Plan de modernisation de Marseille, union de la gauche à l'élection présidentielle ... Le "8h30 franceinfo" de Benoît Payan
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Bonjour Benoît Payan, ça fait un an aujourd'hui que vous êtes maire de Marseille, vous venez d'y accueillir pendant deux jours le Premier ministre Jean Castex, venu faire le point sur le plan Marseille en grand, qui avait été annoncé lors de sa visite sur place par Emmanuel Macron, logement, école, hôpital, transport, il y en a pour combien de milliards sur la table ?
Les choses ne comptent pas en milliards, il y a évidemment un effort financier de la part de l'État qui est considérable. Jamais l'État n'était venu aussi fortement aider Marseille. Vous l'avez dit, école, transport, hôpital, c'est un plan à plusieurs milliards d'euros, 2 milliards et demi d'euros dans son ensemble. Ce n'est pas 2 milliards et demi d'euros financés par l'État, c'est un plan de 2 milliards et demi d'euros sur les écoles, sur le transport, sur l'hôpital.
L'État quant à lui en est à peu près à 1 milliard d'euros pour sa part, ce qui est pour cette ville qui a des défis structurels incroyables, qui a une situation particulière, quelque chose de primordial et d'extrêmement important.
C'est vrai que vous avez été ému hier quand les accords ont été signés avec Jean Castex, quand il a dévoilé les montants ?
J'ai été ému, pas sur les montants, j'ai été ému parce que quand on fait de la politique, on croit à des choses. Et souvent, on nous dit, vous verrez, vous n'y arriverez pas, c'est l'ordre des choses, il faut être résilient, c'est difficile, c'est de la gestion. Quand on croit à quelque chose, que c'est quelquefois fou, et qu'on avance, et qu'on arrive à le réaliser, forcément il y a de l'émotion. Parce qu'on se dit que la parole en politique, parce qu'on se dit que quand on fait des promesses, quand on y croit et quand on est porté par quelque chose, on peut y arriver. La situation des écoles...
Ça veut dire quoi ce matin, vous dites merci Emmanuel Macron ?
Je dis merci à l'État, enfin je veux dire, le sujet n'est pas...
Là c'est Emmanuel Macron, c'est pas un autre président qui l'a fait auparavant.
Mais ça n'aurait pas fonctionné si le président de la République n'avait pas à ce point écouté ce que je pouvais lui raconter, n'avait pas compris cette ville, n'aimait pas cette ville, ou n'avait pas la conscience aiguë que la deuxième ville du pays ne peut pas rester dans cette situation. Vous imaginez si Marseille était une ville d'Allemagne ou d'un grand pays européen, ce qu'on aurait pu en faire, donc pendant des années et des années, peut-être de la faute des élus marseillais d'ailleurs. Les choses n'ont pas avancé dans la ville.
Il se trouve qu'il y a un président de la République avec lequel moi je ne partage pas certaines convictions politiques, je ne suis pas de sa famille politique, qui a pris le temps de m'écouter et qui a fait ce choix-là. Donc bien sûr qu'on est ému quand on réussit à faire ça. Pour moi, on a des écoles qui étaient indignes de la République.
Vous avez peut-être entendu récemment à Benoît Payan sur les barrages en Martinique ou en Guadeloupe des manifestants qui disaient si on trouve des milliards pour Marseille, on doit les trouver pour nous aussi. Vous êtes conscient que ce plan fait des jaloux un peu partout ?
Non, mais ce genre de choses, c'est-à-dire monter les territoires les uns contre les autres, les villes les unes contre les autres. Marseille, c'est une ville qui a des retards structurels. Franchement, si le président de la République avait donné des milliards d'euros à Neuilly, il y aurait eu des choses à dire. Parfois, c'est bien de cramer la caisse. À Marseille, la question, ce n'est pas de cramer la caisse. Quand on met de l'argent là, on investit bien. Ou alors on croit que l'école, c'est une promesse républicaine. Ou on croit que l'école, ça sert à quelque chose. Et que l'argent de l'État et que l'argent de la République, il est bien utilisé.
