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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 29 avril 2025 25 min

Jérôme Durain sur le narcotrafic : « Il y a une espèce de surenchère hyper sécuritaire »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On commence cette émission comme tous les jours avec le sénateur du jour Jérôme Durin, sénateur socialiste de Soné Loire et auteur de la proposition de loi contre le narcotrafic. On va en parler mais d'abord une question sur les prisons. Non, d'abord on va parler des unes de la presse régionale puisque on va commencer comme chaque jour par regarder trois titres de la presse régionale.

D'abord la une du courrier Picard avec ces boulangers en colère qui veulent être autorisés à travailler le 1er mai et qui ne se laissent pas mener à la baguette. Ensuite, il y a la dépêche du midi et la révolte des médecins face à une proposition loi qui prévoit de réguler leur liberté d'installation pour mieux lutter contre les déserts médicaux. Et puis la une de Paris-Normandie qui célèbre et bien le premier vote des Françaises il y a 80 ans le 29 avril 1945.

Quelle une vous choisissez Jérôme Duran ? Ah, il y a match entre la 2 et la 3, mais je vais quand même prendre celle sur la révolte des médecins parce que je considère que ce sujet euh celui du service public en général mais notamment le service public de santé est un sujet central dans le pacte républicain et que euh ce défaut d'accès euh à la santé, ce soit milieu rural parce que les déserts médicaux, on pense tout de suite à la ruralité mais aussi les zones urbaines où ça devient très difficile de se faire soigner. C'est un des sujets qui éloigne les Français du service public, de la République, de la démocratie et qui mène à des votes de colère parce que l'État républicain, il doit à chacun de pouvoir être en bonne santé et on en est plus là aujourd'hui.

Donc ce sujet sur les déserts médicaux, les propositions de Guillaume Garot, par exemple, parosition de loi qui député sont sont centrales et il faut qu'on qu'on résolve ce ce sujet. Donc il faut empêcher certains médecins de s'installer par exemple dans des zones surdotées en professionnel de santé. Je sais pas quel est le système si c'est celui-là qui doit être le le le point d'arrivée.

En tout cas, il faut garantir que ceux euh qui sont dans des zones sous-dotées, ceux des habitants de ce pays qui sont dans des zones sousées ont accès à la santé. Alors, on a d'autres systèmes alternatifs qui sont proposés, mais il faut trouver une solution parce que ça va ça va exploser. Il est urgence.

Alors, on va parler des prisons puisque le ministre de la justice, Gérald Darman, on l'a entendu, a proposé hier et bien de faire payer les détenus euh pour leur frais d'incarcération. Est-ce que c'est une bonne idée ? Alors, si euh il s'agit d'être sur le podium des idées euh à Nois, euh là, je crois que avec les les OQTF et Saint-Pierre et Miclon, on est pas mal.

Il reste encore une place, il y a match. Non, franchement, on est dans la démagogie la la plus la plus caricaturale. Il y a quelque chose de de vicsié dans le débat public et une espèce de surencher sécuritaire qui tourne parfois au ridicule.

Et je crois que malheureusement la proposition du garde des saut, elle s'inscrit dans ce cadre-là. Enfin, l'État régalien, c'est quoi ? L'État, c'est quoi ?

C'est d'abord assurer la sécurité des populations. Un état qui n'est même plus en capacité de garantir qu'on peut emprisonner ceux qui ont été délinquants ou criminels, il fait pas son boulot. Donc on va pas aller faire la les poches des détenus pour financer leur incarcération.

C'est le travail de la nation ça. Alors je dis pas que on peut pas imaginer des peines complémentaires, des amendes, des privation, des comment dire saisies des confiscations de biens et d'ailleurs on le propose dans la loi de l'arcotrafic. Je suis pas particulièrement laxiste enfin là c'est quand même vraiment des mago.

C'est de la démagogie selon vous. Alors 25 personnes ont été interpellées dans euh le cadre de l'enquête sur les attaques contre les prisons et les agents pénitentiaires qu'on a connu euh ces derniers jours. Des suspects qui sont liés au narcotrafic et notamment à la désaide mafia selon le ministre de la justice.

