RETRAITES : DÉCRYPTAGE DES ARGUMENTS D’EMMANUEL MACRON
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
c'était l'une des interviews les plus attendues de ces derniers mois celle du président de la République venu défendre coûte que coûte sa réforme des retraites écoutez ce texte il va poursuivre son chemin démocratique en dépit de la colère de la rue [Musique] comme on peut le voir il y a des feux de partout dans cet entretien de plus de 30 minutes il a utilisé de nombreux arguments économiques pour justifier une réforme dont une grande partie des Français ne veut pas on n'a pas forcément envie d'entendre la réalité mais je vous dis cette réforme ça n'est pas un luxe ce n'est pas un plaisir c'est une nécessité pour le pays la réforme serait nécessaire indispensable juste et de manière générale le président de la République se battrait pour plus de justice sociale et beaucoup de travailleurs disent vous nous demandez des efforts il y a des gens qui travaillent jamais ils ont quasiment la même vie eux ils vont jamais travailler ils auront le minimum vieillesse pour comprendre si ces arguments sont fondés on va les décrypter un un avec Michael Zemmour l'économiste de référence en ce qui concerne cette réforme dans cette nouvelle émission économique pour Blast Michael Zemmour bonjour bonjour vous êtes maître de conférence en économie à l'université parisien vous êtes chercheur au Centre d'économie de la Sorbonne et spécialiste de la protection sociale et aujourd'hui vous venez pour nous parler de cette contestation de la réforme des retraites pourquoi est-ce que selon vous cette réforme suscite une telle colère je pense que elle suscite une opposition pour des raisons de fonds c'est-à-dire que la retraite ça prend une place importante dans l'économie dans la vie des individus des salariés et donc on savait même avant la réforme que au sein de la protection sociale il y a un fort rattachement au système de retraite et là l'opposition elle n'est pas que symbolique parce que les mesures qui sont contenues dans la réforme sont des mesures importantes relativement brutales et rapides surtout dans leur mise en oeuvre c'est-à-dire que le gouvernement a choisi de faire des économies rapidement en décalant les départs à la retraite ça va s'appliquer dès la fin de l'année 2023 c'est à dire que les personnes qui devaient partir en octobre 2023 si la réforme est appliquée devant partir en 2024 et puis c'est un décalage relativement rapide puisque les personnes nées en 1968 par exemple ne pourraient pas partir à la retraite avant 64 ans sauf conditions particulières et donc pour finalement quasiment toute la population de ce pays mais en particulier pour les personnes qui sont aux portes de la retraite c'est changer les règles du jeu de manière assez dure et assez rapide et donc je pense que c'est pour en particulier qui est une opposition alors ablas on a déjà fait de nombreuses vidéos de décryptage on a essayé de prendre vraiment mesures par mesure pour essayer de comprendre cette cette réforme en quelques mots pourquoi est-ce qu'elle est injuste alors on peut regarder deux choses d'abord c'est une mesure qui est destinée à faire des économies et donc on peut regarder qui va supporter le plus ces économies les économies elles sont faites par le décalage du départ en retraite et par l'allongement de la durée de cotisation donc là je minimale de départ à la retraite il va être des cahiers entre 62 ans et 64 ans et le profil type qui va le plus supporter ce décalage c'est plutôt les femmes qui ont une carrière et des enfants qui est déjà un profil qui a aujourd'hui des droits à la retraite mais un niveau de retraite plus faible que les hommes en moyenne donc ça c'est une première chose la deuxième chose c'est que ça va plutôt concerner les catégories ouvriers employés davantage que les cadres en fait tout le monde est journée mais à des degrés divers et quand vous êtes ouvriers employé souvent vous avez fait moins d'études vous avez commencé un petit peu plus tôt et donc décaler l'âge de la retraite et ben ça vous concerne plus directement parce que vous étiez plus en situation de partir à 72 ou 63 ans donc ça c'est les deux facteurs