Trump : comme un roi à Versailles ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le président américain qui sera reçu ce soir en grande pompe au château de Versailles, dîné avec Emmanuel Macron. Les deux hommes tout juste revenus déviants où se tient le G7 Dernier jour, aujourd'hui conférence de presse finale attendue aux alentours de 15h. Quel bilan peut-on faire de ce sommet qui a lieu dans un contexte particulier au moment où un accord a été conclu entre les Etats-Unis et l'Iran Ce G7 a-t-il aussi marqué un tournant dans la guerre en Ukraine ?
Un revirement de Donald Trump a-t-il lâché Vladimir Poutine ? On va parler de toutes ces questions avec nos invités. Bonjour Loïc Hervé, merci beaucoup d'être là sénateur Union centriste de la Haute-Savoie c'est dans votre département que se tient donc ce G7 d'Evion on va en parler, bonjour Dina Badiop merci également d'être avec nous députée socialiste des Yvelines et bonjour Romual Thiora essayiste et et directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis et de l'IRIS.
On va revenir sur tout ce qui s'est passé durant ce G7, l'Iran, l'Ukraine, et ce dîner ce soir en grande pompe à versailles. Est-ce qu'Emmanuel Macron, Romuald Soura, il a réussi son dernier G7 ? Écoutez, oui et non.
Deux choses. Emmanuel Macron avait parfaitement géré la relation avec Donald Trump durant son premier mandat. Cela avait été très malin de la part du président, d'en faire l'autre donneur.
Pour le 14 juillet 2017, Trump était un électron libre. Bref, ça avait été très bien géré. Trump avait une forme d'affection pour Emmanuel Macron.
Il l'a toujours d'ailleurs plus ou moins. – C'est une forme d'affection pour Emmanuel Macron. Quand on entend ses propos, on a l'impression qu'il a plutôt tendance à le démigrer. – D'affection paternaliste.
Il aime bien Macron. Non, non, c'est sincère. Et je ne connais pas Emmanuel le Macron, mais je pense qu'il apprécie entre guillemets ce lien de sympathie, si ce n'est d'amitié entre les deux hommes.
Le souci, c'est que Trump de haut n'a rien à voir avec Trump 1. A l'époque, c'était un homme isolé, sans colonne politique vertébrale. Trump est arrivé en 2025 à la Maison-Blanche, épaulé par l'extrême droite américaine qui est une extrême droite ultra radicale.
Rassemblement national, ce serait des doux centristes à côté en comparaison. Et toutes ces personnes sont arrivées à la Maison Blanche avec des objectifs très précis. Pour l'international, mettre à bas le système multilatéral poste 45, nous ramener dans une ère où règne le bilatéralisme, la loi du plus fort.
Bref, ils ont transformé les Etats-Unis en la première superpuissance voyou de l'histoire moderne. Et Donald Trump en est non pas l'artisan, mais le porte-étendard. Les relations sont très différentes.
On voit ce qui s'est passé depuis un an, on voit combien l'Amérique a fait s'éloigner ses proches d'alliés, le Canada, l'Europe, l'Afrique qui regarde de plus en plus vers la Russie et la Chine. Les alliés du Golfe qui ont compris que les Etats-Unis ne seraient pas toujours là pour les protéger. Bref, c'est une Amérique beaucoup plus réactionnée au sens propre et beaucoup plus isolée. donc après la capitulation en Irak, parce que c'est une capitulation je ne vois pas on y reviendra tout à l'heure mais je ne vois pas comment on pourrait appeler ça autrement bref, je ne pense pas qu'il ait été opportun d'inviter le président des Etats-Unis à Versailles.
Être très correct avec lui, le flatter quand il faut, un petit dîner personnel, mais la France...
Je me permets juste de conclure là-dessus. La France n'est pas qu'une puissance moyenne. La France est aussi une grande de voix.
Et mettre Donald Trump sur un piédestal, l'homme le plus impopulaire au monde aujourd'hui, est peut-être une bonne idée stratégique pour les relations mais une très mauvaise idée diplomatique pour l'image de la France. – Loïc Hervé vous partageait et il ne veut pas saluer faire ce dîner Je ne partage absolument pas. On fête cette année les 250 ans de l'indépendance américaine.
