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interviewÉlysée· 31 mai 2025 45 min

Visite d’État à Singapour : discours du Président Emmanuel Macron au Dialogue du Shangri-La.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Merci, M. le Président, pour ces mots d'introduction. Messieurs les Présidents, M. le Premier ministre, cher Laurence, Mesdames et Messieurs les ministres et les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs, avant toute chose, permettez-moi de remercier le Premier ministre de Singapour pour son hospitalité et son attachement au partenariat stratégique avec la France. Et je vous remercie de m'avoir donné cette occasion de prendre la parole à l'occasion de ce forum essentiel pour la sécurité en Asie et au-delà.

0:42
Emmanuel Macron

Et je dois dire que l'invitation m'a été adressée

0:49
Présentateur

par votre prédécesseur en 2018, le Président Premier ministre. Et je dois dire que ce soir, je dois admettre que je n'aurais peut-être pas dû attendre. Car il aurait été sans doute beaucoup plus facile de prendre la parole en 2019 sur tous ces sujets. Néanmoins, je suis là, ici présent devant vous, et je vais essayer de partager avec vous mes convictions. Tout d'abord, pour vous dire pourquoi je suis tellement engagée en faveur de cette région et pourquoi la France a quelque chose à dire. Eh bien, ce que l'on oublie souvent, c'est que la France est un acteur de l'Indo-Pacifique.

Nous avons des territoires dans la région, de l'île de la Réunion, Mayotte, Wallis et Futuna, la Nouvelle-Calédonie, la Polynosie française et d'autres territoires. Donc plus d'un million de citoyens français vivent dans cette région. Nous avons plus de 8 000 soldats déployés en permanence sur nos bases militaires. Nous avons des bases permanentes au demeurant dans certains pays partenaires. Et nous participons à de nombreux exercices communs depuis un certain nombre d'années avec plusieurs pays, y compris ici même, à Singapour, lors de la visite récente de notre porte-avions.

Et puis, bien sûr, nous sommes aussi un pays européen et j'y reviendrai à différentes occasions dans ma présentation. J'évoquerai cette nouvelle relation spéciale qu'il nous faut considérer, envisager, entre l'Europe et la région Indo-Pacifique, entre l'Europe et l'Asie, également. Alors nous vivons clairement une époque de crise multiple et ceci doit générer de nouvelles incitations à coopérer et peut-être à inventer de nouvelles formes de coopération également. Et j'aimerais d'abord essayer d'expliquer un concept très important à mes yeux pour ouvrir cette discussion, qui est le fait qu'il nous faut être très attentifs quand il s'agit des doubles standards pour notre action.

Tout d'abord, j'aimerais revenir à l'intérêt commun que nous avons entre l'Europe et l'Asie en ce concept d'autonomie stratégique, partager des piliers clés de ce nouveau partenariat entre l'Europe et l'Asie.

3:22
Emmanuel Macron

Mais tout d'abord, permettez-moi de commencer avec l'importance qu'il y a à ne pas accepter

3:35
Présentateur

les doubles standards dans l'environnement actuel. Alors certes, nous vivons dans ce monde de crises multiples et le risque important est d'observer ces crises à nos frontières et d'en oublier nos principes, d'oublier que toutes ces crises,

3:53
Invité

toutes ces guerres sont interconnectées.

3:57
Présentateur

Et je le dis dans un pays, et j'aimerais vous féliciter, M. le Premier ministre et vos prédécesseurs,

4:04
Emmanuel Macron

un pays dans lequel la guerre en Ukraine

4:08
Présentateur

n'a jamais été perçue comme un problème européen. Dès le début, vous avez assumé vos responsabilités, vous avez été très clairs. Mais les risques de doubles standards sont nombreux dans notre environnement. En Ukraine, tout d'abord, pour de nombreux pays, que ce soit en Afrique, en Ukraine, ici même, en Asie, j'entends ces discours. Et la plupart du temps, ce que l'on partage, c'est une espèce d'approche équidistante entre l'Ukraine et la Russie. Il s'agirait d'un conflit européen auquel nous accorderions trop de temps, trop d'énergie, et ceci engendrerait trop de conséquences pour le reste du monde.

Alors, permettez-moi de vous dire que c'est une erreur absolue parce que si nous considérons que la Russie peut être autorisée à prendre une partie du territoire de l'Ukraine sans aucune restriction, sans contrainte, sans réaction de l'ordre international, eh bien, comment ensuite qualifier ce qui se passerait à Taïwan ? Que feriez-vous si quelque chose se passait aux Philippines ? Il n'y a pas d'ordre internationaux différent, par définition. Si cela s'applique à l'Europe, cela s'applique ailleurs.

