Face à Face : Pierre Moscovici - 23/01
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:28OuverteRéponse directe
C'est quoi un budget d'efforts ?
- 2:45RelanceRéponse directe
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire des dépenses en moins ? Ça veut dire des impôts en plus ?
- 3:05RelanceRéponse directe
Alors, attendez, je voudrais qu'on redonne ces chiffres
- 6:53OuverteRéponse directe
Je vais vous donner un exemple hyper concret ce matin sur RMC
- 8:00OuverteRéponse partielle
Il faut baisser de combien le budget des ministères ?
- 10:20OuverteRéponse directe
Ce matin Eric Lombard dans le journal Les Echos dit qu'il n'y aura pas d'impôts supplémentaires sur les ménages. Vous estimez que c'est possible ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:40Invité politiqueFait
« Nos concitoyens sont d'ailleurs maintenant très conscients que la dette publique est un problème majeur. »
- 1:43Invité politiqueChiffre
« Nous avons une dette publique qui est la troisième de la zone euro. Elle est à quelques 110% du PIB. »
- 1:48Invité politiqueChiffre
« Nous remboursons chaque année déjà 50 milliards d'euros pour financer la charge de notre dette. »
- 1:53Invité politiqueChiffre
« Notre déficit est à 6,1% du PIB. C'est technique, ça veut dire 180 milliards d'euros. »
- 2:15Invité politiquePromesse
« Le redressement, c'est maintenant et non seulement c'est maintenant en 2025 mais c'est pour toutes les années qui suivent. »
- 2:20Invité politiquePromesse
« Nous devons revenir en deçà de 3% en 2029. »
- 3:47Invité politiqueChiffre
« En 2021, on remboursait 25 milliards d'euros par an pour payer notre dette. En 2025, on va rembourser 53 milliards d'euros. »
- 3:56Invité politiqueChiffre
« En 2026, on remboursera 70 milliards d'euros. »
- 4:00Invité politiqueFait
« 25 milliards, c'est le budget du logement. 53 milliards, c'est le budget de la défense. 70, c'est le budget de l'éducation nationale. »
- 4:08Invité politiqueFait
« Dans quelques années, dans 3 ans, la charge de la dette sera le premier poste budgétaire d'État. »
- 9:09PrésentateurChiffre
« Qu'il y aura environ 50 milliards d'euros d'efforts. »
- 12:00Invité politiquePromesse
« Nous rendrons notre rapport le 19 février. »
- 17:15Invité politiqueChiffre
« On est passé de 4,4% votés à 6,1% exécutés. »
Temps de parole
- Pierre Moscovici73 %
- Présentateur27 %
≈ 5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Pierre Moscovici Merci de répondre à mes questions ce matin Vous êtes le premier président de la Cour des Comptes En fait vous êtes le juge de paix, vous êtes l'homme clé Celui qui a permis de poursuivre le dialogue De gagner peut-être un peu de temps Et peut-être même d'apaiser et de séréniser le débat Si je puis dire, rétablir les conditions de la confiance Avec notamment le parti socialiste, avec les partenaires sociaux Puisque le premier ministre vous a confié cette fameuse mission flash Sur l'état réel des finances, on va y revenir Mais globalement, vous êtes à la tête de ce gendarme De ce juge de paix des finances publiques Elle va comment en vrai la France ?