Nous sommes les plus anciens alliés des Etats-Unis. La patrouille de France est aux Etats-Unis. En ce moment, elle fait des shows partout dans le pays et il faut distinguer l'amitié qui existe entre...
Qui est fondamentale, en fait, entre la France et les Etats-Unis. Et la période que nous vivons, je pense que le président de la République a réussi son G7. Il faut dire que l l'agenda du monde l'a aidé puisque ce G7 tombe à point nommé dans une semaine où se dénoue d'une certaine manière l'affaire iranienne.
La venue de Zelensky à Evian est aussi un moment important et sur cette invitation à Versailles, bon c'est vrai on avait déjà eu le tapis rouge en 2017 mais je crois qu'il ne faut pas négliger la relation bilatérale avec les Américains. Si on Si on veut se réarmer en Europe, reprendre la main sur notre propre défense, ce qui était déjà quelque chose qui avait été lancé sous Obama. Le fait de désengagement américain n'est pas une n'est pas que l'affaire de Trump.
C'est quelque chose qui est assez continu depuis Barack Obama. On ne peut pas non plus couper toutes les relations qu'on a avec les Américains. Alors c'est sûr qu'il y a une la réalité.
Alors évidemment avec des nuances qui sont des nuances très importantes. Mais regardez la personnalité du Premier ministre canadien. Remarquable !
Donc si nous voulons garder un lien transatlantique avec les Américains mais aussi avec les Canadiens, mais aussi avec les différents européens qui sont présents au G7, je pense qu'on a intérêt à parler à tout le monde. Et bien sûr qu'il y a une dimension de flatterie dans l'affaire de Versailles, mais le Président de la République est dans ses derniers mois de présidence, donc chaque mois doit être utile et doit être mis au service de la paix et de l'influence de la France dans le monde. Et à cet égard, je pense que c'est pas inutile de faire ça.
Avant de faire réagir, on va écouter Donald Trump. Vous allez voir, il n'est pas J'adore les beaux endroits. Je devais partir dans l'après-midi et le président français, qui se trouve être un homme très gentil, m'a invité à dîner à Versailles.
Et Versailles, c'est pas du plaqué or. Versailles, c'est le vrai truc. Alors j'ai dit j'aimerais le faire.
Vous savez, ça veut juste dire que je rentrerai plus tard dans la soirée, c'est-à-dire tôt le matin. Et de toute manière, je ne suis pas un gros dormeur, je ne perdrai pas une minute pour le bureau Vous l'avez entendu, Dina, Versailles, ce n'est pas du plaqué or. Il fallait le recevoir à Versailles ?
Non. Sincèrement, quand on voit tout ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, on est en pleine Coupe du monde, quand on voit ce que fait l'administration de Donald Trump alors que normalement c'est une fête populaire, quand on voit que certains sont refoulés...
Vous avez quand même un arbitre somalien qui a été qui a été empêché de venir là-bas. Moi je crois qu'avec tout ce qui s'est passé, avec ICE, avec toutes les critiques que nous avons pu formuler, avec cette justement tradition française de défense des droits de l'homme, etc., moi je ne crois pas qu'il fallait le recevoir à Versailles.
Le recevoir, certes, c'est un partenaire. Pour moi, on peut se poser la question de savoir si c'est toujours notre allié. Puisque nous sommes en train de travailler justement sur la souveraineté non seulement de la France, mais aussi de l'Europe sur différents points.
Bien sûr qu'au moment du G7, il faut discuter. Il y a des points importants qui ont été mis à l'ordre du jour. Moi, je salue le fait par exemple qu'on puisse parler de la lutte contre les cancers parce que nous avons toutes et tous un proche qui a été touché par cette maladie.
