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interviewRMC — Face à Face· 6 septembre 2021 20 min

L'invité de Bourdin Direct : Bruno Le Maire - 06/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 2

Vous écoutez RMC. Bruno Le Maire, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Nous allons parler pouvoir d'achat, bien sûr, remboursement de la dette, réforme des retraites, budget, plan de relance, plan d'investissement, pas sanitaire. Mais je voudrais commencer avec un peu de politique. Les candidats sont de plus en plus nombreux. Candidats à la présidentielle, bien sûr, de plus en plus nombreux. Encore quelques incertitudes à Nidalgo, nous verrons la semaine prochaine. Le nom du candidat LR, Eric Zemmour, qui sera d'ailleurs mon invité, je vous l'annonce ce matin. Le 15 septembre, notez bien la date. Et puis Emmanuel Macron, il sera candidat.

Là, vous n'en doutez pas, je sais que vous l'espérez. Vous le souhaitez. Je le souhaite. Vous le souhaitez. Doit-il bâtir autour de lui une nouvelle majorité présidentielle ? Un nouveau parti, une sorte de parti démocrate français ?

0:49
Locuteur 1

Je considère que plus les candidatures se multiplient, plus nous devons nous rassembler derrière Emmanuel Macron et derrière le président de la République s'il décide d'être candidat. Plus on voit revenir le vieux clivage droite-gauche qui n'apporte aucune solution au problème du pays, plus nous devons, nous, la majorité, dépasser ce clivage gauche-droite. Et plus, effectivement, les formations s'émiettent, plus nous, nous devons nous rassembler.

Donc oui, je suis favorable à un parti présidentiel qui rassemblerait tous ceux qui veulent soutenir la candidature d'Emmanuel Macron, qui croient à ce dépassement du gauche et de la droite, qui estiment que l'économie de marché fonctionne, que c'est elle qui doit nous servir en matière économique de boussole, que la construction européenne est absolument indispensable et que la nation française doit y prendre toute sa place, et qu'ils sont totalement engagés pour la lutte contre le réchauffement climatique. Ce qui constitue, en quelque sorte, l'armature idéologique que le président de la République... Donc création d'un nouveau parti ?

Création d'un parti présidentiel qui rassemblerait toutes les forces politiques. On a le choix entre deux solutions. Soit la balkanisation, où chacun reprend son étiquette, son origine, soit on se tourne vers l'avenir. Moi, je veux me tourner vers l'avenir. Nous avons fait un très bon travail pendant cinq ans. On n'a pas tout réussi, nous avons eu des échecs, mais je considère, notamment dans le domaine économique, que nous avons fait le job. Et que, notamment pour protéger les Français face à la crise, nous avons pris les bonnes décisions. On voit bien tout le travail qu'il reste à faire pour la réindustrialisation du pays. On va en parler, évidemment. Pour la reconquête industrielle.

Il faut, à Emmanuel Macron, cinq années supplémentaires. Et je crois à la durée en politique. Je pense que dix ans, c'est ce qui permet d'accomplir la transformation du pays. Donc je suis évidemment favorable à sa réélection. Et je pense qu'avoir un parti présidentiel qui rassemble toutes les composantes de la majorité, c'est un moyen de donner de l'élan à sa candidature. Voilà. Pour la présidentielle et pour les législatives qui suivront, évidemment.

2:45
Locuteur 2

Les législatives qui suivront ensuite. Bruno Le Maire, regardons l'état de l'économie française. Bien. Je vais commencer avec la croissance. Plus de 6% en 2021. On va dépasser les 6% ?

2:55
Locuteur 1

Restons modestes, lucides. Notre chiffre, c'est 6%. C'est déjà un chiffre exceptionnel. Avec un objectif nouveau. On va atteindre, à la fin de l'année 2021 et non plus au début de l'année 2022, le même niveau d'activité économique que celui que nous avions avant la crise. On a déjà, Jean-Jacques Bourdin, un niveau d'investissement supérieur à celui que nous avions avant la crise. Nous avons un niveau de chômage plus faible que celui que nous avions avant la crise. Nous avons une consommation plus importante qu'en 2019. Les derniers chiffres viennent de tomber pour la semaine du 23 au 29 août.

