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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 15 septembre 2021 39 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéSantéÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Compte rendu du Conseil des ministres du 15 septembre 2021

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:01RelanceRéponse partielle

    Pourquoi pas d'obligation vaccinale pour les soignants en outre-mer ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Le SMIC sera-t-il augmenté face à l'inflation ?

  • 24:00OuverteRéponse partielle

    Comment vacciner les plus de 80 ans non vaccinés ?

  • 26:00OuverteÉludée

    L'émergence d'Eric Zemmour vous arrange-t-elle ?

  • 28:00OuverteRéponse directe

    Que proposez-vous aux classes moyennes touchées par l'inflation ?

  • 30:00OuverteRéponse partielle

    Les prix de l'énergie vont-ils se stabiliser ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Fait
    « L'État de catastrophe naturelle sera déclaré dès la semaine prochaine. »
  • 9:00Chiffre
    « Nous avons recruté 1 900 agents et doublé leur budget par rapport à 2015. »
  • 13:00Chiffre
    « Les cambriolages ont baissé d'un quart. »
  • 19:00Chiffre
    « Le taux d'incidence approche des 100 au niveau national. »
  • 23:00Chiffre
    « Nous sommes passés de 64 % soignants vaccinés début juillet à plus de 9 sur 10 aujourd'hui. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames, Messieurs, bonjour à tous. Avant de débuter, je souhaitais avoir une pensée pour nos compatriotes du Gard en proie à de violentes intempéries et des inondations. Beaucoup d'habitations ont été sinistrées, des routes coupées.

Je veux remercier les secours, les sapeurs pompiers et tous les personnels de la Sécurité civile qui se mobilisent depuis hier pour aider les victimes et pour sauver des vies. À l'heure où je vous parle, 750 sapeurs pompiers sont encore mobilisés, de même que des gendarmes, des plongeurs, des équipes cynophiles. Leur engagement est précieux et je veux leur dire, comme le ministre de l'Intérieur a eu l'occasion de le faire en se rendant sur place hier, toute ma reconnaissance.

Notre vigilance reste extrême car de nouveaux épisodes orageux sont à prévoir dans l'après-midi. Je veux dire aux victimes que leur sinistre sera reconnu. L'État de catastrophe naturelle sera déclaré dès la semaine prochaine et le gouvernement sera aux côtés des victimes tout au long de leurs démarches, comme il sera aux côtés des collectivités locales pour réparer les dégâts et panser les plaies de cette inondation.

Et, si je rendais hommage aux femmes et aux hommes de la Sécurité civile qui se battent pour sauver, c'est bien de nos héros qu'il a été question largement au cours de ce Conseil des ministres. Ce matin, le président de la République est revenu sur les conclusions du Beauvau de la sécurité et le ministre de l'Intérieur a eu l'occasion de nous faire part de l'avancée des grands chantiers de son ministère. La sécurité, vous le savez, est au coeur de notre engagement et de nos priorités depuis la première seconde de ce quinquennat.

Et, le président l'a répété tout à l'heure, elle le restera jusqu'à la dernière seconde de ce quinquennat. En quatre ans et demi, nous avons agi énormément. Nous nous sommes démultipliés et nous avons obtenu des résultats pour les forces de l'ordre comme pour les Français.

Quand certains faisaient des coupes dans les effectifs l'alpha et l'oméga de leur politique de sécurité, nous avons définitivement inversé la tendance et fait revenir l'uniforme dans la rue. Nous avons dit stop au mépris et à l'hémorragie et nous avons agi de toutes nos forces. Nous avons agi contre le terrorisme et son terreau fertile, la radicalisation.

La loi Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme qui a été votée dès l'été 2017 a permis les visites domiciliaires, a permis de fermer les lieux de culte radicalisés tout en sortant, rappelons-le, de l'état d'urgence. Nous avons réorganisé nos services de renseignements et judiciaires, avec la création de la CNRLT et du Parquet national antiterroriste. Nous avons recruté 1 900 agents et doublé leur budget par rapport à 2015.

Nous avons lancé le suivi des individus radicalisés sortant de prison qui n'avaient que trop attendu. Nous avons mis en place une tolérance face à la moindre entaille à notre pacte républicain. Depuis février 2018, près de 25 000 contrôles ont eu lieu dans des établissements où l'on soupçonnait des atteintes aux principes républicains.

Grâce à ces contrôles, 662 établissements ont pu être fermés et 45 millions d'euros ont pu être redressés. La loi confortant le respect des principes de la République, promulguée cet été, est la dernière étape en date de notre lutte inflexible contre le séparatisme. Elle offre un meilleur contrôle des services publics, des associations et assure que chaque enfant reçoive une éducation républicaine.

Nous avons réinvesti massivement dans nos forces de l'ordre et pour leurs conditions de travail. Sur le quinquennat, 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires auront été recrutés. Nous avons renouvelé les deux tiers de leur parc automobile et, fin 2021, 700 casernes et commissariats auront été rénovés.

Depuis 2017, le budget du ministère de l'Intérieur a augmenté de 2,5 milliards d'euros. C'est une augmentation considérable et pleinement justifiée. Et le président de la République a annoncé hier que le ministère de l'Intérieur connaîtrait l'année prochaine une augmentation de 1,5 milliard d'euros de son budget.