Mais je crois qu qu'il y a une sorte d'hypocrisie et de « en même temps » qui ne cesse de traverser Emmanuel Macron. Quand on vient me parler par exemple de solidarité internationale, quand on sait quelles sont les coupes drastiques qui ont été effectuées non seulement par nous, mais parler de solidarité internationale, lorsque Donald Trump a décidé de manière unilatérale d'arrêter USAID et le nombre de morts ou de personnes qu'on a abandonnées à cause de cette à cause de cet arrêt brutal du USAID que toutes les ONG, par exemple, dénoncent, je crois qu'il y a quand même un palier qu'il ne fallait pas franchir avec Versailles. – Louis Carvey, quand vous entendez ça, est-ce que Donald Trump c'est C'est encore notre allié.
Je rajoute à ça sa menace de taxer à 100 % nos vins et nos champagnes si jamais Emmanuel Macron ne cède pas sur la taxe GAFAM. On peut encore aujourd'hui le qualifier d'allié ? Allez, on y va sur l'amitié franco américaine.
On a des élections aux États-Unis dans quelques mois. La situation politique du président américain, si nous voulons, sur les questions que vous évoquez, ma chère collègue, sur les questions de politique intérieure, les décisions politiques. Si nous voulons avoir la moindre influence, bien sûr qu'il faut discuter avec Donald Trump.
Et puis il y aura un autre président après Donald Trump dans deux ans. Parce que ça va très vite aux États-Unis et l renouvellement. Ce sera peut-être un ultra conservateur qui sera dans la suite de Donald Trump et qui sera une forme de troisième mandat de cette continuité maga, si si on veut, ou alors ce sera peut-être un démocrate, quelqu'un d'autre qui prendra le pouvoir aux Etats-Unis.
En tous les cas, on ne doit jamais méconnaître la relation franco-américaine, évidemment. Et ce serait une erreur de le faire maintenant que d'accroître une quelconque brouille avec les Etats-Unis et je suis loin d'être Trumpiste, je partage totalement vos analyses sur la politique qui est menée et je suis extrêmement préoccupé par la dérive du président américain mais pour autant dans la période que nous connaissons avec la question israélo-palestinienne, avec la question de l'Iran, avec la question de l'Ukraine, avec les autres théâtres dont nous ne parlons pas mais qui ont été évoqués à Evian. Il est important que le président français puisse avoir ces temps de partage, de dialogue.
La symbolique de Versailles, moi je suis attaché à l'histoire de France, il se trouve que c'est à Versailles qui a été signé le traité d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique, c'est comme ça. C'est cette année que ça tombe, les 250 ans, et c'est pas rien que nous ayons été...
On aurait pu faire ça dans 7 ans, au moment du 250e verset du traité de Versailles. Je Je permets...
Pour des raisons personnelles et pour des raisons politiques, je pense que l'amitié franco-américaine va bien au-delà des personnes et que le célébrer, c'est quelque chose d'important. C'est tellement, mais pas comme ça. Écoutez, je suis américain, je vis aux Etats Unis, l'amitié, je suis né en France, franco-américaine est pour moi très importante et vous avez absolument raison.
Personne ici ne vous dit qu'Emmanuel Macron aurait dû gifler le président des Etats-Unis ou le boudé, bien évidemment. Les Etats-Unis...
Les Etats-Unis sont encore notre partenaire, sont encore...
Un allié fiable ? Notre. Je suis américain et français donc là je parle en tant que français.
Sont encore bien évidemment un allié fiable, non. Comme je disais précédemment nous entrons dans une ère le multilatéralisme post 45 est mort. McCartney dont vous parliez, le premier ministre canadien a été très clair et c'est été le premier à le dire.
Nous ne reviendrons jamais dans l'ère que nous avons connue pendant 80 ans. Ce n'est pas Trump qui a mis... qui aura démoli le multilatéralisme.
La déliquescence de celui-ci, de ce système a déjà commencé bien avant et l'ONU est une naine sur la scène politique depuis déjà près de 20 ans. Il aura accéléré nos mouvements avec cette extrême droite Maga qui est arrivée au pouvoir avec lui l'année dernière. Pour vous, il n'y a pas de retour possible sur la question du multilatéralisme ?
Ce G7, ce n'est pas la preuve que le multilatéralisme est encore disant. J'ai travaillé 10 ans à l'ONU, j'ai eu mon bureau, j'écris 6 livres sur l'ONU, j'étais un grand avocat de l'ONU, du multilatéralisme mais il faut être lucide, c'est comme quand vous voyez un type tomber d'un building. La question n'est pas de savoir s'il ne va pas se briser les os.
