🔴 Philippe Baptiste, PDG du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
SpaceX est un partenaire, la NASA est notre partenaire. Faut-il s'en féliciter ?
- 0:25ComplaisanteRéponse partielle
Ne cédons pas au défaitisme : Ariane 6 arrive dans un an.
- 0:30RelanceRéponse directe
Ariane 6 a été reporté, n'est pas réutilisable et coûte cher. Est-ce une vieille fusée ?
- 0:53OuverteRéponse directe
Ariane 6 répond-elle aux besoins du marché ?
- 1:10FerméeRéponse partielle
Le carnet de commande d'Ariane 6 est-il plein ?
- 1:29OuverteRéponse directe
La réutilisabilité est-elle une question clé pour Ariane 6 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27PrésentateurFait
« Ariane 6 arrive dans un an. »
- 0:43Invité politiqueFait
« Ariane 6, le coût au lancement est assez élevé. »
- 1:06PrésentateurFait
« On voit bien avec toutes les sollicitations qu'on a, enfin qu'à Ariane 6 aujourd'hui en termes commerciaux. »
- 1:40PrésentateurPromesse
« Il faut absolument acquérir cette technologie en Europe. »
- 1:44PrésentateurFait
« On est en retard sur la réutilisabilité, c'est clair. »
- 2:41PrésentateurFait
« On est passagers clandestins. »
- 4:25Invité politiqueChiffre
« On a entendu le gouvernement français aussi, qui parle de 1,5 milliard d'euros pour investir dans le spatial français. »
- 6:10InvitéFait
« Le troisième port spatial du monde, c'est Kourou. C'est nous, les Français. »
- 8:10Invité politiqueChiffre
« Sur Ariane 6, ils ont remis 140 millions d'euros pour assurer la fin du programme. »
- 9:24PrésentateurFait
« Les Américains vont rejoindre ce qu'on appelle le SCO. C'est le Space Climate Observatory. »
- 10:00PrésentateurPromesse
« On a convenu avec les Américains de se retrouver tous les ans autour de la table pour parler en bilatéral de l'ensemble des sujets spatiaux. »
Temps de parole
- Présentateur71 %
- Philippe Baptiste21 %
- Invité4 %
- Présentateur 22 %
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Mais SpaceX est un partenaire, enfin la NASA est notre partenaire, SpaceX est une entreprise qui effectivement vend des lancements et le fait très bien. Et moi je pense qu'il faut que s'en féliciter. Alors vous savez, dans l'histoire du spatial et en particulier dans l'histoire des lanceurs, ça a toujours été une histoire compliquée. Les Américains ont eu bien des déboires avec la navette, avec même un certain nombre
de drames.
Pendant longtemps ils n'avaient pas accès à l'espace, maintenant il
y a
SpaceX et c'est super. Mais ne cédons pas du tout au défaitisme. Ariane 6 est dans la course, Ariane 6 arrive dans un an.
Oui mais regardez Ariane 6, il
ne
faut pas être défaitiste, vous avez bien raison. Vous êtes là pour ça d'ailleurs et on vous encourage simplement. C'est vrai qu'Ariane 6 finalement ça a été reporté encore, c'est 2022. Ariane 6 ce n
'est
pas une fusée réutilisable. Ariane 6, le coût au lancement est assez élevé. Est-ce qu'on n'est pas en train de préparer le lancement d'une
vieille fusée ? Non je ne
crois
pas, vraiment pas. D'abord Ariane 6 elle répond parfaitement aux besoins techniques du marché. C'est-à-dire un dernier étage qui va être allumable, on va pouvoir placer une variété de différents types de satellites à différentes orbites. Donc vraiment c'est vraiment un lanceur qui répond bien aux besoins du marché. Et on voit bien avec toutes les sollicitations qu'on a, enfin qu'à Ariane 6 aujourd'hui en termes commerciaux. Oui, le carnet de commande est plein ? Alors le carnet de commande aujourd'hui n'est pas plein, ce n
'est
pas signé. Mais
il y a des
marques d'intérêt qui sont quand même très très fortes. Moi je suis très très confiant là-dessus. Donc je pense que Ariane 6 a un avenir commercial, un vrai avenir commercial. Ce qui est important, j'aurais envie de dire,
c
'est... Alors évidemment la question de la réutilisabilité est une question qui est intéressante, elle est d'autant plus intéressante si vous êtes à des cadences très très élevées. C'est ça. Si vous êtes à des cadences qui sont des cadences qui sont des cadences moyennes, la question de la réutilisabilité se pose. Je pense qu'il faut absolument acquérir cette technologie en Europe. Effectivement, ça c'est un vrai sujet. On aurait dû, enfin on est en retard sur la réutilisabilité, c'est clair. Et il faut acquérir cette techno. Pour autant, le fait de ne
pas
avoir un lanceur réutilisable aujourd'hui sur des cadences qui sont celles qu
'on
connaît n'est pas forcément dramatique. Et ce qui est important à la fin, c'est le coût du lancement. Moi ce que je vois c'est qu'aujourd'hui Ariane 6, alors ce n
'est
pas facile, on a une concurrence qui est féroce, mais Ariane 6 sera dans le marché.
