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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 30 septembre 2021 21 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

L'invité de Bourdin Direct : François Bayrou - 30/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Faut-il tenir des propos violents ou proposer des solutions radicales pour être écouté par les Français ?

  • 1:35RelanceRéponse directe

    Le plus radical, c'est Éric Zemmour. Est-ce qu'il nous entraîne vers une guerre de civilisation ?

  • 5:40OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il est en train de diviser les Républicains ?

  • 7:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous allez créer un grand parti démocrate à la française ?

  • 9:02FerméeRéponse directe

    Avant la fin de l'année, vous pourriez prendre la tête de ce parti ? Oui ou non ?

  • 9:29OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'Édouard Philippe prépare sa candidature présidentielle à 2027 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:13François BayrouFait
    « Faut-il aujourd'hui, pour être écouté par les Français, tenir des propos violents, défendre des idées extrêmes et proposer des solutions radicales ? »
  • 1:07François BayrouFait
    « Les radicalités, qu'est-ce que c'est ? C'est des extrémismes de tous les bords. »
  • 2:32François BayrouFait
    « L'idée que, en France, ne serait autorisée qu'une liste de prénoms français, ce qui veut dire, évidemment, qu'on jette dans les cours de récréation des enfants les uns contre les autres. »
  • 3:57François BayrouFait
    « Il dit Pétain, bon, il a livré des Juifs étrangers, ce n'était pas des Juifs français. 4000 enfants, de 2, 3, 4 ans, ont été livrés, enfermés dans des camps, et puis chargés, avec leurs parents, ou sans leurs parents, dans des wagons à bestiaux, pour aller être brûlés en Allemagne. »
  • 4:51François BayrouFait
    « Et que ces gens-là, osent s'appeler conservateurs, ou essaient de capter le mot conservateur, alors que ça n'est pas conserver ce que nous avons de mieux dans le pays, c'est trahir ce que nous avons de mieux dans le pays. »
  • 6:45François BayrouFait
    « Et prétendre, devant ceux qui se disent héritiers du général de Gaulle, que Pétain, c'était la France, que le Pétain de la collaboration et de la livraison des Juifs, c'était la France, alors il y a là quelque chose qui est simplement un crachat au visage de l'histoire, un crachat à leur héritage, à leur identité. »
  • 9:08François BayrouFait
    « Non. Enfin, franchement, ça n'a aucun intérêt. »
  • 9:38François BayrouFait
    « Je pense que quelqu'un qui en 2021 aurait comme projet, passant par-dessus l'élection présidentielle, de monter une structure pour 2027, c'est qu'il ne connaîtrait pas la politique. »
  • 10:14François BayrouPromesse
    « Si on fait, ou si on entre dans cette construction, dans l'édification d'un mouvement sérieux, il faut le faire pour des générations, pas pour une élection. »
  • 12:02François BayrouFait
    « La réforme des retraites sera au cœur de la campagne de l'élection présidentielle. »
  • 12:38François BayrouFait
    « Vous savez que j'avais depuis très longtemps plaidé pour la retraite par points. »
  • 14:17François BayrouFait
    « J'ai plaidé pendant 20 ans pour que ça devienne une question fondamentale. »
  • 17:29François BayrouPromesse
    « Il faut d'urgence construire de nouvelles centrales. »
  • 19:32François BayrouFait
    « Non. Ça dépend de la dynamique démographique de nos concitoyens, des Français. »

Temps de parole

  • Locuteur 278 %
  • Locuteur 122 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
François Bayrou

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Présentateur

Jean-Jacques Bourdin. François Bayrou, bonjour. Bonjour. Au commissaire au plan, maire de Pau, président du Modem, nous allons parler entre autres énergie, démographie, mais je voudrais commencer avec la politique. Faut-il aujourd'hui, j'ai une question toute simple, François Bayrou, faut-il aujourd'hui, pour être écouté par les Français, tenir des propos violents, défendre des idées extrêmes et proposer des solutions radicales ?