Non, bon, c'est fini, il faut appeler une ambulance et voir si on peut sauver quelque chose. Le multilatéralisme tel que nous l'avons connu, c'est terminé. Ça, c'est clair.
L'amitié franco américaine doit perdurer. Et vous avez tout à fait raison, surtout dans ce moment de l'histoire. Emmanuel Macron a tout à fait raison de bien recevoir le président américain.
Il a tout à fait raison. Je pense même qu'il aurait dû organiser un dîner amical privé. Non, le problème n'est pas la stratégie diplomatique de Macron.
Le problème, c'est l'image de la France. Il aurait pu alterner les deux. Bien recevoir le président américain, savoir lui parler, le flatter.
Mais il oublie l'image de la France à l'étranger dans le monde. On parle quand même d'un président allié à une extrême droite crypto-fasciste. Je vis aux Etats-Unis.
Regardez, prérogative du Congrès. Et ça, on est tous les deux d'accord là-dessus. Prérogative du Congrès renie au profit de la Maison Blanche judiciaire en partie entre les mains du bureau Oval.
Université, l'Université de Colombien vient de sortir un de mes derniers livres qui est sorti il y a deux mois aux Etats-Unis. Je peux vous dire les pressions qu'on a des départements qui ont été mis sous tutelle, du jamais vu dans une démocratie occidentale depuis les années 30 du XXe siècle. Agence Médias publics fermés, médias privés sous pression, ICE devenu une police politique, le garde national déployé, etc.
Sans parler du culte de la personnalité de ce monsieur qui a maintenant...
Heureusement que mon passeport n'a pas été renouvelé. Ma femme doit avoir renouvelé son passeport début juillet. Elle prit le ciel de ne pas avoir la photo de Trump.
Vous savez que sur de nombreux passeports, nous aurons le portrait de Trump sur les passeports imprimés en juillet. Bref, je pense qu'après ce qui s'est passé en Iran, après l'enlèvement illégal de Maduro, qui est un criminel, il n'y a pas de doute, après la politique de taxation de Trump, les insultes contre Macron, etc., je pense que la France se serait enorgueilli de rester la voie qu'elle était en recevant très bien le président américain, en le flottant.
Beaucoup d'amitié. Mais en évitant le symbole de Versailles, car je pense que c'est une erreur stratégique monumentale. Mais nous sommes d'accord sur le fond, l'amitié américaine doit être très bonne.
Alors on diverge seulement sur la question dîner ce soir à Versailles. Sur le reste, on est assez d'accord. En plus, je dis ça à Savoyard.
Je dis ça à Savoyard, ça n'a pas du tout. Pardon, Louis Kervé. C'est une idée politique qui envoie me pencher.
Pas du tout. Vous savez combien je suis chauve. On a été troublés par le début.
C'est un mauvais lapsus. Sur ce que vous avez dit, ce G7 se tient au moment où va être signé l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis. Pourquoi vous nous dites que cet accord, c'est une capitulation ? – Écoutez, quels étaient les buts ?
Faire tomber le régime des Mola. Il est toujours là, il m'aimerait faire un mis sur la scène régionale. L'hémicide balistique, on n'en parle même pas.
Le nucléaire, arrêtons d'être naïf. Ça fait partie maintenant, les Iraniens ont reçu un tour de passe-passe extraordinaire. C'est-à-dire qu'on ne traite plus en priorité les raisons de la guerre nucléaire.
On traite les causes de la guerre, c'est-à-dire le détroit d'Hormuz qui fonctionnait très bien avant que ce monsieur Donald Trump nous entraîne dans cette guerre. Le nucléaire va faire partie d'une seconde salle de négociations qui va traîner des mois, des années. On sait très bien que Trump va passer tout ça sous la poussière, sous le tapis et s'occuper d'autre chose.