Ça veut dire que là actuellement les narcotrafiquants essayent vraiment d'intimider l'État. On a franchi une nouvelle étape dans cette guerre contre les narcos. C'est un débat qu'on a eu au moment où la commission d'enquête sur l'arcotrafic dont on avait rendu les conclusions le 14 mai 2024 avait été présenté et beaucoup nous demandaient est-ce qu'on est un arcoétat ?

Non, la France n'est pas un narcoétat mais on est sur une pente glissante et certains phénomènes inquiètent et il est pas nouveau que certains narcotravail fréquents s'organisent. On l'avait déjà connu en fin 2024 quand dans les prisons, il y avait eu un appel à déposer des demandes de mise en liberté et l'objectif était de saturer euh l'activité judiciaire pénitentiaire. Donc il y a une capacité d'organisation des narcos.

On sait que par les réseaux, ils sont très actifs et il y a une confrontation avec l'État et effectivement c'est une c'est un corps qui résiste contre l'agression que la puissance publique est en train de produire avec cette loi narcotraique. Et donc je pense que il faut qu'on aille au bout, il faut qu'on soit ferme et il faut que on montre que tout ça n'est plus acceptable et qu'il y a vraiment un péril sur les intérêts fondamentaux de la nation. C'est une réaction notamment à la création de prison de haute sécurité pour les narcotraafiquants les plus dangereux. cette mesure là, elle va elle va vraiment ennuyer pour rester poli ces ses réseaux.

Bah le le garde des saut ne fait pas mystère euh de sa volonté d'impressionner avec ce dispositif qui est d'ailleurs contesté. C'est un élément fort dans le débat public. Jusqu'où on va dans le durcissement des règles d'incarcération ?

Est-ce que c'est respectueux des libertés publiques ? et et je pense qu'effectivement il y a cette dimension de contrainte qui vise à faire peur au narcos. Donc forcément, il y a une réaction de la part des narcos mais il faut qu'on tienne bon parce que il y a un danger pour le pays.

Alors on va en parler puisque le Sénat a voté hier définitivement la proposition de loi, votre proposition de loi sur le narcotrafic. On va en parler avec notre journaliste parlementaire Stéphane Dug. [Musique] Bonjour Stéphane.

Bonjour Alexandre. Bonjour monsieur Duran. Bonjour.

Alors la boucle est bouclée pour la loi narcotrafic au Sénat puisquehier les sénateurs ont adopté les conclusions de la commission mixte par terre sur cette proposition de loi transpartisane. Oui Alexandre et sans suspense le texte que vous avez proposé Jérôme Durin avec votre collègue Étienne Blanc a été adopté hier à l'unanimité. Un texte puissant dit Bruno Rotaille.

On l'écoute. C'est hier au Sénat. Ce texte va déranger le milieu du narcotrafic.

Nous leur avons déclaré la guerre et c'est la raison pour laquelle ils veulent aussi nous faire la guerre. simplement avec le texte qui j'espère sera voté dans les mêmes circonstances avec la même majorité, la même unanimité que le 4 février dernier. Désormais, nous avons un arsenal qui va tout changer.

C'est pour ça que je dis qu'il y aura un avant et un après puisque c'est l'état que nous allons totalement réorganiser. Jérôme Durin, est-ce que vous partagez cette analyse de Bruno Rotaillou ? Vous avez visé juste avec cette loi narcotrafic ?

Bah, malheureusement, on ne le sera qu'après. En tout cas, je crois que la réaction euh euh de la puissance publique euh du parlement, du gouvernement dans une configuration qui est assez originale d'ailleurs parce que c'est de l'initiative parlementaire sur des sujets qui des sujets qui sont régaliens. C'est la justice, l'intérieur, normalement, c'est un projet de loi.

Il se trouve que là, c'est une proposition là, c'est assez atypique. Euh, on a quand même des mesures qui sont nouvelles. D'abord, c'est un acte de lucidité.

On sort du déni menace est particulièrement grave. de on se dit que c'est une priorité politique publique avec une nouvelle organisation, le PNACO, l'Étatmajor et puis c'est enfin une boîte à outils avec plein de moyens euh qui devraient quand même permettre aux gendarmes policiers au parquet national parquet national anticriminalité organisée. Voilà donc là avec cette organisation et ces outils nouveaux, on devrait quand même faire du mal au narcotrafiquant.