sans doute les plus importants et puis aussi il y a le côté j'en parlais précédemment brutal c'est à dire la mise en œuvre extrêmement rapide pour des gens qui voyaient déjà qui avaient déjà organisé leur retraite pour dans quelques mois et dans le cadre des réformes précédentes par exemple c'était pas le cas c'était pas aussi brutal alors ça dépend il y a eu des réformes dures mais qui ont une application très longue la réforme Balladur de 1993 et c'est appliqué sur une quarantaine d'années donc elle fait beaucoup d'économies mais elle a une application très lente et les individus ont eu le temps de s'y adapter par contre on a eu déjà une réforme brutale et rapide c'est celle de 2010 qui a passé la retraite de 60 à 62 ans je ne passerai pas en force le temps qu'il faut sera donné à la discussion avec les partenaires sociaux mais je vous promets qu'avant six mois les mesures nécessaires et juste auront été adoptés à beaucoup d'aspects la réforme actuelle ressemble à la réforme de 2010 avec une différence néanmoins c'est que passer de 62 ans à 64 ans c'est pas exactement la même chose que de passer de 60 à 62 ans passage à 62 ans il est encore relativement récent et quand on regarde le marché du travail c'est pas encore vraiment adapté à ce nouvel âge de la retraite 62 ans par exemple on a une allongement de la période de chômage entre 60 et 62 ans qui est consécutif à la précédente réforme et il sait pas encore résorbé donc si aujourd'hui on passe une retraite à 64 ans on risque d'avoir un allongement encore supplémentaire du chômage des seniors alors sur le fait que ça va effectivement contraindre une partie de la population à travailler plus longtemps et que c'est entre guillemets désagréable tout le monde partage à peu près ce constat mais le gouvernement nous dit que c'est nécessaire que c'est indispensable ce sont les mots qui ont été utilisés par Emmanuel Macron lors de son interview mercredi dernier au moment où je vous parle est-ce que vous pensez que ça me fait plaisir de faire cette réforme dites-le nous non est-ce que vous pensez que j'aurais pas pu faire comme temps avant moi mettre la poussière sous le tapis oui peut-être mais la réalité est si il y a une chose que je regrette c'est que nous n'avons pas réussi à partager la contrainte plus exactement la nécessité de faire cette réforme donc cette réforme elle est nécessaire et je le dis aux Français ça ne me fait pas plaisir j'aurais voulu ne pas la faire mais c'est pour ça aussi que j'ai pris l'engagement de l'affaire devant vous par le sens des responsabilités il n'a fait aucune concession et il a rappelé la nécessité de parler de passer cette réforme qui juge je cite indispensable il parle de contraintes vous qu'est-ce que vous répondez à ça ça fait partie de la feuille de route du gouvernement très clairement puisque dans sa stratégie économique il y a l'idée de baisser les impôts qui a été largement fait lors du précédent quinquennat et ce qui a encore été fait au début du quinquennat notamment les impôts sur les entreprises les impôts de production puis la taxe d'habitation sur les ménagers et en contrepartie le gouvernement table sur des économies en dépense publique qui inclut les retraites et donc pour le président de la République ça fait partie de sa stratégie économique c'est peut-être à ce titre là qui dit que c'est indispensable là où par contre son propos à mon avis est excessif c'est d'une part dans la dramatisation il faut faire cette réforme tout de suite et celle là absolument ou c'est la crise c'est pas vrai ni du point de vue des retraites ni du point de vue des finances publiques et puis la deuxième aspect sur lequel c'est excessif c'est de dire qu'il faut absolument choisir cette réforme avec ce calendrier c'est-à-dire que des réformes des retraites il y en a en France à peu près tous les 5 ans c'est normal en fait on a un système qui se gère au fil de l'eau mais par contre on dispose de différents leviers pour ajuster le système des retraites le niveau des retraites le financement ou l'âge de la retraite et le gouvernement a choisi un levier en particulier mais tous les efforts sur l'âge de la retraite et ça il y a rien d'indispensable