Probablement Cuba, il voulait absolument un papier, même un mauvais accord. Il lui fallait quelque chose pour tenter de garder la tête haute face à ces magas. Et juste pour conclure, probablement les Iraniens vont avoir 12 milliards de dollars dégelés vendredi à la signature de cet accord.
On parle d'un investissement 300 000 dollars. Alors je suis peut-être un culte, mais moi j'ai cru comprendre dans l'histoire qu'en principe c'était pas les vaincus qui touchaient de l'argent après une guerre. C'est une capitulation aussi ?
On dirait pas ça comme ça, mais en tout cas ça démontre l'idiotie totale de ce conflit à l'égard de l Iran dont les objectifs stratégiques n'ont pas été atteints, bien évidemment. Et surtout le fait que cette impréparation qui n'est pas du tout d'ailleurs dans la culture des États-Unis et dans la culture de l'armée américaine, une armée de planification. Donc ils n'ont pas du tout habitués à ce type d'opération.
En tout cas, ils ne sont pas habitués à ce type d'opération quand ils les perdent. Donc capitulation, non, ce n'est pas le terme adapté. Mais en tout cas, une fin d'opération et des objectifs non atteints. – Diena Badiop ? – Non mais on voit surtout que finalement, on va arriver à un durcissement du régime qui est déjà en place.
Et Et effectivement, c'est un mauvais accord. Mais on est encore là dans l'illustration de ce que fait Trump. C'est-à-dire que pour lui, ce qui prime, c'est l'image.
C'est de pouvoir dire « j'ai mis fin à la guerre, j'ai tenu mes promesses, et effectivement, ce faisant, il rassure son électorat. Et c'est pour ça que je crois qu'il faut pas tomber dans le panneau et nourrir cette image de finalement d'un grand chef d'État qui qui finalement est reçu en grande pompe chez nous, en France. Moi, je suis très inquiète parce que la façon dont s'est déclenché ce conflit, la façon dont on vient le finir, entre guillemets, c'est tout sauf une protection des populations civiles.
C'est tout sauf un respect des droits humains. Et moi, je suis extrêmement inquiète sur la suite. Un pour le peuple iranien, parce que ce n'est pas un bon accord, parce que ça ne protège pas celles et ceux qui sont les premières victimes de ce conflit, c'est-à-dire la population en Iran.
Et effectivement, les mots là...
Mais pour vous, ça va être pire ? Bien sûr, évidemment. Ça va durcir le régime des MOLA ?
Bien sûr que ça va durcir le...
Bien sûr, ça va durcir le régime des MOLA. Et je ne vois pas où sont les garanties que finalement, cette intervention qui violait de toute façon le droit international et qui aujourd'hui signe un mauvais accord, comment est-ce qu'on protège les populations civiles qui sont restées sur place et qui vont subir, effectivement, moi j'en suis certaine, une répression qui sera bien plus importante que ce qu qu'elles vivaient déjà ? Non, ce qui est intéressant et comme conséquence, ce qu'il faut vraiment analyser, c'est le changement de la nature du régime à Téhéran.
C'est-à-dire qu'en fait, plus que renforcer le régime de Mola, en réalité, c'est le transfert vers les gardiens de la révolution, c'est vers l'armée, c'est un régime...
L'Iran va devenir une dictature militaire. C'était une forme de théocratie avec un clergé chiite très dur. Demain, ce sera un régime militaire est sans doute encore plus dur.
Finalement, au-delà du fait que les buts stratégiques n'ont pas été atteints, l'une des conséquences, ça va être ce transfert du pouvoir à Théran. On ne sait pas si le nouveau guide suprême est encore vivant. Son père n'a jamais été enterré, ce qui dans la foi chiite est quelque chose de très particulier.
C – Il va se passer dans les semaines qui viennent des choses à Téhéran qu'il faudra suivre de très près. Et moi, je voudrais dire quand même que dans cette affaire-là, l'un des grands perdants est quand même Israël parce que l'objectif de Netanyahou, c c'était d'affaiblir l'Iran et de priver l'Iran de toute capacité nucléaire. Aujourd'hui, on n'est pas certain que cet objectif -là pour Israël ait été atteint. – Justement, on va s'intéresser à cette question du nucléaire.