Ce sont 500 millions d'euros de plus que ce qui avait été prévu. Les moyens sont une chose mais nous avons mené aussi une lutte inflexible contre les délinquants, contre les violences et notamment les violences conjugales, contre les stupéfiants. Depuis le début du quinquennat, 36 attentats ont été déjoués.

Les cambriolages ont baissé d'un quart. On a compté 20 % de véhicules volés en moins. Ce sont 28 000 victimes en moins.

Nous avons avancé aussi à pas de géant contre les trafics grâce à notre stratégie de pilonnage. Rien que ce semestre, près de 8 000 trafics ont été démantelés, 6 000 trafiquants interpellés. Les saisies de cannabis ont augmenté de près de 40 % et celles de cocaïne ont quasiment doublé.

Quant aux amendes forfaitaires pour les consommateurs qui permettent une sanction immédiate, 100 000 ont été dressées en une année. Mais évidemment beaucoup reste à accomplir. Beaucoup reste encore à construire et à consolider.

Et le président de la République l'a redit ce matin, nous refusons le déni et nous récusons l'incantation. Nous agissons. Trop souvent aujourd'hui, quelques uns remettent en cause l'autorité de nos forces de l'ordre et tentent d'instiller le poison de la division entre elles et les Français.

Cela ne marchera pas. Policiers et gendarmes ne seront jamais considérés comme une bande rivale. Ils sont l'ordre républicain et ils méritent le respect et les pleins moyens de leur action.

C'est pour cette raison que le président de la République avait lancé en février dernier le Beauvau de la sécurité. Il s'agissait de regarder en face les défis de nos forces de l'ordre et d'y répondre avec méthode et ambition. Pas simplement par plus de moyens, plus d'effectifs, plus d'équipements, mais aussi par des transformations plus radicales.

Depuis plusieurs mois, des dizaines de réunions et d'échanges se sont tenus et ont permis à des policiers, à des gendarmes, à des magistrats, à des experts, à des citoyens de préparer ensemble la sécurité d'aujourd'hui et de demain. Le président de la République a fait hier état des conclusions de ce Beauvau. Nous faisons encore monter d'un cran la sécurité des Français et nous prenons date avec les forces de l'ordre.

Nous allons, sur dix ans, doubler les effectifs de policiers et de gendarmes dans nos rues. Pour cela, nous allons nous attaquer à la paperasserie, à toutes les piles de dossiers qui sont autant d'entraves entre les policiers et les délinquants. Une remise à plat du Code de procédure pénale sera ainsi lancée et elle permettra aux forces de l'ordre de se concentrer pleinement sur leur coeur de métier.

Nous allons aussi, en partenariat avec les organisations syndicales, entamer une évolution des cycles horaires. Nous voulons construire la police et la gendarmerie de 2030, adapter aux défis de sécurité de demain. C'est pourquoi une loi de programmation de la Sécurité intérieure sera présentée en Conseil des ministres début 2022.

Elle permettra de concrétiser des engagements fermes et d'inscrire la remontée en puissance de nos forces de l'ordre dans la durée. Nous allons améliorer la prise en charge et l'accueil des victimes et permettre dès 2023 la généralisation de la plainte en ligne. Nous allons continuer à améliorer les conditions d'engagement des forces de l'ordre.

Un nouvel uniforme sera mis en production et distribué à partir du premier trimestre 2022. Le déploiement de 30 000 caméras piétons s'achèvera dans les délais prévus et nous irons plus loin encore avec des caméras individuelles et des caméras embarquées dans les véhicules. Enfin, la police le sait, le contrôle est la garantie du respect de son action et une instance parlementaire de contrôle de l'action des forces de l'ordre sera créée.

Évidemment c'est ce que le président de la République a proposé aux présidents des deux assemblées. Ce Conseil des ministres a également été l'occasion, vous l'imaginez, d'un nouveau point sur la situation sanitaire car l'épidémie malheureusement n'est pas encore derrière nous. L'embellie sanitaire se confirme jour après jour dans l'Hexagone.

C'est une bonne nouvelle. Le nombre de cas quotidiens est proche des 10 000 en moyenne, en diminution de 25 % par rapport à la semaine dernière. La pression dans les hôpitaux et en réanimation baisse elle aussi de 7 % environ sur la semaine passée.

Nous sommes repassés cette semaine sous la barre des 10 000 patients hospitalisés. Le taux d'incidence approche des 100 au niveau national, un niveau qu'il n'avait pas atteint depuis le mois de juillet et près de 20 départements voient leur incidence repasser en dessous des 50 pour 100 000 habitants. Désormais, le taux d'incidence dépasse le seuil d'alerte maximale de 200 dans une seule région métropolitaine.

Dans la région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur, le nombre de cas diminue néanmoins de façon continue, comme dans le reste de l'Hexagone depuis plus d'un mois et nous sommes à des niveaux de contamination qui sont presque trois fois plus bas qu'au début du mois d'août. Néanmoins, outre-mer la situation reste très préoccupante. Les taux d'incidence y restent très élevés, à 263 en Guadeloupe, à 290 en Martinique et à 409 en Guyane.

Dans les Antilles, l'épidémie qui a fait des ravages du fait de la sous-vaccination est désormais en net reflux. La Guadeloupe a désormais deux fois moins de patients en réanimation qu'au sommet de la vague et la tension hospitalière en Martinique diminue depuis plusieurs jours. C'est la preuve que nos mesures de freinage difficiles mais nécessaires, que la mobilisation exceptionnelle de soignants en renfort qui ont été prises au cœur de l'été, sont en train de porter leurs fruits.