Donc l'enjeu en Ukraine, c'est notre crédibilité commune afin d'être sûrs que nous soyons toujours en mesure de préserver l'intégrité territoriale et la souveraineté des peuples, pas de double standard. En même temps, j'entends la voix, les voix dans cette région, ainsi qu'en Afrique, dans le Golfe, ailleurs. Quant au double standard à Gaza, nombreuses de ceux qui disent que les Européens, les Américains, sont de facto... ont donné un blanc-seing à Israël et c'est un grand risque. C'est la raison pour laquelle nous avons évidemment condamné les attaques terroristes et du Hamas.

Nous avons travaillé dur avec des partenaires essentiels et je remercie ceux présents ici pour obtenir la libération d'otages. Nous avons soutenu les initiatives en faveur d'un cessez-le-feu et je remercie les États-Unis d'Amérique, l'Égypte, la Jordanie, le Qatar pour leurs efforts en ce sens. Mais nous pensons clairement que nous avons besoin d'un cessez-le-feu. L'urgence, c'est une aide humanitaire.

6:43
Emmanuel Macron

Il nous faut travailler ardemment

6:47
Présentateur

à la reconnaissance d'un État palestinien et à une reconnaissance mutuelle pour créer une forte architecture de sécurité dans la région. Et puis nous pourrons y revenir dans notre échange à l'occasion des questions-réponses. C'est la seule façon de ne pas laisser le terrain à ceux qui vivent avec des doubles standards. Si nous abandonnons Gaza, si nous laissons la main à Israël, même en condamnant les attaques terroristes, nous détruisons notre propre crédibilité dans le reste du monde.

C'est la raison pour laquelle nous rejetons absolument les doubles standards et c'est la raison pour laquelle je pense que dans l'environnement actuel, il est très important que nous soyons cohérents et que nous suivions nos principes, nos règles et que nous considérions que l'enjeu est clairement celui de l'ordre international et il s'agit de notre crédibilité, notre aptitude à protéger cet ordre international. Alors ceci étant dit, je crois que le risque des doubles standards est également celui d'abandonner totalement nos programmes en faveur de la...

7:53
Emmanuel Macron

d'un développement durable

7:56
Présentateur

et de la santé. Alors je sais qu'ici, nous sommes en présence de nombreux ministres de la Défense, mais tout est lié. Et d'ailleurs, nous avons récemment expérimenté l'impact, les conséquences sécuritaires d'une pandémie qui peut tout à fait changer la face du monde. Donc il y aura des doubles standards si nous, les pays riches, nous n'investissons plus à long terme dans le climat, la biodiversité, la santé, car c'est le nouveau lien, car ceci pourrait engendrer de nouvelles crises, y compris en matière de sécurité, et parce que c'est destructeur de notre crédibilité vis-à-vis du Sud. C'est la meilleure façon

8:35
Emmanuel Macron

d'ouvrir la porte

8:38
Présentateur

à une immense fracture dans notre monde. Alors, ceci étant dit, le rejet des doubles standards dans tous ces domaines ne signifie pas que tout soit équivalent. Et j'insiste, parce que je pense que le risque principal aujourd'hui est celui d'une division, notamment entre les deux superpuissances et l'instruction qui serait donnée à tous les autres. Choisissez un camp ou l'autre. Si nous faisons cela, nous détruirons l'ordre international et nous détruirons méthodiquement toutes les institutions créées après la Deuxième Guerre mondiale, afin de préserver la paix et de permettre la coopération sur la santé, le climat, les droits de l'homme, etc.

Or, nous en avons besoin, probablement plus encore que par le passé. C'est la raison pour laquelle je pense que la question est de savoir comment préserver la paix, la stabilité et la prospérité dans l'environnement actuel. Et lorsque la compétition entre la Chine et les Etats-Unis pour le leadership mondial peut entraîner des conséquences pour nous tous, nous n'envisageons pas, évidemment, choisir un camp ou l'autre, ou encore moins que nos intérêts soient entre les mains de l'un ou de l'autre.

Alors, permettez-moi d'être clair, la France est un ami, un allié des Etats-Unis et un ami, et nous coopérons avec la Chine, avec laquelle pourtant nous sommes aussi en compétition et parfois en désaccord. Et j'ai bel et bien l'intention qu'il en reste, qu'il en soit ainsi, à l'avenir encore, avec loyauté, avec notre propre approche et défense de nos intérêts. La France est pour autant très attachée à son intérêt, la liberté de la souveraineté, son autonomie stratégique, et nous défendons absolument cette approche pour l'Europe et pour l'Indo-Pacifique. Cela signifie que nous souhaitons coopérer, mais nous ne voulons pas être dépendants.

