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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 5 septembre 2024 20 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSécuritéImmigration & asile

MARINE LE PEN N'EST PAS LE DRH D'E. MACRON - S. CHENU (BFMTV)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Vous êtes député Rassemblement National du Nord et vous êtes vice-président du RN.

  • 0:13RelanceRéponse partielle

    Finalement c'est vous qui choisissez le Premier ministre.

  • 0:58OuverteRéponse partielle

    Le président de la République a choisi une méthode dans laquelle à la fin des fins, c'est vous qui êtes les faiseurs de roi.

  • 1:44OuverteRéponse partielle

    Vous jouez le jeu, vous en profitez bien.

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Revenons simplement par étapes. Xavier Bertrand, c'était donc presque fait, mais vous avez dit que vous le censureriez de manière automatique et immédiate.

  • 3:01OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'avec Xavier Bertrand, ce n'était pas un peu une vengeance personnelle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:37Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen n'est pas la DRH d'Emmanuel Macron. »
  • 0:55Invité politiqueFait
    « Nous sommes la première force politique et que par conséquent on ne peut pas faire sans nous. »
  • 3:04Invité politiqueFait
    « Non, pas du tout. Et d'abord, Xavier Bertrand ne représente rien. »
  • 3:32Invité politiqueFait
    « C'est le financement pendant des années du lycée islamiste Averroès. »
  • 3:45Invité politiqueFait
    « Lorsqu'il était ministre de la Santé, n'a pas fait ses preuves, c'était des fermetures de lits. »
  • 4:12Invité politiqueFait
    « Respecter la première force d'opposition à l'Assemblée nationale, le premier parti politique français, c'est le minimum. »
  • 5:11Invité politiqueFait
    « Nous censurons un Premier ministre issu du nouveau Front populaire, car nous pensons leur programme dangereux pour notre pays. »
  • 5:35Invité politiqueFait
    « Pour sortir de cette crise politique, qui a été quand même élaborée par Emmanuel Macron et Gabriel Attal, les désistements avec la gauche, c'est ça qui a conduit à cette situation, eh bien, il faudra la proportionnelle. »
  • 10:59Invité politiqueFait
    « La gauche n'a pas gagné ces élections. »
  • 12:51Invité politiquePromesse
    « Sortons de ce chaos politique en ouvrant le débat sur la proportionnelle qui permettrait, en 2025, de redissoudre l'Assemblée nationale. »
  • 16:10Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen a dit qu'une dette, en tous les cas, ça se payait. »
  • 16:20Invité politiqueChiffre
    « Gabriel Attal nous avait dit qu'il ferait des économies sur la fraude sociale. Il y a 10 milliards à aller récupérer là-dessus. »
  • 17:17Invité politiquePromesse
    « Il faut donner du pouvoir d'achat aux Français par une hausse des salaires de 10% en échange d'un gel des cotisations patronales. »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu72 %
  • Présentateur28 %

7,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Sébastien Chenu

Apolline de Malherbe.

0:02
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu.

0:06
Sébastien Chenu

Bonjour Adam.

0:06
Présentateur

Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes député Rassemblement National du Nord et vous êtes vice-président du RN. Finalement c'est vous qui choisissez le Premier ministre.

0:16
Sébastien Chenu

Il y a un peu d'ironie dans tout cela parce que dans ce que vous dites probablement mais aussi dans la situation que nous vivons, c'est qu'il y a quelques semaines il ne fallait pas parler au Rassemblement National, il fallait le faire battre à tout prix et il ne fallait pas que le Rassemblement National puisse exercer une quelconque responsabilité à l'Assemblée Nationale et aujourd'hui c'est tout juste si on ne nous fait pas la cour et si Marine Le Pen ne devient pas la DRH d'Emmanuel Macron. Marine Le Pen n'est pas la DRH d'Emmanuel Macron. Le Rassemblement National n'est pas là pour valider ou invalider une idée saugrenue qui traverse l'esprit d'Emmanuel Macron chaque jour.

Nous sommes là pour poser un certain nombre de conditions. Mais oui, la réalité c'est que nous sommes la première force politique et que par conséquent on ne peut pas faire sans nous.

