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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 3 septembre 2020 26 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & électionsSanté

Plan de relance, François Bayrou haut-commissaire au Plan... "le 8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Estimez-vous que le plan de relance est de droite, de gauche ou un peu des deux ?

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Le retour médiatique de Lionel Jospin est-il une voix manquante à la gauche ?

  • 0:51OuverteRéponse directe

    Aujourd'hui Lionel Jospin est-il une voix qui compte ou l'ancien monde ?

  • 1:23RelanceRéponse partielle

    Lionel Jospin dit que sous François Hollande l'identité socialiste s'est dissoute sous l'infléchissement libéral. Réécriture de l'histoire ?

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Lionel Jospin dit qu'Emmanuel Macron l'intéresse, l'intrigue et l'inquiète. Vous aussi, Macron vous inquiète ?

  • 3:54OuverteRéponse directe

    François Bayrou nommé haut-commissaire au Plan est-ce un bon choix ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « Oui, c'est une voix essentielle pour la gauche. Lionel Jospin est celui qui nous avait amené à une forme de fierté pendant le quinquennat pendant lequel il a gouverné. »
  • 1:48Invité politiqueFait
    « c'est aussi les 35 heures, c'est aussi la CMU, c'est aussi les emplois jeunes, c'est aussi la loi contre la grande pauvreté. »
  • 2:18Invité politiqueFait
    « La loi sur la déchance de nationalité, la loi travail, le CICE, sans être conditionné à un certain nombre de mesures en faveur de l'emploi, la formation ou le pouvoir d'achat. »
  • 2:53Invité politiqueFait
    « Bien sûr qu'il m'inquiète. »
  • 3:04Invité politiqueFait
    « et parce que le risque qu'il nous fait prendre à force de jouer ce duo avec Marine Le Pen qui est un duo surjoué où il a cherché à éliminer les oppositions républicaines pour se focaliser sur ce qui lui semble le servir le plus »
  • 4:03Invité politiqueFait
    « C'est le choix du recasage d'un ex-ministre recalé pour cause d'affaires. »
  • 4:23Invité politiqueFait
    « Sur l'idée d'un commissaire au plan, je la partage, même si c'est assez rare de commencer à planifier en fin de quinquennat. »
  • 5:24Invité politiqueFait
    « Vous vous souvenez qu'il a quitté le gouvernement à trois ans, pour une affaire qui n'a pas été soldée, pour une affaire qui n'est pas jugée aujourd'hui, il n'est pas jugée à l'époque d'examen. »
  • 8:40Invité politiqueFait
    « quand il y a le feu, on ne regarde pas la facture de l'eau. »
  • 8:50Invité politiqueFait
    « les 100 milliards sont bienvenus et ce n'est pas moi qui vais dire le contraire. »
  • 9:12Invité politiqueFait
    « personne n'avait prévu le Covid, mais tout le monde a prévu par exemple la crise climatique et qui devrait déclencher le même type de réflexe. »
  • 9:32Invité politiqueFait
    « c'est le plan du sapeur Camembert. Parce qu'en fait, vous savez, le sapeur Camembert, c'était ce personnage de bande dessinée au 19e siècle quand on lui demandait de creuser un trou et on creusait un autre pour remplir le précédent. »
  • 10:10Invité politiqueFait
    « on aimerait qu'il prépare l'avenir. Mais la réalité, c'est que vous dites qu'on va réparer le pays, qu'on va essayer de l'emmener vers la transition écologique. »
  • 10:42Invité politiqueFait
    « ce sont les premiers de cordées, une fois encore, qui sont les premiers servis. »
  • 11:31Invité politiqueFait
    « sur 100 milliards, consacré aussi peu à la santé, aussi peu à la rénovation des bâtiments, c'est juste incompréhensible. »
  • 13:01Invité politiqueFait
    « le gouvernement choisit de faire un cadeau sans condition aux entreprises sur ces fameux impôts dits de production et que cette baisse-là, elle, elle est pérenne. »
  • 14:16Invité politiqueFait
    « Je m'inquiète plus des plans sociaux que des gilets jaunes, pour tout vous dire. »
  • 14:51Invité politiqueFait
    « On a, en réalité, de l'argent qui a été injecté sur le chômage partiel et ça, je m'en félicite. »
  • 16:23Invité politiqueFait
    « Je suis charlie, ça ne veut pas dire, on ne demande à personne d'adopter la ligne éditoriale de charlie. Ça veut dire la liberté d'expression à tout prix, le droit au blasphème, qui est un droit qui existe évidemment, sans réserve, sans oui-mais. »
  • 17:27Invité politiqueFait
    « Je suis un républicain. Et donc, je suis un républicain universaliste. »
  • 18:13Invité politiqueFait
    « Il y a des gens, la France insoumise, qui effectivement sont dans cette ambiguïté-là. Pas tous. Daniel Obono. »
  • 18:38Invité politiqueFait
    « Oui, je pense que Jean-Luc Mélenchon devrait être plus clair. Je l'ai connu entièrement républicain. Je l'ai connu laïc convaincu. »
  • 21:05Invité politiqueFait
    « Je ne suis prêt à m'abandonner à personne. Parce que la réalité, c'est que j'entends qu'il y a beaucoup de gens aujourd'hui qui disent je suis la République, je suis le rassemblement, je suis ceci, je suis cela. »
  • 22:51Invité politiqueFait
    « que les dirigeants de la gauche et de l'écologie soient capables d'un peu plus de sens de l'intérêt général, et être davantage désintéressés de son sort personnel pour se soucier de l'intérêt collectif. »
  • 23:22Invité politiqueFait
    « Moi ce que je veux, c'est que la gauche, elle puisse encore faire preuve de son utilité. Et son utilité, c'est d'abord de se rassembler sur un projet, puis ensuite sur une incarnation. »

