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interviewBFMTV· 7 mars 2025

Prisons, Ukraine, Europe... L'interview en intégralité de Sébastien Chenu, vice-président du RN

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame.

Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le vice-président du Rassemblement National, vous êtes député du Nord. On va évidemment revenir sur ce qui s'est joué hier soir à Bruxelles et sur les échanges entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine traitant Emmanuel Macron de Napoléon, mais du Napoléon de la retraite de Russie. Je voudrais d'abord vous interroger sur les prisons de haute sécurité annoncées hier par Gérald Darmanin. Il n'y en aura pas une mais deux, deux prisons de très haute sécurité pour isoler, couper du monde les plus gros narcotrafiquants, ceux qui en tout cas présentent le plus gros danger.

Et la première accueillera ces narcotrafiquants dès le mois de juillet. Est-ce que vous saluez cette décision et cette annonce ? Oui, alors c'est une demande que nous on avait depuis longtemps de faire en sorte que les narcotrafiquants soient isolés.

Plusieurs choses peut-être d'abord. D'abord, je commençais par saluer, avant de saluer cette décision, saluer les personnels pénitentiaires. qui font un boulot formidable et souvent un peu en dessous des radars.

Souvent peu rémunérés, mal considérés. Je pense qu'il faut aussi qu'on pense à la revalorisation de ces agents et aussi à la nécessaire mobilisation. Mais c'est le cas là, non ?

Oui, d'accord. Il salue d'ailleurs plutôt la décision du ministère de la Justice. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas oublier qu'il y a des hommes et des femmes qui, derrière, font un travail qui est particulièrement ingrat et difficile en matière de sécurité.

Je veux d'abord penser à eux sur les places de prison en tant que telles. Nous, on est favorables à ça à partir du moment où on reste dans des prisons qui sont à des formats de 200 détenus. C'est à peu près le cas, je crois, ou même un peu moins peut-être, de Vendin-le-Vieille et puis de la prison de Condé-sur-Sarthe.

Parce que ça reste des établissements gérables avec des prisonniers excessivement difficiles. Le reste, aller dans des schémas de grandes prisons américaines avec des centaines et des milliers de détenus, ça devient difficile. Donc là, on est dans un schéma qui va bien.

Mais il ne faut pas oublier, lorsqu'on salue une décision qui est celle-ci, ce n'est pas non plus révolutionnaire non plus. Je veux dire, dans la lutte contre le narcotrafic, ça dit quoi ? Ça dit d'abord que Gérald Darmanin, lorsqu'il était à l'intérieur, a échoué.

A échoué sur place nette. Souvenez-vous, les opérations place nette, les points de deal qui devaient être éteints et qui se sont reconstitués. C'est-à-dire qu'à partir du moment où un certain nombre de narcotrafiquants ont été arrêtés...

Non mais ceux-là, ils sont déjà en prison depuis déjà longtemps, en réalité. Pour un grand nombre d'entre eux, mais ça a vocation aussi à en accueillir de nouveau. Et puis surtout, si vous voulez, tant qu'on ne traite pas la problématique de la drogue et du narcotrafic, qui est essentielle dans notre pays, c'est-à-dire à travers la gestion des frontières, à travers une justice, je rappelle que dans la plupart des cas, par rapport à la peine qui est prononcée, c'est 19% de la peine prononcée qui est effectivement effectuée.

Donc ça veut dire que vous avez des juges, des magistrats qui prononcent des peines, et qu'à la fin, les détenus, les condamnés en ont effectué qu'une petite partie. Donc vous avez ça et puis vous avez évidemment tapé le consommateur. Et sur ces trois volets, une justice plus efficace, un consommateur mis en responsabilité...

Vous avez entendu dire parfois que la justice était trop laxiste, qu'on ne tenait pas suffisamment les prisons. Là, pour le coup, c'est quand même...

Enfin, vous applaudissez, non ? Enfin, ça prendrait de vous, vous auriez décidé la même chose. Quand ça va dans le bon sens, on le dit, je viens de vous dire, je trouve que ça va dans le bon sens.

Mais c'est un petit pas dans un océan de difficultés qui est la lutte contre le narcotrafic et sur laquelle il faut s'attaquer. Est-ce que vous alliez plus loin ? Tant qu'on ne gère pas les frontières, je vais vous dire, parce que la drogue, elle arrive bien de quelque part, elle ne dégringole pas de la planète Mars.