0:58
Présentateur

En fait, le président de la République a choisi une méthode dans laquelle à la fin des fins, c'est vous qui êtes les faiseurs de roi. On a bien vu ces derniers jours en testant un certain nombre d'hypothèses ou de noms. Au fond, si Marine Le Pen ou vous Sébastien Chenu disaient on censure, il était obligé de retirer ce nom de la table.

1:19
Sébastien Chenu

Oui, il y a quelque chose qui quand même est totalement saugrenu chez Emmanuel Macron. D'abord, tous les jours, c'est un peu le baltrap, sort un nouveau nom qui est quand même l'incarnation de ce qu'Emmanuel Macron appelait le vieux monde. Vous vous rappelez, en 2017, il arrive en disant qu'avant lui, il n'y avait que des bons à rien, des incapables, des voleurs, le vieux monde. Et aujourd'hui, tous les jours, on a un représentant de ce vieux monde qu'Emmanuel Macron soumet finalement à notre approbation. Mais là aussi, tout ça n'est pas cohérent politiquement.

1:44
Présentateur

Vous jouez le jeu, vous en profitez bien. Quand Emmanuel Macron appelle Marine Le Pen en lui disant « Écoutez, on est à deux doigts, je vais nommer Xavier Bertrand », Marine Le Pen dit « Pas question, je le censure ».

1:57
Sébastien Chenu

Nous, on a une cohérence que n'a pas Emmanuel Macron. Vous pensez que justement, Emmanuel Macron peut nommer un jour Xavier Bertrand et le lendemain Thierry Baudet, comme il avait pu nommer Jean-Michel Blanquer et Papendiaï à l'éducation. C'est-à-dire qu'il n'y a absolument aucune cohérence, aucune ligne idéologique, programmatique, politique. Et ça, c'est évidemment totalement saugrenu. Chez nous, il y a une cohérence. La cohérence, c'est quoi ?

C'est-à-dire, nous, on ne censurera pas immédiatement, c'est-à-dire a priori, un Premier ministre qui dirait qu'il va sur la proportionnelle, qu'il ouvre le dossier de la proportionnelle, qu'il s'attaque au chantier immigration, sécurité, pouvoir d'achat des Français et qui respecte le Rassemblement national comme première force politique. À partir du moment où on a un nom de Premier ministre qui s'engage à minima sur cela, nous n'allons pas le censurer immédiatement.

2:41
Présentateur

Et on va voir ensemble ce matin, Sébastien Chenu, qui sont ceux qui donc pourraient avoir votre aval et ainsi être nommés peut-être même dans la journée. Revenons simplement par étapes. Xavier Bertrand, c'était donc presque fait, mais vous avez dit que vous le censureriez de manière automatique et immédiate. Est-ce qu'avec Xavier Bertrand, ce n'était pas un peu une vengeance personnelle ?

3:04
Sébastien Chenu

Non, pas du tout. Et d'abord, Xavier Bertrand ne représente rien. C'est la quatrième ou cinquième force. Il est quand même président d'une très grosse région, qui en l'occurrence est la région dont vous êtes élus. Politiquement, il ne représente pas une force politique dans le pays considérable, puisque les Républicains qui sont élus, 40 députés à l'Assemblée, ont bénéficié pour la plupart du retrait, enfin de l'absence de candidats macronistes et ensuite du retrait des candidats de gauche pour pouvoir être élus, ne représentent pas une force politique. Xavier Bertrand, c'est ensuite une ligne politique, le moins qu'on puisse dire, c'est flou.

C'est le financement pendant des années du lycée islamiste Averroès, c'est le soutien à des candidats communistes dans notre région aux élections pour faire battre le Rassemblement national. C'est quelqu'un, quand on l'a vu au Manette, lorsqu'il était ministre de la Santé, n'a pas fait ses preuves, c'était des fermetures de lits, c'était la tarification à l'acte. Donc si vous voulez, c'est quelqu'un qui a un lourd passif et qui en plus... Donc ça n'a rien de personnel, c'est pas parce que c'est lui qui a battu Marine Le Pen. C'est quelqu'un qui est sur le gâteau, c'est quelqu'un qui disait, il va falloir... J'ai brisé les mâchoires du Rassemblement national.

