1er-Mai, violences dans les manifestations, rencontre avec Élisabeth Borne... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Laurent Berger
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteRéponse directe
Il y avait eu 2009 avec la crise de la dette mais en fait c'était en 36 la dernière fois que le mot d'ordre était social. Vous espérez un des plus gros 1er mai de ces 30 dernières années mais le but c'est quoi ?
- 2:04FerméeRéponse partielle
De faire reculer Emmanuel Macron sur la réforme des retraites, ça reste le but principal ?
- 3:44OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez que la fête soit gâchée aujourd'hui ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Vous faites confiance aux forces de l'ordre pour sécuriser les événements et pour que la fête ne soit pas gâchée par ces dingues.
- 5:55RelanceRéponse directe
Drones qui ont été autorisés mais avec un... Le déploiement de drones là-dessus, par exemple, sur des manifestations, ça aide à sécuriser pour vous ces cartes ?
- 7:33RelanceRéponse directe
Vous dites, attention, là, on a créé des outils quand on a créé des lois pour lutter contre le terrorisme qui pourraient être utilisés à mauvaise estion par d'autres à l'avenir, d'autres gouvernements.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:21InvitéChiffre
« Oui, on peut espérer ce chiffre. »
- 1:23InvitéFait
« Vous savez que les chiffres seront toujours soumis à caution. »
- 2:19InvitéFait
« Il l'a promulguée. »
- 2:21InvitéFait
« dont 3 dates ont été les plus grosses journées de mobilisation depuis le début des années 80. »
- 2:29InvitéFait
« Il y a la décision du Conseil constitutionnel, le 3, dans deux jours. »
- 2:55InvitéFait
« c'est cette PPL qui est déposée par le groupe Liotte, dans sa niche parlementaire, le 8 juin, où il propose d'abroger ce texte de loi. »
- 3:30InvitéChiffre
« 12 000 policiers et gendarmes mobilisés, dont 5 000 à Paris »
- 3:33InvitéFait
« en raison notamment d'individus jugés à risque dans les cortèges estimés entre 1 000 et 2 000 personnes. »
- 5:27InvitéFait
« Je leur fais confiance. »
- 8:07InvitéFait
« Oui, bien sûr, je pense au RN »
- 18:10InvitéChiffre
« Le SMIC, le salaire minimum revalorisé de 2,2% à partir d'aujourd'hui, soit 30 euros net par mois de plus »
- 18:23InvitéChiffre
« 12 000 policiers et gendarmes mobilisés en France pour ce 1er mai »
- 23:00InvitéChiffre
« 3000 milliards de dette »
- 23:04InvitéChiffre
« le gain 116% du PIB »
Temps de parole
- Invité75 %
- Présentateur9 %
- Invité 29 %
- Invité 36 %
≈ 4,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Laurent Berger, 1er mai aujourd'hui qui doit marquer en quelque sorte l'histoire syndicale puisque ça fait 87 ans que l'intersyndicale n'a pas défilé de façon unie derrière un mot d'ordre social. Il y avait eu 2009 avec la crise de la dette mais en fait c'était en 36 la dernière fois que le mot d'ordre était social. Vous espérez un des plus gros 1er mai de ces 30 dernières années mais le but c'est quoi ? De faire reculer Emmanuel Macron sur la réforme des retraites, ça reste le but principal ?
Oui mais le 1er mai c'est d'abord la fête des travailleurs et des travailleuses et c'est toujours un moment où de façon plus ou moins symbolique, plus ou moins massive, on se réunit pour faire valoir le besoin de reconnaissance, de considération, de respect du monde du travail. Cette année ça ne pouvait pas mieux tomber. On vient de vivre une réforme des retraites, on a vécu 3 mois de mouvement social qui est le plus puissant de ces 40 dernières années, une forme de surdité de la part du gouvernement sur la question des retraites mais aussi sur la question du travail qui est très liée à la question des retraites.
Et donc on a décidé de faire un 1er mai qui est historique parce que toutes les organisations syndicales sont présentes derrière un mode d'ordre social qui est non aux 64 ans mais qui est également aussi pour une reconnaissance du monde du travail en termes de salaire, de conditions de travail, etc. Donc on pense qu'on va faire un très très gros 1er mai. C'est-à-dire plus d'un million de personnes, un million et demi de personnes ? Oui, on peut espérer ce chiffre. Vous savez que les chiffres seront toujours soumis à caution. Mais ce qui est sûr c'est qu'il y a 300 points de rassemblement. Que le 1er mai c'est un jour, le jour le plus chômé. Il y a des gens qui travaillent et je les salue.