Temps de parole

  • Olivier Faure64 %
  • Présentateur18 %
  • Invité7 %
  • Invité 25 %
  • Locuteur non identifié3 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Bonjour Olivier Faure. Bonjour à tous les deux et bonjour à ceux qui nous écoutent. Avant de parler avec vous du plan de relance, vous nous direz si vous estimez qu'il est de droite, de gauche ou peut-être même un peu des deux. D'abord le retour médiatique de Lionel Jospin. Il revient donc avec un livre, il donne des interviews. Il vous avait manqué et est-ce que c'est une voix qui manquait à la gauche ?

0:23
Olivier Faure

Oui, c'est une voix essentielle pour la gauche. Lionel Jospin est celui qui nous avait amené à une forme de fierté pendant le quinquennat pendant lequel il a gouverné. Et au 21 avril dans la foulée ? Et au 21 avril dans la foulée pour des raisons qui étaient déjà liées à la division de la gauche. Et c'est vrai que c'est un homme qui a puissamment compté dans l'engagement de beaucoup d'entre nous et en tout cas c'est mon cas.

0:51
Invité

Aujourd'hui c'est encore une voix qui compte ou c'est l'ancien monde ?

0:54
Olivier Faure

Écoutez, moi je déteste cette façon de considérer le monde entre l'ancien et le nouveau. Il n'y aurait pas de nouveau monde s'il n'y avait pas un ancien monde. Et le socle sur lequel nous reposons aujourd'hui, il est lié à l'œuvre de ceux qui ont gouverné avant nous. Et donc plutôt que de chercher à laisser penser que tout commence avec soi, l'humilité recommande quand même de regarder ce qui s'est passé aussi avant. Et Lionel Jospin, de ce point de vue, est une référence, une boussole. Et pour moi, il est de ceux qui ont beaucoup compté dans mon propre engagement.

1:23
Présentateur

Quand il dit par exemple dans une interview à nos confrères de l'Obs que sous François Hollande, l'identité socialiste, je le cite, s'est dissoute sous l'infléchissement libéral. Il n'y a pas une toute petite forme de réécriture de l'histoire. Le tournant libéral, ce n'est pas François Hollande, c'est au milieu du premier septennat de François Mitterrand.

1:39
Olivier Faure

Je ne crois pas qu'il y ait... Enfin, je pense que... Enfin, si on va jusqu'au bout, la réalité, c'est que pendant la période où Lionel Jospin est Premier ministre, c'est aussi les 35 heures, c'est aussi la CMU, c'est aussi les emplois jeunes, c'est aussi la loi contre la grande pauvreté. C'est bref toute une série de mesures qui continuent à marquer de l'empreinte historique de la gauche, qui est sa vocation, plus de justice sociale, et faire en sorte que ce monde aille mieux.

Et donc, je crois que ce qu'il veut dire, c'est que la perte des repères se fait sous l'inquennat de François Hollande, parce qu'il y a effectivement des mesures qui sont des mesures justes et sur lesquelles nous pourrions revenir. Mais il y a aussi ce sentiment que le Parti Socialiste n'est pas tout à fait là où il devrait être. La loi sur la déchance de nationalité, la loi travail, le CICE, sans être conditionné à un certain nombre de mesures en faveur de l'emploi, la formation ou le pouvoir d'achat.

Bref, eh bien, il y a ce qu'il dit et ce que je partage, c'est que c'est la raison pour laquelle j'avais fait l'inventaire de cette période il y a maintenant un an et demi, c'est que nous avons effectivement commis des erreurs et c'est la raison aussi pour laquelle nous avons progressivement perdu nombre de nos soutiens.

2:44
Présentateur

Quand il dit, Lionel Jospin, qu'Emmanuel Macron l'intéresse, l'intrigue et l'inquiète, est-ce que vous aussi, Emmanuel Macron, vous inquiète ?