Dans le cas de la Guyane, nous restons particulièrement en alerte. La tension hospitalière aujourd'hui à 90 % ne diminue pas et les mesures de freinage resteront en place autant que nécessaire pour sortir de cette quatrième vague. Nous continuons aussi à suivre la situation extrêmement tendue de la Polynésie française.

L'Archipel paye un lourd tribut avec encore 24 décès ces dernières heures. La situation tente à commencer à s'améliorer, je prends beaucoup de pincettes car elle demeure extrêmement tendue avec des services de réanimation qui sont à la quasi saturation. Des renforts humains et matériels, vous le savez, ont été envoyés pour soutenir les équipes sur place.

Sur tout le territoire, à la veille de l'automne, nous devons rester extrêmement vigilants. 40 % des capacités de nos réanimations restent occupées par des patients Covid. C'est beaucoup.

Comme nous le rappelait l'Institut Pasteur la semaine dernière, des mesures de contrôle sont encore plus que nécessaires pour prévenir un rebond hivernal de l'épidémie. C'est notamment le sens de l'obligation vaccinale pour les personnels soignants qui entre en vigueur aujourd'hui. Cette mesure, je veux le rappeler, a été annoncée par le président de la République le 12 juillet dernier et elle vise à une chose : à protéger notre hôpital, à protéger nos soignants, à protéger les patients fragiles.

À ce jour, l'immense majorité des soignants a fait le choix de la responsabilité et de la protection collective. Depuis l'allocution du président de la République, nous avons laissé deux mois aux plus hésitants d'entre eux pour se faire vacciner. Et l'incitation a porté ses fruits puisque nous sommes passés de 64 % soignants vaccinés début juillet à plus de 9 sur 10 aujourd'hui.

Et je veux, au nom du président de la République, remercier les millions de soignants qui ont massivement répondu à l'exigence de se faire vacciner. Ils ont été exemplaires depuis le début de cette crise, dans leur mobilisation pour soigner les Français. Ils sont exemplaires aujourd'hui par leur esprit de responsabilité et leur volonté de protéger les autres en se faisant vacciner.

La règle va s'appliquer dès aujourd'hui. Les soignants qui n'ont reçu aucune dose de vaccin pourront être suspendus par leur direction. Ceux qui n'ont reçu qu'une dose bénéficieront d'une période de tolérance jusqu'au 15 octobre, le temps de recevoir leur deuxième dose.

Nous ne stigmatisons personne. Nous responsabilisons tout le monde. Cette mesure est nécessaire.

Elle est connue depuis deux mois et surtout elle est urgente. Personne n'est plus exposé qu'un personnel soignant. Il n'y a pas de contamination plus risquée que celle d'un personnel soignant qui accueille des personnes fragiles, des malades fragiles.

Et, concernant le danger du virus pour eux et leurs patients fragiles, il n'y a pas mieux informé que le personnel soignant vis-à-vis des risques. Nous surveillerons bien sûr au cas par cas la bonne application de ces mesures dans les services hospitaliers, avec fermeté et discernement. Enfin, le président de la République a tenu à revenir sur le sujet fondamental de la biodiversité.

Pendant quelques jours, Marseille a été la capitale mondiale de la biodiversité avec le Congrès mondial de la nature dont la ministre de la Transition écologique et la secrétaire d'État chargée de la biodiversité nous ont présenté ce matin les principales conclusions. Prenant exemple sur l'ambition de la politique française en matière d'aires protégées, l'Union internationale pour la conservation de la nature a appelé tous les États à protéger 30 % de leurs territoires terrestres et maritimes. La France a elle-même pris des engagements, notamment pour atteindre la protection forte de 5 % des eaux en Méditerranée, pour la création de nouvelles réserves, de nouveaux parcs nationaux, pour la lutte contre la déforestation importée ou, plus globalement, pour intégrer la préservation des écosystèmes dans l'ensemble de ses politiques publiques.

Dans les mois à venir, nous allons approfondir cette ambition. La présidence française de l'Union européenne qui démarre, vous le savez, début 2022 portera une initiative ambitieuse en matière de réduction des pesticides. Les moyens liés à la biodiversité seront renforcés en 2022, avec un soutien accru aux opérateurs et la création de 20 postes supplémentaires dans les parcs nationaux.

Enfin, nous accueillerons courant 2022 un nouveau sommet consacré cette fois-ci à la préservation des océans. Mesdames et Messieurs, ce Conseil des ministres a également été l'occasion d'examiner un certain nombre de textes sur lesquels je vais revenir très brièvement mais qui ont pour fil rouge de poursuivre notre action de simplification drastique de nos procédures et de nos règles. Le premier ministre a présenté un projet de loi ratifiant une ordonnance relative au financement de la formation professionnelle et de l'apprentissage.

Elle facilite le recouvrement des contributions employeurs avec la mise en place d'un collecteur unique, l'Urssaf pour la plus grande partie d'entre elles, mais aussi l'utilisation d'une déclaration sociale nominative et la mensualisation de la taxe d'apprentissage. Le ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a quant à lui présenté plusieurs textes qui sont issus, je veux le dire, notamment d'un travail remarquable auquel a pris part René Ricol que je veux saluer ici. Premièrement, une ordonnance portant création du Registre national des entreprises au 1er janvier 2023.