On va écouter Laurent Fabius qui était l'invité ce matin de France Inter. Il avait, lui, négocié l'accord sur le nucléaire en 2015. Pour lui, on n'est pas au bout de nos peines.
On l'écoute. Là, on nous dit que l'accord, enfin, le projet d'accord, c'est une page et demie. L'accord qu'on appelle JCPOA, c'est 159 pages plus 5 annexes.
Parce que chaque détail doit être précisé. Combien de centrifugeuses comment se font les contrôles de l'AIEA, qu'est-ce qui est autorisé en matière de recherche scientifique, quelles sont les centrales qu'il faut détruire. Bon et donc plus que jamais le diable est dans les détails.
Bien évidemment je ne pense pas que l'Iran stoppera son programme nucléaire, ce qui est écrit aujourd'hui c'est que nous allons maintenant après ce préaccord, ce bout de papier partir dans des négociations qui vont s'éterniser. Donald Trump va se désintéresser du dossier, il ne voudra surtout pas qu'il y ait des soubresauts, des coups de théâtre, il va déjà devoir tenir Netanyahou en laisse, donc d'autant plus, et si l'ironie de la chose, c'est que cette administration a contribué à mettre à bas le système multilatéral, et là, pour ce sujet précis, le nucléaire, on aurait besoin évidemment du système onusien, de l'AIEA, etc., etc.
Donc non, l'Iran va continuer son programme nucléaire, peut-être qu'ils vont proposer un moratoire d'un an ou deux, faire un petit peu oublier la chose, mais ils vont se restructurer, on va avoir effectivement un régime militaire et une région qui va également totalement se recomposer. Parce que vous parliez des répercussions de cette guerre, et quand je parle de capitulation, ça peut sembler un petit peu fort, mais cette guerre va laisser une empreinte beaucoup plus considérable que la guerre du Vietnam, qui avait été un choc symbolique. La grande puissance américaine perdait une guerre alors qu'elle les avait gagnées jusqu'à présent.
Là, les Etats-Unis, je le répète, sont isolés comme jamais. Le Canada regarde vers l'Europe, l'Europe regarde ailleurs, l'Afrique regarde vers la Russie, la Chine et les pays du Golfe ont bien compris que le géant américain ne serait pas toujours là pour les protéger. Et donc, que l'Iran pourrait et sera probablement une puissance nucléaire à moyen terme.
Et donc, eux aussi vont devoir restructurer leur système d'alliance, peut-être avec un Israël qui a été lâché par Donald Trump sur ce dossier et qui va lui aussi, Israël, devoir non pas se détourner du genre américain. Mais regardez vers d'autres partenaires, l'Iran nucléaire malheureusement pourrait être une réalité. Israël, pardon, le EKV, ils vont laisser l'Iran et les Etats-Unis toper le l'armée israélienne est tellement dépendante de l'industrie de l'armement américaine et notamment du financement américain que ça qu'il n'y aura pas d'autres choix.
Et je pense que Donald Trump en veut énormément à Benjamin Netanyahou d'avoir lancé cette attaque sur le sud de Beyrouth le jour de l'anniversaire, qui était quand même une espèce d'événement mondial avec le match de boxe et puis je ne sais pas quoi, le concert à la Maison Blanc. Il en veut énormément de lui avoir gâché entre guillemets, de lui avoir gâché la fête et surtout d'avoir mis en danger ce bout d'accord qui a été signé. Donc, oui, vraiment, je pense qu'Israël est le grand perdant de cette affaire-là.
On va terminer sur un autre conflit, c'est la guerre en Ukraine, puisqu'au G7 Déviant, il en a également été question. Diana Badiop, est-ce que, selon vous, ce G7 marque un tournant, un revirement de Donald Trump sur cette guerre en Ukraine ? Est-ce qu'il est en train de lâcher Vladimir Poutine ?
Je ne suis pas sûre que ça marque un revirement. Je crois surtout que Donald Trump est dans une situation où il se dit qu'il ne peut pas gérer plusieurs fronts à la fois. Il était totalement focalisé sur la situation en Iran.