Vaste question, disait le général de Gaulle Je ne peux pas me prononcer sur tous les plans La France reste un grand pays avec une grande économie Nous avons un statut dans le monde Nous sommes en prévalant du conseil de sécurité Nous sommes en prévalant du G7, nous sommes en prévalant du G20 Nous sommes fondateurs de l'Union Européenne Nous sommes un pays important de l'Union Européenne Nous n'avons pas du tout disparu de la carte Nous restons une nation qui a beaucoup de ressources Économiques, sociales, politiques, culturelles, etc J'attendais le mais Oui, parce que malgré tout, mon métier à moi C'est les finances publiques pour l'essentiel C'est les politiques publiques, c'est la gestion publique Et de ce côté-là, incontestablement, on peut mieux faire Et notamment, s'agissant des finances publiques Je deviens un peu plus sérieux Là, nous sommes dans une situation qui est Entre le préoccupant et le grave Je crois vraiment que le redressement de nos finances publiques Et c'est le message que je veux faire passer C'est pas optionnel, c'est pas anecdotique Nos concitoyens sont d'ailleurs maintenant très conscients Que la dette publique est un problème majeur Nous avons une dette publique qui est la troisième de la zone euro Elle est à quelques 110% du PIB Nous remboursons chaque année déjà 50 milliards d'euros Pour financer la charge de notre dette Notre déficit est à 6,1% du PIB C'est technique, ça veut dire 180 milliards d'euros Et c'est deux fois plus Un, que les traités européens Et deux, que la moyenne de la zone euro Sur ce terrain-là, nous avons très clairement décroché Et en particulier, les deux dernières années Ont été des années noires pour nos finances publiques Bref, le redressement, c'est maintenant Et non seulement c'est maintenant en 2025 Mais c'est pour toutes les années qui suivent Parce que nous avons des obligations fixées par les traités Nous devons revenir en deçà de 3% en 2029 Ça veut dire que chaque année, jusqu'en 2029 Il y aura des budgets d'efforts Alors, budget d'efforts, ça ne veut pas dire budget d'austé
C'est quoi un budget d'efforts ? C'est-à-dire que, franchement, Pierre Moscovici C'est ça aussi qu'on veut comprendre On va rentrer un peu dans le détail Parce que j'ai l'impression qu'à chaque fois qu'on dit qu'il va y avoir des efforts Chaque catégorie, évidemment, se lève En disant, bah oui, mais moi je ne veux pas faire l'effort Je préférerais que ce soit d'autres Même si globalement, on se dit, oui, il faut faire des efforts pour la France Mais c'est quoi un budget d'efforts ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire des dépenses en moins ? Ça veut dire des impôts en plus ?
Un budget d'efforts, ce n'est pas un budget d'austérité Mais ça veut dire que nos déficits, qui ont beaucoup augmenté Doivent maintenant diminuer Et qui doivent diminuer année après année De manière assez substantielle Il faut qu'en 5 ans, on passe des 6% à 3% Ça veut dire, en gros, gagner 0,5 points de déficit par an
Alors, attendez, je voudrais qu'on redonne ces chiffres Parce que là, vous parlez des 6%, des 3% Pour que ceux qui nous écoutent comprennent bien En 2023, le déficit prévu par le gouvernement Devait être de 4,9% du PIB C'était déjà bien au-delà des 3% En réalité, il a fini à 5,5% En 2024, ce qui était prévu, c'était 4,4% Et on finira à 6,1%
C'est bien pour ça que je vous dis Que les deux dernières années ont été des années noires Pour les finances publiques Elles nous placent dans une situation Qui est une situation difficile Qui nous impose un redressement Et ce redressement, on ne doit pas le faire pour l'Europe On ne doit pas le faire pour les marchés On ne doit pas le faire pour les agences de station On doit le faire pour nous-mêmes Parce que, quand on rembourse C'est ça le chiffre important En 2021, on remboursait 25 milliards d'euros par an Pour payer notre dette En 2025, on va rembourser 53 milliards d'euros C'est-à-dire que ça a doublé en 4 ans En 2026, on remboursera 70 milliards d'euros Pour vous donner des ordres de grandeur 25 milliards, c'est le budget du logement 53 milliards, c'est le budget de la défense 70, c'est le budget de l'éducation nationale Dans quelques années, dans 3 ans La charge de la dette Sera le premier poste budgétaire d'Etat Alors, c'est comme un ménage Le jour où vous êtes très endetté Pour financer votre voiture, votre logement, etc Vous ne pouvez pas dépenser par ailleurs Or, nous avons des dépenses massives à financer Non mais attendez, j'y insiste Parce que ça, c'est très important L'éducation, ça coûte L'innovation et la recherche Il faut qu'on fasse un effort L'écologie, ce n'est pas une option La défense avec Trump Et les guerres qui nous menacent On doit absolument faire un effort Or, vous ne pouvez pas investir Quand vous êtes présent d'été Face à n'importe quel ménage
Mais c'est ce que vous disiez Vous commenciez par dire Non mais on reste quand même On compte, on n'est pas effacé On n'est pas effacé la carte du tout Quand vous regardez les milliards qui sont mis sur la table Sur l'intelligence artificielle par exemple Du côté des Etats-Unis Et que nous, on en est à se dire Tiens, il faudrait que les Français Ils travaillent peut-être 7 heures de plus gratos Pour trouver 2 milliards
On va y venir Mais si vous voulez, ce que je veux dire C'est que vraiment, il fallait marquer Un coup d'arrêt A cette dégradation de nos finances publiques Il faut que le budget qui est présenté là maintenant J'ai reçu la copie en tant que président Du Haut Conseil des Finances Publiques Je dois rendre un avis Nous devons rendre un avis Et cette copie, on l'a reçu à 2h09 du matin Elle est là
Vous l'avez reçue cette nuit A 2h09 du matin
Et donc je vais commencer les réunions Cet après-midi Pour donner un avis Sur le projet de loi de finances
Cette copie, c'est quoi exactement ?