On est encore 7% supérieur en matière de dépenses bancaires à ce qui était la situation la même semaine en 2019. Donc, la croissance est bien orientée. On vise 6%. On vise le retour à la situation d'avant-crise fin 2021. C'est déjà une très belle réussite. Prévision pour 2022 ? Prévision de croissance ? 4%. 6% pour 2021. 4% pour 2022. Ce qui veut dire que nous maintiendrons un rythme dynamique. Je veux juste expliquer une chose. C'est que c'est la relance qui fait la croissance. Elle ne tombe pas du ciel. Nous fêtons aujourd'hui, avec le Premier ministre, les un an de cette relance. Nous l'avons engagée très tôt, à la rentrée 2020. Nous avons mis 100 milliards d'euros sur la table.

Nous avons réussi à décaisser près de 50 milliards d'euros de ce plan de relance. Et nous visons 70 milliards d'euros d'engagés d'ici la fin 2021. La relance fait la croissance et l'efficacité de cette relance fait la force de la croissance française.

4:26
Locuteur 2

Je vais vous parler de la dette, mais je voudrais vous parler du pouvoir d'achat. Relance, on est d'accord. Chômage qui baisse, on est d'accord. Même si les chiffres du commerce extérieur sont mauvais, restent mauvais.

4:37
Locuteur 1

Et ça reste d'ailleurs, pour le prochain quinquennat qui va s'ouvrir, pour moi, un des éléments clés qui doit juger de la puissance économique de la France. Il faut redresser la balance commerciale à l'extérieur de la France, tout simplement parce que derrière, c'est nos capacités industrielles, nos capacités à prendre des marchés à l'étranger, nos capacités à vendre nos produits et nos talents.

4:57
Locuteur 2

Est-il vrai qu'en termes de PIB, la France s'est passée en cinquième position au niveau mondial ?

5:01
Locuteur 1

Il est vrai qu'en valeur relative, nous nous sommes appauvris par rapport à l'Allemagne et par rapport aux Etats-Unis depuis dix ans. Donc ça, je ne m'y résignerai jamais. Rien industrialiser le pays. Travailler davantage, on y reviendra sans doute. C'est les seules solutions pour garantir à nos enfants et nos petits-enfants le même niveau de vie que le nôtre et surtout un meilleur niveau de vie que le nôtre.

5:21
Locuteur 2

Travailler davantage et plus longtemps. On va en parler avec la réforme des retraites, Bruno Le Maire. Le pouvoir d'achat, sujet majeur, l'un des sujets majeurs de la prochaine élection présidentielle. De nombreux Français, on le sait, ne vivent que pour payer les factures. Alors comment augmenter faut-il et comment augmenter les salaires ?

5:38
Locuteur 1

D'abord, nous avons protégé le pouvoir d'achat des Français. Parce que nous avons protégé l'emploi, donc les salaires. N'oublions pas que nous avons développé massivement l'activité partielle en 2020, en 2021, pour éviter des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires et donc permettre à chacun de garder son salaire. Notamment ceux qui ont les niveaux de rémunération les plus faibles, qui avaient une indemnisation à 100%. Ça, c'est la meilleure protection du pouvoir d'achat des Français, le travail. Si on avait des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires aujourd'hui, là, effectivement, le pouvoir d'achat des Français aurait été très durement impacté par la crise.

Mais les chiffres sont là. En 2020, le pouvoir d'achat des Français a augmenté de plus de 1%, alors même que la crise touchait toute notre économie. Ensuite, il y a beaucoup de gens qui ont des niveaux de salaire qui sont modestes et qui ont du mal à joindre les deux bouts. D'abord, ils se sont confrontés à l'augmentation du prix de l'énergie, du gaz, de l'électricité. L'osent des dépenses contraintes. Bien sûr. Donc, on apporte une réponse très concrète. Nous avons augmenté le chèque énergie, il est de 150 euros. Il concernait moins de 4 millions de Français. Il touche aujourd'hui 6 millions de Français parce que nous avons élargi les conditions d'attribution.

