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interviewEurope1fr· 16 juillet 2026 5 min

«Pas de polémique à l’époque» : Emmanuel Macron se défend des critiques sur la pénurie de Canadair

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vincent Roy, Elliot Mamman, je vous propose de passer désormais à un autre sujet. Emmanuel Macron a répondu aux critiques sur les Canadaires. Vous savez que notre territoire est ravagé par les incendies. Et c'est vrai que tous les partis, évidemment, critiquent bien sûr notre flotte, la gestion de notre flotte et tout ce qui s'est passé depuis 2017. Parce qu'on se rend compte que dans beaucoup d'incendies, la France est quand même dépassée. Emmanuel Macron a répondu précisément à ses critiques. Il assure avoir relancé la production depuis 2017. Il était tout à l'heure à Fontainebleau. Je vous propose de l'écouter.

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Invité

Tout le pays peut être touché par ses feux. Et donc on a beaucoup réinvesti ces dernières années. Je me félicite que le ministre de l'Intérieur, dès juillet 2017, juillet 2017, ait recommandé 6 Dash 8. Les Dash qu'on utilise là, en 2017, on n'avait pas commandé depuis 10 ans des Dash. 6 ont été commandés en 2017. Les premiers sont arrivés en 2019. Puis on a continué le réinvestissement capacitaire à se doter de Dash. En 2017, on ne produisait plus de Canadair. Il n'y avait pas de polémique à l'époque pour savoir si c'était 2, 4 ou 6. On en produisait 0.

1:00
Présentateur

Bon, Eliott Maman, Emmanuel Macron affirme avoir relancé la production depuis 10 ans. Le RN et LFI pointent une annulation de commande de deux appareils en 2024. Qui dit vrai ?

1:11
Invité

Alors, relancer la production depuis 10 ans par Emmanuel Macron, ce n'est pas entièrement vrai. dans le sens où on a reçu récemment, enfin, on a passé commande récemment de deux avions qui, en effet, auraient une production européenne, seraient fournis d'ailleurs par des fonds européens. Ce qui, ça, est une véritable nouveauté. Mais ce n'était pas il y a 10 ans. Il y a 10 ans, ce qui est vrai, c'est qu'on a passé commande de nouveaux Canadair. Et on n'a pas véritablement relancé cette production parce que Canadair, comme le nom l'indique, on a donc passé commande à des constructeurs qui sont au Canada. Donc, on n'a pas nous-mêmes fait la chose. Et pourquoi est-ce qu'il y a un tel retard ?

C'est tout simplement parce que l'entreprise Bombardier qui produisait les Canadair jusqu'en 2016, me semble-t-il, s'est rendu compte que ça faisait 10, 15 ans qu'il n'avait eu aucune commande de personne, d'aucun État dans le monde. Et donc, ils se sont dit, en fait, nos chaînes de production ne sont plus viables. On va vendre la licence de production à une nouvelle entreprise. On a entendu d'ailleurs, donc, c'est Daha Veland. Et puis, Emmanuel Macron a prononcé dans l'extrait que vous venez de diffuser ce nom-là. Donc, c'est pour ça qu'il l'a fait. Et donc, cette entreprise Bombardier a vendu sa licence pour produire les Canadair.

Mais ensuite, la nouvelle entreprise qui détient cette licence, qui est elle aussi au Canada, doit reconstruire toute la logistique pour commencer à, précisément, être en capacité de produire ses avions. Et c'est évidemment extrêmement compliqué. Et donc, c'est pour ça qu'en définitive, on se retrouve avec des temps d'attente qui explosent. Ça raconte un peu notre désindustrialisation. Et par rapport à la question des deux Canadair qui avaient été annulés, en effet, dans une réforme budgétaire il y a deux ou trois ans, en 2024.

2:41
Présentateur

Quatre devaient être commandés. Finalement, on n'en a commandé que deux.

2:43
Invité

Exactement. Finalement, ça met en exergue la tension entre un principe de précaution dont on se satisfait souvent en France et le besoin du politique d'anticiper, d'organiser. Parce que, principe de précaution, on peut se dire, en effet, il nous faut plus de Canadair, on sait que les feux de forêt sont potentiellement amenés à se multiplier. Donc, commandons, commandons, commandons. Mais ensuite, on a aussi une injonction contradictoire parce qu'on dit tout le temps, il faut faire attention à nos dépenses publiques. On n'a plus la capacité. Non, mais c'est quand même aussi... Pour ce qui est de nos dépenses publiques, cher ami, un Canadair coûte 50 millions d'euros.

On envoie à tout va de l'argent en Ukraine. Quand on veut trouver de l'argent, on en trouve. On en trouve. Bon, donc, encore une fois, c'est un choix qui a été opéré. Deuxième chose, les 12 Canadair que nous avons sont dans un état relativement pitoyable. Ce n'est pas moi qui le dis. C'est le chef de la Noria des Canadair, d'ailleurs, qui a piloté l'un des Canadair pour le feu à Fontainebleau. Le même chef de la Noria, qui était en direct sur CNews, explique aussi qu'on n'arrive pas à trouver des pièces détachées de ces Canadair pour tout un tas de raisons. Notamment parce que les stocks de pièces détachées sont taxés en France. Et donc, il y a beaucoup de problèmes.

Mais que, voilà, notre flotte est dans un piteux état parce que ces avions ont 30 ans. Alors, voilà, il faut les rénover, il faut retravailler. Et il dit lui-même qu'on n'a pas assez de Canadair. Ils ont été commandés trop tard. Ils vont arriver en 2028, 29 ou 32 pour le dernier. Donc, il y a des problèmes. Pas tant rien n'a été fait depuis qu'Emmanuel Macron avait pris la parole. Quand il dit qu'on a tout fait, là, aujourd'hui, on l'écoute. Finalement, ce qui se passe est tout à fait normal. Non, ce n'est pas normal. Nos Canadair ont 30 ans. Voilà, on n'a rien fait pour eux. Puis c'est tout. Donc, encore une fois, Emmanuel Macron essaie de se défendre comme il peut.

Mais c'est n'importe quoi.