Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 24 février 2025 44 minActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprisesJustice

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Président Donald Trump.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Vous pouvez commenter le sondage qui vous crédite de neuf points de plus et qui indique que vous accomplissez vos objectifs de campagne ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    La réunion en Arabie Saoudite a été fantastique. Quels sont les résultats concrets ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Quels conseils pour garantir des garanties de paix durables avec Poutine ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Pensez-vous que les pays ont travaillé suffisamment sur la question des frontières ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous donnez et qu'est-ce que Poutine vous donne dans un accord gagnant-gagnant ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Quelle contribution les États-Unis vont-ils apporter à la reconstruction de l'Ukraine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Donald TrumpFait
    « La France est l'allié le plus ancien des Etats-Unis. Notre partenariat bien aimé a été une force en faveur de la liberté, de la prospérité et de la paix. »
  • 5:00Donald TrumpFait
    « Nous avons fait davantage de progrès dans ce sens en un mois que au cours des trois dernières années. »
  • 6:00Donald TrumpPromesse
    « Notre objectif, c'est d'arriver à un cessez-le-feu le plus rapidement possible et à terme, d'arriver à une paix permanente. »
  • 7:00Donald TrumpFait
    « L'Europe doit jouer un rôle central pour assurer la sécurité à long terme en Ukraine. »
  • 9:00Donald TrumpFait
    « Nous avons de bonnes conversations y compris avec la Russie depuis mon retour à la Maison Blanche. »
  • 11:00Emmanuel MacronFait
    « L'Ukraine a tenu ce front avancé de notre sécurité collective. »
  • 15:00Donald TrumpFait
    « Dès que je suis arrivé, un des premiers appels que j'ai fait, c'est d'appeler le président Poutine, et ils veulent mettre fin à la guerre. »
  • 16:00Emmanuel MacronFait
    « Avec le président Poutine, je pense que c'est toujours une bonne chose que d'avoir des conversations, même quand vous n'êtes pas d'accord. »
  • 17:00Emmanuel MacronFait
    « Nos prédécesseurs ont négocié la paix avec le Président Poutine. Mais du fait du manque de garanties, particulièrement des garanties de sécurité, le Président Poutine a enfreint cet accord de paix. »
  • 18:00Donald TrumpFait
    « On a été maltraité par bien des pays, pas simplement le Canada et le Mexique. On a tiré parti de nous. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci beaucoup à tous. C'est un honneur d'être ici avec mon ami. Je suis ravi d'accueillir le Président Macron ici à la Maison Blanche.

Encore une fois, nous avons passé plusieurs moments ensemble, mais pas tant que ça, en fait, à la Maison-Blanche. Nous avons rendu visite au Président et à la Première dame en France récemment et c'était une très belle journée, une très belle soirée. On ne va pas oublier cela de sitôt et on a de très bons souvenirs de cela.

Merci Emmanuel de nous avoir accueilli en décembre à Paris juste après notre victoire électorale historique pour voir la réouverture de Notre-Dame. C'était très triste quand l'incendie a eu lieu et cinq ans plus tard, vous avez fini la réparation. Donc, je pense que c'est un formidable accomplissement.

Cela n'a pas été une mince affaire. La France est l'allié le plus ancien des Etats-Unis. Notre partenariat bien aimé a été une force en faveur de la liberté, de la prospérité et de la paix.

Depuis le début maintenant, nous travaillons sur des questions très importantes, y compris la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Et lors de la guerre d'indépendance des États-Unis, les Français nous ont aidés à prendre en main notre destin et lors de la première et deuxième Guerre mondiale, nos citoyens ont versé leur sang ensemble sur les champs de bataille de l'Europe. Je n'oublierai jamais, il y a six ans de cela, alors que nous étions ensemble au 75ᵉ anniversaire du Débarquement.

Aujourd'hui, nous travaillons sur la nécessité de mettre fin à une guerre horrible qui ravage les terres d'Europe. C'est le conflit le plus destructif et mortel depuis la Seconde guerre mondiale. Vous avez vu les photos ?

Moi j'ai vu les photos satellitaires, c'est horrible ce qu'il se passe. Des milliers de personnes perdent la vie chaque semaine. Aujourd'hui, c'est le troisième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine, chose qui ne se serait jamais passée si j'avais été président à l'époque.

Des horreurs de cette guerre affreuse et sanglante en Ukraine ont conduit à des pertes dont des centaines de milliers de Russes, d'Ukrainiens qui sont décédés alors que ce n'est pas nécessaire, et une génération entière d'hommes ukrainiens et russes ont été décimés, et des villes millénaires sont désormais en ruines. C'étaient de très belles villes, les plus belles au monde, et maintenant ce ne sont que des piles de ruines. Ce sont des ruines, et maintenant, nous sommes là pour restaurer la paix.

Nous avons de bonnes conversations y compris avec la Russie depuis mon retour à la Maison Blanche, nous avons fait davantage de progrès dans ce sens en un mois que au cours des trois dernières années. Et j'ai eu des conversations avec le Président Poutine et le Président Zelensky, et encore une fois, beaucoup de choses se passent en faveur de la paix et les choses avancent rapidement. La semaine dernière, le secrétaire d'État Marco Rubio, notre conseiller à la sécurité nationale Michael Waltz, et notre envoyé spécial Steve Woodcock, ont mené des négociations réussies en Arabie Saoudite avec la Russie.