Le chèque énergie, pour moi, c'est une des réponses appropriées à cette question de l'augmentation du prix de l'énergie qui touche beaucoup de nos compatriotes. Après, il y a les salaires où, effectivement, j'ai ouvert le débat il y a plus de 2 ans, en disant que pour ceux qui ont des niveaux de salaire modestes, pour ceux qui ont du travail à temps très partiel, le compte n'y est pas. Et nous, ce que nous devons garantir, c'est que le travail garantit la dignité de son existence. Mais comment allez-vous faire ? C'est l'entreprise qui augmente le salaire.

7:15
Locuteur 2

Ce n'est pas vous qui décrétez une augmentation des salaires.

7:17
Locuteur 1

Je ne décrète pas d'augmentation des salaires. Enfin, l'État a pris toute sa part. Donc, l'augmentation des salaires est plus moindre. Je veux juste rappeler, Jean-Jacques Bourdin, à tous ceux qui nous expliquent, matin, midi et soir, que l'État ne fait pas les salaires, que malgré tout, l'État fait la prime d'activité.

7:30
Locuteur 2

C'est ce que dit le président du MEDEF.

7:32
Locuteur 1

L'État ne fait pas les salaires. L'État ne fait pas les salaires, il a raison. Mais l'État améliore les salaires, il met du beurre dans les épinards, pour faire simple. 100 euros de plus par mois grâce à la prime d'activité, la défiscalisation des heures supplémentaires, la baisse des cotisations sociales, l'intéressement, la participation, la suppression de l'attaque sur l'intéressement. La participation ne touche pas suffisamment de salariés, vous le savez bien.

7:54
Locuteur 2

Faut-il la rendre obligatoire ? Je ne crois pas. Dans toutes les entreprises de plus de 10 salariés, c'est ce que propose Arnaud Montebourg, par exemple.

8:02
Locuteur 1

J'ai vu qu'Arnaud Montebourg proposait l'obligation. Moi, je ne crois pas à la voie de l'obligation. Je crois à la voie de l'incitation, à simplifier massivement l'intéressement. Il touchait 1,5 million de nos compatriotes aujourd'hui. 2 millions de nos compatriotes ont taxé un accord d'intéressement. Et je vise 3 millions de nos compatriotes avec un accord d'intéressement d'ici la fin 2022. Parce que c'est juste. Ça veut dire que lorsque l'entreprise marche bien, le premier intéressé au succès de cette entreprise, c'est le salarié. Coup de pouce au SMIC ou pas ? Notre SMIC, il a une singularité, Jean-Jacques Bourdin.

C'est que lorsque les prix augmentent, notamment pour ceux qui ont les dépenses contraintes, qui pèsent le plus dans leur budget, le logement, l'électricité, la nourriture, il augmente automatiquement. Il y a ce qu'on appelle une indexation automatique du SMIC, une revalorisation automatique du SMIC. Au regard de l'inflation, on verra ce que sera le chiffre définitif de l'inflation le 15 septembre. On peut envisager qu'il y ait une revalorisation automatique du SMIC au 1er octobre. C'est prévu. Et nous sommes un des seuls pays au monde... Dès le 1er octobre.

Dès le 1er octobre, il peut y avoir, si jamais les chiffres de l'inflation sont très élevés le 15 septembre, une revalorisation automatique.

9:12
Locuteur 2

Ils sont élevés. Plus 1,9% au mois d'août. Au mois d'août, et combien prévision sur l'année de l'inflation ?

9:21
Locuteur 1

L'inflation, aujourd'hui, je veux le redire, parce que c'est important aussi pour les marchés, pour le financement de l'économie, c'est une inflation qui résulte de la vigueur de la reprise économique. Nous ne pensons pas que c'est une inflation structurelle, de long terme, qui pourrait amener des changements. Quel est le niveau ? On est à 1,9, on est autour de 1,9,2. On verra le chiffre définitif le 15 septembre, c'est l'INSEE qui le donnera. Mais à partir de ce chiffre d'augmentation de l'inflation, il peut y avoir, le 1er octobre, une revalorisation automatique du SMIC.

Nous sommes un des seuls pays au monde qui prévoit que le SMIC est revalorisé automatiquement quand les prix remontent fort.