Regardez notamment le front maritime. On disait que le Havre devient le premier lieu. Mais le front maritime est une frontière.

Mais ça veut dire qu'il faut gérer et avoir la possibilité de gérer nos frontières. Le concept de la double frontière proposé par Jordan Bardella au moment des Européennes, c'est-à-dire les frontières extérieures de l'Europe, mais aussi la gestion nationale de nos frontières, sont des éléments essentiels dans le combat contre le narcotrafic. Mais en l'occurrence, pardon Sébastien Chenu, j'ai du mal à comprendre, parce qu'effectivement, les ports et notamment le port du Havre, par exemple, ce sont des frontières extérieures de l'Europe.

C'est déjà une double frontière. Oui, non, mais c'est déjà une double frontière, mais il nous faut des moyens. Et surtout, la gestion des frontières nationales, ça passe par les pays.

Et ce n'est pas quelque chose qu'on délègue. C'est-à-dire que nous, nous considérons qu'il y a une double frontière à avoir, les frontières européennes et les frontières nationales. Et aujourd'hui, c'est un angle mort.

Il y a également d'autres points qui pourraient être avancés. Les pénitentiaires, le personnel pénitentiaire, demandent à aller même peut-être plus loin à terme, c'est-à-dire l'idée qu'il puisse y avoir des prisons spécialisées, en fonction de la nature ou du profil des condamnés. Ils pensent notamment à la question des condamnés pour terrorisme, ou alors à la question également des condamnés qui présentent des profils psychiatriques difficiles, qu'ils ne soient pas mélangés aux autres.

Est-ce que vous estimez que c'est une bonne chose et qu'il faudrait aller vers cela ? Sur la question de la santé mentale, évidemment. Parce que la question de la santé mentale, c'est-à-dire que vous avez des gens qui n'ont rien à faire en réalité dans des prisons et qui occupent des places de prison qui empêchent l'enfermement, en tous les cas des peines de prison réelles pour d'autres délinquants.

Donc là, on doit évidemment avoir une réflexion très poussée sur la question de la santé mentale et de l'enfermement de gens qui ont des problèmes psychiatriques très importants, parce que nous sommes au maximum, je crois qu'on doit avoir 80 000 détenus en France, on est au maximum des places occupées, voire suroccupées. Donc évidemment, on doit avoir des endroits, des structures qui permettent à la fois d'accueillir ces délinquants avec une psychiatrie très particulière, mais également avoir des établissements pour des courtes peines, pour des petits délits qui doivent aujourd'hui être créés. Ça, ça n'existe pas aujourd'hui dans le pays.

Je ne vois pas Gérald Darmanin à la manœuvre. Et nous pensons que, notamment dans la problématique de la violence des mineurs, on doit pouvoir enfermer plus tôt, plus rapidement, pour des courtes peines plus efficaces, effectivement, des mineurs délinquants dans des établissements qui leur sont dédiés. Cette semaine, c'est l'examen de la loi dans laquelle sera cette question des prisons, la loi sur la lutte contre le narcotrafic.

Et j'ai été très surprise de voir que derrière les portes de la commission des lois, vous avez fait, vous le RN, obstruction à l'avancée du texte sur la lutte pendant toute une journée. Et d'ailleurs, tous vos adversaires, que ce soit la France insoumise, la droite, le Renaissance, l'ont dit aux membres présents lors de cette commission des lois, n'ont pas compris votre stratégie. Vous avez fait perdre énormément de temps à vos collègues députés pour chaque nouvel amendement examiné.

Vous avez demandé systématiquement une procédure de vote beaucoup plus longue. Pourquoi vous faites ça ? Pourquoi vous faites ça derrière les portes de l'Assemblée ?

Non, non, mais on ne fait pas ça derrière les portes de l'Assemblée. Tout est public, les comptes rendus sont publics, les votes sont publics. Sur un texte qui devrait être soutenu par vous ?

On fait notre boulot de législateur. Parce qu'il y a une hypocrisie, je vais vous dire. Quand d'un côté, vous avez le garde des Sceaux, qui nous dit « je lutte contre le narcotrafic » et que dans la même journée, vous avez des gens de sa majorité, je pense à un député de Moselle, M.