2:53
Olivier Faure

Bien sûr qu'il m'inquiète. En quoi il vous inquiète ? Mais tout simplement à la fois pour la politique qu'il mène, pour la façon dont il conduit la vie politique de manière très verticale et parce que le risque qu'il nous fait prendre à force de jouer ce duo avec Marine Le Pen qui est un duo surjoué où il a cherché à éliminer les oppositions républicaines pour se focaliser sur ce qui lui semble le servir le plus, l'opposition avec l'extrême droite, il joue un jeu dangereux parce qu'il présente l'extrême droite comme la seule alternative possible.

Et quand l'usure du pouvoir aidant, les Français expriment leur colère, le risque, c'est qu'effectivement, un jour, ils finissent par choisir l'extrême droite. Et donc la responsabilité que nous, nous avons à gauche, la gauche et les écologistes, c'est de créer une autre espérance, une autre dynamique qui permette de faire en sorte que ce ne soit pas de ce côté-là que les choses se passent.

3:47
Présentateur

Et on va en parler de cette possible, ou pas, union avec les écologistes, pourquoi pas avec les insoumis, au régional et à la présidentielle. Salia Barclia.

3:54
Invité

Olivier Faure, un autre retour ce matin sur le devant de la scène, celui de François Bayrou qui va être nommé au commissaire au plan. C'est un bon choix ?

4:03
Olivier Faure

C'est le choix du recasage d'un ex-ministre recalé pour cause d'affaires. Et donc, je ne sais pas, on verra à l'usage. Sur l'idée d'un commissaire au plan, je la partage, même si c'est assez rare de commencer à planifier en fin de quinquennat. Et j'aurais préféré que cette idée-là vienne plus tôt si elle avait vraiment un sens dans la tête du président de la République.

4:29
Invité

Alors justement, on est à deux ans de la présidentielle. La question lui a été posée hier, aux 20h de France 2. Écoutez-le.

4:36
Locuteur non identifié

Il ne s'agit en rien de préparer une élection présidentielle. Une élection présidentielle, c'est l'affaire du président de la République et de ceux qui le soutiendront ou de ceux qui le combattront contre les Français. Et vos réflexions, elles mèneront à des propositions et peut-être même à des investissements ? Mon idée, c'est qu'elles mènent à des options.

4:53
Invité

Vous le croyez quand il dit qu'il ne va pas préparer la présidentielle ?

4:56
Locuteur non identifié

Et vous ?

4:57
Invité

Je vous pose la question.

4:58
Olivier Faure

La règle étant plutôt que ce soit l'invité qui réponde aux questions, ce qui nous arrange chaque matin. C'est vrai. Mais enfin, franchement, je crois que personne n'y croit. Donc je ne veux pas épiloguer. Voilà. On sait très bien que là où il sera, il cherchera à aider le président de la République à devenir candidat à nouveau, puis à nouveau président. Bon, voilà. Je ne suis pas à commenter. Ça n'a pas beaucoup d'intérêt.

5:20
Présentateur

Vous avez dit recasage tout à l'heure. Pourquoi ?

5:24
Olivier Faure

Vous vous souvenez qu'il a quitté le gouvernement à trois ans, pour une affaire qui n'a pas été soldée, pour une affaire qui n'est pas jugée aujourd'hui, il n'est pas jugée à l'époque d'examen. Les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets. Donc désormais, effectivement, on peut être mis en examen, on peut avoir des affaires, etc. Ça n'est plus un problème pour Emmanuel Macron qui maintient au gouvernement ou qui nomme des gens qui sont dans cette situation.

5:45
Présentateur

Mais techniquement, François Bayrou n'est pas au gouvernement, il est au commissaire, il n'est pas rémunéré, je précise.

5:50
Olivier Faure

Techniquement, il n'est pas effectivement au gouvernement.

5:52
Présentateur

Et pas rémunéré. Et pas rémunéré. C'est un point pour vous qui aurait dû faire obstacle à sa nomination.

5:58
Olivier Faure

Mais je ne veux pas rentrer dans des polémiques stériles. Chacun a bien compris que l'idée était de redonner un statut à François Bayrou pour lui permettre d'être totalement dans le jeu et essayer de réparer la blessure initiale quand il a dû démissionner du gouvernement. Donc j'observe simplement que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets. On peut avoir, il y a trois ans, été démissionné d'un gouvernement pour cause d'affaires et trois ans après, revenir, retrouver un statut dans des conditions qui sont celles que vous décrivez.

6:29
Présentateur

Le plan de relance, 100 milliards d'euros, SAC, c'est un plan libéral, socialiste, de droite, de gauche, un plan en même temps. On va en parler dans une minute avec vous, Olivier Faure. Vous restez avec nous juste après le fil info. Mélanie Delaunay à 8h40. Mélanie qui va nous rejoindre dans un instant. En attendant, je vous propose d'écouter ce que le Premier ministre Jean Castex en a dit. C'était il y a quelques minutes chez nos confrères d'RTL de ce plan de relance.

6:51
Locuteur non identifié

C'est un cadeau à la France pour relancer l'économie et lutter contre le chômage. C'est l'objectif prioritaire de ce plan. Si les entreprises repartent, il y a moins de chômage, il y a plus d'emplois. C'est aussi simple que cela.