Je souhaiterais remercier le Royaume d'Arabie Saoudite et le Roi Mohammed, ce sont des gens superbes qui travaillent d'arrache-pied à cette fin. Notre objectif, c'est d'arriver à un cessez-le-feu le plus rapidement possible et à terme, d'arriver à une paix permanente. La réunion avec le Président Macron représente une autre étape importante de franchie, il a été très impliqué depuis le début pour essayer de mettre fin à cela et je pense qu'on va y arriver.

Et je pense que Emmanuel est d'accord avec moi sur la plupart des grandes questions, y compris le fait que c'est le bon moment voire le seul moment de mettre fin à cette situation qui pourrait évoluer vers une troisième guerre mondiale. On va éviter cela. Ça n'aurait pas dû commencer, mais malheureusement ça a été le cas et c'est un véritable bourbier sanglant.

Je suis ravi que le Président Macron s'accorde sur le fait que le coût et le fardeau de la sécurisation de la paix ne doit pas être porté par les Etats-Unis en Europe, l'Europe doit jouer un rôle central pour assurer la sécurité à long terme en Ukraine. C'est une étape de franchie vers ce qui va se passer dans les semaines à venir. Les Etats-Unis ont fourni beaucoup plus d'aide à l'Ukraine que les autres pays, des centaines de milliards de dollars, plus de 300 milliards de dollars, alors que l'Europe se situe à environ 100 milliards de dollars.

Il faudrait équilibrer tout cela à un moment ou un autre. Je pense que les choses vont se résoudre. Avec une aide de l'Europe, la contribution a été surtout en matière de prêts, alors que nous, nous avons fourni une aide militaire et des dons, et les Européens vont recevoir cet argent en retour et nous, nous devrions pouvoir récupérer cet argent que nous avons envoyé.

L'autre administration n'avait pas pensé à cela. Il y a beaucoup de choses auxquelles cette administration n'avait pas pensé. Par exemple, pourquoi laisser cette guerre se déclarer en premier lieu ?

C'est pourquoi nous devons avoir un accord avec l'Ukraine sur les minerais critiques et on vient de me soumettre un rapport qui indique que nous avançons dans ce sens. J'ai été élu par le peuple américain pour restaurer le bon sens à Washington et dans le monde entier. Et je suis fermement convaincu que c'est dans l'intérêt des Etats-Unis, dans l'intérêt de l'Europe, dans l'intérêt de l'Ukraine et aussi dans l'intérêt de la Russie que de cesser cette tuerie et de faire la paix.

Mon administration se distingue des échecs de politique étrangère du passé. J'ai fait campagne contre l'establishment de politique étrangère ridicule et sous mon administration, nous ouvrons une nouvelle voie qui va promouvoir la paix autour du monde. Lorsque j'ai quitté mon poste après mon premier mandat, nous n'avions aucune guerre.

Pas de problème. Il n'y avait pas eu le 7 octobre en Israël, Il n'y avait pas le problème entre la Russie et l'Ukraine, il n'y avait pas de problèmes dans d'autres parties du Moyen-Orient, il n'y avait pas d'inflation. Le monde était bien différent à l'époque.

Et vous savez quoi d'autre ? On n'avait pas des millions de personnes qui rentraient dans notre pays, des criminels qui arrivaient sur nos frontières, des dealers de drogue, des meurtriers, tout cela n'existait pas. Mais bon, vous voyez que les choses ont beaucoup changé.

Nous sommes là pour réparer tout cela le plus rapidement possible et nous avons déjà réalisé un grand nombre de progrès. Beaucoup disent que c'était le meilleur mois de l'histoire de notre pays. Je pense que c'est tout à fait vrai.

On a fait beaucoup de choses en une courte période. Comme je l'ai dit précédemment, j'espère que ce que je vais laisser, c'est la paix et l'unité. Et je remercie le président Macron de s'être joint à nous dans ces travaux urgents.

Nous avons des gens formidables qui sont en tête, Steve Witkoff, Michael Waltz, merci beaucoup, Scott, Merci de votre travail. Je dis aussi merci, ils ont travaillé d'arrache-pied sur ces questions avec beaucoup de passion pour mettre fin à cette guerre, et je souhaiterais maintenant céder la parole à Emmanuel, et ensuite nous répondrons à quelques unes de vos questions. Encore une fois, Emmanuel, c'est un honneur de vous accueillir ici à la Maison-Blanche.

Merci beaucoup. Merci Monsieur le Président, cher Donald, chers ministres, Mesdames et Messieurs, je vais dire quelques mots en français. Merci beaucoup, Monsieur le Président, cher Donald, pour votre hospitalité et cette visite.

Vous l'avez rappelé, nous avons eu l'occasion ces dernières années, lors de nos premiers mandats, de pouvoir échanger à plusieurs reprises à Paris, ici, à la Maison-Blanche et à travers le monde. Ça a toujours été un bonheur et je dois dire que j'ai en effet ici des souvenirs encore vibrants. Et je vous remercie à nouveau, Monsieur le Président, d'avoir fait l'amitié à la France de vous joindre à la cérémonie de réouverture de Notre-Dame de Paris que vous venez d'évoquer à l'instant.