Cette mesure prévue par la loi PACTE créera un outil de référence en matière d'information économique et juridique sur chacune des structures. Deuxièmement, une ordonnance généralisant la facturation électronique entre assujettis à la TVA. C'est là aussi une simplification majeure de la vie des entreprises qui pourrait apporter jusqu'à 4,5 milliards d'euros mais aussi améliorer la détection de la fraude encore massive à la TVA dans notre pays.

Enfin, une ordonnance présentée avec le ministre des Outre-mer portant réforme du Code monétaire et financier dans ces territoires. Elle a pour objet d'améliorer la lisibilité du droit bancaire et financier en outre-mer, de mettre à jour certaines dispositions et d'en introduire de nouvelles qui n'y étaient pas encore appliquées. Deux ordonnances ont aussi été présentées par le garde des Sceaux.

La première réforme le droit des sûretés qui constitue un enjeu économique primordial en matière d'octroi des crédits et de financement de l'économie. Ce texte rend le droit des sûretés plus simple, plus lisible et plus efficace, ce qui aboutira à des dispositifs plus sécurisants pour l'ensemble des parties prenantes. Enfin, la dernière ordonnance du garde des Sceaux concernait la réforme des procédures collectives, là aussi en application de la loi PACTE et d'une directive européenne relative au cadre de restructuration préventive.

Ces procédures visent, rappelons-le, à assurer le maintien de l'activité et des emplois. Ainsi nous renforçons les dispositifs de détection et de prévention des difficultés, afin de favoriser le recours aux conciliations. Le droit à une seconde chance des entrepreneurs individuels sera lui aussi renforcé.

Enfin le privilège de sauvegarde et de redressement judiciaire, disposition qui avait été prise, vous le savez, pendant la crise sanitaire pour faciliter le financement des entreprises en difficulté, sera pérennisé. L'ensemble de ces textes, je le disais, attestent de la poursuite d'un agenda de simplification ambitieux par le gouvernement. Voilà ce que je pouvais vous dire, Mesdames, Messieurs, du Conseil des ministres de ce jour et je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions.

Bonjour, Mathieu Coache, BFM TV. Vous nous dites que 9 soignants sur 10 sont maintenant vaccinés. Pourtant, dans les Antilles, l'obligation vaccinale n'existe pas pour les soignants.

Est-ce que c'est normal cette différence de traitement entre les [INAUDIBLE] et les départements d'outre-mer ? Pourquoi et est-ce que vous allez revenir sur cette décision de ne pas obliger les soignants des départements d'outre-mer [INAUDIBLE] ? D'abord je veux rappeler, vous l'avez indiqué, que plus de 9 soignants sur 10 se sont fait vacciner, que beaucoup de chemin a été parcouru au niveau national depuis l'allocution du président de la République.

Je le rappelais à l'instant, 64 % au début du mois de juillet, près de 90 % aujourd'hui et nous nous attendons en réalité à ce que ce soit un peu plus parce que certains soignants n'avaient pas déclaré à leur employeur qu'ils avaient été vaccinés. Et c'est aujourd'hui finalement " le moment de vérité " où un certain nombre d'entre eux feront connaître leur statut vaccinal à leur employeur. Je disais que nous allions appliquer cette règle partout, en faisant preuve au cas par cas de fermeté et de discernement.

J'évoquais tout à l'heure la situation hospitalière encore très tendue, notamment aux Antilles, qui fait suite à une vague de contaminations très forte et qui fait suite malheureusement à une sous- vaccination de la population localement, même si là aussi des progrès ont été effectués. Et, quand je parlais de discernement tout à l'heure, c'est qu'évidemment à un moment où notre hôpital est pleinement mobilisé, où des soignants sont arrivés en renfort, où les soignants se battent face à une saturation des hôpitaux dans ces territoires, même si la pression a évidemment commencé à diminuer heureusement, évidemment que nous faisons preuve de discernement. Mais, dès lors que la vague sera passée et que nous serons de l'autre côté de la vague, évidemment cette règle s'appliquera avec la même fermeté dans ces hôpitaux, dans ces territoires que dans le reste de notre pays.

Bonjour, Marie Chantrait pour TF1 LCI. Une question concernant l'accélération de l'inflation. Est-ce que vous confirmez que le SMIC sera bien augmenté ?

Oui, je vous le confirme. D'abord ce que je veux rappeler c'est que, depuis le début de ce quinquennat, nous avons une politique visant à favoriser le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent, et notamment de ceux qui travaillent avec les plus faibles rémunérations, ceux qui sont au SMIC. Nous avons augmenté la prime d'activité pour des millions de Français.

Nous avons défiscalisé les heures supplémentaires. Nous avons baissé les cotisations salariales, et je ne parle ici que des mesures qui concernent le travail puisqu'il y a aussi des mesures en matière d'impôts. Nous avons baissé l'impôt sur le revenu : 5 milliards d'euros pour 17 millions de ménages.

Nous avons supprimé la taxe d'habitation pour 80 % des Français, c'est 360 euros de gain en moyenne. Toute cette action, elle vise à augmenter le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent et, encore une fois, notamment de ceux qui travaillent avec les plus faibles salaires, parce qu'il faut toujours que travailler soit plus intéressant que ne pas travailler. Il y a eu une inflation très forte cet été, qui a été notamment tirée par une augmentation des prix des matières premières et des prix et des tarifs de l'énergie.