Il est bien utilisé, notamment pour les gens qui ont besoin. Ou alors on dit, c'est de l'argent jeté par les fenêtres. Vous croyez qu'un pays qui met de l'argent dans ses écoles est un pays qui crame de l'argent ?
On va parler des écoles dans un instant avec Salia Braclia, si vous voulez bien. Mais est-ce que cette fois-ci, c'est le bon plan ? Parce que des plans pour Marseille, des chèques annoncés, il y en a déjà eu. Mais là, ce n'est pas annoncé. Je vous arrête tout de suite. Des chèques annoncés, il y en a eu ces dernières décennies. Est-ce qu'il y a l'argent, il y a la décision, il y a la volonté politique, et il y a son application sur le terrain ? Est-ce que vous, vous allez travailler aujourd'hui main dans la main ?
Par exemple, avec Martine Vassal à la tête de la Métropole, qui n'est pas de votre parti, qui est à droite, des bisbilles locales politiques à Marseille et d'ailleurs ailleurs, elles ont parfois plombé ce genre de plan. Je pense qu'il y a unanimité aujourd'hui à Marseille. Tout le monde est main dans la main, on a oublié le temps d'avant.
Non mais ça, moi je ne considère pas la politique comme ça, où on arrive à se dépasser sans unanimisme, en disant tout le monde s'aime, comme des fois les gens ne sont pas obligés de s'aimer, par contre ils sont obligés de travailler ensemble. Le sujet des plans ou des annonces, il a été pour moi écarté. Les choses sont claires à Marseille.
En un an, on a réussi à avancer sur des sujets, à les mettre en place, à les faire financer, à les faire voter par l'Assemblée nationale, à signer hier à Marseille un contrat, et à inscrire à l'ordre du jour du Conseil municipal vendredi, la constitution de la société, dès le mois de janvier j'irai aux grèves du tribunal, je déposerai les statuts, et on va lancer les marchés. Ce n'est pas un plan, c'est quelque chose qui existe, ce n'est pas une annonce, ce n'est pas une publicité en disant on va aider une ville en souffrance, on va donner des milliards d'euros à Marseille.
Quant à la politique, si tout le monde se grandit un peu, si on considère justement que les élections, ce n'est pas le bout du bout, si on n'est pas à Palerme dans les années 60, où il y a des batailles rangées entre les uns et les autres pour le pouvoir, on peut y arriver. En tout cas, c'est ma conception de la politique.
Alors concrètement, concernant ce plan, Emmanuel Macron, vous avez promis une enveloppe particulière pour rénover 174 écoles vétustes dans la ville. Quand est-ce que ça va se faire et quelle enveloppe vous avez pu percevoir ?
Alors justement, on a eu 255 millions d'euros votés par l'Assemblée nationale il y a quelques semaines. C'est un plan 1,2 milliard, excusez-moi, je vais trop vite. 1,2 milliard, 1,2 milliard d'euros pour rénover 175 écoles, 174 écoles, sur les 480 de la ville, pour les rénover lourdement ou les reconstruire. Et on a besoin. Ce n'est pas cosmétique, ce n'est pas des peintures. C'était un État catastrophique. 1,2 milliard, l'État va apporter 400 millions d'euros en propre, c'était 250 millions d'euros. Et le Premier ministre nous a annoncé hier qu'il rajoutait, grosso modo, 150 millions d'euros. L'État va garantir les prêts de la ville de Marseille pour 650 millions d'euros.
Pourquoi c'est important pour moi ? Parce que quand je vais voir une banque et que j'ai la garantie de l'État, je fais baisser les taux d'intérêt, je gagne de l'argent pour les marseillaises et pour les marseillaises.
Ça va prendre combien de temps pour rénover toutes ces écoles-là ?
Justement, ça va être extrêmement rapide. Un maire, en général, dont normalement, c'est la seule ambition ou l'ambition première, refaire des écoles, il refait dans une ville comme Marseille, 5, 6 écoles par mandat, 7 écoles, 8 écoles par mandat. Là, on en aura terminé, 80, en 2026. Et les 90 suivantes seront sur les 5 à 6 années suivantes. Donc, 10 ans pour rénover l'ensemble. C'est pour ça qu'on a créé cette structure ad hoc. Parce que les lourdeurs administratives, parce que la ville de Marseille, il faut le dire, elle n'est pas dans un État formidable, parce que mon administration, cette administration municipale, elle est en souffrance.