on n'est pas obligé de commencer en septembre 2023 on n'est pas obligé de mettre tous les efforts sur l'âge de la retraite et là c'est un propos excessif qui vise à surtout à justifier des choix politiques et une question qui a émergé pendant ce débat autour de la réforme des retraites c'est celle de la pénibilité au travail de ces emplois souvent précaires de ces emplois difficile qui usent les corps Emmanuel Macron l'a reconnu pendant cette interview là il a expliqué qu'effectivement il y avait une problématique beaucoup de gens a juste titre j’écoutais des dans l'agroalimentaire en Bretagne dans certains métiers encore postés dans l'industrie dans le centre de la France les métiers aussi du soin les éboueurs les égoutiers bon ces métiers difficiles ils disent à 60 ans on a le dos cassé on est épuisé c'est vrai mais si on est honnête avec nous-mêmes c'est pas 62 ou 64 ans qui est le problème le problème il est à 55 ou 58 ans alors on fait quoi et donc le vrai sujet qui a commencé à être ouvert par le gouvernement comme par les parlementaires dans ce texte c'est celui de l'usure professionnelle et des fins de carrière la solution doit très concrètement le prendre à bras le corps parce que si on veut donner quelques réponses à cette colère légitime et une réponse efficace moi je souhaite il faut attendre quelques jours quelques semaines mais qu'on réengage avec les partenaires sociaux sur des sujets très concrets vous qu'est-ce que vous en pensez est-ce qu'il n'aurait pas fallu peut-être traité en amont la question de la pénibilité au travail avant de d'objets à travailler plus longtemps c'est une vraie impasse et de la Réforme et du système de retraite en France en général c'est à dire que la pénibilité est très mal prise en compte le dispositif peut être le plus connu c'est le compte pénibilité qui a été mis en place il y a pas très longtemps dans les années 2010 et aujourd'hui on a à peu près 10 000 personnes par an je crois seulement qui partent de manière anticipée au titre du compte pénibilité pour l'essentiel on a un système qu'on pourrait appeler curatif c'est-à-dire qui vous autorise à partir plutôt à la retraite si Vous prouvez que le travail vous a trop abîmé pour travailler donc dans ces cas-là si vous êtes en incapacité par exemple ou en situation de handicap vous pouvez partir mais pour le reste les facteurs de pénibilité au travail sont très mal reconnus ils sont un peu reconnus par certains régimes spéciaux c'est notamment à ce titre là que certains régimes spéciaux permet de partir plus tôt à la retraite il y a beaucoup de situations de pénibilité de stress psychique de stress physique aussi qui ne sont pas reconnus ont donné l'exemple des éboires alors pas ceux de la Mairie de Paris en particulier mais les ébores salariés du privé donc la pénibilité par reconnue et dont l'âge minimal de départ aujourd'hui et 62 ans si la réforme passe ça serait 64 ans donc la pénibilité est pas reconnue par notre système en particulier et la réforme ne change rien à ça éventuellement elle élargit un petit peu les critères pour faire reconnaître la pénibilité sur le compte pénibilité mais en même temps elle décale le départ anticipé pour pénibilité de 60 ans à 62 ans globalement on passe complètement à côté de cet enjeu et le fait d'en parler il y a un côté alibi c'est on n'a pas traité cet enjeu là il ne sera pas traité pour les premières personnes concernées par la réforme et on renvoie après la réforme le fait de faire des avancées qui au mieux concernerait les personnes qui ont moins de 50 ans aujourd'hui Emmanuel Macron a également déclaré que les part n'ont jamais autant vu leur pouvoir d'achat augmenter manière de dire que finalement il est un président qui mène des politiques sociales des politiques de redistribution des politiques égalitaristes jamais les smicards ont autant eu leur pouvoir d'achat augmenter depuis des décennies est-ce que c'est vrai cette histoire de une carte qui n'ont jamais vu autant leur pouvoir d'achat augmenter non c'est pas vrai ou alors c'est très imprécie je sais pas à quoi il fait référence exactement c'est à dire que le SMIC a augmenté beaucoup mais c'est beaucoup en conséquence