C'est quelqu'un qui a insulté, pendant des années, qui continue de le faire, les électeurs du Rassemblement national et aujourd'hui les 20 députés RN.

4:08
Présentateur

Donc il faudra que le futur Premier ministre soit gentil avec le RN.

4:10
Sébastien Chenu

C'est pas être gentil. Respecter la première force d'opposition à l'Assemblée nationale, le premier parti politique français, c'est le minimum. Et surtout, c'est pas pour nous faire plaisir à nous. Je m'en fiche que Xavier Bertrand, chaque mois, nous insulte à la région, j'ai le cuir suffisamment épais. Mais derrière, c'est des millions d'électeurs qui l'insultent, qui le méprisent, qui le prend pour des imbéciles. Donc, si vous voulez, on ne peut pas entrer dans une situation aussi difficile pour le pays avec un Premier ministre qui commence par un crachat au visage de millions d'électeurs que nous représentons.

4:40
Présentateur

Vous n'aviez pas censuré Elisabeth Borne. Vous aviez estimé à l'époque que vous n'aviez pas, et je cite Marine Le Pen à l'époque, l'objectif de faire sauter les institutions. Vous n'aviez pas censuré Gabriel Attal. Et là encore, l'argument, c'était les institutions disant, nous traversons déjà une crise sociale, économique et sécuritaire. Nous n'avons pas besoin d'une crise de régime. Est-ce qu'aujourd'hui, vous n'êtes pas ceux qui pourriez débloquer la situation et qui, malgré tout, encourageaient la crise de régime ?

5:07
Sébastien Chenu

Non, mais vous savez, c'est très clair ce que nous disons. Nous censurons un Premier ministre issu du nouveau Front populaire, car nous pensons leur programme dangereux pour notre pays. Nous l'avons déjà dit. Nous censurons Xavier Bertrand ou Bernard Cazœuf pour les raisons que j'ai expliquées. Et pour le reste, eh bien, regardons sur la table, selon les conditions que Marine Le Pen exprime, qui peut, évidemment, aujourd'hui, apparaître comme un Premier ministre, technique d'ailleurs, mais qui permet en tous les cas de passer cette année difficile et d'en sortir, car à la fin, il faut sortir d'une crise politique.

Pour sortir de cette crise politique, qui a été quand même élaborée par Emmanuel Macron et Gabriel Attal, les désistements avec la gauche, c'est ça qui a conduit à cette situation, eh bien, il faudra la proportionnelle.

5:44
Présentateur

Alors, on y va. Michel Barnier.

5:46
Sébastien Chenu

Alors, on ne va pas faire le baltrap. Ah ben si, parce que là, il y en a deux. De toute façon, je ne vais pas vous en faire dix, je vais vous en faire deux.

5:50
Présentateur

Il y a Michel Barnier et il y a François Bayrou.

5:52
Sébastien Chenu

Je ne vais pas jouer au baltrap, mais simplement, je vous dis les choses. Michel Barnier, ça ne fait rêver personne. Les Français ne sont pas allés voter au mois de juin aux Européennes, puis ensuite, au mois de juillet, pour les législatives, en se disant, chouette, vivement, qu'on sorte de ces élections avec Michel Barnier, Premier ministre. C'est évidemment l'incarnation de quelqu'un qui est soumis à la doxa européenne. C'est quelqu'un qui est dans la vie politique depuis... Il a été commissaire européen, bien sûr.

6:16
Présentateur

Il a été le négociateur du Brexit pour la Commission européenne.

6:19
Sébastien Chenu

Voilà, je veux dire, ce n'est pas du tout notre ligne politique. Mais comme on sait que le Premier ministre qui viendra ne sera pas sur notre ligne politique, il faut bien en prendre acte. Donc, moi, j'attends de voir. Est-ce que Michel Barnier s'engage sur la proportionnelle ? Pas sûr, car il vient d'une fois, les familles, les Républicains, qui est très hostile à la proportionnelle. Est-ce qu'il est respectueux du Rassemblement national ? J'ai le sentiment qu'il est plutôt, en tous les cas, de la première force d'opposition, quelle qu'elle soit, respectueux du Rassemblement national et des oppositions.