7:08
Présentateur

Un cadeau à 100 milliards d'euros. Vous nous direz ce que vous en pensez, Olivier Faure. Mélanie Delaunay, tout d'abord à 8h40, comme promis, le fil info.

7:15
Invité

Un objectif annoncé ce matin par le Premier ministre. 160 000 emplois créés l'an prochain grâce au plan de relance de 100 milliards d'euros, de mesures détaillées aujourd'hui et trois axes. Transformer la France pour la rendre plus écologique, plus compétitive et plus solidaire, selon les mots de Jean Castex dans le Figaro. Plus de 7000 nouveaux cas de contamination par le coronavirus en 24 heures en France. Certains entraînent des fermetures d'écoles ou de classes. La gestion se fait au cas par cas. En tout, moins d'une dizaine d'établissements sont concernés.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France dénoncent l'empoisonnement de l'opposant russe Alexei Navalny au Novichok, selon les analyses réalisées en Allemagne. Le Quai d'Orsay condamne l'utilisation choquante et irresponsable de cet agent neurotoxique. « Je vais me relever et on n'en parle plus », promet Julien Alaphilippe avant le départ de la sixième étape du Tour de France. Ce midi, il a perdu le maillot jaune hier à cause d'une pénalité. La faute à un bidon d'eau pris dans les 20 derniers kilomètres de course. France Info

8:16
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec le premier secrétaire du Parti Socialiste, la France va donc consacrer Olivier Faure. La France va donc consacrer 100 milliards d'euros à la relance de son économie. C'est plus que tous nos voisins en Europe, si on rapporte évidemment à la population. Sur le montant d'abord de cette enveloppe, est-ce qu'elle est à la hauteur de la crise économique et des défis qui nous attend d'Olivier Faure ?

8:40
Olivier Faure

Écoutez, quand il y a le feu, on ne regarde pas la facture de l'eau. Et donc il est nécessaire effectivement d'avoir un plan qui soit un plan massif. De ce point de vue, les 100 milliards sont bienvenus et ce n'est pas moi qui vais dire le contraire. Et même, je me réjouis du fait que partout en Europe, aujourd'hui on ouvre les vannes de la dépense publique, alors même qu'on nous a expliqué exactement l'inverse il y a quelques mois encore et que rien n'était possible.

9:06
Présentateur

Pas grand monde n'avait imaginé ce qui est en train de se produire aujourd'hui. On est parfaitement honnête. On n'avait pas bien idée qu'un coronavirus allait faire ça.

9:12
Olivier Faure

Bien sûr, personne n'avait prévu le Covid, mais tout le monde a prévu par exemple la crise climatique et qui devrait déclencher le même type de réflexe. Parce que la réalité, c'est qu'il y a un virus aujourd'hui, mais qu'il y a une autre crise qui est devant nous, qui est la crise du réchauffement climatique et sur laquelle il faut agir. Après, il faut juger sur pièce ce qu'est ce plan. Et moi, ce que je vois, c'est que ça surtout, d'abord, ce n'est pas un cadeau à la France, comme l'explique Jean Castex, c'est un cadeau que les Français se payent eux-mêmes en réalité. C'est un cadeau aux entreprises ? J'y viens. Ce que je vois d'abord, c'est que c'est le plan du sapeur Camembert.

Parce qu'en fait, vous savez, le sapeur Camembert, c'était ce personnage de bande dessinée au 19e siècle quand on lui demandait de creuser un trou et on creusait un autre pour remplir le précédent. Et ainsi de suite. Donc il y avait toujours un trou qui était ouvert. Et bien aujourd'hui, c'est ce qui se passe. Aujourd'hui, vous avez en fait un plan dont on nous dit qu'il est censé préparer l'avenir et on aimerait qu'il prépare l'avenir. Mais la réalité, c'est que vous dites qu'on va réparer le pays, qu'on va essayer de l'emmener vers la transition écologique.

Mais dans le même temps, on fait aussi en sorte d'aider les entreprises carbonées, de faire en sorte qu'il n'y ait pas de conditions fixées à la baisse de la fiscalité pour les entreprises. Et donc oui, il y a un plan qui fait la part belle. Qui va pas ? Le manque de contrepartie ? Le manque de contrepartie et l'absence de reconnaissance pour toutes celles et ceux qui auraient dû être reconnus. Rappelez-vous des grands discours enflammés du président de la République qui nous expliquaient avec quelle éloquence qu'il fallait maintenant aider les premiers de tranchées, les premiers de cordées, les premiers de corvées.

Parce que justement, ce sont les premiers de cordées, une fois encore, qui sont les premiers servis. Et bien moi, j'aurais aimé par exemple que pour les sages-femmes, et bien qui ont dû opérer, qui ont dû faire en sorte de faire accoucher les femmes pendant tout le confinement et qui l'ont fait dans des conditions qui étaient des conditions extrêmement difficiles, j'aurais aimé que ces femmes-là ne touchent pas 190 euros, mais qu'elles touchent elles aussi les 1000 euros qu'on a attribués à ceux qui, dans le monde hospitalier, ont été présents pour nous servir.