Les gens qui sont dans les services de santé, qui sont dans la sécurité, etc. A la radio aussi. Mais il y a très peu de gens qui travaillent quand même. C'est un des jours où il y a le moins de gens qui travaillent. Il y a 300 points de rassemblement. Toute personne qui, pour des raisons X ou Y, n'aurait pas pu participer aux 12 premières manifestations, peut le faire aujourd'hui. Peut le faire en proximité. Même s'il n'est pas à côté de chez lui. Il y aura une initiative, un rassemblement, une manifestation à côté de chez lui. Et donc moi j'appelle à l'heure qu'il est, ce qui est encore temps, tous les citoyens et tous les travailleurs et travailleuses à participer à 1er mai.
Je pense que ce sera massif. Et pourtant vous ne croyez pas au retrait de la réforme ? Je ne crois pas que ce soir... Moi je n'aime pas mentir aux salariés. Je ne crois pas que ce soir le président de la République va prendre la parole pour dire « Écoutez, vu qu'il y a un très gros 1er mai, on va retirer la réforme. » Il l'a promulguée. Il l'a promulguée après 12 journées de mobilisation, dont 3 dates ont été les plus grosses journées de mobilisation depuis le début des années 80.
Donc là-dessus c'est terminé. Il ne reviendra pas dessus pour vous ?
Il y a deux rendez-vous sur la réforme de la retraite qui arrivent. Il y a la décision du Conseil constitutionnel, le 3, dans deux jours. Sur le référendum d'initiative partagée pour qu'il y ait une consultation citoyenne. Je souhaite, j'espère, que le Conseil constitutionnel y réponde positivement. Si c'est le cas, on rentre dans une nouvelle phase. Il faudra que le gouvernement, le président de la République, mette pause sur la question des retraites. Ce ne serait plus le malin pour aller sur cette consultation citoyenne. C'est une hypothèse.
Il y a un deuxième rendez-vous, c'est cette PPL qui est déposée par le groupe Liotte, dans sa niche parlementaire, le 8 juin, où il propose d'abroger ce texte de loi. Donc vous voyez bien qu'il y a deux hypothèses encore pour que ces 64 ans ne s'appliquent pas, ce qui est mon seul objectif, ne s'appliquent pas pour les travailleurs et travailleuses concernés. Mais croire que le gouvernement le reculerait aujourd'hui, ou le président de la République reculerait après l'avoir promulgué, oui, sauf à faire passer pour un naïf, je n'y crois pas aujourd'hui. Laurent Berger, 1er mai historique.
12 000 policiers et gendarmes mobilisés, dont 5 000 à Paris, en raison notamment d'individus jugés à risque dans les cortèges estimés entre 1 000 et 2 000 personnes. Les policiers se préparent à affronter, disent-ils, une journée très dure, avec des manifestants à l'esprit vengeurs. Est-ce que vous craignez que la fête soit gâchée aujourd'hui ? Non, mais il faut distinguer deux choses dans les manifestations. D'abord, il faut distinguer les manifestations qui sont à risque dans quelques villes, malheureusement, je vais y revenir, et celles qui veulent se dérouler le plus pacifiquement du monde.
J'ai parlé de 300 points de rassemblement dans l'immense majorité des points de rassemblement et de manifestation. Il va y avoir des manifestations le plus populaire et le plus convivial et le plus familial et calme possible. Et c'est le cas quand même depuis le début. Et puis, il y a malheureusement quelques dingues qui viennent pour casser. Il faut les distinguer des manifestants. Ce ne sont pas les manifestants qui seraient vengeurs. Pour vous, ce ne sont pas des manifestants radicaux ? C'est des gens radicalisés.
Mais vous savez, pour l'avoir vu depuis 12 manifestations, déjà, qui en veulent parfois autant aux syndicalistes et à leur service d'ordre, qu'aux journalistes, qu'aux policiers. Des gens qui sont dans des logiques nihilistes, de casser, etc. Qui ont la possibilité de gâcher la faite. Oui, c'est toujours une crainte qu'on a et c'est toujours un risque qui existe, évidemment. Et ça, j'invite vraiment à ce soir ne pas polariser simplement sur des problèmes qu'il pourrait y avoir, même s'il ne faudra pas les nier, c'est l'information.
