Mille voisins | Documentaire complet LCP
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Alors, que je te dise, ma chérie, regarde bien d'abord, regarde la vue, c'est chouette, hein ? T'as le vertige ? Moi non, je trouve ça trop beau.
Alors, la tour Eiffel, tu vois, elle a une petite patte qui est cachée par cet immeuble-là, mais de la cuisine et de ma chambre, non. -OK. En plus, c'est sympa, t'entends les gens de loin, tu sais, comme à la plage.
Et tu vois, cette copropriété est immense, quand même. T'as vu ça ? T'imagines que là, on est au 16e et ça va jusqu'à l'étage numéro 30.
Ca te plaît ? -Euh... -Elle rit.
Elle a l'vertige. Voilà. -OK.
Musique -Jamais je n'habiterai dans une tour. C'est ce que beaucoup de personnes pensent et moi le premier je le pensais, en bon provincial fraîchement monté à Paris. Moi mon rêve c'était l'haussmannien, les moulures, le parquet qui craque, la cour sombre...
C'était cela, habiter Paris pour de vrai. Pour moi une tour c'était sale, bruyante, taguée, pleine de deals et de pannes d'ascenseur. Une annonce immobilière d'un trois-pièces au 20e étage ?
J'hésite. *-Troisième étage. -Et puis j'entre dans l'ascenseur.
Vingt secondes plus tard, je suis à soixante mètres du sol. La vue, coup de foudre immédiat. Musique J'habite cette tour depuis près de 20 ans.
Très vite, j'ai eu envie de la filmer, de partout et sous toutes ses coutures. Musique Avec ses 30 étages et ses 240 appartements, chacun dupliqué 29 fois, à l'identique. Mêmes plans, mêmes murs, mêmes fenêtres, et pourtant à l'intérieur des mondes totalement uniques.
Porte métallique et clés -Madame Zanatta, comment allez-vous ? -Ca va bien. Et vous ? -Ca va bien.
Donc, demain entre 20 h 00 et 21 h 00, c'est ça ? -Ah, mais c'est génial. -Et ils auront le code, c'est juste pour leur ouvrir.
C'est juste pour laisser entrer une fois. -Une fois, pas deux, attention. -Propos indistincts -Ah, ben, on est mal, parce qu'il va falloir qu'on leur ouvre deux fois. 11 74, ce sont deux frères. 11 73, on a une colocation.
Au 12 13 aussi, on a une colocation de ce côté-là. Lui, c'est Australie. Lui, c'est un avocat russe.
Ouais. Lui, c'est un Américain. Et lui, c'est : "Ca va, tu vas bien ?
Super cool." Vraiment, vraiment le gars au top. Appartement, 11 37, un jeune couple, super sympathique.
Ils sont partis au mois d'août et ils sont revenus en novembre. Ils ont fait un trek en voiture, un van aménagé jusqu'en Turquie. Donc tu vois tout en haut, côté là-bas, F2, nous avons un abbé.
Tu l'as jamais croisé ? Maintenant, non, mais avant, il était avec...
C'est pas une soutane, mais c'est comme les moines. Enfin, je connais pas trop ces délires-là. J'ai fait le tour.
C'est déjà pas mal. Il y a pas mal de belles histoires à raconter, ici. *-Voix électronique -Je commence par une figure de la tour et du quartier depuis plus de 20 ans. *-Porte ouverte.
Madeleine, ancienne journaliste, elle est devenue écrivaine. -On m'aurait dit qu'on peut habiter dans un endroit avec de l'eau, des gosses qui font du canoë, c'est si joli, toutes ces couleurs, des bateaux, une perspective, une perspective ! C'est une contemplation, c'est de la poésie, c'est...
Du fond du coeur, je crois que c'est le plus bel endroit de Paris, moi. -Qui domine, on voit tous les deux millions... -Mais c'est toute sa valeur, c'est toute sa fierté.
Nous dominons deux millions d'habitants, on est mille là-dedans. Mais regardez le bol qu'on a, quoi. -Vous la trouvez belle, votre tour ? -Oui !
Je suis arrivée à écrire ce livre parce que je cherchais des sujets. -Si vous voyez les petites phrases que vous avez envie de lire, n'hésitez pas. -"La tour était prise dans la brume.
Quelle tour, d'ailleurs ! N'importe quel passant devait être incapable de la voir. Il me demande de vous montrer que c'est un village ici.
Un village en hauteur." C'est un immeuble, une tour, un bâtiment. Un édifice, si vous préférez, mais pas un village.
Ineptie, levez le nez. A partir de maintenant, Justin, nous entrons dans un village. Piano Claquettes -Dans le village, il y a M.
Dejoux, un fidèle des assemblées générales de copropriétaires. Ancien percepteur, il est du genre à être tatillon sur les comptes du syndic. -La vedette, la star, c'est... -Meilan. -Meilan, ça veut dire "belle orchidée" en chinois.
C'est un prénom qui n'est pas si extraordinaire que ça. -La belle orchidée se cache. -Oui, toujours, toujours, toujours.
Et donc là, c'est la statue que j'ai faite. C'est un moulage, enfin, un modelage de mon épouse. Et on voit, là, c'était le jour de notre mariage.