On n'aurait pas réussi qu'avec la ville de Marseille. Et c'est en ça que le président a marché. Pourquoi il marche ? Je vais au bout. Il marche parce que je lui dis la chose suivante. Je lui dis la vérité. Je ne lui dis pas qu'à Marseille, tout va bien, qu'on va réussir à faire tout ce qu'on peut. Je lui dis, voilà, il y a des gens en souffrance. Il y a une municipalité qui ne va pas bien. Une administration qui ne va pas bien. Créons un objet particulier. Moi, je vais réparer cette administration. Mais faisons cet objet, parce que les Marseillais, les petits Marseillais, ne peuvent pas attendre. Faisons cette société pour aller plus vite, pour aller plus loin, pour investir plus vite.
C'est ça qui s'est passé. Et donc, cette société, elle va être déposée aux grèves du tribunal. Elle a déjà son capital social, déjà de l'argent. Alors, excusez-moi, mais en termes d'action publique, j'ai vu un peu moins rapide.
Quand il était venu à Marseille il y a quelques mois, Emmanuel Macron avait demandé que les écoles de Marseille servent de laboratoire. On va en parler dans un instant. Vous nous direz ce que vous pensez de cette proposition. On va rentrer dans le détail. Vous nous direz aussi si le plan annoncé et signé par Jean Castex hier est conditionné à ces écoles-laboratoires à Marseille. Le temps du fil d'info, si vous le voulez bien, Benoît Payan, à 8h40 avec Mélanie Delaunay.
Magistrats, avocats, greffiers se mobilisent aujourd'hui pour plus de moyens, plus de temps pour juger. Des rassemblements sont prévus devant de nombreux tribunaux. A Paris, l'intersyndicale ira sous les fenêtres du ministère de l'économie. Le ministre des Transports en appelle à la responsabilité et espère une solution d'ici la fin de la journée dans le conflit à la SNCF. Préavis de grève déposé pour le premier week-end des vacances de Noël sur les lignes sud-est et sud-ouest. Quasiment un an après le début de la vaccination contre le Covid en France, Sanofi annonce ce matin un nouveau retard dans la publication des résultats définitifs de son vaccin contre le Covid.
Ce sera au premier trimestre 2022. Le laboratoire évoque seulement des données positives. Pour aller en Italie, il faudra à partir de demain un test négatif en plus du certificat de vaccination. Les non-vaccinés passeront eux cinq jours en quarantaine. Quant aux Pays-Bas, ils avancent les vacances scolaires. Elles vont commencer avec une semaine d'avance pour limiter les contaminations. France Info
Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel
Toujours avec Benoît Payan, le maire PS de Marseille. C'était aussi une annonce d'Emmanuel Macron il y a quatre mois. Une expérimentation dans une cinquantaine d'écoles dans lesquelles les directeurs pourraient choisir leurs enseignants. Est-ce que ça va se faire ?
Non, ça a été abandonné. En effet, le président de la République, écoutez, en tout cas, ce n'est pas dans le plan de Marseille. Moi, je n'ai toujours pas entendu que les directeurs allaient recruter leurs enseignants. De toute façon, j'ai toujours dit et j'ai toujours indiqué que là-dessus, j'étais absolument contre. Ou alors, j'ai mal compris. Peut-être le président de la République, quoi qu'il en soit. Il n'y aura pas 50 écoles. Il n'y a rien à la rentrée. Non, mais il y aura 50 écoles sur lesquelles il va y avoir un travail sur les plans. Notamment sur le temps périscolaire. Donc ça, le président de la République a demandé à ce qu'il y ait un effort particulier.
C'était pas ça, la grosse annonce. La grosse annonce, c'était les directeurs vont choisir...
C'est pas tout à fait le sujet du maire de Marseille, ça.
Oui, très bien. Et excusez-moi, je ne vois pas encore... Est-ce que ça va se faire ? C'est ça, la question ?
