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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 14 mars 2023 11 minComplaisantActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiSolidarités & famille

Avec les éboueurs en colère : "Si c'est 64 ans, on va crever au boulot"

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:59OuverteRéponse directe

    Quelle est la situation des éboueurs en grève contre la réforme des retraites ?

  • 2:15OuverteRéponse partielle

    Faire appel à un service de nettoyage privé pour évacuer les déchets serait-il une casseuse de grève ?

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Le texte adopté au Sénat vous fait-il réagir ?

  • 4:38FerméeRéponse directe

    On n'est plus sur les 62 ans, c'est bien 60 ans ?

  • 4:45OuverteRéponse directe

    Qu'en est-il de la pénibilité reconnue pour votre métier ?

  • 7:28FerméeRéponse directe

    Combien de tonnes de déchets sont-elles accumulées dans les rues ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27InvitéFait
    « Maintenant, c'est même plus un gouvernement avec une démocratie, il n'y a plus de démocratie. »
  • 3:22InvitéChiffre
    « Je vous rappelle que les égoutiers ont une espérance de vie de 17 ans en moins par rapport à la population de référence du 93. »
  • 3:36InvitéFait
    « Donc si en plus on nous rajoute deux années de plus, on va crever au boulot. »
  • 4:36InvitéFait
    « La retraite à 60 ans. »
  • 5:14InvitéFait
    « Il y en a qui est parti deux mois après, il est mort malheureusement en an à un cardiaque. »
  • 6:22InvitéFait
    « La retraite à 60 ans. »
  • 7:31InvitéChiffre
    « On a dépassé les 5500 tonnes, je pense. »
  • 8:55InvitéFait
    « On n'a pas du tout envie d'aller jusqu'à 64 ans. »
  • 9:47InvitéChiffre
    « On voit, il y a 78% de la population, déjà, qui, malgré le soutien massif aux grèves contre la réforme, qui considèrent que, de toute façon, la réforme va passer. »
  • 10:14InvitéFait
    « On va mettre le feu, on va tuer des gens. »

Temps de parole

  • Présentateur29 %
  • Invité20 %
  • Invité 217 %
  • Invité 310 %
  • Invité 47 %
  • Invité 56 %
  • Présentateur 23 %
  • Invité 63 %
  • Invité 73 %
  • Présentateur 32 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

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0:27
Invité

Maintenant, c'est même plus un gouvernement avec une démocratie, il n'y a plus de démocratie. Et là, tout est bloqué depuis une semaine. Tout est fermé, il n'y a plus aucun comment qui soit. La seule réponse qu'on peut leur apporter, c'est le rapport de force massif. On va crever au boulot. C'est peut-être ce que cherche le gouvernement, remarquez. Moi, je trouve que ces paroles, elles sont très inquiétantes. C'est très grave de dire ça. Ceux qui disent le contraire, ils ont à venir faire le boulot. Hier, j'ai gagné un reportage sur mai 68. Et je vous avoue que là, je suis chaud bouillant pour continuer.

0:53
Présentateur

Salut, c'est Gemil. Et pour le Média, je vous emmêle aujourd'hui une nouvelle fois prendre l'air. Et cette fois-ci, il risque d'être bien chargé en odeurs. D'abord, celle des ordures qui envahissent Paris, mais surtout celle de la colère des grévistes qui luttent contre la réforme des retraites, dont le texte a été adopté manu militari par le Sénat, majoritairement dominé par la droite, ce samedi peu avant minuit. Nous sommes lundi matin, ce 13 mars 2023. Et je suis actuellement à l'incinérateur d'Ivry, au bord du 13e arrondissement de Paris, où se mobilisent les éboueurs, les travailleurs et travailleuses du secteur, qui bloquent le site depuis une semaine déjà.

Ces derniers jours, vous l'avez entendu comme moi, dans la bouche des politiques, comme dans nombre de reportages télévisés, la même petite musique. Des poubelles qui jonchent les rues de Paris et qui s'entassent sur les trottoirs sous le regard des abusés des riverains.