Et là, c'était il y a quelques années. Après, Mao Zedong. Attendez, ce n'est pas Mao Zedong.
Ce qui est important de voir, c'est ça. Mao transformé en tirelire, n'est-ce pas ? Il y a quand même de quoi apprécier l'humour. -Exactement. -Une tour comme ça, c'est deux fois mon village natal, si je puis dire, qui fait cinq cents habitants dans l'Ardèche.
Et donc c'est aussi beaucoup de petites communes. Et donc, il y a une démocratie, il y a aussi des oppositions, il y a une majorité, il y a des coups de coeur, il y a des oppositions plus subtiles. Clarinette -J'ai une relation pas facile avec le voisin du dessus.
Pour une raison simple, c'est que c'est un musicien professionnel qui donne des cours de clarinette. Et c'est parfois insupportable toute la journée. Il commence à neuf heures du matin et voilà. -Le musicien professionnel, c'est Michel.
Et je lui ai demandé de faire la musique de ce film à partir des sons de la tour. -T'inquiète, dans tous les cas, je te la ramène. --- *-La porte est ouverte. *Voix électronique -J'ai l'impression d'être dans un village Playmobil de rêve, avec le petit garage à vélo, le petit jardin devant, l'eau avec le canal. -Ca papote, ça ragote ! *-La porte est ouverte. *Voix électronique -Il y a des deux pièces où je connais des personnes qui sont à sept à huit dedans.
C'est ça aussi qui ne va pas. On paye au tantième, moi je veux bien. Mais bon, on dépense pas autant d'eau que les gens qui sont sept ou huit dans l'appartement. -C'est marrant cette tour parce qu'elle oblige à se poser des questions sur le vivre ensemble. -Je crois que le terme de village vertical est tout à fait adapté.
Musique -Est-ce que la tour est un village ? Ouais, je pense. Non ?
Tu dis non, toi ? -Vas-y, vas-y, développe. -Je ne sais pas s'il y a un maire, mais en tout cas, il y a quelques figures locales.
On a Harley, bien sûr, qui est notre régisseur à tous. C'est un peu l'employé communal, le cantonnier, si on était à l'échelle d'un village. -Salut, tu vas bien ?
Ca va, il fait beau aujourd'hui, il fait doux. Bonjour. Allez, bonne journée.
Merci. -Il y a un effet communauté un peu, dans le hall et dans les ascenseurs parce qu'il y a toujours le gardien, les pompiers qui se relaient. -Ce qui définit un village, c'est la place du village.
Il y a un proverbe Yoruba qui dit : "Il faut un village pour élever un enfant." Ce que ça dit, c'est que les espaces partagés extérieurs d'un village, ils sont suffisamment sûrs, connus, et on y connaît suffisamment les gens et les habitants pour y laisser évoluer ensemble les enfants, pour les laisser s'approprier les lieux. -Et en passant du temps dans le jardin avec nos enfants, on a rencontré d'autres parents avec d'autres enfants.
Et c'est comme ça qu'on a commencé à faire des relations à l'intérieur de la tour, évidemment. Et puis on s'est rapprochés de personnes qui avaient des enfants du même âge et qui grandissaient ensemble. Et tout ça se faisant au fil des années, nos enfants sont devenus une petite bande, la petite bande de la tour.
Et ils ont gagné en indépendance. Et donc très tôt, je pense même beaucoup plus tôt qu'on ne l'aurait fait si on avait été dans un quartier pavillonnaire ou dans un autre quartier de Paris, on les a laissés se déplacer tout seuls dans la tour. Musique -Ca peut vous sembler être une vision idyllique, ce jardin avec son canal, son petit port de plaisance attenant, un Paris de carte postale, ce pont levant et la rotonde au bout du bassin.
Pourtant c'est bien là, à Stalingrad, que se trouve l'un des hauts lieux du crack à Paris. Le quartier est d'ailleurs souvent réduit à ça et à ces tours impressionnantes qui peuvent rappeler les grands ensembles de banlieue. -Finalement, les gens ne m'en parlent pas trop, du crack à Stalingrad, à 200 mètres.
On le ressent en habitant dans la tour ? Est-ce que c'est une pression ? -Pas plus que ça, justement, parce que ça reste un quartier où il y a du mouvement, des familles, etc.
Donc je ne dis pas qu'il n'y a pas de problème, mais ils sont probablement un peu surestimés. -Ce que je retiens surtout de ce quartier, et de ma tour en particulier, c'est la chance de côtoyer une incroyable diversité de gens aux parcours aussi multiples qu'il y a d'appartements. -Banane, banane.
Reste assise s'il te plaît. Je te prépare la banane et le pain. Tu veux le pain aussi ? -Voici Fabien et Eva.
Eva qui, comme moi, n'aurait jamais imaginé vivre dans une tour. -Tu continues ? A l'époque où j'ai rencontré Fabien, je vivais depuis pratiquement trois ans sur une petite île, Wallis et Futuna, dans le Pacifique.
Et je suis venue ici en vacances et je m'étais promis de jamais revenir vivre à Paris. Je suis tombée amoureuse d'un Parisien et donc me revoilà revenue à Paris, dans cette tour, du coup, voilà, depuis ma petite île où j'étais bien installée. J'étais jamais montée si haut dans une tour d'habitation.
