Budget des familles : très « chère » rentrée scolaire ?
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Questions et réponses
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- 3:10OuverteRéponse directe
Est-ce que ça existe encore, ce genre de système ?
- 3:56OuverteRéponse directe
Est-ce que le mois de septembre, c'est le mois le plus compliqué de l'année pour les familles ?
- 4:57OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on arrive à estimer combien ça coûte une rentrée scolaire pour une famille en moyenne ?
- 5:37OuverteRéponse directe
Comment les parents abordent cette rentrée dans un contexte de pouvoir d'achat difficile ?
- 7:24OuverteRéponse directe
Comment on explique la baisse de 30 euros du coût des fournitures ?
- 8:41OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut s'attendre à une augmentation des prix des fournitures dans les mois à venir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:15InvitéChiffre
« On arrive à un montant qui est compris entre 400 et 500 euros en moyenne. »
- 5:28InvitéFait
« Ce qui correspond à peu près au montant de l'allocation de rentrée scolaire qui est versée aux familles modestes, qui a été versée hier. »
- 7:13PrésentateurChiffre
« Le coût des fournitures recule d'environ 30 euros comparé à l'année dernière, c'est moins 14% pour le panier moyen d'un élève qui rentre en sixième. »
- 19:43Locuteur 1Fait
« Elle a été revalorisée une dernière fois de 25% en 2012, mais depuis, elle a subi une grosse perte de pouvoir d'achat avec l'ensemble des prestations familiales. »
- 20:00Locuteur 1Chiffre
« Il y a eu sans doute une perte de pouvoir d'achat de 7 points depuis 2012. »
- 29:56Locuteur 1Chiffre
« On atteignait des sommes comme 1300 euros par an, dont justement un tiers, à peu près 400, 450 euros, au moment de la rentrée scolaire. »
- 37:16Locuteur 1Fait
« Ça va de l'âge de 6 ans à l'âge de 18 ans. »
- 38:40InvitéPromesse
« il faudrait bien aller jusqu'aux 18 ans »
- 38:57InvitéFait
« on sait que les dépenses contraintes elles sont bien plus importantes quand on n'a qu'un seul salaire »
Temps de parole
- Présentateur29 %
- Invité19 %
- Invité 218 %
- Locuteur 117 %
- Auditeur4 %
- Auditeur 24 %
- Auditeur 33 %
- Auditeur 42 %
- Auditeur 52 %
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Vous les aviez aperçus déjà au cœur de l'été. Ces promos sur les cahiers, les agendas, les cartables, elles se sont installées dans les rayons à la place des tongs et crèmes solaires. Signe annonciateur d'un passage obligé, rarement apprécié. Celui qui met fin aux vacances, les terribles courses de rentrée, attendus par les enfants, redoutés par les parents. Vous êtes peut-être en plein dedans à fouiller les rayons en quête des meilleures affaires pour pouvoir rayer fièrement une à une sur votre liste de fournitures, celles qui sont prêtes.
Vous les avez peut-être déjà bouclées depuis un moment pour une reprise l'esprit plus léger ou alors vous attendiez la fameuse allocation de rentrée scolaire versée depuis hier pour démarrer. Parce qu'une rentrée scolaire, ça coûte cher et pas uniquement à cause du cartable et de ce qu'il y a dedans. Il faut aussi payer la cantine, la carte de bus qui amène vos enfants à l'école, compter les inscriptions au judo, au piano, sans oublier la baby-sitter. Et à l'arrivée, la facture est parfois salée. Alors ce soir, on se penche sur les familles et leur budget mis à l'épreuve par le mois de septembre.
Et ces parents qui comptent, calculent, organisent comme des chefs d'entreprise les dépenses scolaires. On a envie d'entendre ce soir comment vous, vous faites chez vous. Est-ce que vous dites non à votre enfant qui veut le stylo, le cartable, le dernier cri, mais aussi qui est le plus cher ? Est-ce que vous recyclez tout ? Est-ce que vous vérifiez tout ? Est-ce que vous ne vérifiez rien ? Comment vous la vivez, cette période de pré-rentrée ? 01-45-24-7000, par téléphone, via WhatsApp et l'application Radio France. On est ensemble jusqu'à 20h.
Le téléphone seul. 01-45-24-7000.
Et pour commencer, nous nous accueillons au standard Gignot. Bonsoir.
Bonsoir. D'abord, une constatation, c'est plus facile de passer le soir que le matin. Parce qu'attendre 14 minutes 44 le matin et ne pas être interviewé par le journaliste, je trouve ça inadmissible.
On vous écoute sur la rentrée scolaire, Gignot.
Je crois que les Français doivent savoir comment France Inter fonctionne.
Sur la rentrée scolaire, vous vouliez nous dire quelque chose ?
Voilà, donc maintenant, passons aux choses sérieuses. Donc, j'étais enseignant de 1974 à 2011 et dans les écoles publiques et le fonctionnement, donc avec les subventions communales, on achetait en gros pour l'ensemble des élèves et on se répartissait en fonction du nombre d'élèves de classe, le matériel. Et donc, c'était gratuit pour les familles. Et dans les collèges et lycées qu'on fréquentait mon fils, c'était les coopératives scolaires, souvent gérées par les professeurs. Et donc là, on achetait beaucoup moins cher le matériel. Donc, je ne sais pas si c'est toujours comme ça, puisque ça fait 15 ans que j'ai posé le cartable.
Merci, Jiligno, pour votre témoignage. On va soumettre votre question à nos invités de ce soir. Chantal Thomas, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes présidente de l'association Famille de France. Avec nous aussi ce soir, Hélène Ducourant. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes sociologue de l'économie, maîtresse de conférence à l'université Gustave Eiffel. Et autour de la table également avec nous, Antoine Mat. Bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes économiste, chercheur à l'Institut de Recherche économique et sociale. On va peut-être commencer par répondre à Jiligno. Est-ce que ça existe encore, ce genre de système ? Chantal Thomas ?