Est-ce qu'il est décidé à s'engager sur l'immigration, la sécurité et le pouvoir d'achat des Français ? Je doute. Ça ne fait pas rêver, Michel Barnier, mais j'attends d'écouter. Ce n'est pas une question de personne, c'est une question de discours.

6:53
Présentateur

Au moment où l'on se parle, Sébastien Chenu, à 8h39 ce jeudi matin, vous ne dites pas a priori non ?

6:59
Sébastien Chenu

J'attends de l'écouter. On va voir. Que pensez-vous ? On l'entend tous les mois à la région nous vomir dessus. On l'a vu à l'œuvre. Il est particulièrement odieux. Il appelle à voter pour nos adversaires à chaque élection. C'est bon, on l'a vu. Mais Michel Barnier, on ne sait pas aujourd'hui quel est son projet pour le pays. Et le problème d'ailleurs, c'est qu'Emmanuel Macron veut nommer quelqu'un qui ferait semblant d'être un opposant, mais qui continuerait sa politique. Et il est là le problème de méthode Emmanuel Macron. C'est que ça ne sert à rien de tester des noms tous les jours qu'il nomme quelqu'un, selon les conditions, nous, que nous avons exprimées.

7:36
Présentateur

En fait, c'est un problème de méthode. Vous avoir demandé aux uns et aux autres, d'ailleurs, pas seulement à vous, mais vous avoir demandé aux uns et aux autres une sorte d'engagement moral avant même que le Premier ministre lui-même ne puisse chercher une majorité, le ou la Première ministre, Lucie Castex est pareil, il ne leur a même pas laissé le temps de venir eux vous chercher.

7:52
Sébastien Chenu

C'est la raison pour laquelle il est plus intéressant de dire, voilà, nous avons quelques lignes rouges, si le Premier ministre ne les franchit pas, eh bien, nous, on regardera et on ne le censurera pas a priori, car il y a la censure a priori, et puis après, il y aura le vote du budget, qui est une autre étape. Est-ce qu'on votera un budget que préparait un Barnier ou quelqu'un d'autre ? C'est autre chose, ça, encore. Donc, si vous voulez, il y a la censure a priori, on a dit Gouvernement, Front Populaire, Cazeneuve, Bertrand, on censure a priori, et ensuite, on jugera sur caisse.

8:19
Présentateur

On réfléchit, Michel Barnier, ce n'est pas non. François Bayrou ?

8:21
Sébastien Chenu

Oui, non plus, je ne sais pas ce que pense Michel Barnier. C'est ça, le problème, d'ailleurs. François Bayrou ? Et François Bayrou, c'est un peu pareil. Je note que François Bayrou est quand même un artisan, en tous les cas un promoteur, plutôt, de la proportionnelle, qu'il est plutôt correct avec nous. Il a toujours défendu la proportionnelle. On est très éloigné.

8:39
Présentateur

Il avait donné son parrainage pour les présidentielles à Marine Le Pen, estimant que les Français devaient pouvoir choisir.

8:45
Sébastien Chenu

Voilà, on est très éloigné sur la vision que nous avons en matière de politique européenne en particulier, ou en matière de fiscalité, etc. Nous ne sommes pas du tout, et on ne sera pas sur la ligne de ce Premier ministre, mais François Bayrou est un homme estimable. Maintenant, je veux dire, on attendra aussi de voir sur quoi il s'engage. Je le redis, le pouvoir d'achat. Les Français, l'inflation continue à augmenter, en plus de 0,6% au mois d'août. La sécurité, l'immigration, et on a vu des faits de société très graves ces dernières semaines, ces derniers jours. On attendra de voir ce qu'un Premier ministre, si c'était François Bayrou, proposerait.

9:21
Présentateur

Mais encore une fois, vous dites qu'il est estimable,

9:23
Sébastien Chenu

et que vous ne censureriez sans nous pas approprier. Il y a des gens estimables dans la vie politique française.

9:29
Présentateur

Quitte à ce que vous soyez faiseur de roi, allez-y !