Voilà, donc je trouvais ça sympa, son invitation à venir regarder le lever du soleil depuis le 26e étage. J'avais pris une feuille de papier, j'ai dessiné les nuages sur la fenêtre. Voilà.
Et...
Et puis voilà, on s'est roulé une grosse pelle, quoi. Ouais, là, ici. -Ah, Mathias !
Oh là là, il va jouer, Mathias ! -Il va tester sa nouvelle voiture, là. -T'as toujours des nouvelles voitures, des nouvelles chaussures, des nouvelles... -Des fois dans l'ascenseur j'entends de l'espagnol, de l'italien, du chinois... -Des Brésiliens, des Portugais, des Chiliens, des Indiens ou, je sais pas s'ils sont indiens ou sri lankais ou pakistanais, mais... -On a l'impression de voyager en montant dans l'ascenseur.
Babel, la tour de Babel. -Après, aussi, d'Amérique du Sud, voilà, ça, Brésil, Colombie, de Hongrie. Nous, en Yougoslavie, on a fait études, alors je suis juriste, et ma femme, elle était en cinquième année de médecine, et à cause de la guerre, on a tout laissé, voilà.
C'est entre frères, entre voisins, entre nous. Je dis que ce n'est pas raisonnable et voilà. C'est une deuxième naissance ici, pour moi, et pour nous.
Changement complètement de vie. J'étais conducteur d'engins de travaux publics. Je conduis une machine, je construis tous les réseaux de gaz, électricité, l'eau, PTT, télécommunications.
En France, Ile-de-France, c'est un métier pas pour tout le monde. Plutôt, c'est pour eux. J'ai vu dans mon entourage, c'est l'émigration qui fait ça.
C'est vraiment un travail pour émigrer. -Bonjour. On vient pour l'entraînement ? -Oui. -Super, bon courage.
Entraînez-vous bien. -C'est gentil. Allez, bon courage. -Merci.
Musique à partir des bruits de l'immeuble -Tu connais cette personne ? Je fais le comment pour mettre la lettre en mode normal ? Et j'ai fait traduire ça par des Chinois.
On a fait avec l'iPhone. -Et ? -Et c'est un nom qu'on ne connaît pas.
Ah, on me l'a dit déjà. Mais ça veut dire quelque chose de bien. J'espère.
Sinon, ça veut dire "trou de balle" ou un truc comme ça. Après, bon, j'assume. -Entre les Chinois, les Cambodgiens, les Laotiens, les Vietnamiens.
La population asiatique représente près de 30 % de la tour et pourtant, en 20 ans, j'ai rarement eu l'occasion d'échanger avec eux. Je profite de ce film pour aller à leur rencontre, mais ce n'est pas facile. -Bonjour. -Il rit.
Comme on se retrouve. -Ca va ? En train de tourner ? -Ouais, je voulais...
Et pour l'instant, j'obtiens des sourires et des "oui" qui veulent dire "non". *-Porte fermée. -Dites-moi !
Je me tourne donc vers la deuxième génération et rencontre Laurent et Christian, deux enfants de la tour. Tu peux raconter le parcours de tes parents ? Comment ils sont arrivés là ?
A quelle année ? -C'est une histoire qui est partagée, un peu commune avec la majorité des ethnies asiatiques qui sont maintenant au sein du 13e arrondissement ou dans les quartiers de Belleville. Mes parents ont fui le conflit à l'époque qui était Indochine, Vietnam, enfin Sud-Vietcong.
Il y avait des régimes totalitaires avec beaucoup de génocides, si je peux dire les termes. Et mes parents ont été recueillis par la Croix-Rouge française, puisqu'ils viennent du Cambodge, donc une colonie ex-française. Et par ce biais-là, ils ont réussi à traverser jusqu'en France, en traversant toute l'Europe et être accueillis en tant que réfugiés.
Et du coup, ils sont arrivés, je crois, en France dans les années 80. Et moi, je suis né en fin de 98, l'année de la Coupe du Monde en France. -La communauté est un peu discrète, etc.
Comment tu expliques ? -Ouais. Je dirais que c'est la culture.
Alors après, vivons heureux, vivons cachés. C'est peut-être aussi un peu la philosophie d'une certaine population asiatique. Après, nous, on est quand même de la deuxième génération, donc on est un peu différents par rapport à nos parents.
Le fait d'avoir fui... la dictature, fuit la pauvreté, ou le fait de se reconstruire, oui, on essaye d'éviter de poser problème à autrui, donc c'est peut-être ce côté-là qui fait qu'on est un peu discret. -En rencontrant mes voisins dans toute leur diversité, je me demande pourquoi lorsque la diversité n'est pas un fantasme mais une réalité quotidienne, pourquoi ici dans le 19e arrondissement de Paris, quartier populaire et réputé pour ses lieux de deal, pourquoi, aux dernières législatives, le vote RN était quatre fois plus bas qu'au niveau national et LFI passait au premier tour avec 64 % des voix.
