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interviewC à vous (sur YouTube)· 14 mai 2026 51 min

Fast-food : la nouvelle bataille politique ? - C à Vous l’Intégrale - 14/05/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

que le rasoir 5 lames le plus vendu du marché. - A.Casse: Bonsoir.

Contente de vous retrouver, en compagnie de Patrick, Emilie et Jean-Baptiste. A la une ce soir, le poulet star des fast-foods. - Pour manger entre amis, pas cher, c'est top. - C'est pas cher et bon. - Niveau qualité prix, c'est abordable. - A.Casse: Un poulet qui est devenu l'enjeu d'une guerre politique à gauche. - P.Cohen: Des enjeux politiques, sociétaux, alimentaires.

C'est un poulet qui court dans tous les sens... - A.Casse: Qu'on va décortiquer, désosser avec F.Kraus, directeur du pôle politique et actualité de l'Ifop qui publie une étude intitulée "poulet grillé, malbouffe et guerre des gauches".

Bonsoir, O.Dauvers. Vous êtes journaliste spécialisé de la consommation, chroniqueur sur RTL.

On va évoquer la taxe de 2 euros sur les petits colis venus de Chine, largement contournée. - E.Tran Nguyen: Elle était censée rapporter 500 millions d'euros par an à l'Etat, nous dissuader d'acheter des petits colis sur les plateformes asiatiques.

Les résultats viennent de tomber. On est loin de l'effet escompté. - A.Casse: Les confidences de la mère d'E.Macron, qui rêve la nuit que son fils démissionne.

C'est à lire dans "Ils les ont tant aimées: les présidents et leurs mères", disponible chez Plon. Dans le reste de l'actualité, D.Trump humilié par Xi Jinping. ... - J.-B.Marteau: 5000 ans pour la Chine versus 250 ans pour les Etats-Unis.

La question de Taïwan a été au centre de cette première journée, avec une menace claire du président chinois vis-à-vis de D.Trump. - A.Casse: L'analyse de P.Haski.

Après 20h, nous irons à Cannes retrouver Anne-Elisabeth et toute l'équipe. Bonsoir, Babeth. - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Nos invités ce soir...

Les 2 actrices dont tout le monde parle à Cannes, M.Thierry, L.Drucker, deux candidates sérieuses au prix d'interprétation féminine.

On aussi G.Nakache, C.Cardin, H.Herzi ainsi que M.Denisot. - A.Casse: On a hâte de voir ça.

A tout à l'heure. On passe à l'Edito de P.Cohen.

Est-ce que vous pouvez nous résumer l'affaire Master Poulet? - P.Cohen: C'est une histoire d'alimentation, de malbouffe et de bien-manger, de politique sur fond de guerre des gauches et de pouvoir d'achat.

Est-il normal que les plus pauvres soient réduits à se nourrir de poulet bas de gamme? Est-ce que dire cela est une forme de mépris de classe? Le poulet halal est-il utilisé comme marqueur identitaire?

A l'origine, l'opposition du maire socialiste de Saint-Ouen, K.Bouamrane, à l'ouverture d'un restaurant de cette enseigne à un carrefour très fréquenté de sa ville, à la sortie du métro, Mairie de Saint-Ouen. C'est en face d'un autre fast-food.

Le maire a expliqué que Master Poulet s'était installé sans autorisation préalable et sans consulter les services de la ville. La justice administrative lui a donné tort. L'histoire serait restée cantonnée aux pages locales du "Parisien" si les adversaires de gauche de K.Bouamrane ne s'en étaient pas emparée.

Premier sur les lieux, le député insoumis E.Coquerel. Il y a eu aussi Manon Monmirel, venue soutenir l'enseigne contre le maire. - Il parle de malbouffe.

On dénonce la volonté de gentrification. Il veut des lieux de restauration où une partie des habitants n'ont pas assez d'argent pour s'y rendre. - P.Cohen: "Gentrification", ça veut dire "dehors les pauvres". - A.Casse: Quelle est la particularité de cette enseigne? - P.Cohen: Des prix défiant toute concurrence.

Le produit le plus cher est un poulet entier, grillé, à 7,50 euros. Le pilon est à 1 euro, le bol de pâtes ou de riz à 3 euros. A ces prix, les fast-foods traditionnels sont débordés.

Ce n'est pas un hasard si McDonald's vient de lancer un menu à 5 euros. Comment fait Master Poulet pour casser les prix? En important massivement, 10 000 t l'an dernier, des poulets issus d'élevages gigantesques en Pologne ou en Espagne, des bêtes qui n'ont sûrement jamais vu le jour, mais c'est le cas de la majorité du poulet consommé en France.

Plus de 1 sur 2 est importé pour satisfaire une demande qui a explosé. Le poulet a vu sa consommation doubler et même plus que doubler en France en 25 ans. - A.Casse: Est-ce qu'on peut parler de malbouffe? - P.Cohen: C'est discutable.

Je ne sais pas ce qu'en pense O.Dauvers...

La malbouffe désigne habituellement des produits industriels ultratransformés ou extrêmement sucrés. Ici, on parle de poulet grillé, même pas frit, comme ça a été écrit à tort dans certains articles, ni de poulets aux hormones car c'est interdit en France, même si certains pays d'exportation en produisent. En revanche, il y a des questions à se poser sur la sécurité alimentaire de ce restaurant après la fermeture du Master Poulet d'Argenteuil, dans le Val-d'Oise.

Le maire de Saint-Ouen a mis en avant la qualité de vie dégradée des riverains de ces restaurants. Nuisances sonores et olfactives...

