Eurosatory news 2026 - Day 3 - Interview de Cédric PERRIN, Sénateur, Prés. commission Défense
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Qu'attendez-vous de la commission mixte paritaire sur la LPM ?
- 2:00FerméeRéponse directe
Le budget de 100 milliards d'euros est-il exact ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Comment concilier augmentation des besoins de défense et contraintes budgétaires ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Faut-il sanctuariser le budget des armées ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Comment le Parlement peut soutenir l'innovation en défense ?
- 10:00OuverteRéponse directe
L'opinion publique mesure-t-elle le changement d'époque ?
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à tous et merci de nous rejoindre sur Eurosatori TV. Je reçois Cédric Périn. Bonjour.
Bonjour. Vous êtes sénateur du territoire de de Belleforme et pas seulement puisque vous êtes vice vous êtes président de la commission des affaires étrangère de la défense et des forces armées au Sénat. Alors on est en pleine actualité justement puisque il y a l'actualisation de la loi de programmation militaire qu'on appelle la LPM qui a été discutée notamment il y a il y a 15 jours, il me semble. 15 jours peu voilà, c'est ça.
Et euh vous avez votre commission a fait une proposition d'augmenter notamment de 14 milliards d'euros euh ajouter à l'effort en fait que que fait le le gouvernement et finalement pour l'instant aucune aucun consensus n'a été trouvé et du coup il y a une commission mixte paritaire ce mardi. Qu'est-ce que vous attendez de cette de cette rencontre ? Bah d'abord, on attend beaucoup de cette rencontre parce que c'est évidemment une occasion pour pour la ministre, j'allais dire, de saisir la balle au bon du du Sénat et et d'accepter en tout cas une une augmentation du budget.
Nous on part enfin pour nous il y a trois trois principes qui sont essentiels. D'abord c'est celui de la menace dont le gouvernement parle depuis maintenant quasiment un peu plus d'un an avec une revue nationale stratégique qui met clairement en avant dans le paragraphe 7 le risque d'un choc majeur à l'est de l'Europe à horizon 3 4 ans. Je crois que le président de la République l'a dit, le chef d'état-major des armées l'a dit, la ministre l'a dit euh et ça a été écrit voté.
Donc on estime qu'il faut le prendre en considération. Si on veut le prendre en considération, il faut évidemment mettre en face de ça des actes et des moyens. Le deuxième point, c'est celui des promesses qui ont été faites l'an dernier à LAEP au moment du sommet de l'OTAN par la France qui a accepté de de monter son budget à 3,5 % de PIB en 2035.
Et là aussi, il y a un effort faire considérable puisque je rappelle qu'aujourd'hui on est à peine un peu plus de de 2 % et que selon la trajectoire budgétaire que le gouvernement veut mettre en place, on serait seulement à 2,43 % de PIB en 2030. Et donc en 7 ans, on aurait 0,5 % d'efforts, là où il faudrait faire plus de 1 % d'efforts entre 2030 et 2035, ce qui veut dire des années où on aurait des augmentations plus de 14 milliards d'euros, ce qui est évidemment pas envisageable ni tenable. Et le troisème point, c'est celui euh de l'augmentation con des budgets de des armées de nos alliés européens notamment et de tous des pays dans le monde.
Les Allemands seront en plus de 166 milliards d'euros de budget en 2030 et donc le risque de déclassement de la France est important et donc nous on veut évidemment essayer d'enrayer ça. Alors évidemment l'effort de 14 milliards que nous avons souhaité mettre en œuvre dans la loi de programmation militaire n'est pas suffisant mais il est déjà important. il a été refusé par la ministre qui nous a euh enfin c'est de la technique parlementaire un peu complexe mais qui qui donc a fait repousser cette position.
Mais euh dans les annexes de la loi de programmation militaire, il y a il y a 14 milliards d'euros d'objets complémentaires qui ont été inscrits grâce au vote du Sénat. Et puis aussi dans l'article 1, une trajectoire budgétaire à 2,7 % de PIB et 450 milliards en 2030. Donc on est aujourd'hui avec une loi de programmation militaire bancale qu'il est nécessaire de de de d'adapter.