Autre chose sur laquelle on est peut-être un petit peu en retard, ou on a peut-être eu tort, c'est de ne pas réfléchir à envoyer l'homme dans l'espace. Pour l'instant on envoie les satellites, maintenant les Américains, ils en envoient avec leur lanceur sur l'ISS, ils pensent déjà à la Lune, peut-être à Mars. Est-ce qu'on a raison de rester à l'écart de tout ça ?
Alors, on y a réfléchi. C'est vraiment une décision, je pense, c
'est
des choix stratégiques de l'Europe qui ne sont pas récents. C'est-à-dire qu'on a toujours fait voler des astronautes, enfin toujours, depuis longtemps nous avons volé des astronautes avec les Russes ou avec les Américains. C'est ça. Et il y a eu un choix.
On est passagers clandestins.
Oui, alors clandestins non parce qu'on paye quand même le billet. Non,
non,
mais... Du covoiturage. Non, mais c'est un choix. Et le choix a été fait, l'Europe investit... Est-ce que c'est un bon choix ? On peut se parler franchement. Je
pense qu'on peut
se poser la question, on peut vraiment se
poser
la question.
Vous,
personnellement, vous pensez qu'il faut peut-être réfléchir à ça ? Oui,
mais
il faut avoir en tête que c'est des coûts qui sont quand même des coûts qui sont importants. Même aujourd'hui, dans un environnement où, effectivement, il
y a
des acteurs privés qui ont tendance à faire baisser les prix, ça reste très très cher.
Oui,
mais Philippe Baptiste, ça y est, la conquête de l'espace est en cours. Peut-être que c'est une folie, mais en tout cas, la Lune, Mars... Vous croyez vraiment qu'on peut continuer à faire du covoiturage avec les Américains ou les Russes
? Moi, je
pense que c'est une question qui est une question vraiment d'ordre politique européenne. C'est la question de l'ambition européenne pour le spatial de demain. Ça veut dire, comment est-ce qu
'on
se projette ? Jusqu'à maintenant, il faut avoir en tête que le différentiel entre le budget américain du spatial et un budget européen, c'est qu
'il y a
un facteur 6.
C
'est beaucoup un facteur 6. Et l'Europe, donc, compte tenu de ce différentiel, a fait le choix, justement, de ne pas aller vers ces vols habités parce qu'ils sont très chers, et de se focaliser sur des sujets vraiment business, les télécoms, l'observation, où on a fait des champions incroyables. Bien sûr. Dans l'observation, ça
y
est,
enfin, on
y est, là. On a des champions absolument incroyables. On est les meilleurs sur l'observation de la Terre. On a des champions télécoms qui sont absolument extraordinaires, que ce soit Airbus ou Thalès Alain Space. Donc, vraiment, on a fait des vrais choix stratégiques. Maintenant, la question, effectivement, de la place de l'homme dans l'espace, elle revient au centre du débat. C'est évident. Il y
a
la Lune. Derrière, il
y
a Mars. Les Indiens y vont. Les Russes y vont. Les Américains y vont. Les Chinois y vont. Et évidemment, il y
a
la question de la place de l'Europe qui doit être posée.