de l'inflation donc le pouvoir d'achat au niveau du SMIC récemment n'a pas augmenté peut-être qu'il fait référence à une mesure qui a été prise pendant son premier mandat c'est à la revalorisation de la prime d'activité pour les salariés au SMIC mais là c'est un peu différent parce que la prime d'activité c'est pas attaché au SMIC c'est une sorte de complément de salaire mais qui n'est pas du salaire et dont le montant dépend de votre composition familiale si vous vivez avec quelqu'un qui travaille votre prime d'activité peut être beaucoup plus faible voir quasiment absente donc c'est pas vrai que le pouvoir d'achat des smicards a considérablement augmenté la prime d'activité a un peu améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs modestes lors du précédent quinquennat mais par ailleurs le SMIC lui était plutôt à la traîne c'est à dire que depuis une dizaine d'années il y a pas de coup de pouce depuis un tout petit coup de pouce sous François Hollande il y a pas de tout ce SMIC le SMIC avait donc plutôt dérivé par rapport à l'ensemble des autres salaires à la faveur de l'inflation il est en train de les rattraper un petit peu parce que les autres salaires baissent mais on peut pas parler d'une très forte amélioration du pouvoir d'achat des smicas et toujours dans la catégorie des arguments qu'il a mobilisé pour justifier le passage un petit peu en force de cette réforme il y avait cette idée de plus de justice sociale finalement de plus d'égalité face aux retraites et il expliquait que il y a des gens qui n'ont quasiment pas travailler de leur vie qui ont la même vie que ceux qui auraient travaillé c'est un argument qui a été mobilisé ce sentiment d'injustice c'est de dire au fond c'est toujours nous qui Bossons à qui on demande des efforts beaucoup de travailleurs disent vous nous demandez des efforts il y a des gens qui travaillent jamais ils ont quasiment la même vie eux ils vont jamais travailler le minimum vieillesse pourquoi est-ce que ça ça peut être discutable comme argument de la justice on entend beaucoup depuis le début de la Réforme déjà il faut distinguer de plans globalement c'est une réforme qui est destinée à faire des économies et donc qui va dégrader pour l'essentiel les droits de la plupart des assurés et donc c'est pas une question d'injustice c'est tout le monde perd et donc ensuite on peut regarder qui perd plus qui perd moins il y a une catégorie qui peut gagner un petit peu c'est les certaines petites pensions qui vont être valorisées de quelques dizaines d'euros pour les personnes qui sont partis sans décote mais globalement c'est plutôt une perte inégalement répartie et donc quand on essaye de promouvoir la réforme au nom de la justice on est vraiment à côté du sujet parce notamment les enjeux de justice c'est-à-dire la revalorisation des très petites pensions l'instauration d'un minimum garanti ou l'inégalité femme homme la réforme passe très largement à côté ensuite l'opposition entre ceux qui auraient travaillé beaucoup et ceux qui n'ont pas travaillé c'est vraiment une formule à l'emporte-pièce qui vise beaucoup à stigmatiser d'abord les personnes qui ont moins travaillé durant leur carrière est subissent déjà des fortes pénalités elles ont peu ou pas de retraite ou des montants très faibles et souvent quand on n'a pas travaillé pendant sa vie c'est pas parce qu'on s'amusait ça peut être parce que on s'occupait de la maison des enfants ça peut être parce qu'on a connu de la maladie ou du chômage et donc l'opposition est pas forcément bien venue ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que clairement aujourd'hui quand on a eu une carrière complète on part à la retraite dans de meilleures conditions que si on a une carrière hachée ou pas de carrière du tout et donc l'opposition est pas très juste le troisième point c'est que contrairement à ce que dit Emmanuel Macron c'est plutôt les personnes qui ont une carrière qui vont être pénalisés plus fortement par la réforme parce que les personnes les plus modestes sont déjà dans une situation tellement mauvaise vis-à-vis de la retraite finalement qu'elle part déjà à 67 ans ou déjà en invalidité et donc elles vont moins subir