Mais j'en sais rien. J'espère pas. Non, mais attendez. Vous n'espérez pas ou ça ne va pas se faire ? On est décembre. Excusez-moi. Les recrutements des profs pour la rentrée... Vous l'avez noté, Marc Fauvel, je ne suis pas encore ministre de l'Éducation nationale... Non, mais il se trouve que... Ni premier ministre.
Il se trouve que le ministre de l'Éducation sera à votre place demain matin. Est-ce que vous pouvez nous dire... Mais vous lui poserez la question. On vous pose la question à vous, c'est chez vous.
Je lui ai déjà dit que je considérais que ça n'avait pas de sens. D'abord, les enseignants, dans ces endroits-là, dans ces écoles-là, ils travaillent de manière absolument extraordinaire. Tout le personnel, dans ces endroits-là, est ultra mobilisé. La question n'est pas de savoir si on va faire des expérimentations sur la manière dont sont recrutés les enseignants. La question n'est pas de savoir s'il faut être exorbitant... Jean Castrique, ce matin, dans la Provence... Vous me posez une question. Alors, où j'arrive ?
Mais oui, mais dit que ça va se faire.
Non, je ne crois pas qu'il ait dit ça.
Ben si.
Je ne crois pas. Donc, encore une fois, qu'il y ait des expérimentations... Non, excusez-moi. Qu'il y ait des expérimentations qu'on puisse travailler à une manière différente, une approche plus globale du temps de l'enfant, c'est-à-dire du moment où il arrive jusqu'au moment où il a terminé ses devoirs, c'est-à-dire après la sortie scolaire, qu'on réfléchisse à un temps où on peut le garder à l'école, où il peut faire des activités qu'il n'a jamais pu faire, où il a un moment de développement personnel particulier. Moi, je suis partant, et je suis tout à fait d'accord pour le dire.
Et d'ailleurs, vous noterez que le Premier ministre s'est emprécié de dire, je crois que ça a été dit hier, qu'en aucun cas d'ailleurs, travailler sur cette question-là ne conditionner le plan Marseille-en-Grand. Je ne l'aurais pas signé sinon. Moi, il n'y a personne qui me fait faire des choses avec un revolver à la main. Ça ne fonctionne pas, ça. Quant au reste, encore une fois, en effet, on a une différence d'appréciation sur la question du recrutement des enseignants par les directeurs. Et puis, je crois savoir qu'en France, il y a quelque chose qui s'appelle un code de l'éducation. Il se trouve qu'il faut le respecter parce que c'est la loi.
Et dans le code de l'éducation, je crois que cette disposition est interdite. Et sauf à changer la loi, ce qui n'a pas été fait, mais peut-être que le ministre vous l'annoncera demain matin, sauf à changer la loi, je crois qu'on ne peut pas le faire.
Un mot de la grève des éboueurs. Ils étaient en grève à Marseille depuis plusieurs jours car ils refusent de travailler plus pour atteindre les 35 heures comme c'est l'objectif fixé par une loi votée il y a plusieurs années qui doit s'appliquer à partir du 1er janvier prochain. Un accord avec la métropole a finalement été trouvé hier. Ce ne sera pas 35 heures, ce sera 30 heures par semaine. Ça, c'est ce qu'il y a dans le protocole d'accord qui n'a pas été signé par le syndicat majoritaire Force Ouvrière. D'abord, est-ce que c'est un bon accord ou est-ce que c'est un détournement de la loi ?
D'abord, est-ce que c'est un bon accord ? Moi, je connais l'accord comme vous. C'est-à-dire, j'ai l'élu dans la presse ce qui est quand même un problème et ce qui montre d'ailleurs tout l'intérêt qu'on a de rénover les institutions à Marseille et de refaire cette métropole. Je suis moi-même dans une situation extrêmement compliquée. Les Marseillais imaginent, pensent, dans leur grande majorité que le maire de Marseille est responsable de la propreté et des poubelles dans la ville. Ce qui veut donc dire que la plupart des gens qui m'interpellent de manière négative, c'est sur la question de la propreté et des poubelles. Et pour autant, je ne sais pas exactement ce qui se passe.
