L'invitée de Bourdin Direct : Anne Hidalgo - 21/09
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Jean-Jacques Bourdin. Anne Hidalgo, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous. Maire de Paris, candidate à la présidence de la République, c'est comme candidate que je vous reçois ce matin, vous publiez une femme française aux éditions de l'Observatoire. Votre livre est vendu par Amazon.
Oui, il est vendu dans les librairies. Je n'ai pas interdit la vente Amazon, mais surtout dans les librairies, dans les supermarchés.
Je vous dis ça parce qu'en novembre 2020, vous disiez et vous souteniez les petits libraires en disant n'achetez pas sur Amazon.
C'est vrai, alors n'achetez pas mon livre sur Amazon, allez chez les libraires.
Bon d'accord. L'écologie n'appartient ni à un seul parti, ni ne constitue un programme à elle seule. C'est ce que vous écrivez dans votre livre. L'urgence écologique doit réunir toutes les énergies, dites-vous, donc réunir les candidats à la présidentielle. Est-ce que vous voulez appeler une fois départagé, Sandrine Rousseau et Yannick Jadot, à venir vous rejoindre ?
D'abord, il faut se parler, bien sûr. Je pense qu'en démocratie, c'est important, et surtout dans cette élection qui est décisive, pas juste parce que c'est l'élection présidentielle, mais parce que nous sommes au pied du mur. On a cinq ans pour agir sur les questions écologiques et sur les questions sociales. Les deux doivent être travaillées en même temps. La solidarité, le pouvoir d'achat et aussi l'écologie. Et donc, bien sûr qu'il faut que chacune et chacun puisse développer ses idées, ses arguments. Mais il faut qu'on se parle, et on se parle toujours et tout le temps.
Quand se parler, c'est une chose, mais 7 à 8% chacun, ça ne fait pas 17, 18 ou 19% nécessaire pour atteindre un second tour éventuellement.
D'abord, l'élection démarre, l'offre politique, comme on dit, est en train de se préciser. Voilà, je n'étais pas candidate jusqu'à la semaine dernière, donc j'ai lancé ma candidature. Et bien sûr qu'il va falloir se parler, faire converger nos idées. Une seule candidature ? Je ne sais pas si on ira à une seule candidature, mais le rassemblement, évidemment qu'il faut toujours l'avoir en perspective. Mais il y a les partis, et puis il y a plein d'autres mouvements. Vous savez, du côté des syndicats, du côté de grandes ONG, il y a des grandes voix, je pense bien sûr, au pacte du pouvoir de vivre, autour de Nicolas Hulot, Laurent Berger, ou Christophe Robert.
Vous avez été membre de la CMDT, tiens, au passage.
J'ai été membre, voilà. Vous avez été membre de la CMDT.
Bon. Arnaud, et Arnaud, vous l'embarquerez, Arnaud ? C'est ce que vous avez dit ? Oui. Je l'embarquerai.
Ben voilà, je suis généreuse et ouverte. Non, surtout, c'est très important, d'abord, de se respecter. Je respecte vraiment Arnaud Montebourg. Il a des idées, c'est quelqu'un qui a contribué et qui continuera à contribuer à la vie politique. Et là aussi, il faut se parler dans le respect. Mais laissons quand même d'abord se préciser les propositions politiques. Moi, j'ai des propositions très claires sur l'écologie et sur les questions de salaire et de travail.
Je me suis fait avoir en 2012, dit Arnaud Montebourg, je ne recommencerai pas avec la fille spirituelle de François Hollande. C'est sec comme réponse.
Oui, je ne répondrai pas, vous savez. Bon, d'accord. Ça fait longtemps que je réponds.
Vous serez candidate jusqu'au bout, de toute façon. Quoi qu'il arrive.
Bien sûr, merci.
Vous irez jusqu'au bout, quoi qu'il arrive. Soutenu par le Parti Socialiste.
