Recyclage : le coût exorbitant du protoxyde d’azote
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
À l'origine, on avait des bouteilles de ce format-là et euh sur la dernière année, on a plus de bouteilles de ce format là qui arrive. Ça, c'est une bonbonne de protoxyde d'azote. C'est un fléo de santé publique.
Les jeunes en prennent pour planer et certains finissent paralysés. Mais ce qu'on sait moins, c'est que c'est aussi un enfer à recycler. Ça provoque des explosions dans les incinérateurs.
Ça coûte beaucoup d'argent de s'en débarrasser et surtout et ben on en trouve de plus en plus. On évalue à 1 million le nombre de bonbonnes qu'on a. récupérer sur nos usines de valorisation énergétique.
C'est énorme. C'est à peu près une explosion toutes les 1 heure. 1 million de bonbonnes, c'est pour 2025 ce qui est passé dans les incinérateurs qui brûlent les déchets de 6 millions d'habitants de la région parisienne.
Regardez là, on en voit, il y en a partout hein. Vous regardez, vous tournez la tête, vous en voyez partout des bouteilles qui sont passées dans le four. Donc là, voilà une bouteille de protoxyde d'azote qui a qui est sortie du four et celle-ci, elle a explosé.
On voit qu'on voit quand même l'épaisseur de la matière. Je dire qu'à la main, on peut pas du tout tordre la bouteille, donc on peut imaginer le le dégât que ça peut faire dans le four. Ça cause des pannes qui coûtent énormément d'argent, 15 millions d'euros qu'on paye nous sur notre taxe d'enlèvement des ordures ménagères.
Le temps de la réparation, parfois ça peut durer plusieurs semaines et donc pendant toute cette durée, on ne peut plus traiter les léchets et on ne peut plus les valoriser en énergie. Vous allez me demander pourquoi on les trie pas ces bonbonnes pour les mettre de côté et les recycler. Et ben ça se fait de plus en plus mais là aussi ça coûte extrêmement cher.
Ça va de un peu moins de 10 € à un peu plus de 50 €. Je suis allé voir une des rares entreprises en France qui fait dans le recyclage de bonbonnes de protoxyde d'azote, il y a une difficulté majeure. C'est un gaz à effet 300 fois plus que le CO2.
Ici on désosse les bonbonnes à la main. On vide le reste de gaz pour le récupérer puis le brûler. Tout ça coûte en temps et en argent.
Pour vider une bouteille pleine, ça doit être à peu près 15 minutes pour arriver à la bouteille finale. Donc ça représente beaucoup de temps et donc du personnel, de la main d'œuvre et de du matériel. Le patron Cédric Nadoti, il a commencé dans la récupération des bouteilles de gaz.
Son activité a explosé avec le protoxyde d'azote. Après Covid, les chiffres ont été multipliés chaque année. On a dû passer d'une 5 6 tonnes par mois à 40 tonnes par mois en 5 ans.
Là, on a pinapple. Voilà, il en a pas steèque. On peut pas se dire que ces volumes là servent à faire de la chantilly, sinon on serait recouvert de chantiers depuis longtemps.
Le chef d'entreprise coule sous la demande. Les syndicats, les mairies, même la police lui envoie ses saisies. Mais le gouvernement prépare une loi pour interdire la consommation détournée du protoxyde d'azote.
Alors, je lui ai demandé s'il pensait que les quantités allaient baisser. Le cannabis, c'est interdit, on en trouve quand même. La cocaine, c'est interdit, on en trouve quand même.
Xavier Bertrand