C'est aussi la conséquence d'une reprise économique très forte que nous constatons partout dans le monde et donc d'une demande très forte, notamment en termes de matières premières et d'énergie. Il y a donc, vous le savez, dans le cas d'une augmentation de l'inflation très forte, des règles qui s'appliquent, c'est la loi et nous avons toujours appliqué ces règles, et donc une revalorisation automatique dans ce cas, pour compenser cette augmentation des prix et pour compenser cette inflation, encore une fois dans une logique de préservation du pouvoir d'achat de ceux qui travaillent. Et donc cette règle a vocation à s'appliquer.

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, va réunir en fin de journée le groupe d'experts sur le SMIC. Elle aura l'occasion de s'exprimer à l'issue de cette réunion pour communiquer les détails de cette revalorisation. Une question aussi sur la flambée des prix des matières premières.

Est-ce que vous envisagez d'étendre à plus le chèque énergie, à plus de Français qui en bénéficient aujourd'hui ? Merci beaucoup. Je le disais il y a un instant, l'augmentation des prix de l'énergie a un impact pour beaucoup de Français, ce qu'indiquait Bruno Le Maire il y a quelques jours, c'est que nous anticipions que, à la suite de cette hausse très importante liée à la reprise économique, il y ait une stabilisation.

Mais sans attendre, nous avons agi sur ce sujet des difficultés de pouvoir d'achat liées à la facture énergétique depuis le début du quinquennat. Nous le faisons encore avec le plan de relance, de manière structurelle. Le meilleur moyen d'avoir une facture d'énergie qui baisse, c'est de pouvoir isoler son logement, et je veux rappeler le dispositif MaPrimeRénov', qui permet à tous les Français de bénéficier d'une prime jusqu'à 20 000 euros quand ils font des travaux pour isoler leur logement.

C'est un dispositif qui est de plus en plus connu, il y a de plus en plus de recours. On parle ici du long terme. Il y a évidemment la question du court terme, de la fin du mois pour des Français qui ont du mal à joindre les deux bouts.

Pour ceux qui travaillent, il y a les mesures que j'évoquais pour augmenter le pouvoir d'achat de celles et ceux qui travaillent, avec les revalorisations automatiques liées à l'inflation, mais aussi avec des mesures de soutien au pouvoir d'achat. Les mesures que j'évoquais tout à l'heure pour une personne au SMIC, c'est l'équivalent d'un treizième mois et d'un demi quatorzième mois à la fin de l'année grâce aux mesures que nous avons prises depuis le début du quinquennat. Et puis il y a des Français qui sont en précarité, des Français modestes, et là, nous avons un outil que nous avons élargi, qui est le chèque énergie, qui est une aide versée à plusieurs millions de foyers qui ont des difficultés à payer leurs factures d'énergie.

C'est une aide en fonction des revenus. J'ai en tête un montant qui va d'une cinquantaine d'euros à 200 euros environ. Évidemment, la situation actuelle, l'augmentation des prix, nous conduit à travailler sur ce dispositif et à regarder dans quelle mesure il est nécessaire de l'élargir pour qu'il puisse concerner plus de Français, plus de ménages en difficulté.

Il y a eu beaucoup de travaux qui ont été menés ces derniers jours par le gouvernement, et le Premier ministre aura l'occasion de faire des annonces sur ce sujet dans les jours qui viennent. Bonjour, Michel Rose, de Reuters. Je voulais revenir sur la vaccination.

On a atteint un très haut niveau en France à la fin de cet été, et pourtant, il y a toujours un point faible en France, c'est la vaccination des plus de 80 ans. Il reste encore 15 % des plus de 80 ans qui ne sont pas vaccinés, alors que dans d'autres pays européens, 100 % des plus de 80 ans sont vaccinés. On nous a parlé "d'aller vers", des mesures pour essayer de vacciner ces personnes, mais on a l'impression que ça stagne, en tout cas ces derniers mois.

Est-ce qu'il y a d'autres mesures qui sont prévues pour vacciner les plus vulnérables ? Merci. Vous l'avez dit, on a un très haut niveau de vaccination en France, qui nous place en tête, dans le peloton de tête si on veut être exact, des pays comparables.

On revient de loin sur ce sujet-là, et grâce à l'intervention du président de la République le 12 juillet, il y a eu un rebond exceptionnel de la vaccination cet été. Dans les six semaines qui ont suivi l'intervention du président de la République, c'est 12 millions de Français qui sont allés se faire vacciner. Par définition, vous le savez, c'est du bon sens.

Nos concitoyens qui ne sont pas vaccinés aujourd'hui sont probablement les plus difficiles à atteindre et les plus difficiles à amener à se faire vacciner. Soit parce que leur hésitation est très forte et qu'ils ne souhaitent pas se faire vacciner. Dans ce cas-là, le travail de pédagogie et d'échanges est évidemment beaucoup plus long.

Soit parce que, s'agissant notamment des plus âgés, ils sont très isolés, parfois peu ou pas accompagnés, et donc c'est très difficile de leur permettre de rejoindre un centre de vaccination. Bien souvent, il faut se rendre au domicile, mais encore faut-il les identifier. C'est pour ça que ce que nous continuons à amplifier, c'est notre action " d'aller vers ".