Oui, oui, tout à fait. Ça existe, même si c'est très marginal maintenant. Certaines municipalités ont également des budgets contraints. Donc, ça ne se fait plus. Ce qui était la règle il y a 20, 30 ou voire même 40 ans ne l'est plus, malheureusement. Et ce sont simplement lorsque les collèges décident d'effectuer des achats groupés pour faire bénéficier les familles. ou certaines municipalités, donc, qui elles-mêmes achètent pour redistribuer ensuite aux familles. Mais ce n'est pas la majorité des cas, malheureusement.
Des dispositifs pour alléger le poids de cette rentrée scolaire qui pèse lourd justement sur les familles. Est-ce que le mois de septembre, c'est le mois le plus compliqué de l'année pour les familles dans leur tête justement à préparer ? Plus que les vacances, plus que Noël ? Chantal Thomas, je vous repose la question.
Oui, je pense que c'est un mois compliqué. D'une part, les achats pour la rentrée, comme vous venez de le dire. Il n'y a pas que les achats spécifiques, les cahiers, les crayons, les tenues de sport, les jogging, les baskets. Il y a aussi les inscriptions, comme vous l'avez précisé en début d'émission, les inscriptions aux activités sportives, aux activités culturelles. Il y a également le coût des assurances. On n'en parle pas beaucoup, mais ça se rajoute. Assurance scolaire. Pour les sorties, par exemple. Pour les sorties aussi. Il y a également tout ce qui concerne les déplacements, le transport, le bus ou autres moyens de transport, les frais de garde.
Parce que même un enfant en collège, il a besoin d'être gardé à l'issue de ses cours au collège. Il y a toutes les dépenses annexes.
Est-ce qu'on arrive à estimer combien ça coûte une rentrée scolaire pour une famille en moyenne, Hélène Ducourant ?
Il y a deux façons d'estimer les dépenses de rentrée. Il y a celle qui est faite par les assos comme Familles de France ou d'autres, qui consiste à aller voir en magasin combien ça coûte, à demander aux familles. Puis il y en a une autre qui consiste à faire des sondages et à demander aux personnes combien ça vous a coûté poste après poste. Et dans tous les cas, il me semble qu'on arrive à un montant qui est compris entre 400 et 500 euros en moyenne. Et ce qui correspond à peu près au montant de l'allocation de rentrée scolaire qui est versée aux familles modestes, qui a été versée hier.
Il faut noter que c'est une rentrée qui se fait dans un contexte qui n'est pas tout à fait anodin. On a vécu une année qui a pu être difficile pour le pouvoir d'achat, on le sait, avec l'augmentation du prix des carburants, avec l'inflation. Comment les parents, ils abordent cette rentrée ? Peut-être ceux avec qui vous avez discuté, les familles que vous avez pu rencontrer durant vos enquêtes, dont on va parler évidemment ce soir.
Hélène Ducourant. Avec Emmaüs, il est l'observateur des budgets contraints. On a fait une enquête sur les familles qui sont situées sous le seuil de pauvreté et donc qui ont reçu l'ARS. Et comment elles font les courses ? Dans un contexte de forte anxiété budgétaire. Est-ce que je vais réussir ? Et est-ce que plus tard, je réussirai encore pour voir aux besoins de mes enfants ? C'est un truc qui est souvent revenu dans la bouche des mamans. Et puis ensuite, une autre technique, ça consiste à essayer de ne pas dépenser et donc à récupérer, trier les intercalaires, les classeurs, etc.
Et puis enfin, il s'agit d'utiliser complètement l'ARS, l'allocation de rentrée scolaire pour les enfants, pour faire ces dépenses. Donc on n'est pas sûr qu'on pourra les faire plus tard, tellement le budget est contraint tout au long de l'année.
Donc il y a toute une organisation, un calcul, une charge mentale en fait, qui se met en place avant la rentrée pour gérer ce moment important pour le budget.
Oui, la consommation, pour certains, ça apparaît comme un moment de plaisir. Pour d'autres, c'est quand même un travail. Et je pense aussi aux femmes, aux mères qui sont souvent en charge de ce travail. Donc c'est un travail de consommation qui s'anticipe, faire les listes, recenser les besoins, négocier avec les enfants, comme vous le disiez. Et puis voilà, quand on a de l'argent, faire les stocks, prévoir pour la saison à venir et en même temps faire plaisir aux enfants.
Il y a quand même une bonne nouvelle cette année, elle nous vient de votre association et de l'enquête que vous avez menée. Selon cette enquête, le coût des fournitures recule d'environ 30 euros comparé à l'année dernière, c'est moins 14% pour le panier moyen d'un élève qui rentre en sixième. Comment on l'explique ? C'est presque un peu contre-intuitif vu tout ce qu'on vient de dire.
Oui, tout à fait, tout à fait. Mais nous avons plusieurs explications. D'une part, les baisses, elles sont significatives dans les hypermarchés et les supermarchés. Donc ces enseignes ont des centrales d'achat et ont donc un potentiel de négociation avec leur centrale d'achat qui est plus important que les magasins spécialisés. Donc qui permettent aussi d'abaisser les tarifs. Bref, nous avons noté également que selon les départements, le coût de la rentrée scolaire est différent. Donc selon que vous habitez le Val-d'Oise, vous paierez plus cher vos fournitures scolaires que si vous habitez la Meuse ou l'Aveyron, par exemple.
Évidemment, ce n'est pas les mêmes prix en fonction de si on habite à tel endroit, à tel endroit, en ville ou à la campagne, à Paris ou en région.
Il faut aussi le prendre en compte. Tout à fait, tout à fait. Et les enseignes, bien sûr, font marcher la concurrence. Donc dans des petites communes, vous n'avez pas forcément le nombre d'enseignes qui permettent d'assurer une concurrence que dans les grandes villes, les prix seront différents.