0:36
François Bayrou

C'est plus facile d'être entendu, ou de choquer, ou de scandaliser, ou de surfer sur des sentiments qui sont des sentiments plus noirs. C'est plus facile. Mais l'intérêt des pères et des mères de famille, l'intérêt des jeunes, l'intérêt du pays, c'est au contraire de refuser d'aller dans ce qu'on appelle des radicalités. Les radicalités, qu'est-ce que c'est ? C'est des extrémismes de tous les bords. L'idée que c'est, en choquant, en allant agiter les vieilles passions dangereuses du pays, en allant verser de l'essence sur le feu, c'est plus facile. Mais ceci est un abandon des responsabilités.

1:33
Présentateur

Un abandon des responsabilités. Le plus radical, c'est Éric Zemmour. Je ne vais pas passer, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas passer cette interview sur Éric Zemmour. Néanmoins, le plus radical, c'est Éric Zemmour. Il brandit la menace du grand emplacement. Une idée récurrente de l'extrême droite depuis le XIXe siècle. Est-ce qu'il nous entraîne vers ce que nous appellerions une guerre de civilisation ?

2:01
François Bayrou

Il y a deux aspects de la campagne qu'il mène. Le premier aspect, c'est agiter ce fond, qui est un fond des êtres humains depuis longtemps, qui consiste à cibler celui qui ne vous ressemble pas, en disant qu'on n'a rien à faire avec lui, qu'il retourne chez lui. Et c'est toute cette affaire insensée des prénoms, c'est-à-dire l'idée que, en France, ne serait autorisée qu'une liste de prénoms français, ce qui veut dire, évidemment, qu'on jette dans les cours de récréation des enfants les uns contre les autres. Des enfants dans la... Qui c'est celui-là ? Il n'est pas de chez nous.

Or, le plus précieux d'un pays, c'est qu'à l'école maternelle, à l'école primaire, celui qui est assis à côté de vous, dans la classe, c'est votre petit frère, votre petite sœur. Et on lui prend la main, parce qu'il est comme chez nous. Vous voyez, pour moi, la cour de récréation, c'est en fait le creuset du pays. Et l'idée que celui-là, ou le père de celui-là, ou de celle-là, n'est pas du pays, c'est une idée qui entraîne à la cruauté dans la cour de récréation. Et donc, cette idée-là, pour moi, est une idée insupportable. Et il y a une deuxième chose, c'est qu'il va chercher, dans l'histoire de la France, ce qu'il y a de plus malsain, de plus honteux, de plus ignominieux, pour le défendre.

Par exemple, il dit Pétain, bon, il a livré des Juifs étrangers, ce n'était pas des Juifs français. 4000 enfants, de 2, 3, 4 ans, ont été livrés, enfermés dans des camps, et puis chargés, avec leurs parents, ou sans leurs parents, dans des wagons à bestiaux, pour aller être brûlés en Allemagne. Et que ceci, et qu'on ose faire la différence, ou qu'on ose, à nouveau en France, faire la différence, entre le petit garçon ou la petite fille juif, fils de, né en France, fils de parents étrangers, et les enfants qui avaient simplement une carte d'identité, c'est, c'est pas si vous pouvez ressentir ça, je suis sûr que vous ressentez la même chose. Je sais, je sais que ça vous bouleverse.

Oui, et ça me bouleverse, et il est normal que ça le fasse. Et que ces gens-là, osent s'appeler conservateurs, ou essaient de capter le mot conservateur, alors que ça n'est pas conserver ce que nous avons de mieux dans le pays, c'est trahir ce que nous avons de mieux dans le pays. C'est une trahison de la France. C'est une trahison de ce qui nous fait vivre ensemble, de ce avec quoi nous avons construit le pays. C'est une trahison de Marie Curie. Celle qui a inventé ou découvert ses lois de physique sur les rayonnements.