Ce qui pose un deuxième problème. Moi, ce que j'ai envie de dire, Marc Fauvel, c'est que là-dessus, il faut simplifier. Je ne vais pas entrer dans un lieu d'étail d'un accord que je ne connais pas. Tout ce que je vois, c'est que cette ville, elle croule sous les ordures de manière chronique, de manière fréquente, que le dialogue social ne semble quand même pas être la chose la mieux partagée dans cette métropole. On voit bien que l'immensité de la métropole, la difficulté de la tâche, fait qu'on ne peut pas y arriver. J'ai demandé au gouvernement là-dessus et j'ai poussé un cri de colère il y a deux mois, on était dans des déchets, des milliers de tonnes parties à l'eau. C'est honte de ça.
Des milliers de tonnes parties à l'eau et elles sont encore sous l'eau. Ça ne se désagrège pas comme ça, des poubelles. Ça me fait mal. Ça fait mal à l'image de la ville. Ça fait honte aux Marseillais. On ne peut plus rester dans cette situation. Or, on en parlera peut-être, on est encore dans une situation d'ambiguïté avec une métropole qui s'occupe de certaines rues, une métropole qui s'occupe de nettoyer, une métropole qui s'occupe de mal nettoyer, ou de mal ramasser les poubelles. Donc, encore une fois, il faut de la simplification.
Benoît Payan, les Bouches-du-Rhône, c'est l'un des départements les moins vaccinés de France. 10 points en dessous de la moyenne nationale. Et dans votre ville, dans certains quartiers, on atteint les 44% de non-vaccinés. Est-ce que, eux, vous avez décidé de laisser tomber, de ne plus aller les chercher ? Non, au contraire.
C'est justement eux qu'il faut aller chercher. Et c'est pour ça qu'on avait prié comme objectif de faire un grand centre de vaccination, quelque chose de facile, de central. C'était le stade Vélodrome. On a fait le plus grand centre de vaccination. Oui, mais ça ne marche pas.
Il reste encore 44% dans certains quartiers.
Je trouve que la ville de Marseille, vous avez parfaitement raison, comme dans toutes les villes où il y a beaucoup de pauvreté, à des taux de vaccination, je sais que vous ne voulez pas mettre Marseille à l'index en disant ça, ni les gens qui sont quelquefois éloignés de la vaccination, comme toutes les villes qui ont des difficultés, on a essayé de faire un grand centre de vaccination. Et puis, très vite, on a vu que c'était assez compliqué parce que certaines personnes n'avaient pas accès à ça. Donc, on a ouvert des antennes, des centres. On est en train, justement, de continuer toute une campagne de vaccination. On va au pied des cités. On va dans les associations.
On se sert du tissu associatif. On a mis dans des centres commerciaux, notamment dans les quartiers nord, des centres de vaccination. Et on a simplifié le plus possible la vaccination. La ville de Marseille a fait 600 000 vaccins. La ville de Marseille. C'est la ville en France qui a pris à son compte, à sa charge, le plus de vaccination dans le pays. La ville de Marseille, pas l'État, pas le département.
Comment vous expliquez que votre région, votre département et votre ville aient ce taux aussi faible de vaccination ? Je suppose que vous avez réfléchi à ça. Je ne suis pas épidémiologiste.
C'est la défiance contre Paris ? Non, je ne crois pas. C'est quoi ? C'est l'effet Didier Raoult ? Franchement, je ne crois pas non plus. On pourrait s'amuser à faire ça. C'est quoi ? Vous n'êtes pas demandé pourquoi ? Vu de Paris, c'est ce qu'on pourrait se dire rapidement sur un plateau à France Info, en se disant, tiens, qu'est-ce qu'ils ont ces gens-là ? Non, non, non, non. C'est la réalité sociale de la ville.
Quand on regarde la différence entre les quartiers, Marc Fauvel, et qu'on voit que dans des quartiers où on est à 10 000 euros le mètre carré, on a des taux de vaccination supérieurs à la moyenne nationale, et que quand on est dans des quartiers où on a 55% de taux de pauvreté, où on vit en dessous du seuil de pauvreté, 55% de la population, évidemment, on a ce qu'on retrouve de partout dans les endroits où on est très éloigné. Ça nécessite des pouvoirs publics, une prise de conscience. C'est pour ça qu'on a un bataillon des marins, un pompier, je veux leur rendre hommage, ils sont exceptionnels. C'est pour ça qu'on les envoie dans les quartiers. On n'est pas statique.