Globalement, il n'y a pas une forte inflation sur le prix des fournitures. Mais est-ce qu'on peut s'attendre quand même dans les mois à venir avec ce qui s'est passé cette année que justement ces prix augmentent ? Et je me tourne vers l'économiste qui est avec nous autour de cette table, Antoine Matt. Est-ce qu'il faut s'attendre peut-être à une augmentation des prix ?
Là, je vais dire peut-être des généralités sur l'inflation. L'inflation a légèrement repris depuis quelque temps. Les prévisions de l'INSEE prévoient également une certaine reprise, mais somme toute assez modérée. Le problème, c'est face à cette inflation, comment évoluent les revenus ? Or là, effectivement, c'est beaucoup plus compliqué. On le voit avec la remontée du chômage. On le voit aussi avec l'évolution des salaires qui est très inégale selon les personnes, mais qui globalement, les évolutions sont quand même plutôt mauvaises. Mais ça, c'est pour l'ensemble des ménages, mais a fortiori pour les ménages avec enfants qui font face à des contraintes particulières.
Allô, au standard où Francine nous attend. Bonsoir, Francine.
Oui, bonsoir. Voilà, donc moi, je vous appelle, je suis une grand-mère maintenant, mais j'ai été mère de famille de trois enfants. Il n'y a pas si longtemps que ça que j'en suis quand même sortie, finalement, parce que j'ai des enfants assez tard. Et ben voilà, moi, écoutez, les trois enfants, au mois de juin, on trie les trousses, on regardait tout ce qui était confortable, ce qui était abîmé ou pas. Et en fonction, alors, la première année de 6e, je me suis fait avoir, j'ai acheté les listes qu'on nous donnait au collège. J'ai rapidement arrêté parce qu'en fait, on s'aperçoit que ce n'est pas du tout ce que les progrès demandent.
Mais déjà, c'était le papa et moi qui décidons de ce qu'on achetait. Par contre, à chaque coupé, ils avaient droit à un petit objet. Alors, bon, l'agenda, l'agenda, on ne les coupe pas quand même. Ils avaient droit à un crayon ou à une chose de personnalité qu'ils voulaient. Mais ce n'était, j'ai mon fils et lui qui a fait sa 6e et il me l'a rappelé l'autre jour, je ne m'en rappelais plus. Et là, il a eu sa trousse du CP en terminale.
Donc, un peu de recyclage et un petit peu quand même d'affaires neuves pour que les enfants apprécient aussi ce moment, leur rentrée, qu'ils aient aussi un objet neuf. C'est ça que vous nous dites, Francine ?
Oui, ils avaient un stylo. Par exemple, il y a des modes sur lesquels on ne coupe pas. L'icepac, une fois la 6e, on n'y coupe pas. Mais ils ont eu un icepac de la 6e à la terminale. Donc, je pense que ça leur apprend le respect. Parce qu'en plus, ils faisaient du sport et de la musique. Donc, quand on a payé les licences, etc., c'est quand même beaucoup. Je trouve que ça leur apprend le respect. Ils faisaient attention à leurs affaires. De même que j'achetais quelques fois avant, que je trouvais des bonnes affaires au niveau des chaussures, parce que les chaussures, il faut les remplacer. Mais sur un habit ou sur quelque chose que je savais qu'elle allait leur faire plaisir, je l'achetais.
Et je leur donnais au moment de la rentrée. Mais ce n'était pas systématique, les rhabiller. Quand j'entends des sommes qui sont mises, j'ai été mère de trois enfants. Je peux vous assurer, je n'ai jamais mis des sommes folles. Et je pense qu'il faut faire attention. Il faut apprendre aux enfants que la vie, c'est cher, ça ne tombe pas du ciel. Et moi, ça ne leur a jamais posé de problème.
Merci Francine pour votre témoignage. On entend bien qu'il y a des stratégies qui sont mises en place de recyclage, tout en faisant attention évidemment au plaisir des enfants. Ça, c'est quelque chose aussi qui est important. On n'est pas uniquement dans une maîtrise de budget. Il y a aussi quand même une notion de plaisir, Chantal Thomas.
Oui, oui, tout à fait. Il faut savoir concilier les deux. Effectivement, c'est ce que l'on préconise pour nos familles. Eh bien, c'est comme vient de le dire l'auditrice précédente, de faire le tri des fournitures qui peuvent être réutilisées, de ne pas acheter forcément des articles premier prix qui ne dureront pas toute l'année ou qui seront mortes au bout de trois du trimestre. Donc, plutôt investir dans des produits de qualité, des produits recyclables aussi, parce qu'on fait attention au développement durable et à l'écologie. Donc, faire attention. Famille de France est agréée, donc santé. Donc, faites attention aussi à la composition des produits.
Certains articles comportent des substances qui sont cancérigènes et mauvaises pour la santé. Donc, faites attention lorsque vous achetez des produits qui viennent de Chine. Je ne veux pas citer d'enseigne. On applique aux fournitures ce qu'on applique pour le reste.
Absolument. Des choses qu'on consomme le reste de l'année, bien sûr.
Hélène Du Courant, vous voulez réagir ? Dans l'enquête qu'on a faite auprès des familles très populaires, on s'est rendu compte que c'était important pour les parents d'acheter une tenue de rentrée, de rhabiller les enfants des pieds à la tête et parfois de consacrer une somme importante pour des personnes qui ont des buts de vie contraints. Donc, on a vraiment creusé ce sujet. Il me semble que ce qui ressort, c'est que ces familles, elles ont vraiment à cœur que leurs enfants soient comme les autres, ni plus ni moins. On a une maman qui nous dit ça presque comme tout le monde, ni plus ni moins et je suis raisonnable.
Et ça passe par le fait d'acheter une tenue neuve, des baskets à la rentrée parce que c'est un moment où on a de l'argent à consacrer à ces enfants. Et donc, des personnes peut-être qui n'ont pas l'ARS ou qui sont dans d'autres contextes sociaux peut-être peuvent être surpris de cette avalanche de dépenses à ce moment précis. Mais c'est aussi parce qu'à d'autres moments, on sait qu'on n'aura pas l'argent pour les faire. Et du coup, c'est à ce moment-là qu'on fait cette grosse dépense qui peut apparaître trop importante pour certains.