Il y a quelques jours, les habitants d'un immeuble parisien de la rue Oberkampf, aux confins du 11e et du 19e arrondissement, ont pris la plume dans "Le Monde" pour témoigner ce qu'est la vie avec une cuisson industrielle continue sous leurs fenêtres, pas loin de l'enfer. - Les problèmes liés au poulet, c'est que ça sent le graillon du matin au soir. Quand vous venez ici en été, vous le sentez depuis le métro. - J'habite ici depuis 2015.

Je n'avais jamais eu de soucis. Depuis qu'ils sont arrivés, les nuisances ont commencé. Mon appartement s'est fait envahir par des cafards.

Les murs étaient envahis de cafards. Jamais je n'ai eu un cafard dans l'appartement. Ca a été l'enfer. - Il y a des gens qui ne peuvent plus louer leur bien, un petit bien qu'ils avaient acheté pour le louer.

Il y a des fuites de gras partout. L'appartement a été déclaré impraticable. - On n'a rien contre Master Poulet.

Simplement, qu'ils puissent faire leur business dans les normes. - P.Cohen: "Fuites de gras", disent les habitants...

Il y a manifestement un problème sérieux d'extraction. Cette tribune dit aussi que Master Poulet n'est pas une sorte de Robin des bois des fast-foods, défenseur du peuple. Il prospère sur la précarité.

Un marchand de sommeil de la bouffe. - A.Casse: Que dit le peuple de cette polémique? - P.Cohen: Il n'est pas emballé par le poulet à bas prix.

C'est ce que dit ce sondage Ifop que vous avez réalisé, François. On est surpris du bruit provoqué par cette controverse. 52 % des Français en ont entendu parler. 55 % approuvent le combat de K.Bouamrane, y compris et davantage dans les banlieues populaires.

Dans l'ensemble, le souhait de limiter le développement de ce type d'enseigne l'emporte largement sur l'adhésion au principe de liberté du commerce. 2 Français sur 3 disent "pas chez moi". - A.Casse: Je voulais qu'on s'arrête sur le phénomène avec vous.

Depuis 5 ans, les chaînes de fast-food consacrées au poulet ont explosé en France. Il y a plus de 700 points de vente en France, sans compter les indépendants. On peut parler d'une déferlante? - O.Dauvers: Totalement.

Le poulet cumule plein d'avantages. Chacun peut prendre séparément les avantages. C'est pas cher, objectivement moins cher que du porc et encore moins cher que du boeuf.

C'est une façon de faire rentrer des gens dans de la restauration de laquelle ils étaient exclus car ça coûtait trop cher. Le poulet bénéficie d'une espèce d'aura nutritionnelle qui fait qu'il n'y a pas un toubib qui ne recommande pas de remplacer de la viande rouge par de la viande blanche. Quand on parle de viande blanche, on dit plutôt poulet que porc. - A.Casse: Vous répondez à la question de Patrick.

Patrick disait que ce n'était pas de la malbouffe. Vous dites que ce n'est pas de la malbouffe? - O.Dauvers: Ce n'est pas de la malbouffe.

La malbouffe, c'est de l'aliment ultratransformé, du sucre. Il y a d'autres chaînes de poulet qui le font frire. Il y en a une en 3 lettres, KFC, qui le fait frire.

Ce n'est pas la même façon de le préparer. La 3e raison est confessionnelle. C'est aussi pour ça que ça cristallise autant le débat.

Celui qui veut voir la raison confessionnelle avant tout va la voir. Celui qui veut voir la raison prix et paupérisation va la voir. Ca agrège tout un tas d'oppositions qui ne se ressemblent pas mais qui convergent vers la même cible. - A.Casse: Ce rapport qualité-prix est largement plébiscité par les consommateurs. - Pour manger entre amis, pas cher, c'est top. - C'est pas cher et bon. - En 2026, 10 euros pour vraiment bien manger, ça va. - Niveau rapport qualité-prix, c'est abordable. - Ca ressemble à ce qu'on mange à la maison.

Il vaut mieux ça qu'un burger. - Après, on a encore faim? - Non.

On est prêt pour la journée. - A.Casse: C'est une viande qu'on aime manger.

On a beaucoup moins d'appétit pour qu'une enseigne s'installe en bas de chez nous... - F.Kraus: On est allés sur les grands principes universalistes, le communautarisme...

Une variable déterminante dans ce rapport, dans cette affaire, qui n'est pas la première affaire, la lutte contre la malbouffe...

J.Bové démontait les McDonald's. On a régulièrement des maires qui luttent contre cette succession de commerces bas de gamme, autour des gares ou dans certains quartiers désaffectés.

Là, on se retrouve de nouveau avec ce débat. C'est politisé. Les 2/3 des Français n'en veulent pas dans leur rue, en bas de chez eux, mais à peu près la moitié serait pour tant que ce n'est pas dans leur quartier. - A.Casse: Pourquoi c'est si politique?

Il y en a qui craignent le grand remplacement, la "kebabisation" de la France. Il y a ceux qui se posent en défenseurs des classes populaires. Quand vous interrogez les classes populaires, elles vous disent quoi? - F.Kraus: Elles sont plutôt contre. 3/4 des ouvriers soutiennent le maire de Saint-Ouen. 2/3 des habitants des banlieues populaires aussi.

Pour eux, c'est une forme de ghettoïsation commerciale, d'assignation identitaire qui fait que, quand on n'a pas les moyens de vivre dans des beaux quartiers, on se retrouve uniquement avec ce type de commerce bas de gamme, souvent accolé à un kebab ou un KFC. Ca renvoie le sentiment que la seule offre de restauration, c'est ce type de commerce. - P.Cohen: Les sociologues parlent de déserts alimentaires pour les zones où il y a seulement ce type d'endroit, de restauration, sans possibilité d'avoir des fruits et légumes. - O.Dauvers: Il y a une nuance entre ce que dit le citoyen et ce que fait le consommateur. - P.Cohen: Le consommateur fait la queue. - O.Dauvers: C'est comme quand on ne veut pas avoir un élevage intensif à côté de chez soi, mais qu'au moment d'acheter, on veut des produits pas chers.