Nous voulons coopérer, mais nous ne voulons pas recevoir des instructions au quotidien que l'on nous dise ce qui est autorisé, ce qui ne l'est pas, et que notre vie, nos vies dépendent et changent en fonction des décisions d'une seule personne. L'engagement de la France fait partie d'un engagement à long terme. Il s'agit de faire entendre notre voix fidèle à l'indépendance des peuples, comme l'a dit le général de Gaulle en 1966 à l'occasion d'un discours prononcé à Phnom Penh, et cette idée reste la boussole de la France et nous continuerons à être une force de paix, de paix et d'équilibre.

Ceci étant dit, je pense tout à fait que l'Europe et l'Asie, c'est mon deuxième point, ont un intérêt commun à l'heure actuelle, un intérêt commun à suivre cette ligne d'autonomie stratégique. Premièrement, parce que nous sommes confrontés au même défi. Le défi que nous posent les pays révisionnistes qui, au nom des sphères d'influence, essaient de nous imposer des sphères de coercition, des pays qui essaient de contrôler des zones, des portes de l'Europe jusqu'aux archipels de la mer de Chine, meridionale, à l'exclusion des partenaires régionaux, en ignorant le droit international.

Des pays qui souhaitent s'approprier des ressources, qu'il s'agisse des ressources de pêche ou de minéraux, au détriment des autres, des pays qui veulent imposer à des pays libres leur choix de politique étrangère ou porter atteinte à leurs atteintes. Il n'y a pas de place pour de telles solutions. Deuxièmement, le défi du terrorisme et des reproches mutuelles habituels, le défi de la terreur et des reproches mutuelles habituels qui restent extrêmement présents, comme nous l'avons vu récemment. Et ce qui est alarmant, c'est que certains pays sont de plus en plus tentés de recourir à la force, y compris des pays extrêmement armés.

12:55
Invité

Troisièmement,

12:57
Présentateur

nous vivons à une époque où les alliances anciennes sont soumises à risque d'érosion, des alliances qui, jusque-là, apportaient un équilibre et ont été essentiels au maintien de la stabilité en Europe et en Asie. Et ce sentiment que leurs promesses ne seraient plus certaines apporte une nouvelle instabilité. Nous le constatons quotidiennement. Et la crédibilité de ces alliands qui restent à confirmer est essentielle à la stabilité. Quatrièmement,

13:40
Emmanuel Macron

l'interprète n'entend plus. Le travail entrepris

13:52
Présentateur

par les Etats-Unis d'Amérique en Iran est essentiel et c'est la raison pour laquelle les E3 veulent être des partenaires stables pour éviter tout développement supplémentaire d'armes nucléaires en Iran, pour éviter également un effet domino avec une prolifération ailleurs. La situation est très volatile également en Europe. L'Ukraine a renoncé à l'arme nucléaire en 1991.

14:25
Emmanuel Macron

Alors,

14:29
Présentateur

c'est précisément

14:30
Emmanuel Macron

le pays qui a été envahi

14:34
Présentateur

par la Russie.

14:35
Emmanuel Macron

Comment ne pas réfléchir ?

14:37
Présentateur

Voyons également que la Corée du Nord développe un arsenal nucléaire massif, sans restriction de la part de la Chine, entre dans une alliance avec la Russie.

14:48
Emmanuel Macron

comment réagir ?

14:55
Présentateur

En particulier, lorsque, bien entendu, les dirigeants doivent avant tout à leur peuple de garantir leur sécurité. Comment, en Europe et en Asie, des pays de taille moyenne confrontés à des nations agressives doivent-elles s'assurer qu'elles ne devront pas choisir entre se rendre ou vivre dans la peur ? Les défis sont de plus en plus imbriqués. Imbriqués parce que, lorsque vous observez

15:23
Emmanuel Macron

la situation au cours des dernières années,

15:27
Présentateur

je n'étais pas en faveur de... favorable à ce que l'OTAN jouait un rôle en Asie parce que, pour moi, le N dans l'OTAN signifie Atlantique Nord et parce que je pensais qu'il ne... je ne crois pas qu'il faille se laisser entraîner dans la rivalité stratégique d'un autre. Néanmoins, de fait, la Corée du Nord est aux côtés de la Russie sur le sol européen. C'est une question qui nous est posée à tous. Et de même, si la Chine ne veut pas que l'OTAN s'implique en Asie ou en Asie du Sud-Est, eh bien, elle devrait faire en sorte que la République nord-coréenne ne soit pas active en Europe. Et la France et les pays d'Asie sont également confrontés à une question d'échelle en matière de technologie.