Qu'en sera-t-il aux prochaines élections municipales ? Bips Ici, dans le 19e, on peut quand même dire qu'il y a pas mal de gens privilégiés, souvent assez engagés pour l'écologie, le féminisme, etc. On a, en tout cas, cette image-là.
Donc je ne suis pas surprise de voir que cet arrondissement est plutôt très à gauche versus à droite. -Tu parles du Rassemblement national, c'est souvent, de ce que moi, je vois, j'écoute, je lis, des gens qui, finalement, ne côtoient pas la diversité, qui ont des préjugés sur les étrangers, sur les migrants, sur tout ça. Et puis en fait, quand tu es dans ce genre de quartier où tu vois tous les jours la diversité, que les craqués, ce n'est pas forcément des Africains et que ceux qui sont... importunants, c'est pas forcément non plus des étrangers, ça peut être du blanc, tout ce qui est plus blanc que blanc.
Du coup, pour moi, oui, c'est lié. Plus t'as de diversité, moins t'as de racisme inhérent. -Ici, je me suis pas senti comme un étranger, voilà, c'est ça.
Surtout dans la tour, parce que j'ai vu différents mondes. Et pour moi, c'est une nécessité pour vivre ensemble parce que contact, tout ça, on a besoin de l'un de l'autre pour régler notre quotidien. Voilà, c'est ça.
Et à la campagne, peut-être, ils sont plus isolés, ils sont avec les télés un peu, avec les médias qui te servent plein de choses et ils ne peuvent pas comparer après avec les autres et tout ça. Ils sont après peut-être plus fermés, voilà, c'est ça. -Aujourd'hui, dans cette tour, cohabitent sous le même toit mille voisins venus du monde entier.
Etait-ce l'intention de l'architecte d'en faire un village vertical ? Y avait-il aussi un projet politique à l'instar de l'utopie sociale de Le Corbusier, avec sa cité radieuse ? T'as une idée de l'architecte, de l'histoire de la tour ? -Non, pas du tout.
Pas du tout, du tout, du tout. -Pas du tout, pas du tout. Je sais qu'elle a été construite en 1972, par là. -Nous sommes arrivés en 74. -C'était une tour de fonctionnaires.
Donc sa destination, c'était les fonctionnaires issus du ministère de l'Agriculture... -Du Travail. -...du Travail, de l'Intérieur, de l'Armée, je crois. -Ah oui, une tour de fonctionnaires ?
Alors projet politique peut-être, mais on est loin d'une cité radieuse. Pour en savoir plus, je sais où aller sonner. -Curieusement, il y a beaucoup d'architectes qui habitent dans la tour, au moins une vingtaine.
Parmi eux, il y a Gaspard qui a ses bureaux ici. Et il doit certainement connaître l'histoire de la tour. -La tour, elle a été conçue et réalisée par l'architecte Pierre-Yves Cochin dans les années 70.
C'est la première tour d'un projet d'un nouveau front de scène qui était voulu par le président Pompidou et le président suivant, Giscard, il a stoppé ce projet. Au même moment, Pierre-Yves Cochin, il réalisait le Novotel de la Porte de Bagnolet, une autre tour. Et pour moi, ce n'est pas tout à fait anodin que ce soit un architecte d'hôtel qui l'ait réalisée, cette tour, je la perçois un petit peu comme une espèce de nouveau Sheraton dans un paysage urbain.
On voit ces lignes effilées, verticales. Il y a des balcons qui sont très intrigants parce qu'ils sont vraiment anecdotiques au plus haut degré. Coucou.
Oui, oui, je sais. Absolument, on termine. Cette tour en termes architecturaux, elle me donne l'impression d'avoir été dessinée en une heure. -Alors moi, il y a un truc qui me questionne dans cette tour, c'est pourquoi le dixième étage a un balcon et pas les autres ? -Pourquoi l'architecte a eu cette idée loufoque ? -C'est vrai que tout le monde se pose la question de ces balcons seulement au dixième étage.
Non, neuvième étage ! -Moi, le truc qui m'a surpris, c'est que les ascenseurs pairs te ramènent sur les étages impairs. Ca, c'est la première fois, quand je suis entrée, moi, je devais prendre l'ascenseur deux pour aller au trois.
Mais pourquoi ? Moi, je suis informaticienne. Non, non, non.
Si c'est pair, c'est pair, impaire, impaire. -En effet, je n'avais jamais remarqué, l'ascenseur impair, l'ascenseur un, t'emmène aux étages pairs et l'ascenseur pair dessert des étages impairs. -Oui, mon coeur ?
On saute ? -Mathieu a emménagé récemment en famille et il découvre depuis les particularités de la tour. -Ce qui est marrant, c'est que je ne connais pas les gens des étages impairs, voire je ne connais pas les gens de l'autre côté de l'ascenseur.
C'est assez marrant. Il y a un village avec quatre quartiers. -Finalement, c'est peut-être nous, les habitants, qui avons fait de cette architecture d'hôtel un village vertical, en créant au fil des années un lien communautaire.
Quand t'es arrivée, c'était... -Mon premier sentiment, c'était de me dire qu'il y avait... que c'était trop de voisins d'un coup, c'était une communauté trop...
Voilà, un peu trop présente. Et j'avais pas envie de rentrer dedans, en fait. Et puis, finalement, t'as des enfants, tu traînes dans le jardin.