Oui, et par d'autres, je l'espère aussi. Mais vous savez, quand on prend ce type de décision, d'abord, ce n'est pas une phrase anodine quand on prononce cette phrase. Je suis candidate pour être présidente de la République, donc candidate à l'élection présidentielle. Ce n'est pas une phrase anodine. Ça veut dire qu'on y met de soi, de son énergie, du temps qu'on réunit, qu'on rassemble, qu'on a vraiment toute cette énergie et ce travail au service d'un pays et au service des Françaises et des Français. Pour prendre, dites-vous... Donc pas pour quelques jours, non.
Et pour prendre, pas pour quelques jours, jusqu'au bout. Jusqu'au bout, absolument. Pour prendre, dites-vous, la France en considération. Ça veut dire quoi, prendre la France en considération ?
D'abord, ce que je constate, à la fois, bien sûr, dans ma ville à Paris, mais avec ce Tour de France que j'ai entrepris depuis déjà plusieurs mois, ce que je constate, c'est que les Français, beaucoup de Français sont malheureux. Beaucoup de Français me disent, il y a trop d'humiliation. Il y a trop de mépris. On ne considère pas nos vies. Je le redis, je crois qu'il y a aujourd'hui des gens qui dirigent de très, très loin, qui ne connaissent pas du tout la vie des Français, qui ne s'en préoccupent pas, d'ailleurs, qui sont sur les grands équilibres macroéconomiques, qui vous donnent des tas de chiffres en vous disant que tout va bien.
Et en fait, dans la vie des gens, ce manque de considération, ce manque de prise en compte de leur vie réelle. Est-ce qu'ils galèrent sur la question des salaires ? Oui, pour la plus grande partie des Français, pour toutes les classes moyennes, les catégories populaires. Est-ce que les Français sont inquiets vis-à-vis de leurs enfants ? Oui, j'ai vu beaucoup de Français qui, par exemple, me disaient, vous vous rendez compte, je n'arriverai même pas à payer les études de mon enfant qui va pouvoir rentrer dans le supérieur, parce qu'il va falloir qu'il aille dans la grande ville où il y a une université, qu'on lui paye un logement, et je ne peux pas faire ça.
Donc, il va être obligé, mon enfant, de travailler pour payer ses études. C'est du manque de considération que de ne pas partir de la vie réelle des Français, de leur vie quotidienne, et de poser des propositions et des actions qui leur facilitent la vie. C'est du manque de considération que de les mépriser, que de considérer qu'il y aurait des premiers de cordée, et tous les autres n'existeraient pas, que certains ne seraient rien, et que d'autres seraient tout.
C'est l'axe de votre candidature. Oui, absolument. Anne Hidalgo, je vais revenir sur certaines mesures. J'ai lu votre livre. Vous aviez deux ans lorsque vos parents ont pris la route de l'exil, ont quitté l'Espagne pour la France. Votre père Antonio, installé en France, aimait qu'on l'appelle Antoine. Oui. Éric Zemmour aurait-il raison ?
Non, surtout pas. Et j'ai vraiment envie de dire aujourd'hui à tous les enfants, à tous les gens qui sont insultés, qui se sentent insultés par ce que vient de dire Éric Zemmour, qu'ils soient fiers de leurs origines, qu'ils soient fiers de leurs noms et de leurs prénoms. Et qu'en fait, on peut avoir un attachement inouï pour la France, qui est, pour moi par exemple, qui a été mon pays d'accueil et qui est mon pays, et en même temps, avoir une culture qui vous relie à d'autres pays, à d'autres racines, et que les deux sont compatibles. Les deux sont compatibles.
Donc, mon père aimait aussi qu'on l'appelle Antonio et Antoine, parce qu'en fait, quand il était en France, c'était Antoine, et quand il était en Espagne, on l'appelait Antonio. Mais il était viscéralement attaché à ce pays.
Est-ce que vous pensez que Zemmour est raciste ?
Oui, je pense, bien sûr. Il est raciste ? Oui, écoutez, ça fait très longtemps qu'on l'entend, tenir des propos absolument indécents, qui ne font que cliver encore plus, faire des différences entre les Français selon leurs origines. Vous savez, la France, c'est un pays incroyable, extraordinaire, qui doit aussi sa force à cette capacité qu'a eue la France, et la République en particulier, d'intégrer toutes ces cultures, toutes ces origines, pour n'en faire qu'une, et de vivre la francophonie. C'est ça aussi, j'en parle beaucoup dans mon livre. Le français est une langue aussi qui permet à d'autres langues maternelles d'exister. Et ça, c'est la force de la France.