On va en parler de cette allocation de rentrée scolaire qui a été versée, vous le disiez hier. Et évidemment, avec comme chaque année, il y a tout un tas d'idées reçues, de préjugés qui vont avec. Pourquoi c'est un sujet si inflammable, si polémique de l'utilisation de cette allocation de rentrée scolaire ? Chantal Demand.
Écoutez, il y a eu quelques années, lorsque c'était la Coupe du Monde, ça l'était également cette année, où on disait que dans les magasins, ils n'avaient jamais tant vendu de téléviseurs à écran plat au moment du versement de la location rentrée scolaire.
C'est le discours qui revient.
C'est le discours qui revient. Mais je veux dire, les familles, ça n'est pas une prime, j'allais dire, inutile. Loin de là, les familles les attendent. Ils en ont besoin de cette prime qui, je le rappelle, est versée en fonction du quotient familial, en fonction du revenu. Donc, cela exclut une certaine partie des familles, des familles françaises. Donc, il faut savoir ce que l'on veut faire en matière de politique familiale. Est-ce qu'on ne fait que d'une politique sociale ou est-ce qu'on fait également une politique familiale, surtout en cette période de dénatalité, de problèmes de démographie ? Je pense qu'il faut vraiment reprendre en totalité la politique familiale en France.
Et on va en reparler, évidemment. Donc, on a évidemment ces propos sur l'allocation de rentrée scolaire, sur la façon d'aller dépenser. Il y a des travaux, justement, que vous avez menés, Hélène Ducourant, sur la façon dont cette allocation de rentrée scolaire, l'ARS, est dépensée.
Tout d'abord, la consommation des ménages pauvres et populaires, elle est toujours critiquée. Que ce soit à Noël, que ce soit à la rentrée scolaire. Tout le monde a un avis. Et c'est difficile de s'imaginer les contraintes qui pèsent sur ces foyers quand on n'en fait pas partie. Et du coup, c'était l'idée de mener l'enquête avec Emmaüs sur comment on fait quand on n'a pas beaucoup d'argent toute l'année. Et qu'est-ce qu'on choisit de faire de cette grosse somme d'argent qui arrive à un moment. Alors, premier résultat, on l'a dit, c'est trier, ne pas dépenser. Un autre résultat, c'est acheter une tenue neuve et faire plaisir à ses enfants. C'est important.
En fait, la consommation, c'est aussi une forme de soin aux enfants. Il ne faut pas l'oublier. Et ce n'est pas que pour les familialisés, en fait. L'idée de manifester une attention à ses enfants en leur achetant des choses, en leur faisant plaisir, en tenant compte de leur goût. Ben voilà, c'est quelque chose qui se manifeste à cette occasion de la rentrée. Et puis, comme je le disais aussi, ce qu'on a vu, c'est la forte anxiété budgétaire. Est-ce que je vais réussir à l'avenir à faire face aux dépenses de mes enfants ? Et elle n'arrive pas avec les études supérieures, le fait de payer un logement éventuellement pour son étudiant. Elle arrive dès le collège, oh là là, la demi-pension.
Est-ce que je vais réussir à y faire face ? Enfin, des dépenses qui paraissent quotidiennes, anodines pour bien des familles, elles ne le sont pas partout. Et là, il reste, elle est versée à un quart des familles concernées. Donc, on parle bien quand même des plus modestes d'entre nous. C'est environ 3 millions de personnes, si je ne me trompe pas. 3 millions de familles. 3 millions de familles.
5 millions d'enfants. Tout à fait. On file au standard où Laurence nous a appelé de peau. Bonsoir, Laurence. Bonsoir. On vous écoute.
Ben écoutez, bonsoir à tous. D'abord, je voulais juste apporter un témoignage. Voilà, nous, on est à deux. Mon mari est prof. Moi, je suis travailleuse sociale. Voilà, la maison est payée, mais on a deux enfants au collège. Et vraiment, je me demande comment font au quotidien les gens qui sont au SMIC. On n'est pas, attention, on n'est pas des CSP+, on n'est pas tout ça, mais on a un budget quand même un peu plus important que le SMIC. Et déjà, c'est une angoisse. C'est très compliqué, je trouve. J'écoutais vos intervenants parler de justement être en capacité de ne pas acheter toujours que le minimum, que le premier prix, que des choses d'occasion, etc.
Et moi, vraiment, je tire mon chapeau à toutes les familles dont le quotidien... Enfin, je ne sais pas comment ils font. Pour moi, ça relève de la magie, vous voyez. Parce que c'est très compliqué d'y arriver. Il y a encore 5, 6 ans, 7 ans, on ne se posait pas de questions. Vous voyez, nous, quand on faisait des courses ou qu'on achetait des abis à nos enfants, qu'on faisait des sorties, qu'on leur payait leurs activités. Ce n'est plus le cas. Ce n'est plus le cas du tout. Et pourtant, on fait partie des gens plutôt privilégiés, je pense.
Merci, Laurence, pour votre témoignage. On entend bien, évidemment, cette interrogation sur la difficulté qu'ont certaines familles à pouvoir assumer ces dépenses. On va rester au standard où Astrid nous a appelées. Bonsoir. Bonsoir. Vous nous appelez de la Drôme, Astrid. Oui, tout à fait.
On vous écoute. Eh bien, en fait, j'entendais la dame intervenir, pas celle juste avant, mais une dame qui a fait des études sur les dépenses ou ça. Une de nos envies de ce soir, on vous écoute, oui. Voilà, c'est ça tout à fait. Et moi, je suis solo depuis bientôt 10 ans avec ma fille qui va avoir 11 ans prochainement. Et en fait, la rentrée scolaire, c'est toujours un truc où, entre calcul du budget, payer des activités extrascolaires, savoir qu'il y a des fournitures, et puis acheter effectivement des vêtements neufs parce que pendant un temps, tu peux récupérer des vêtements qui tournent entre les amis, tout ça, et la famille. Mais au bout d'un certain temps, ce n'est plus possible.