Est-ce qu'on met assez de moyens ? Alors, on a vu le nouveau programme de l'ESA, l'Agence Spatiale Européenne, qui est quand même en forte augmentation. C'est assez positif. On a entendu le gouvernement français aussi, qui parle de 1,5 milliard d'euros pour investir dans le spatial français. Est-ce qu'enfin, on prend conscience de cette nécessité stratégique ? Est-ce qu'on met les moyens ? Ou est-ce que c'est encore insuffisant ?
Non,
non.
Alors, je pense que la France, déjà, c'est 1,5 milliard d'euros de plus. De plus. C'est-à-dire qu'à côté de ça,
c
'est quand même déjà des budgets. La France,
c
'est quand même le très bon élève de l'Europe dans le monde du spatial. C'est-à-dire qu'on en a fait un sujet qui est un sujet vraiment stratégique et on investit. On a des champions qui sont extraordinaires. C'est nos prime. C'est
-à
-dire que c'est, je les ai déjà cités, c'est Thales, c'est Ariane, c'est Airbus, bien entendu. Mais à côté de ça, ce qui est extraordinaire aujourd'hui, c'est le New Space. Le New Space est en train d'émerger. C'est plein de startups,
c
'est plein de nouveaux acteurs. Avec
la
space tech, notamment.
Exactement. Et donc, il faut qu
'on
soit là. Il faut que l'État soit là pour les aider. Les aider,
ça
passe par des contrats. Ça veut dire leur faire confiance. C'est-à-dire que c'est de
l
'achat public. C'est de l'achat public parce qu'on a besoin de leur service. Donc, quelque part, c'est du donnant-donnant. C'est-à
-dire
que nous, on peut leur amener de la technologie. Le CNES peut leur amener, par exemple, de la technologie, un accès à nos labos, un accès à nos moyens d'essai, etc. Tout ça. Mais nous, on attend aussi de leur part des idées disruptives, des trucs nouveaux qui vont nous permettre de faire baisser les coûts.
Est-ce que tout le monde joue le jeu en Europe ? On a eu Jean-Luc Mélenchon, il y a quelques jours, dans notre émission spéciale Faire réussir la France. Il était face à des chefs d'entreprise. Écoutez ce que Jean-Luc Mélenchon disait au sujet de l'Allemagne et du partenariat avec nos amis allemands dans l'espace. Écoutez-le.
J
'aimerais que ceux qui m'entendent se rendent compte
que
le troisième port spatial du monde, c'est Kourou. C'est nous, les Français. Nous savons tout faire, d'un bout à l'autre de la fusée.
On
commet de nombreuses erreurs, dont l'une est de faire confiance aux Allemands, qui vont faire leur petit lancement depuis une base en Suède, sans passer par l'entreprise commune européenne que nous avons. Ils ne confient pas tous leurs tirs de satellite à cette entreprise commune. C'est vrai ce qu'il dit ou pas ?
Alors,
la première partie est très vraie.
C
'est-à-dire qu'effectivement, en France, on a une maîtrise qui est absolument unique en Europe et très rare dans le monde. On a une maîtrise complète de la chaîne, en particulier sur les lanceurs. Est-ce que
les Allemands nous font des bébés dans le dos
? Non, je ne dirais pas ça comme ça. Mais en tout cas, il y a une saine concurrence qui se construit aujourd'hui en
Europe.
Est-ce qu'ils
construisent un lanceur
?
Oui.
Il
y a des projets. Il y a des entreprises allemandes. Il y
a
trois entreprises allemandes qui, effectivement, ont des projets de petits lanceurs. Et alors, ces petits lanceurs, ça prend du temps à développer un lanceur parce que c'est compliqué, mais ils sont partis. Ils annoncent des calendriers qui sont très ambitieux. Alors, ils sont tenus ou pas tenus. Voilà. Mais pour l'instant, c'est des petits
lanceurs. C'est un problème
quand même,
non
? C'est beaucoup plus petit qu'Ariane.
C
'est vraiment des petits lanceurs. C'est beaucoup pour apprendre.
D
'accord ? Et c'est aussi, je pense, parce que vous savez, dans le monde aujourd'hui, il y a plus d'une centaine de projets de start-up qui veulent faire, de start-up qui ont des projets pour faire des petits lanceurs. Donc, ce n
'est
pas unique. D'accord ? Il y
en
a plusieurs en Europe. Il y en a aussi en Espagne, etc. Je pense qu'on va en avoir aussi en France. Le président l'a annoncé. Il a dit qu'on allait faire un mini lanceur, un mini lanceur réutilisable d'ici 2025. C'est quand même un calendrier qui est super ambitieux. Je suis convaincu qu'on va y arriver. Et pourquoi c'est important ? Parce que pour nous, ça va nous permettre d'apprendre à réutiliser. Et réutiliser pour les lanceurs, c'est absolument clé si on se projette à des hautes cadences.
Mais est-ce qu'il
y
a... Pardon
? Non, juste peut-être pour revenir sur la question des ports spatiaux. Donc, évidemment, Kourou est le port spatial de l'Europe. Après, plusieurs pays européens ont des projets de lanceurs aujourd'hui. Et surtout, des projets de ports spatiaux. Donc, il n
'y a
pas que la Suède. Il y a plusieurs pays européens qui
ont... Mais c'est un peu
dommage quand même parce qu'il faudrait faire bloc. Regardez, par exemple, les Allemands, ils sont avec nous. Sur Ariane 6, ils ont remis 140 millions d'euros pour assurer la fin du programme. Enfin, en même temps, on leur a donné... On transfère quand même le fameux moteur réallumable de l'étage supérieur dont vous parliez.
On
va le transférer de Vernon dans l'heure vers le site allemand d'Autobrun en Bavière. Est-ce qu'on n
'est
pas en train de nous faire piquer des technologies, là ?
Non, non, non. On est vraiment dans la rationalisation industrielle. Donc, c
'est
le transfert du Vinci. D'abord, c'est quelque chose qui a été acté il y a déjà plusieurs
années.
Donc, voilà, qui est déjà prévu de longue date. Ça concerne... Alors, par rapport à l'ensemble de l'activité,
c
'est un tout petit volume. C'est des technologies qui sont déjà connues. Il y a déjà des essais qui sont faits en Allemagne sur ce moteur. Donc, on n'est pas du tout en train de perdre de la technologie. Mais on est en train de construire l'Europe du futur. Et justement, ce qui était important, c'était d'avoir un accord avec l'Allemagne et avec l'ensemble des partenaires européens pour garantir la pérennité d'Ariane 6. Bon,
on
compte sur vous pour être vigilant. Encore une question. Emmanuel Macron a rencontré Kamala Harris, la vice-présidente américaine. Il paraît qu
'ils
ont parlé de spatial.
Est-ce
que
c'est vrai
?
Oui. Alors,
deux très belles nouvelles qui ont été annoncées par la Maison-Blanche. D'abord, les Américains vont rejoindre ce qu'on appelle le SCO. C'est le Space Climate Observatory. C'est
-à
-dire, c'est quelque chose qui a été l'initiative du président Macron et que le CNES a développé. Il y
a
déjà 25 ou 26 pays qui sont signataires. Et cette idée, elle est très simple. C
'est
de dire, en gros, comment est-ce que j'utilise les données du spatial et d'autres données pour lutter contre les effets du changement climatique ? Et lutter, et pas simplement pour les pays les plus développés, mais aussi pour des pays qui ont... Voilà. Donc, c
'est
des applications, c'est des moyens simples d'utiliser le spatial.
Et la
coopération spatiale avec les Américains ?
Eh bien, et ça, c'est la deuxième excellente nouvelle. Donc, on a convenu avec les Américains de se retrouver tous les ans autour de la table pour parler en bilatéral de l'ensemble des sujets spatiaux. C'est quand même une marque de confiance qui est quand même très forte de la part des Américains. Je crois qu'aujourd'hui, le seul pays avec lequel ils font ça, c'est le Japon. Donc, c'est quand même... Ça montre bien aussi toute la place de la France. On
essaie quand
même
de faire une fusée pour transporter nos cosmonautes. On est d'accord,
hein
? Si vous le dites, moi, je suis d'accord. Merci, Philippe Baptiste, PDG du CNES, d'avoir été l'invité de Good Morning Business. Il est 8h30, c'est le journal.
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Philippe Baptiste