Mais je crois qu'il faut d'abord dire que l'immense majorité des travailleurs et travailleuses qui veulent se mobiliser, des syndicalistes ou des non-syndicalistes qui vont se mobiliser, ils le font parce qu'ils sont en colère sur la question sociale, mais ils vont le faire pacifiquement.
Vous faites confiance aux forces de l'ordre pour sécuriser les événements et pour que la fête ne soit pas gâchée par ces dingues. Là, je vous cite.
Oui, je crois. On les a vus évoluer depuis 12 manifestations. Je crois qu'ils n'ont pas grand-chose à voir avec les mots d'ordre aux syndicaux qui sont les nôtres. Et les forces de l'ordre, vous leur faites confiance ? Je leur fais confiance. Il y a eu dans les 12 manifestations des moments plus ou moins compliqués. En tout cas, oui, je pense qu'il faut un maintien de l'ordre et qu'il ne faut pas s'en prendre évidemment aux manifestants qui viennent dans un cadre pacifique, exprimer dans un point de vue, dans une démonstration démocratique leur opposition à une réforme mais aussi leurs aspirations pour le monde du travail.
Mais que ceux qui essayent de casser soient encadrés d'une certaine manière, oui, je le souhaite. Le déploiement de drones là-dessus, par exemple, sur des manifestations, ça aide à sécuriser pour vous ces cartes ? C'est toujours pareil. Quel est l'objectif recherché ? Si ça aide à sécuriser et à avoir les groupes radicaux, franchement, vous ne me trouverez pas à m'insurger contre ça.
Drones qui ont été, je le précise, autorisés mais avec un...
Sur la question des libertés publiques, il faut être extrêmement vigilant. La liberté, c'est d'abord la liberté de manifester pacifiquement. Dans un certain nombre d'endroits, les éléments radicaux nous empêchent de le faire. Et ça, c'est normal qu'on essaye de faire en sorte qu'ils ne puissent pas le faire. Mais vous savez, la liberté publique, c'est aussi sur quel levier on agit pour prendre telle ou telle décision. Quelle est votre crainte pour être plus clair ?
Pour être très clair, on a eu une période, et j'espère qu'elle est derrière nous, même si on sait que malheureusement, ça peut toujours revenir, une période terroriste où on a fait des doigts pour essayer d'avoir une lutte contre le terrorisme. Il ne faut pas que ces instruments-là servent à empêcher des démonstrations démocratiques telle que les manifestations. Non, je ne parle pas des drones. Les drones, je vous ai répondu. Je parle de ce qui a été utilisé parfois pour empêcher... Oui, les arrêtés préfectoraux pour empêcher des rassemblements. Je crois que ça, il faut distinguer les choses.
Mais encore une fois, sur les violences, d'abord, c'est dans quelques rassemblements, dans quelques villes, malheureusement, que ce n'est pas dans les cortèges syndicaux. Les gens, y compris à Paris, peuvent venir dans le cortège CFDT, ils verront que c'est convivial et festif et que ce n'est pas là que se déroulent les violences. Et encore une fois, moi, je condamne toute forme de violence contre les biens et les personnes sans ambiguïté.
Vous dites, attention, là, on a créé des outils quand on a créé des lois pour lutter contre le terrorisme qui pourraient être utilisées à mauvaise estion par d'autres à l'avenir, d'autres gouvernements.
Oui, on s'en était d'ailleurs émus à ces périodes-là, en disant, OK, il y a un besoin spécifique à un moment donné pour lutter contre un phénomène très très dur qui était les attaques terroristes. Il ne faut pas que ça puisse se perdurer dans le droit commun et que ça puisse être utilisé. Imaginons l'arrivée d'un régime... Vous pensez au RN quand vous dites ça ? Oui, bien sûr, je pense au RN qui utiliserait ce type d'instrument pour annihiler toute contestation sociale, par exemple, ou contestation citoyenne.
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT qui va aujourd'hui participer à son dernier premier mai à la tête du syndicat CFDT, invité du 8h30. Vous restez avec nous. 8h41, c'est l'heure du Fil Info avec Valentine Le Tess.
