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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 4 juin 2020 6 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeInstitutions & élections

Nicolas Poincaré : La police française est-elle raciste ? - 04/06

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 50 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    C'est un discours nouveau.

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Oui, en tout cas, c'est très nouveau ce qu'a dit Christophe Castaner hier, très nouveau de sa part.

  • 1:05OuverteRéponse directe

    Ce que l'on reproche le plus souvent aux policiers, ce sont les contrôles aux faciès.

  • 1:15ComplaisanteRéponse directe

    C'est le problème numéro un.

  • 2:21OuverteRéponse directe

    Alors bon, il y a des études, des sondages qui montrent qu'on parle de 20 fois plus de chances d'être contrôlés lorsque vous êtes noir et arabe que si vous êtes blanc de risque.

  • 3:34RelanceRéponse directe

    Alors, je ne sais pas si effectivement c'est la bonne affaire pour en faire le symbole du racisme dans la police.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16InvitéFait
    « « Cette déclaration est une menace ». »
  • 0:20InvitéFait
    « Le secrétaire national du syndicat de police Alliance parle d'un État qui lâche sa police. »
  • 0:41PrésentateurFait
    « La police, a-t-il dit, peut faire des erreurs. »
  • 0:43PrésentateurFait
    « Chaque fait, chaque mot, sous-entendu raciste, doit faire l'objet d'enquêtes et éventuellement de sanctions. »
  • 1:05InvitéFait
    « Ce que l'on reproche le plus souvent aux policiers, ce sont les contrôles aux faciès. »
  • 1:33PrésentateurFait
    « Des policiers qui multipliaient les contrôles, les fouilles au corps, les insultes, salles noires, salles libanais de merde. »
  • 1:40PrésentateurFait
    « Les jeunes dénonçaient des passages à tabac au commissariat. »
  • 1:55PrésentateurFait
    « Mais comme quoi des policiers aussi sont condamnés. »
  • 2:21PrésentateurChiffre
    « Alors bon, il y a des études, des sondages qui montrent qu'on parle de 20 fois plus de chances d'être contrôlés lorsque vous êtes noir et arabe que si vous êtes blanc de risque. »
  • 2:38PrésentateurFait
    « C'est-à-dire que ce n'est pas à celui qui est contrôlé d'essayer de prouver qu'il l'a été parce qu'il est noir ou arabe. C'est aux policiers de prouver qu'ils ne l'ont pas contrôlé en raison de la couleur de sa peau. »
  • 4:25PrésentateurFait
    « Depuis, il y a deux versions qui s'opposent et qui sont radicalement opposées. »
  • 4:34PrésentateurFait
    « La famille affirme qu'il est mort asphyxié, victime d'un plaquage ventral sous le poids des trois gendarmes. »
  • 4:40PrésentateurFait
    « Ils contestent avoir porté le moindre coup. »
  • 5:18PrésentateurFait
    « pour dire qu'on ne pouvait pas comparer cette affaire avec l'affaire George Floyd aux Etats-Unis. »

Temps de parole

  • Présentateur88 %
  • Invité12 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Vous écoutez RMC, expliquez-nous. Bien, alors hier, le ministre de l'Intérieur a indiqué que chaque faute de la police devait être sanctionnée. Et ça a fait du bruit, j'ai vu même un syndicat de police Alliance qui dit « Cette déclaration est une menace ». Le secrétaire national du syndicat de police Alliance parle d'un État qui lâche sa police.

0:27
Présentateur

C'est un discours nouveau. Oui, en tout cas, c'est très nouveau ce qu'a dit Christophe Castaner hier, très nouveau de sa part. Puisque avant-hier encore à l'Assemblée, il contestait toute forme de racisme au sein de la police. Hier, devant les sénateurs, il s'est montré donc moins affirmatif, on va dire. La police, a-t-il dit, peut faire des erreurs. Chaque fait, chaque mot, sous-entendu raciste, doit faire l'objet d'enquêtes et éventuellement de sanctions. C'était évidemment une façon de calmer le jeu après la manifestation de mardi devant le palais justice de Paris.

Et alors qu'on fait l'amalgame avec ce qui se passe aux États-Unis, l'émotion mondiale après la mort de George Floyd aux États-Unis.

1:02
Invité

Oui, nous venons d'en parler avec Maître Leclerc. Ce que l'on reproche le plus souvent aux policiers, ce sont les contrôles aux faciès.

1:09
Présentateur

Et Maître Leclerc, il a très bien expliqué, c'est le problème numéro un. C'est ce qui avait été évoqué par la chanteuse Camilia Jordana chez Ruquier il y a une dizaine de jours. Elle disait qu'elle avait peur lorsqu'elle était contrôlée. En tout cas, le défenseur des droits, Jacques Toubon, qui est l'ancien garde des Sceaux de Jacques Chirac, vient de publier un rapport sur une enquête menée par ses services. En l'occurrence, il s'agissait d'une bande de 18 jeunes et garçons, tous d'origine étrangère, qui se plaignaient d'un groupe de policiers dans le 12e arrondissement de Paris.