Ça veut dire quoi ?
Éric Zemmour est quelqu'un de très crispé sur la question des identités. Je pense qu'il doit être très malheureux. Je ne suis pas sûre qu'il fasse, dans cette présidentielle, avancer les sujets sur lesquels les Français attendent des réponses. Je pense aux questions économiques, je pense aux questions sociales, et je pense notamment à l'écologie.
Le débat est ouvert entre les défenseurs, comme lui, de l'identité éternelle, et ceux d'une France universelle.
Je dirais de l'identité étriquée, et qui n'est pas réelle. La France, aujourd'hui, c'est un pays... Il est ouvert sur le monde aussi.
Vous dites, on est Français, parce que l'on se reconnaît d'abord comme citoyen. J'ai lu ça dans votre livre, c'est un passage très important. Croyez-vous que dans des quartiers gangrénés par le chômage, gangrénés par la drogue, par la violence, on pense à sa citoyenneté ? Croyez-vous que dans ces quartiers, on pense à la France ? Quand on vit dans une famille où le père et la mère sont au chômage, où l'on n'arrive pas à finir les fins de mois, vous croyez qu'on pense à la citoyenneté, à la France ?
Vous avez parfaitement raison. Et ce que je dis, c'est que la promesse républicaine, cette promesse républicaine d'égalité, aujourd'hui, elle n'existe plus. C'est en cela aussi que beaucoup de Français se sentent méprisés et oubliés, et ont soit de la colère, soit beaucoup de tristesse. Bien sûr qu'on ne peut pas simplement en rester à une affirmation des valeurs de la République. Pour que ces valeurs vivent, il faut faire quoi ? Eh bien, il faut réparer tous les fondamentaux et remettre les socles. Le premier socle, c'est l'école. L'école, aujourd'hui, ne permet plus, ne permet plus aux enfants.
J'arriverai en France, aujourd'hui, à l'âge de deux ans, avec l'histoire qui était la mienne, je sais que je n'aurai pas l'itinéraire et la trajectoire que j'ai pu avoir. Grâce à l'école républicaine, grâce à mes parents, mais grâce à l'école républicaine. À Vez, à la Duchère,
il y avait 60 nationalités.
Absolument, et déjà, à l'époque, vous savez, l'école jouait son rôle. L'école jouait son rôle, elle pouvait le jouer, et j'ai eu la chance d'avoir des professeurs, des instituteurs qui ont perçu qu'il y avait pour moi et pour ma sœur ce chemin possible vers une réussite grâce à l'école, et j'ai pu faire comme ça des études supérieures. Aujourd'hui, c'est très compliqué. On demande à l'école de tout gérer et on n'a pas accompagné. Et notamment, accompagné déjà les enseignants. Pour que les enseignants soient reconnus, il faut reconnaître aussi leur rapport à la société et donc mieux les payer.
C'est là que vous réaffirmez votre volonté de doubler le salaire des enseignants. Mais c'est possible ou pas ?
Vous maintenez cela ?
Si je suis élu président de la République, je doublerai le salaire des enseignants.
D'abord, ce que je dis dans mon livre, mais je vais vous répondre très précisément, oui, il faudra doubler le salaire des enseignants. Sur combien de temps ? Sur un quinquennat ? Sur un quinquennat. Et ce que je dis aussi dans mon livre, c'est à tout le moins, il va falloir commencer par aligner le salaire des enseignants qui démarrent grosso modo à Bac plus 5 sur le salaire des Bac plus 5 du pays. Vous savez, aujourd'hui, un enseignant qui va rentrer, je ne parle pas des stagiaires, il va démarrer avec un salaire net de 1798 euros par mois. D'accord ? Un jeune qui va être Bac plus 5, qui va rentrer comme cadre dans la vie active, lui, va démarrer autour de 2003-2400 euros par mois.