Les retours de week-end du 1er mai s'annoncent compliqués dans les grands aéroports français. 25 à 33% des vols sont supprimés aujourd'hui à cause de cette nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Les autorités redoutent d'ailleurs des débordements. 12 000 policiers et gendarmes sont donc mobilisés dans toute la France, tout comme des drones, mais plusieurs recours contre leur utilisation ont été déposés devant la justice. La Suisse prend la présidence du conseil de sécurité de l'ONU, pilotée depuis un mois par la Russie. Le symbole est fort pour ce pays neutre, attendu au tournant par les occidentaux sur le dossier ukrainien.
L'un des plus anciens trois mois d'Europe, le Bélème, débarquera la flamme olympique le 8 mai sur le Vieux-Port de Marseille. Le maire Benoît Payan annonce pour l'occasion une grande fête dans la ville. France Info
Le 8.30 France Info, Néhile à la trousse, Laurin Sénéchal.
Toujours avec Laurent Berger, secrétaire générale de la CFDT, il y a le 1er mai, il y a ce qui se passe après le 1er mai. Vous avez évoqué deux échéances, le conseil constitutionnel qui doit se prononcer sur le référendum d'initiative partagée, et puis une proposition de loi qui arrive en juin à l'Assemblée nationale pour revenir aux 62 ans et entre-temps, il se passe quoi ? Il n'y a plus de manifestation ? On va le décider ensemble demain dans une intersyndicale qu'on aura demain matin. Entre-temps, il faut... Vous savez, il y a deux points de vue. Il y a le point de vue sur les 64 ans. Moi, je pense que dans 10 ans, vous pouvez me réinviter.
Je vous dirais que les 64 ans, c'est la plus mauvaise des mesures, la plus injuste, la plus brutale qu'il ne fallait pas prendre. On contestera toujours et il y a les décrets qui vont arriver et on va se pencher sur les décrets, on va les analyser et les contester s'ils nous paraissent... Y compris en justice ? Vous voulez dire ? Tout est possible, y compris devant le Conseil d'État s'il y avait besoin. Donc on va continuer de dire, d'affirmer et d'agir par tous les leviers qui sont les nôtres contre les 64 ans. Et puis il y a l'autre élément qui est que cette loi elle est promulguée, on ne peut pas mentir aux salariés.
Vous savez, si la CFDT a été aussi présente dans les cortèges, ce qui a beaucoup impressionné la taille des cortèges CFDT, c'est parce qu'on avait beaucoup de travailleurs et de travailleuses qu'on a qualifié de deuxième ligne. Vous savez que la CFDT est particulièrement cette organisation de salariés, de la restauration, de l'agroalimentaire, du nettoyage, de la propreté, de la sécurité privée, de la métallurgie, etc. Des travaux publics, des bâtiments. Et faire croire qu'une manifestation toutes les semaines leur permettrait de faire reculer le gouvernement, c'est leur mentir.
Et justement, ceux qui disent qu'il faut aller plus loin, il faut couper l'électricité, empêcher Roland-Garros, c'est empêcher le festival de Cannes, empêcher le festival d'Avignon. C'est un autre sujet. Moi, je vais vous le dire, sur les événements sportifs et culturels, sur les événements sportifs et culturels, la CFDT, elle n'est pas pour les empêcher de se dérouler normalement. Je vais être très clair. Il y a aussi eu des appels sur les Jeux Olympiques l'année prochaine, etc. Non, je vais être très clair. Et on l'a vu d'ailleurs samedi dans la finale de la Coupe de France, de football.
Les citoyens, à un moment donné, ils ont aussi envie d'aller au stade, ils ont aussi envie dans les événements culturels et que ça se déroule parce que ça fait partie aussi de la vie.
Donc là, vous le dites à l'adresse de la CGT. Non, je le dis à l'adresse de personne.
Attention, les gens ont aussi besoin de souffler. Non, je ne dis pas que les gens ont besoin de souffler. Je dis que la CFDT, elle n'est pas favorable à des coupures d'électricité. Est-ce que vous avez reçu l'invitation d'Elisabeth Borne qui veut vous recevoir un matin ? Non, vous êtes nombreux à nous en parler. Mais on n'a pas d'invitation pour l'instant à aller rencontrer la Première ministre. On a compris dans son intervention que ce serait le cas. Et donc, la question aussi qui est posée, c'est faut-il y aller ou pas ? Un vrai sujet. Est-ce que vous prenez la décision seule ou en intersyndicale ? Vous savez, l'intersyndicale, c'est cette particularité.