Des policiers qui multipliaient les contrôles, les fouilles au corps, les insultes, salles noires, salles libanais de merde. Les jeunes dénonçaient des passages à tabac au commissariat. Finalement, trois policiers ont été jugés. Il y a donc eu une enquête, ils ont été jugés et condamnés à des peines de prison avec sursis. Mais comme quoi des policiers aussi sont condamnés. Ça arrive, naturellement. Ça arrive, bien sûr. Mais dans cette affaire, le défenseur des droits a estimé que ces policiers avaient agi sur ordre pour mettre fin à des trafics, des tapages, des nuisances. Ce n'était pas donc sans aucune raison que ces jeunes étaient contrôlés.

Mais finalement, le rapport a dénoncé le caractère systématique et abusif de ces contrôles qui apparaissaient comme du harcèlement, écoutez bien, en raison des origines. C'était donc bien, d'après le défenseur des droits, une histoire de racisme. C'est très difficile à mesurer et à prouver. Oui. Alors bon, il y a des études, des sondages qui montrent qu'on parle de 20 fois plus de chances d'être contrôlés lorsque vous êtes noir et arabe que si vous êtes blanc de risque. La cour de cassation a rendu un arrêt qu'on évoquait à l'instant avec Maître Leclerc, qui est important. C'était en 2016, il y a 4 ans. Elle a jugé qu'on pouvait inverser la charge de la preuve.

C'est-à-dire que ce n'est pas à celui qui est contrôlé d'essayer de prouver qu'il l'a été parce qu'il est noir ou arabe. C'est aux policiers de prouver qu'ils ne l'ont pas contrôlé en raison de la couleur de sa peau. La cour de cassation avait été saisie sur deux affaires, notamment par un groupe d'amis des Français d'origine arabe qui se trouvaient sur la terrasse d'un McDo. Tous les autres clients étaient blancs et n'avaient pas été contrôlés. Et ces clients avaient accepté de témoigner en faveur des trois amis maghrébins. Résultat, les policiers n'ont pas pu se justifier, n'ont pas pu expliquer pourquoi ils n'avaient contrôlé que ces trois-là. La justice leur a donné tort.

La cour de cassation a estimé que c'était une faute lourde de l'État qui méritait réparation. C'était donc une reconnaissance par la justice du préjudice dû au contrôle abusif et raciste. C'était il y a 4 ans. Mais bon, il faut bien reconnaître que sur le terrain, ça n'a pas changé grand-chose de bien.

3:27
Invité

Aujourd'hui, c'est l'affaire Adama Traoré qui symbolise le supposé racisme des forces de l'ordre. Une affaire complexe.

3:34
Présentateur

Voilà. Alors, je ne sais pas si effectivement c'est la bonne affaire pour en faire le symbole du racisme dans la police. Parce que, qu'est-ce qui s'est passé ? C'était donc en 2016, il avait 24 ans, ce garçon. Ce n'était pas un contrôle d'identité qui a mal tourné. Les gendarmes étaient venus interpeller son frère à la demande d'un magistrat. Adama Traoré était là. Il a pris la fuite. Il a été rattrapé une première fois. Il s'est débattu. Un de ses copains est venu l'aider, a plaqué le gendarme au sol. Traoré a repris la fuite. Puis, il est allé se réfugier dans un appartement au rez-de-chaussée. Un appartement dont il ne connaissait pas le propriétaire. Il est rentré comme ça.

Il s'est caché sous une couverture. Les gendarmes sont arrivés et l'ont donc interpellé sur cette couverture. Ils l'ont conduit ensuite au commissariat. Il a perdu connaissance dans le véhicule pendant le trajet qui durait à peu près deux minutes. Et arrivé à la caserne, les pompiers n'ont pas pu le réanimer. Depuis, il y a deux versions qui s'opposent et qui sont radicalement opposées. La famille affirme qu'il est mort asphyxié, victime d'un plaquage ventral sous le poids des trois gendarmes. Les gendarmes démentent avoir pratiqué ce plaquage ventral. Ils disent que ça ne fait pas partie de leur procédure. Ils contestent avoir porté le moindre coup.

Et effectivement, l'autopsie n'a pas trouvé de traces de coup. Enfin, ils refusent les accusations de racisme en précisant que sur l'ensemble du dispositif des gendarmes, il y avait trois gendarmes qui eux-mêmes étaient noirs. Trois rapports médicaux ont été commandés par les juges d'instruction et ont plutôt exonéré les gendarmes. Puis il y a un rapport commandé par la famille qui lui vient au contraire d'affirmer que c'est bien le plaquage ventral qui était la cause de la mort. On en est là. Les gendarmes n'ont jamais été mis en examen. Ils sont témoins assistés, soupçonnés non pas de violences volontaires mais de non-assistance à personnes en danger.

Hier, le directeur de la gendarmerie est sorti de son silence pour dénoncer les amalgames, pour dire qu'on ne pouvait pas comparer cette affaire avec l'affaire George Floyd aux Etats-Unis. Il n'empêche que c'est bien ce qu'essaye de faire actuellement la famille et le comité de soutien, faire que l'affaire Traoré devienne l'équivalent français de l'affaire américaine, le symbole de la violence policière, même si les faits, on vient de le voir, sont beaucoup moins clairs qu'à Minneapolis. C'est oui.

Nicolas Poincaré : La police française est-elle raciste ? - 04/06 · Pourquijevote