Bon an, mal an, tu côtoies des gens. Et finalement, tu découvres que ça, c'est chouette. Moi, j'ai créé des liens avec des gens que...
Ouais, je pensais pas trop. Nous, on est arrivés il y a quinze ans dans un trois pièces. On a déménagé du 27e au 26e étage.
Et finalement, on vend à des gens qui habitent dans la tour aussi et qui en déménagent pour prendre plus grand à un autre étage. Quand on aime ici, on se sent bien. -Moi aussi, j'ai déménagé en ascenseur à l'arrivée de mon deuxième enfant.
Du 20e étage, vue nord, j'adorais cette vue, je l'ai tellement filmée, au 12e étage, vue sud, pas mal non plus. -Nous, on a habité au deuxième étage pendant cinq ans. On a déménagé en ascenseur en 45 minutes.
Au 26e, donc la vue est bien meilleure. C'est la même tour, la même vie, mais avec... les nuages, les oiseaux, La tour Eiffel, c'est incroyable comme vue. -Moi, j'aime bien, voir le début.
Même quand la maman, ou le papa vient me voir et me dit : "On a un truc à t'annoncer, on va voir un bébé." Ca fait plaisir. Tu sais que tu vas commencer à voir le ventre.
Là, d'ailleurs, on a deux bébés qui vont naître cette année. Encore. C'est vraiment la tour des enfants.
La tour est vieille, mais pas son âme. -Au fil des naissances, on s'agrandit dans cette tour. On passe d'un T2 à un T4.
On déménage tout en voulant rester dans le même village. Quand vous êtes arrivé, il était aménagé comment ? -C'était génial.
C'était un vieux monsieur qui venait de décéder. C'était une indivision et c'était le fils qui était diplômé en architecture qui avait fait les travaux. -C'est-à-dire qu'il y avait du carrelage au plafond, style boucherie, blanc brillant. -Il y avait du faux parquet en carrelage au sol, blanc aussi.
Les chambres, c'était un peu une ambiance David Lynch. Il y avait du papier peint blanc et rouge strié et des carreaux noirs et rouges au sol. En PVC. -Assez moisis. -Et la cuisine, elle était déjà là, mais elle était fermée. -Donc vous avez fait quoi ? -Donc on a ouvert, on a cassé, il y avait une cloison, on a cassé, on a refait la cuisine au même endroit, mais ouverte et tournée vers là-haut.
Donc pendant qu'on lave les casseroles, on voit la tour Eiffel. -J'ai cassé les murs et j'ai ouvert parce que là, on a un poster de la tour Eiffel dans l'ex-fenêtre de cuisine. Et là, on a un poster de Montmartre dans la fenêtre du séjour.
Un avantage que l'on peut avoir, c'est que c'est une tour de contrôle, notre appartement, et qu'on a une vue périphérique sur quasiment le sud de Paris, la porte d'Orléans. -Thomas, comme beaucoup de voisins, a sa paire de jumelles à portée de main. Il est ancien chef d'escale d'une compagnie aérienne. -Tiens, là, j'ai le centre Georges Pompidou, notre raffinerie, notre raffinerie de Paris.
Musique -Il y a un voisin qui ne quitte jamais ses jumelles, c'est le peintre japonais Masao Haïjima. Il peint tous les jours sa vue depuis plus de dix ans. -Pour trouver ici, j'ai visité plus de 70 appartements.
Moi je peins le paysage intime, le paysage que je vois tous les jours. Le paysage appartient à moi. Je suis né à Tokyo, les années 50.
Et à l'âge de cinq ans, j'étais encore à l'école maternelle, et il y avait un concours de peinture. Je me suis installé devant chez moi. Et puis j'ai fait le paysage, ce que je voyais, devant ma maison.
Et le jour de l'exposition, je suis arrivé devant ma peinture. Et alors, c'était bizarre, c'est que ma peinture était exposée à l'envers. Il rit.
Pour moi, c'est une peinture figurative, ce n'est pas du tout abstrait. Je voulais faire un paysage le plus réaliste possible. Comment ça se fait que les gens le mettent à l'envers, c'est bizarre ? -Aujourd'hui, plus personne n'exposerait les peintures de Masao à l'envers.
De la tour et sa hauteur, Masao a développé un sens du détail très particulier. Comme les voisins d'ailleurs, rien n'échappe au regard des vigiles. Notification Notification *-Porte ouverte.
Notification -Je ne connaissais même pas le principe d'un groupe WhatsApp de voisins. Notification -Tous les jours, il y a des messages, il y a du partage d'objets, du partage d'infos aussi, d'événements. -Je propose toujours ma place de parking parce que j'ai pas de voiture.
Je suis content de servir à quelqu'un. Notification -Ce qui m'amuse, c'est que ça a un côté un peu gazette, où parfois tu as des échanges un peu houleux. -Je lis, je regarde, je rigole.
Il rit. Notification -Dès qu'on a un problème... "J'ai une inondation, est-ce que vous pouvez venir m'aider ?" -Il y avait des robinets qui étaient coincés.