L'un est la conséquence de l'autre. On ne dit pas qu'on va dans une chaîne discount alors que quand on y va, on se dit que c'est super. Il y a cette dichotomie classique qu'on retrouve dans ce sujet.

Si les consommateurs n'allaient pas chez Master Poulet, Master Poulet ne se développerait pas. Comme ce ne sont pas des philanthropes, ils le font en pensant qu'ils vont gagner de l'argent. C'est la preuve qu'il y a un marché, une demande.

On a un écart entre ce que dit le citoyen et ce que fait le consommateur. - P.Cohen: Qualitativement...

Les poulets viennent de grands élevages à l'étranger. - O.Dauvers: Il y a 2 types de poulets que vous pouvez acheter dans votre supermarché ou dans un restaurant.

Ce sont des poulets industriels, qui ont été élevés une quarantaine de jours dans des bâtiments fermés. Ils ne sont pas dans des cages. Ils sont dans des bâtiments fermés.

Ils n'ont pas accès à l'extérieur. Et puis, vous avez des poulets fermiers, Label Rouge. Ils vont vivre 2 fois plus longtemps, 80 jours.

Ils auront un accès à l'extérieur en journée. On les rentre la nuit, sinon, le renard les mangerait. Dans les poulets industriels, vous pouvez re-séparer en 2, entre ceux qui sont français et ceux qui viennent d'ailleurs. - A.Casse: Ca veut dire que les poulets de Master Poulet viennent de Pologne et d'Espagne...

Le poulet français n'est pas adapté à cette demande? - O.Dauvers: Le poulet français, on n'en a pas assez.

C'était l'un des sujets de la loi Duplomb. On voulait libéraliser le fait que des agriculteurs puissent construire des poulaillers. Il y a une demande pour du poulet, en France, qu'on n'arrive pas à satisfaire.

On voit de plus en plus de poulets d'importation dans les supermarchés parce qu'ils n'arrivent pas à se fournir. 2e raison: ça coûte moins cher à l'étranger. La main-d'oeuvre y est moins chère.

Les conditions d'élevage sont parfois encore plus denses. Vous mettez encore plus de poulets dans autant de mètres carrés, donc vous faites baisser le prix de revient de chaque poulet. - A.Casse: Qui gagne la bataille de l'opinion? - F.Kraus: Master Poulet a atteint un niveau de notoriété assez phénoménal.

C'est un univers concurrentiel. Il y a une quinzaine d'acteurs. - O.Dauvers: Personne ne connaissait Master Poulet avant, hormis ceux qui y allaient. - A.Casse: On parle de la guerre des gauches.

C'est le maire de Saint-Ouen qui sort renforcé ou LFI? - F.Kraus: 55 % des Français soutiennent sa politique.

Ce n'est pas si massif. La lutte contre la malbouffe, c'est beaucoup plus consensuel. Il y a des électorats, notamment écologistes ou insoumis qui, en général, sont les premiers à lutter contre la malbouffe, tout ce qui va être industriel, et qui se retrouvent à être les chantres de la défense de la liberté de commerce ou d'une alimentation bas de gamme.

C'est le signe que peut-être, sur cette question, on est dans une bataille sociologique électorale entre 2 gauches, une gauche insoumise qui a pris le parti de la défense des quartiers, d'une population d'origine immigrée...

On a parlé du halal. A l'inverse, les nouvelles populations que ce type de maire, comme le maire de Pantin, de Montreuil ou d'autres essayent d'attirer, des populations plus aisées, plus "bobo". Ils essaient d'avoir une offre commerciale adaptée à leurs besoins.

Ce type de commerce vient casser la belle vitrine qu'ils veulent présenter. - A.Casse: La colère des habitants de la rue d'Oberkampf...

On a entendu ces histoires de cafards, ce problème d'hygiène qui semble assez saillant. Ils regrettent les odeurs de ces enseignes, mais aussi la disparition des petits commerces, le petit bar, le bistro...

Tout ça va disparaître aussi à cause de l'implantation des fast-foods, qui ont les moyens d'acheter ces locaux? - O.Dauvers: Parce qu'on le veut nous, consommateurs.

Il faut arrêter d'imaginer que ce sont les acteurs économiques qui décident de changer la société. Ce sont les consommateurs qui le permettent. Dans les années 80, on disait que les supermarchés avaient tué les pompistes.

Pas du tout. C'est mes parents, mes grands-parents qui ont tué les pompistes en n'allant plus faire le plein chez eux. Vous avez des gens qui sont plus malins pour capter la demande, proposer du moins cher éventuellement.

Tant qu'ils respectent les règles, on ne va pas leur en vouloir. C'est quand ils franchissent la ligne jaune, notamment sur le sanitaire...

Quand vous avez un lot de poulets qui a dépassé d'un jour ou deux la date, vous vous dites que vous allez le jeter...

On le cuit et on peut le vendre moins cher. - P.Cohen: Sauf quand il y a des contrôles, comme à Argenteuil. 80 kg de viande périmée.

J'ai dit "avariée" tout à l'heure... - O.Dauvers: Périmée, ça peut être que la date est dépassée d'un jour...

Mais ce n'est pas normal. - P.Cohen: Les produits étaient conservés dans des conditions inadéquates.

Qu'est-ce que ça dit sur la gestion de ces enseignes? Elle est franchisée. Ce sont des gérants? - O.Dauvers: La course aux prix bas induit de flirter avec la ligne à chaque fois qu'il y a une façon de faire moins d'argent ou de moins jeter, moins gaspiller.