Alors justement Stéphane, rappelez-nous ce qu'il y a concrètement dans la dernière version de ce texte. Ben, vous le disiez Jérôme Durin, il y a ce Pnaco, le parquet national antiriminalité organisé, un nouveau parquet sur le modèle de ce qui se fait avec le parquet national financier ou le parquet national antiterroriste par exemple. Il verra le jour en 2026 et signe qu'il est consensuel.

Il a été largement plébiscité dans tous les rangs hier lors du vote au Sénat. Et puis parmi les mesures relativement consensuelles, il y a aussi la refonte du statut de repenti. Oui, ce qui se fait sur le ce qui se fait sur le modèle italien.

L'idée est de rendre ce statut plus attractif, d'inciter les criminels à coopérer avec la justice. Selon les conditions, ils peuvent espérer voir leur peine réduite de 2/3 et par exemple avoir la possibilité d'utiliser un nom d'emprunt. Alors ça c'est un exemple de mesures consensuelles, mais il y a aussi des mesures plus irritantes dans ce texte.

Par exemple, la création d'un dossier coffre avec des procès verbaux distincts. Cela permet de cacher certaines techniques d'enquête aux avocats des narcotrafiquants et donc aux narcotrafiquants eux-mêmes. Une mesure critiquée par les avocats et par la gauche, Jérôme Durin, vous en étiez.

Qu'est-ce qui fait que finalement vous avez pu trouver un compromis sur cette mesure ? parce qu'on a bien travaillé sur le sujet notamment ici au Sénat, la commission des lois où avec des parlementaires qui ont d'ailleurs un passé d'avocat, on a essayé de euh trouver les modalités par lesquelles ce procès verbal distinct, puisqu'on appelle plus euh c'est un dossier CF, ce procès verbal distinct euh permet euh de concilier les droits de la défense et la nécessité de protection. C'est quoi le sujet ?

C'est la protection comme l'anonymat l'anonymisation la pseudonymisation pour les policiers ou les agents pénitentiaires en a parlé tout à l'heure. L'idée c'est de protéger ceux qui mettent en place des techniques spéciales d'enquête pour qu'ils ne deviennent pas la cible des narcotrafiquants. Parce que les narcotrafiquants, ils menacent ils menacent la société, il menacent tous ceux qui sont en première ligne et donc le le procès verbal distinct c'est un des outils de la protection de ceux qui luttent contre les narcotrafiquants.

Et alors, il y a un autre sujet qui a fait grincer des dents vos collègues écologistes cette fois. La création des quartiers haute sécurité, vous en parliez quelques minutes, et le fameux régime d'isolement strict voulu par Gérald Arrmanin. Vous avez réussi à faire que le délai soit ramené à 1 an renouvelable et plus et pas 2 ans renouvelables comme le souhaitait le ministre, mais ça n'a pas suffi aux écologistes qui se sont abstenus.

Hier, on écoute Gibaroche, c'était hier au Sénat. Le consensus du Sénat, celui de la commission d'enquête n'est plus là alors que ce texte aurait pu rester transpartisant grâce à sa volonté au réel mesure qu'il porte pour s'attaquer vraiment aux organisations du narcotrafic et à leurs dirigeants. Tout comme pour la loi immigration, nous ne pouvons voter une loi qui manifestement comp mesures non constitutionnelles.

Nous répétons le danger que représente cette méthode qui cherche à écrire des mesures d'affichage pour rejeter la responsabilité vers le Conseil constitutionnel de censurer des mesures présentées à tort comme des outils naturels. Alors, je le rappelle, ils avaient voté la loi narcotrafic en première lecture. Est-ce que vous comprenez les réticences exprimées hier par votre collègue écologiste Guyaroche ?

Ça a été un débat à gauche aussi le Parti socialiste et le parti de Robert Badinter, celui qui a supprimé les quartiers de haute sécurité. Donc ces modalités d'incarcération, leur caractère très dur. euh il est normal qu'elles interrogent dans le débat public et particulièrement à gauche.