Nous continuons à l'amplifier, ce n'est pas simple, c'est évidemment difficile. Je veux saluer le travail remarquable qui est fait par évidemment les services de l'État, mais en lien avec les professionnels de santé localement, avec les associations, avec les collectivités locales, qui ont notamment le fameux fichier Canicule via les centres communaux d'action sociale, pour aller toucher les personnes les plus âgées. Je vais aussi revenir sur le rôle qu'ont, et que devraient avoir, je pense, encore davantage les médecins traitants puisque, vous le savez, nous leur avons donné la possibilité, avec autorisation de la CNIL, d'accéder aux fichiers de leurs patients qui sont vaccinés, et donc d'identifier leurs patients qui ne sont pas vaccinés.

Un médecin peut aujourd'hui avoir la liste de ses patients qui sont vaccinés, identifier ses patients qui ne le sont pas, et donc voir notamment parmi ces patients les plus âgés et fragiles, ceux qui ne sont pas encore vaccinés, et à ce moment-là leur passer un coup de fil. Plusieurs milliers le font, beaucoup le font, mais on peut évidemment faire davantage. C'est cette action que nous allons poursuivre, parce que nous savons que les plus âgés sont les plus à risque de faire une forme grave.

C'est un risque pour eux, mais c'est évidemment aussi un risque pour notre hôpital. Bonjour, Monsieur le ministre Sami Sfaxi pour Canal+ C News. Eric Zemmour est crédité entre 8 et 10 % dans les sondages.

Il serait possiblement candidat à la présidentielle. Est-ce que ça vous arrange ? Est-ce que ça vous inquiète ?

Vous savez, c'est une règle que je me suis fixé ici : je ne m'exprime pas sur la politique entre guillemets " politicienne ", les élections, etc. Je suis ici dans mon cadre très institutionnel de porte-parole du gouvernement à la suite du Conseil des ministres, où je vous rend compte de l'action du gouvernement. Mais je me rends régulièrement sur des plateaux de télévision, je réponds à la presse en tant que responsable politique.

Je peux m'exprimer sur ces sujets-là, et je suis sûr que j'aurai l'occasion de le faire à nouveau, puisque ça a déjà été le cas, dans les jours qui viennent. Bonjour, Julie Marie-Leconte, France Info. Je reviens sur ce que vous nous disiez sur l'augmentation notamment du prix du gaz.

Nous avons évoqué un certain nombre de dispositifs pour les familles les plus précaires. Les classes moyennes semblent assez souvent oubliées dans ce genre de débat, qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui ? Précisément, vous avez raison, les classes moyennes aujourd'hui, c'est-à-dire les Français qui travaillent avec de plus faibles revenus que les autres, qui subissent l'augmentation des prix de l'énergie et dont le revenu ne permet pas suffisamment d'assumer ces dépenses, sont très impactées.

Ce que je vous disais à l'instant, c'est que c'est aussi le sens des mesures que nous prenons depuis 2017, pour que leur travail paye plus. Quand on revalorise la prime d'activité pour toutes ces classes moyennes, quand on défiscalise les heures supplémentaires, quand on prend toutes nos mesures sur l'impôt sur le revenu pour les premières tranches, sur la suppression de la taxe d'habitation pour 80 % des Français, précisément, on prend des mesures qui visent à augmenter le pouvoir d'achat des classes moyennes. Maintenant, je disais à l'instant qu'il y a une augmentation très forte, soudaine, des prix de l'énergie cet été, qui est liée à la reprise économique, qui concerne, il faut le dire, l'intégralité du monde, que nous avons travaillé et travaillons à des mesures supplémentaires, et que le Premier ministre aura l'occasion de s'exprimer dans les jours à venir.

Sur le discernement que vous évoquez quant à l'obligation vaccinale outre mer, je vous avoue que je n'ai pas très bien compris votre réponse, parce qu'il semble qu'il y ait un paradoxe dans la mesure où, précisément, le Covid étant une maladie qui se transmet aussi à l'hôpital, on a le sentiment que, outre mer et dans les départements où le virus circule encore beaucoup, c'est l'endroit même où il faudrait que soit cette obligation d'être vacciné. Est-ce que c'est une forme d'aveu d'impuissance face à la fois à la question du recrutement de personnels hospitaliers outre mer et face à la situation de l'hôpital public dans ces territoires ? D'abord, l'hôpital public dans ces territoires est soutenu.

Je pourrais vous citer les projets d'investissements colossaux qui sont portés par l'État depuis plusieurs années pour construire ou reconstruire des établissements hospitaliers. Évidemment qu'il y a des mesures pour favoriser le recrutement de personnels soignants localement. Je veux rappeler aussi la mobilisation exceptionnelle des soignants de la réserve sanitaire, notamment, qui ont été mobilisés depuis le coeur de l'été sur place.

Je crois qu'on est à 2 000 soignants qui auront été mobilisés en tout. Maintenant, je vais vous dire les choses le plus clairement et le plus concrètement possible. Vous avez des hôpitaux qui sont encore très tendus, qui sont pour certains à la quasi saturation.

Si vous avez un personnel soignant, qui intervient dans cet hôpital pour soigner des patients dans un contexte de tension extrême, qui aujourd'hui n'est pas vacciné, est-ce que vous le suspendez comme vous le faites dans un hôpital où la tension n'a rien à voir et où elle n'est pas aussi forte ? Il faut faire preuve de discernement de manière temporaire tant qu'on est encore sur le quasi sommet de la vague. Mais ce que je disais à l'instant, c'est que la situation commence à s'améliorer, qu'elle s'améliore même nettement dans certains territoires, et que dès que ce sera possible, nous appliquerons la règle de la même manière partout sur le territoire.