Je trouve que la prime de rentrée scolaire, elle est nécessaire, mais elle est loin d'être suffisante pour combler toutes ces dépenses qui sont énormes, en fait.
L'allocation de rentrée scolaire, on l'entend avec votre témoignage, Astrid, qui ne serait pas assez, en fait, pour pouvoir subvenir à toutes ces dépenses. Est-ce que, de manière générale, les politiques familiales, l'aide aux familles, dans laquelle rentre l'allocation scolaire, elles ont évolué dans le bon sens ces dernières années, Antoine Mat ?
Alors déjà, si on veut parler de l'allocation de rentrée scolaire, il faut savoir qu'elle avait été beaucoup revalorisée après sa création au milieu des années 70. Elle a été revalorisée une dernière fois de 25% en 2012, mais depuis, elle a subi une grosse perte de pouvoir d'achat avec l'ensemble des prestations familiales, parce que les revalorisations des prestations familiales ont subi des grignotages au cours du temps. Donc il y a eu sans doute une perte de pouvoir d'achat de 7 points depuis 2012. Donc il faut quand même le dire, par rapport à il y a quelques années, sans doute, l'allocation de rentrée scolaire permet de moins bien solvabiliser les ménages concernés.
Et puis plus généralement, c'est vrai que petit à petit, par des tas de mesures de rabotage, des tas de mesures d'économie, depuis 2014, l'effort moyen consacré par les politiques publiques à travers des prestations affectées, ce qu'on appelle les prestations affectées, c'est du type prestations familiales, bourse, allocation de rentrée scolaire, c'est-à-dire des prestations qui ne sont pas affectées à des dépenses, des prestations pour lesquelles les ménages peuvent arbitrer librement. Ça couvre leur budget d'une certaine manière. Eh bien, il y a eu un effritement assez important depuis donc une dizaine d'années.
Et donc effectivement, du coup, beaucoup de familles, alors sans doute de façon très inégale, mais beaucoup de familles ont de plus en plus de mal à boucler leur budget.
Et en particulier les familles monoparentales, puisque Astrid qui vient de nous appeler, disait qu'elle était maman seule, maman solo, c'est aussi une grosse part des familles qui ont besoin de ces aides et qui font part justement de difficultés pour la rentrée, Chantal Thomas.
Oui, oui, absolument. Absolument, les mamans solos sont, comment dire, dans des situations très difficiles, surtout lorsqu'elles sont chargées de famille de plusieurs enfants. Donc ça devient compliqué. Et ce qui nous inquiète à Familles de France, c'est le dernier rapport de l'IGAS et de l'Inspection Générale des Finances qui fait état de possibilités d'économies de plus de 4 milliards d'euros. Donc ce n'est pas rien.
Pour préciser, c'est donc un rapport, vous le disiez, de l'Inspection Générale des Finances, de l'Inspection Générale des Affaires Sociales. Conjointement, il y a plusieurs mesures pour, je cite, rendre plus efficaces les politiques familiales et il y a des mesures qui prévoient de, on va le dire, réduire le périmètre de certaines aides. Comment vous avez réagi en lisant peut-être ce rapport Antoine Mat ?
Déjà, il n'y a pas vraiment de vision. C'est une commande du pouvoir public, du gouvernement. C'est du rabotage un peu tous azimuts. Donc il n'y a absolument aucune vision, aucune logique, aucune cohérence, si ce n'est une logique d'économie budgétaire. Ça, c'est le point peut-être le plus négatif. Après, parmi la dizaine de mesures qui sont proposées, de rabots, de coups de rabots, eh bien on s'aperçoit qu'on essaye de prendre des mesures qui ne vont pas forcément susciter trop d'opposition. Et puis, parfois, par exemple, il y a pas mal de mesures qui vont toucher des ménages qui ont eu des enfants mais n'en ont plus.
Par exemple, il y a une proposition de revoir la majoration pour enfants, pour les familles qui ont eu trois enfants ou plus, de faire des économies sur ces dispositifs-là. Il y a aussi la proposition de supprimer des demi-parts de cautions familiales pour l'impôt sur le revenu, par exemple pour les personnes qui ont élevé seules leurs enfants, mais qui n'ont plus d'enfants. ou des personnes, y compris des personnes veuves, par exemple, etc.
Il faut préciser que c'est un rapport qui a été remis au gouvernement, mais qui ne reflète en rien la volonté du gouvernement. Aujourd'hui, on parle de mesures, mais c'est préconisé.
C'est un panel un peu fourre-tout de mesures dans lesquelles les inspecteurs généraux proposent des mesures au gouvernement dans lesquelles le gouvernement va peut-être piocher à la rentrée pour effectuer des économies.
On a ce rapport, on a une politique familiale, vous le disiez, qui est de moins en moins efficace d'année en année. Comment on réduit ce paradoxe ? Comment on explique le paradoxe entre ça d'un côté et le fait qu'on nous demande, je vais citer Emmanuel Macron, mais réarmer démographiquement la France puisque c'est les discours qu'on a eus avec la crise de la natalité. Comment on explique ce paradoxe, Chantal Thomas ?
Justement, nos familles de France, on n'explique pas ce paradoxe. Parce que ce que l'on constate, c'est que les familles ne peuvent pas être considérées comme une variable d'ajustement budgétaire. Comme vient de le dire monsieur, après dix années de réformes qui ont déjà réduit les prestations, donc augmenter certains restes à charge et transférer des dépenses vers la branche famille. Donc il est très difficile pour nous de pouvoir entendre ces propositions dans ce rapport.
19h42 sur Inter. On parle ensemble du coup de la rentrée scolaire. J'attends donc vos témoignages, vos réactions. 01-45-24-7000. On poursuit la discussion ce soir avec nos invités Chantal Thomas de l'association Familles de France, la sociologue Hélène Ducourant et l'économiste Antoine Mat. Nous avons aussi Jean Laurent qui nous appelle depuis le Var. Bonsoir.