À tout le moins, il faut aligner. Vous savez, on ne peut pas dire aux enseignants, vous vous occupez de ce qu'il y a de plus important pour nous, de la prunelle de nos yeux et de l'avenir du pays, à savoir nos enfants, et en même temps les traiter de cette façon. Donc, il y a un chemin. Il y a un chemin sur lequel on est en train de travailler. Il y a plusieurs scénarii, d'ailleurs, pour arriver à ces augmentations et dans la discussion avec les syndicats, bien sûr.
Mais alors, avec les syndicats, bien sûr, vous faites une comparaison avec l'Allemagne. Oui. Très bien. C'est vrai que les enseignants en Allemagne sont bien mieux payés. Deux fois plus. Mais quelles sont les différences ?
Vous savez, vous allez me parler... Combien de semaines de vacances ? Oui, bien sûr, mais ce n'est pas ça qui... Non, mais si, mais ça... Non, vous savez, je pense que...
10 semaines de vacances en Allemagne, 15 semaines en France. Oui. Les enseignants allemands partent à 64 ans.
Oui.
Et bientôt 65 ans. Il y a une discussion à avoir
sur la façon dont s'organisent...
28 heures de cours par semaine pour les enseignants allemands. Ben oui, ils sont mieux payés, mais ils travaillent plus.
C'est le cas aussi en France pour beaucoup de nos enseignants. Non, vous savez, je ne vais pas comparer en disant les Allemands travaillent plus. Non, mais vous comparez les salaires. Oui, il y a beaucoup d'études sur les productivités comparées sur les temps de travail et on peut leur faire dire tout ce qu'on veut. Moi, ce que je constate, c'est qu'en France, on est dans les plus mal payés de tous les pays de l'OCDE en ce qui concerne notamment les enseignants. Qu'il faut, bien sûr, ce n'est pas le seul sujet. Non. Bien sûr qu'à partir de cette rémunération et cette valorisation des enseignants, il faut avec eux travailler sur comment s'organisent les cours.
Par exemple, en Allemagne, vous avez des cours le matin et des activités sportives et culturelles l'après-midi. Vous avez d'autres types. Il y a des équipements en Allemagne. Et il y a des équipements. En France, il y a aussi des équipements. En Paris, c'est bien difficile. Grâce aux communes, vous avez des équipements. Donc, il y a bien sûr cette réflexion à avoir sur comment remettre ce socle, ce fondement qui fait que dans les quartiers à la Duchère ou ailleurs, à Vendeuve, où j'étais récemment, il y a cette promesse républicaine qui est respectée. Ça commence par l'école. Et moi, je veux faire de l'école la priorité de ce quinquennat et du quinquennat qui vient.
L'école et l'écologie. Bien sûr. Tiens, à propos d'écologie, j'ai une question simplement. Si vous êtes présidente de la République, est-ce que la vitesse sur autoroute passera à 110 km heure ?
Je pense que ce n'est pas une décision à prendre au niveau national. Vous voyez, le jupitérisme nous a conduits à dire qu'il faut régler chaque détail de la vie des Français depuis très très haut. Je pense que ce sont des décisions qui doivent se prendre, bien sûr, en concertation et en discussion avec le gouvernement, avec les autorités nationales, mais que ce sont aussi des discussions qui doivent se faire localement. Je suis personnellement pour la baisse de la vitesse. 130 km heure, c'est beaucoup.
100 g sur le lieu de 130. Vous êtes favorable.
Je ne vais pas vous dire que je suis favorable. Je suis favorable à ce qu'il y ait surtout moins d'accidents. D'accord. Tout le monde est d'accord. Mais après, il faut trouver les moyens. Ce que je vous dis, c'est que la méthode pour décider de cela, ce n'est pas dans un bureau ou à l'Elysée ou à Bercy ou je ne sais où que se prend la décision de façon unilatérale, tout seul, pour s'imposer à tout le monde. Il faut de la concertation et de la discussion. Vous êtes favorable
à 110 km sur autoroute. Oui, à baisser la vitesse.