Mendès, qui s'associe à un député LFI, M. Léomant, pour demander la dépénalisation de l'utilisation de la drogue, tout ça doit être mis dans la lumière. Il y a une hypocrisie dans cette majorité.

Mais mettons aussi dans la lumière le fait que vous faites obstruction à l'examen parlementaire. On fait notre boulot de législateur, madame. Qu'est-ce qu'on dirait si on laissait passer tout ça ?

Donc nous, nous faisons notre boulot de législateur et nous les mettons face à leurs responsabilités. Ils ont des contradictions ? En demandant notamment des votes, qu'ils soient des votes publics ou des votes à bulletin secret, en tous les cas, selon ce que les possibilités nous ont.

Vous diriez aujourd'hui qu'il y a une forme d'alliance entre certains du gouvernement et LFI ? Il y a un bloc, une tendance, un côté de la majorité qui penche à gauche, qui effectivement fait des clins d'œil, d'abord au Parti Socialiste, puis à LFI, sur les sujets de société en particulier. On le voit bien.

Et ça, quand vous entendez les propos de M. Sacha Houllier, qui a été président de la Commission des lois, macroniste dans le dernier mandat, ou ceux de M. Mendès, député macroniste de Moselle, qui visiblement revendique lui-même, en tant que parlementaire, de consommer de la drogue, vous vous dites qu'effectivement, on n'est pas au bout du chemin et qu'il va falloir que cette majorité ou ce bloc central, je ne sais pas comment on l'appelle, soit un peu plus clair vis-à-vis de ce qu'ils attendent dans la lutte contre la drogue.

Parce que vous ne pouvez pas avoir un garde des Sceaux qui ouvre des prisons, et de l'autre côté, des députés qui souhaitent alimenter un trafic. Sébastien Chenu, hier, les Européens étaient réunis à Bruxelles. Dans le même temps, il y a eu ces échanges entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron, échanges indirects, bien sûr.

Vladimir Poutine, qui est à l'adresse d'Emmanuel Macron, dit qu'il y a des gens qui veulent revenir à l'époque de Napoléon en oubliant comment elle s'est terminée. Il fait référence à la retraite de Russie, la Bérezina. Oui, enfin, il n'y a pas eu que ces étapes-là, ces faits-là chez Napoléon.

Il y a eu aussi des victoires, des choses un peu plus glorieuses. Mais je ne vais pas inviter Poutine, qui, à mon avis, ne m'écoute pas, à un peu plus de respect du président français, parce que moi, je suis respectueux de la fonction, mais je pense que les comparaisons de Vladimir Poutine sont déplacées. Je pense que ce n'est pas, de toute façon, en cherchant à, si ce n'est insulté, parce que ce n'est pas insultant de se faire comparer à Napoléon, il ne faut pas non plus exagérer, mais en tous les cas, je pense qu'on doit revenir à des choses beaucoup plus calmes.

Aujourd'hui, il y a peut-être des possibilités qu'une conférence de paix internationale advienne. Nous, avec Marine Le Pen, c'est ce que nous demandons depuis toujours. Je vous rappelle que lorsqu'on a demandé qu'une conférence de paix internationale avec tous les partenaires puisse être montée, que la France en soit moteur, on nous a moqués, on nous a traités de collabos, on nous a traités de traites, on nous a traités de mauvais patriotes.

C'était vraiment la défaite avant la défaite. Et aujourd'hui, tout le monde se range à l'idée qu'une conférence internationale de paix dans laquelle tout le monde serait présent peut être une des solutions. Vous parliez du fait que la comparaison avec Napoléon n'était en tout cas à nos yeux français sans doute pas insultant, mais il y a également le ministre des Affaires étrangères russe, M.

Lavrov, qui a été plus loin en le comparaisant éventuellement à Hitler. Contrairement à ses prédécesseurs qui voulaient rentrer en guerre avec la Russie, Napoléon, Hitler, M. Macron n'a pas beaucoup de finesse.

Bon, qu'Emmanuel Macron n'ait pas beaucoup de finesse, ça, on ne le découvre pas, mais il est surtout en général très changeant. Emmanuel Macron, moi, la comparaison à Adolf Hitler, je la trouve épouvantable et je la condamne évidemment. Mais qu'Emmanuel Macron soit changeant, ça reste effectivement une des grandes problématiques de la diplomatie française.