9:32
Sébastien Chenu

Non, mais moi, comme je vous l'ai dit, nous ne sommes pas les DRH d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron a créé une situation, alimentée par Gabriel Attal, avec l'histoire des désistements.

9:40
Présentateur

Enfin, vous n'avez pas envie d'être DRH, mais vous l'êtes un peu quand même.

9:43
Sébastien Chenu

Non, on donne des principes.

9:44
Présentateur

Vous êtes en train de le devenir.

9:45
Sébastien Chenu

Non, mais on donne des principes, mais parce que nous sommes le plus gros groupe et qu'on ne peut pas faire sans nous. Il est évident que demain, peu de lois pourraient passer sans le Rassemblement national. Et le Rassemblement national sera celui qui pourra décider, par exemple, de l'abrogation de la réforme des retraites. D'ailleurs, nous allons le proposer fin octobre avec Marine Le Pen. Donc, nous sommes la première force politique. On ne peut pas faire sans nous. On n'est pas là pour désigner le Premier ministre, mais on est là pour dire, attention, il y a des lignes rouges si on veut que ça se passe. Et surtout, que ça se passe bien pendant un an.

Parce qu'à la fin, évidemment, il faudra bien passer à autre chose. Le pays ne peut pas être dans une situation pareille.

10:17
Présentateur

Le nouveau Front populaire ne s'y trompe d'ailleurs pas, puisque l'on reçoit à l'instant un communiqué de presse signé par les quatre chefs des quatre parties, membres du nouveau Front populaire, qui constate que seuls deux choix, je cite, s'offrent aujourd'hui au président de la République, soit un gouvernement issu du nouveau Front populaire, soit un gouvernement issu du camp présidentiel, mais qui aurait besoin du soutien du RN.

10:44
Sébastien Chenu

Ce n'est pas le soutien du Rassemblement national. Nous, on n'est pas là pour soutenir une politique qui n'est pas la nôtre. On est là pour dire, encore une fois, il y a des principes, il y a des priorités. On en a fait, j'en ai fait état, j'ai fait état d'un certain nombre de ces priorités. La gauche n'a pas gagné ces élections. Donc là aussi, c'est une mystification, le fait de dire que le Front populaire peut venir...

11:03
Présentateur

Ils ne sont peut-être pas gagnés, ils sont arrivés premiers.

11:05
Sébastien Chenu

Non, mais c'est une coalition, le premier groupe, c'est nous. Et on n'est pas en train de dire, il faut nommer un premier ministre du RN, puisque Jordan Bardella l'avait dit avec justesse, sans majorité absolue, c'est impossible de gouverner. Et nous, nous n'emmènerions pas les Français dans cette impasse.

11:18
Présentateur

Sébastien Chenu, est-ce qu'Emmanuel Macron, au fond, ne doit pas démissionner ?

11:21
Sébastien Chenu

Je crois qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron a d'autres possibilités que celle-ci. Aujourd'hui, au moment où nous nous parlons, trouver effectivement la solution qui permettra, en nommant quelqu'un d'aller voir les groupes parlementaires à l'Assemblée nationale, et lui-même de trouver des majorités, peut-être sur chacun des textes ou pas, et de construire un budget. Je rappelle que le chronomètre est lancé. On doit quand même, à partir du 1er octobre, se pencher, en tous les cas, se voter. Un budget, raison pour laquelle nous nous demandons aussi une session extraordinaire. Marine Le Pen a écrit au président des groupes demandant une session extraordinaire.

Il faut bien qu'on vienne à l'Assemblée.

11:52
Présentateur

Ont-ils répondu ?

11:53
Sébastien Chenu

À ma connaissance, pas aujourd'hui, mais certains ont répondu par voie de presse qu'ils demandaient aussi une session extraordinaire.

11:58
Présentateur

Mais alors, qui doit décider, qui doit trancher ?

12:02
Sébastien Chenu

Mais la session extraordinaire, elle se décide par le président de la République, ou par une majorité de députés qui décident de siéger ensemble. C'est même, j'allais dire, l'histoire de notre pays.