11:07
Présentateur

L'hôpital Olivier Faure, avec les 6 milliards d'euros du plan lié aux négociations du Ségur de la Santé, va toucher plus que sous l'ensemble des quinquennats précédents. Mais nous avons une opportunité, mais plus que l'ensemble des mesures des quinquennats précédents.

11:23
Olivier Faure

Nous avons une opportunité là, qui était une opportunité sans précédent. Il y a 100 milliards, 100 milliards, ce n'est pas tout à fait la même chose.

11:29
Invité

Dans différents secteurs, répartis dans différents secteurs.

11:31
Olivier Faure

Bien sûr, mais sur 100 milliards, consacré aussi peu à la santé, aussi peu à la rénovation des bâtiments, c'est juste incompréhensible.

11:41
Présentateur

C'est la répartition à l'intérieur de ces 100 milliards que vous auriez souhaité, différente, c'est-à-dire moins sous forme de baisse d'impôt des entreprises, par exemple.

11:47
Olivier Faure

Oui, j'aurais aimé par exemple aussi que plutôt que de baisser, moi ce que je vois, c'est qu'il y a aussi un problème de demande, et je regarde ce que font les Allemands. Ils ont baissé la TVA parce que... De trois points. Oui, et j'entends bien que le problème aujourd'hui, c'est qu'on dit qu'il y a un bas de laine qui s'est constitué pendant la période du confinement, et que donc il y a 100 milliards qui sont dans les poches des Français et qu'il faut ramener vers la consommation pour que les entreprises repartent. Si vous voulez que ça reparte, il faut qu'il y ait des mesures incitatives à ça. Vous connaissez l'argument du gouvernement sur ce point,

12:13
Présentateur

qui est que si on baisse la TVA, les Français vont peut-être acheter plus et effectivement peut-être puiser dans leur bas de laine, mais ils vont acheter principalement des pays étrangers et que ça ne relancera pas les entreprises françaises.

12:22
Olivier Faure

Mais d'abord, il faut... Comment peut-on faire aussi peu confiance aux entreprises françaises et comment peut-on imaginer qu'on puisse travailler aujourd'hui uniquement...

12:30
Présentateur

On ne le donnera pas parce qu'on ne fait pas de pub. Mais il n'est pas français. Mais je ne suis pas sûr qu'il soit français. Oui, il y en a assez peu de français d'ailleurs. Donc si on distribue de l'argent et si vraiment c'est pour acheter un téléphone, on achètera un téléphone américain, chinois, coréen ou...

12:47
Olivier Faure

Oui, on n'achète pas que des téléphones. Il y a beaucoup d'autres choses qu'on achète heureusement. Et moi ce que je vois, c'est que nos voisins allemands l'ont fait et que c'est une mesure qui est plutôt publicitée et que ça permet justement de sortir des bas de laine et de faire en sorte que l'épargne constituée se réinjecte dans l'économie. Mais ce que je vois aussi, c'est que le gouvernement choisit de faire un cadeau sans condition aux entreprises sur ces fameux impôts dits de production et que cette baisse-là, elle, elle est pérenne. Les aides qui sont affectées pour, par exemple, la transition écologique...

13:18
Invité

30 milliards pour la transition écologique.

13:19
Olivier Faure

Oui, elles sont ponctuelles. En revanche, les aides aux entreprises sans condition, elles, elles sont pérennes. Et donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en réalité, là où la société de l'après-Covid, comme on l'a beaucoup appelé, aurait dû nous inciter à repenser le modèle, à nous dire comment est-ce qu'on va faire, comment est-ce qu'on peut changer les choses, etc. Eh bien, lui, le président de la République, il utilise cette période du Covid pour mettre en place ce qu'il avait déjà prévu de faire avant le confinement et avant cette crise sanitaire.

C'est-à-dire qu'il déroule son plan néolibéral à un moment où, au contraire, on aurait besoin d'avoir une politique plus sociale, plus écologique, plus démocratique. Et même si ça n'a pas de rapport avec le confinement, plus féministe, parce qu'encore que, il y a des rapports qu'on pourrait établir avec le confinement et avec la crise sanitaire. Mais voilà, c'est ce que moi j'attendais et c'est ce que je ne vois pas.

14:06
Invité

La casquette des plans sociaux qui arrive, est-ce qu'elle vous inquiète ? Il y a les gilets jaunes qui reviennent aussi le 12 septembre.

14:16
Olivier Faure

Je m'inquiète plus des plans sociaux que des gilets jaunes, pour tout vous dire. Parce qu'effectivement, et là encore, ce plan non relance, il vient bien tard. Tout à l'heure, je faisais le parallèle avec quand il y a le feu, qu'on ne compte pas sa facture d'eau. Mais quand il y a le feu, en fait, c'est à la première seconde qu'on commence à éteindre l'incendie. Et on a attendu un trimestre pour un gouvernement qui voulait être le gouvernement de la réactivité, qui voulait être la start-up nation.