Mais ils n'ont pas le monopole. Ce même préfet a fait fermer des magasins ou des rayons des supermarchés parce que c'était sale, pas nettoyé. Tout ce qui ne se voit pas du consommateur, la tentation est au laisser-aller.

On prend le cas du nettoyage. Si vous enlevez des heures de ménage ou de nettoyage dans votre magasin ou votre restaurant, vous faites des économies. Si le consommateur ne le voit pas, certains se disent qu'ils ont raison de faire ces économies.

Ce que voit le consommateur, on est plus précautionneux. Si les frigos sont sales, si c'est mal conservé...

Ca ne se voyait pas. Le prix bas produit toujours ce flirt avec la limite. Ou alors, parce qu'on est un commerçant avec un peu d'honneur, on ne va pas sur cette limite.

Malgré tout, la tentation est forte. - E.Tran Nguyen: Je vous emmène sur le sujet des petits colis.

On doit s'acquitter maintenant de 2 euros en plus sur la facture. Cette taxe a été mise en place par la France en mars. Elle est censée freiner l'invasion des petits colis, des commandes venues d'Asie. - On a observé, depuis 2022, un doublement du volume de colis entrant en France et dédouanés.

C'était environ 200 millions d'articles qui étaient déclarés en 2022. On est passés à 400 millions en 2023, 800 millions en 2024 et on a terminé au-delà de 800 millions en 2025. C'est une augmentation extrêmement rapide.

C'est un défi pour l'administration des douanes et toutes les administrations des douanes en Europe. - E.Tran Nguyen: Cette taxe était censée freiner cette invasion et rapporter 33 millions d'euros par mois, 500 millions à l'année.

La taxe n'a rapporté pour l'instant que 2,3 millions d'euros par mois. Pourquoi si peu? Quand on demande aux téléspectateurs si cette taxe les dissuade d'acheter des petits colis, réponse unanime: non.

Pour les consommateurs, commander sur Internet reste plus avantageux. - 2 euros en plus...

Je commanderai peut-être un peu moins. - Si on commande 2 ou 3 fois par mois, on va plutôt aller acheter dans le coin. - Ca fait un peu chier, mais je continue de commander quand même.

C'est pratique. - Ca n'a pas changé grand-chose. Si on achète des habits faits en France, certains pulls coûtent 80 euros.

Sur Shein, c'est 30 euros. 2 euros de plus... - E.Tran Nguyen: L'autre raison qui explique que cette taxe ait rapporté si peu, c'est que les plateformes visées par cette taxe ont trouvé comment détourner la loi française.

Au lieu d'envoyer les petits colis directement en France, elles les envoient dans d'autres pays européens, notamment en Belgique, où la taxe n'existe pas, avant de les acheminer par camion en France. La taxe a des conséquences chez nous. A l'aéroport de Vatry, dans la Marne, l'activité du fret a chuté de 75 %. 17 postes vont être supprimés.

On s'inquiète pour la survie de ce fret aérien. Une taxe de 3 euros va être appliquée sur tous les petits colis dans l'ensemble de l'UE au plus tard en novembre prochain. Est-ce qu'il n'aurait pas fallu attendre cette taxe européenne pour que la mesure soit efficace?

Ou est-ce que la France a eu raison de prendre de l'avance? - O.Dauvers: Je suis très contrarié de la naïveté politique sur ce sujet.

Bien avant le 1er mars, j'avais dit ce qui allait se passer. Dès lors qu'il y a la libre circulation des marchandises en Europe, vous envoyez votre avion à Charleroi, en Belgique, de l'autre côté de la frontière. - E.Tran Nguyen: C'était évident qu'il y aurait ce contournement? - O.Dauvers: Bien sûr.

Cette histoire était écrite. Vous avez des gens qui ont cru, notamment les commerçants français, qui se disaient qu'ils avaient enfin un ministre qui prenait le sujet, qui se battait contre les Chinois...

De la même manière, les 3 euros à l'échelle européenne ne changeront rien. Les Chinois nous envoient des petits colis par avion. C'est un non-sens économique.

Ils vont arrêter dès lors qu'ils auront bâti en Europe un réseau d'entrepôts. C'est pour nous habituer à commander chez eux. Ils créent un fonds de commerce, une clientèle.

Ils subventionnent...

Envoyer des colis par des avions qui arrivent toutes les nuits...

C'est hors de prix. Quand ils nous auront bien cernés, ils vont envoyer des conteneurs, par bateau, qui iront dans des entrepôts en Pologne. De la Pologne, il n'y aura pas de taxe parce que ça arrivera en conteneurs.

Ce sera reventilé en France, en Belgique ou en Espagne. Ca ne sert à rien. Il faut des droits de douane ou alors l'affichage de l'origine, pour arriver à enfin culpabiliser les consommateurs.

Certains achètent chinois alors qu'ils pourraient acheter différemment, mais on ne leur met pas un drapeau chinois en face des yeux. Je milite pour que dans tous les magasins, il y ait l'origine de tous les produits, quel qu'il soit, avec le drapeau du pays d'origine aussi gros que le prix. Quand vous faites des cadeaux à vos enfants pour Noël... 90 % des jouets viennent de Chine.

Si je mets un gros drapeau chinois, il y en a qui vont changer. - P.Cohen: Y compris Sophie la girafe... - A.Casse: Restez avec nous.

Comment construire une ambition? De C.de Gaulle à E.Macron, quel rôle les mères de présidents de la République ont joué dans leur carrière?

On a le témoignage des parents de V.Giscard d'Estaing. - Il était comme tous les enfants.

Il était intelligent, il avait de la mémoire. Il avait un caractère qui n'était pas toujours facile. Il se mettait dans des colères terribles.