12:11
Présentateur

Mais Richard Ramos, qui était mon invité ce matin sur l'AMC, il disait, on est quatre Pékin dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Il dit, vraiment, ça fait écho tellement c'est vide, l'Assemblée nationale. On est trois ou quatre, alors qu'en réalité, on devrait déjà tous y être. En fait, rien ne vous empêche d'y aller pour au moins commencer à discuter.

12:27
Sébastien Chenu

Non, mais évidemment. Vous avez la clé, vous avez chacun vos bio. D'accord, enfin, il faut être convoqué pour ça.

12:31
Présentateur

Pour faire une session de manière tout à fait officielle, oui. Mais enfin, vous voyez déjà commencer à proposer, à discuter, à essayer de trouver une solution.

12:37
Sébastien Chenu

Mais nous avons fait des propositions. Marine Le Pen fait des propositions. Elle dit, ouvrons immédiatement un débat sur la sécurité. Ouvrons un débat sur les finances publiques. Ouvrons un débat sur l'agriculture. Allons-y pour faire naître des propositions qui, ensuite, pourraient vivre dans cette année un peu compliquée. Et puis, à la fin, sortons de ce chaos politique en ouvrant le débat sur la proportionnelle qui permettrait, en 2025, de redissoudre l'Assemblée nationale, d'instaurer la proportionnelle et de revenir avec un système qui permettrait de dégager une majorité pour gouverner le pays.

13:07
Présentateur

Donc, vous n'appelez pas à la démission d'Emmanuel Macron. Mais on comprend bien qu'au fond, si le pays est totalement bloqué et qu'il démissionne, ce ne serait pas plus mal pour vous.

13:17
Sébastien Chenu

Aujourd'hui, ça n'aurait pas de sens puisqu'on ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale. Donc, on se retrouverait avec une élection présidentielle et puis une Assemblée nationale qui ne peut pas être dissoudre jusqu'en juin.

13:25
Présentateur

Donc, ça veut dire une démission en juin.

13:26
Sébastien Chenu

Donc, de toute façon, on est à peu près condamné à aller jusqu'au mois de juin avec cette chambre, avec cette Assemblée nationale. Et en juin, je pense qu'Emmanuel Macron doit redissoudre l'Assemblée nationale en ayant instauré la proportionnelle. Si tel n'était pas le cas, alors, effectivement, ce sera très compliqué pour lui de continuer.

13:43
Présentateur

Redissoudre ou démissionner, encore une fois ?

13:44
Sébastien Chenu

D'abord dissoudre.

13:46
Présentateur

Édouard Philippe se dit prêt. Il prend de l'avance et prêt, y compris dans ce scénario qui devient palpable d'une démission anticipée du président de la République.

13:59
Sébastien Chenu

Oui, c'est drôle parce qu'Édouard Philippe, il pense avoir un métro d'avance et moi, je pense qu'il a totalement un métro de retard. Enfin, Édouard Philippe, il fait lever l'espoir chez qui ? Qui a envie de voir revenir l'homme des 80 km heure, l'homme du blocage de la France par les Gilets jaunes dû à ses décisions, l'homme de la retraite à 69 ans, l'homme qui n'a rien fait sur l'immigration et qui nous dit, dès qu'il n'est plus au pouvoir, il faudrait revoir les accords de 68 avec l'Algérie. Il avait les leviers, il avait les manettes.

L'homme qui était, d'ailleurs, c'est la Macronie, qui est probablement par vengeance le fait savoir, était beaucoup plus extrémiste qu'Emmanuel Macron lorsqu'il s'agissait d'aller sur une réforme des retraites en particulier. Donc, je veux dire, Édouard Philippe, ces méthodes, on les a vues. C'est des méthodes d'hier, des méthodes du passé dont les Français ne veulent pas. Il pense avoir un métro d'avance, il a un métro de retard.

14:45
Présentateur

C'est fini pour Édouard Philippe ? On a presque l'impression que la présidentielle est lancée et que vous êtes déjà dans le combat face à un Édouard Philippe qui, clairement, s'est mis aussi dans le jeu.