Mais je crois qu'avec euh euh le la le réexamen tous les 12 mois euh de la situation euh des détenus ou des prévenus qui seraient mis dans ces quartiers d'isolement, on a trouvé un point d'équilibre qui rend la loi acceptable. Je signale quand même au passage que dans la commission d'enquête, nous avions signalé le sujet de l'isolement des détenus les plus dangereux parce que on voit bien que la prison, c'est devenu un endroit depuis lequel euh on pilote des trafics. Ce qui est assez intéressant dans les dernières affaires, c'est qu'on sort euh des prisonniers de leurs cellules parce que ce sont eux qui sont à l'origine des actes criminels qui pilotent les trafic, ça être plus acceptable.

Dernière question sur ce sujet du narcotrafic sur les consommateurs de drogues. Alors, c'est un volet qui n'est pas abordé par cette proposition de loi. Est-ce qu'il faut sanctionner plus fermement les consommateurs de drogues ?

C'est par exemple ce que souhaite Bruno Rota ou le Rassemblement national. Qu'en pensez-vous ? Euh, je ça rejoint un peu le le début de nos échanges tout à l'heure.

On a une espèce de surenchère hypers sécuritaire. Moi, je suis pour une posture sécuritaire qui fonctionne. Je veux pas qu'on se paye de mots et qu'on en rajoute toujours un coup plus loin, une proposition euh originale mais inapplicable.

Et donc sur la consommation, il va falloir que ce pays ait le même courage que sur le trafic lui-même, sur la criminalité et qu'on se dise c'est quoi la réalité de la consommation, comment on soigne les gens, quelle prévention on fait ? Est-ce que certains stupéfiants doivent faire l'objet d'une sortie de la prohibition ? Certains pays ont essayé, nous n'avons pas essayé.

Donc on a fini le travail sur l'offre et maintenant il faut qu'on fasse le même travail avec la même qualité, avec le même dispositif transpartisan sur la consommation parce qu'on voit bien que c'est pas en disant on va taper, on va taper, on va criminaliser, le fumeur de joint est un criminel qu'on résout les choses, ça ne résout rien. Donc moi je veux des choses qui fonctionnent. Donc prévention et soigner notamment certaines personnes consommatrices de drogues.

Merci beaucoup Stéphane. On se retrouve dans 30 minutes dans le club territ. On parlera de l'impopularité de l'exécutif, une impopularité record pour François Baou pour le deuxème mois consécutif.

On décryptera tout ça effectivement. À tout à l'heure Stéphane, Jérôme Durin. On va revenir sur l'attaque au couteau de la mosquée de la Grandcombe dans le département du gare.

Une attaque qui a fait un mort. Un mot quand même sur les réactions politiques, la mobilisation après ce drame. Est-ce que si une telle attaque s'était passée dans une synagogue ou dans une église, la mobilisation n'aurait pas été plus forte ? notamment de la part des politiques, est-ce qu'il n'y a pas un de poids de mesure ?

Si, évidemment. D'ailleurs, vous posez la question à dessin, c'est que évidemment il y a un de points de mesure et euh euh on a un problème dans la société française avec euh la religion musulmane, avec l'islam. Et on voit bien que tous les discours qui sont d'ailleurs dans le bain de ce que je décrivais à l'instant, un bain sécuritaire, un bain de stigmatisation, conduisent à ça.

Et on voit bien que je comprends nos nos compatriotes musulmans qui se sentent mal à l'aise dans la République parce que la figure du du français musulman, ça n'est plus une figure ordinaire. C'est quelqu'un qui est soupçonné de n'être jamais très éloigné d'un islam radical, voire pire. Donc il va falloir que la République elle baisse dans le ton et qu'on retrouve euh quelque chose de plus équilibré.

On a besoin d'un d'un sursaut de fraternité dans ce pays, queles que soient les confessions, queles que soient les communautés. Et tous ceux qui alimentent un climat haineux, violent contribuent à euh la dureté de ce qui se passe et à certains actes criminels parce que on pousse dans leur retranchement les plus fragiles, les plus faibles, ceux qui ont des problèmes psychologiques et ça amène à des drames comme cela. Par exemple, quand le ministre de l'intérieur disait il y a plusieurs semaines dans une réunion publique abas le voile, est-ce que ça alimente ce climat ?