1:39
Invité

Ici, il y a Marguerite, qui est une touriste américaine qui vient du New Jersey.

1:42
Présentateur

Les éboueurs de la ville de Paris sont en grève contre la réforme des retraites. Insupportable pour un pays comme le nôtre.

1:49
Invité

Il suffit d'aller derrière, c'est envahidra, alors j'ai une phobie totale. L'image de Paris, c'est une honte. On ne peut pas laisser croître des montagnes d'ordures dans les rues de la capitale. Toute la merde, là, qu'il y a derrière, parce qu'il y a une grève qui s'est organisée.

2:03
Présentateur

On en a un peu ras-le-bol, effectivement, nous, les commerçants, d'être pris systématiquement en otage. Certains vont même jusqu'à exiger de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qu'elle fasse appel à un service de nettoyage privé pour venir évacuer les déchets de la capitale. Mais ne serait-ce pas là un risque de passer pour une casseuse de grève ? Et puis, que pensent ces travailleurs et travailleuses, habituellement silencieux et invisibles ? Quelle est la véritable ampleur du phénomène de grève ici ? Et comment va évoluer cette guerre des ordures ? C'est ce qu'on va voir dans ce nouveau reportage.

2:31
Invité

Écoutez, il y avait du feu, donc un petit peu de barbecue et merguez. Donc on a dit, tiens, ça serait sympa. On ne savait pas quoi faire, donc on est venus là. Je suis égoutier à la ville de Paris, et donc mon syndicat, on est contre cette réforme. Et donc on est avec les camarades du site, à bloquer l'usine, bloquer l'usine, et les garages de bennes pour ne pas que les bennes sortent et aillent collecter les déchets sur Paris. Excusez-moi de vous déranger, là, vous pouvez laisser passer qui ? On laisse passer tous les ouvriers qui viennent pour le chantier. C'est le chantier du nouvel incinérateur qui va être mis en place. Et vous bloquez finalement que les déchets ? Que les déchets.

Je vous rappelle que les égoutiers ont une espérance de vie de 17 ans en moins par rapport à la population de référence du 93. Donc si en plus on nous rajoute deux années de plus, on va crever au boulot. C'est peut-être ce que cherche le gouvernement, remarquez.

3:41
Présentateur

Là, on contourne l'incinérateur derrière moi pour aller voir un autre garage qui bloque encore plus de camions. Tiens, c'est là. Transformation du Centre de Valorisation des Déchets Ménagers à Ivry, Paris 13. Vous avez suivi, j'imagine, les débats au Sénat et l'adoption du texte, ça vous fait quoi ?

3:59
Invité

Notre action, je pense, peut encore fonctionner. Maintenant, le gouvernement est totalement contre nous. N'importe comment, même si en commission paritaire, ça ne passe pas, n'importe comment, elle a prévu de le passer au 49-3. Donc maintenant, ce n'est même plus un gouvernement avec une démocratie, il n'y a plus de démocratie. Écoutez, le CPE a été définitivement adopté. Une fois que ce texte a été adopté, il y a eu une continuité dans la mobilisation et ils ont retiré le CPE. Donc oui, rien n'est figé de toute manière et c'est les salariés de ce pays et les citoyens qui vont décider si cette réforme passe ou pas. La retraite à 60 ans.

4:38
Présentateur

En fait, on n'est plus sur les 62, là. Non, moi, je vis 60. On sait qu'il n'y a pas de pénibilité reconnue pour votre métier. Qu'est-ce que vous en dites ?

4:47
Invité

Ça, ce n'est pas normal parce qu'on ne travaille pas tous les temps déjà. C'est un métier qui est très difficile. Et puis, tout ce qui part en retraite, la vie derrière, elle est très courte.

4:58
Présentateur

Tout à l'heure, vous me disiez avec vos collègues que l'espérance de vie dans votre branche est plus faible qu'ailleurs et que vous avez connu des collègues qui n'ont pas eu la chance de vivre la retraite.