Or, les défis sont imbriqués parce que nous sommes confrontés aux mêmes réalités. que nous parlions d'intelligence artificielle ou de l'espace, eh bien, l'échelle est essentielle. Et la Première Nation ou les Premières Nations qui atteindront une certaine échelle auront manifestement un avantage compétitif. d'où l'intérêt d'avoir des partenariats, en particulier comme celui que nous avons avec Singapour, car nos sorts sont clairement liés. Il y a une autre course que nous ne devons pas nous permettre de perdre, c'est celle des guerres hybrides.

Avec la désinformation, les attaques cyber, il y a clairement des tentatives de saper nos démocraties, la cohésion sociale et parfois notre intégrité territoriale, le tout avec des objectifs géopolitiques. C'est la même chose, clairement, ici et en Europe. d'une façon plus générale,

17:10
Emmanuel Macron

s'agissant de confrontations

17:14
Présentateur

à venir, il faut que nous soyons armés avec les outils de demain.

17:19
Emmanuel Macron

Et soyons clairs,

17:23
Présentateur

à la fois l'ASEAN et l'Europe subissent les conséquences de l'imprévisibilité de cette nouvelle approche des droits de douane et du questionnement de l'ordre international, l'ordre du commerce mondial. et de fait,

17:47
Emmanuel Macron

il nous faut réagir.

17:49
Présentateur

Tous ces défis illustrent parfaitement le fait que nous vivons à une époque à laquelle ce que nous devons faire est d'affronter ces défis et tenir compte du fait que l'Europe et l'Asie, l'ASEAN notamment, sont beaucoup plus imbriqués. Alors maintenant, comment agir concrètement pour mettre en oeuvre cet agenda d'autonomie stratégique ? C'est un défi pour l'Europe, pour votre région, et c'est donc un défi commun, car c'est la seule façon de préserver la liberté, la sécurité et la prospérité. Alors l'Europe, tout d'abord. Nous ne pouvons surestimer

18:30
Emmanuel Macron

les conséquences

18:34
Présentateur

de l'agression russe. Pendant des années, j'ai plaidé en faveur d'une plus grande autonomie stratégique et indépendance pour notre Europe. Reconnaissons-le, il y avait des doutes il y a quelques années, mais en mars 2022, l'Union européenne a clairement pris la décision

18:52
Invité

d'un programme

18:55
Présentateur

d'autonomie stratégique. Et nous avons la décision en matière de sécurité, défense, énergie, tous les domaines, nous avons décidé de réduire nos dépendances et de dérisquer notre modèle. C'est absolument essentiel dans l'environnement actuel. Et au cours des derniers mois, sur la base du travail entrepris, notamment avec le Premier ministre britannique, la coalition des affinités avec le chancelier allemand, le Premier ministre polonais et un certain nombre d'autres pays européens et d'autres, nous avons construit cette coalition des affinités à propos de la guerre russe en Ukraine.

Et le message est très clair, nous travaillerons ensemble jusqu'au bout pour offrir à l'Ukraine des garanties de sécurité, pour construire une paix robuste dans cette région du monde et pour réinvestir le domaine de notre propre défense et sécurité, car la Russie restera une menace existentielle pour nous. C'est la deuxième piqûre de rappel depuis 2022. Et ce que nous faisons, c'est que nous augmentons de 3 à 5 % nos dépenses en matière de défense.

20:14
Invité

Peut-être ou sans doute

20:17
Présentateur

irons-nous plus loin et plus vite, mais telle est la volonté des Européens de construire leur indépendance en termes de défense et de sécurité. Et c'est cohérent avec la demande, la juste demande des Etats-Unis d'Amérique qui nous demandent d'assumer une plus grande part de notre propre sécurité. Nous ne pouvons plus nous permettre, les Etats-Unis nous disent, d'investir autant dans votre sécurité. et puis nous voyons le rôle des Etats-Unis sur le flanc est de l'Europe. Donc nous avons besoin que les Européens soient plus indépendants,

20:58
Emmanuel Macron

qu'ils construisent

21:00
Présentateur

leurs propres capacités,

21:01
Emmanuel Macron

qu'ils développent

21:03
Présentateur

leurs propres industries

21:04
Emmanuel Macron

et travaillent volontairement

21:08
Présentateur

avec les Etats-Unis, avec des partenaires ici dans la région, sans dépendre de qui que ce soit, en particulier pour notre propre sécurité. Voilà. Donc quel est notre programme, celui de l'autonomie stratégique ? En parallèle, c'est ce que nous souhaitons en matière d'AI, technologie, industrie. Nous voulons augmenter notre stratégie autonomie, notre autonomie stratégique. Alors il va falloir beaucoup investir, bien sûr, et également une Europe beaucoup plus compétitive. Et c'est la raison pour laquelle je fais un lien entre ces deux programmes, ces deux agendas. C'est une urgence. Il y a urgence à accélérer l'agenda de compétitivité de l'Union européenne.