Celui de la chambre, pareil ? Le geyser. *-Bonjour les voisins et bon retour à Paris *pour ceux qui reviennent de vacances. *Pour moi, cette nuit, ça s'est soldé par éponger *les dégâts d'une inondation qui avait été causée *quelques étages au-dessus. *Il existe sur Internet ce genre de gadget, *ça coûte environ dix euros. *Vous le posez à plat sur le sol *près des endroits qui pourraient avoir des inondations, *genre les dessous de baignoires, les dessous d'éviers. *Voilà, là, j'ai imité l'humidité qui arrive. *Alarme C'est un petit gadget qui coûte quelques euros sur Internet.
Et... quand on met ça en place, voilà... -Thierry, c'est un conseiller syndical très actif sur le WhatsApp. -Ca fait "bip, bip, bip" dès qu'il y a une suspicion d'humidité qui arrive. -Un voisin qui vous veut du bien, toujours prêt à donner des coups de main, des conseils ou prêter des outils. -Le frigo peint... -Ah ouais...
T'as dû voir des tas d'appartements superbes avec des décorations originales, et tout. -C'est le seul que je connaisse qui a conservé le plan d'origine de son cinq pièces. Tu veux essayer un coup d'oeil ? -Ouais, je veux bien. -J'ai rien changé. -Ouais, mais en même temps, c'est vrai, j'ai vu plus d'appartements qui ont changé.
Ah oui, il y avait...
Tu vois, par exemple, cette porte-là à droite, je crois que c'est la première fois que je la vois. -Elle est d'origine. Et puis là, je suis en train de préparer la chambre pour mes visiteurs.
Tiens, ça, c'est un meuble original. C'est le seul meuble un peu original de la maison. C'est une face avant de lit breton.
Tu sais, les Bretons avaient des armoires et dans lesquelles ils avaient une porte comme ça pour que les enfants dorment avec des couchettes. Il y avait trois enfants qui dormaient là-dedans. Et là, tu vois, c'est ça que fait Mireille.
Elle fait ce qu'elle appelle des crêpes, c'est-à-dire des sculptures en papier mâché sculpté. Je te présente mon arrière-grand-père. Il était à l'époque le médecin-chef de l'hôpital du bagne de Nouméa.
Aujourd'hui, je pense que le WhatsApp est probablement le premier forum de rencontres et d'échanges. Les occasions de se voir, ne serait-ce que pour se donner un coup de main en termes de bricolage ou de prêt de place de parking, etc., en découlent directement.
Et ça, ça contribue pas mal à rapprocher les gens. -Porte, 23 h 00. *-La porte est ouverte. -Bruit du vent depuis l'intérieur du hall d'entrée de la tour. -Bonsoir. -Bonsoir. -Bonsoir.
Vent Musique au loin Musique Musique à travers le mur --- Musique au loin Notification -Double porte séparateur caves, première. Musique angoissante -Déjà, j'avais signé un 11 septembre. Bon, faut pas être superstitieux.
Et je sais pas, peut-être dans les trois premiers mois où j'habite là, je vais à la cave. Donc déjà, tu vois, aller à la cave, faut se repérer. J'étais un peu perdue parce qu'au -2, j'ai ma cave et mon parking.
Et c'est deux chemins complètement différents. --- Et en fait, je passe et je vois un type accroché à la serrure de sa cave et retenu par son porte-clés en chaîne. Et il était mort.
Il était mort. En tout cas, moi, j'ai...
Oui, je ne peux pas mentir, j'espérais qu'il ne soit pas mort, mais j'ai tout de suite vu qu'il était mort, en fait. Maintenant, à chaque fois que je vais chercher ma voiture, j'ai toujours un petit regard pour cet angle où il y a le fantôme de ce monsieur. Je me dis qu'on peut mourir dans sa cave d'une crise cardiaque en allant chercher je ne sais quel livre ou je ne sais quel souvenir.
Musique angoissante -Il y a d'autres choses qui se passent au sous-sol. Des choses terrifiantes. Oui, ce sont les assemblées générales de copropriétaires.
Cette année, des sujets importants doivent être votés. -Qui est contre ? -Certains voisins me poussent à me présenter au conseil syndical. -D'autres personnes qui souhaiteraient se présenter au conseil syndical ?
Il y a d'autres personnes ? -Moi, je veux bien. Oui. -M.
Milon ? -Oui. Donc on procèdera au vote. -Oui. -Alors, candidature pour M.
Milon, ici présent. Qui est contre ? Qui s'abstient ?
Deux abstentions. -Monsieur ? -Le gros sujet cette année, c'est la question de la rénovation énergétique. -En pleine canicule, votre mur monte à 60 degrés.
L'acier qui est dans le béton se dilate évidemment plus fort que le béton lui-même et c'est ça qui crée les fissures. Après, si elles ne sont pas traitées, il y a la pluie, le gel, et puis ça va encore éclater en hiver un peu plus. Et en été, il y aura des chocs thermiques et ça va fort éclater. -S'il vous plaît ! -Là, s'il vous plaît, parce qu'on parle argent.
Rire -Alors, voilà ce que ça donnerait en mensualité pendant 20 ans pour chacun. Donc ça va de 88 euros à 371 euros par mois pendant 20 ans. -J'étais un petit peu sceptique au début.