5:08
Invité

Oui, on a deux collègues récemment, il y a quelques mois en arrière, ils sont partis bien avant la retraite. Il y en a qui est parti deux mois après, il est mort malheureusement en an à un cardiaque. Est-ce que c'est dû complètement au travail ? C'est moins sûr, mais bon, c'est forcément lié. Vu le stress de conduite qu'on a. Puis il y en a un qui est parti maladie, quand c'est un malheureusement. Puis il y en a un qui a été à la retraite depuis six, sept mois. Parti aussi. Et ce n'est pas fini. Peut-être dans quelques années, je ne serai plus là non plus. Il faut se bouger et être avec nous, être solidaire avec nous. Parce qu'après cette réforme-là, c'est la case de la sécurité sociale.

La question, c'est qu'est-ce qu'on va laisser pour nos enfants derrière ? On ne sortira plus, on va essayer de s'organiser pour perdre le moins d'argent possible, même parce qu'on ne va forcément faire part des plumes. Mais bon, là, il faut vraiment, vraiment dire sur le mouvement. Et tant pis, ça s'entasse dans Paris. Tant pis, dommage pour les Parisiens. Mais bon, c'est comme ça. Quand il y a le privé qui fait grève, ils font appel à nous. Quand c'est nous, ils font appel au privé. Mais c'est toujours pour casser la grève à chaque fois. Mais le fond du problème, on n'essaie pas de le résoudre au final. Et là, tout est bloqué depuis une semaine.

Là, depuis lundi, mardi, surtout mardi, tout est fermé. Il n'y a plus aucun camion qui sort. La retraite à 60 ans. En fait, on n'est plus sur les 62, là. Ah non, moi, je vis 60. La retraite à 60 ans, c'est mérité. Et ceux qui disent le contraire, ils n'ont qu'à venir faire le boulot. Ils verront ce que c'est. Parce qu'apparemment, c'est si facile que ça.

6:37
Présentateur

Mais c'est compliqué, vous me disiez, pour conduire, évidemment. Parce qu'à conduire un gros truc comme ça dans Paris...

6:41
Invité

Ça devient, oui, quand on prend un 26 tonnes comme celui-là, là. Ah oui, celui-là ! Dans Paris, c'est un 26 tonnes. Ça, c'est un 19 tonnes. Ça, c'est un 12 tonnes. Et je vous avoue que conduire ça dans Paris, des fois, c'est stressant. Parce que les trottinettes qui font tout, n'importe quoi. Les vélos, n'en parlons pas. Les piétons qui mettent du leurre aussi.

6:59
Présentateur

Il y a une, comment je pourrais dire, une cohabitation dans l'espace public qui est compliquée ?

7:03
Invité

Elle est compliquée. Elle est compliquée. Il y a eu la malchance qu'un piéton se soit retrouvé sous ses croix arrière. Mais ce n'est pas de sa faute. Ce n'est pas de sa faute. Le piéton, bien sûr, le portable à la main. Tout Paris au niveau mairie de Paris,

7:15
Présentateur

tout garage poids lourd est bloqué. Ce qui veut dire qu'il y a une partie de la ville qui est gérée par le privé. Par exemple, le système arrondissement, vous me disiez à l'instant.

7:23
Invité

Le système arrondissement. Il y a 10 arrondissements qui sont collectés par le privé et 10 arrondissements par la régie. Donc, mairie de Paris.

7:28
Présentateur

On parle de combien de déchets en tonnes dans les rues ?

7:31
Invité

On a dépassé les 5500 tonnes, je pense. Par jour, ça va être entre 800 et 1000 tonnes, je pense.

7:39
Présentateur

Dans les plus gros, me dit-on, on peut mettre jusqu'à 11 tonnes de déchets. En fait, quand j'étais gage, je voulais conduire les bus. C'était mon rêve. Je vous doute, vous voulez être vétérinaire ou conduire des fusées. Moi, c'était des bus. Ce genre de truc, ça me fait kiffer, en fait. Ce n'est pas déplaisant de conduire.