Cette copie, c'est d'une part La prévision de croissance de la France Pour 2025 Qui a été revue légèrement à la baisse A 0,9 point de PIB Et c'est d'autre part Les éléments du projet de loi de finances Qui va maintenant être examiné Par l'Assemblée nationale Elle arrive de qui ?
Elle arrive du gouvernement ?
Elle arrive du gouvernement Du ministère des Finances Très bien De Matignon d'ailleurs Mais une fois qu'on a dit ça De quoi s'agit-il ? Il faut 1. Qu'on ait un budget vite Vite Il faut 2. Qu'on ait un budget qui marque Une rupture Un point d'inflexion C'est-à-dire qui réduise le déficit Il faut 3. Que ce déficit Il est fixé à 5,4% Par rapport à 6,1% C'est une bonne marche C'est important
On est encore loin du 3% d'objectif Bien sûr
Mais on ne va pas le faire en un an Parce que là pour le coup On tuerait le patient Donc c'est déjà un effort important Mais il faut que cet effort soit tenu C'est-à-dire qu'il faut que cette année Contrairement à ce qui s'est passé en 2024 Contrairement à ce qui s'est passé en 2023 On ne dise pas On va voter 4,4% Pour arriver à 6,1% Donc il faut que non seulement Ce 5,4% soit prévu Mais qu'il soit exécuté le moment venu Et donc J'en reviens à votre notion d'effort Qu'est-ce que c'est un effort ?
Un effort ça veut dire que On doit pour cette année Faire un cocktail Un mélange Entre sans doute Des augmentations de fiscalité Mais point trop n'en faut Et des économies en dépense Et qu'à partir de l'année prochaine On fasse quasi systématiquement Des économies en dépense Bref Il faut me parler des ministères Il faut que tout le monde Soit mis à contribution Mais Pardon de le dire Avec intelligence Autrement dit Il y a des dépenses Qu'on doit continuer à privilégier Il y en a d'autres Qu'on doit atteindre Et il faut absolument Qu'on réfléchisse collectivement A ce qui est efficace
Je vais vous donner un exemple Hyper concret Ce matin sur RMC J'ai reçu la ministre des sports La nouvelle ministre des sports Le budget du ministère des sports Dans la dernière copie Il baisse de 33% Et elle est contre C'est-à-dire qu'en fait Elle dit Et je lui ai même dit Il y a un moment Est-ce que vous ne retrouvez pas Un peu schizophrène C'est-à-dire que d'un côté Elle dit je comprends Et je suis solidaire du gouvernement Il faut faire un gros effort Et en même temps Quand on me demande à moi De faire un effort de 33% Je dis non Le président de la République Emmanuel Macron A même fait savoir Qu'il n'était pas d'accord Avec cette baisse-là du budget
C'est pas à moi de le dire Je vous prends cet exemple-là Mais je pourrais vous prendre
Pratiquement tous les ministères
Je vais vous prendre un autre exemple Parce que bon Je ne suis pas le juge de paix Mais disons que je suis La Cour des comptes Non C'est la vigie des finances publiques Vigie, juge des paix Choisissez le vocabulaire C'est une institution Qui est au service des Français Pour leur dire La vérité des prix Et ils nous font Une très grande confiance 90% des gens nous connaissent 70% nous font confiance Pour une institution publique Reconnaissez que c'est pas mal Et on se tourne vers nous En pensant Que nous disons à peu près la vérité Alors c'est une vérité Qui est toujours discutable C'est un élément de débat public Mais c'est vrai que c'est toujours Des chiffres, des faits Qui sont objectivés Par des hommes et des femmes Pluralistes et compétents
Il faut baisser de combien Le budget des ministères ?