Encore une fois, je comprends ces questions, mais ce que je pense, ce que j'aimerais, c'est qu'on consacre autant de temps à parler des endroits où épisodiquement il peut y avoir, pour des raisons de discernement, de pragmatisme, une règle qui est appliquée avec souplesse dans un premier temps qu'on en consacre à parler de la totalité du reste de notre territoire où la règle est appliquée avec fermeté, qu'on passe autant de temps à parler, comme le font beaucoup de médias, des 8, 9, 10 % de soignants qui ne se sont pas fait vacciner qu'on en passerait à parler des 90, 91, 92 % de soignants qui ont eu la responsabilité de se faire vacciner. Je reviens sur les annonces en matière de politique de sécurité. Vous nous dites : doublement à 10 ans.

Il y a une élection présidentielle dans sept mois. Est-ce que ça veut dire que vous considérez la victoire comme acquise ? Est-ce que ça veut dire que ce ne sont pas des engagements, mais que ce n'est qu'une vision, ou est-ce que vous prévoyez des mécanismes qui font que le travail engagé maintenant ne sera pas perdu dans sept mois en cas d'alternance ?

Il y a eu un premier temps dans ce quinquennat, en matière de sécurité, qui visait à mettre fin à l'hémorragie, notamment en termes d'effectifs. Dans certains quinquennats précédents, ce sont plus de 10 000 postes de policiers et de gendarmes qui ont été supprimés. On en recrée 10 000 sur ce quinquennat.

Mettre fin à l'hémorragie aussi en augmentant les budgets : 2 milliards 500 millions d'euros de plus depuis le début du quinquennat, on rajoute 1 milliard et demi l'an prochain. On aura renouvelé les deux-tiers du parc automobile, rénové 700 commissariats et casernes à la fin de cette année 2021. On augmente aussi la rémunération de nos policiers avec une augmentation de l'indemnité de 100 euros nets par mois pour nos forces de l'ordre.

Il y a cette action qui était une action d'urgence, d'investissement. Et puis le Beauvau de la sécurité a permis d'aller au plus profond des difficultés, d'imaginer pendant plusieurs mois de travail, avec l'ensemble des parties prenantes, des solutions plus pérennes, plus durables en s'inscrivant sur le temps long, parce que la sécurité, c'est aussi une affaire de temps long. Et si on veut changer profondément la manière dont nos policiers et nos gendarmes sont formés, la manière dont ils exercent au quotidien, la manière dont les Français sont protégés en ayant davantage de présence sur le terrain, il faut prendre date avec nos forces de l'ordre et s'inscrire dans du temps long.

Vous savez, on a dit depuis le début qu'on agirait jusqu'au dernier quart d'heure. Qu'est-ce que ce serait si, sous prétexte qu'il y a une élection présidentielle dans 8 ou 10 mois, on se mettait tout d'un coup à dire : écoutez, il y a une élection présidentielle dans 8 ou 10 mois, on va arrêter d'agir. Non !

Évidemment, que jusqu'au dernier moment, on continuera à agir. Donc, oui, il y aura une loi de programmation qui sera présentée et adoptée en Conseil des ministres début 2022. Ensuite, vous l'avez dit, il y a évidemment des échéances électorales.

J'imagine que quel que soit le gouvernement qui aura été nommé après cette élection présidentielle, en tout cas je l'espère, ils auront à coeur de s'engager sur ce sujet de la sécurité. Ils disposeront pour cela d'un projet de loi qui aura été adopté en Conseil des ministres, transmis au Parlement, qui permettra d'aller plus loin pour la sécurité des Français. Merci.

Bonjour, Ania Nussbaum de Bloomberg. Juste une précision sur les prix de l'énergie. Vous disiez que le gouvernement s'attend à une stabilisation des prix de l'énergie dans les prochains mois, c'est ça ?

Je faisais référence à des propos de Bruno Le Maire qu'il a tenus dans La Presse. Je ne sais plus chez qui c'était, mais c'était chez certains de vos de vos confrères. Évidemment, en tout cas, on l'espère, mais je vous renvoie aux propos de mon collègue.

Bonjour, Laurence Benhamou, AFP. Monsieur Castex a donné son feu vert à de nouvelles salles de shoot à Paris. Au passage, on comprend qu'il a arbitré pour prolonger ses expérimentations de salles de shoot dans les grandes villes.

Est-ce que vous estimez que c'est la bonne solution, qu'il faut les multiplier dans les grandes villes ? Que répondez-vous aux riverains qui s'inquiètent, par exemple comme dans ce quartier où il y a une école près de laquelle se trouverait une de ces salles ? Et deuxième question, il y a beaucoup de mesures qui sont annoncées en ce moment, et qui sont financées par le plan de relance post-Covid.

Que répondez-vous à ceux qui disent que finalement, ça tombe très, très bien pour une campagne, de financer : on sort le carnet de chèque avec cette manne à laquelle on ne s'attendait pas. Merci. Sur le premier point, c'est une solution importante qui est permise par la loi.

Vous le savez, c'est une loi qui a été adoptée en 2016 à l'initiative de Marisol Touraine. C'est un dispositif qui permet d'accompagner des consommateurs de drogue vers le sevrage. Ça s'appelle les salles de consommation à moindre risque.