Donc on a besoin de faire des compromis. Donc la enfin le le Sénat fera des compromis mais il faut impérativement que le gouvernement fasse aussi des compromis pour qu'on se retrouve au milieu du chemin et qu'on accepte un certain nombre d'augmentations parce qu'on a des besoins capacitaires nouveaux et donc il faut évidemment se donner les moyens de pouvoir les acquérir. Oui.
On dit enfin moi j'entends souvent dire du pip à peu près à 100 milliards d'euros. C'est c'est exact. C'est à peu près ou pas ?
C'est à peu près ça. Et donc euh là vous allez à nouveau défendre position j'imagine en commission mixte paritaire. Comment ça ?
Commission paritaire l'idée c'est quand même d'arriver à un compromis entre les différentes personnes qui sont présentes. Donc il faut que tout le monde fasse des concessions si je puis dire. Mais le gouvernement nous amène à un budget selon la trajectoire qu'il a défini 76,3 milliards d'euros en 2030. le Sénat voudrait qu'on soit environ à 84 milliards.
Euh ce qui veut dire qu'en fait globalement si on ajoute les années, enfin si on additionne les budget chaque année, les augmentations de budget chaque année, on arrive à un effort de 14 milliards. C'est ces fameux 14. Et le président de la République lui-même, le premier ministre aujourd'hui ancien ministre des armées lui-même expliquait il y a encore pratiquement moins d'un an que le poid de forme du budget des armées c'était entre 90 et 100 milliards, donc 3,5 %.
Donc nous, on tente de s'en rapprocher le plus possible pour que l'effort qui sera réalisé par celles et ceux qui seront élus après 2030 ne soit pas si euh insoutenable que cela et donc que l'effort soit lissé entre 2026 et 2035. Alors bah le l'argent c'est le nerf de la guerre hein, c'est vraiment une question centrale le financement. Alors, comment est-ce qu'onilie l'augmentation des besoins de défense dont on entend parler largement depuis que ce salon a ouvert avec justement ces fameuses contraintes des finances publiques parce que on sait qu'il y a d'autres budgets dans le gouvernement qui sont pas prioritaires mais qui en tout cas euh doivent être remplumés entre guillemets.
Donc comment comment on arrive à concilier ? Bah, on est dans une situation qui est de plus en plus complexe puisque vous avez bien vu que maintenant la charge de la dette devient le premier budget de l'État à partir de l'année prochaine avec plus de 70 milliards d'euros à rembourser, là où le budget pour l'instant de la défense est à 57 milliards. Euh donc, il est nécessaire de faire des choix et la politique c'est l'art des choix et on peut pas considérer aujourd'hui que la menace est importante et ne pas accepter de faire des choix.
Et je redisais à la tribune du Sénat il y a pas très longtemps que lorsqu'un français paye 1000 € d'impôt, il y a 567 € de ces 1000 € qui sont consacrés à la protection sociale. Il y en a 30 31 qui sont consacrés à la défense. Et donc quand on a un écart de 1 à 18 entre deux valeurs, on peut pas considérer que c'est la valeur la plus faible qui c'estàd la défense qui met en en difficulté la valeur la plus forte, c'est la protection sociale.
Donc il faut faire des choix, il faut faire des réformes structurelles, il faut faire des économies et donc effectivement ça nécessitera de faire peut-être des choix difficiles. Mais je pense que le rôle des élus c'est aussi de dire la vérité aux gens et je pense que la prise de conscience qui commence à être petit à petit celle des Français sur le dans dans nos territoires doit nous amener à à réfléchir et et à mettre en œuvre des moyens pour permettre à nos armées d'assurer la protection des la France et des Français. Je pense que le rôle essentiel, en tout cas je suis gauliste de ce point de vue là aussi, le rôle essentiel d'un état, c'est d'assurer la protection de ses concitoyens et donc dans des situations comme celles que nous vivons aujourd'hui, c'est peut-être de faire des choix.