9:59
Locuteur 2

La revalorisation du SMIC, donc, 1er octobre. Après, est-ce qu'il faut que l'État aille plus loin ? Coup de pouce en décembre.

10:05
Locuteur 1

Je ne crois pas que ce soit la bonne solution. Parce que faire des coups de pouce, on est toujours, évidemment, tenté de le faire, on a toujours envie d'améliorer la situation de ceux qui ont les niveaux de salaire les plus faibles. Mais ça veut dire qu'on va le payer sur l'emploi. Ça veut dire qu'on va condamner beaucoup de personnes qui auraient pu retrouver un travail à rester au chômage. Moi, ma priorité, c'est l'emploi, l'emploi et l'emploi. Il y a une revalorisation automatique qui est possible. Donner un coup de pouce, c'est donner aussi un coup de canif au redressement de l'emploi dans notre pays.

En revanche, et là, je veux être très clair aussi sur ce sujet-là, qu'il y ait dans les branches, dans certains secteurs d'activité où il y a des tensions, des négociations salariales. Moi, j'y suis favorable. Voyez bien, pour tous les restaurateurs qui nous écoutent dans le secteur de l'hôtellerie, des bars, des cafés, de la restauration, on n'arrive pas à trouver de main-d'oeuvre. Je pense qu'il faut se poser la question de la meilleure attractivité de ces secteurs qui passent aussi par une augmentation des salaires.

11:01
Locuteur 2

Et le chèque alimentaire, où est-ce qu'on en est ? Promesse d'Emmanuel Macron, j'y tiens à chaque fois que je... Vous avez raison. Je reçois un ministre, je repose la question. Il faut toujours nous rappeler nos promesses. Promesse du 14 décembre 2020, il se fera.

11:15
Locuteur 1

Il faut toujours rappeler nos promesses. Oui. Je vous ai déjà dit que nous avions augmenté le chèque d'énergie. C'est un point important pour tous ceux qui vous écoutent et que c'est pour moi une des solutions appropriées face à l'augmentation des prix de l'énergie. Sur le chèque alimentaire, nous aurons un premier rapport mi-octobre, un rapport définitif de proposition au début du mois de janvier 2022. 2022, c'est très compliqué à mettre en oeuvre. Je ne vous le cache pas. Et je pense qu'avant de mettre en oeuvre une solution de ce type, il faut s'assurer qu'elle puisse fonctionner. Pas avant 2022. Pas avant 2022, puisque nous aurons le rapport définitif début 2022.

11:48
Locuteur 2

6 à 8 millions de bénéficiaires. C'est cela, Bruno Le Maire ?

11:53
Locuteur 1

On verra pas le nombre de bénéficiaires.

11:54
Locuteur 2

Je sais que vous freinez beaucoup à Versy. Ce n'est pas vrai.

11:57
Locuteur 1

Mais Versy est responsable des finances publiques. Et je pense qu'il est important que nos finances publiques soient bien tenues et que l'argent aille à ceux qui en ont réellement besoin.

12:07
Locuteur 2

Alors justement, la dette, les finances publiques, comment va-t-on rembourser ? Comment va-t-on rembourser cette dette ? C'est la question que tout le monde se pose. Enfin, que tout le monde, que beaucoup de Français se posent.

12:15
Locuteur 1

C'est une question parfaitement légitime. J'en ajoutais une deuxième. Quand est-ce qu'il faut commencer à rembourser ? Quand ? Gérer une crise, c'est savoir entrer au bon moment dans les nouvelles phases de la crise. Nous avons protégé. 2020-2021. On sort du poids qu'il en coûte. Nous en sommes sortis. Nous sommes maintenant dans le déploiement de la relance qui fait, je le redis, la croissance forte de 2021 et de 2022. On va ensuite investir.

Le Président de la République annoncera un plan d'investissement dans quelques semaines qui va nous permettre, dans les dix années qui viennent, de garder un niveau de croissance élevé et je l'espère, plus élevé que celui que nous avions avant la crise. Et puis, il faudra rétablir les finances publiques. Les rétablir à notre rythme avec un cap qui a été fixé. 2027, la dette doit commencer à baisser. Nous devons repasser sous les 3% de déficit public et trois moyens pour y arriver. Le premier, la croissance. C'est le plus efficace. Elle est là. Ce volet-là, il est rempli. Le deuxième, c'est les réformes de structure.