Et maintenant, finalement, je suis carrément sceptique et anti-plan DTG. Si on se met dans ces projets pharaoniques, un peu en limite de submersion financière, c'est, pour moi, une folie. -Le problème, c'est que depuis 70 ans, on est élevés dans une culture de l'éternel présent et on a oublié qu'il faut entretenir les bâtiments comme il faut entretenir n'importe quel objet.
La différence, c'est que si je n'entretiens pas mes chaussettes, je vais les jeter, j'en prends des autres, on ne peut pas faire la même chose sur un immeuble. -Comme sur tous les sujets, deux visions politiques s'opposent. On retrouve dans les assemblées générales les mêmes questions que dans le débat public.
Faut-il plus de sécurité en rajoutant des caméras de surveillance ? Faut-il payer en plus un vigile toute la nuit ? Comme dans n'importe quelle commune, la question des impôts est un sujet sensible.
Ici, dans cet immeuble de grande hauteur, les impôts, enfin les charges en l'occurrence, sont déjà très élevés, avec la présence obligatoire d'un pompier 24 heures sur 24, le salaire d'Arlie et de M. Fissourou qui commence, lui, à 5 h 30. -Je commence tôt le matin, comme ça je nettoie l'ascenseur ou l'entrée avant que les gens descendent.
Je travaille ici, tranquille, il n'y a pas de problème. -Tranquille, tranquille, M. Fissourou doit quand même gérer les incivilités et les mauvaises surprises. -T'as jamais rien trouvé de bizarre dans les escaliers ? -Bah oui. -Ou dans les vide-ordures ?
Voilà, donc tu fais un travail de malade, dis pas que tout va bien et tout. -Ouais. -Un travail de fou, n'oublie pas. -A tous ces salaires, il faut rajouter l'eau et le chauffage collectif.
Les charges vont de 350 euros pour un deux pièces à 750 euros pour un cinq pièces. Tout choix est politique et chaque sujet peut diviser les propriétaires. En ce moment, c'est l'utilisation du jardin avec cette rengaine : "Il faut interdire l'accès à la pelouse." -On voit des conflits autour du jardin.
L'envie de gens de mettre des interdictions pour les enfants, pour les animaux, pour les vélos. Il y a toujours cette question de vouloir interdire, cadrer. Alors que finalement, je trouve que les gens de la tour s'autorégulent très bien. -Mais la première fois où ces deux camps se sont écharpés, le premier vrai conflit, ça a été le sujet vélo.
Comme dans tout Paris, d'ailleurs. -Hop ! C'est la petite mission du matin.
Ecoute...
Il y a pire. Comme descendre au sous-sol. -Le vélo, c'est un gros sujet.
Ca a été un gros sujet de... de combat pendant des années à l'intérieur de la copropriété.
Parce qu'on a un manque d'espace de stationnement de vélo. Il y avait des vélos qui étaient garés dans les jardins. Ca a soulevé des batailles entre les parties de la copropriété. -Alors, j'ai l'habitude d'être engagé un peu dans tout ce que je fais, parce que je suis chef d'entreprise, j'étais officier à l'armée, à la BSPP, etc.
Mais en particulier, le sujet qui m'avait mobilisé, c'était celui qui concernait les racks à vélo, qui étaient nécessaires, vu la montée de l'utilisation des bicyclettes à Paris, et pour laquelle je m'opposais à une idée saugrenue qui consistait à remplacer nos jardins par de vastes hangars métalliques pour garer les vélos. -Et du coup, ça a donné une politique assez répressive de la part du conseil syndical qui a voulu absolument démonter tous les vélos qui étaient présents en bas. Donc moi, par exemple, mon cadenas avait été coupé à l'époque.
Donc voilà. Je n'ai pas envoyé la facture au conseil syndical, mais...
Et tout ça avait été fait avec des arguments assez fallacieux sur le fait qu'il y avait un danger potentiel, avec le fait que certains vélos pouvaient être de la matière inflammable. -Tout le monde mettait les vélos de façon un peu... hasardeuse, et ils mettaient les vélos n'importe où, sous la clôture. -Pour toi, le vélo, c'est une question politique ou une vision générationnelle ? -Je pense que c'est les deux.
Je pense que c'est politique et générationnel. Déjà, c'est de plus en plus impraticable, la voiture dans Paris. Il y en a qui en sont nostalgiques.
Moi, personnellement, je n'en suis pas du tout nostalgique. Je suis cycliste depuis longtemps, donc pour moi, ça a toujours été un fléau. Même en tant que piéton, ça a toujours été un fléau. -Paris, pour moi, se dégrade en termes notamment de fluidité de déplacement et de circulation.
Pourtant, j'ai juste une mobylette, donc a priori, je ne dérange pas grand monde et je prends pas beaucoup de place. Et malgré ça, ça devient l'enfer de circuler à Paris. Je suis ce qui se fait aujourd'hui en termes de réglementation dans Paris, mais ça ne me plaît pas beaucoup.
Ca me donne plutôt envie de quitter la ville que d'y rester. -Personnellement, je suis très mécontent de la maire actuelle, de Mme Hidalgo. Elle est déjà au premier mandat.