Euh est-ce qu'il faut sanctuariser euh certains certains équipements ? Il y a il y a une il y a un amendement de la loi de programmation militaire qui a été déposée par mon collègue Dominique Deège, le rapporteur de la commission des des finances et qui s'occupe du budget des armées, qui vise à sanctuariser le budget des armées en considérant que la réserve de précaution qui chaque année euh permet de de de prendre en cas sur les budgets des diff ministères que cette réserve de précaution ne doit pas concerner les armées parce que nous devons sanctuariser le budget des armées. Je crois que ce qui est important aujourd'hui, on le c'est pas dans un salon comme celui-là que dira le contraire, c'est la sincérité budgétaire qui est importante.
La sincérité budgétaire, elle donne de la visibilité aux industriels et aujourd'hui les reports de charge qui quand même ét plus de 8 milliards l'année dernière mettent en difficulté l'industrie et notre BITD. Donc il faut qu'on arrive vers moins de gel et de surgel de la part du Ber et vers plus de sincérité budgétaire pour donner aux industriels de la visibilité et la capacité de se projeter dans le temps. On peut pas aujourd'hui être industriel dans la défense et ne pas avoir un carnet de commande à plus de 6 mois.
Ça n'est pas possible, ça n'est pas envisageable. Donc ça nécessitera sans doute des sacrifices, il faudra le dire. Et l'idée aussi derrière cette loi de programmation militaire que nous avons voté au Sénat, c'est évidemment une augmentation des budgets parce que nous pensons que c'est une nécessité, mais c'est aussi la nécessité qu'il y a d'aller dire d'instiller dans l'opinion publique l'idée que la question de la défense, ça doit être un débat majeur de la présidentielle qui va arriver.
C'est-à-dire qu'on veut que ces sujets que ce sujet de la défense soit un sujet de débat dans l'opinion publique. Et d'ailleurs, je serai demain avec Bruno Rotaillot sur le salon euh toute la journée pour rencontrer des industriels de la défense et et mieux encore, j'allais dire faire partager ces idées à à à un des candidats à la présentielle. Alors, en tant que sénateur, vous êtes souvent sur le terrain justement, vous parlez de nos concitoyens.
Est-ce que est-ce que vous pensez que l'opinion publique française mesure le changement d'époque dans lequel on se trouve ? Euh et qu'ici on a parfaitement compris, on le voit bien tous les jours. Moi ce que je pense c'est que les Français sont très inquiets. quand le président de la quand le chef d'étatmajor pardon des armées s'est exprimé devant l'assemblée l'assemblée des maires au mois de novembre et qu'il a dit un certain nombre de vérités qui parfois ont été d'ailleurs raccourcis, je pense qu'il y a dans l'immense l'immense majorité des maires qui étaient présents une prise de conscience et ils ont bien compris ce que le chef d'état major voulait dire et il y a dans l'opinion publique des gens qui qui considèrent effectivement que nous vivons toujours dans un monde en paix où la croissance est infinie et et la paix éternelle mais malheureusement nous Nous sommes pas en nous sommes plus en paix mais nous ne sommes pas en guerre.
Et donc il faut que chacun prenne conscience de la situation dans laquelle on est. Et le meilleur moyen pour préparer l'avenir, c'est de de de j'allais dire de de s'éviter une guerre. Et je crois que c'est Pierre Vendier qui disait assez récemment dans la presse, "Demain c'est pas dans 10 ans, demain c'est pas dans 1 an, demain c'est demain et donc demain ça se prépare aujourd'hui." Et donc nous avons comme objectif en tout cas la commission dans le cadre de cette commission mix paritaire qui nous amènera à tomber d'accord, je l'espère en tout cas avec les différentes différents les députés notamment à à essayer de préparer cet avenir et à donner à n à nos armées les moyens les plus importants possibles pour demain pouvoir faire de l'acquisition de matériel dont elles ont besoin.
On voit bien sur ce salon aujourd'hui que l'innovation est galopante et on voit bien que tout ça pourrait rapidement nous dépasser si nous ne mettions pas les moyens. Et justement, comment le Parlement peut mieux soutenir cet écosystème justement pour accélérer l'acquisition de de de nouveaux drones ou pour la défense aérienne rapprochée ? Comment ?