Ca explique aussi le fait qu'il se contienne. Au fond, c'est un caractère extrêmement violent, ardent. Petit à petit, il s'est humanisé, canalisé.

Cette douceur ne lui est pas tellement naturelle. - A.Casse: Bonsoir, B.de L'Aulnoit.

Vous publiez "Ils les ont tant aimées: les présidents et leurs mères". Vous vous êtes étonnée de voir qu'il n'existait pas d'ouvrage sur cette question. On parle très peu des mères des présidents.

Est-ce qu'elles rêvaient toutes d'avoir un fils président de la République? - B.de L'Aulnoit: Absolument pas.

C'était des femmes de condition plutôt modeste. La grosse surprise, c'est que toutes ces mères des 8 présidents de la République sont toutes des femmes de caractère, qui ont joué un rôle décisif dans l'éducation et la formation de l'imaginaire de leur fils. Le premier exemple, c'est de Gaulle.

On me demande souvent si la mère de de Gaulle a vraiment eu une influence sur lui. Oui. Dans ses "Mémoires de guerre", il dit que sa mère portait à la patrie une passion intransigeante à l'égal de sa piété religieuse.

Son épouse dit: "Toutes ses idées sur la grandeur de la France viennent de sa mère, qui était une maîtresse femme." Je commence leur histoire par une scène bouleversante. J'ai le temps de la dire? - A.Casse: Bien sûr. - B.de L'Aulnoit: On est le 17 juin 40.

De Gaulle vient de décider de refuser l'Armistice et de quitter son pays. Ce n'est pas rien pour un général d'armée. Alors que son avion s'envole de Bordeaux pour Londres, il demande aux pilotes de survoler, en Bretagne, le petit village de Paimpont, où sa mère s'est réfugiée.

C'est un adieu déchirant. Sa mère est malade. Elle mourra un mois plus tard.

Il ne la reverra plus. Quand il se remémorera ces heures très difficiles qu'il a vécues, il dira: "Ce qui m'a conforté dans ces heures difficiles, c'est qu'elle eût été toujours et en tout temps à mes côtés." Il dit que jamais il ne se souvient avoir eu un différend avec elle. - A.Casse: Est-ce qu'ils sont tous aussi proches de leur mère?

J.Chirac...

Ils ont tous un rapport aussi fusionnel? - B.de L'Aulnoit: Oui.

Marie-Louise Chavagnac a eu une petite fille avant Jacques, qui est morte à 22 mois. Elle en a fait une dépression. - A.Casse: Jacqueline. - B.de L'Aulnoit: Quand Jacques est arrivé, c'était 8 ans après...

Ca a été un bonheur immense. A ce moment-là, son mari était banquier. Ses meilleurs clients s'appelaient M.Dassault et Marcel Bloch.

Avec sa mère, ils vont former un petit couple. - A.Casse: Vous parlez aussi de la mère de l'actuel président de la République.

Elle rêve la nuit que son fils démissionne. - B.de L'Aulnoit: C'est une femme du Sud.

Elle a le sang chaud. Après, quand elle entend tout ce qui est sur les réseaux sociaux et qui est pratiquement incontrôlable, elle en est malade. Un jour, elle a mis une alerte sur son téléphone.

Elle en a parlé à son fils, qui lui a dit que ce n'était pas la peine de démentir puisque les rumeurs enflaient et encore plus. - A.Casse: Et sa sécurité a été mise en danger. - B.de L'Aulnoit: Elle a été menacée de mort.

Depuis, elle parle beaucoup moins. Elle a un officier de sécurité qui la suit. - A.Casse: Celle qui a le plus compté pour E.Macron, c'est sa grand-mère.

C'est elle qui lui donne son assentiment, quand il rencontre B.Macron et que ça fait scandale. C'est la première à lui dire qu'il peut y aller. - B.de L'Aulnoit: C'était une formidable directrice d'école.

Sa mère aimait beaucoup les enfants. Elle voulait être pédiatre. Mais après 3 naissances coup sur coup, elle a opté pour une carrière dans la Sécurité sociale.

A 5 ans, le petit Manu est allé à l'école primaire. Dans cette même rue Delpech, où sa grand-mère vivait, qui était directrice d'école et qui venait de prendre sa retraite. Elle avait tout son temps pour s'occuper du petit Manu.

Le soir, c'est avec elle qu'il ouvrait ses cahiers. Elle lui a tout appris. Très vite, elle l'a initié aux grands auteurs.

Ils lisaient à voix haute ensemble. Il y avait une telle complicité entre eux que le soir, il préférait rester chez sa grand-mère que retourner chez ses parents. Toutes les vacances, il les passait avec les grands-parents.

Le grand moment de rupture, c'est à 16 ans, quand il a rencontré Brigitte. Brigitte, c'est la copie conforme de la grand-mère. C'est une formidable professeure de français, très précautionneuse de l'avenir de ses élèves.

Elle adorait ses élèves, qui l'adoraient aussi. Elle était son professeure de théâtre. Un jour, en première, ils vont vouloir faire une pièce d'un auteur italien, Eduardo de Filippo.

Il manquait des rôles féminins, parce qu'il y avait aussi la fille de Brigitte qui était dans la même classe qu'Emmanuel. Elle était dans ce cours de théâtre. Emmanuel va dire: "Je vais les écrire." Il voulait être écrivain, à l'époque.

B.Macron l'a laissé faire. Tous les vendredis soir, il venait sonner chez elle, qui n'habitait pas très loin de chez les Macron.

Ils réécrivaient ensemble les textes. C'est comme ça que tout a commencé. - A.Casse: C'est intéressant de voir que sans l'assentiment de sa grand-mère, il n'y aurait pas eu l'histoire d'amour. - B.de L'Aulnoit: La grand-mère était un peu jalouse.