Emmanuel Macron nous a beaucoup brouillés avec beaucoup de monde, a beaucoup changé de pied. Je vous rappelle qu'à une époque, il voulait négocier notre siège à l'ONU, à la commission permanente de l'ONU, avec d'autres pays, faire en sorte de le partager. Vous ne pouvez pas dire ça aujourd'hui, c'est comme quand vous dites qu'il veut partager le bouton nucléaire.

Il n'a jamais jusqu'à présent dit précisément...

Non, mais il envoie des messages qui font penser ceci et qui sont reçus comme tel. Voilà, qui font penser à certains. Oui, mais ça veut dire qu'il a une idée derrière.

Et Valérie Ayet, la tête de liste, alors tout le monde l'a oubliée, d'accord, mais je rappelle, c'était la tête de liste d'Emmanuel Macron aux élections européennes. Elle était...

Quand je dis que tout le monde l'a oubliée, ce n'est pas insultant, c'est la vie politique. Elle est en tout cas députée européenne. Comme on oubliera beaucoup de monde.

En tous les cas, Valérie Ayet, elle était pour le fait qu'on puisse partager notre dissuasion nucléaire. Elle l'a dit pendant la campagne européenne. Donc si vous voulez, il y a quand même aussi en Macronie l'idée d'aller vers ça parce que c'est leur idée fédéraliste.

Il faut faire en sorte de dépecer les États pour tout mettre dans le pot commun européen. Emmanuel Macron, qui en réponse estime que Vladimir Poutine est, je cite, un impérialiste révisionniste, il a raison de répondre. Non, mais ce n'est pas en s'insultant.

Enfin, je veux dire, ce qui est valable dans un sens, c'est valable dans l'autre. Moi, je pense que ça ne sert à rien de s'insulter entre dirigeants politiques de grands pays. Parce qu'à un moment, on est obligé de se retrouver autour d'une table pour trouver des solutions de paix au bénéfice de l'Ukraine.

Au bénéfice de l'Ukraine. 800 milliards d'euros annoncés de nouvelles dépenses sur la défense. Vous disiez, je ne veux rien partager, mais au fond, quand on regarde dans le détail, c'est les États eux-mêmes qui vont se réarmer.

Ça n'est pas une armée européenne. Au fond, ça correspond à peu près à votre idée du fait que chaque pays doit se réarmer, non ? Non, alors, ce n'est pas exactement ça.

Parce qu'en fait, bon, d'abord, où en sommes-nous ? Nous, notre armée, ça, c'est aussi un des grands procès qu'on peut faire à Emmanuel Macron. Elle a été affaiblie par les décisions politiques d'Emmanuel Macron.

Je vous rappelle, 800 millions, quand il est arrivé en 2017, 800 millions de coupes budgétaires pour l'armée française. La révocation, d'ailleurs, du général de Villiers. Vous ne pouvez pas dire que depuis, le budget de la défense n'a pas été augmenté.

Il devrait augmenter, doubler même d'ici 2030. Mais madame, c'est une politique de gribouille. Ça veut dire qu'en 2017, on baisse le budget, puis on le réaugmente.

Ça veut dire qu'il n'y a pas de vision à long terme. D'ailleurs, qui a payé la décision ? À l'époque, ça a été le général de Villiers qui l'avait dénoncé.

Donc, si vous voulez, il y a une politique de gribouille. Emmanuel Macron n'a jamais vraiment eu confiance, visiblement, en notre armée pour la déshabiller à ce point. Est-ce qu'aujourd'hui, il se rattrape ?

Il se rattrape parce qu'il se rend compte que finalement, quand on délègue à d'autres l'idée de nous protéger, aux Américains en l'occurrence, il y a un moment où lorsque ces autres se retirent, parce qu'ils ont des considérations domestiques qui font qu'ils ne veulent plus mettre un euro là-dedans, dans la protection des autres, eh bien, il faut être, on est face à ces responsabilités. Donc, ce n'est pas qu'il se rattrape, c'est qu'il n'a pas vu clair. C'est qu'il a cru que les Américains, toute leur vie, allaient fonctionner ainsi.