Il y a deux choses sur lesquelles l'intersyndicale a bien fonctionné et continuera de bien fonctionner. C'est d'être très clair sur un mot d'ordre commun. C'était non 64 ans et très clair sur le fait que sur ce mot d'ordre commun, on décide ensemble les modalités d'action. La CFD n'ira pas seule contre l'intersyndicale, discuter avec... La CFD, et j'allais poursuivre ma phrase, ça veut dire que quand on est sur un mot d'ordre commun, sur les autres points, on n'a pas créé une seule organisation syndicale. On est d'accord. Sur les autres points, on voulait dire l'emploi des seniors ?
Non, sur le fait que quand on est un syndicaliste, même si ça ne nous fait pas marrer d'aller voir notre patron tous les matins ou régulièrement pour aller défendre les collègues, eh bien, on y va quand même. Et que moi, sur la question de l'organisation du travail, sur la question des salaires, il faudra qu'on mette le patronat devant ses responsabilités, mais qu'on mette aussi le gouvernement devant ses responsabilités. Donc vous irez seul s'il le faut ?
Il n'y a pas de décision collective, enfin, on ne va pas toutes les décisions de chacune des organisations syndicales, et on le voit d'ailleurs sur un certain nombre d'entre elles qui ont décidé entre la dernière mobilisation et le 1er mai d'avoir un certain nombre d'initiatives, on ne va pas tout décider ensemble.
La CGT dit qu'on va en discuter demain à l'inter-syndicale.
On va en discuter à l'inter-syndicale, et moi, je vous dis que la CFDT, dans les semaines à venir, elle ira dire au gouvernement deux choses. Un, vous n'allez pas pouvoir mener des concertations dans le même esprit que vous les mener depuis maintenant trop longtemps, c'est-à-dire, en gros, on vous présente ce qu'on va faire et à la fin, on amende de 2-3 points et on fait quand même ce qu'on avait décidé de faire sans vous écouter, sans écouter vos propositions, exactement ce qui s'est passé sur la retraite.
Deux, est-ce que vous êtes prêts à mettre sur la table la négociation obligatoire dans les entreprises de l'organisation du travail, les augmentations de salaire dans les branches professionnelles conditionnées au versement ou non des aides publiques aux entreprises ? Est-ce que vous êtes prêts à mettre sur la table la question de revenir sur les ordonnances travail qui ont réduit le droit syndical dans les entreprises et redonner des moyens aux représentants de proximité ou aux commissions syndicales du travail ? Vous avez des choses à dire à la première ministre. Vous savez, il y a un mécontentement et une colère dans le monde du travail aujourd'hui.
Ce mécontentement et cette colère, il faut s'en servir pour dire au gouvernement écoutez, tout va coûter excusez-moi le terme un peu mais tout va coûter plus cher. Qu'est-ce que ça veut dire coûter plus cher ? Ça veut dire qu'il va falloir que vous soyez à la hauteur. Si vous voulez qu'on discute, il va falloir que vous soyez à la hauteur sur la méthode. C'est quoi la méthode de concertation et discussion et de co-construction ou non que vous voulez ? Si c'est juste pour nous inviter et nous dire ce que vous allez faire, ce n'est pas la peine.
Et si vous voulez qu'on aille discuter, il va falloir mettre sur la table un certain nombre de points sur la question de l'organisation du travail, c'est fondamental. On va revenir sur le fond. Juste, est-ce que vous avez les bons interlocuteurs pour ces préalables-là ? Elisabeth Borne, Olivier Dussopt ? Un représentant du personnel, il y a une particularité dans une entreprise. Ce qui ne choisit pas, c'est l'interlocuteur. Moi, quand j'étais délégué du personnel, je ne choisissais pas mon directeur. Et là, moi, je suis responsable d'une organisation syndicale nationale. Je ne choisis pas mes interlocuteurs. Mais le lien de confiance, il est abîmé ou pas ?
Le ministre du Travail, c'est toujours M. Dussopt, la première ministre, c'est Mme Borne. Mais le lien de confiance est toujours là ? Je ne vous ai pas parlé de confiance pour l'instant. Je vous ai parlé d'exigence. La confiance, elle est largement écornée. Vous le savez toutes et tous, je veux dire, la façon dont ils se sont comportés ces trois derniers mois et même avant, ça a mis un coin dans la confiance qui pouvait exister, qui est assez fondamentale dans une discussion où on pratique la concertation sociale, voire la négociation.