le décalage de l'âge donc les personnes qui vont plutôt être fortement touchés par la réforme des retraites c'est les ouvriers les employés de classement moyennes qui ont eu une carrière et c'est précisément ces personnes-là qui vont être décalées par la réforme donc là aussi il est un petit peu à côté du sujet et puis plus globalement il y a quand même un problème dans le discours économique général qui consiste à opposer entre elles et eux des personnes qui sont pas dans les situations très favorables c'est à dire que vous avez beaucoup de femmes qui ont des pensions assez faibles quels est en emploi qu'elles a interrompu leur carrière qu'elles aient repris leur emploi et le dernier élément c'est que faire croire que quand on a pas ou peut travailler dans sa carrière on est dans une situation très favorable c'est vraiment être à côté du sujet le minimum vieillesse il est un montant faible il est de l'ordre de 900 euros pour une personne seule ou 1500 euros pour un couple mais si vous n'avez vous vivez avec quelqu'un qui a une retraite vous pouvez ne pas le toucher du tout et donc par ailleurs il faut attendre 65 ans pour toucher le minimum vieillesse c'est pas 62 c'est pas 64 et donc il y a vraiment pas de sujet à mettre en avant pour opposer finalement les personnes modestes entre elles c'est une technique assez connue dans le discours mais en réalité c'est une réforme qui n'améliore pas franchement la situation des plus modestes et qui dégrade franchement la situation des personnes qui ont une carrière et un emploi on a les lampes de l'éclairage qui chauffent énormément donc on va prendre une petite pause et on revient tout de suite et toujours dans cette même optique pour parler de justice sociale Emmanuel Macron a également évoqué une éventuelle taxe exceptionnelle sur les entreprises références à la taxe sur les super profits qui avaient beaucoup été évoqué par des économistes à un moment et qui n'avaient pas été appliqué en France contrairement à d'autres pays européens quand on a des grandes entreprises qui font des revenus tellement exceptionnels qu'ils en arrivent à utiliser cet argent pour racheter leur propre action là je vais demander au gouvernement de pouvoir travailler à une contribution exceptionnelle pour que cet argent quand il y a des profits exceptionnels d'entreprises qui sont prêts à racheteurs propres actions que leur travailleur puissent en profiter faut qu'ils distribuent davantage à leur salarié il faut qu'il y ait une contribution à cet effort du moment qu'est-ce que ça vaut cette taxe exceptionnelle sur les entreprises j'ai pas les détails encore donc je sais pas exactement à quoi il fait référence ça semble un peu étrange parce que j'ai bien compris il s'agit de faire profiter les salariés pour les entreprises qui rachèteraient elles-mêmes leurs propres actions c'est pas très clair mais globalement s'il y a des supers profits il serait normal de les taxer à la fois pour utiliser cet argent mais aussi pour tenir compte de la situation exceptionnelle et du côté des salariés il y a un bon outil pour revaloriser le pouvoir d'achat c'est les salaires c'est-à-dire qu'il y a une différence entre beaucoup de dispositifs mis en place par Emmanuel Macron notamment la prime Macron mais peut-être aussi ce dispositif là il s'aller il y a au moins deux différences la première c'est quand vous augmentez les salaires ça perdure dans le temps c'est-à-dire que l'année suivante on ne peut pas vous le retirer et la deuxième chose c'est que les salaires comptent pour la retraite et pour le chômage à la fois ils servent de base de financement ce qui est pas le cas par exemple pour la prime de Macron mais aussi vous quand on va vous calculez votre droit à retraites ou votre droit au chômage votre salaire sera pris en compte pas forcément les primes l'intéressement ou la participation aujourd'hui on voit qu'il y a une colère sociale immense on est revenu sur cette réforme mais aujourd'hui ça dépasse cette réforme des retraites il y a un sentiment d'injustice un sentiment de ne pas être écouté comment est-ce que selon vous Emmanuel Macron pourrait sortir de cet impasse par quelle réforme économique notamment je pense