Ça a été une très grande fierté pour les Françaises et les Français de pouvoir rouvrir la cathédrale au reste du monde, et votre présence a signifié cette amitié. Cette amitié qui vient de loin, le Président l'a rappelé, qui est aux origines, au fond de l'indépendance américaine et de sa construction et qui, à chaque fois que l'histoire a sonné, nous a ramené ensemble du bon côté de celle-ci, c'est-à-dire comme étant unis pour défendre la paix, la souveraineté. Et je pense évidemment aux deux guerres mondiales qui ont scandé le XXᵉ siècle, au "La Fayette, nous voilà !" de Pershing jusqu'aux vétérans américains que nous célébrions il y a encore quelques mois sur la plage d'Omaha Beach, et j'étais très heureux de revoir d'ailleurs, tout à l'heure, lorsque vous m'avez laissé quelques minutes entre deux de nos rendez-vous, l'un d'entre eux qui est venu me visiter.

Je veux ici dire le grand respect que nous avons pour tous nos anciens combattants et les vétérans américains. Cette histoire nous oblige et c'est celle qui nous lie dans le contexte du monde qui est le nôtre, et le Président l'a rappelé, le monde dans lequel nous vivons ne manque pas de défis. Alors cette visite que nous avons décidé ces derniers jours avait évidemment un objectif premier qui est la situation géopolitique.

Et je dois dire que, Monsieur le Président, je me dois de vous remercier tout particulièrement d'avoir accepté d'aménager votre agenda pour que nous puissions nous voir si vite. Et je considère que nous avons véritablement eu des avancées substantielles lors de nos échanges. Et c'est pour moi une étape très importante de ce que nous vivons.

Nous avons ensemble partagé une visioconférence avec l'ensemble des dirigeants du G7 qui nous a permis, trois ans après le début de la guerre d'agression, de la deuxième de dire évidemment notre soutien au Président Zelensky, phase de la guerre d'agression russe en Ukraine, au peuple ukrainien, mais aussi de partager notre volonté d'avoir une paix durable. Et je crois que c'est ce que vous avez ces dernières années, ces dernières semaines, pardon, rappelé avec avec beaucoup de force. Depuis le 22 février 2022 où on nous annonçait une opération spéciale qui allait durer quelques semaines, chacun admire la bravoure du peuple ukrainien qui a résisté.

Et vous avez raison de le dire, Monsieur le Président, nous avons aidé et je crois que nous avons eu raison d'aider, c'était notre responsabilité. Et je veux ici dire que l'Europe n'a pas ménagé ni minoré ses responsabilités. Et nous avons en effet investi 138 milliards de dollars dans l'aide à l'Ukraine et aux Ukrainiens.

Et je dis bien investi, parce qu'au fond, l'Ukraine a tenu ce front avancé de notre sécurité collective. Elle s'est battue durant ces années et elle continue de se battre pour son indépendance et sa souveraineté, mais aussi pour notre sécurité collective. Parce que je crois que personne dans cette salle n'a envie de vivre dans un monde où la loi du plus fort peut s'imposer et où les frontières internationalement reconnues peuvent être du jour au lendemain violées par qui que ce soit.

Alors je considère que ces dernières heures, et vous l'avez d'ailleurs dit tout à l'heure, plusieurs choses se sont cristallisées et nous avons pu avancer sur plusieurs points. D'abord, je veux saluer votre décision de voir le Président Zelensky, et de finaliser en effet, cet accord, qui est important pour les États-Unis d'Amérique et pour l'Ukraine sur les minerais critiques et les terres rares, mais d'avoir cet échange de substance avec le Président Zelensky dans cette phase est très important et de pouvoir finaliser cet accord qui aussi acte votre engagement pour une Ukraine souveraine est à mes yeux un point très important et souhaitable. Ensuite, votre volonté de bâtir la paix, nous la partageons.

Et je veux dire ici qu'en responsabilité, plus de dix ans après le début de la guerre, l'agression en Crimée et trois ans jour pour jour après l'agression russe dans le Donbass, et je le rappelle aussi dans le nord du pays à l'époque, la paix est une nécessité pour sauver des vies, pour aussi faire revenir des prisonniers chez eux, faire revenir des familles et des enfants car je n'oublie pas ce drame humanitaire qui touche aussi le peuple ukrainien. Nous en avons longuement discuté avec le Président et notre souhait qu'il puisse y avoir en effet des conflits qui s'arrêtent, une trêve qui soit pleinement mesurable, vérifiable et qui permette la négociation d'une paix durable dans laquelle il y aura la question de la reconstruction de l'Ukraine, la question de ces territoires et la question des garanties de sécurité, c'est-à-dire du maintien de la paix dans la durée. Car je le disais au Président, nous avons déjà connu des accords de paix qui n'étaient que des cessez-le-feu, sans prévoir ces garanties de sécurité, cela s'est appelé Minsk 1, puis Minsk 2, et nous savons d'expérience que cela ne tient pas.