Ben en tout cas, moi je pense que euh il faut que chacun euh se ressaisisse, qu'on revienne sur le cœur du principe de laïcité et qu'on revienne sur le cœur euh de la fraternité. Parce que euh si on continue dans cette loi-là, alors les juifs, les musulmans, les catholiques, qui sais-je encore, seront stigmatisés. La République, elle est une et indivisible.

Chacun a le droit d'être dans le choix confessionnel, le choix philosophique qui est le sien et on ne peut pas stigmatiser le racisme, les haines, les discriminations. Ça n'est pas la République que je veux. Bruno Rot, le ministre de l'intérieur qui a mis 2 jours avant de se déplacer sur les lieux de ce crime.

Est-ce qu'il a trop tardé ? Ça n'a échappé à personne. Euh évidemment euh il y a toujours un soupçon, je l'ai dit euh euh quand il s'agit euh euh d'un fait d'hivers qui tient à quelqu'un de confession musulmane et c'est pas acceptable.

La République, elle doit être euh vigilante à être euh équilibrée vis-à-vis de tous. Sur ce point, le ministre et ancien socialiste Manuel Vals euh refuse d'ailleurs comme Renault Rotaillot et les membres du RA nationale de parler d'islamophobie pour qualifier ses faits. Est-ce que c'est une manière d'amoindrir le phénomène ?

C'est je je crois que ce sujet sémantique, il est euh il est périphérique. Euh c'est-à-dire que le peu importe il y a quelqu'un qui a été assassiné, il était musulman, euh que ce soit l'islamophobie ou autre chose, il faut le prendre en tant que tel. C'est un fait extrêmement grave et ce serait arrivé à une autre religion, on n'urait pas eu ces ces débats.

Donc il y a quelque chose qu'il va falloir quand même que que le débat public tranche. Faute de quoi d'autres faits vont se produire. Alors comme chaque jour, on va regarder l'actualité dans nos régions et aujourd'hui dans votre département.

Jérôme Durin dans de votre département de Sonir. On va aller à Chalon sur retrouver et bien nos partenaires du journal de Sonloir avec Emmanuel Boul. Bonjour.

Bonjour Emmanuel Boulan. Je rappelle que vous êtes chef d'information au journal de Son Loire et vous voulez nous parler aujourd'hui et bien de l'élection législative partielle qui va avoir lieu dans ce département. Ce sera à la fin du mois de mai avec une gauche qui part en ordre dispersé. une gauche façon puzzle.

Voilà, je voulais poser une question. Monsieur Durin, bonjour. Vous avez à doubé le candidat PS sur cette législative partielle du 18 mai contre la candidate et les filles.

Madame Courich, est-ce que vous assumez cette fracture du nouveau front populaire ? Est-ce que le nouveau front populaire est mort ? Monsieur Durin, je crois que la question qu'il faut poser, c'est dans quelle configuration la gauche peut gagner cette circonscription qui était détenue jusque là par le Rassemblement national et c'est évidemment pas la France insoumise.

Le problème c'est que on peut pas dire nous sommes pour l'unité, c'est ce que fait la France insoumise et par ailleurs faire des caricatures où on met Olivier Fort et Marine Leben sur le même plan. Donc le nouveau fru populaire, c'est pas les socialistes qui l'ont abîmé. C'est quand même une attitude globale de la France insoumise sur des positions politiques.

On parle de la loi narcotrafic depuis tout à l'heure. Les ceux qui vote contre, alors que c'est un sujet de sécurité majeur pour nos concitoyens, c'est la France insoumise. Donc on a des divergences politiques, on a des divergences stratégiques autour de la personne de de Jean-Luc Mélenchon, on a des différences sur les pratiques politiques.

Je la bordélisation, la brutalisation du débat public, elle fait beaucoup de tort à la gauche. Donc nous en ayant une candidature de très bonne qualité avec Clément Munier, on veut dire que il y a la place pour une gauche qui soit une gauche de gouvernement, qui soit une gauche vraiment à gauche, qui est dans le respect d'un débat public équilibré. Et moi, je comprends l'aspiration à l'unité des des militants des sympathisants qui veulent qu'on gagne, mais c'est sans doute davantage avec les socialistes qu'on gagnera qu'avec une tentative d'une candidate LFI.