14:55
Sébastien Chenu

Édouard Philippe, c'est déjà fini. Avant d'avoir commencé, c'est fini. Mais l'élection présidentielle, pourquoi est-ce qu'on a l'impression qu'on s'y dirige rapidement ? Parce qu'Emmanuel Macron est démonétisé. Parce que sa parole, son action, seront particulièrement limitées dans les années qui viennent. Il n'a plus de majorité. Il parle, il consulte, il se met dans des impasses et il met la France dans des impasses. Et il ne peut pas se représenter en plus. Donc, tout le monde se dit, Emmanuel Macron, ça n'a plus beaucoup d'intérêt. Son propre camp est en train de s'étriper. Les Gabriel Attal, les Darmanin, les Édouard Philippe, etc. veulent tous y aller.

Ils cherchent à faire le mauvais coup aux voisins. Pour quoi faire pour continuer les mêmes politiques ? Nous, on a une offre cohérente, une offre politique qui est différente. Je crois que les Français la connaissent bien maintenant. Et par conséquent, nous continuerons à alimenter cette offre politique.

15:41
Présentateur

Ils ne vous ont pas donné les manettes. Il y a cette question aussi de la loi de finances. C'est-à-dire que pendant tout ce temps-là, il y a quand même de l'argent qui doit sortir chaque jour des caisses de l'État pour payer toutes les dépenses. Et Bercy tire à nouveau le signal d'alarme, estimant qu'il va y avoir encore un nouveau dérapage. Il y a des engagements qui ont été pris auprès de Bruxelles. Quelles solutions apporter ? Est-ce qu'il faut un sérieux budgétaire ? Ou est-ce qu'il faut continuer à faire déraper les comptes ?

16:10
Sébastien Chenu

Non, Marine Le Pen a dit qu'une dette, en tous les cas, ça se payait. Contrairement à ce que dit Jean-Luc Mélenchon, qui lui, la passe par-dessus l'épaule. Mais la situation que nous laisse le gouvernement, Attal, le maire, est terrible. Je rappelle quand même que Gabriel Attal nous avait dit qu'il ferait des économies sur la fraude sociale. Il y a 10 milliards à aller récupérer là-dessus. On en est où ? Gabriel Attal qui parlait de la désmicardisation de la France. C'était il n'y a pas si longtemps. C'était il y a 5-6 mois. On en est où ? Gabriel Attal et la carte vitale biométrique, on en est où ? En réalité, ils ont laissé les comptes déraper.

Ils ont fait une politique de chèque qui n'a rien résolu. Alors que d'un côté, il faut avoir, j'allais dire évidemment des mesures d'économie. On peut en lister un certain nombre. Il faut avoir des mesures fiscales, revoir un certain nombre de fiscalités. Nous, on pensait par exemple à la taxe sur les surprofits. Je note que d'ailleurs, le Modem n'était pas désintéressé. Là-dessus, vous auriez pu vous mettre d'accord.

16:56
Présentateur

Ça veut dire que si François Bayeroux, ça fait partie des choses quand vous dites j'attends de savoir qu'est-ce qu'il propose. S'il vient vous voir et qu'il dit il y a la proportionnelle, il y a ceci, il y a cela. Et puis tiens, je suis aussi pour une taxe sur les super profits. Vous direz pourquoi pas ?

17:10
Sébastien Chenu

On dirait que c'est intéressant.

17:11
Présentateur

Ça fait partie de ce qu'il pourrait vous convaincre de ne pas le censurer.

17:14
Sébastien Chenu

Et on ajouterait qu'il faut donner du pouvoir d'achat aux Français par une hausse des salaires de 10% en échange d'un gel des cotisations patronales en réunissant immédiatement les syndicats patronaux, les syndicats de salariés, les partenaires sociaux.

17:24
Présentateur

Vous ne faites pas en revanche de l'abrogation de la réforme des retraites impréalable ?

17:28
Sébastien Chenu

Si, puisqu'on le dépose fin octobre dans notre niche. C'est le premier acte que nous posons de la rentrée parlementaire officielle.