On est donc dans une situation où il faut être proactif. Attendre que des gens très éloignés de tout ça viennent dans les centres de vaccination, c'est une erreur. Et donc, justement, on traite ça.
Justement, vous appelez tous les Marseillais, au-delà de tous les... Mais bien évidemment. Allez se faire vacciner une dose, deux, trois doses, et autant de doses qu'il faudra.
Et tout ce qu'on nous demandera de faire. C'est le seul moyen pour sortir de l'ornière. On le sait, il n'y a pas d'autre solution. Il faut être prudent, il faut porter des masques, il faut garder des gestes barrières. Mais la vaccination, je crois, et nous devons nous en référer aux scientifiques, est le seul moyen de combattre cette épidémie. Sinon, on ne s'en sortira pas. Franchement, la vie qu'on mène, ce n'est pas une vie extraordinaire. Objectivement, quoi. Faire attention, ne plus avoir de relation, mettre le masque, ne plus pouvoir sortir. Qui a envie de vivre comme ça encore longtemps ?
C'est avec les socialistes qui ont déposé il y a quelques semaines.
Qui a envie de vivre encore longtemps ? Pour rendre la vaccination obligatoire ? Mais pourquoi pas, encore une fois ?
Pourquoi pas la vaccination obligatoire ?
Mais je n'en sais rien, je ne vais pas entrer là-dedans. Vas-y, c'est important. Ce n'est pas mon sujet. Moi, je suis moyennement d'avis de rendre les choses obligatoires. Il y a un débat, écoutez, on verra bien si ils se mènent. Je comprends pourquoi ils ont fait ça. Parce qu'en effet, c'est des choses qui vont faire réfléchir. Mais je ne suis pas pour braquer la société, je ne suis pas pour monter les gens les uns contre les autres. Franchement, la vaccination, c'est au pouvoir public de faire les efforts nécessaires pour dire à quel point c'est important. C'est au pouvoir public de convaincre. Je trouve qu'on est plus intelligent quand on arrive à convaincre.
Les socialistes, ils ont eu au moins, et c'est très bien comme ça, le mérite de mettre ça sur la table. On avait quand même beaucoup de débats autour de est-ce que la vaccination, ça sert à quelque chose ou pas ? Enfin, sortons de ça, quoi.
Le maire de Marseille, Benoît Payon, et ce matin l'invité de France Info, le fil infos 8h50 avec Mélanie Delonay.
Pour les enfants à risque, c'est aujourd'hui que s'ouvre la vaccination contre le Covid, les 5-11 ans qui risquent de développer une forme grave. Ils sont 400 000 éligibles en prenant en compte aussi ceux qui ont un proche fragile. Il y a au moins un centre de vaccination dédié par département. Près de deux heures d'émission sous forme d'inventaire du quinquennat avec Emmanuel Macron ce soir à la télévision. A gauche comme à droite, les oppositions demandent que son temps de parole soit décompté comme s'il était candidat à l'élection présidentielle. Lui est candidat déclaré et il a promis sur France Info qu'il nommerait une femme à Matignon.
S'il est élu, l'écologiste Yannick Jadot tend la main à Anne Hidalgo. La socialiste pourrait évidemment, dit-il, devenir sa première ministre si elle se rallie. Par précaution, la compagnie taxi G7 laisse au garage ses Tesla Model 3, une voiture électrique. Avec le temps de l'enquête sur un accident mortel, un chauffeur a perdu le contrôle le week-end dernier. A Paris, Tesla assure qu'il n'y a pas eu de défaillance technique. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Benoît Payan, le maire socialiste de Marseille. Vous êtes donc à la tête de la deuxième ville de France gagnée par une union de la gauche. Ça s'appelle le Printemps Marseillais. Mais sans les insoumis. Est-ce que selon vous, ce qui a été possible au niveau marseillais est possible au niveau national ?