Il fallait absolument obtenir un bout d'accord. Je ne sais pas s'il est en train de faire un revirement, mais s'il reste un allié, ce n'est pas un allié fiable. Et c'est ça notre problème aujourd'hui, c'est que nous sommes en incapacité de pouvoir assurer les États-Unis d'un soutien clair et constant sur la ligne qui est la ligne européenne.
C'est ça notre sujet. On n'a pas oublié les images d'humiliation de Zelensky à la Maison-Blanche, on n'a pas oublier effectivement les injures aussi de Donald Trump à l'endroit du président de la République française. Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, rien n'est acquis et je crois que Zélensky qui lui-même sait qu'il ne peut pas compter sur les Etats-Unis, mais on est obligé de discuter avec lui parce que c'est un allié incontournable et qu'il va falloir continuer d'essayer de maîtriser finalement les contours de ce soutien alors qu'on a zéro garantie.
Et c'est bien ça notre problème aujourd'hui, c'est que le multilatéralisme était justement le gardien d'une position commune et qu'aujourd avec tout ce qui se passe, eh bien on est dans les mains du bon vouloir de Donald Trump et de consorts. On va l'écouter justement Emmanuel Macron sur cette question de l'Ukraine, c'était il y a quelques Nous avons décidé au niveau du G7 de soutenir l'Ukraine plus fortement. D'abord pour qu'elle puisse se défendre face aux tirs de missiles et aux attaques de drones.
Ensuite, pour qu'elle puisse avoir des capacités pour se projeter dans la profondeur. Nous avons aussi décidé tous ensemble, dans l'unité de ce G7, d'accroître la pression sur la Russie et en particulier sur la question des ressources de pétrole, de gaz qui servent la Russie à financer son effort de guerre. Et donc ce G7 est un moment, je crois pouvoir le dire, de réveil stratégique où tous ensemble, États-Unis, Japon, canada européen nous avons décidé d'agir de concert aux côtés de l'ukraine pour au fond défendre notre unité les valeurs dans lesquelles nous nous croyons, et la situation actuelle. – Voilà, ce qui restera aussi de ce G7 Déviant, c'est cette unité justement sur la question de l'Ukraine, Louis Kervé.
Est-ce que là, il y a un revirement de Donald Trump ? – Depuis le début du débat, on explique que le multilatéralisme n'existe plus, ce que j'ai entendu. Et on prouve le contraire.
On prouve que dans ce contexte effectivement de désengagements et d'imprévisibilité des aides de l'alli américain, on a quand même une capacité de porter des initiatives collectives d'un certain nombre de nations qui sont essentiellement des nations otaniennes mais également le Japon et qui permettent de porter un certain nombre d'initiatives et de confirmer une stratégie. L'Ukraine résiste, l'Ukraine résiste bien et ce n'est pas maintenant qu'il faut lâcher les Ukrainiens, bien en contraire. D'autant plus que si on est dans la semaine du salon Eurosatory, les questions de réarmement de l'Europe se posent et on sait très bien que l'agenda russe dans les années qui viennent peuvent peut nous mener, ce n'est pas du tout une certitude, mais peut nous mener à un moment donné à un incident grave avec un État de l'Union Européenne.
C'est la raison pour laquelle ce qui a été décidé à Evian est fondamental. En deux mots, ça ce n'est pas le multilatéralisme, c'est une alliance de puissance. Le multilatéralisme, c'est un système basé sur des organisations multilatérales.
Tout ça, bisounours, le président n'a pas compté ses efforts, c'est vrai, Trump ne changera pas d'avis vis-à-vis de Poutine. Ce qui m'inquiète, c'est que Poutine n'est pas Trump. S'il doit perdre la guerre, je ne suis pas certain qu'il l'acceptera.
Et donc, je crains, je crains qu'il devienne très, très méchant. Merci beaucoup. Merci à tous les trois pour ce débat, Romuald Merci beaucoup d'avoir participé à ce débat.
Merci à tous de nous avoir suivis à 15h. Vous suivrez en direct, en intégralité, la séance de questions au gouvernement depuis le Sénat. Et nous, on se retrouve demain.
Très bonne journée.
Emmanuel Macron