5:27
Présentateur

Oui. Alors, il est dans son livre, il est très dur avec vous, il dit, Bayrou, ce bon Judas Béarnet est un Machiavel de cours d'école qui monte des coups tordus de sous-préfecture. J'ai lu ça dans son livre, vous l'avez lu peut-être, je ne sais pas si vous avez lu son livre, enfin bon. Bon, il est en train, sur le terrain politique, est-ce qu'il est en train de diviser les Républicains ? Quand j'entends Christian Jacob, vous entendez Christian Jacob dire, il n'est pas d'extrême droite, il n'est pas raciste, le président des Républicains, que lui répondez-vous ?

5:58
François Bayrou

D'abord, je n'ai pas de débat avec Jacob, je suis de débat avec la réalité. Mais si le président de la droite, dite de gouvernement en France, d'une certaine manière, avalise ou lave l'auteur de ses propos, de la réalité, de la honte qu'il porte, alors il trahit lui-même l'héritage. Parce que je croyais vaguement que ce parti des Républicains, que je connais bien, et dont je connais beaucoup de membres, que j'estime, on n'a pas les mêmes idées toujours, mais que j'estime, je croyais que ce parti était vaguement gaulliste.

Et prétendre, devant ceux qui se disent héritiers du général de Gaulle, que Pétain, c'était la France, que le Pétain de la collaboration et de la livraison des Juifs, c'était la France, alors il y a là quelque chose qui est simplement un crachat au visage de l'histoire, un crachat à leur héritage, à leur identité. Et je suis absolument certain qu'à l'intérieur même du mouvement, il y a des gens qui vont dire mais ça ne va pas, dans quelle dérive ce menou a entraîné ? Et vous voyez bien tout ça. Pourquoi ? Vous n'allez pas me dire que Zemmour est passionné par le destin historique de l'image du maréchal Pétain ? Ce n'est pas ça du tout le sujet.

Le sujet, c'est qu'il se sert de ça pour faire des signes à ce qu'il y a de plus, de fermentation la plus dangereuse dans ce qui, depuis très longtemps, dans le monde de la démocratie française, essaie de faire glisser les choses vers l'inacceptable. François Bayrou,

7:55
Présentateur

est-ce que vous allez créer un grand parti démocrate à la française ? J'espère. J'espère que oui. Avant la fin de l'année ? Avant la fin de l'année. Parce qu'autrement, ça ne se fera pas. Que vous appelleriez comment ? Ah bon, on verra.

8:09
François Bayrou

Vous n'avez pas trouvé le nom. Il m'arrive d'avoir des idées et de ne pas les dire au micro de Bourdin. Ah bon ? Oui. Attends, ici, on dit les choses. Oui, mais je... On dit les choses, François Bayrou. Vous m'avez posé la question, j'ai dit oui. J'espère qu'on va y arriver.

8:24
Présentateur

Bon, alors, vous allez créer un grand parti démocrate à la française en réunissant le Modem et la République En Marche. C'est l'objectif. Entre autres. Entre autres. Entre autres. Donc, rassembler

8:34
François Bayrou

ces deux mouvements politiques. Parce que ce sont les deux mouvements fondateurs de l'aventure de 2017. Et que... Ils n'ont pas entre eux de différence de vision. Ils ont des différences d'histoire et d'organisation. Oui. substantiels. Mais sur ce qu'ils croient, c'est essentiel en politique ce qu'on croit. Et sur ce qu'ils veulent, c'est aussi important. Alors moi, je ne vois pas de différence substantielle entre eux.

9:02
Présentateur

Bien. Avant la fin de l'année, donc, ce grand parti démocrate, vous pourriez prendre la tête de ce parti ? Oui ou non ?

9:08
François Bayrou

Non. Enfin, franchement, ça n'a aucun intérêt. Et ma conviction, c'est que si on veut réunir, alors il faut qu'il y ait des responsabilités partagées. Bon.