Il y avait une telle complicité avec son petit-fils...

Après, quand elle a vu que c'était une formidable professeure de français...

Elle s'entendait très bien avec Brigitte, beaucoup mieux qu'avec la mère, qui ne l'a su que bien plus tard. Les parents Macron ne vont jamais vraiment accepter ce mariage. Le cri de coeur de la mère d'Emmanuel, quand elle va l'apprendre, va être: "Mais avec elle, tu n'auras jamais d'enfant!" Ca prouve qu'elle aimait bien les enfants. - A.Casse: A l'inverse, certains ont une relation conflictuelle à leur père.

F.Hollande dit que son père traitait mal sa mère. N.Sarkozy est le 1er président fils de divorcés, alors qu'il avait 6 ans. - B.de L'Aulnoit: Il a été élevé exclusivement par sa mère, qu'il attendait tous les soirs en haut de l'escalier en craignant qu'elle meure.

Il y avait une grande complicité avec la mère. - P.Cohen: Il était très materné, si je vous écoute bien. - B.de L'Aulnoit: N.Sarkozy n'a pas été materné par sa mère.

Elle l'a toujours freiné. Quand je l'ai interviewé, il m'a dit qu'elle avait essayé de le freiner. - P.Cohen: Quand on attend son fils en haut des escaliers... - B.de L'Aulnoit: C'est lui qui l'attendait.

A 35 ans, elle a repris ses études d'avocate. Lui rentrait et avait 6 ans...

Ils habitaient chez le grand-père. Un homme volage qui s'est marié 4 fois...

N.Sarkozy a refusé de voir son père. F.Hollande détestait son père aussi, qui était pourtant un ORL à succès.

Il avait une grande clinique à Rouen. Il s'était présenté à 2 reprises sur des listes d'extrême droite aux municipales. Plus insupportable encore, il lui en voulait parce qu'il maltraitait sa mère. - E.Tran Nguyen: Il y a les présidents et leurs mères, mais aussi les nourrices.

C'est pour G.Pompidou. Voilà comment elle parlait de lui. - C'était un enfant affectueux? - Très bien.

Bien gentil, bien mignon. Il avait tout pour se faire aimer. - Vous l'aimiez? - Oui, comme le mien.

Quand on s'est quittés, tout le monde pleurait. Je pleurais et il pleurait aussi. Après, on s'écrivait.

On s'est écrit longtemps. - E.Tran Nguyen: Ils se sont écrit longtemps, jusqu'au service militaire.

Elle le nourrissait à la soupe aux choux. - B.de L'Aulnoit: Qui lui donnait la colique!

Ce parcours de G.Pompidou, c'est le plus improbable...

Sa mère est née dans une chaumière dans un village perdu...

Vous y êtes allé? - P.Cohen: Une fois.

C'est vraiment perdu. - B.de L'Aulnoit: Mitterrand y est allé une fois.

Il est ressorti abasourdi. La mère, à 16 ans, a décidé d'être institutrice. Elle était passionnée de science.

Elle va devenir professeur des écoles, comme son mari, ce qui était très rare. Elle va enseigner les sciences et les mathématiques aux filles comme aux garçons, ce qui était proprement révolutionnaire pour l'époque. On est en 1914.

Le père va partir à la guerre jusqu'en 1919. G.Pompidou écrit dans ses mémoires: "De 3 à 8 ans, à l'âge de ma première formation, je n'ai connu que ma mère.

Je l'adorais." C'est émouvant. Ce sont 8 histoires de famille toutes différentes mais passionnantes et très émouvantes. - A.Casse: On passe au 5/5 de J.-B.Marteau.

Les nouvelles sont enfin plus rassurantes concernant l'hantavirus. - J.-B.Marteau: Il n'y a pas de nouveau cas déclaré en France comme à l'étranger.

La ministre de la Santé l'a déclaré cet après-midi. Tous les cas contacts et personnes positives à l'hantavirus présentes en France ont été testées négatives sans exception. C'est ce que dit S.Rist sur X.

Le virus ne circule pas en France. La quarantaine n'est pourtant pas levée pour les 26 personnes qui vont rester placées à l'isolement à l'hôpital. Les cas contacts seront encore testés 3 fois par semaine.

Il faudra attendre fin juin pour que le risque de pandémie soit totalement écarté. - A.Casse: A l'étranger, les stratégies sont parfois différentes et interrogent. - J.-B.Marteau: Au Royaume-Uni, les cas contacts doivent rester 45 jours chez eux, mais aucune obligation de les mettre à l'hôpital et aucun contrôle n'est organisé.

Aux Etats-Unis, les ex-passagers du MV Hondius sont sous surveillance dans des établissements médicaux, mais pas placés en quarantaine. Ils sont assez libres de leurs mouvements. Les ministres assument.

Vous vous souvenez de cet influenceur américain dont la vidéo avait ému le monde entier? Il est à l'isolement dans ce centre médical du Nebraska. Il a l'air de vivre sa meilleure vie. ... - J.-B.Marteau: Les nouvelles sont plus rassurantes, mais l'inquiétude des Français est bien réelle.

Ils se ruent dans les pharmacies pour acheter des masques. France Inter a révélé que la demande de masques FFP2 a été multipliée par 5 en une semaine, par 4 pour les masques chirurgicaux. Une mission scientifique va se dérouler la semaine prochaine en Argentine, à Ushuaia, pour découvrir l'origine de cette contamination. - A.Casse: Visite à haut risque de D.Trump en Chine. - J.-B.Marteau: Le président est arrivé hier en grande pompe à Pékin, accueilli par Xi Jinping avec de nombreux enfants placés tout au long du parcours pour faire la claque et agiter des drapeaux.