Et je sais la volonté du Président d'être un acteur durable, justement de la paix dans la région, de vouloir cesser dans la durée cette paix. Et je crois pouvoir dire, après avoir consulté une trentaine de dirigeants européens et alliés ces derniers jours, pour bâtir cette unité et pour venir vous voir, que tous partagent la même vision des choses. Nous voulons la paix.

Cette paix ne peut pas signifier la capitulation de l'Ukraine. Cette paix ne peut pas être un cessez-le-feu sans garantie. Cette paix doit prévoir les conditions d'une souveraineté ukrainienne, permettre à l'Ukraine de négocier avec les parties prenantes toutes les questions qui la touchent et pour laquelle elle est seule légitime à négocier, et c'est une paix dans laquelle nous devons prendre nos responsabilités pour maintenir dans la durée sécurité et stabilité pour l'Ukraine et pour toute la région.

Et pour nous Européens, c'est une question existentielle. Nous avons longuement discuté cela avec le Président. J'ai pu lui dire tout ce que nous avions travaillé avec le Président Zelensky, on est rentré dans le détail justement, des différentes étapes d'une telle négociation et nous avons pu aussi évoquer tout le travail qui a été fait avec nos partenaires britanniques pour concevoir justement ce que pourraient être des déploiements de forces de paix sur le sol ukrainien, qui constituerait une part de cette garantie de sécurité à laquelle d'autres pays, d'ailleurs, sont prêts à se joindre, et pour laquelle, évidemment, la solidarité et le soutien américain sont indispensables.

Et je vous remercie, Monsieur le Président, d'avoir commencé le travail avec nous sur ce point. Et je crois pouvoir dire que l'accord que vous signez, que vous vous apprêtez à signer avec l'Ukraine et la discussion très claire que nous avons eu à cet égard, pour moi, sont des garanties solides que nous nous sommes compris et que notre volonté est la même : la paix le plus vite possible, une paix solide et durable pour tout le monde et la reprise en quelque sorte d'une vie internationale qui permette d'offrir à tous des responsabilités, donc dans ce cadre, des Européens qui prendront leurs responsabilités aux côtés de leurs alliés américains qui prendra les siennes. À cet égard, je suis venu aussi ici porter un message au Président de très grande clarté de l'engagement européen.

Nous sommes engagés pour bâtir une paix durable. Nous sommes engagés, comme Européens pour être partie prenante justement de ces garanties de sécurité. Et plus largement, nous sommes engagés, conscients que nous sommes, que les Européens doivent encore faire davantage pour la sécurité de l'Europe, sa défense et en quelque sorte un partage plus juste du fardeau sécuritaire que votre pays porte depuis plusieurs années.

Et au fond, pas simplement, Monsieur le Président, vous savez l'amitié que je vous porte parce que vous le demandez, vous le demandiez déjà avec force à votre premier mandat, mais parce que je crois que tout le monde maintenant en Europe est lucide sur le fait que c'est notre devoir pour nous-mêmes en tant qu'Européens, compte tenu du risque qui nous entoure et de la responsabilité qui est la nôtre. Et donc le Président Costa, ce matin, a rappelé cet agenda de Versailles de mars 2022 qui a déjà conduit les Européens à augmenter de manière historique leurs investissements. Les Européens sont prêts à faire davantage pour cette sécurité, beaucoup plus et beaucoup plus fort.

Et plusieurs m'ont redit cela avant de venir vous voir. Monsieur le Président, cher Donald, vous l'avez compris, cette paix par la force à laquelle vous croyez, c'est celle à laquelle nous sommes engagés par conviction et parce qu'en ce jour je pense au peuple ukrainien, à ses sacrifices et à ce que nous lui devons. Nous avons également, avec Monsieur le Président, évoqué les sujets économiques et, au fond, notre volonté de voir plus de prospérité aux États-Unis et en Europe.

Nous avons eu des discussions, elles seront poursuivis par nos ministres et nos équipes pour clarifier les sujets qui doivent l'être. Mais au fond, notre volonté, c'est qu'il y ait une concurrence juste et au fond, pas de biais dans la concurrence de nos industries pour pouvoir échanger. Mais je veux ici dire combien les économies américaines et européennes sont liées.

Ce sont les économies les plus imbriquées au monde. Ce sont 1 500 milliards de dollars d'échanges de produits, de services physiques et digitaux chaque année. Et je sais votre attachement à rétablir la balance des paiements.

Oserais-je dire qu'en tant que Président de France, j'ai la même, puisque nous avons aussi un déficit commercial. J'essaie aussi de faire valoir qu'il fallait regarder pas simplement les biens et produits, mais les produits numériques pour lesquels vous êtes un très grand exportateur. Et au fond, la solution, c'est de nous réengager sincèrement vers une concurrence qui soit équitable et la volonté d'avoir des échanges plus fluides et encore davantage d'investissements.

Vous êtes un très grand investisseur en France, nous sommes le cinquième investisseur, nous France, pas simplement l'Europe, dans votre pays, et je souhaite qu'on fasse davantage de part et d'autre, et je veux saluer d'ailleurs tous les investisseurs américains qui ont fait partie des grandes annonces pour l'intelligence artificielle il y a quelques jours à Paris, où 120 milliards de dollars d'investissements ont été annoncés en intelligence artificielle pour notre pays. Au delà du lien transatlantique, c'est notre volonté d'avoir en effet plus de prospérité et je suis convaincu qu'il y a au fond un agenda positif derrière tout cela. Enfin, nous avons ensemble évoqué plusieurs sujets sur le Proche et Moyen-Orient et je crois pouvoir dire que nous partageons la même volonté de ne jamais voir l'Iran obtenir l'arme nucléaire.