Il faudra, je le redis, une réforme des retraites pour sauver notre régime de retraite par répartition et équilibrer les comptes. Et puis, la troisième solution, c'est une solution que j'ai proposée. On verra si elle est retenue dans le cadre de la campagne présidentielle, mais j'y crois beaucoup. C'est d'avoir un niveau de dépense qui soit voté, pas sur une année, mais sur 5 ans. Ce qu'on appelle une règle d'or. Et moi, je souhaiterais que cette règle d'or ait une valeur constitutionnelle. C'est-à-dire qu'on dise au gouvernement que vous avez le droit de dépenser tant sur 5 ans, mais sauf circonstances exceptionnelles, vous ne pouvez pas dépenser plus.

Ça va nous obliger, Jacques Bourdin, à faire des choix. Si vous voulez plus d'argent pour l'hôpital, plus d'argent pour les enseignants, ce qui est parfaitement légitime, il faudra faire des économies ici ou là, plutôt qu'estimer qu'on peut dépenser toujours plus.

13:59
Locuteur 2

Vous avez évoqué la réforme des retraites il y a un instant. Moi, je me souviens de ce qu'a déclaré le président de la République. Elle sera reprise si le contexte sanitaire et social change. Le contexte sanitaire est en train de changer. Alors, réforme des retraites avant la fin du quinquennat ou pas ?

14:16
Locuteur 1

Invitez le président de la République. Il n'y a que lui qui peut vous répondre. Il n'y a que lui qui peut vous répondre. Il a fixé les règles. Elles sont très claires. Rien n'est possible tant que l'épidémie n'est pas derrière nous. On n'en a pas fini avec la crise sanitaire. Et pour autant, chacun en a conscience que l'ensemble des Français travaillent davantage. C'est indispensable pour préserver notre niveau de vie et notre système de retraite.

14:37
Locuteur 2

C'est une priorité absolue, disiez-vous, en juin, ici même. Mais je n'ai pas changé d'avis.

14:42
Locuteur 1

Vous n'avez pas changé d'avis. C'est une priorité absolue. Absolue. Parce que c'est la condition du niveau de vie de nos enfants et de nos petits-enfants. Et c'est la condition de la solidarité qui fonde le modèle social français.

14:53
Locuteur 2

Vous poussez le Président de la République à réengager cette réforme des retraites. Fin des régimes spéciaux et 1000 euros minimum de pension. Ce sont les deux premières mesures.

15:08
Locuteur 1

Ce sont des idées qui ont déjà été avancées depuis longtemps. Le Président de la République, je pense, a toujours fait preuve d'une immense clarté sur le sujet. Nous devons travailler plus longtemps. Nous devons garantir un minimum de retraite à ceux qui ont des pensions de retraite les plus modestes. Et nous devons en finir avec des régimes spéciaux qui aujourd'hui n'ont plus de signification et ne répondent plus à des contraintes particulières. Donc voilà les points qui ont été posés par le Président de la République. Quand est-ce que nous lançons ces décisions ? Quand est-ce que nous engageons la discussion ? Déjà qu'on en discute, c'est pas mal.

Qu'on puisse échanger, qu'on puisse débattre sur ce sujet, c'est déjà pas mal. Mais c'est au Président de la République que je ne suis pas là pour croire une chose ou une autre. Je suis là pour donner mes convictions et surtout pour faire le redressement économique de notre pays.

15:54
Locuteur 2

Alors justement, plan de relance 100 milliards, vous en avez parlé. Et puis plan d'investissement qui sera présenté dans quelques semaines, courant octobre par le Président de la République, France 2030, avec des priorités, création de nouvelles filières industrielles. Montant de ce plan ? Le montant n'est pas arbitré. 30-40 milliards d'euros ?