14:42
Présentateur

Il y a déjà eu, Olivier Faure, 450 milliards d'euros qui ont été débloqués depuis le début du confinement.

14:47
Olivier Faure

Non, vous ne croyez pas à cette fable ? Il n'y a pas 450 milliards qui ont été débloqués. On a, en réalité, de l'argent qui a été injecté sur le chômage partiel et ça, je m'en félicite. C'était une mesure que nous avions nous-mêmes appelée de nos voeux, bien avant, puisque c'était dans le projet que nous avons présenté au moment des élections européennes. Donc, très bien, ça, je l'ai soutenu depuis le départ. Mais pour le reste, pour l'essentiel de ce que vous évoquez, c'était d'abord des prêts qui étaient des prêts garantis par l'État, donc qui seront remboursés. L'État récupérera dans quelques années, si tout va bien, si les entreprises ne déposent pas le bilan entre-temps.

15:18
Présentateur

C'est un soutien provisoire aux entreprises. Le procès des attentats de 2015, Olivier Faure, s'est ouvert hier à Paris avec une question. Aujourd'hui, la France est-elle aussi charlie qu'il y a cinq ans, si tant est qu'elle l'ait été entièrement il y a cinq ans ? Je voudrais vous faire entendre ce que disait hier à votre place quelqu'un que vous connaissez bien, qui est un ancien Premier ministre socialiste, ancien ministre de l'Intérieur également, C'est Bernard Cazeneuve.

15:40
Locuteur non identifié

Je vois bien qu'il y a un processus d'affaissement, d'abaissement de la pensée républicaine et que je vois aussi dans la société des courants de pensée, des individus, des responsables politiques qui ont tendance à expliquer que la République, ce n'est pas justement l'unité, l'indivisibilité. Ce sont les indigénistes, ce sont les communautaristes, ce sont ceux qui, à l'extrême droite ou à l'extrême gauche, il y en a de nombreux à l'extrême gauche, qui expliquent que la République, toute entière dans ses institutions, est organisée pour discriminer, pour humilier.

16:14
Invité

Vous parlez de la France insoumise ?

16:15
Locuteur non identifié

Je pense à eux et à d'autres formations d'extrême gauche. Vous êtes d'accord avec lui, une partie de la gauche a lâché charlie ?

16:23
Olivier Faure

D'abord, je veux revenir sur ces événements et sur le fait de ce qu'ils ont traduit de notre identité collective. Effectivement, j'entends le débat, je suis charlie, je ne suis pas charlie. Mais je suis charlie, ça ne veut pas dire, on ne demande à personne d'adopter la ligne éditoriale de charlie. Ça veut dire la liberté d'expression à tout prix, le droit au blasphème, qui est un droit qui existe évidemment, sans réserve, sans oui-mais. Pardon, je suis en train de m'égarer, mais le droit au blasphème, ça n'existe pas. Le blasphème n'existe pas plus exactement.

Et donc, bien sûr, dans notre pays, et fort heureusement, tout le monde a la possibilité d'exprimer une opinion à la condition qu'elle ne soit pas un appel à la violence gratuite, enfin la violence tout court, qu'elle ne soit pas visible à l'ordre public. Et donc, c'est ce que nous avons défendu ensemble il y a cinq ans. Toute la gauche, aujourd'hui encore ? Et j'espère toute la gauche. Et effectivement, il y a aujourd'hui des courants de pensée. Vous espérez, donc ça veut dire que ce n'est peut-être pas le cas ? Ça veut dire qu'il y a des gens, aujourd'hui, qui maintiennent une forme d'ambiguïté par rapport à cette question-là. Et moi, je suis un républicain.

Et donc, je suis un républicain universaliste. Et je crois au message que nous portons depuis la Révolution française. Je crois que la République, malheureusement, n'a pas accompli toutes ses promesses. Et qu'elle a encore beaucoup de choses à donner, et qu'elle doit, et qu'elle est perfectible. Mais ce n'était pas l'affaire d'un jour, la République. Et tout le monde sait bien qu'y compris ce que j'aurais s'appelé de ses voeux, la République, jusqu'au bout, ce n'est pas quelque chose qu'on peut dire aujourd'hui. Enfin, ce n'est pas encore arrivé.

17:57
Invité

Olivier Faure, qui est ambigu aujourd'hui à gauche, ou à l'extrême gauche ?

18:02
Olivier Faure

Tous les courants de pensée qui ont été cités par Bernard Cazeneuve. Les indigénistes, les communautaristes, celles et ceux qui...

18:09
Invité

La France insoumise ?

18:09
Olivier Faure

Il y a des gens, la France insoumise, qui effectivement sont dans cette ambiguïté-là. Pas tous. Daniel Obono. Daniel Obono, on fait partie. Elle a été insoumise, bien sûr. Elle a été à plusieurs reprises flashée, si j'ose dire, sur l'autoroute de ses déclarations. Et donc, il y a un certain nombre de prises de position dans lesquelles je ne me retrouve absolument pas.