Je suis favorable d'une façon générale à ce qu'on baisse la vitesse parce que la vitesse égale accident. Et ensuite, je suis pour qu'il y ait une méthode qui ne soit pas la méthode où on décide d'en haut. On a vu ce que ça produisait ces dernières années.
Si vous êtes élu président de la République, vous vous installez à l'Elysée ? Pas sûr ? J'ai vu ça dans votre livre ?
Je n'en parle pas, mais je pense que d'abord, le président et la présidente de la République, je l'espère, doit vraiment être à sa tâche jour et nuit et qu'il faut bien sûr avoir autour de soi les équipes pour pouvoir aussi travailler jour et nuit. Je pense que c'est... Vous savez, je crois que le pouvoir peut totalement isoler et on le voit très bien avec ce qui s'est passé ces cinq dernières années. Le pouvoir, surtout le pouvoir présidentiel, peut isoler et il faut garder un lien avec les Françaises et les Français.
Dans mon idée, la gouvernance de notre pays, la présidence de notre pays ne peut pas être un homme seul décide pour tout le monde en écartant tous les corps intermédiaires, tous les élus de ce pays et en allant les chercher uniquement quand ça va mal. On l'a vu au moment des Gilets jaunes.
Donc, je finis juste sur la méthode, je travaillerai parce qu'il y aura une décentralisation, on ira au bout de la décentralisation de notre pays, je travaillerai avec l'ensemble des élus, les régions, les présidents de métropoles, les départements pour qu'il y ait vraiment ce partage, pour qu'il y ait vraiment une présence dans les décisions de notre pays de tous ces pouvoirs locaux qu'on a tellement que ce pouvoir-là a tellement méprisé. Mais première mesure, il y a en France un problème de salaire, un problème de salaire sur les classes moyennes et sur les catégories populaires, on le sait.
Aujourd'hui, les classes moyennes décrochent parce que le logement est devenu beaucoup trop cher, parce que la santé, l'école, et notamment les études des enfants, ça devient prohibitif. et donc j'engagerai avec les syndicats au niveau interprofessionnel et au niveau des branches des grandes négociations salariales pour remettre les Français dans une situation où ils puissent vivre dignement de leur travail. Ça, ça sera ma première mesure.
Quelles sont les salaires ? Bien sûr. Sera votre première décision ?
Première décision et à partir de négociations, évidemment, parce que j'applique à la question des salaires, ce que j'applique sur le reste, c'est de la discussion, de la négociation, de la concertation et que l'ensemble des Français s'impliquent dans leur avenir.
J'ai lu le livre de Serge Raffi aussi qui vous est consacré. Il vous surnomme Miss Titane. Ça veut dire ? Je ne suis pas sûre,
mais bon.
Dites-moi, à Rouen, le féminisme, à Rouen, le maire qui vous soutient veut remplacer la statue de Napoléon par celle de Gisèle Halimi. Vous trouvez que c'est une bonne idée ?
D'abord, il est maire, c'est lui qui décide avec les citoyens. Il m'en avait parlé. Je trouve que c'est une très bonne idée de remettre des figures féminines, féministes pour Gisèle Halimi. Moi, je n'ai pas fait le choix de... Féminiser les statues ? Si, si, de féminiser l'espace public ? Oui, parce que quand on est arrivé en 2001 à Paris, l'équipe autour de Bertrand Delannoy, je m'occupais de ces sujets d'égalité femmes-hommes. Il y avait 2,5% de noms de rues qui étaient donnés à des femmes. Aujourd'hui, on est à plus de 14%. On continue parce que c'est un travail très important que de donner aux femmes la visibilité qu'elles ont eue dans notre histoire. Alors,
justement, il y a aussi un autre débat dans les pays anglo-saxons, Etats-Unis, Grande-Bretagne, sur la musique classique. Est-ce qu'elle est intrinsèquement raciste, cette musique classique ?
Vous savez, moi, je ne rentre pas dans ces sujets-là. Pardon, c'est du grand n'importe quoi. Voilà, je pense que l'art, la culture... On ne remplace pas
les musiciens blancs par des musiciens d'origine ethnique différente, diverses.