Je l'espère. On voit bien d'abord que les gens ne demandent pas mais alors vous êtes exactement dans quelle partie, vous êtes de quelle sensibilité. Objectivement, dans une situation aussi difficile, dans une crise aussi importante que celle qu'on est en train de traverser, avec une élection présidentielle aussi importante que celle qui va arriver. Et moi, je crois que c'est l'élection présidentielle probablement la plus importante depuis 1981. Parce qu'on est vraiment dans une fin de cycle, il y a quelque chose qui est en train de se passer. La gauche ne veut pas se permettre d'étaler ses différences. dire moi je suis plus à gauche, moins à gauche, plus nucléaire, moins nucléaire.
C'est pour tout ce qui se passe aujourd'hui là ?
Tout ça n'a pas de sens. Et d'ailleurs, on le voit. Objectivement, quand on s'est dit qu'on pouvait gagner Marseille, d'abord tout le monde nous disait, les commentateurs, pas forcément vous, pas vous d'ailleurs, les commentateurs nous disaient, mais vous êtes des rigolos, personne ne peut gagner Marseille, surtout pas la gauche. Et puis votre histoire d'union, ça ne tiendra pas. Vous avez trop de différences. Il y a trop de différences entre les uns et les autres. Quand on pose son drapeau et qu'on se dit, qu'est-ce qu'il y a de plus grand que moi, de ma famille politique, de ma propre histoire ? Pour nous, c'était Marseille. C'était une certaine idée de la ville.
C'était de se dire qu'on se bat contre des injustices et pour quelque chose. Quand on est un responsable politique national, quand on croit que ce pays peut changer, on a une responsabilité. Et je vous l'ai dit, je crois qu'elle est historique. Et moi, j'appelle les uns et les autres, d'ailleurs, à réfléchir à ça. Et donc, je ne pense pas que la gauche, dans quelque configuration que ce soit, puisse gagner l'élection présidentielle, si elle ne se rassemble pas.
Sous quelle forme doit prendre ce rassemblement ? Est-ce qu'il faut que des candidats se retirent ou est-ce qu'il faut faire trancher ça par les électeurs ? Moi, je ne suis pas chef de parti. Chez vous, ça s'est passé dans des bureaux, dans des salles fermées, avec une fumée blanche à la fin.
Ça s'est passé en un an et on a fait voter les marseillaises et les marseillaises. Donc, je ne dis pas qu'il faut aller jusque-là. Je n'en sais rien. Encore une fois, c'est aux candidats, à ceux qui veulent être candidats, à ceux qui le sont, de réfléchir à la meilleure manière de faire.
Et pourtant, il y a des accords sur la manière de faire. Vous voyez bien, Anne Hidalgo propose...
C'est bien dommage.
C'est bien dommage, c'est ce que je vous dis. Yannick Lado dit non.
Qu'est-ce que vous voulez me faire constater ? Qu'ils ne s'entendent pas pour l'instant ? Et que je trouve ça...
Qui doit plier maintenant ? Qui doit faire un pas ? Parce que vous disiez tout à l'heure, vous, votre préoccupation, ça a été Marseille.
Oui.
Que doit faire Anne Hidalgo, par exemple ? Est-ce que sa préoccupation, ça doit être la France, et donc se retirer ?
Ce qu'elle a fait, c'est déjà... Écoutez, elle a appelé tout le monde à entrer dans un processus collectif, en disant, partie comme c'est partie, on ne va pas y arriver, qu'on fasse 3, 5, 6, 7 dans les sondages, on ne va pas y arriver. Et ça, je pense qu'elle a absolument raison. Elle appelle tout le monde à dire, on fait un électrochoc, on essaie de se mettre ensemble, on essaie de se rassembler. Écoutez, elle tend une main, j'estime qu'ils peuvent faire la même chose. Vous savez, si moi j'avais écouté les sondages, si on avait gouverné aux sondages à Marseille, on n'aurait d'abord jamais gagné cette ville. Je vous rappelle qu'on était 12 points derrière, 48 heures avant, au premier tour.