Bonsoir France Inter. Merci pour la qualité de vos émissions. On vous écoute. Oui, alors ce n'est pas un plaidoyer contre la rentrée scolaire et tout ce que peut apporter l'État dans un renfort utile pour les enfants comme pour les familles. Mais je crois qu'aujourd'hui, en termes de consommation, de surconsommation, on pourrait peut-être recalibrer ce pour quoi on aide les familles et arrêter ce consumérisme aux affaires scolaires qui quelquefois d'une année sur l'autre sont jetées, ne sont pas forcément utiles à toute fin.
Et moi, je crois qu'aujourd'hui, s'il y a une aide à pourvoir à ces familles, à ces enfants, c'est peut-être les mettre dans une conditionnalité d'adaptation à nos climats à venir et peut-être à une sobriété heureuse, comme le disait Pierre Rabhi dans tous ses textes et ses préceptes.
Une sobriété aussi donc sur les fournitures scolaires. Est-ce qu'on demande trop aux familles de fournitures scolaires à chaque rentrée ? Parce que ça correspond à des listes qui sont envoyées par les établissements aussi souvent. Est-ce qu'il y en a trop ? Un matériel qu'on ne va utiliser qu'une seule fois ou qu'on n'utilisera pas de l'année ?
Écoutez, nous, dans nos enquêtes, cela fait 42 ans que nous conduisons ces enquêtes et nous reprenons les mêmes produits, même si nous avons ajouté la calculatrice. Et encore, ça remonte à 4 ans. Nous n'avons pas vu des dépenses pléthoriques de la part des familles. Donc maintenant, certes, lorsqu'il y a achat de fournitures, on recommande aux familles de faire attention dans leurs achats, de pouvoir peut-être acheter en lot pour pouvoir bénéficier de tarifs intéressants. Cette année, les fournitures ont été mises en magasin très tôt, dès fin juin, début juillet. Donc, ça a correspondu avec la période des soldes. Donc, des prix intéressants étaient proposés, des promotions, etc.
Donc, je ne pense pas qu'on puisse mettre cet argument en avant.
Est-ce qu'il y a tout de même des familles, peut-être Aline du Courant, vous vouliez réagir à ça, qui renoncent à certains achats, qui ne leur semblent pas forcément utiles tout de suite ?
Clairement, dans l'enquête auprès des familles pauvres, on a des familles qui attendent et qui appellent le collège pour vérifier que la calculatrice scientifique est vraiment nécessaire, ou bien qui propose à leurs enfants de faire patienter les profs carrément pour vérifier que les cahiers sont bien utiles, etc. Mais par ailleurs, je rappelle que toutes les familles ici le savent bien. En fait, la première chose, c'est réutiliser, réemployer. Et même quand je parlais du neuf à la rentrée, en fait, ça s'oppose à toutes les pratiques au long de l'année où il s'agit d'acheter de la seconde main de plus en plus, en brocante ou sur Internet.
Et ça, c'est vraiment des pratiques qui sont à la fois économiques et écologiques, je pense. Et en tout cas, elles sont vécues comme ça par les familles.
Je pense qu'il y a un petit peu mis en évidence également par cette étude, c'est le fait que pour certaines familles, toutes les familles n'ont pas la possibilité d'anticiper les achats en juin, juillet ou début août, quand il y a des stocks dans les magasins, quand il y a des prix d'appel intéressants. Effectivement, les familles les plus modestes attendent l'allocation de rentrée scolaire, donc attendent ce 18 août, ce 19 août, et à un moment donné où parfois, les prix sont repartis à la hausse, parfois dans des établissements dans lesquels il y a moins de choix.
Est-ce qu'il faut la verser plus tôt, l'allocation de rentrée scolaire ? Alors en tout cas, on pourrait proposer de consulter les familles, les assauts familiaux, les assauts de consommation, et c'est une revendication qui est apparue quelquefois chez les familles qui avaient l'impression de ne pas être mis à égalité dans un marché concurrentiel pour les fournitures et les vêtements.
Parce qu'arrivée en septembre ou fin août, il n'y a plus le stylo qui est au meilleur prix parce qu'il a déjà été acheté par les familles qui le pouvaient dans le cœur de l'été. Martine nous attend au standard, bonsoir. Oui, bonsoir. Je pose une question, peut-être qui n'est pas vraiment dans le débat,
c'est est-ce que la prime de rentrée scolaire existe
dans les autres pays européens ?
Alors c'est une question intéressante. Est-ce que ce genre de prestations, sur ce genre de prestations, la France est plutôt bonne élève par rapport à ses voisins ?
Je ne vais pas répondre spécifiquement là-dessus parce que je n'ai pas regardé avant de venir dans cette émission. Je pense que dans tous les pays, il y a des tas de prestations spécifiques pour des situations spécifiques, des dépenses spécifiques, des configurations familiales spécifiques. Donc je pense que sans doute, il y a des choses qui existent de façon équivalente dans d'autres pays. Également, je pense que dans certains pays, les fournitures scolaires sont fournies par l'éducation nationale. Rappelons que l'éducation doit être gratuite. Elle est obligatoire, mais elle doit être gratuite aussi.
Et donc, comme le montrent les enquêtes, la CNAF avait fait une enquête en 2023 pour voir quel était l'ensemble des dépenses liées à la scolarité et montrait bien qu'en moyenne, on atteignait des sommes comme 1300 euros par an, dont justement un tiers, à peu près 400, 450 euros, au moment de la rentrée scolaire. Et donc, pour certaines familles, pour certaines familles, ce n'est pas un problème de couvrir ces frais liés à la scolarité. Mais pour d'autres familles, ça peut être un problème. Et ça remet en cause le principe constitutionnel de gratuité de l'éducation.
Alors, est-ce qu'il faudrait mettre ça en place en France pour que toutes les familles démarrent la rentrée à égalité ? Est-ce que c'est souhaitable qu'on prévoie ce genre de dispositif de fourniture, d'un socle commun, de fourniture pour tout le monde ? Mais ça a existé.