9:18
Présentateur

Mais vous n'êtes pas seul à vouloir créer un grand parti. Edouard Philippe, lui aussi, va annoncer la création de son parti ou de son rassemblement le 9 octobre. Il va soutenir Emmanuel Macron, comme vous, en 2022. Est-ce qu'il est en train de préparer sa candidature présidentielle à 2027 ? Je pense que quelqu'un qui en 2021

9:41
François Bayrou

aurait comme projet, passant par-dessus l'élection présidentielle, de monter une structure pour 2027, c'est qu'il ne connaîtrait pas la politique. Et je ne soupçonne pas Edouard Philippe d'en être ignorant. Donc ce n'est pas pour ça ? Peut-être que c'est ça dans un coin de sa tête ou de la tête de ses amis. Oui, mais vous n'êtes pas dupe. Vous n'êtes pas dupe.

10:05
Présentateur

Vous avez trop d'expérience en politique.

10:07
François Bayrou

J'ai un peu d'expérience. Oui, vous n'êtes pas dupe. Et donc, je vais vous dire, si on fait, ou si on entre dans cette construction, dans l'édification d'un mouvement sérieux, il faut le faire pour des générations, pas pour une élection. Encore moins, faut-il le faire en pensant à une autre élection que celle qui vient. Et donc, pour moi, ceci est totalement écarté de ma pensée. Ce qui est dans ma pensée, c'est bâtir quelque chose dans lesquels les jeunes, les Français, les citoyens, ceux qui sont aujourd'hui désabusés de la politique puissent reconnaître leur espoir ou leur rêve et qu'ils s'engagent pour cela.

10:57
Présentateur

Bien. Hier soir, vous avez dîné à l'Elysée avec lui, avec d'autres autour de la table. Vous n'avez pas parlé de ça, j'imagine. Enfin, vous ne me direz rien.

11:06
François Bayrou

Vous savez bien, j'ai un problème médical que je suis obligé de vous avouer à cette antenne. Pas matinale, une amnésie récurrente. Une amnésie récurrente. Chaque fois que je franchis le seuil de l'Elysée, par exemple, ou que je participe à des réunions comme ça, le lendemain et le surlendemain a fortiori, je ne sais plus ce qui s'est passé. Alors François Bayrou, mais rassurez-vous, vous allez trouver beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens qui vous raconteront... qui vont raconter ce qui s'est passé

11:40
Présentateur

hier soir. Réforme des retraites. Réforme des retraites. Édouard Philippe veut une réforme des retraites. Il le dit dans une interview. Fort interview. Il dit, il faut prolonger l'âge de départ, 65, 66, et même 67 ans. Est-ce qu'il y aura une réforme des retraites relancée

11:59
François Bayrou

avant la présidentielle de 2022 ? La réforme des retraites sera au cœur de la campagne de l'élection présidentielle. C'est un des sujets, pas le seul, qui sera au cœur de l'élection, de la campagne de l'élection présidentielle. Moi, je crois qu'il y a des idées qu'on n'a pas encore explorées. Et si je peux, je ferai tout ce que je peux pour que ces idées apparaissent dans le débat. Pour l'instant, on fait uniquement des divisions. La charge des pensions divisée. Et je crois qu'on peut aller un peu plus loin dans la réflexion. Vous savez que j'avais depuis très longtemps plaidé pour la retraite par points. Ça n'a été pas très bien mené. Par Édouard Philippe ? Non. Enfin, je dis ça comme ça.