que le sort de la réforme des retraites est pas encore joué c'est à la fois elle a été adoptée au Parlement il y a des recours devant le Conseil constitutionnel mais on a en même temps quand on regarde l'histoire sociale de la France des exemples de réformes qui sont adoptés au Parlement et pas mis en oeuvre alors certaines ont été mises en oeuvre malgré une forte opposition c'est le cas de la réforme des retraites de 2010 et d'autres n'ont pas la mise en oeuvre c'est le cas du contrat premier embauche en 2006 qui avait été adopté par le Parlement mais pas promulgué c'est le cas aussi de la première réforme des retraites d'Emmanuel Macron qui avait été adoptée au 49-3 le fameux système à points et qui a jamais été mise en oeuvre suite à la crise du covid donc là au moment où on parle il y a toujours un mouvement social très fort et qui ne semble pas faiblir et donc la suite de l'histoire me semble pas complètement jeu oui donc tout peut encore basculer on peut encore pour vous revenir sur cette réforme des retraites mais il me semble que l'opposition encore très forte et que le gouvernement pourrait la retirer c'est ce que demande les organisations syndicales et au-delà de la question de la réforme des retraites donc qui selon vous pour apaiser la colère sociale devrait être tout simplement retiré est-ce qu'il y a d'autres réformes qui pourraient être mises en place pour répondre aussi à ses besoins de justice sociale et de baisse de pouvoir d'achat face à l'inflation quand même la première chose c'est la réforme des retraites au sens où la retraite traditionnellement c'est un objet qui est sinon dans les la fin du moins qui intéresse particulièrement le travail et les organisations syndicales donc on a déjà une réforme dure du chômage qui s'est fait contre les partenaires sociaux tous on a une réforme dure des retraites qui se fait contre les partenaires sociaux et donc si vraiment la réforme va jusqu'au bout il risque d'y avoir quelque chose de vraiment fracturer dans l'organisation du travail au-delà de ça ce qu'on a bien vu avec la réforme des retraites c'est qu'il y a une question importante sur le travail et son organisation vous parliez tout à l'heure de pénibilité on a manifestement en France une organisation du travail qui est basée sur l'usure c'est à dire un ensemble de métiers on va recruter des gens en organisant le travail et en sachant qu'elle et il ne pourront pas tenir jusqu'au bout de leur carrière c'est à dire que à la fois quand vous interrogez les salariés ce qu'a fait le ministère du Travail récemment il y en a 37% qui vous disent qu'ils ne se voit pas continuer dans le même emploi jusqu'à la retraite et en même temps dans certains métiers il est très clair c'est le cas du nettoyage du bâtiment notamment que les personnes arrêtent sont souvent en incapacité bien avant l'âge de la retraite du fait même de l'organisation du travail donc de ce côté là il y aurait vraiment des choses à faire et puis enfin la grande question en ce moment c'est la question des salaires le pouvoir d'achat des salariés depuis un an à reculer c'est à dire que les salaires réels ont baissé les salaires ont augmenté mais moins que l'inflation et donc c'est une question qui revient énormément y compris dans le mouvement social actuel et est-ce que finalement on avait besoin d'une réforme des retraites en premier lieu selon vous non on en avait pas besoin au sens de ce calendrier là et de cette forme là ce que nous dit le rapport du Conseil d'orientation des retraites c'est que les dépenses de retraite sont plutôt stabilisées voire même en baisse un moyen terme cette stabilité se fait aussi au prix d'une sorte de dégradation de la protection c'est à dire que le niveau de vie projeté des retraités plutôt avoir tendance à décroître dans les 20 ou 30 prochaines années et la retraite ne pas s'allonger même si les gains d'espérance de vie augmentent donc les dépenses sont stabilisées mais pourtant il y a un déficit prévu dans le système des retraites et c'est pas un déficit qui est dangereux ou menaçant vu son ampleur c'est à peu près 3% du système mais c'est pas non plus quelque chose dont on peut se moquer un système de retraite