Poignée de main longue et appuyée entre les 2 leaders. Officiellement, tout va bien. D.Trump a vraiment multiplié toute la journée les compliments, même de la flagornerie. ... - J.-B.Marteau: C'est un D.Trump tout en retenue, très discret, qu'on voit depuis ce matin.

Il limite au maximum ses déclarations. Le dirigeant chinois n'a pas manqué l'occasion de lui rappeler qu'il était en position de force, lors du grand banquet du peuple, à Pékin. ... - J.-B.Marteau: 5000 ans versus 250 ans pour les Etats-Unis. 1,4 milliard contre 300 millions pour les Américains... "On ne joue pas dans la même cour." Si, officiellement, on va parler d'Iran, d'IA et de péninsule coréenne, le sujet sensible de cette visite s'appelle Taïwan.

Le président chinois n'a pas hésité à menacer directement D.Trump avec cette phrase. ... - A.Casse: Bonsoir, P.Haski.

Vous êtes éditorialiste géopolitique sur France Inter. Arrêtons-nous sur ce dernier coup de pression de Xi Jinping quand il menace d'entrer en conflit avec les Etats-Unis. Est-ce qu'il brandit la menace d'un conflit militaire? - P.Haski: C'est très politique.

Il montre à D.Trump où est la ligne rouge. Elle est essentiellement sur Taïwan.

Taïwan est devenue, pour Xi Jinping, une affaire personnelle. Il l'a dit à E.Macron. "C'est mon affaire".

Il veut régler ça de son vivant, pendant sa période de pouvoir. "Régler ça", ça veut dire avaler Taïwan et l'intégrer dans la mère patrie chinoise, de gré ou de force. C'est là-dessus que se joue toute cette relation.

Il pousse D.Trump à renoncer aux formes les plus visibles de soutien à Taïwan, c'est-à-dire la livraison d'armes... - J.-B.Marteau: Ils ont signé à Washington pour 11 milliards de ventes d'armes diverses et variées pour Taïwan.

D.Trump pourrait dealer avec la Chine et annuler cette vente? - P.Haski: Il pourrait retarder les livraisons, les étaler sur une plus longue période.

L'une des choses que demande le plus Xi Jinping, c'est que les Etats-Unis s'engagent à s'opposer à l'indépendance de Taïwan et pas simplement à dire qu'ils ne l'encouragent pas. Ce serait un cran de plus dans l'opposition à toute séparation de Taïwan. - A.Casse: Qu'est-ce que ça change, le fait d'utiliser cette formule?

Qu'est-ce que ça nous montre? Xi Jinping renonce lui-même à une invasion militaire de Taïwan, quand il voit ce que donnent les guerres en Ukraine et en Iran? - P.Haski: Ca montre surtout que c'est celui qui dicte l'agenda sur Taïwan.

Les Etats-Unis doivent passer par lui pour décider de la politique vis-à-vis de Taïwan. C'est tout le jeu chinois depuis maintenant des années. C'est restreindre la capacité de Taïwan à prendre ses décisions seul.

Récemment, le président de Taïwan devait aller en visite dans un pays d'Afrique australe. La Chine a fait pression sur le pays d'Afrique pour qu'il n'autorise pas le survol du territoire. Il a eu gain de cause.

Il y a cette tentative de restreindre petit à petit la marge de manoeuvre du gouvernement taïwanais, qui veut garder ses distances avec la Chine continentale. - J.-B.Marteau: La Maison-Blanche dit que D.Trump s'exprimera sur Taïwan dans les prochains jours.

Il temporise. Il ne veut pas froisser son homologue chinois. Ca veut dire que D.Trump...

Ca ne lui ressemble pas. Est-ce qu'il pourrait changer complètement de braquet, faire une déclaration inattendue? - P.Haski: Je ne pense pas qu'il renverse la table et nous dise quelque chose de révolutionnaire par rapport à la position américaine.

Il peut la faire évoluer. On voit bien sa prudence. Il était face aux journalistes dans la journée.

Il n'a rien dit sur Taïwan. Ce n'est pas du tout le tempérament de D.Trump.

Si vous comparez les communiqués américain et chinois sur les entretiens, D.Trump parle du détroit d'Ormuz et de l'Iran alors que les Chinois parlent de Taïwan. Chacun fait un compte rendu qui ne correspond pas à celui de l'autre. - P.Cohen: Taïwan, ce n'est pas la question qui bénéficie du consensus bipartisan le plus fort aux Etats-Unis?

Si Trump fait le moindre écart, il aura de sérieux problèmes politiques intérieurs, non? - P.Haski: C'est vrai, sauf que D.Trump a montré par le passé qu'il s'accommodait des résistances de son parti au Congrès.

S'il pense qu'il peut obtenir quelque chose d'important en échange, un geste...

C'est là qu'intervient cette question...

Détroit d'Ormuz contre... - J.-B.Marteau: Un sujet d'apparence plus consensuel.

D.Trump et Xi Jinping ont exprimé des convergences sur le fait que le détroit d'Ormuz "doive rester ouvert". Mais D.Trump dit ce soir sur Fox News que Xi Jinping lui a proposé son aide pour ouvrir le détroit d'Ormuz, officiellement toujours bloqué.

On apprend qu'il y a plusieurs navires chinois qui ont été autorisés à passer dans le détroit d'Ormuz depuis hier. C'est ce que dit une agence de presse iranienne. Est-ce que ça veut dire que les Chinois n'ont même pas intérêt à aller plus loin dans leur engagement au Moyen-Orient?

Ils arrivent déjà à défendre leurs intérêts? - P.Haski: Cette information n'est pas fortuite.

Elle arrive au moment où D.Trump met le pied à Pékin. D.Trump tord en permanence les faits.