Et tous les gens que je connais dans mon entourage, ils sont du même avis, à part une ou deux exceptions. -Je ne dis pas qu'Hidalgo est absolument parfaite, mais elle a fait quand même...
Je sais quand même que là, ça fait quelques années que la pollution à Paris a drastiquement diminué parce qu'elle a rajouté plein de pistes cyclables. Et je trouve que ça se ressent. -Porte sortie, parking, deuxième. -Aujourd'hui, ça s'est un peu stabilisé, avec des places dans le parking en sous-sol qui ont été converties en stationnement vélo, et avec les locales vélo en rez-de-chaussée qui sont toujours très remplies, mais qu'on essaie de garder pour ceux qui utilisent vraiment au quotidien le vélo. -Hop.
Musique -Huit mois se sont écoulés depuis ma première visite chez Masao. Il espère que ce grand format sera prêt pour son exposition au printemps. Masao passe parfois des années sur un tableau.
Ses peintures me donnent l'impression d'être des longues pauses photographiques qui ne captent pas l'instant. Les saisons se mélangent, la ville se vide de ses habitants, Masao crée des oeuvres hors du temps. Musique --- --- -Toute l'année, la tour et le quartier vivent au rythme des fêtes religieuses ou calendaires.
De la prière juive de Tachlikh, au bord de l'eau, en passant par le Nouvel An chinois, l'Aïd, et sans oublier le sapin de Noël. -Coucou Nouma, t'arrives au bon moment ! (T'as vu, c'est joli.) On va essayer de mettre ça, du coup.
Salut, Paul ! Coucou ! Rire Mais c'est pas de l'or, t'inquiète pas. -C'est toi qui mets ? -Est-ce que tu veux mettre une petite guirlande ? -Bah, je sais pas, si on aura un petit chocolat. -Oh, mais t'as de jolies choses !
Notification Cloches -Les élections municipales approchent. -Bonjour madame, pour changer Paris en 2026. -Bonjour, pour le changement à Paris avec Rachida Dati. -Il y a du monde qui tracte aujourd'hui au marché en bas de la tour. -Baisse des loyers, pas régulation, baisse des loyers !
Une vraie école ! -Faut dégager les macronistes de gauche, de droite, du centre ! Bonjour, Pierre-Yves Bournazel, je suis candidat pour être le prochain maire de Paris.
Merci beaucoup. -Et tout le monde n'est pas forcément bien accueilli. -Sarah Knafo. -La seule qui doit gagner. -Bonjour. -Vous osez venir ici. -Allez ailleurs.
Vous êtes vraiment pas au bon endroit. -Le changement commence par les municipales. Votons LFI ! -Tiens, je reconnais Angélique, une voisine de la tour.
Alors pour Rachida, c'est par là. Les bijoux, c'est par là. Les bijoux de la princesse.
Sinon, pour un pari populaire, c'est ici. Bonjour. Ah, c'est bien.
Ah bah...
Pour l'encadrement des loyers. -Angélique est docteur en biologie. Elle travaille d'abord aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d'Europe, puis est revenue récemment en France en tant qu'enseignante chercheuse.
Mais avec ses 1700 euros par mois, difficile de se loger à Paris avec son enfant. -Pour l'encadrement des loyers, pour une gauche populaire. -Elle s'est donc résolue à revenir dans la tour, vivre chez son père.
Notification Notification Cloches -A voté ! Musique Là, je sais que c'est important d'aller voter parce qu'il peut y avoir une menace un peu extrémiste que je n'ai pas envie de voir arriver. -Oui, je vote.
Je vote Verts. -De toute façon, nous sommes un quartier de gauche. Donc, de toute façon, c'est ce qui est aux manettes dans le 19e. -Je suis désolé qu'une partie importante de la tour vote pour Mélenchon.
On vote Macron, oui, on vote plutôt Macron, et on n'estime pas que ce soit un vote de droite, voyez-vous. Musique --- *-C'est Emmanuel Grégoire, victoire à Paris du candidat PS, *la capitale reste à gauche. *Ecart large avec Rachida Dati, *51 % des votes pour Emmanuel Grégoire *contre près de 41 % pour sa rivale. *Le nouveau maire s'adresse à l'extrême droite. *-Ce soir...
Musique techno et saxophone Saxophone -Il chante de l'opéra en italien. Saxophone --- -Quand un résident dit : "C'est normal, il y a de l'eau qui sort." Ici, oui, c'est normal.
Oui, les immeubles bas sont invités, vous êtes les bienvenus. Définition d'un voisin, c'est quelqu'un qui habite à côté. Saxophone Vous pouvez vous mettre sur le gazon. -Vous pouvez vous mettre sur l'herbe. -C'est pas interdit ? -Non. -Mais non, stop. -Mais non. -C'est aujourd'hui ma 19e fête des voisins et je sais qu'il y en aura d'autres.
Je ne suis pas près de quitter mon village vertical, ma tour aux mille voisins habitant sous le même toit. Tout le monde n'est pas là ce soir, mais ce n'est pas grave, rendez-vous au sous-sol pour la prochaine assemblée générale. Musique --- --- --- --- --- --- --- ---
Alain Milon