18:32
Présentateur

Et vous pensez, par exemple, que Jean-Luc Mélenchon devrait clarifier sa position, puisque ce sont des députés de son groupe ?

18:38
Olivier Faure

Oui, je pense que Jean-Luc Mélenchon devrait être plus clair. Je l'ai connu entièrement républicain. Je l'ai connu laïc convaincu. Et je veux croire qu'au fond, lui-même, il l'est resté. Mais on ne peut pas maintenir cette ambiguïté. Parce que dans un moment où les boussoles, les repères sont largement brouillés, il y a besoin, au contraire, de beaucoup de clarté de la part des dirigeants politiques. Toute forme d'ambiguïté est nuisible.

19:02
Présentateur

On va évoquer les relations au sein de la gauche aujourd'hui, demain, pour les régionales, peut-être pour la présidentielle dans un instant. On est atrocement en retard. En attendant, il est 8h52. Olivier Faure, vous restez avec nous. Voici Mélanie Delonnet pour le Filinfo.

19:16
Invité

100 milliards d'euros pour sortir de la crise provoquée par l'épidémie de coronavirus. Un tiers de cette somme financera la transition écologique. Le Premier ministre présente aujourd'hui le plan de relance du gouvernement. Jean Castex qui a fixé un objectif ce matin sur RTL, la création de 160 000 emplois l'an prochain. Le retour dans les champs des néonicotinoïdes, ces insecticides néfastes aux abeilles, mais uniquement pour les cultures de betterave ravagées par les attaques de pucerons. C'est ce que prévoit un projet de loi présenté en Conseil des ministres ce matin.

Le professeur Didier Raoult, visé par une plainte devant l'ordre des médecins des Bouches-du-Rhône, des infectiologues lui reprochent des manquements au code de déontologie pour avoir promu l'hydroxychloroquine contre le Covid sans preuve d'efficacité du traitement. Et puis est-ce un effet d'annonce à l'approche des élections américaines ou le signe de l'imminence d'un vaccin ? Aux Etats-Unis, les gouverneurs sont sommés de préparer la distribution de millions de doses d'ici le 1er novembre.

20:13
Locuteur non identifié

France Info

20:14
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec le 1er secrétaire du Parti Socialiste, on parlait de Lionel Jospin tout à l'heure, de feu la gauche plurielle, mais on va en parler encore avec vous Salia.

20:26
Invité

Olivier Faure, vous disiez tout à l'heure que Jean-Luc Mélenchon devait clarifier ses positions, notamment sur la laïcité, le droit au blasphème. Une grande échéance arrive dans deux ans, 2022. J'imagine que vous écoutez attentivement ce que dit Jean-Luc Mélenchon en ce moment. Il était l'invité de France Inter il y a trois jours. Écoutez-le.

20:41
Locuteur non identifié

J'ai lu ce matin dans le Figaro que Hollande dit que les socialistes ne doivent pas s'abandonner à Jean-Luc Mélenchon. Ah bah s'ils veulent, bien sûr que si. Ils sont les bienvenus et je me sens une vocation de candidat commun parce que je l'ai déjà été pour les communistes et je l'ai été pour des milliers de socialistes qui ont voté pour moi à l'élection présidentielle.

21:01
Invité

Vous pourriez vous abandonner à Jean-Luc Mélenchon pour 2022 ?

21:05
Olivier Faure

Je vais vous dire une chose, je ne suis prêt à m'abandonner à personne. Parce que la réalité, c'est que j'entends qu'il y a beaucoup de gens aujourd'hui qui disent je suis la République, je suis le rassemblement, je suis ceci, je suis cela. La réalité, c'est que pour construire le rassemblement, ça suppose qu'on ne commence pas par dire je, mais par dire nous et faire en sorte que ce soit le collectif qui l'emporte. Donc moi, je souhaite que nous commencions par évoquer un projet et que nous puissions nous retrouver.

J'entends qu'il y a des gens qui disent je veux bien le rassemblement, mais c'est moi qui suis le candidat, c'est moi qui fixe le projet, c'est moi qui, c'est moi qui, c'est moi qui. Et bien moi, je souhaite que l'on puisse faire les choses dans l'ordre. D'abord, commencer par avoir un projet qui puisse rassembler toutes les forces de la gauche et de l'écologie et ensuite, et seulement ensuite, se poser la question de savoir celui ou celle qui l'incarne le mieux.

21:52
Invité

La crainte de certains de vos collègues, comme Stéphane Le Folle, c'est que vous vous effaciez derrière les verts.

21:57
Présentateur

C'est de dire Olivier Faure, c'est celui qui va éteindre la lumière au Parti Socialiste et fermer la porte derrière lui.