globalement par répartition vous avez envie de le gérer de manière équilibrée dans le temps pour l'équilibrer il y a plein d'autres solutions on peut jouer comme le fait le gouvernement sur l'âge on peut jouer comme la fait le sous-gouvernement ou les précédents sur le niveau des pensions on peut jouer sur le financement donc aborder le sujet des retraites dans le quinquennat c'est pas absurde la question c'est de voir quelle réforme des retraites on fait d'abord pour traiter le déficit mais c'est pas la seule question finalement le déficit est pas très important donc il y a des réponses qui peuvent être assez simples mais aussi pour améliorer le système parce que si la retraite fait bien son travail en France il y a aussi des imperfections notamment du côté de l'égalité femme homme ou du côté des personnes qui ont un bout de carrière dans le public il faut un bout de carrière dans le privé et vous en tant que économiste vous êtes relativement critique de cette réforme depuis le début on vous a beaucoup entendu en parler dans les médias et j'ai peu entendu de voix d'économistes qui défendrait à contrario cette réforme donc je me demandais si votre position est majoritaire dans le domaine économique en tout cas dans le paysage universitaire français aujourd'hui ou est-ce que vous défendez vous êtes voilà on vous donne beaucoup la parole pour une position qui serait finalement minoritaire parmi les économistes qu'est-ce qu'on peut dire on peut dire que globalement les économistes qui seraient les plus enclins à soutenir cette réforme ils le font pour des raisons qui sont extérieures au système de retraite c'est à dire plutôt la baisse des dépenses publiques ou se servir des retraites pour réduire le déficit public on voit ça comme un outil effectivement c'est un outil parce que les retraites c'est beaucoup de dépenses donc si vous voulez réduire le déficit vous touchez aux retraites tout de suite c'est un effet et pour des arguments qui vont aller du côté du marché du travail effectivement si vous décalez l'âge de la retraite il y a des personnes qui vont être plus longtemps en emploi donc ça va augmenter le taux d'emploi mais généralement les personnes qui voient entre guillemets ses avantages sont pas des avantages à mon avis très important c'est-à-dire que ça rendra pas la France riche la réforme des retraites il y a ses avantages peut-être qu'ils ne se sont pas assez intéressés à l'autre espèce c'est-à-dire les conséquences concrètes de la réforme sur le travail et sur la vie des individus et c'est là où je veux en venir les personnes qui connaissent bien le système des retraites sont plutôt celles avec qui j'ai discuté plutôt pas d'accord avec cette réforme certaines pensent qu'il fallait une réforme mais pas celle-là d'autres que la réforme pouvait attendre mais le choix d'une réforme encore une fois extrêmement rapide c'est-à-dire qu'ils se mettent en place tout de suite et assez brutal sur ces modalités et assez critiqué parmi les personnes avec qui j'ai pu discuter ecoutez merci beaucoup c'est la fin de cette émission merci d'être venu sur le plateau de Blast lequel Zemmour merci à vous c'est la fin de cette vidéo merci beaucoup de l'avoir regardé dites moi ce que vous avez pensé de cette analyse dans les commentaires j'étais censé traiter de la finance dans la prochaine vidéo mais l'actualité est venue quelques bouleverser nos programmes alors on va probablement revenir encore sur la question des retraites et pour ça j'ai besoin de savoir quels aspects de cette réforme vous voudriez voir traiter ici je rappelle on en a déjà beaucoup parlé dans d'autres vidéos sur le sujet mais si vous avez des interrogations c'est le moment de les exprimer en commentaire enfin comme à chaque fois je vous l'évoque parce que c'est absolument fondamental à blast nous sommes un média complètement indépendant nous ne vivons que grâce à vous notre audience ce qui est plutôt peu commun dans le monde des médias pour produire tous ces contenus nous avons besoin de votre soutien financier donc si vous le pouvez n'hésitez pas à faire un don ou à vous abonner sur blast-info.fr et moi je vous dis à bientôt [Musique] [Musique]
Emmanuel Macron