C'est la seule façon de parvenir à nos fins et d'avoir un agenda de sécurité et d'autonomie stratégique crédible. Il nous faut parfois amender nos réglementations afin qu'elles soient plus attractives. Il faut accélérer la construction de nouveaux marchés uniques en matière de capitaux et finances, avec notamment des financements privés, être plus efficaces, beaucoup plus efficaces en matière d'énergie et de télécom. Deuxièmement, il nous faut construire de nouveaux partenariats.

22:19
Emmanuel Macron

Cela fait partie

22:22
Présentateur

de cette autonomie stratégique. Et sur la base de l'évaluation qui a été faite par l'Europe, par l'Asie, nous voyons quels sont les défis communs et nous voulons travailler plus encore ensemble à cet agenda commun. En 2018, la France a présenté sa stratégie indo-pacifique. Et sur la base de notre aptitude à proposer une troisième voie. Vous êtes nombreux à être préoccupés par le liberté

22:50
Emmanuel Macron

de la sovérance.

22:52
Présentateur

C'est question de liberté, souveraineté, liberté de navigation, respect de votre souveraineté, etc. Et pour de justes raisons, nous partageons votre point de vue. Mais nous ne voulons pas avoir une attitude de confrontation avec la Chine. Nous partageons la même approche avec de nombreux pays ici présents. Et tout ceci est au cœur de notre stratégie indo-pacifique. La question est de savoir comment préserver un environnement ouvert, un ordre reposant sur des règles dans la région. Et nous voulons pour cela être un partenaire fiable. C'est ce qui est au cœur des accords bilatéraux que nous avons avec Singapour. Et c'est exactement ce que nous avons fait ces dernières années.

Les capacités communes, les exercices militaires communs, plus de programmes communs, etc., etc., de réduire le risque, pas de confrontation, mais clairement une stratégie automatique, une stratégie, une autonomie stratégique dans l'Indo-Pacifique. Nous produirons une nouvelle version de cette stratégie dans les semaines à venir. Et nous avons étendu nos travaux à l'échelle européenne car

24:05
Emmanuel Macron

une stratégie équivalente

24:11
Présentateur

a été adoptée par l'Union européenne pour l'Indo-Pacifique et l'engagement est le même. Et clairement, nous voulons aller faire plus, en particulier avec l'Inde, les pays asiatiques et les membres également du partenariat transpacifique. Pour moi, cette nouvelle approche est fondamentale. Nous en avons parlé hier avec le Premier ministre et avec de nombreux pays qui s'est présents. Si nous unissons nos forces, nos représentants, un tiers de la croissance mondiale et plus encore en termes de commerce, nous avons de nombreux acteurs crédibles, dont certains qui ont des capacités de dissuasion, alors travaillons ensemble sur ce programme d'autonomie stratégique.

Travaillons ensemble de façon ouverte, sincère, agissant avec tous ceux disponibles à cette fin, mais sur la défense, la sécurité et toutes les clés de nos chaînes de valeurs afin de réduire les risques au sein de notre modèle.

25:11
Invité

Travaillons en faveur également

25:14
Présentateur

d'une coopération commerciale, de nouveaux accords commerciaux, parce que si, entre l'Union européenne

25:20
Emmanuel Macron

et les pays du partenariat

25:26
Présentateur

transpacifique, nous avions un tel accord, ce serait extrêmement puissant pour le reste du monde.

25:31
Emmanuel Macron

Troisièmement,

25:35
Présentateur

après avoir parlé de l'Europe, de l'alliance entre l'Europe et cette région, alors que faire ensemble de nouvelles coalitions, de nouveaux accords,

25:48
Emmanuel Macron

et comment lancer à nouveau

25:53
Présentateur

un ordre international nouveau ?