Mais ils sont encore là et nous, ce qu'on doit aux travailleurs et aux travailleuses, c'est d'aller défendre leur position, d'aller défendre nos revendications et donc on ira et la question n'est pas de savoir est-ce qu'on a confiance ou pas, c'est que c'est eux qui sont en face et on va aller faire le job.
Et pour avoir des garanties, est-ce qu'il faudrait par exemple que ce soit dans le cadre d'une grande conférence sociale comme le réclament certains partis, à droite, le LR et le Rassemblement National ?
Mais vous savez, c'est exactement ce qui ne s'est pas passé depuis 2017. C'est-à-dire ce sentiment qu'on prenait les choses par petits bouts et sur les retraites, c'est symptomatique. On voudrait parler aujourd'hui il faut qu'on en parle d'usure et de pénibilité au travail, d'emploi des seniors mais pourquoi ? Et ça, ça ne se fait pas
en catimini à Matignon,
ça se fait au grand jour. Mais d'abord, il n'y a rien en catimini. Moi, je n'ai jamais caché quand j'avais des interlocuteurs les uns et les autres donc il n'y a rien qui se fait en catimini mais ça se fait surtout dans une vision globale de l'évolution du monde du travail. Je l'ai dit depuis longtemps, ce conflit des retraites, c'est un désaccord sur les 64 ans et c'est aussi un conflit du travail mais le travail, ce n'est pas un coût. Le travail, c'est une richesse. Les travailleurs qui ont été là pendant la pandémie, ils ont besoin de reconnaissance, ce n'est pas qu'on leur dise vous allez bosser deux ans de plus, point barre.
Et donc, il faut pour ça ouvrir à 360 degrés les évolutions du travail nécessaires. Il faut rediscuter de l'organisation du travail, rendre cette négociation obligatoire aux entreprises, redonner des moyens aux représentants du personnel, augmenter les salaires et notamment dans les branches. Et vous en parlez de ça
aussi avec le patronat ?
Vous êtes en contact avec le MEDEF ? Oui, bien sûr. Vous savez, pendant cette période, il y a eu deux accords qui ont été signés sur la partage de la valeur et un sur le dialogue social et la transition écologique. Oui, tout à fait. Et un sur le dialogue social et la transition écologique, sujet ô combien important qui va bouleverser aussi le monde du travail. Et le patronat, il a une responsabilité. Il a une responsabilité sur les salaires, il a une responsabilité sur l'organisation du travail. Donc, ce qu'il faut faire, c'est de regarder sur chacun des sujets qui sont importants, quelle est la responsabilité des uns et des autres.
Le patronat devra se mettre à la table pour discuter, et c'est une évidence. Il aura un agenda social. Il faudra... Vous savez, moi, j'ai beaucoup entendu les ministres parler d'augmentation des salaires. Et ils ont oscillé entre il faut augmenter les salaires, une espèce de vœu pieux dit aux entreprises. Et on ne peut pas, ce n'est pas notre responsabilité. Mais si, c'est votre responsabilité, vous versez des milliards d'aides aux entreprises. Aujourd'hui, il y a 151 branches sur 171 qui ont des minimas de branches inférieures aux SMIC.
Oui, ça ne veut pas dire que les gens ne sont pas payés aux SMIC, je précise. Oui,
mais ça veut dire que quand ils montent un échelon, ils sont encore payés aux SMIC. Quand ils montent un échelon, ça peut durer jusqu'à 8 à 10 ans, certaines branches professionnelles payées aux SMIC. Si vous ne dites pas aux entreprises, attendez, on vous verse des aides, y compris sur les bas salaires, mais vous devez avoir des branches qui ont des minimas qui démarrent aux SMIC et pas en dessous, ce serait une condition préalable. Oui, il y a des leviers. Ce qu'il faut distinguer sur tous les sujets, c'est quelle est la responsabilité de chacun des acteurs et quel est le levier du gouvernement pour infléchir les positions aussi du patronat.
Laurent Berger, CFDT, vous restez avec nous, 8h51, le fil info, Valentine Lottesse.
Le SMIC, le salaire minimum revalorisé de 2,2% à partir d'aujourd'hui, soit 30 euros net par mois de plus, une augmentation automatique à cause de l'inflation. 12 000 policiers et gendarmes mobilisés en France pour ce 1er mai, espérés comme historiques par les syndicats en termes de mobilisation. Au Havre, deux rassemblements s'opposent, celui de la fête du travail et le meeting du Rassemblement National consacré à Jeanne d'Arc depuis 40 ans, il est rebaptisé fête de la nation et délocalisé cette année. En Ukraine, les hommes du groupe paramilitaire russe Wagner manquent de munitions d'après leur chef.