16:13
Locuteur 1

L'unité de compte, c'est plutôt la dizaine de milliards d'euros que le milliard d'euros. Je ne vais pas confirmer de chiffres avant que le Président de la République soit prononcé. Je dis juste que l'unité de compte, c'est la dizaine de milliards d'euros. C'est ce qui nous amène à prendre un peu plus de temps parce que je veux discuter, comme me l'a demandé le Premier ministre Jean Castex, discuter avec les partenaires sociaux. Je recevrai M. Martinez, je recevrai l'ensemble des représentants syndicaux, M. Berger, le MEDEF, la CPME très prochainement. Et puis, nous allons aussi engager des discussions approfondies avec les filières industrielles. Je recevrai par exemple M.

Potier, le Président d'Air Liquide, pour lui dire on va mettre beaucoup d'argent sur l'hydrogène. Quelles usines ? Quels emplois ? Quelles technologies ? Quels territoires vont pouvoir bénéficier de ces investissements ? Je veux m'assurer que chaque euro de ce plan d'investissement ira bien à la relocalisation industrielle et pas à l'ouverture d'usines à l'étranger et à la création d'emplois sur notre territoire.

17:06
Locuteur 2

Mais est-ce que la commande publique doit être réservée ? Réservée aux entreprises françaises ?

17:12
Locuteur 1

Ça, c'est encore un autre sujet. Elle l'est en partie dans certains domaines. Oui, dans le domaine

17:18
Locuteur 2

de la défense, par exemple. C'est pas le sujet

17:20
Locuteur 1

du plan d'investissement. Le sujet du plan d'investissement, c'est comment ? Nous passons d'une France qui repose sur quatre grandes filières industrielles depuis 20 ans, toujours les mêmes, la Gouinion-Leterre, le Luxe, l'aéronautique et le médicament, à une France qui a huit ou dix grandes filières industrielles qui lui permettent de relocaliser son activité industrielle en France, de développer les territoires, parce que l'industrie, c'est du développement de l'emploi dans les territoires. Jean Castex va le rappeler ce matin à Lyon en ouvrant le Conseil national de l'industrie.

Et c'est ce qui fera le rétablissement de notre balance commerciale, parce que nous reprendrons des marchés à l'étranger. Bruno Le Maire, le pass sanitaire,

17:56
Locuteur 2

faut-il lever l'obligation dans les grands centres commerciaux ?

18:00
Locuteur 1

Nous avions fixé des règles et nous appliquons ces règles, ce qui me paraît le minimum. Donc le Premier ministre a décidé qu'avec Olivier Véran, nous signerions l'arrêté à partir de mercredi de cette semaine pour tous les centres commerciaux de plus de 20 000 m2 dans les départements où l'incidence est passée sous les 200 pour 100 000 habitants et où depuis une semaine cette incidence est en baisse continue, nous supprimerons l'obligation de passes sanitaires. Pour être très précis, on a aujourd'hui 178 centres commerciaux dans 27 départements qui sont soumis à passes sanitaires. Mercredi, ce sera 64 centres commerciaux sur 29 départements.

18:44
Locuteur 2

Sur 29 départements, 64 au lieu de 178. Sur 19 départements, 64 au lieu de 178.

18:50
Locuteur 1

64 au lieu de 178.

18:51
Locuteur 2

Oui, c'est un vrai changement. Finalement, ce pass sanitaire, c'est nuisible à l'économie française ou pas ?

18:58
Locuteur 1

Non, c'est très bon pour l'économie. C'est très bon pour l'économie ? Oui, je vous le confirme. D'abord, on a regardé chiffre par chiffre, activité par activité. Je redonne l'exemple de la restauration, plus 3% cette dernière semaine par rapport à 2019. Pourquoi ? Parce que le pass sanitaire ne freine pas l'activité économique. Il protège les consommateurs. Donc, il protège notre économie. Il y a un seul secteur, je le reconnais volontiers, où effectivement, il y a eu un impact. C'est les centres commerciaux. On a discuté longuement avec eux pour essayer de trouver des solutions.

C'est pour cela qu'à partir de mercredi, nous faisons évoluer la situation parce que la situation sanitaire s'améliore. Mais le pass sanitaire a protégé l'économie française comme la vaccination et l'accélération de la vaccination et le succès de la vaccination fait aussi la solidité de la croissance française. Merci Bruno Le Maire

19:48
Locuteur 2

d'être venu nous voir ce matin.

19:50
Locuteur 1

Il est 8h54. Vous êtes sur RMC et BFM TV.