25:59
Emmanuel Macron

Le modèle ancien avait été lancé

26:03
Présentateur

pour rejeter cette logique des blocs, mais l'heure n'est plus au non-alignement. Le moment est venu à une action commune afin que les pays qui le souhaitent se donnent les moyens. Il nous faut montrer notre cohérence là où les autres jouent double jeu. Et c'est exactement le message que j'adresse ici à l'occasion du dialogue de Shangri-La.

Construisons de nouvelles coalitions, premièrement pour un commerce ouvert, un dialogue ouvert pour réduire le risque au sein de notre modèle, pour un environnement stable, de nouvelles coalitions afin de stabiliser un ordre international ouvert et stable avec un respect de la souveraineté des frontières, un refus du recours à la force, cultiver un esprit d'indépendance et un désert de coopération. Ceci étant dit, j'ai l'impression que je reprends l'ADN même de Singapour et c'est exactement ce dont nous avons besoin. En faisant une offre à la fois aux Etats-Unis et à la Chine de rejoindre cette approche.

Mais nous ne pouvons rester assis et dire il n'y a plus d'OMC, que faire des droits de douane ? Bon, finalement, il n'y a plus vraiment de garantie crédible au sein de notre alliance. Que faire ? Eh bien, nous voulons agir. Nous voulons préserver notre paix, notre prospérité, notre stabilité. Alors agissons ensemble. Agissons ensemble pour construire une alliance positive, nouvelle, entre l'Europe et l'Asie qui repose sur nos normes communes, nos principes communs. notre responsabilité est commune et de nous assurer que nos pays ne soient pas des victimes collaborales, des déséquilibres qui résultent des choix faits par les superpuissances.

Notre réponse doit être de relancer nos efforts en faveur du commerce international, du respect des normes sociales et environnementales.

28:13
Emmanuel Macron

et petit à petit,

28:17
Présentateur

l'Union européenne génère tous ces nouveaux accords et c'est ce que nous souhaitons faire avec l'Asie et les pays du partenariat transpacifique. Je pense sincèrement que sur la base de cette approche, nous pouvons obtenir des résultats très concrets. Et je pense sincèrement que sur la base de cette approche, nous pouvons convaincre d'autres de nous rejoindre. compte tenu de l'ampleur de notre projet et notre crédibilité. Voici quel est le contenu de cette autonomie stratégique, la développer en Europe et coopérer sur cette base avec votre région.

28:58
Emmanuel Macron

Je vais,

29:02
Présentateur

pour conclure, lancer un appel, un appel à l'action pour l'Europe et l'Asie afin de travailler ensemble à une coalition d'indépendance, une coalition de pays qui ne seront pas enrôlés, qui s'opposent au double standard, une coalition de pays qui uniront leurs forces en faveur de la technologie, le respect des normes et protéger leur souveraineté. Une coalition de pays qui naviguera sur les mers tourmentées du commerce et protéger les biens communs que sont la nature et le climat.

enfin, une coalition de pays déterminée à ne pas céder aux caprices ou à la cupidité des autres, mais à ouvrir la voie vers une voie pacifique pour équilibrer, pour apporter un certain équilibre et l'emporter sur les passions grâce à nos valeurs universelles. telle est notre ADN commun et je pense que si Singapour existe, pourquoi ? C'est la raison pour laquelle également il y a tant de pays indépendants dans votre région et c'est la raison également pour laquelle la France et l'Union européenne sont ici présentes aujourd'hui. Je vous remercie de votre attention.

30:33
Invité

Monsieur le Président,

30:36
Présentateur

merci beaucoup pour cette excellente façon d'ouvrir notre dialogue. Vous avez très bien structuré votre raisonnement, crédibilité, pour éviter cohérence, éviter les conflits, favoriser les coalitions, l'autonomie stratégique comme des outils pour assumer nos responsabilités, notre propre sécurité et éviter d'être dépendants des autres. C'est un sacré programme et vous avez aimablement accepté de répondre à des questions du public. Je vois que des mains se lèvent dès à présent. Nous allons tout d'abord écouter plusieurs questions et le Président y répondra, puis nous conclurons

31:21
Invité

avant le dîner.

31:31
Présentateur

Une question d'ISS Asie. Merci, Monsieur le Président, pour votre allocution. Je fais partie de l'ISS et je comprends que la stratégie indo-pacifique de la France repose sur le fait que l'Europe et l'Asie sont un même théâtre. Et selon vous, quel serait le rôle de la France, un rôle de leader dans toutes ces crises mondiales que vous avez évoquées ? Maintenant, il y a un risque de prolifération des crises de sécurité, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande, le Cambodge, la Birmanie, le Myanmar et la mer de Chine méridionale. Alors, l'ASEAN et la France aimeraient effectivement pouvoir répondre en commun à ces conflits. Quid de leur habilité à répondre à ces conflits ?