Evgeny Piroguin met aussi en garde Moscou face à la contre-offensive ukrainienne en préparation. Cette opération pourrait devenir une tragédie pour la Russie, selon lui. France Info
Le 830 France Info Néil à la trousse Lorrain Sénéchal
Toujours avec Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, on évoquait il y a quelques instants cette catégorie de travailleurs qui au final peut faire toute une carrière même, on a des témoignages en ce sens autour du SMIC. Cette catégorie justement de travailleurs, elle est identifiée par le gouvernement qui souhaite en matière de coups de pouce non pas imposer des hausses de salaire mais qui réfléchit pourquoi pas à des baisses d'impôts ciblées sur ces classes moyennes qui gagneraient autour du SMIC un peu plus que le SMIC. C'est eux la priorité aujourd'hui ? Vous savez, moi je vous ai parlé de reconnaissance.
La reconnaissance c'est de gagner dignement sa vie par son travail dans le monde du travail et ça ne peut pas être simplement par la logique qui est mortifère. La logique du gouvernement aujourd'hui de tout réfléchir à travers de baisses d'impôts ou de baisses de cotisations est mortifère. C'est pour ça d'ailleurs qu'ils sont dans une... Ce n'est pas la bonne méthode. Non, ce n'est pas la bonne méthode. Pourquoi ? Qu'est-ce qui est mortifère là-dedans ? Ce qui est mortifère c'est que vous vous empêchez d'avoir la moindre marge de manœuvre. C'est-à-dire qu'en gros vous voyez bien ils répètent comme un mantra à chacune de leurs interventions non, on n'en montrera jamais les impôts, etc.
On voit bien que le problème aujourd'hui c'est la répartition des richesses dans notre pays. Elle se passe de deux manières la répartition des richesses dans notre pays.
Elle se passe par les revenus du travail c'est ce qui est produit dans l'entreprise la richesse qui est produite comment elle est mieux répartie et on voit bien qu'un certain nombre de rapports notamment d'ONG montrent que la distorsion entre les très hauts salaires et les salaires des travailleurs de base d'une certaine manière elle est de plus en plus forte et puis la répartition de la richesse dans un pays c'est la fiscalité et on voit bien aussi que les revenus des très très riches a augmenté quand les revenus le pouvoir d'achat et le pouvoir de vivre parce que moi je parle comme ça parce qu'ils sont du logement etc.
des catégories les plus modestes y compris du travail et bien elle s'est dégradée et donc la logique de faire une mesure ciblée à travers la baisse de cotisation les cotisations je vous rappelle que c'est des revenus différés les cotisations ça sert à quelque chose ça sert à payer la retraite ça sert à payer l'assurance chômage ça sert à payer c'est ce que propose aussi d'ailleurs Marine Le Pen qui recentre son discours autour de de ces travailleurs modestes des exonérations de cotisations pour les travailleurs qui gagnent autour et qui fait un discours aujourd'hui sur le travail et le social mais Mme Le Pen elle a compris une chose elle a compris qu'une partie de son avenir se joue sur le ressentiment social donc elle va le cultiver elle s'en fout des travailleurs et des travailleuses on va être très clair elle s'en fout complètement ce ne sera jamais une alliée des travailleurs dites-vous non ce ne sera jamais l'ami des travailleurs on avait d'ailleurs signé j'en suis très fier une tribune avec avec Philippe Martinez entre les deux tours de la présidentielle ce ne sera jamais l'ami des travailleurs jamais l'ami de la démocratie jamais l'ami d'une société beaucoup plus ouverte c'est mortifère le rassemblement national est mortifère et c'est cet avertissement là ce n'est pas au rassemblement national qui ne nous écoutera pas que je veux le lancer c'est à tous les autres tous les autres partis politiques y compris à ce gouvernement le ressentiment social le mépris affiché pendant cette période qui s'est transformé en colère il a un débouché électoral qui est mortifère qui peut être le rassemblement national si on veut lutter contre ça il faut revaloriser le travail revaloriser les travailleurs et les travailleuses en termes de répartition des richesses de salaires de conditions de travail et il faut il faut dans notre pays il faut dans notre pays une réforme fiscale qui permet de répartir les richesses créées les revenus des uns et des autres au bon niveau pourquoi les revenus du capital ne sont pas taxés au même niveau que les revenus du travail par exemple François Hollande