C'est pas question pour un champion Je vous donne un exemple moi L'apprentissage On a mis en place en 2017 Une politique d'apprentissage Très ambitieuse Et très coûteuse C'est une excellente chose Ça a permis de rétablir La situation du marché De l'emploi des jeunes Mais aujourd'hui Cette politique d'apprentissage Est très généreuse Autrement dit Elle s'adresse non seulement A des jeunes Qui ont le niveau bac Ou en dessous Mais aussi A des étudiants du supérieur Il n'est pas normal Et ça coûte cher Et c'est pas bon pour eux Et c'est bon pour personne Que des étudiants Qui sont en école d'ingénieur En grande école
Mais ils n'ont pas besoin
L'apprentissage est pas mal Mais payé par l'État Ils n'en ont pas besoin Autrement dit Ce que nous proposons Je vous donne une proposition Très concrète C'est d'abaisser Le niveau des dépenses D'apprentissage On s'arrête à ce qu'on appelle Le niveau 2 C'est-à-dire au niveau bac Niveau 3 et 4 Non Ça, ça permet d'apporter 2, 3, 4 milliards d'euros Et donc moi Ce que je propose De cibler comme démarche Comme méthode C'est les dépenses Qui sont peu efficaces Peu performances Et il y en a beaucoup On peut arriver à combien ? On fait des primes On peut arriver à combien ? Le gouvernement dit
Qu'il y aura environ 50 milliards d'euros d'efforts
Alors j'attends de voir La copie du gouvernement Franchement on l'a reçue J'ai bien compris Je ne vous reproche pas De ne pas avoir veillé Toute la nuit C'est une plaisanterie Et puis surtout Il y a le Parlement Qui va l'examiner On va voir quel est le quantum Si vous voulez Je crois qu'il cherche ça
Mais c'est à peu près Le volume souhaitable ?
Honnêtement je veux voir le Non Il n'y a pas de volume souhaitable C'est surtout pas à moi de dire C'est au pouvoir politique C'est à dire au gouvernement Et au Parlement De voter le budget Mais ce qui compte Pour les français Et pour moi Pour la cour des comptes C'est qu'au final L'équilibre s'établisse A un certain niveau Autrement dit Vous pouvez faire Selon vos préférences politiques Idéologiques Intellectuelles Plus d'impôts Ou plus d'économies Moi j'ai tendance à vous dire J'ai tendance à vous dire Qu'il faut faire plus d'économies Que d'impôts Parce qu'au fond quand même Nous avons aussi Le taux de prélèvement obligatoire Le plus élevé d'Europe Et que ça finit par affecter l'économie Il faut faire certains impôts Faire contribuer les plus riches Sans doute Mais en même temps Il ne faut pas charger la mule Et en revanche Il faut faire des économies Sur la dépense publique Et quand je parle dépense publique Je parle État Collectivité locale Sécurité sociale Chaque notion Chaque niveau de dépense publique Doit être concerné Par cet effort Pierre Moscovici
Ce matin Eric Lombard Dans le journal Les Echos Donc notre nouveau ministre De l'économie et des finances Dit qu'il n'y aura pas D'impôts supplémentaires Sur les ménages Vous estimez que ça C'est possible On peut se permettre De ne pas augmenter Les impôts Sur les ménages C'est même souhaitable
En tout cas C'est un engagement Du gouvernement Il l'a fait On voit bien pourquoi Parce qu'on évoquait La contribution De certains retraités C'est une option politique Vous savez La politique J'en ai fait pendant très longtemps
Vous avez vous-même été À ce job Ministre de finance