17:33
Présentateur

Quand vous parlez de votre niche, il faut bien que tout le monde comprenne. Il s'agit d'une niche parlementaire. C'est un ordre du jour. C'est un ordre du jour. Que nous maîtrisons ce jour-là. Plusieurs fois par an, les groupes parlementaires ont donc la maîtrise de l'agenda en quelque sorte et peuvent déposer un certain nombre de propositions de loi. Ce jour-là, c'est donc vous qui avez les manettes pour les proposer. Et votre première proposition, ce serait donc ?

17:53
Sébastien Chenu

Absolument. C'est d'abroger la réforme des retraites. Je vous rappelle que cette réforme des retraites, on nous avait dit qu'elle allait faire des économies. On s'aperçoit qu'elle est très coûteuse aujourd'hui. Donc si vous voulez, le système ne fonctionne pas. Remettons l'ouvrage sur le travail, l'ouvrage sur le métier, et puis réunissons les partenaires sociaux.

18:11
Présentateur

Pour abroger la réforme des retraites, il me semble qu'il faut une loi.

18:14
Sébastien Chenu

On nous dit que ça peut se faire par décret. Nous, on souhaite qu'en tous les cas, ce soit le Parlement qui s'en saisisse.

18:21
Présentateur

Et là, vous pourriez vous mettre d'accord avec le NFP ? Ils ne voteront pas.

18:24
Sébastien Chenu

Visiblement, ils n'ont pas envie de voter parce qu'ils ne sont pas une contradiction près. En réalité, on l'avait vu d'ailleurs sur des sujets... Donc ça ne passera pas.

18:30
Présentateur

Si vous n'arrivez pas à vous mettre ensemble pour un truc sur lequel vous êtes totalement d'accord...

18:34
Sébastien Chenu

C'est à la gauche d'assumer ses responsabilités. Quand on a proposé les surprofits, ils ne l'ont pas voté. Quand on a proposé la prise en charge de l'endométriose, ils ne l'ont pas voté. C'est-à-dire que ce sont des mesures qui peuvent soulager la vie quotidienne des Français. Et nous, nous les proposons. La gauche ne veut pas les voter. Et si eux le proposent, on le votera. Et si eux le proposent, vous le voterez. Mais on n'est pas dingue, madame. Pour reprendre l'expression de Richard Ramos... Oui, qui était mon invité ce matin, qui disait que c'était le président qui était dingue. ...le président de Dingo. Nous, c'est l'intérêt de la France et des Français qui nous guident.

Si on propose quelque chose, même si ce sont nos adversaires politiques qui le proposent et qu'on peut le voter pour aboutir, on le fera.

19:04
Présentateur

Est-ce que le nom de David Lysnard vous a été soumis ?

19:08
Sébastien Chenu

Non, jamais. Mais vous savez, ça fait partie de toutes ces rumeurs insensées disant, oui, on teste auprès du Rassemblement national des noms. Encore une fois, nous ne sommes pas les DRA.

19:19
Présentateur

Jean-Louis Borloo ?

19:20
Sébastien Chenu

Non, mais Jean-Louis Borloo, moi j'ai échangé avec lui. Il fait partie de ces gens estimables. Non, non, il y a déjà quelques semaines en réalité. Il fait partie de ces gens estimables qui essayent de trouver des solutions pour notre pays. On a des vrais désaccords avec Jean-Louis Borloo, des vrais désaccords. Mais il est au moins respectueux et attentif, évidemment, à ce que le Rassemblement national peut penser parce qu'il sait que nous sommes la première force politique.

19:42
Présentateur

Et je comprends donc qu'il y a une sorte de top 3. Jean-Louis Borloo, François Bayrou ou Michel Barnier qui en tout cas passerait le premier cap puisqu'il ne serait pas censuré.

19:52
Sébastien Chenu

Mais on combattra leur politique si elle est dans la lignée de celle d'Emmanuel Macron.

19:56
Présentateur

Mais vous ne les empêcherez pas de gouverner.

19:57
Sébastien Chenu

Il faudra bien Premier ministre. Il ne sera pas à Rassemblement national.

19:59
Présentateur

Merci Sébastien Chenu d'être venu ce matin répondre à mes questions. Vous êtes député Rassemblement national du Nord et vice-président du parti. Il est 8h52 sur AMC et BFM TV. Merci.