qui souligne qu'il y a une flat tax en France qui ne l'a pas fait
je rappelle
la taxation sur le capital alors que les impôts sur le revenu par exemple ça peut être taxé jusqu'à 45% pour ceux qui ont la chance
de gagner assez je me rappelle en 2014 Jean-Marc Ayrault le premier ministre qui poussait pour une réforme fiscale que je trouvais plutôt intéressante à ce moment là et je me rappelle de François Hollande c'est un regret
vous parliez de contrainte tout à l'heure Fitch l'agence de notation vient de dégrader la note de la dette française AA- ça c'est aussi la contrainte dans laquelle on vit la contrainte budgétaire vous la reconnaissez cette contrainte
3000 milliards de dette 3000 milliards de dette le gain 116% du PIB ce que dit Fitch d'abord ça ne peut pas être le seul critère pour évaluer si notre société va bien la question de l'éducation de la santé de la pauvreté de la capacité à se loger c'est aussi d'autres indicateurs il faudrait tenir compte on est dans un pays de dingue où on a l'impression qu'il y a le PIB et la dette mais sur la dégradation de la note ce qui est intéressant dans ce qui est dit c'est 3000 milliards la réforme de la retraite elle en rapporte allez 10, 12 j'en sais rien mais elle dit il dit il y a beaucoup vous savez pas
combien de la réforme de la retraite
je ne suis pas sûr qu'il y en ait un qui le sache même au gouvernement non on a entendu plusieurs chiffres on finira pas à nous dire un chiffre et puis il sera contesté le lendemain mais sur ce que dit Fitch c'est aussi et qu'il y a de la conflictualité sociale franchement au bout de 3 mois on peut se dire tout ça pour ça un pays qui est fragmenté le monde du travail qui est en colère et une note qui est dégradée dont on sait que c'est en partie parce que le climat social est dégradé ce que dit Fitch aussi c'est que le désendettement doit devenir la première des priorités oui mais le désendettement c'est aussi parce que ce qu'on dépense mais ce qu'on a comme ressources
avec une réforme fiscale vous dites qu'on pourrait à la forme de l'argent
c'est pourquoi il y a autant de colère sur cette réforme de la retraite c'est parce que les efforts sont unilatéralement demandés aux travailleurs et aux travailleurs les plus modestes ceux qu'on prétend maintenant pouvoir aider à travers des exonérations de cotisations ou des exonérations fiscales c'est le chat qui se mord la queue c'est une logique libérale qui monte son impasse il faut réfléchir autrement aujourd'hui d'un mot donc la CFDT n'est pas d'accord avec la réforme du RSA le revenu de solidarité active qui doit être un gisement d'économie aussi pour l'exécutif de conditionner son versement à une reprise d'activité ou de formation c'est de l'accompagnement dont on a besoin vous savez c'est mon métier d'origine que j'ai beaucoup aimé d'accompagner les personnes qui étaient à l'époque au RMI on a besoin d'accompagnement social on a besoin d'accompagnement des parcours de vie on a besoin de revoir le pouvoir de vivre différemment et l'espèce de moi j'ai trouvé ça très malsain en sortant de cette période ou au moment de cette période d'expliquer que oui mais maintenant il faut remettre les gens au boulot qui ne voudraient pas bosser c'est pas le cas les gens qui sont bénéficiaires du RSA ils ont besoin d'un accompagnement pour repartir à l'emploi lorsque c'est possible et c'est pas surtout en essayant d'exercer une forme de contrainte avec une logique un peu populiste en disant regardez il y a des gens qui ne travaillent pas qu'on y arrivera c'est mortifère et c'est pas une vision que je partage vous serez dans l'accompagnement
dans l'associatif à partir du 22 juin vous serez plus patron de la CV 22 juin je vais prendre un peu de vacances
et après je ne sais pas encore ce que je sais c'est que je resterai un militant et vous ne serez pas dans la politique et que je ne serai pas dans la politique merci de ne pas avoir été trop lourd sur la question
on vous l'a beaucoup posé et vous avez toujours répondu non je pense que c'est assez clair là dessus merci Laurent Berger secrétaire général de la CFDT invité du 830 bonne journée à vous merci