Budget 2026 : Quelles sont les pistes pour faire des économies ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Et à 7h51 après l'écologie, l'économie, on va parler des pistes envisagées par le gouvernement pour faire des économies pour le budget 2026. Avec nous Bertrand Martinau, bonjour. Bonjour.
Merci d'être avec nous. Économiste à l'Institut Montigne, spécialiste de la question du chômage, des politiques de l'emploi et du dialogue social. Alors, la ministre de l'économie chiffre à 40 milliards l'effort budgétaire nécessaire pour réduire le déficit à 4,6 % en 2026.
Voilà pour les chiffres. Amélie de Monchalin, la ministre des comptes publics évoque l'idée d'une année blanche sur les prestations sociales. Qu'est-ce qu'il faut comprendre en fait ?
Bah, normalement euh euh chaque année, toutes les prestations sociales, c'est-à-dire euh euh les pensions de retraite, euh les allocations familiales, euh euh les remboursements de l'assurance maladie, euh les minimales sociaux sont indexés sur les prix, c'estàd qu'il progressent comme l'inflation à 1,4 %, hein, c'est ça aujourd'hui. Bah, c'est ce qui c'est le c'est la tendance d'aujourd'hui mais on saura on sait pas encore quelle sera l'inflation de cette année. Mais en fait effectivement, on est sur une tendance à peu près de 1,5 % d'inflation.
Donc normalement chaque année toutes ces prestations qui ça fait à peu près 900 milliards à peu près sont revalorisé de 800 milliards sont revalorisés comme l'inflation. Et une des pistes mais c'est peut-être un ballon d'essai hein, vous savez une des pistes du gouvernement ce serait de ne pas les revaloriser ce qui ferait évidemment beaucoup d'économie. Et ça c'est c'est déjà arrivé ou pas une année blanche comme ça avec l'ensemble des prestations gelées ?
Non. Alors ce qui se passe c'est que parfois certaines prestations ne sont pas indexées autant que l'inflation. C'est-à-dire l'inflation est de 2 et et on les indexe que de 1,5 par exemple.
Il est arrivé aussi que les pensions de retraite ne soient pas ne soient pas totalement indexées ou soient gelées. C'est ce qui s'est passé sous François Hollande sur la les retraites euh les retraites de base. Euh voilà.
Donc ça peut arriver mais certainement pas sur une échelle comme ça évidemment. nouveau. Ouais.
Euh Bertrand Martino. Alors parmi les autres pistes envisagé, le gouvernement de François Bairou envisage donc de de supprimer l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite pour faire des économies. Euh qu'est-ce que vous pensez-vous de cette piste qui est quand même très très impopulaire, hein ?
Oui. Alors là c'est plutôt une hausse d'impôt. Là c'est pas une réduction de voilà de de manière générale remarquez une hausse d'impôts ou une diminution de dépenses, ce n'est jamais populaire.
Il faudra faudra expliquer quelles sont les hausses d'impôts ou les les baisses de dépenses qui sont applaudies, qui sont plébiscitées par la population, hein. Voilà. Euh donc bah ça fait partie des des mixes fiscales traditionnelles euh qui qui est qui est très connu et qui est dans le collimateur de Bercy depuis très très longtemps.
C'est vrai qu'elle a pas particulièrement de justification compte tenu du niveau de vie des des retraités. Voilà. Simplement oui, c'est impopulaire de toute façon.
Euh le gouvernement n'a le choix qu'entre différents types de mesures impopulries. Encore une fois, que ce soit des hausses d'impôts ou des baisses de dépenses, ce sera impopulaire. Hm.
Sauf que voilà, là les économistes estiment que près de 5000 retraités qui n'étaient pas imposables pourraient le devenir hein avec cette piste là. Oui, mais encore une fois euh il n'y a pas il faut il faut arrêter de penser qu'il y a des hausses d'impôts 1 dollar ou des baisses de dépenses 1 dollar. euh une des une 1 € de dépense va forcément dans la poche de quelqu'un et quand vous augmentez les impôts, vous retirez des impôts à quelqu'un.
Ça, il y a pas de il y a aucun doute possible. Voilà. Donc il y a il y a pas de il faut arrêter avec le mythe de la la des hausses d'impôts indolores.
Ça existe pas. H quand à taxer quelques centaines ou quelques milliers de familles, les fameux super riches, ça rapporterait suffis ça rapporterait évidemment pas assez. Donc euh les les l'ampleur des déficits est telle que si vous voulez augmenter les impôts, vous allez forcément toucher beaucoup plus que les les fameux super riches.
Ouais. On dit qu'il y aurait 400 plus de 400 niches fiscales, c'est ça ? Oui, tout à fait.
Mais la la plupart sont très faibles, mais on a effectivement un certain nombre d'impôts comme l'impôt sur le revenu qui comporte énormément de de niche fiscal. Effectivement, oui oui oui. Alors vous dites, il y a pas de pistes indolor.
En tant qu'économiste, quelles seraient les les les les les les pistes pour pour vous les plus pertinentes ? pour pour vraiment faire des économies. Alors euh à vous de jouer.
Traditionnellement, si vous voulez faire des économies euh bon compte tenu de notre niveau d'imposition, je crois qu'il est assez déraisonnable. Je pense que tous les économistes sont d'accord, il est assez déraisonnable d'envisager des hausses massives de de d'impôts comme on a fait par le passé. Donc cette fois-ci, le le temps est venu probablement de réfléchir évidemment sur les dépenses et euh et de ce point de vue là, généralement, il y a il y a deux types de de de dépenses qui sont les moins qui qui en enfin qui préservent l'avenir, on va dire.
C'est quand même surtout euh jouer sur les pensions de retraite h qui représentent quand même un/art des dépenses publiques. Donc on n'échappera pas une réflexion sur la désindexation des des notamment des des pensions. Et puis euh bah il y a le la rédu la réduction des dépenses de l'État, des collectivités locales, des dépenses de fonctionnement et puis la diminution du nombre de fonctionnaires.
Voilà. Voilà, ce sont les deux grands types de dépenses qui sont qui préservent l'avenir. C'est qu'il faut surtout préserver les dépenses d'avenir, d'éducation pour les enfants, toutes les dépenses d'investissement dans la recherche, dans l'enseignement supérieur.
Il faut essayer de préserver l'avenir. C'est c'est ça en fait le le sujet. Voilà, préserver l'avenir.
Bien compris. Merci beaucoup pour vos lumières. Bertrand Martinau, je rappelle que vous êtes économiste à l'Institut Montge.
Xavier Bertrand