Aujourd'hui, le fait que l'Europe en prenne au minimum la mesure et qu'elle l'autorise ces 800 milliards de dépenses supplémentaires pour le budget, sans les comptabiliser, par exemple, dans les règles budgétaires, est-ce que là, vous vous dites que l'Europe est au rendez-vous ? Non, parce que, je veux dire, d'abord, l'Europe n'a pas à s'occuper de ça réellement. En réalité, pour qu'il y ait des armées qui coopèrent, il faut qu'elles soient structurées.

Aujourd'hui, c'est la France qui a le plus bel outil de défense en Europe. D'ailleurs, la première des choses, ce serait que, si on devait avoir une solidarité en matière de défense en Europe, ce serait que les pays européens achètent français, achètent leur matériel en France, ce qu'ils ne font pas. Et moi, j'aimerais entendre...

En Europe ? Au minimum en Europe. Oui, d'accord, mais moi, j'aimerais entendre...

Oui, au minimum en Europe, mais en tous les cas, en France, moi, je suis cocardier, désolé, mais j'aimerais qu'Emmanuel Macron le dise, j'aimerais qu'il agisse là-dessus. Regardez, on a déjà...

Les différents états-majors des armées vont être réunis la semaine prochaine, mardi prochain, à Paris. Est-ce que ça, vous estimez que c'est une bonne chose malgré tout parce qu'on est plus forts ensemble ? Non, mais qu'on coopère, oui, on l'a toujours dit, mais qu'on ne se mette pas sous la tutelle de quiconque.

Regardez...

Là, c'est plutôt eux qui se mettraient sous notre tutelle puisque nous sommes ceux qui avons l'arme atomique. Il n'y a pas...

Si c'est sous la tutelle...

Pardon, je repose la question. Si c'est sous la tutelle de la France, alors est-ce que dans ces cas-là, vous estimez que la France est moteur ? Parce que la France est la mieux armée.

La France est la plus structurée en matière de la défense par des choix qui ont été faits bien avant Emmanuel Macron puisque c'était, grosso modo, le général de Gaulle qui nous a permis d'avoir cette dissuasion nucléaire. Mais elle ne se partage pas. Elle doit rester notre outil.

Elle doit rester un outil dans lequel le président français décide...

Vous a-t-il rassuré sur ce point ? Non, parce qu'en fait, je vais vous dire, Emmanuel Macron joue en permanence avec un manque total de sincérité qu'on voit une espèce de comédie qui vient nous dire après avoir agité la menace du Covid à une époque en poussant les feux jusqu'au bout, après, aujourd'hui, il rejoue un peu la même chose pour reprendre la main, il rejoue la même chose avec la menace russe. Vous savez sincèrement qu'on a joué avec la menace du Covid ?

Non, mais il est allé au maximum. Il a tiré au maximum sur la corde. Et là, il le fait de la même façon sur la Russie.

Parce que la Russie, c'est une menace. La Russie, c'est une menace. Poutine, c'est une menace.

Mais on a des menaces bien plus, j'allais dire, imminentes. D'abord, sur notre sol, l'islamisme. Je reprends les propos d'Hervé Morin, d'Henri Guénaud, etc.

Mais il ne lutte pas ? Il ne lutte pas ? Le gouvernement actuel, le président, ne lutte pas contre cette menace-là ?

Non, d'abord, il ne lutte pas contre la menace de l'islamisme. Nous l'avons dit bien des fois. Et on a bien des exemples qui montrent qu'il ne lutte pas contre la menace islamiste au niveau auquel on devrait lutter dans notre pays.

Mais ce n'est pas parce qu'il y a une menace islamiste qu'il n'y a pas une menace de la Russie. La menace imminente, ce n'est pas Poutine demain sur les Champs-Elysées. Je veux dire, à un moment, il faut être réaliste, il faut éviter de faire peur aux populations.

Vous avez dit le mot « jouer ». Oui, il joue sur les peurs. Et Mme Macron, pourquoi ?

Pour deux choses. Lui, reprendre la main parce qu'il ne supporte pas d'être ce président à faune qu'on n'écoute pas depuis si longtemps et deux, pour faire avancer un agenda fédéraliste, c'est-à-dire toujours donner davantage de pouvoir à l'Union européenne. Est-ce que vous n'êtes pas, vous, à l'inverse, en train de minimiser la menace ?

Non, j'essaye d'être réaliste. Je vous ai dit, j'ai commencé par le dire, la Russie est une menace. Est-elle une menace imminente ?

