème circonscription des Hauts-de-Seine Daniel Simonnet également depuis le Palais Bourbon réélu à Paris ancienne insoumise vous siégez désormais avec les écologistes et Mélodie Mock-Gruet docteur en droit public merci d'avoir été avec nous je cite votre ouvrage le petit guide du contrôle parlementaire qui va sans doute nous être très utile ces temps-ci chez l'Armatan en 2023 et merci Stéphane Robert chef du service politique de France Culture d'être resté un peu plus avec nous pour ces circonstances exceptionnelles le temps du débat a été préparé ce soir par Juliette Mouelic Margot Bouillet et Margot Léridon à la réalisation Vivian Lecuivre et à la technique d'Ali Ya vous pouvez réécouter cette émission sur franceculture.fr et sur l'application Radio France on se retrouve lundi
Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Yaël Braun-Pivet