12 points derrière. Donc, encore une fois, il faut être tranquille sur les sondages, il faut être tranquille sur soi-même. La gauche, elle a un rapport au pouvoir qui est complexe dans ce pays. Il n'est pas naturel. Elle se fabrique en contestation avec le pouvoir. Les moments où elle y accède sont très rares. Ils ne se font qu'à partir du moment où une femme, un homme, un collectif a réussi à créer une union. Il n'y a pas d'alternative pour la gauche dans ce pays
que de pouvoir s'unir pour l'élection qui arrive. Il y a un homme qui est aujourd'hui un Marseillais d'adoption. Vous croisez sans doute souvent dans votre ville, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est élu député là-bas, le chef de file des Insoumis. Est-ce que l'union peut se faire derrière lui ? Mais, encore une fois, ça dépendra de ce qui va se passer. Anne Hidalgo, l'autre jour, quand elle a appelé à la primaire, elle a dit, si il y a primaire et que je perds face à Jean-Luc Mélenchon, je ferai sa campagne. Elle a raison. Vous, vous n'avez pas fait d'accord avec les Insoumis à Marseille. Encore une fois,
ou l'inverse plutôt, mais je ne leur en veux pas. Ça peut être Jean-Luc Mélenchon, le bon candidat. Mais pourquoi pas ? Qu'est-ce que c'est qui disqualifierait Jean-Luc Mélenchon ? Le fait qu'il ne m'ait pas soutenu ? Ou qu'il soit excessif avec moi ? Ou pas, d'ailleurs, des fois. Les socialistes au niveau national
disent qu'il y a des désaccords profonds avec les Insoumis. Vous, vous dites pas ça ?
Mais bien sûr qu'il y a des désaccords. Et comme il y a des désaccords avec les communistes, avec les Verts, avec les radicaux, et tant mieux, c'est la spécificité de la gauche, pas que dans ce pays, dans l'histoire des idées depuis le XIXe siècle. On ne découvre pas ça aujourd'hui, en 2021. Bien sûr qu'il y a des différences. Mais encore une fois, au jeu des différences, moi je considérerais que je suis le plus beau, le plus fort, le plus intelligent. Enfin, si je considère ça, franchement, je deviens l'idiot-utile de la droite. Vous, est-ce qu'aujourd'hui, vous êtes sûr de voter pour Anne Hidalgo dans 4 mois ?
D'abord, je ne suis même pas sûr du processus au moment où on est en train de parler. Donc, si Anne Hidalgo est candidate, comment ?
Vous pensez qu'elle peut se retirer ?
Ou qu'elle peut gagner une primaire ? Ou que les gens peuvent se ranger derrière elle ? Ou derrière Fabien Roussel ? Ou derrière Yannick Jadot ? Ou derrière Jean-Luc Mélenchon ? Vous ne mouillez pas beaucoup ? Ou Christiane Taubira ? Qu'est-ce que j'en sais ? Non, mais ce n'est pas que je ne mouille pas. Christiane Taubira, vous l'avez noté, d'ailleurs. D'abord, je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Je ne m'occupe de Marseille. Je m'occupe de Marseille et je crois que vous avez compris que j'avais beaucoup de travail. Bon, je sais que vous êtes tout à fait passionné par ce que je vais vous dire
Christiane Taubira qui est venue à Marseille pour d'autres raisons, pas pour parler de l'élection présidentielle. Mais est-ce que vous en avez un petit peu parlé avec elle ? Un petit peu. Pas de l'élection. Qu'est-ce qu'elle vous a dit ? On a parlé de la France. Elle est inquiète.
Elle voit bien ce qui se passe dans le pays. Elle voit aussi ce qui se passe dans sa famille politique. Sa famille politique, la gauche, au sens large. Elle est inquiète et elle voit bien que si ça continue comme ça, c'est le mur.
Elle peut y aller ?
Ça, c'est vraiment à elle qu'il faut poser la question. Vous lui avez posé la question. Si je lui avais posé la question, elle ne m'aurait pas répondu. Donc j'ai eu la dédicatesse de ne pas lui poser la question. Merci beaucoup.
Benoît Payan, l'homme qui ne demande pas à Christiane Taubira s'il va être candidate mais à qui on demande s'il lui a demandé. Merci à vous. Bon retour à Marseille. Benoît Payan a été ce matin l'invité de France Info.
Benoît Payan