Est-ce que Vladimir Poutine, lundi matin, sera sur les Champs-Elysées ? Probablement pas. En revanche, est-ce qu'il peut y avoir un attentat ce week-end ?

C'est tout à fait possible. Donc, si vous voulez, oui, il y a des menaces. Nos pays, d'ailleurs, tous vivent sous les menaces multiples et variées.

Mais je pense qu'Emmanuel Macron se sert de ça et se sert de ce drame. Et c'est là où il n'est pas sincère. Il se sert du drame ukrainien à des fins de politique personnelle.

Exactement la même chose qu'à la fille. Mais exactement, au montré. Je recevais Emmanuel Bonpard hier sur l'AMC qui disait exactement ça.

Mais je dis la même chose qu'Henri Guénaud et qu'Hervé Morin aussi. Voilà, nous disons les mêmes choses parce que nous voyons clair dans le jeu d'Emmanuel Macron et qu'il affole les Français qui, sincèrement, n'ont pas besoin de ça. Sébastien Chenu, des pensions ou des canons, c'est presque la question qui commence à se poser.

En tout cas, elle est posée pratiquement telle quelle par le directeur général de la Banque publique d'investissement, Nicolas Dufourc, le successeur de notre actuel ministre de l'Économie, qui considère qu'on ne peut pas avoir à la fois un État-providence généreux et réarmer le pays. Il estime notamment que l'argent des retraités les plus jeunes, ceux de 65 à 75 ans, bénéficient aujourd'hui d'une sorte de grand loisir après la soi-disant vraie vie difficile du travail et qu'on ne peut plus se l'offrir. Non, moi je pense que, si vous voulez, on doit, pour maintenir, sauver notre système social en particulier, on doit produire, on doit avoir des emplois qualifiés, on doit réindustrialiser notre pays.

C'est tout ce que n'a pas fait ce gouvernement. Je vous rappelle, encore une fois, qu'on pourrait regarder même les chiffres du chômage aujourd'hui, mais sur la qualité des emplois qui ont été créés dans notre pays, ils sont très faibles, ce sont des emplois avec très peu de valeur ajoutée. Sur les sites industriels, aujourd'hui, beaucoup de sites industriels sont menacés.

Sur l'automobile, je vous rappelle que, quand même, l'automobile dont on a dit que les décisions de l'Europe en 2035 de cesser la construction de voitures, de tout mettre dans l'électrique et de cesser les moteurs thermiques, va avoir des répercussions. Nous l'avons dénoncé. Et aujourd'hui, c'est journée.

Le commissaire européen le dit aussi. Depuis hier, c'est à nouveau assoupli et effectivement, on n'est pas sûr de cette date butoir de 2035. D'accord, on n'est pas sûr, mais enfin, aujourd'hui, c'est l'inverse de ce qu'il faut faire.

Je veux dire, on le dit depuis des années. Pourquoi ces pertes de temps ? Pourquoi ?

C'est comme ça qu'on affaiblit d'ailleurs un pays industriel. C'est par ces décisions-là. Le Green Deal et toutes ces normes supplémentaires que suivent...

Vous parliez d'industrie. J'ai une question très précise sur Vancorex. C'est une question que pose notamment la France insoumise justement sur cette usine Vancorex qui est en redressement judiciaire.

Est-ce que vous estimez que cette usine qui participe notamment à la fabrication du perchlorate d'ammonium qui est un des carburants nécessaires aux combustibles de la fusée aérienne, est-ce que vous estimez qu'il faut nationaliser Vancorex ? Écoutez, je ne suis pas sûr qu'il faille commencer par la nationalisation. Ce qu'il faut, c'est qu'effectivement l'État se saisisse de ce dossier.

Moi, je ne le connais pas particulièrement donc je ne vais pas avoir des propos définitifs ici. Je pense que l'État a un rôle à jouer dans ce dossier. Mais est-ce que ça ne passe pas par là, la souveraineté ?

Je ne vais pas immédiatement vers la nationalisation parce que la nationalisation n'est pas toujours la réponse à tout. Mais que l'État puisse mettre le nez dans ce dossier me semble utile et nécessaire. Merci Sébastien Chenu d'avoir répondu à mes questions. vice-président du Rassemblement national et député du Nord.

Il est 8h52.