Notre volonté est de revenir à une approche avec les partenaires de la région en qui nous avons confiance, qui permettent justement de cantonner les activités nucléaires iraniennes, de pouvoir limiter ses capacités balistiques et de réduire ses déstabilisations régionales. Et sur la Syrie et l'Irak, nous partageons la même volonté aussi de ne pas voir les groupes terroristes islamistes reprendre de la force et retrouver de l'activité parce que depuis des années, nos armées sont avec courage engagées dans ces pays, dans l'opération Inherent Resolve dont vous avez le commandement et à laquelle nous contribuons, qui est une mission forte et importante, qui a contribué à la stabilité de la région, et je le dis avec ici beaucoup de sincérité, de force et d'engagement, puisque la France a été touchée par un attentat terroriste en 2015 qui avait été préparé en Syrie par ces mêmes groupes, et donc nous ne céderons rien dans cette région à vos côtés pour plus de sécurité. Voilà, Mesdames et Messieurs, en tout cas, nos échanges ont été extrêmement fructueux à la fois ce matin, à l'issue de notre visioconférence et à l'instant avec le vice-président, les ministres et nos conseillers.

Et je vais vous dire combien, après ces échanges avec le président Trump, je suis convaincu qu'il y a un chemin. Nous avons partagé nos convictions, nos exigences, nous savons tout le travail qui reste à faire et donc dans les prochaines semaines, nous avancerons ensemble et nous aurons l'occasion, nos équipes et nous, de nous revoir dans des formats différents pour faire de cette paix solide, durable, je l'espère avec beaucoup de force, une réalité de court terme. En tout cas, Monsieur le Président, permettez-moi de vous remercier pour votre accueil, remercier pour la qualité de nos échanges et pour votre engagement.

Merci, cher Donald. Merci Emmanuel. Très bien, merci.

Brian, Vous voulez poser une question ? En ce qui concernant le sondage [INAUDIBLE] neuf points de plus et tous les objectifs sur lesquels vous avez fait campagne, vous êtes en train de les accomplir. Vous avez un de ces objectifs, c'est l'arrêt de la guerre en Ukraine.

Alors, est-ce que vous pouvez faire un commentaire sur ce sondage ? Oui, j'étais très honoré de voir ce sondage. Généralement, les sondages ont tendance à tomber de l'autre côté.

Mais bon, Harvard, c'est un sondage d'importance qui dit que nous sommes devenus le parti du bon sens, et ça, c'est très important comme élément, le bon sens. Parce qu'avec ce qui se passe dans le monde et même dans ce pays, certaines des choses qui se passent, beaucoup de ces choses sont annulées ou en train d'être annulées. Donc nous avons agi assez rapidement, très rapidement.

Donc, j'étais très honoré par les résultats de ce sondage. Merci beaucoup. Oui, là-bas ?

Monsieur le Président, vous avez dit que vous [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] La réunion en Arabie Saoudite a été fantastique. Nous avons pu rencontrer le Prince héritier. C'est quelqu'un de formidable qui fait preuve d'une grande imagination, qui est très respecté de par le monde et il parle directement au roi.

Moi, je les connais bien tous les deux. Nous sommes amis et ils veulent aussi mettre fin à cela. Ils vont faire en sorte que cela se passe pour la Russie.

C'est la même chose. J'ai eu des conversations avec le président Poutine. Mes équipes travaillent avec ses équipes à lui, et on veut accomplir des choses.

Moi, c'est ce que je fais. Les accords, c'est ma vie, donc quand quelqu'un veux arriver à un accord, je le sens. Avant, il n'y avait pas de communication avec la Russie, et la Russie ne répondait pas aux appels.

Il n'y avait pas de communication, de conversation, avant. Et on a accepté ça en disant que ça voulait dire qu'ils voulaient continuer sans s'arrêter. Mais dès que je suis arrivé, un des premiers appels que j'ai fait, c'est d'appeler le président Poutine, et ils veulent mettre fin à la guerre.

Donc ça, c'est une chose énorme parce que je savais pas si ce serait le cas. Et vous voyez les gens qui sont au premier rang, ils sont très actifs sur ces questions. Nous travaillons sur ces accords, sur ces transactions à l'heure actuelle, en particulier, c'est la fin de la guerre qui est important, que ce soit par le biais d'un cessez-le-feu ou directement par un accord.

J'aimerais bien qu'on arrive directement à un accord, mais le cessez-le-feu, ça a tendance à arriver plus rapidement et chaque jour, vous pourriez sauver des centaines, voire des milliers de vies. Donc on va essayer de faire en sorte que cela s'arrête. Oui, pour le Président, s'il vous plaît.