S'agissant de la situation, très difficile pour les toxicomanes, pour les riverains, que nous constatons dans le Nord-Est parisien, nous avons une volonté qui est claire, répétée, c'est de permettre aux riverains de retrouver le calme et la sécurité dans leur quartier, et d'offrir une solution de sevrage durable aux consommateurs qui sont présents. Nous voulons trouver des solutions, et nous avons pris notre part pour les trouver. Je veux rappeler que, conformément à notre engagement, une unité de police est présente durablement sur le terrain, parce qu'évidemment, la première des priorités, c'est de mettre fin aux trafics et d'interpeller les trafiquants.

Je veux rappeler que 400 places de repos ont été installées, et que nous continuons évidemment à en chercher, que les services de l'État sont mobilisés et que nous souhaitons continuer à avancer avec les autres acteurs, notamment la mairie de Paris. Et la mairie de Paris a fait part de son souhait d'installer des salles de consommation à moindre risque pour accueillir les toxicomanes. Je rappelle que ce dispositif a pour vocation de les accompagner vers le sevrage, de les mettre dans un processus qui vise à les conduire vers le sevrage.

Elle a proposé plusieurs lieux, je crois qu'il y en a quatre, et nous lui avons répondu que nous étions évidemment prêts à continuer à avancer pour trouver un lieu localement pour installer ce dispositif. C'est évidemment la première responsabilité de la mairie de Paris, qui propose. Et nous, ensuite, on regarde, on instruit et on autorise le cas échéant.

Ce que nous lui avions répondu, et le Premier ministre l'a fait par courrier, c'est qu'il nous semble juste totalement impossible d'installer une de ces salles à proximité immédiate d'une école, comme cela a été proposé par la mairie de Paris. Ça, ce n'est juste pas possible. On ne peut pas installer ce dispositif, qui vise à accueillir des toxicomanes pour les accompagner vers le sevrage, collé à une école.

Donc on a dit : c'est non ! Maintenant, il y a d'autres propositions qui sont faites. On espère qu'il y en aura d'autres.

Notre souhait, c'est de continuer à avancer dans la concertation avec les services de l'État, avec les collectivités locales, avec les riverains. Ce n'est pas dans la brutalité. Sur le deuxième sujet que vous avez évoqué, notre pays a fait face à une crise historique, et notamment une crise économique.

Notre conviction, et je pense que pour l'instant, les faits économiques nous donnent raison, c'est qu'il a fallu faire pour ça le " quoi qu'il en coûte ", qui a été l'occasion de dépenses évidemment nécessaires pour protéger les entreprises et les emplois dans notre pays. Si on n'avait pas fait le " quoi qu'il en coûte ", on aurait probablement dû dépenser deux ou trois fois plus dans les années à venir par ce qu'on appelle des dépenses passives pour des personnes qui se seraient retrouvées par millions au chômage ou des entreprises qui auraient fait faillite. Donc, on a eu raison de faire cette politique.

Ensuite, si on veut que notre économie reparte, il faut évidemment la relancer. Pour ça, il y a un plan de relance européen qui a été décidé, qui finance 40 % du plan de relance français. Et puis, il y a un plan de relance français qui se déploie.

On a aujourd'hui de très bons indicateurs. On prévoit une croissance de 6 % en 2021, c'est nettement au-dessus de la zone euro. On nous annonçait un million de chômeurs en plus, on est retombés aujourd'hui au taux de chômage que connaissait notre pays avant la crise du Covid.

Donc, les signaux économiques montrent que notre réponse économique est bien calibrée. Et évidemment que notre responsabilité absolue, c'est de continuer à relancer l'économie de notre pays indépendamment des échéances qui arrivent. Imaginez, encore une fois ce que je disais tout à l'heure à Julie Marie-Leconte, imaginez ce qu'on nous dirait si aujourd'hui on se mettait à arrêter d'agir sous prétexte qu'il y a une élection.

Ça devrait déjà être le cas normalement : on est un président élu pour cinq ans, le gouvernement est nommé, il doit agir jusqu'au bout. Mais en période de crise sanitaire, de crise économique, ça se justifie encore plus d'agir jusqu'au bout et d'être au rendez-vous de nos responsabilités. Pour rebondir sur vos propos sur la situation difficile dans le Nord-Est parisien avec la présence de toxicomanes, vous avez dit : Nous avons fait notre part.

Est-ce que vous sous-entendez ou est-ce que vous dites que la mairie de Paris n'a pas fait sa part ? Ce n'est pas ce que je dis. Ce que je dis, c'est qu'on a fait notre part, je le disais tout à l'heure, avec la mobilisation de forces de l'ordre de manière pérenne, supplémentaire, pour lutter contre les trafics, en dégageant des moyens financiers pour des places de repos, pour des professionnels de santé, qu'on est prêt à apporter des moyens financiers supplémentaires, et ce sera notamment un financement via l'assurance maladie pour le dispositif issu de la loi Touraine en 2016, que veut mobiliser la mairie de Paris, mais que pour ça, il faut identifier des lieux où ça se tient.

Donc, quand j'avais été interrogé sur ce sujet-là, vous vous en souvenez, il y a quelques mois, j'avais dit qu'on attendait les propositions de la mairie de Paris. Les propositions sont arrivées. Parmi ces propositions, il y a le fait d'installer une de ces salles à proximité immédiate d'une école.

Ça nous semble juste totalement impossible. Donc, c'est ce qu'on a répondu à la maire de Paris. Et nous, on est prêts à continuer à avancer, parce que c'est un enjeu majeur pour les riverains et pour les toxicomanes.

S'il n'y a pas d'autres questions, je vous remercie et je vous dis à la semaine prochaine.