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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 2 novembre 2020 6 minActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

MACRON FAIT LA PUB DES PLATEFORMES MAIS ABANDONNE LEURS TRAVAILLEURS

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Arthur HayFait
    « On sait que quand il parle de ça ils parlent des plateformes, ce sont maintenant les premiers acteurs de livraison de repas. »
  • 1:00Arthur HayFait
    « Il a été prouvé en Cour de cassation que le lien qui nous unissait avec ces plateformes était un lien de subordination et qu’il devrait y avoir un contrat salarié. »
  • 2:30Arthur HayFait
    « Le gouvernement essaie de nous enlever cette possibilité. Il essaie de protéger le statut que nous imposent les plateformes. »
  • 3:30Arthur HayFait
    « En fait quand on le lit ça ne va rien changer on va avoir en fait les mêmes conditions de travail. »
  • 5:30Arthur HayFait
    « Les plateformes aujourd’hui ont le droit de nous exploiter sans assumer leur responsabilité d’employeur. »
  • 6:30Arthur HayFait
    « On va être obligés d’aller dans la rue, travailler, pour faire quelque chose qui je pense est de l’ordre du confort plus que de l’utilité dans une crise sanitaire. »
  • 7:30Arthur HayPromesse
    « Nous on veut des lois qui l’imposent, et on les veut rapidement ça devient de plus en plus urgent. »
  • 8:30Arthur HayFait
    « Les plateformes elles ont tout intérêt à nier l’existence légitime des syndicats, de travailleurs qui décident de se représenter par eux-mêmes. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je suis Arthur Hay, je suis coursier à vélo depuis maintenant 4 ans et demi. Je suis secrétaire général du syndicat des coursiers à vélo de la Gironde. J’ai regardé le discours de Macron.

On s’attendait un petit peu tous finalement à ce qu’il y ait ce confinement. On a été préparé à ça au final. Moi un des éléments qui m’a choqué parce que ça me concerne, c’est de voir un président de la République faire ouvertement de la publicité pour la livraison de repas.

On sait que quand il parle de ça ils parlent des plateformes, ce sont maintenant les premiers acteurs de livraison de repas. Il fait de la publicité alors que nous en face on lutte contre les lois qu’il est en train de faire passer, qui nous enfoncent dans la précarité. L’économie ne doit ni s’arrêter ni s’effondrer.

Je vous invite donc, dans la mesure des possibilités de chacun, à participer de cet effort en travaillant, en soutenant les entreprises aussi qui proches de chez vous ont innové à travers des commandes à distance, la vente à emporter ou la livraison à domicile. Les plateformes aujourd’hui ont le droit de nous exploiter sans assumer leur responsabilité d’employeur. Il a été prouvé en Cour de cassation que le lien qui nous unissait avec ces plateformes était un lien de subordination et qu’il devrait y avoir un contrat salarié.

Nous on demande à avoir accès aux droits que donne le salariat. C’est à dire on veut avoir accès à une sécurité sur la santé, on veut avoir une protection sur nôtre emploi parce qu’aujourd’hui on peut se faire virer en un seul clic et ça arrive assez régulièrement. On veut avoir évidemment une rémunération minimale qui soit décente.

Aujourd’hui le gouvernement essaie de nous enlever cette possibilité. Il essaie de protéger le statut que nous imposent les plateformes. Il y a un décret par exemple sur la transparence des tarifs dans les plateformes.

C’est présenté comme une super avancée. En fait quand on le lit ça ne va rien changer on va avoir en fait les mêmes conditions de travail. Deliveroo on connaîtra toujours pas avec ce décret le tarif de ces livraisons.

Donc le fait de voir sortir des lois qui s’appliquent à une catégorie de travailleurs qui n’existe pas dans les faits, parce qu’il faut regarder les conditions réelles de travail et on est subordonnés, ça nous fait dire qu’aujourd’hui on conforte un statut qui est illégal et qui a été dénoncé dans plusieurs cours de justice. En France et dans d’autres pays d’ailleurs, européens. On nous dit ils vont aller en deuxième ligne, vous inquiétez pas vous allez vous faire livrer des repas, et que derrière en fait on soit pas du tout respectés et que les droits qu’on demande nous soient toujours niés.

Il y a un confinement, on va encore les seuls dans la rue, dès qu’il fera nuit on va travailler toujours dans des conditions de travail exécrables. Toute la gestion sanitaire elle repose purement et simplement sur les épaules des restaurateurs et des livreurs qui essaient de maintenir une qualité professionnelle dans la prestation, dans la mesure du possible. Les plateformes, en vrai, elles ne mettent rien en place.

Elles envoient quelques petites vidéos en disant qu’il faut se laver les mains. Merci on sait, mais on se lave les mains où ? On va avoir le même problème qu’au premier confinement.

On ne va pas se mettre à rentrer dans les restaurants pour casser la chaîne d’hygiène qu’ils essaient de tenir. On peut se donner toute la peine du monde pour y arriver mais quand on n’avait pas de gel hydroalcoolique pendant le premier confinement, on était obligés de faire sans. On va se l’acheter nous-mêmes avec notre argent puisque c’est pas les plateformes qui vont mettre en place en tout cas suffisamment de distributions de matériel pour que ce soit réalisé.

En fait on va être obligés d’aller dans la rue, travailler, pour faire quelque chose qui je pense est de l’ordre du confort plus que de l’utilité dans une crise sanitaire, c’est à dire livrer des repas uniques à une ou deux personnes. Nous ce qu’on veut vraiment maintenant aujourd’hui c’est arriver à une négociation collective. On a essayé de la faire en la proposant aux plateformes directement ça ne marche pas.

Nous on veut des lois qui l’imposent, et on les veut rapidement ça devient de plus en plus urgent. Les plateformes disent que légalement elles n’ont pas à nous reconnaître comme représentants. Parce que ce qu’il manque c’est du droit en fait, nous on veut être rattachés à un droit de négociation qui est le droit syndical des travailleurs à se représenter via des syndicats pour faire valoir leurs droits, pour être en contre-pouvoir du patronat qui utilise notre force de travail.

En fait c’est tout simplement ça qu’on demande, on demande pas une révolution ou quoi que ce soit, on demande juste l’application du droit sur nos employeurs. Aujourd’hui si les plateformes elles disent qu’on n’est pas représentatifs c’est sur la base complètement subjective du fait qu’il n’y a pas de loi qui les oblige à nous reconnaître. Elles elles font faire des sondages par exemple où elles donnent des bons de 100 euros à ceux qui répondent dans un contexte où cet employeur qui te demande de répondre à un questionnaire peut te virer en un clic sans aucune raison.

Elles font croire que ça c’est une manière de dialoguer, de faire le dialogue social. C’est absolument pas vrai. Aujourd’hui les plateformes elles ont tout intérêt à nier l’existence légitime des syndicats, de travailleurs qui décident de se représenter par eux-mêmes, parce que les revendications qu’on a évidemment elles vont à l’inverse de leurs intérêts purement financiers, donc d’extraire en gros de notre travail le plus d’argent possible.

Tant que le rapport de force ne les y contraindra pas, elles ne nous reconnaîtront pas en tant que représentants.