7:52
Invité

Les gens qui sont contre nous ne comprennent pas notre travail. Je reviens sur ce que disait mon collègue Didier. La conduite à Paris est en poids lourd. Et là, je pars pour la majorité des conducteurs poids lourds qui travaillent dans Paris. Ça devient extrêmement stressant.

8:02
Présentateur

Et si jamais le texte est vraiment, définitivement adopté dans la loi, en fait, votre réaction, ce serait quoi ?

8:09
Invité

Après, ce serait l'intermédiation avec Mme Diago. Parce que c'est avec le pouvoir aussi, chez nous. Il faudra qu'ils prennent en compte notre pénibilité, vraiment. Hier, j'ai gagné un reportage sur mai 68. Et je vous avoue que là, je suis chaud bouillant pour continuer.

8:23
Présentateur

Sur ces piquets de grève, des personnes extérieures, en grève elles aussi ou pas, viennent régulièrement en soutien aux éboueurs grévistes de ces dépôts du sud de Paris. Comme Youri, étudiant, ou encore Morgane et Magali, agents territoriaux à la mairie d'Ivry-sur-Seine, toutes proches. Ce qui permet des discussions entre personnes qui ne se croisent pas vraiment hors des mouvements de grève. Et même les automobilistes klaxonnent leur soutien au passage.

8:45
Invité

Nous, depuis le début de la mobilisation dans les facs, on doit en tant qu'étudiant soutenir les travailleurs en grève, etc. Je suis agent et on est là pour, parce que ça a de l'impact, on est là pour bloquer et on n'a pas du tout envie d'aller jusqu'à 64 ans. On a une pénibilité du travail énorme. Donc voilà. Tous les soutiens sont très bien accueillis parce que ça permet d'avoir des soutiens extérieurs pour aider à maintenir le piqué, à bloquer, à venir créer des liens, pouvoir aux assemblées générales proposer des actions communes, etc. Et quel âge vous avez, si ce n'est pas un discret ? 20 ans. Non, je n'ai pas...

9:20
Présentateur

39. Moi, j'en ai 28. Tu te vois travailler jusqu'à 67 ans ?

9:25
Invité

Non, mais je n'irai même pas jusque là. Je vais arrêter avant. Même si c'est obligé, je ne pourrais pas. Je ne me vois pas avec mon dérobulateur aller servir les enfants. Je vais perdre mon dentier et tout. Non, non, c'est mort. Dans tous les cas, notre travail à nous, qu'on fait actuellement, c'est impossible d'aller jusqu'à 64 ans. Déjà, 60 ans, c'est très compliqué. 64 ans, puis après, ça va être 67 ans, c'est clairement impossible. On voit, il y a 78% de la population, déjà, qui, malgré le soutien massif aux grèves contre la réforme, qui considèrent que, de toute façon, la réforme va passer. Et ça, ça ne vient pas de la résignation d'office des travailleurs en grève, etc.

Ça vient d'abord de l'offensive du gouvernement qui utilise les armes les plus antidémocratiques de la Ve République.

10:07
Présentateur

Je ne sais pas si vous avez entendu le président Macron l'avoir lu dans l'opinion en disant qu'il ne reculerait que si Paris serait en feu ou s'il y aurait des mœurs.

10:14
Invité

On va mettre le feu, on va tuer des gens. Il a dit, il faut des mœurs pour bouger. Bah, on va tester. Bah, moi, je trouve que c'est pas grave. Elles sont très inquiétantes. C'est très grave de dire ça. Volontaires pour avoir un corps ? Non, non, on va aller jusqu'à tuer des gens. Mais en tout cas, on va essayer de mettre le pays à l'arrêt au plus possible et puis on espère que ça a de l'impact et que ça va fonctionner.

10:34
Présentateur

Vous n'avez pas l'air confiante.

10:35
Invité

On a peur. Je pense que c'est plus la peur et puis vu les paroles de Macron, c'est inquiétant. Voilà. Mais on est là. La seule réponse qu'on peut leur apporter, c'est le rapport de force massif dans la rue, dans la grève générale, en fait. Sans grève générale, on n'arrivera pas à faire plier à un gouvernement pareil.

10:54
Présentateur

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