Bah le meilleur moyen que le Parlement peut mettre en œuvre pour aider nos armées, c'est de voter un budget qui soit à la hauteur des enjeux. on y revient toujours finalement euh et on revient toujours à la même chose. Mais je rappelle que dans ce pays, en France, ceux qui votent le budget, ce sont les parlementaires, c'est l'Assemblée nationale et le Sénat.
Donc le gouvernement peut toujours avoir toutes tous les toutes les ambitions du monde, peut avoir tous les objectifs du monde. Au final, c'est le Parlement qui vote euh le budget. Et cette loi de programmation militaire, elle se fixe des objectifs annuels avec une trajectoire budgétaire, un objectif qui se fixe à 2030 et ensuite à 2035.
Mais il est il nécessite que chaque année au mois de novembre décembre soit voté le budget de la France, c'est-à-dire la loi de program la loi de finance qui donnera euh euh c'est-à-dire aux armées les moyens que nous ambitionnons. Alors il faut reconnaître que depuis 2017 maintenant le budget des armées a quasiment doublé. Il est passé d'environ 30 milliards à 57 cette année.
Il passera normalement à 66, un peu plus de 66 l'an prochain. Ça c'est évidemment une une marque qu'il faut souligner. Et puis euh les trajectoires budgétaires ont toujours été respectées depuis 2017.
Ça c'est important. Et euh malgré les gels, les surgels, on pourrait parler de beaucoup de choses qui sont venus évidemment obérer cette augmentation. Mais bah facialement euh les trajectoires ont été respectées, le budget a été doublé et je pense qu'il faut qu'on continue dans cette direction-là en se donnant peut-être encore plus les moyens qu'avant puisque la situation est beaucoup plus complexe qu'elle ne l'était avant 2017 ou en 2015.
Donc l'idée du du parlement, c'est voilà de donner davantage de moyens à nos armées. Et contrairement à ce qui a pu être dit, parfois dans cer certaines presses, le Sénat n'a en aucune manière voter contre le budget des armées. Bien au contraire, le Sénat a impulsé une politique qui visait à ce qu'on augmente le budget des armées plus que ce que le gouvernement voulait faire.
Le gouvernement étant bloqué sur euh ces 436 milliards, nous avons fait en sorte de nous donner les moyens en commission mixe par étere continuer à dialoguer. C'est la raison pour laquelle nous avons voté comme Alors, j'ai une dernière question, mais est-ce que ça veut dire que si au lendemain de la présidentielle, c'est pas le le candidat de l'actuelle parti du parti de l'actuel président de la République qui qui est élu, est-ce que il faut refaire un nouveau livre blanc, une nouvelle LPM ? Pourquoi pas ?
Dans la loi de programmation militaire, on a amendé le texte pour que le livre blanc soit lancé, la commission du livre blanc lancée au 1er janvier 2027. Ça nous paraît important de réfléchir dès le 1er janvier avec un comité qui soit un comité, j'allais dire neutre et fait d'expert sur un livre blanc qui pourra donner son travail au prochain président de la République et ensuite il y aura je pense nécessairement une nouvelle loi de programmation militaire mais en accélérant le livre blanc on accélère aussi j'espère en tout cas la loi de programmation militaire et puis cette PM est là aussi pour objectif et bien pour les uns et les autres de voir ce que les différents candidats ont dans le dans le sac si je peux dire qu'est-ce qu' veulent faire avec la loi de programmation militaire, est-ce qu'ils sont d'accord ou pas avec une augmentation ? Et là, les masques sont tombés.
On a vu qui était favorable à une augmentation, qui était favorable à une défense amélioré de ou en tout cas favorable à donner à nos armées les moyens d'assurer la défense de notre pays et qui n'y était pas favorable. Euh voilà, c'est très clair. Il suffit d'aller voir les votes des uns et des autres et chacun comprendra quelles sont les ambitions des différents groupes politiques et ensuite imaginons évidemment ce queon rond cour ambition les différents candidats à la présidentielle.
Merci beaucoup Cédric Pin d'être venu et bon après-midi. Bon, merci beaucoup. Bonne journée.