22:01
Olivier Faure

Je crois que ceux qui ont failli l'éteindre la lumière, ce n'est pas ceux qui dirigent aujourd'hui le Parti Socialiste, mais ceux qui l'ont précédé. Parce que la réalité, c'est que moi, quand je suis devenu Premier Secrétaire, il faisait 6% à l'élection présidentielle et même ces 6% étaient en partie attribuables à Benoît Hamon, qui lui est même partie du PS.

22:17
Présentateur

Vous voulez dire que la lumière était déjà...

22:19
Olivier Faure

Ça veut dire que je ne pense pas qu'on puisse m'accuser d'avoir été pour grand-chose dans ce qui s'est produit. En revanche, s'il fallait regarder les choses, nous avons fait les élections européennes et nous avons refait 6% alors que Benoît Hamon était dehors, et nous avons gagné les élections municipales avec les écologistes et avec d'autres, et je pense que ça pourrait être porté à mon crédit plutôt qu'à mon débit.

22:42
Présentateur

Est-ce que ce qui a été possible aux municipales, c'est-à-dire des alliances locales avec des écologistes, dans un premier temps, c'est le schéma dont vous rêvez pour la présidentielle ?

22:51
Olivier Faure

Oui, moi je rêve tout simplement que, comme le dit Lionel Jospin, puisque vous faisiez référence à lui, que les dirigeants de la gauche et de l'écologie soient capables d'un peu plus de sens de l'intérêt général, et être davantage désintéressés de son sort personnel pour se soucier de l'intérêt collectif. Et donc qu'est-ce qu'il faut faire ? On sait bien que la seule façon d'y arriver, c'est d'être ensemble, désunis, avec 4, 5, 6 candidats à prendre de l'élection présidentielle, on sait que c'est un deuxième tour, Le Pen-Macron. Donc puisqu'on le sait, qu'est-ce qu'on veut ? Qu'est-ce que veulent ceux qui disent effacement, pas effacement, etc. ?

Moi ce que je veux, c'est que la gauche, elle puisse encore faire preuve de son utilité. Et son utilité, c'est d'abord de se rassembler sur un projet, puis ensuite sur une incarnation. Je ne dis pas qu'il faut que ce soit l'un ou l'autre qui soit dès à présent désigné. Je n'en sais rien. Je dis simplement qu'à chacun doit faire la preuve qu'il est le plus à même d'incarner le collectif.

23:42
Invité

Yannick Jadot, ce serait une bonne incarnation pour vous ?

23:45
Olivier Faure

Mais pour l'instant, aucun de ceux qui sont candidats, pour moi, n'est une bonne ou une moyenne incarnation.

23:49
Présentateur

Comment on va le choisir, ou la choisir, Olivier Faure ? Ça se fait avec tout le monde autour de la table dans un coin, et un peu de fumée qui sera à la fin. Ça se fait avec des sondages et tout ça se décante. Ça se fait avec une grande primaire de la gauche ?

24:01
Olivier Faure

Le moment venu, je vous dirai quelle est ma position. Ce n'est pas le moment, parce que je souhaite d'abord que nous nous consacrions à un sujet, qui est le sujet du projet. Est-ce qu'il y a déjà des réunions sur le projet en ce moment ?

24:11
Présentateur

Est-ce que les États-majors, vous, les Insoumis, les Verts, Génération de Noir, vous voyez déjà pour parler du projet ?

24:17
Olivier Faure

Dès le week-end prochain, nous nous retrouvons pour parler du projet. Nous serons tous à la Charité sur Loire. Avec qui ? Avec les écologistes, avec les communistes, avec même une part des Insoumis.

24:27
Présentateur

Une part des Insoumis, c'est-à-dire Jean-Luc Mélenchon ou d'autres personnes ?

24:31
Olivier Faure

Je crois que je ne sais pas exactement qui vient. Moi, je sais que je suis dans une table ronde avec Adrien Quatennens, par exemple. Qui vient de ses bras droits. Voilà. Et donc, je souhaite que tout le monde puisse se parler, que nous puissions à la fois voir quels sont nos points de désaccord et les acter, et puis voir quels sont les points d'accord. Et moi, ce que je souhaite, c'est que ça ne se renie. Ce que je souhaite, c'est que nous puissions être à même de produire un projet de coalition, où donc nous avons un projet pour gouverner pendant 5 ans ce pays, sur un projet concret.

Ça n'empêchera pas qu'il y a des points sur lesquels nous sommes en désaccord complet, mais qui ne seront pas dans le projet commun que nous porterons. Et c'est à cette condition-là, et à cette condition-là seulement, que nous pourrons avancer et faire en sorte que la gauche donne à nouveau un minimum d'espérance dans un pays qui est profondément troublé. Et le moment approche où les électeurs, les femmes, les hommes de gauche, celles et ceux qui attendent de la gauche qu'elles puissent les sortir de la situation dans laquelle ils sont, eh bien exigeront de chacun d'entre nous justement cette capacité à l'unité, parce que c'est la seule façon de progresser.

25:28
Présentateur

Merci beaucoup Olivier Faure. Merci beaucoup à vous. Et bonne journée à vous. Merci beaucoup à vous.