Emmanuel Macron : le va-t-en guerre ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'actualité majeure aujourd'hui, c'est cet incendie qui ravage la forêt de Fontainebleau. Plus de 800 pompiers mobilisés à 7 heures. On va y revenir dans un instant pour les auditeurs d'Europe 1. On voit ces images marquantes de l'après-midi, des habitants qui luttent contre le feu. On y reviendra. Et restez avec nous puisqu'on sera en liaison, si tout se passe bien, avec un pilote de Canadair. Mais avant, l'actualité également marquée par ce discours d'Emmanuel Macron à la veille du défilé du 14 juillet. Il s'est exprimé devant les militaires.
En ce moment même, il est réuni avec les dirigeants de la coalition des volontaires dans un discours qui mettait en avant le retour de la guerre aux portes de l'Europe. Il l'a assuré, nous sommes prêts à défendre la paix au prix du sang s'il le faut. Au regard de la guerre, la France n'est pas seule. Bien au contraire. Ancrée dans son socle européen, mais apte aussi au plus grand large, elle s'est proposée des initiatives et fédérée des coalitions. Le message que nous envoyons au monde est le suivant. Oui, la paix est notre but. Oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre. Toujours. Et au prix du sang s'il le faut.
Alors, Louis de Reynel, la première réaction que j'ai eue, et je pense ne pas être le seul, c'est au prix du sang, première certitude, ce ne sera pas le sien. C'est-à-dire qu'il n'ira pas sur le terrain pour combattre si nécessaire. Et donc, ce qui fait dire à beaucoup que c'est un discours va-t'en-guerre qu'on a entendu aujourd'hui, bien que lui, à titre personnel, ne prendrait pas de risque. Le chef de l'État.
Écoutez, c'est un discours qui est dans la même veine que les derniers discours d'Emmanuel Macron sur tous les sujets stratégiques. Et cette année, Emmanuel Macron a voulu associer la coalition des volontaires au défilé du 14 juillet. Demain, il y aura 500 soldats, 500 militaires de pays, membres de cette dite coalition des volontaires, qui défileront. Il y aura des soldats ukrainiens qui seront présents. Et on voit bien qu'Emmanuel Macron veut absolument durcir le discours face à la Russie. Il veut absolument embarquer le plus possible d'Européens dans cette direction-là. Ce n'est pas une fête nationale, c'est une démonstration de force face à la Russie. C'est ce que vous nous dites.
Ce qui est vrai, c'est qu'il y a beaucoup de personnes qui considèrent aujourd'hui que c'est une forme de détournement de l'esprit du 14 juillet, de la fête de la Fédération, de la nation en armes qui est célébrée, et avec une volonté de politiser un peu ce défilé militaire, en essayant d'associer l'Ukraine alors que normalement devraient défiler éventuellement quelques bataillons européens, l'armée française, comme c'est le cas depuis un certain nombre d'années. Et donc dans cette perspective-là, Emmanuel Macron a fait ce qu'il sait faire aussi de mieux, c'est-à-dire célébrer son propre bilan. Alors il y a des choses qui sont positives.
Le budget de la loi de programmation militaire a été quasiment doublé entre son arrivée en 2017 et aujourd'hui. Mais il reste tant à faire. C'est-à-dire que vous parlez à des militaires de n'importe quelle armée, armée de terre, marine nationale, armée de terre. Sur la question du drone, le retard sur la question du drone notamment. Sur les missiles solaires, sur la défense solaire. Il y a encore énormément de défis capacitaires. Et beaucoup de militaires vous expliquent qu'on est prêts pour une guerre rapide, courte. Mais on n'est absolument pas prêts pour la guerre de haute intensité, la bataille avec l'envoi d'une armée de masse. Aujourd'hui, on n'est pas une armée de masse.
Et on voit bien que les défis pour demain, c'est de constituer une armée de masse. Et puis si on fait un peu le condensé quand même rapide du bilan d'Emmanuel Macron sur les questions de défense, il y a un sujet dont Emmanuel Macron parle assez peu, c'est la question du continent africain. Quand il est arrivé, la France était présente dans je crois plus de 4 à 5 pays africains qui étaient des bases très importantes. La France était présente au Mali. Et ce qui est vrai, ce qui est vécu un peu comme vraiment une défaite par un certain nombre de militaires, c'est le fait qu'on se soit fait chasser par des djihadistes en mobilette.
Alors certes, il y avait les forces de Wagner qui étaient aux côtés du gouvernement malien. Mais que ce soit au Mali, au Burkina Faso et dans d'autres pays. Pour l'armée française, ça a été quand même une période très difficile à vivre. Et avec ce redéploiement vers la menace européenne, qui est la bascule aussi politique qu'a voulu Emmanuel Macron. Parce que c'est lui qui est à la manœuvre pour essayer de montrer toujours plus que le danger se situe en Russie, à l'est de la France.
Il monte l'ennemi effectivement vers l'est. Et on le voit bien ces dernières heures, tout est fait finalement. Pour dire aux Français, l'ennemi c'est la Russie. Le retour de la guerre est aux portes de l'Europe.
Emmanuel Macron