Quand il dit "Xi Jinping m'a proposé son aide..." Je ne crois pas une seconde que les Chinois soient prêts à déployer leur flotte pour aider à neutraliser... - J.-B.Marteau: Ils ne veulent pas s'engager davantage. - B.de L'Aulnoit: Ils peuvent pousser les Iraniens à signer l'accord sur la table. - A.Casse: Ils peuvent le faire? - P.Haski: S'ils considèrent que c'est dans leur intérêt.

Les Chinois ont une politique égoïste. C'est une grande puissance égoïste. Il y a une grande différence entre la Chine aujourd'hui et ce que pouvait être l'Union soviétique autrefois, qui était un empire avec des positions à tenir sur l'échiquier mondial.

La Chine a des intérêts économiques, des intérêts politiques, mais elle n'a pas de présence physique, pas de troupes ailleurs qu'en Chine. Si l'Iran, à un moment, tombe, ce n'est pas son problème. Elle a laissé tomber le Venezuela sans réagir.

Demain, elle laissera tomber Cuba de la même manière. - A.Casse: Qui a le plus de pouvoir, aujourd'hui?

On se demandait si Xi Jinping et D.Trump n'étaient pas égaux. On a l'impression même que D.Trump est humilié. - P.Haski: D.Trump arrive en position de faiblesse.

Il a tenté, l'an dernier, et on l'a déjà oublié, de faire capituler la Chine sur les droits de douane. Il avait mis 145 % de droits de douane. C'était sur des échanges sur plusieurs centaines de milliards de dollars.

Il s'attendait à ce que la Chine capitule et vienne demander de signer ce qu'il voulait. La Chine a posé un embargo sur les terres rares, ces minerais critiques nécessaires dans toute la technologie moderne. C'est Trump qui a reculé.

Il arrive déjà en ayant perdu son épreuve de force avec la Chine. Il est embourbé en Iran aussi. Ca, les Chinois le savent.

Les Chinois ont une vision...

Ils ne le montrent pas, car Xi Jinping est très habile dans sa flatterie de Trump. Ils ont une vision des Etats-Unis comme un pays en déclin. C'est la principale caractéristique aujourd'hui, depuis des années...

Ce n'est pas lié à Trump. Mais Trump a accéléré ce phénomène. - A.Casse: Merci beaucoup.

Restez avec nous. On continue ce 5/5. On va parler d'un cobra.

La transition n'est pas aisée... - J.-B.Marteau: On va plutôt aller à Cannes.

Il y a un film très attendu ce soir. Il y avait l'hommage et l'émotion hier soir de Vin Diesel, l'acteur qui était venu à Cannes pour fêter les 25 ans de la saga "Fast and Furious". Il était à côté de la fille de Paul Walker, l'autre star de la saga, décédé dans un accident de voiture en 2013.

Le 1er volet avait été rediffusé hier soir au festival. Ce soir, place à "Histoires parallèles". La star de ce film, c'est Adam Bessa, acteur franco-tunisien de 24 ans.

Il est cité comme possible prix d'interprétation masculin. - A.Casse: Il y a aussi cette histoire de cobra à Toulouse... - J.-B.Marteau: Tout a commencé près de Toulouse... - P.Cohen: Elle y tient! - J.-B.Marteau: Des habitants sont tombés sur un serpent.

Ils ont eu le temps de prendre une photo impressionnante. C'est bien un cobra. Ecoles, collèges, parcs de la commune...

Tout est fermé. 11 000 habitants un peu inquiets. - Depuis ce matin, c'est un peu la panique un peu partout.

On se pose la question de savoir où il peut être, comment on peut le trouver. - Un peu de crainte. C'est un animal dangereux.

J'avais pas trop envie de me retrouver face à lui. - J.-B.Marteau: Le sous-préfet a averti la population. "N'allez pas à la rencontre de ce cobra.

Appelez plutôt les autorités." Et pourtant, certains habitants sont quand même partis chasser le cobra. - Je tournais un peu dans le secteur.

Comme ça, si je le vois, je peux prévenir les autorités. On voit bien le petit cobra. Rien qu'à le voir, ça me stresse.

Rien que de savoir qu'il est en train de tourner on ne sait où... - A.Casse: Ca fait peur à Emilie. - E.Tran Nguyen: Et Patrick dit qu'il est tout petit. - J.-B.Marteau: Il y a peu de risques de morsure. - L'avantage, sur ce cobra, c'est que c'est un flippé.

Il ne va pas s'approcher de l'humain. Il va avoir plutôt tendance à fuir. Il va s'enfuir immédiatement si on passe à côté. - J.-B.Marteau: Si vous le voyez, appelez les pompiers, le 18. - A.Casse: Merci, Jean-Baptiste.

Merci à tous nos invités. O.Dauvers, on vous écoute sur RTL.

Vous y serez demain matin pour "Les Secrets de la conso" à 8h50. B.de L'Aulnoit, on a adoré votre livre, "Ils les ont tant aimées: les présidents et leurs mères".

P.Haski, votre livre aussi, "La Fin d'un monde". Il y a aussi votre chronique géopolitique le matin sur France Inter.

Vous êtes partout! Merci d'avoir été nos invités. Tout de suite, on retrouve Babeth à Cannes.

Où est Babeth? *-A.-E.Lemoine: Bonsoir, Aurélie.

Dans un instant, "C à vous" en direct de Cannes, avec toute l'équipe. Au casting ce soir, M.Thierry, L.Drucker, G.Nakache, H.Herzi, C.Cardin et M.Denisot!

Vous nous présenterez le documentaire

Fast-food : la nouvelle bataille politique ? - C à Vous l’Intégrale - 14/05/2026 — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote