Budget : une censure... et une "tempête" financière ? Reportage C dans l'air 27.11.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Les taux d'emprunt de la France ont dépassé ceux de la Grèce. Hier déjà, le Premier ministre alertait sur les risques encourus par la France en cas de rejet du budget et donc de censure du gouvernement. M.Barnier est accusé par les oppositions de dramatiser pour sauver son siège. - M.Barnier: Le moment est très grave.
C'est le vote du budget de la nation qui est en cause. - Il a lancé l'alerte générale hier au JT de 20h. - M.Barnier: S'il y a une alliance dans les votes, improbable, mais possible, entre les voix de monsieur Mélenchon, de l'extrême gauche, et les voix de madame Le Pen, du RN, auxquelles se joindraient le PS, le PCF et les Verts, le gouvernement s'arrête.
Qu'est-ce qui se passe? Il n'y a plus de budget. Il faudra reprendre des discussions.
Il y aura des mesures d'urgence, une tempête probablement assez grave et des turbulences graves sur les marchés financiers. - Conscient que le gouvernement ne tient plus qu'à un fil, M.Barnier et ses troupes agitent le chiffon rouge et font monter la pression. - Tous ceux qui envisagent de voter une censure sur ce texte doivent avoir en tête les conséquences que ça aurait pour les Français. - Ce serait une augmentation drastique de la charge de la dette. - Au 1er janvier, votre carte Vitale ne fonctionnera plus. - Une impossibilité pour nous de nous investir davantage.
Moins de création d'entreprises, moins d'innovation. - Les fonctionnaires ne seront plus payés. La police, l'école ne fonctionneront plus. - Dans toutes les têtes: l'adoption du budget à l'Assemblée nationale en décembre, probablement par 49-3, comme l'a confirmé le Premier ministre hier.
Si la motion de censure qui s'ensuit est votée par toute la gauche et le RN, le gouvernement devra démissionner. la catastrophe annoncée, selon M.Le Pen. "Il n'existe dans nos institutions aucun risque de shutdown.
Nous ne laisserons pas le RN devenir le bouc émissaire de l'impéritie de gouvernants inaptes au débat et au compromis." Même réaction pour la gauche, qui dénonce le "catastrophisme" du gouvernement. - Ce n'est pas vrai.
Il n'y aura pas un shutdown comme aux Etats-Unis, où les fonctionnaires ne seront pas payés, où il n'y aura plus d'argent pour les entreprises, où il n'y aura plus de prime d'activité pour les ménages. Ce n'est pas vrai. Le budget se poursuivra.
Il n'y aura pas un arrêt de l'économie du pays. - Il dramatise? - Bien sûr, pour sauver son siège. - En cas de censure du budget, l'Etat pourra continuer à fonctionner en reprenant le budget 2024 pour l'année à venir, mais le signal serait désastreux, notamment pour le monde économique, qui s'inquiète encore un peu plus après une petite phrase d'E.Macron révélée par "Le Parisien". "Le gouvernement va tomber.
M.Le Pen va le censurer à un moment donné, et plutôt qu'on ne le pense." Pas le genre à inverser la tendance.
Les taux d'emprunt de la France explosent. Ce matin, ils ont même dépassé ceux de la Grèce. Les marchés prennent peur. - 5 % pour le CAC 40 depuis le début de l'année contre 15 % de hausse pour le DAX allemand, pourtant pas au meilleur de sa forme. - Tout le monde va appuyer sur le frein.
Les ménages, les investisseurs étrangers, les acteurs français...
On leur donne un signal de plus. On va rentrer dans une période d'incertitude. Il n'y a rien de pire que ça pour l'économie de marché.
C'est une catastrophe psychologique. Les marchés ne nous le pardonnent pas. On emprunte plus cher que le Portugal, plus cher que l'Espagne. - Une crise au pire moment, alors que les plans sociaux devraient se multiplier l'année prochaine et que l'Europe doit affronter le choc économique lié à la future administration américain - C.Roux: Nous allons évoquer ce que pensent nos voisins européens et les plans sociaux dans un instant.
On voit dans ce reportage la prise de parole de certains, qui disent: "Ce sera le chaos." Est-ce qu'on sait comment ça peut se passer? - L.Robequain: C'est largement exagéré.
Les impôts pourront être levés. La carte Vitale continuera de fonctionner. La machine politique est très différente de la machine politique américaine.
Le chef d'Etat américain est impressionnant. Les fonctionnaires sont au chômage technique. Ils ne sont plus payés.
Dans les cinémas, on distribuait du pop-corn gratuitement aux fonctionnaires pour les consoler. En France, s'il n'y a pas de budget, on prend une loi spéciale pour reconduire le budget de l'année précédente. En revanche, toutes les hausses d'impôts n'auront pas lieu.
Il y aura un impact pour les ménages. On ne revalorise pas le barème de l'impôt sur le revenu. 380 000 nouveaux ménages sont imposables.
Il faut y réfléchir avant d'accepter de ne pas voter cette loi de finances. - E.Duteil: Ce qui crée l'incertitude, c'est qu'il y a quelque chose d'écrit comme cette loi spéciale, mais on ne l'a jamais vraiment pratiquée.
Ce qui est nouveau et qui inquiète les marchés, c'est qu'on va se retrouver dans des choses qu'on n'a jamais appliquées. C'est arrivé une seule fois, en 1979, de ne pas faire passer le budget parce qu'il avait été censuré par le Conseil constitutionnel. Il y avait tout ce qu'il y avait à l'époque pour le faire passer au Parlement. - C.Roux: M.Le Pen a raison?
Elle dit qu'il ne faut pas dramatiser. - E.Duteil: Les fonctionnaires seront payés... - C.Roux: Tout va bien, alors. - E.Duteil: Non.
Si vous n'avez pas de majorité ou si vous n'avez pas de budget, vous ne pouvez pas préparer ne serait-ce que l'avenir. Mais l'avenir, en ce moment, c'est d'avoir des subventions suffisantes pour sauver telle ou telle entreprise. L'impact que Lucie expliquait très bien sur les impôts...
Tout ne va pas très bien quand vous faites partie des gens qui devront payer plus d'impôts. - C.Roux: Une question de téléspectateur. - N.Schuck: M.Barnier.
Mais pour l'avoir vu et l'avoir suivi au quotidien, je crois qu'il s'en fiche complètement de perdre son poste. Il a envie de rester. Il voudrait inscrire sa trace dans l'histoire.
Mais il faut se rappeler que quelques jours avant la constitution du gouvernement, il avait mis sa petite lettre de démission dans la poche, tellement c'était compliqué. Le chef de l'Etat s'en était inquiété et avait appelé G.Larcher pour l'aider.
C'est quelqu'un de déterminé. Il y a aussi une question d'orgueil. - C.Roux: Quand il dit que la situation est grave, il le pense? - N.Schuck: Oui.
Mais ce n'est pas un problème de ne pas avoir de budget et d'avoir un shutdown. Les proches de M.Barnier demandent ce qu'il va se passer si M.Le Pen et M.Panot appuient sur le bouton de la censure.
Combien ça va nous coûter en plus? - C.Roux: A votre avis, c'est un argument qui pèse, cette stratégie de dramatisation de l'enjeu?
C'est ce que vous nous avez dit autour de la table. Vous pensez que ça peut peser sur qui peut sauver M.Barnier? - N.Schuck: Je ne suis pas sûre que ça passe.
Marine Le Pen