Non, mais vous, vous dites ça parce que vous, vous aimez la polémique. Vous aimez que les gens discutent. Non, je n'aime pas la polémique. J'aime la vérité. C'est votre boulot. François Bayrou. Votre boulot pour faire

12:58
Présentateur

de l'audience. Aujourd'hui, il y a une voiture qui est pilotée par Emmanuel Macron sur le siège du passager avant droit. Qui est assis ? Édouard Philippe

13:06
François Bayrou

ou François Bayrou ? Écoutez, franchement, si vous imaginez qu'il s'agit uniquement d'une maillole et d'un siège, c'est que vous ne comprenez pas très bien la politique. La politique, c'est une affaire de deux éléments. Le premier, c'est le leadership qui a la faculté de porter des idées et de les faire entendre. Vous ? Et le deuxième, c'est affaire de communautés, d'équipes, d'histoires, de gens qui se sont choisis depuis longtemps et qui pensent qu'ensemble, ils vont pouvoir y arriver. Et ce n'est pas, comme vous voyez, une bagnole avec un siège. D'accord,

13:40
Présentateur

d'accord, mais est-ce qu'Emmanuel Macron a un soupçon de doute concernant la fiabilité d'Edouard Philippe, selon vous ? Vous ne le croyez pas ? Non, vous ne le croyez pas. Un mot encore sur ce qu'il propose. Après, je vais passer au nucléaire et à l'énergie. Un mot sur ce qu'il propose encore. Le revenu pour les jeunes, le revenu d'engagement, il n'est pas très favorable. Et de quoi parle-t-il encore ? Eh bien, il parle des dates des futures élections, de la dette. Il dit que c'est une question fondamentale, la dette, vous aussi ?

14:17
François Bayrou

C'est-à-dire, j'ai plaidé pendant 20 ans pour que ça devienne une question fondamentale. Est-ce que je peux vous dire sur la dette une chose ? Oui. Vous savez que j'ai fait un rapport au plan sur la dette, justement, sur la dette de guerre que représente le Covid et sur le plan Marshall dont on avait besoin. Pourquoi ? Parce que ça n'est pas la même chose. Je me suis battu comme un chien au début des années 2000 sur la dette. Pourquoi ? Parce que les taux d'intérêt étaient à 4 ou 5% par an alors que la croissance était à 1%. Si vous empruntez à des taux aussi hauts alors que la croissance est si basse, alors tout d'un coup, le poids de la dette augmente sans interruption.

Si, comme aujourd'hui, vous empruntez à 0% et que vous trouvez une croissance qui est à des 2%, cette année 6%, l'année prochaine 4%, alors cette dette-là, elle est justifiée à condition de l'utiliser à de l'investissement et pas à la gaspiller.

15:20
Présentateur

Est-ce que nous continuons ? Oui, je comprends. Mais je comprends. Mais quand je lis Édouard Philippe, j'en termine avec lui. Nous continuons à danser au-dessus d'un volcan, dit-il. Est-ce que nous continuons à danser au-dessus d'un volcan ?

15:33
François Bayrou

Il a été chef du gouvernement. Je suis certain que tout le monde ressent la nécessité d'une solidarité minimale dans les moments où nous sommes. Vous avez donc des doutes ? Non, je n'ai pas de doutes. Vous voudriez me faire dire ça et ça n'est pas mon intention.

15:49
Présentateur

Alors, les prix de l'énergie, François Bayrou, les prix de l'énergie grimpent, montent. Que va annoncer le premier escale ? La possibilité, je ne sais pas moi, une prime pour les plus modestes, une baisse des taxes, un gel du prix du gaz et de l'électricité ? C'est possible ?

16:07
François Bayrou

Je ne crois pas que ce soit possible parce que comme votre journaliste l'a très bien expliqué il y a une minute, le prix du gaz, ce n'est pas le gouvernement qu'il fixe. c'est le prix du gaz sur le marché de l'énergie mondiale.

16:21
Présentateur

Oui, mais est-il normal

16:22
François Bayrou

qu'on paie de la TVA

16:24
Présentateur

sur ce que perçoit l'État sur les taxes ? C'est quand même invraisemblable. C'est-à-dire, la taxe sur la taxe.

