Hantavirus : le point sur ce que l’on sait - L’édito de Patrick Cohen
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Chapitres
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:01OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'on y a appris ?
- 8:01OuverteRéponse directe
Quelles sont les mesures d'isolement prises ?
- 11:01OuverteRéponse directe
Ce discours d'A.Flahault consiste à dire qu'on ne sait pas tout de ce virus. Ça peut aussi inquiéter.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00P.CohenFait
« Le virus a été découvert en Argentine en 95. Il est à l'origine d'une 1re transmission interhumaine en 96 et d'un 1er cluster d'une centaine de personnes en 2019. »
- 5:00X.LescureFait
« Comment on s'infecte la plupart du temps ? Par voie zoonotique, d'animal à humain. Il y a une transmission possible, peu fréquente, peu efficace d'humain à humain. »
- 6:00P.CohenChiffre
« La létalité est élevée, entre 20 et 50 %. »
- 7:00P.CohenFait
« En cas de contamination, que se passe-t-il ? 2-3 jours de signes banals. Ensuite, une dégradation rapide de la fonction respiratoire. »
- 9:00P.CohenFait
« Il s'agit d'une femme de plus de 65 ans, avec des comorbidités. »
- 10:00S.RistFait
« Pas d'éléments en faveur d'une circulation diffuse du virus. »
- 13:00K.LacombeFait
« On peut être positif sans avoir de symptômes. On fait des formes asymptomatiques. »
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Qu'est-ce que vous allez nous préparer, Alice? - Des makis de mon jardin avec une sauce ajo blanco et une brunoise pimentée. - A.Casse: Merci.
A tout à l'heure. P.Cohen, vous avez suivi la conférence de presse de la ministre de la Santé. - P.Cohen: Qui ressemblait plus à un colloque universitaire avec une brochette d'experts, virologues, épidémiologistes et infectiologues.
C'était pour faire le point sur l'état de la science et avec l'ombre de la covid, le spectre de la covid, tant il est évident que ce déploiement gouvernemental et scientifique à destination de l'opinion n'aurait pas eu lieu sous cette forme sans ce passif. Et si le virus n'est pas le même, la matière est identique. Ces spécialistes ne nous sont pas inconnus.
Il y a eu notamment Y.Yazdanpanah, qui coordonnait la partie scientifique de la conférence. - A.Casse: Qu'est-ce qu'on y a appris? - P.Cohen: Pas grand-chose pour ceux qui ont lu les papiers bien informés de ces derniers jours.
Le virus a été découvert en Argentine en 95. Il est à l'origine d'une 1re transmission interhumaine en 96 et d'un 1er cluster d'une centaine de personnes en 2019. L'incubation est longue, avec une médiane de 2 à 3 semaines et un maximum de 6 semaines.
La létalité est élevée, entre 20 et 50 %. Comment ça s'attrape? Réponse de X.Lescure, infectiologue. - Comment on s'infecte la plupart du temps?
Par voie zoonotique, d'animal à humain. Il y a une transmission possible, peu fréquente, peu efficace d'humain à humain. On ne connaît pas exactement les modalités et les modes de transmission, probablement par voie respiratoire ou contact direct. - P.Cohen: Pas plus de précisions. - En cas de contamination, que se passe-t-il? 2-3 jours de signes banals.
Ensuite, une dégradation rapide de la fonction respiratoire. En quelques jours, les patients passent d'un état de fatigue à la réanimation, intubés, ventilés, avec les techniques les plus invasives de réanimation. On ne connaît pas les facteurs de risque de gravité de la maladie, contrairement au covid, où on sait que ce sont essentiellement des personnes fragiles. - P.Cohen: Pour ce qui est de la dégradation rapide, c'est le cas de la seule patiente française malade.
Elle est en réanimation, dans un état grave, oxygénée avec un poumon artificiel. Il s'agit d'une femme de plus de 65 ans, avec des comorbidités. Pas de traitement, pas de vaccin en l'état, mais selon S.Rist, pas d'éléments en faveur d'une circulation diffuse du virus.
Beaucoup de données rassurantes ne plaident pas en faveur d'un risque épidémique, mais en fin de conférence, A.Flahault est venu apporter un léger bémol en évoquant les incertitudes de la science et de ce virus. - A.Flahault: Il faut faire attention aux idées reçues.
C'est une maladie tropicale négligée. L'idée reçue est de dire que ça fait 30 ans qu'on connaît ce virus, qu'on connaît le taux de reproduction, la létalité, la durée d'incubation...
Non. On a des premières estimations. La science marche par la réfutation.
Est-ce que d'autres études vont montrer que l'incubation, ce n'est pas 6 mais un peu plus, ou que ça peut être 6 et que c'est anecdotique, 3 ou 4...
On le saura peut-être avec cet épisode. Prenons les choses avec précaution. - P.Cohen: Il faut laisser les données de la science évoluer.
Il a aussi insisté sur la chance d'avoir localisé le virus dans un bateau, dans un espace clos, avec tous les moyens déployés aujourd'hui susceptibles de bloquer complètement ce phénomène émergent. - A.Casse: Ce discours d'A.Flahault consiste à dire qu'on ne sait pas tout de ce virus.
Ca peut aussi inquiéter. Il dit qu'il faut être prudent. - K.Lacombe: Il ramène beaucoup d'humilité quant à la position scientifique et de la population par rapport à la science.
C'est un virus qu'on connaît depuis 30 ans, mais il y a eu très peu de cas décrits, 2 épidémies de quelques dizaines de personnes, dans un contexte où on n'a pas non plus prélevé de façon régulière tous ces patients. On ne sait pas à partir de quand on devient positif, à partir de quand on développe des symptômes quand on est positif. On peut être positif sans avoir de symptômes.
On fait des formes asymptomatiques. Ce cas exceptionnel de modèle un peu expérimental, avec ce bateau, où on a pu suivre toutes les personnes contacts, les contacts des contacts, ça va nous permettre de mieux connaître l'histoire naturelle du virus. C'est une occasion unique d'en apprendre plus sur une maladie très rare. - A.Casse: C'est important de faire cette conférence de presse aujourd'hui au ministère de la Santé.
Vous dites que le mode de gestion de crise est activé. Quelqu'un de la garde rapprochée de S.Lecornu dit que le ministre a senti qu'il fallait secouer tout le monde.
Le sujet l'inquiète depuis plusieurs jours. Il a demandé au gouvernement de passer en mode gestion de crise. - T.Soulié: Il est plus inquiet sur l'éventuelle critique de la gestion de crise que le virus en lui-même.
Il veut éviter qu'on se retrouve dans un mois avec une crise sanitaire pas maîtrisée, qu'on voie qu'il n'y a pas de masques, que les PCR, ça ne marche pas...
Il se dit qu'il va taper vite, fort, en faisant 2 réunions quotidiennes à Matignon en, peut-être, surdramatisant volontairement, au risque d'en faire trop, mais avec 2 options. Soit on surdramatise, mais on ne pourra pas reprocher à S.Lecornu de ne pas avoir senti cette crise...
La 2e option, c'est de faire profil bas en croisant les doigts pour qu'il n'y ait pas de crise. Il y a une leçon de ce covid. Il valait mieux être dans la 1re option. - P.Cohen: On dit qu'on donne de l'eau au moulin des complotistes.
Ils ont surgi. Je ne sais pas si vous avez vu F.Philippot... "On va nous enfermer bientôt, on cherche à nous inquiéter..." - T.Soulié: Le gouvernement prend le sujet en main.
Dans les pharmacies, on voit des personnes qui veulent racheter des masques. Il y a beaucoup d'hypocondriaques. C'est piloté. - A.Casse: Quelles sont les mesures d'isolement prises?
Les mesures d'isolement sont renforcées en France. Les 22 cas contacts ont été envoyés en quarantaine en milieu hospitalier ou sont en train d'être transférés. C'est le seul moyen de briser la chaîne de contamination ou est-ce que c'est le principe de précaution poussé à son maximum? - K.Lacombe: C'est le seul moyen d'éviter la dissémination.
C'est ce qu'on fait dans toutes les épidémies qui démarrent avec un petit nombre de personnes et pour lesquelles on arrive à tracer les contacts. Le seul moyen d'arrêter des chaînes de transmission, c'est de mettre tout le monde à l'isolement avec des moyens dont on pourra reparler pendant toute la période d'incubation connue du virus. On parle de 6 semaines.
C'est au moins la période minimum pendant laquelle on doit suivre ces personnes de façon précise. - A.Casse: On parle de 8 passagers du vol du 25 avril qui ont pris l'avion avec la croisiériste néerlandaise aujourd'hui morte.
Il y en a d'autres qui étaient dans l'avion. Ils étaient d'abord censés s'isoler eux-mêmes. C'était le 25 avril.
On est le 12 mai. Pendant ce laps de temps, ils ont peut-être rencontré des gens. Est-ce qu'il n'y a pas un risque de propagation du virus?
Il y a peut-être eu des rencontres sans respecter les gestes barrières. - K.Lacombe: Le risque n'est pas zéro.
Mais il vaut mieux faire maintenant que pas faire du tout. Il y a 3 situations différentes. Il y a les personnes contacts sur le bateau, 5 personnes, dont une malade.
Ce sont des contacts prolongés avec une personne qui était probablement super-spreader, qui sécrète beaucoup de virus. Ensuite, on a la situation des 2 avions. Dans un des avions, ils sont restés en contact pendant 4 heures avec une personne malade, qui est malheureusement
Stéphanie Rist