C'est un prérequis pour développer notre autonomie stratégique, n'est-ce pas ? Alors, nous allons écouter deux ou trois questions auxquelles le Président répondra ensuite.

32:38
Invité

une question de la BBC

32:50
Présentateur

correspondant en matière de sécurité. Voyez-vous un rôle de l'Europe en matière de sécurité dans cette région alors même que la guerre fait rage en Europe ? Vous envoyez ici un porte-avions alors même

33:08
Invité

qu'il y a peut-être

33:13
Présentateur

certains besoins en Europe qui ne sont pas satisfaits ?

33:16
Invité

Une question

33:23
Présentateur

d'un représentant de la Corée. deux questions rapidement sur le nucléaire et l'Europe. Vous avez souligné l'autonomie stratégique et son importance tout au long de votre mandat. Si l'Union européenne vous demande la protection nucléaire, la France est-elle disposée à offrir sa force de frappe à ses alliés au sein de l'OTAN ou de l'Union européenne ? Deuxièmement, un nouveau gouvernement va prendre ses fonctions mercredi en Corée selon le résultat des élections. Si le nouveau gouvernement coréen vous demande votre aide et votre coopération afin de développer un sous-marin nucléaire, quelle sera la réponse de la France ?

34:09
Invité

Oui ou non ?

34:12
Présentateur

Alors nous allons déjà prendre ces trois questions ensemble et puis la parole sera à nouveau à la salle.

34:18
Emmanuel Macron

Merci.

34:22
Présentateur

J'ai trouvé que les deux premières questions étaient très proches avec des sujets communs. Je ne pense pas que résoudre les crises régionales est un prérequis avant de traiter la question de l'autonomie stratégique. C'est vrai en Europe, c'est vrai pour l'Asie. Il nous faut répondre à la situation en Ukraine, mais en parallèle, il nous faut construire notre autonomie stratégique et il faut que vous fassiez de même. Je pense que pour la crise régionale à laquelle vous avez fait référence, le rôle de l'Union européenne

34:57
Invité

et d'un certain nombre

34:59
Présentateur

de pays européens, quand ils le souhaitent, peuvent jouer un rôle, c'est d'assister l'ASEAN et les acteurs clés. C'est ce que nous avons fait notamment pour la Birmanie et ce matin, nous en avons parlé avec le Premier ministre de Singapour. Mais maintenant, cette question est essentiellement entre les mains des acteurs au Myanmar, même si les acteurs de la région ont fait tout leur possible.

35:26
Emmanuel Macron

Je n'opposerai pas,

35:29
Présentateur

pour ma part, la capacité de l'ASEAN, l'aptitude à résoudre ces questions et la possibilité de construire son autonomie stratégique en parallèle. Quant à la deuxième question, nous travaillons avec l'ASEAN compte tenu de la centralité de cette organisation dans le contexte de notre stratégie indo-pacifique avec différentes approches. Premièrement, les marchés publics et les capacités. Nous avons construit des partenariats très solides quand il s'agit de nos rafales, de nos sous-marins, etc. et cette coopération n'est pas uniquement commerciale. C'est clairement une coopération stratégique. Deuxièmement, nous participons à des exercices conjoints.

Pegasus et l'exercice également que nous venons de déployer avec notre porte-avions. Donc nous multiplions les exercices de ce type avec différents objectifs. Partager

36:32
Emmanuel Macron

une culture opérationnelle, améliorer

36:38
Présentateur

l'interopérabilité, mais également

36:41
Emmanuel Macron

envoyer

36:45
Présentateur

des signaux stratégiques et dissuasifs à certains acteurs clés. Telle est la façon d'obtenir des résultats. Quant à votre question, et puis c'est en fait un lien, un pont vers la question suivante sur la crédibilité de l'Europe et de la région. Soyons clairs, jamais nous ne vendrons, nous n'annonçons ce que nous ne pourrions faire. Et si la Chine un jour lançait une grande opération contre un pays de la région, tout le monde serait très prudent. Qui interviendrait dès le premier jour ? Je pense que tous les pays ici présents, peu importe leur situation géographique, et de fait, tout le monde. Soyons clairs, notre rôle, n'est pas de nous substituer à qui que ce soit.