Donc plus d'union de la gauche quitte à perdre certaines circonscriptions. Ben je crois qu'il faut être clair. Moi, je suis très surpris du du nombre de messages que j'ai eu et qui nous disait en substance enfin enfin parce qu'on voit bien que LFI nous emmène dans le mur sur les pratiques politiques.

Moi, je suis ulcéré de ce qui s'est passé après le 7 octobre et le fait que, par exemple, la communauté juive soit en partie tourner vers le Rassemblement national, c'est une c'est une blessure historique parce que et les filles a donné le sentiment de se tromper complètement de combat. Donc les socialistes, ils savent quel est leur combat et sur les législatives, ils assumeront une ligne avec laquelle ils seront tout à fait à l'aise. Merci beaucoup Emmanuel Boulant pour votre question et votre intervention.

On va regarder la une aujourd'hui du journal de Son Loire qui est consacré au débat sur la fin de vie et à ce témoignage André qui souhaite mourir dans la dignité. Merci beaucoup Emmanuel. Jérôme Durin, on continue à parler des questions politiques et notamment de la gauche.

On va évoquer le congrès du Parti socialiste qui aura lieu du 13 au 15 juin prochain à Nancy avec pour l'instant trois candidats qui brigent le parti. Olivier Fort, candidat à sa succession, Nicolas Maer Rossignol, maire de Rouan et puis Boris Valallot, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Quel est votre candidat ?

Moi, c'est Boris Valot. Euh parce que quelle raison ? Moi, je je je considère qu'on a abordé ce congrès par les impossibles, tout ce qu'on ne pouvait pas, tout ce dont on ne voulait pas.

Alors, on certains ne veulent pas de fort. Voilà, c'est Olivier Fort. Euh certains ne veulent pas du retour de Hollande, certains ne veulent pas du LFI.

Mais mais mais qu'est-ce qu'on veut ? qui plaide pour quelque chose de positif. Qu'est-ce qui fait en vie ?

Et je crois que Boris Vallot dans ce débat interne au Parti socialiste, il est sur une construction positive là où je crains qu'on ne rejoue le Congrès de Marseille du tout sauf tout sauf lesfill, tout sauf fort, tout sauf Hollande. Moi, j'ai pas envie de me battre contre, j'ai envie de me battre pour et Boris Vallot, il porte cette dynamique positive et puis c'est un bon président de de groupe à l'Assemblée nationale. Enfin, c'est une figure qui me paraît éclairée un chemin positif pour le Parti socialiste.

Mais quand même, la ligne de Boris Vallot, c'est le refus d'une alliance avec les insoumis. Et mais c'est quoi ? un parti socialiste qui serait à la tête d'une autre alliance de gauche avec les écologistes et les communistes.

Quelle est la ligne Boris Vallot ? La ligne de Boris Vallot, elle est claire. C'est un parti socialiste qui s'assume, qui prend toute sa place, qui ne revendique pas nécessairement d'être le seul à gauche, mais qui est dans une construction dont le périmètre est bien défini puisque c'est de Gluxman à Rufin.

Donc c'est quand même assez large. On a une clarté sur la ligne, une clarté sur la méthode et puis l'envie de travailler avec l'idée qu'il faut qu'on recrée des des espaces de réflexion qui nous ont manqué, que on arrive à nouveau à s'adresser aux classes populaires. Il y a une proposition d'un petit média qui s'appellerait le populaire pour renouer avec la tradition du du Parti socialiste.

Je crois vraiment que cette remise au travail, cette clarté sur la ligne et puis cette envie, on en a besoin. Comment vous analysez qualifiez le bilan d'Olivier Fort qui est à la tête du parti depuis 2018 ? Quand même grâce à ses alliances qu'il a poussé avec les insoumis, il a relevé un peu le Parti socialiste qui était moribon après l'élection d'Emmanuel Macron en 2017.

Incontestablement, euh on a eu une période qui était d'une très grande complexité, le macronisme, nous avons enfanté Macron. Les socialistes, on peut le dire comme on veut. Moi, je le revendique pas pour moi-même, j'ai toujours été contre.

Mais d'une certaine manière, c'est euh ce qui a permis d'ailleurs à une frange radicale à gauche de s'exprimer en disant "Ah, regardez les socialistes, euh c'est eux qui euh euh sont à l'origine du maconisme." Historiquement, c'est pas faux. Donc, il y a fallu gérer ça.