Le propre de l'art, c'est la liberté. C'est la capacité à créer de façon libre à partir de ce qui vous a, pour l'artiste, influencé, de ce qui vous construit, de ce que sont aussi vos propres fractures. Et cette liberté-là, il ne faut pas venir la corseter par des principes et des vérités énoncées sur ce que serait tel ou tel style. Donc, voilà, ce sont des âneries. Deux choses encore. Et ce ne sont pas les seules.
Les Jeux Olympiques 2024, vous avez vu que la Cour administrative d'appel de Paris a suspendu le permis de construire à Aubervilliers de la piscine d'entraînement pour les Jeux. Oui,
mais vous savez, d'abord, ce projet-là d'Aubervilliers, c'est un projet porté par la municipalité, l'ancienne maire, la nouvelle maire d'Aubervilliers, qui, en fait, bien sûr, s'inscrit dans un héritage que la maire d'Aubervilliers a voulu pour sa ville, qu'elle a voulu pour sa ville en ce qui concerne un plan nager en Seine-Saint-Denis, mais qui n'est pas du tout une demande au titre des Jeux Olympiques. Donc, moi, je laisse les habitants d'Aubervilliers et la justice se débrouiller sur un sujet qui les concerne, mais qui n'est pas directement lié aux Jeux Olympiques.
Alors, dernière question, et là, ça concerne Paris, les grands boulevards, les salles de chou, vous avez vu l'inquiétude des riverains, combien de salles de chou, j'aime pas trop, mais de salles où on accueillerait des drogués, on traiterait, on les aiderait médicalement, combien seront ouvertes à Paris ?
D'abord, vous savez, on ne réglera pas le problème de la drogue si on ne met pas en place des lieux qui sont des lieux de soins qui ressemblent plus à un hôpital qu'à autre chose pour accompagner les personnes pour sortir de la toxicomanie et de la dépendance. Et je suis très contente que finalement, le gouvernement ait accepté de bouger sur sa position et de dire que oui, il faut cette politique de soins. Deuxièmement, puisque vous me posez la question, je vais vous dire, ce qui ne va pas du tout aujourd'hui, c'est quand le ministère de l'Intérieur, quand le préfet de police de Paris ne jouent pas leur rôle, quand ils abandonnent.
Alors, ils sont contre, mais le Premier ministre a dit qu'il n'était pas d'accord avec eux et plutôt avec moi, ça c'est réglé. Mais ce qui ne va pas, c'est lorsqu'il laisse des quartiers entiers, je pense à la rue Riquet, j'y serai ce soir, je pense à la rue Riquet où il y a là un énorme espace de deal, un marché de la drogue et du krach aux yeux de tout le monde avec un préfet de police qui regarde, qui n'intervient pas. Anne Hidalgo, combien de salles seront ouvertes ? Je termine là-dessus parce que vous savez, s'il n'y a pas la sécurité, c'est très difficile aussi de convaincre la population qu'il faut quand même aider ces populations qui sont en grande difficulté.
Donc, ce que je dis aujourd'hui et je dis au ministre de l'Intérieur puisque je n'arrive pas à obtenir du préfet de police qui joue son rôle de préfet de police, je dis que je veux qu'on règle ce problème aussi. Combien de salles
seront ouvertes ?
Avec moi, avec la population, notamment rue Riquet, pour faire cesser ce grand marché du vie. Combien de salles seront ouvertes ? Combien de salles seront ouvertes ? Très vite, il est 55. On a aujourd'hui, par exemple, 8 lieux qui existent déjà dans le 18e arrondissement qui vont être adaptés et qui d'ailleurs ne posent aucun problème. On est en train de chercher d'autres lieux mais je cherche aussi à proximité des hôpitaux et j'ai demandé aux hôpitaux de Paris de nous aider parce que je pense que lorsque ça se situe dans des hôpitaux, puisque ce sont des lieux de soins, c'est sans doute plus acceptable. Donc, on verra combien il n'y a pas un chiffre arrêté.
Il faut être pragmatique et il faut trouver ces solutions mais régler le problème de sécurité et ça, j'en appelle au ministre de l'Intérieur.
Merci à vous d'être venue nous voir à RMC BFM TV.
Anne Hidalgo