Comme l'a dit le premier interlocuteur, le premier auditeur, On revient à ce qu'on disait au début tout à fait. Ça a existé. Et effectivement, cela permettait d'avoir une équité au niveau de tous les enfants qui rentraient au collège. Quelle que soit la composition de la famille, quels que soient les revenus de la famille, l'entrée en sixième était gratuite. Mais gratuite, vraiment.
Il y a aussi des coûts très différents en fonction de si notre enfant est en primaire, si l'enfant est au collège ou au lycée. Est-ce que plus un enfant grandit, plus il coûte cher ? Est-ce qu'on a des données là-dessus,
Hélène, du courant ? Peut-être que c'est le contraire. Non, plus un enfant grand... Alors, on passe la période de frais de garde, de petite enfance. Pour les tout-petits. Plus un enfant grandit, plus il coûte cher. Et c'est ce que je veux rappeler avec l'anxiété qui mine les parents. Donc ça, c'est avéré. Et une piste de... L'ARS, elle a été modulée il y a quelques années en fonction de l'âge des enfants, mais de façon extrêmement mineure puisqu'on est à 50 euros près. Il y a trois paliers. Et on n'est pas allé jusqu'au bout de la logique. Mais en effet, on sait que les grands coûtent cher. Et elles coûtent cher parce qu'il n'y a pas que les fournitures scolaires, en fait.
Il faut vraiment sortir ça de la tête des auditrices et des auditeurs. C'est que la rentrée, elle coûte cher parce qu'il y a d'autres dépenses. Il y a les vêtements, il y a les activités extrascolaires, etc. Et nous, dans l'étude, on a des familles dont les parents avouent que les enfants prennent sur eux de ne plus faire du sport en club ou que ça arrange les familles, que les enfants abandonnent le sport en club parce que c'est des dépenses pour les familles et c'est difficile à assumer.
Ça veut dire que les enfants intériorisent eux aussi ces arbitrages budgétaires. Ils se disent « Là, en fait, je ne peux pas demander ce cartable ou continuer à faire du tennis parce que ce n'est pas possible pour mes parents. »
En fait, les travaux de sociologie, c'est surtout américain, parce qu'il y a plus de sociologues qui ont travaillé sur la consommation des enfants pauvres. Ils nous disent quoi ? Ils nous disent « Les enfants, très tôt, ils intériorisent les contraintes budgétaires de leurs parents. » Ça, c'est une chose. Et la deuxième chose, c'est que les parents font tout pour minimiser les privations de leurs enfants au risque même d'oublier des besoins essentiels. Et c'est ce qu'on voit aussi quand on peut acheter des tenues de marque à ses enfants à la rentrée quand on n'a pas d'argent.
L'idée, c'est « Je préfère me priver pour qu'en tout cas, dans son groupe de père, en fait, il soit à l'aise, il soit intégré, il soit comme tout le monde. »
On parlait des dispositifs d'aide, justement, au niveau de l'État, au niveau des communes aussi. On va rejoindre Alain au Standard. Bonsoir.
Oui, bonsoir.
Vous nous appelez du Vaucluse d'une commune dont vous êtes le maire, si je ne me trompe pas.
Oui, Grandbois, dans le sud du Beron. Et c'est vrai que nous, avec le conseil municipal, nous avons décidé de miser sur les enfants et les familles, ce qui veut dire qu'en fait, on voit avec les enseignants, on donne toutes les fournitures scolaires et bien avant la rentrée et les parents sont heureux parce qu'ils galèrent moins aussi à aller dans les supermarchés, à aller chercher partout. Et en plus, on ne prend que du matériel de qualité. Ensuite, donc, on fait des repas très peu chers. Ils nous coûtent 18 euros, on les fait 2,50 euros. On fait également 6 heures de garderie pour 1,60 euros.
Justement, pour éviter de peser sur le pouvoir d'achat des familles parce qu'on estime que le choix de faire un enfant, c'est bon pour la société, donc nous, on aide tous les enfants indépendamment sans tenir compte de la condition économique ou sociale de la famille. On finance également la moitié du transport scolaire pour le collège et puis voilà, on essaie d'accompagner et si des familles ont des difficultés, le centre communal d'action sociale est à l'écoute et peut apporter également de l'aide. Et on en est très fiers et nos parents sont très heureux et les enfants de notre commune le sont également.
Merci Alain, maire sans étiquette de cette commune du Vaucluse, votre témoignage fait fortement réagir Chantal Thomas autour de la table.
Oui, bonsoir monsieur pour votre témoignage. Je voulais savoir, vous êtes maire d'une commune qui compte combien d'habitants s'il vous plaît ?
1300 habitants et je suis très familial. C'est pour ça que la politique à Grandbois elle est universelle.
Alors félicitations monsieur pour ces démarches et pour cette politique qui va dans le sens des familles. Un grand merci à vous.
Je l'en prie, merci.
Ça veut dire donc que c'est possible
et on n'est pas obligé justement d'attendre ça aussi de sa commune on peut s'organiser entre parents également parfois pour faire des achats groupés ça vous l'avez remarqué aussi Chantal Thomas.
Oui, ça existe des associations qui se réunissent et qui effectivement font des achats groupés et après les redistribuent aux familles. Donc ce sont des choses qui existent et qui se développent.
Donc on voit ces achats qui sont groupés qui expliquent aussi parfois peut-être parce qu'on parlait du recyclage qu'il y a un nombre d'achats de fournitures qui en baissent les ventes de fournitures baissent de 5% par rapport à la même période de l'année dernière ce qui me donne envie de vous poser la question Antoine Mat est-ce que quand on ne donne pas les moyens aux familles d'acheter les fournitures et de les consommer on ralentit quelque part une petite partie de l'économie est-ce que ça peut se voir comme ça en tout cas pour ce qui est du secteur des fournitures ?