Il y a fallu gérer euh du coup LFI, de mauvais résultats aussi parce qu'on était dans une période un peu basse. Donc Olivier For a fait ce travail, mais moi j'ai indiqué que mon soutien à Boris Vallot, c'est pour une nouvrir, c'est pour ouvrir une nouvelle phase. C'est pas pour critiquer ce qui a été fait par Olivier Fort qu'il a bien fait.

C'est parce que on doit se tourner vers l'avenir avec euh une autre une autre euh orientation, un autre projet. Voilà, c'est ce que je soutiens. Parlons de la présidentielle 2022.

Je voudrais qu'on regarde ce sondage, ce baromètre au doxa mascar réalisé aujourd'hui pour public Sénat et la presse régionale avec un sondage pour la présidentielle 202 et au premier tour Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Luxman qui se neutraliseraient à 12 % environ d'intention de vote. Jérôme Durin, est-ce qu'il peut avoir un candidat unique de la gauche pour aller au second tour ou est-ce que c'est impossible ? Parce que là, on voit bien qu'avec deux candidats gauche, ce sera compliqué.

Bah, je suis pas certain que Jean-Luc Mélenchon a envie de renoncer. Donc le la question aujourd'hui c'est de savoir quel sera l'autre candidat de gauche face à Jean-Luc Lchon puisque on a vu qu'il y avait une une attitude forcené de candidature à tout prix. Jean-Luc Mélenchon, c'est le plafond de verre de la gauche et c'est d'ailleurs ce que je vous disais tout à l'heure sur la législative partielle.

Les insoumis veulent l'unité derrière eux mais d'une certaine manière pour être sûr de ne jamais gagner. Nous ne gagnerons jamais avec les insoumis. Nous ne gagnerons jamais avec Janucchon.

Donc il fera ce qu'il veut. euh il risque de nous conduire à l'échec, mais il faut qu'on s'organise hors MFI, hors Jean-Luc Mélenchon pour avoir une autre candidature euh qui passe les épaules devant et qui permettent d'aller vers le second tour. Et c'est un vrai défi euh mais c'est notre responsabilité.

Donc quel est l'objectif pour aller au second tour C d'affaiblir complètement Jean-Luc Mélenchon ? C'est d'avoir une proposition qui fasse en vie et d'ailleurs on l'a vu aux européennes, on parle de Raphael Gluchman. c'est lui qui est présenté dans ce sondage.

On a réussi quand même à convaincre un certain nombre de de gens. Donc il faut continuer ce travail. Faut se tourner vers les classes populaires, faut se tourner vers les ruxaux, faut sortir de la France des villes où pour l'instant la gauche fait ses voix et puis avoir une offre plus large et je pense que c'est à notre porté.

Est-ce que Raphaël Gusman est le meilleur candidat de la gauche social-démocrate pour la présidentielle ? C'est d'ailleurs ce que révèle ce baromètre d'OXA. Bah pour l'instant c'est lui qui est testé mais on n pas toute l'offre sur la table et c'est notre travail de de il est devant François Hollande devant Olivier Fort c'est c'est le le la photographie du moment tout le travail et tout l'enjeu du du parti socialiste, c'est de travailler à cette offre de gauche et améliorer encore ce score.

Moi, j'ai pas de tabou, pas de totem, on verra mais l'essentiel c'est qu'on ait envie de gagner et on a une responsabilité majeure. Marine Le Pen présidente. Évidemment, c'est pas possible mais il y a du travail.

Il y a du travail pour la gauche. Merci beaucoup Jérôme Durin d'avoir été le sénateur du jour aujourd'hui et votre interview est à retrouver également en podcast. Alors, dans 20 minutes avec le club des territoires, nous parlerons des intentions de vote justement pour l'élection présidentielle 2022 dans ce bah remettre au doxa de ce mois-ci réalisé par Mascaret pour public sénat et la presse régionale.

Et nous verrons que la condamnation judiciaire de Marine Le Pen a eu quand même un certain impact sur l'opinion publique dans cette course à l'Élysée. Alors Jérôme Durant, vous laissez votre place à notre invité politique de jour. On reçoit Sébastien Chenu.