Mais notre rôle est de travailler pour nous-mêmes pour améliorer notre autonomie stratégique, notre capacité à protéger notre territoire, mais également aider les pays de l'ASEAN à faire la même chose chez eux grâce à notre coopération et réduire de part et de part et d'autre nos dépendances. Et lorsque, de fait, les menaces vont croissantes et le risque stratégique également. Donc je ne sous-estime pas tout cela. S'agissant de la crédibilité des Européens, et peut-être plus généralement, je vais être très honnête avec vous.

38:10
Invité

Et si les États-Unis

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Présentateur

d'Amérique et les Européens ne sont pas en mesure à court terme de résoudre la situation en Ukraine, je pense que la crédibilité à la fois des États-Unis et des Européens qui prétendraient résoudre toute crise de votre région, eh bien, notre crédibilité serait très faible, soyons honnêtes, parce que nous avons tous dit que ce qui s'est passé en Ukraine étant une violation patente du droit international, inacceptable, tout ce que nous avons dit des crises régionales, etc., du rôle de la Chine, eh bien, nous sommes prêts à aider, à fournir des capacités, mais sommes-nous prêts à sacrifier le tout dernier soldat ukrainien ? Point. Donc, notre crédibilité est tout d'abord en jeu en Ukraine.

Et merci pour les deux questions extrêmement précises. S'agissant de la première, alors, je ne vous répondrai pas, manifestement, mais je vais vous dire pourquoi. Parce que la crédibilité de la dissuasion nucléaire repose sur l'ambiguïté. Je sais que c'est parfois très difficile à comprendre, mais il est très important d'en rester à ce principe. Et c'est probablement l'une des faiblesses que nous avons, nous, les démocraties, face à des régimes autoritaires. Et c'est probablement une erreur que nous avons commise au tout début du conflit en Ukraine, lorsque nous avons révélé, annoncé toutes les contraintes où elles nous étions soumis vis-à-vis de l'opposant.

Et c'est pour ça qu'en février 2024, j'ai demandé que nous restaurions l'ambiguïté stratégique et cession d'exclure autant d'options en s'agissant de l'Ukraine. Et j'ai en tête les déclarations récentes du chancelier allemand qui a fait exactement la même chose. Nous avons besoin de cette ambiguïté stratégique. Le jour où vous donnez toute la feuille de route

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Emmanuel Macron

à votre ennemi,

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Présentateur

eh bien, vous réduisez votre efficacité, l'efficacité de votre capacité de dissuasion. Alors, quant à la capacité dissuasive en France, eh bien, elle a effectivement une vocation, une composante européenne. Mais nous maintenons volontairement cette ambiguïté. J'y reviendrai. Il y aura une nouvelle phase dans les mois à venir et peut-être aurons-nous effectivement une approche différente avec un certain nombre de pays. S'agissant de la Corée du Sud, votre question est tout à fait juste et légitime. Si j'étais Sud-Coréen, c'est la première question que je poserais.

De fait, si vous échouez à contenir la capacité de la Corée du Nord à développer l'arme nucléaire, eh bien, la question est de savoir suis-je encore en sécurité et le jour où je serai attaqué,

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Emmanuel Macron

me protégerez-vous ?

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Présentateur

Je pense qu'il faut tout d'abord ouvrir la question nord-coréenne. Je pense que le risque principal de cet environnement actuel est d'ouvrir une nouvelle ère de prolifération. C'est la raison pour laquelle je pense que la question iranienne est si essentielle. parce que le jour où nous acceptons cela de facto, eh bien, il y aura des demandes légitimes d'autres pays d'acquérir l'arme nucléaire. C'est la raison pour laquelle l'agenda américain pour la Corée du Nord est si important. Je vais être clair. Les Européens n'ont pas la capacité de négocier et d'engager de telles négociations.

C'est clairement entre les mains des Etats-Unis d'Amérique et le président Trump, lors de son premier mandat, a commencé à reprendre ces discussions. Cela fait partie de la discussion stratégique qu'il faut que nous ayons avec les Etats-Unis d'Amérique. Car, effectivement, c'est une juste approche de dire, de la part des Etats-Unis, il faut que nous fassions moins pour les Européens, que les Européens assument plus, etc. Mais ma première réponse serait que je préférerais qu'ensemble, collectivement, nous arrivions à mieux contenir les capacités nord-coréennes que de vous permettre d'accéder à de telles armes.

Monsieur le Président, je sais que je vais faire des déçus et je veux peut-être même décevoir le Président, car je sais qu'il est disposé à répondre à d'autres questions, mais nous allons devoir conclure. Et j'aimerais inviter chacun ici présent à remercier le Président Macron d'avoir bien voulu ouvrir d'une telle façon le dialogue de Shangri-La. sur le Président Macron.

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Locuteur

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