Oui, sans doute dans ce secteur-là et plus généralement la consommation dès lors que les revenus sont très contraints et qu'il y a des incertitudes fortes qui pèsent sur les ménages forcément ça pèse sur la demande et la consommation donc je ne suis pas capable de vous répondre spécifiquement sur le secteur des fournitures scolaires ou des dépenses de rentrée scolaire
On parlait tout à l'heure du fait qu'il y avait une différence de coût pour les familles en fonction de l'âge des enfants en fonction de là où on habitait est-ce qu'il y a aussi une différence peut-être en fonction de si on a des filles ou des garçons est-ce que ça joue aussi dans les coûts de la rentrée ? Je ne sais pas si on a des données là-dessus mais est-ce que peut-être les adolescentes demandent des choses différentes des adolescents et peuvent peut-être coûter moins plus cher ? Elle a du courant ?
Il y a des dépenses qui sont importantes et qui reviennent pour toutes les familles c'est par exemple les baskets et dans nos familles au budget contraint c'est une dépense auxquelles les enfants tiennent filles et garçons avoir des baskets un peu dans les standards et voilà et après nous on voit en dehors des premières dépenses là spontanées que l'idée d'arrêter le sport en club c'est quand même un truc de filles et on sait que ça correspond à des tendances nationales des adolescentes qui ne poursuivent pas le sport et qui arrangent leur famille aussi alors je ne dis pas qu'elles le font toutes pour ça mais un moment où c'est plus difficile à l'adolescence faire ce choix de l'abandon qui arrange les familles c'est quand même pas anodin je trouve
d'où cette importance on le redit de cette allocation de rentrée scolaire est-ce qu'on peut rappeler les âges que ça concerne quand même à partir de quel âge ça commence à partir de quel âge ça termine
ça va de l'âge de 6 ans à l'âge de 18 ans et ça s'arrête à l'âge de 18 ans d'ailleurs ce qui est un problème notamment pour les lycéens qui ont redoublé et on en trouve beaucoup par exemple qui suivent des études de bac technologique ou bac professionnel de milieux défavorisés et qui vont à la rentrée donc qui ne peuvent plus bénéficier de l'allocation de l'argent scolaire mais qui ne peuvent pas encore bénéficier d'éventuelles bourses et donc ça peut peser sur les ménages et d'ailleurs un peu pour rebondir également sur la question vous me demandiez quelles sont les différences de coût de rentrée ou du coup de frais scolaires pour les familles et bien également parmi les lycéens il y a des grosses différences parce qu'effectivement notamment dans les lycées professionnels les lycéens sont amenés à faire davantage de stages beaucoup de stages dans des milieux professionnels pour lesquels il faut des tenues adéquates il faut parfois du matériel adéquat qui doit être fourni par l'élève etc et donc c'est vraiment ces lycéens font face à vraiment des coûts supplémentaires qui ne sont pas du tout pris en compte par l'éducation nationale et plus généralement par les politiques publiques
et oui puisque la location de rentrée scolaire s'arrête à 18 ans est-ce qu'il faudrait la prolonger prévoir un dispositif qui prenne le relais Hélène Ducourant ?
je pense en effet qu'il faudrait bien aller jusqu'aux 18 ans une autre piste d'évolution c'est en fait le plafond de ressources pour y accéder il est vraiment lié au nombre d'enfants et ce qu'il faudrait aussi c'est peut-être accorder une attention supplémentaire à la composition est-ce que c'est une famille monoparentale ou pas parce qu'on sait que les dépenses contraintes elles sont bien plus importantes quand on n'a qu'un seul salaire on a besoin presque de la même taille de l'appartement si on a deux fois moins de revenus on ne peut pas avoir un appart qui coûte deux fois moins cher donc est-ce que ça pourrait il ne pourrait pas y avoir une modulation en fonction de la situation de monoparentalité ou pas il y a d'autres perspectives qui ont été apportées dans le plaidoyer du rapport qu'on citait qui a été fait par l'observatoire des budgets contraints et le réseau des associations SOS Familles qui donne des conseils partout en France et des avances aux familles qui viennent solliciter le réseau Emmaüs
je vous soumets c'est quelques témoignages qui nous arrivent par l'appli Radio France et par Whatsapp côté bon plan Camille qui nous parle d'un cartable acheté à sa fille en octobre de son année de grande section il était soldé à moitié prix et elle a eu son cartable d'une marque justement qu'elle souhaitait comme tout le monde en arrivant au CP on parlait justement de ces familles qui repoussent ces achats ou qui les font à des moments de l'année qui sont très différents de la rentrée ça peut être aussi une solution pour gérer ces budgets de rentrée merci beaucoup d'avoir été avec nous autour de la table merci à nos auditeurs d'avoir appelé en nombre pour témoigner Chantal Thomas de l'association Famille de France Hélène Ducourant sociologue de l'économie Antoine Mat économiste merci beaucoup à toute l'équipe du téléphone Benjamin Ducy Mathias Dubois Baptiste Piquet à la technique ce soir Mélissa Etrois et Thomas Allard et merci à Emma et Oscar au standard cette émission est à réécouter quand vous le souhaitez sur l'appli Radio France votre soirée se poursuit sur France Inter avec à venir un nouvel épisode donc d'Espion une histoire vraie nous parlions donc des coûts de la rentrée scolaire de l'allocation de rentrée scolaire est-ce qu'il faut l'étendre est-ce qu'il faut la généraliser est-ce qu'il faut la verser plus tôt justement dans l'année pour aider les familles à gérer leur budget de rentrée vous pourrez réécouter les réponses de nos invités après cette émission également les témoignages de nos auditeurs justement qui étaient nombreux à nous donner leur bon plan à nous donner leur solution également qui étaient de simples habitants ou alors maires de communes pour nous donner leur avis également sur les politiques publiques françaises en matière d'aide aux familles merci encore à tous d'avoir participé à cette édition du Telephone Sound ce soir vous retrouvez Stéphanie Duncan dans un instant mais d'abord la question des petits bateaux d'avoir regardé cette édition