J'ai été pendant 20 ans élu J'étais trois fois parlementaire Blablabla Etc Bon Je respecte le politique Donc Le choix d'un budget C'est un choix profondément politique On peut être de gauche On peut être de droite Mais réduire la dette C'est pas de gauche ou de droite Quand on est endetté On a le pays Qui s'affaisse Qui s'abandonne C'est ce que disait Pierre Mendes France Les comptes en désordre C'est le signe des nations Qui s'abandonnent Et donc réduire la dette C'est un impératif Et pour la droite Et pour la gauche Chacun le fait à sa façon Mais au final Quand vous avez à dépenser Pour l'avenir Pour préparer L'avenir de notre jeunesse Ça concerne
Il faut investir
Et vous ne pouvez pas investir Si vous n'avez pas de moyens Moi j'avais 40 ans Que je suis dans la vie publique J'ai appris une seule chose Pas de bonne politique publique De droite ou de gauche Sans bonne finance publique C'est la base
Pierre Moscovici Cette mission flash Qui vous a donc été confiée Pour se mettre d'accord Sur l'état réel Des finances
Des retraites
Des finances Des retraites Du financement des retraites Avec des chiffres indiscutables Voilà l'expression De François Bayrou Quelle méthode Quel timing
Alors Nous rendrons Parce que c'est la cour des comptes Qui est chargée de ça J'ai mis en place un groupe Que je préside moi-même D'une quinzaine de magistrats Nous rendrons notre rapport Le 19 février Le 19 février Donc dans peu de jours Je vais rendre ce rapport Donc vous êtes dessus là Ah oui Il y a des gens qui travaillent là-dessus Jour et nuit Semaine et week-end C'est le jeu Flash Ça veut dire très rapide Le flash est déclenché Donc on est en train de faire Moi-même Je rencontre les uns Après les autres Les partenaires sociaux
Vous en avez déjà rencontré Quelques-uns ?
Bien sûr J'ai déjà rencontré Le secrétaire général de l'EFO Le secrétaire général de la CGT Le secrétaire général de la CFDT De l'UNSA Je vois cet après-midi Le président du MEDEF Je les vois dans l'ordre Des rendez-vous Qu'ils prennent Il n'y a pas d'échelle de valeur Aussi les représentants Des petits patrons Je vois tout ça Et je les verrai tous Pourquoi ?
Pour leur parler justement De la méthode Pour les rassurer Sur l'indépendance de la cour Parce qu'ils peuvent se demander Cette mission Elle a été commandée Par le Premier ministre Elle n'est pas téléguidée Elle n'est pas télécommandée Je ne suis pas là Pour valider un chiffre Je suis là pour donner Les chiffres tels qu'ils sont Alors qu'est-ce qu'on va faire ?
On va faire un rapport court Lisible Qui veut être utile Qui comprendra trois parties Un Quel est l'état Du financement des retraites De toutes les retraites Retraite du privé Retraite du public Retraite complémentaire Retraite sur complémentaire Retraite des régimes spéciaux Pour que les choses Soient mises à plat Deux On fait une projection À 20 ans Qu'est-ce qui se passe en 2045 ? Quels sont les besoins de financement ? Et à partir de ça On va Dans une troisième partie Examiner ce que sont les leviers L'âge La durée de cotisation Le niveau des prestations Donc vous allez donner
En quelque sorte Des éléments De solutions possibles D'améliorations
On ne fera aucune recommandation Parce que si vous voulez En fait Cette réforme de retraite C'est quoi ?
C'est des scénarios alors ?
Des scénarios Des hypothèses Des leviers Au fond C'est la carte quoi Et après Les partenaires sociaux Vont faire le menu Parce que si vous voulez En fait c'est une fusée À trois étages Un L'expertise C'est nous Et on nous l'a confié Parce qu'on nous fait confiance Et ça tout le monde est d'accord Vous voyez hier
J'avais Manuel Bompard Qui lui refuse Pour l'heure de discuter Les filles Ils refusent de discuter Sur cette réforme De la réforme des retraites Mais pour autant Alors que je lui posais La question de votre rôle Et de cette mission Il disait qu'il avait La plus grande confiance Tout le monde est d'accord
Sur le fait que vous allez
Apporter un chiffre
Un L'expertise De la négociation sociale C'est ce que François Bayrou Inspiré par le catholicisme A appelé un conclave Je crois que les syndicalistes Veux l'appeler autrement Autrement dit C'est une négociation Et à la fin de cette négociation Ils visent un accord S'il y a accord suffisant À ce moment là Le troisième étage de la fusée C'est le parlement Qui doit valider l'accord C'est un pari C'est un pari sur D'abord effectivement La confiance qu'on se fait C'est un pari sur la démocratie sociale Et c'est un pari sur la sagesse parlementaire C'est compliqué Mais si à partir de ça On peut dénouer Cette question des retraites Dont on a vu Qu'elle empoisonnait Le débat public Alors je vais être clair Sur un point Le premier ministre a dit Pas de tabou Oui on peut revenir Toucher aux 64 ans On peut Et ça j'ai vu beaucoup De syndicalistes Qui sont attachés Par les pénibilités On peut parler des femmes On peut parler des carrières hachées On peut parler des carrières longues Mais Il y a un impératif Quand même Que je suis obligé de rappeler Comme premier ministre de l'expertise C'est qu'à la fin Ça doit quand même Être financièrement équilibré Autrement dit Il ne faudrait pas Que la réforme de la réforme Dégrade l'équilibre financier Parce que nous avons Des comptes publics Qui sont déjà suffisamment difficiles Oui ça on l'a bien compris Oui mais donc nous La Cour des comptes Nous allons travailler Vous êtes vigilant là-dessus Nous travaillons sous contrainte d'enveloppe C'est-à-dire nous allons Dire Vous pouvez jouer là-dessus Augmenter ça Baissez-ci Etc Mais il faut qu'au final Ça s'équilibre
Et si Pierre Moscovici Et si Ce que vous constatiez Lors de cette mission flash Était pire Que ce que vous aviez imaginé C'est-à-dire Est-ce que vous avez Réfléchis à la possibilité Que les comptes soient Plus mauvais Qu'on imaginait
Je vous dis Il ne faut pas s'attendre A une surprise En trois semaines Un mois On va travailler On s'appuie sur ce qu'on fait Les autres On s'appuie sur le conseil D'orientation des retraites Je n'ai aucune défiance Pas encore Je vois ce soir Son président On travaille avec La direction de la sécurité sociale Avec la caisse nationale Des surances vieillesse Avec la direction générale du trésor Avec les directions générales Des finances publiques Non nous ce que nous faisons C'est une mise à plat
Il n'y a pas de cadavre Dans le placard
Non il n'y a pas de cadavre dans le placard Mais ce qui est vrai C'est qu'il y a des hypothèses Et il y a des scénarios Je vais vous prendre quelques exemples Si notre taux d'emploi s'améliore Alors à ce moment là Nos besoins diminuent
Et vous y croyez vous ? Là dans le contexte actuel Quand vous voyez Toutes ces boîtes qui ferment
Je parle à 20 ans Si la productivité Des économies français s'améliore Ça change aussi
Vous finissez par parler Comme le gouvernement Qui a toujours des hypothèses optimistes Non non non Et dont vous dites vous Qu'elles sont trop optimistes
Non non non Je dis On va jouer sur les leviers Je n'attends pas de surprises Ce qu'on attend de nous Franchement Ça ne doit pas être Il n'y aura pas d'effet Waouh Nous ne sommes pas là Pour une rupture Nous sommes là Je le disais Pour que la table soit mise Pour que les partenaires sociaux Sachent Quelles sont les bases Donc la Cour des comptes Ne va pas faire quelque chose De disruptif Mais ce sera quelque chose De solide et d'indiscutable Oui
J'ai encore deux questions Pierre Moscovici L'une c'est quand même Que vous avez évoqué Ce dérapage Ces deux années noires Vous avez fait face Aux parlementaires Sur cette enquête parlementaire Sur justement Qu'est-ce qui a fait Que ça a pu déraper Moi je voudrais quand même Comprendre Comment on a pu décrocher Comme ça Alors que ce n'était pas Des années noires En termes de croissance Qu'est-ce qui s'est passé Qu'est-ce qui fait Qu'on a perdu Autant d'argent En deux ans
Ecoutez Je vous disais Que j'avais 40 ans D'action publique C'est triste pour moi Mais c'est comme ça Je n'ai jamais vu En 40 ans Une année comme 2024 Où on est passé De 4,4% votés A 6,1% exécutés
Hors crise Mais ça veut dire quoi
Alors qu'est-ce qui s'est passé C'est d'abord
Il y avait des experts Il y avait des analystes Les prévisions
Les prévisions ont été Trop optimistes J'ai fait une proposition De votre commission parlementaire C'est qu'on soustrait La validation des prévisions Aux politiques Et l'administration Pour la confier A une instance indépendante Justement Au conseil que je préside Et je dis ça Je pense que c'est D'intérêt général Ça veut dire
Qu'on ne pourra plus Avoir un gouvernement Qui en fait Fait son budget En se disant Évidemment Ok la croissance On nous dit que c'est 0,5% Mais nous on va pousser On va dire que c'est 0,8%
On ne peut pas Si on est trop volontariste Si on est trop optimiste On tombe dans ce que j'appelle L'hubris C'est-à-dire L'hubris
C'est-à-dire qu'on prend ses désirs C'est le péché d'orgueil C'est le péché d'orgueil C'est le péché d'orgueil C'est le péché d'orgueil C'est le péché d'orgueil C'est le péché d'orgueil C'est le péché d'orgueil Mais pardon Hubris c'est aussi une forme de mensonge Est-ce que Bruno Le Maire S'est menti à lui-même ? Est-ce qu'il nous a menti ?
A soi-même c'est autre chose Mais non Il n'y a eu aucune forme d'insincérité Je l'ai dit Je ne vois pas l'intention de tromper En revanche Ce que je souhaite C'est que Pardon J'ai utilisé une notion De finance publique très importante La prudence Des prévisions Ça doit être prudent Après Ce qui s'est passé C'est que du coup Comme les prévisions étaient trop élevées On n'a pas eu tout à fait Le même niveau de recettes Loin de là Et la machine à palper les recettes Si je veux dire Ou à les estimer C'est cassé On a eu un niveau de dépense Trop élevé Et on a eu un niveau de croissance
Mais il est encore temps de réparer
Pour 2024 c'est fini Mais pour les années suivantes Je propose vraiment De changer de méthode Et de changer d'attitude La prudence Et la validation Par une instance indépendante Voilà deux remèdes Qui me paraissent fondamentaux
Monsieur Moscovici Donald Trump hier a dit L'Union Européenne Est très mauvaise pour nous Il nous traite mal Ils ne prennent pas nos voitures Ou nos produits agricoles En fait ils ne prennent pas grand chose Quelle menace Pour notre commerce Pour nos exportations
Ecoutez ça C'est le vrai problème On a un président des Etats-Unis On a changé de monde On a un homme qui est climato-sceptique Qui va sortir des accords de Paris Qui va déverser des hydrocarbures Sur le monde entier On a un président qui est isolationniste Donc il va falloir réfléchir A comment nous nous défendons Par exemple en Ukraine Et on a un président qui est protectionniste Qui nous a imposé des droits de douane Alors évidemment Les Etats-Unis continuent un de nos alliés Mais enfin franchement Il ne faut pas être hostile Mais il ne faut pas être naïf Et les Européens doivent absolument S'outiller Intellectuellement Psychologiquement Et aussi financièrement Économiquement Pour résister à ça Pour en tout cas Réposter
En tout cas il ne faut pas minimiser la menace
Non non Mais ça c'est un changement fondamental Et vous savez On parle de choses qui sont parfois mineures Celle-ci elle est essentielle On a changé d'air aux Etats-Unis Quand on cherche d'air aux Etats-Unis On change de monde
Et donc il faut aussi que nous Nous en prenions conscience Merci Pierre Moscovici D'être venu aussi précis ce matin Premier président de la Cour des Comptes Et à la tête aussi du Haut Conseil On l'a bien compris Aux finances publiques Il est 8h52 sur RMC et BFM TV
Pierre Moscovici