Une question pour vous deux, Monsieur Macron, vous êtes l'un des derniers leaders de l'Occident à avoir communiquer avec Poutine avant l'invasion, Quels conseils, quelles recommandations pouvez-vous faire au Président Trump pour vous assurer que cette fois-ci, on puisse avoir des garanties suffisamment fortes de la part de Poutine pour arriver à un accord de paix durable ? Et Monsieur le Président Trump, qu'est ce qui vous fait croire que vous pouvez avoir confiance en Poutine lors de ces négociations ? Je n'ai pas de conseil à donner au Président Trump.

Nous avons une relation de confiance, mais mon impression, c'est qu'avec le président Poutine, je pense que c'est toujours une bonne chose que d'avoir des conversations, même quand vous n'êtes pas d'accord. J'ai arrêté mes communications après Boutcha et les crimes de guerre parce qu'à mon sens, on n'avait rien à obtenir de sa part à l'époque. Il y a une grosse modification qui est apportée parce qu'il y a une nouvelle administration, un nouveau contexte.

Donc il y a de bonnes raisons pour un réengagement de la part du Président Trump, mais mon expérience est la suivante et c'est quelque chose que j'ai partagé avec le Président Trump et son équipe en 2014. Nos prédécesseurs ont négocié la paix avec le Président Poutine. Mais du fait du manque de garanties, particulièrement des garanties de sécurité, le Président Poutine a enfreint cet accord de paix, et j'ai eu beaucoup de discussions, particulièrement début 2022, plusieurs heures à la fois avec le président Poutine, quinze jours, disons, avant le lancement de cette attaque.

Et il a tout nié. Mais on n'a pas de garantie de sécurité. C'est pourquoi le fait d'être fort et d'avoir des capacités de dissuasion, c'est la seule manière de faire en sorte que cela soit respecté.

Et j'ai insisté là-dessus, et c'est pourquoi je suis convaincu que les États-Unis ont la capacité d'y arriver. C'est pourquoi je pense qu'on ne dois jamais dire : "Je n'enverrai pas de troupes sur le terrain", parce que là, c'est donner un chèque en blanc de violation des engagements. Je pense que c'est une bonne chose de discuter.

Je pense que c'est utile de négocier. Je pense que c'est particulièrement important de travailler sur la paix. Mais ce qui est important pour moi, c'est de dire qu'il faut essayer d'obtenir quelque chose en premier lieu qui peut être évalué, vérifié.

Assurons-nous d'avoir les garanties nécessaires, à court terme, nous sommes disposés à être engagés. Beaucoup de mes collègues européens le sont également, mais nous avons besoin de ce soutien américain parce que cela fait partie de l'aspect garantie de sécurité et ça fait partie de la dissuasion également. J'ai le sentiment que cette capacité existe ici.

Je pense que c'est dans l'intérêt de la Russie que d'arriver à un accord, et je pense que nous allons y arriver. Encore une fois, c'est une guerre qui n'aurait jamais dû commencer, c'est une guerre qui n'aurait pas commencé si j'avais été Président à l'époque, mais bon, la guerre a commencé. Elle a atteint des niveaux terribles, des villes qui sont en ruine totale.

On dirait qu'elles ont été démolies entièrement. Il y a trop d'agonie et la culture est complètement détruite. Il y a des bâtiments ancestraux qui ont été détruits, mais c'est dans l'intérêt, bon, il y a beaucoup de manque de confiance des deux côtés.

Mais c'est dans l'intérêt, à mon sens, de la Russie que d'arriver à un accord et que de poursuivre, de mener la Russie de manière positive. Mais je suis convaincu qu'il veut arriver à un accord. Peut être que je me trompe, mais j'en suis véritablement convaincu.

Oui, allez-y. [INAUDIBLE] […] droits de douane. Est-ce que vous pensez que les pays ont travaillé suffisamment sur la question de la frontière ?

Et pour le président Macron, est-ce que vous estimez que l'accord sur les minerais critiques pour l'Ukraine est une garantie de sécurité de fait par les Etats-Unis, car les Etats-Unis souhaitent protéger ces réserves ? Oui, il semble que les choses évoluent assez rapidement. On a été maltraité par bien des pays, pas simplement le Canada et le Mexique.

On a tiré parti de nous. Parfois, on nous a pris pour des idiots parce qu'il y a des documents qui ont été signés ou les Etats-Unis se sont retrouvés dans une situation où on profite d'eux, c'est des choses que vous avez vues au cours des quatre dernières années. Mais si vous laissez ce genre de choses se produire dans notre pays, vous devez avoir honte.

Les droits de douane continuent sur cette même lancée, en temps et en heure, c'est un abus qu'on a subi pendant des années, et je ne reproche pas cela aux autres pays, je reproche cela à nos dirigeants. Ces pays-là, on sont arrivés à de supers accords avec les Etats-Unis, on ne peut pas le leur reprocher. En matière de production, tous les aspects imaginables, ils en ont profité.

Moi, je lis ces accords et je me dis : " Mais qui aurait pu signer ce genre de truc ? " Donc oui, on va continuer à avancer sur ces droits de douane et on va récupérer pas mal. On veut de la réciprocité, c'est ça qui nous intéresse.

On veut un pied d'égalité, donc si quelqu'un nous fait payer quelque chose, nous, pareil en retour. Et ce sera très bon pour notre pays, notre pays bénéficiera d'une grande liquidité et richesse. Et vous savez que nous sommes en train de détecter toutes sortes de gaspillages, de fraude et d'abus.

Et ça fait partie aussi de ce qui a été sondé par Harvard. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce qui se passe, ce que fait Elon et ce que fait le président Trump ? Les chiffres sont effarants, 70 % qui voulait voir quelles sont ces fraudes et ces gaspillages.

Il y en a qui commencent à parler de la Constitution, mais ça n'a rien à faire avec la Constitution. Il est question d'une équité par rapport à notre pays. Et quand vous lisez les milliards, les centaines de milliards de dollars qui ont été dépensés, il suffit de lire ces choses.

Je pourrais vous faire la liste de toutes les dépenses. On pourrait y passer la journée. Mais réfléchissez à la richesse potentielle des Etats-Unis.

Parfois, vous achetez une société, vous voyez que c'était une société qui était très bien gérée, où toutes les dépenses étaient bien gérées, mais là, c'est tout l'inverse. Vous avez beaucoup de fraudes, beaucoup de gaspillage. Et quand vous pensez à cela… Elon parle toujours du fait qu'il faut être attentif et attentionné.

C'est ce que j'essaye de faire maintenant. Je négocie pour faire en sorte que les Etats-Unis, le peuple américain, puissent récupérer des centaines de millions de dollars de fraude et d'abus. C'est une discussion très importante non seulement pour les Etats-Unis, mais aussi parce qu'il y aura une première réunion très importante entre le Président Trump et le Président Zelensky.

En deuxième lieu, je pense qu'il y a beaucoup d'avantages économiques de part et d'autre. Et troisièmement, on reconnaît la souveraineté de l'Ukraine et les intérêts de l'Ukraine et en fait, c'est un alignement très important. Il y aura une négociation des garanties de sécurité dans le cadre d'un paquet de mesures sécuritaires.

La paix qui sera mise en place et cette réunion représente un pas très important pour un accord de la paix. Monsieur le Président Trump, Monsieur le Président Macron, Monsieur Trump, vous dites que vous voulez arriver à un accord avec Poutine, donc c'est un accord gagnant-gagnant. Qu'est-ce que vous lui donnez et qu'est-ce qu'il vous donne, lui ?

Et j'ai été impressionné par la manière dont vous avez parlé de Notre-Dame. Vous avez trouvé la reconstruction impressionnante. Beaucoup d'Américains ont envoyé des fonds à Paris pour participer aux efforts de reconstruction de Notre-Dame.

En tant que président américain, ce que vous allez contribuer à la reconstruction de l'Ukraine ? Président Macron, quelle est pour vous la principale avancée de votre entretien avec Donald Trump, et pouvez vous nous confirmer qu'il y a effectivement un accord pour envoyer des troupes européennes de maintien de la paix ? Est-ce que la France va le faire ?

Combien d'hommes, pour faire quoi ? Et est-ce que ce n'est pas un grand danger d'envoyer des troupes françaises ou européennes en Ukraine ? Merci.

Question un petit peu bizarre parce que vous demandez si on va, au nom des États-Unis, contribuer à l'Ukraine, ça fait déjà 350 milliards de dollars. Donc je pense que la contribution a été à la hauteur. La première partie de votre question, je l'ai beaucoup apprécié parce qu'effectivement, la cathédrale, le travail a été formidable, le Président a fait beaucoup de travail, je sais qu'il est à la tête de ces efforts, je sais qu'il a travaillé dur là-dessus, que c'est quelque chose qui a pris du temps, mais finalement peu de temps, parce que c'était quand même un travail délicat, et c'est magnifique.

Je l'ai vu, je connais bien tout ce qui est bâtiment et je reconnais le bon travail qui a été fait, il faut lui donner tout le crédit qui lui est dû. Il ne fallait pas qu'on reconstruise de manière différente. On a apprécié la reconstruction que vous avez réalisée.

Vous avez fait un très bon travail et je pense que vous n'avez pas été suffisamment reconnu pour cela. Peut-être qu'un jour ce sera le cas. Merci beaucoup.

Pour revenir à votre question, je considère que la discussion d'aujourd'hui a été marquée par plusieurs avancées. D'abord, la confirmation. C'était une des choses importantes pour nous.

Ça fait partie de tout le travail qu'on a mené aussi avec le Président Zelensky pour essayer de bâtir une proposition d'action qui soit acceptable pour l'Ukraine. Le fait que le Président Trump a confirmé qu'il allait rencontrer rapidement le Président Zelensky pour finaliser l'accord sur les minerais critiques et les terres rares, et pour avoir une discussion d'ensemble dans ce contexte. Je pense que c'est un point très important.

La deuxième chose, nous avons. dans le cadre de la discussion, nous sommes rentrés dans le détail, la proposition d'action que nous venions faire, de comment la paix, ou en tout cas une trêve, des éléments concrets, mesurables, pouvaient être organisés et comment ensuite on pouvait structurer la discussion. Et donc la France et plusieurs autres pays européens, l'Ukraine, sont évidemment maintenant au travail pour pouvoir bâtir ce qui est cette paix durable, avec des éléments très concrets dans lesquels il y aura justement les garanties de sécurité, les questions territoriales qui appartiennent totalement à l'Ukraine, la question de la reconstruction, la question du potentiel économique et des minerais rares.

Donc là-dessus, on a pu discuter en détail de ces propositions d'actions. Et puis une troisième avancée qui est pour moi vraiment un des acquis de notre discussion d'aujourd'hui et qui marque un tournant, c'est la précision avec laquelle nous avons parlé des garanties de sécurité. Et je pense que le Président a eu lui-même tout à l'heure, et encore aujourd'hui, à l'instant, des mots très clairs, il veut la paix, nous voulons la paix.

On est totalement d'accord. Nous voulons un deal rapide, mais pas un accord qui soit fragile. Et le fait qu'il y ait des Européens qui soient prêts à s'engager pour apporter leur réponse à ces garanties de sécurité et qu'il y ait une clarté du message américain sur le fait que les Etats-Unis d'Amérique, comme alliés, étaient prêts à apporter un soutien, une solidarité à cette approche est pour moi un tournant, et c'était un des acquis de ce déplacement et de nos discussions.

Pour ce qui est des troupes, je veux ici clarifier les choses. On a pu par le passé, en particulier il y a un an, à des fins qui étaient à mes yeux pleinement légitimes, évoquer la possibilité d'envoi de troupes dans un contexte de guerre. C'était pour recréer de l'incertitude stratégique.

Là, quand on parle de troupes, on en parle le lendemain de la négociation d'une discussion de paix durable. Et donc, une fois qu'il y a une paix solide, durable, négociée, signée par l'Ukraine et la Russie, dont nous serons collectivement les garants, la France a travaillé avec le Royaume-Uni ces dernières semaines pour dire que nous, on est prêts à contribuer. Et donc on a eu un plan qui a été discuté entre nos entités militaires pour dire que nous, on est prêt, pas à aller sur le front, pas aller dans des territoires contestés ou occupés, mais à marquer notre soutien pour nous assurer que la paix, telle que négociée et signée par les deux parties, est bien préservée.

Et donc ce sont des déploiements, si je puis dire, totalement pacifiques, non engagés dans des combats, mais qui sont, si je puis dire, des déploiements de forces, de garanties. Elles seront par définition limitées, mais elles marquent une solidarité. J'ai échangé, je vous l'ai dit, avec tous nos alliés, il y a plusieurs pays européens et non européens qui sont prêts à participer à cet effort.

Les uns en continuant à aider l'armée ukrainienne à maintenir ses capacités à être dans la durée en terme de nombre de soldats ou en terme d'équipement, les autres par la logistique ou les capacités sur le terrain, d'autres aussi à venir à nos côtés. Leur question à tous, c'était : Est-ce que c'est d'accord avec les Etats-Unis d'Amérique ? Et le président a eu des mots très forts tout à l'heure pour dire oui et pour même d'ailleurs nous apprendre que dans les discussions qui étaient en cours avec la Russie, c'était acceptable dans les échanges qu'il y avait eu avec la Russie.

Et donc ça, c'est une avancée très forte. Et cela veut dire que les Européens prennent dans ce contexte leur part du fardeau parce qu'on s'engage, on avance, qu'on garde ce qui est la force de notre alliance à travers les décennies, qui est notre solidarité, et du coup, la capacité de dissuasion que nous avons ensemble. Et donc non, ce n'est pas dangereux.

Parce qu'en fait, qu'est ce que ça signifie ? Qu'il y a un accord qui va être signé par l'Ukraine et la Russie qui a été déclenché par le Président Trump, dont nous sommes les garants et qu'en quelque sorte, si la Russie venait à le violer, elle rentrerait de facto en conflit avec tous ceux qui se sont engagés dans un processus de paix. Et ça, c'est un changement.

Ça n'a jamais existé ces dernières années. Ce n'est pas ce qu'on avait fait en 2014. Et donc c'est ça, la vraie rupture, c'est d'avoir quelque chose de solide avec la capacité de dissuasion américaine, la capacité d'engagement des Européens, et quelque chose qu'on va justement organiser ensemble.

Donc ce n'est pas dangereux, mais c'est crédible, et ça nous semble moins dangereux que des choses qui iraient beaucoup plus loin en terme juridique. Et ça nous semble ce que nous devons faire pour garantir la sécurité. Et je vais vous le dire ici très clairement, c'est la sécurité aussi des Européens dont il s'agit.

Et moi, c'est ce que je dis depuis des semaines. Si on ne garantit pas la sécurité de cette part du territoire de l'Europe, comment garantir notre propre sécurité à tous ? Nous, nous vivons à 1 500 kilomètres de l'Ukraine, nous Français, et c'est encore plus près quand on est évidemment Polonais ou Allemand.

Donc c'est notre engagement pour la sécurité collective, et en quelque sorte c'est répondre aussi à l'appel qui nous est fait, vous devez, vous, entre Européens, être davantage engagés, mais nous, Américains, nous restons en solidarité. On le fait en Ukraine, et on doit le faire aussi pour notre sécurité collective. Mais la clarification qu'on a aujourd'hui, pour moi, est un tournant.

Emmanuel, merci beaucoup. Excellent travail, ça a été un plaisir de passer du temps avec toi, et bonjour à ton épouse, et on va se revoir incessamment sous peu. On va continuer à avancer là-dessus, on va y arriver, excellent travail, merci.