16:34
François Bayrou

Oui, vous allez, on va attendre ce que le premier ministre va dire. Moi, je pense que, enfin, ce qu'on lit dans les journaux que vous lisez autant que moi, c'est on va aider les ménages les plus faibles pour faire face à ces augmentations qui sont en effet lourdes. Bon. Mais la vraie question, j'allais y venir, c'est est-ce qu'on a de la substitution ? Est-ce qu'on peut, à la place du carburant des voitures, est-ce qu'on peut trouver de l'énergie moins chère et sans émission de gaz à effet de serre ? Parce que tout ça est à replacer dans la question planétaire du climat et de l'atmosphère qui est de plus en plus chargée en CO2, gaz carbonique comme on l'a appris à l'école.

C'est la vraie question, c'est celle-là. Donc, il faut développer, encourager le nucléaire. Donc, je vais le dire comme je crois qu'il faut le dire. Si on veut aller vers de l'énergie qui soit sans émission de gaz à effet de serre, il y a deux choses à faire. Le renouvelable, mais il est intermittent. Il y a du soleil où il n'y a pas de soleil. Il y a du vent où il n'y a pas de vent. Il y a de l'eau dans les cours d'eau où il n'y en a pas. Et une énergie pilotable. Et la seule qui existe sans émission de gaz à effet de serre, c'est le nucléaire. Donc, il faut d'urgence construire. Et elle est française. Et vous avez compris, le gaz, ce n'est pas français. Ce n'est pas chez nous.

Donc, il faut d'urgence construire de nouvelles centrales. Il faut avoir un programme qui permette de prendre le relais des centrales existantes sans danger en maîtrisant complètement le nucléaire et son avenir. Et tous les pays du monde sont aujourd'hui en train d'y réfléchir. Et nous avons la chance incroyable grâce aux générations précédentes d'être parmi les pays du monde qui maîtrisent le mieux cette technologie-là. Et donc, qu'on ne regarde pas ça en face, c'est un programme à 30 ans. Si on ne prend pas les décisions, dans les deux années qui viennent, on va se trouver devant une rupture, une falaise, disent les spécialistes, qui est épouvantable.

L'électricité nucléaire, au moment où on veut tout électrifier, les voitures, les chauffages, pour qu'il n'y ait plus de gaz, de charbon, de pétrole utilisés pour notre vie quotidienne, cette électrification générale impose qu'on produise de l'électricité au coût le moins cher et avec les émissions de gaz à effet de serre les plus basses. Et il n'y a que la maîtrise de la production nucléaire de l'électricité qui puisse faire ça.

19:22
Présentateur

J'ai une dernière question François Bayrou, à propos de démographie. Est-ce qu'il faut plus d'immigrés en France pour assurer un équilibre démographique ?

19:32
François Bayrou

Non. Non. Ça dépend de la dynamique démographique de nos concitoyens, des Français. Donc il faut encourager

19:42
Présentateur

les politiques familiales ?

19:43
François Bayrou

Absolument. C'est vital. Pourquoi ? Parce que si vous essayez, l'Allemagne a essayé de le faire avec de très grandes difficultés. Ils ont décidé un jour, comme ils n'avaient plus d'enfants, il y a très peu d'année, de faire entrer un million de personnes et d'hommes en Allemagne. Ça n'a pas changé la courbe démographique. Et deuxièmement, ça crée des perturbations culturelles. Le sentiment que nous n'assurerons plus nous-mêmes notre avenir au travers des enfants que nous allons mettre au monde. Et que donc, il faut aller chercher ailleurs la ressource qui nous permet simplement de survivre, de travailler, de payer des cotisations, de faire que le pays reste vivant.

C'est la raison pour laquelle la question de la dynamique des familles, du choix qui est tellement mystérieux, parce que c'est une question pour la nation, mais c'est chaque femme, d'abord, et chaque homme, chaque mère et père de famille qui décide pour lui-même. Or, ça ne se fait que si la confiance revient. Et c'est pourquoi la question de la confiance est évidemment celle des échéances cruciales qui nous attendent. Merci François Bayrou

20:59
Présentateur

d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV. et BFM TV.

L'invité de Bourdin Direct : François Bayrou - 30/09 — François Bayrou · Pourquijevote