Candidature d'Anne Hidalgo à la présidentielle, "l'obstacle" Jean-Luc Mélenchon, vaccination obligatoire... Le "8h30 franceinfo" de Carole Delga
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Bonjour Carole Delga, il y a 6 ans vous étiez la plus jeune présidente de région, vous voilà aujourd'hui la mieux élue de France, 58% des voix en Occitanie il y a quelques jours. Est-ce que ça vous fait sourire quand on vous présente comme la nouvelle star à gauche ?
Oui, ça me fait sourire, j'ai les pieds sur terre, donc je ne cède pas à tous ces compliments ou à toutes ces sirènes.
Vous n'avez pas pris le melon ?
Non, pas du tout, c'est pas le genre de la maison.
Et vous n'avez pas non plus de nouvelles ambitions au-delà de la région ?
Non, non, non, comme j'ai toujours dit, je suis une femme constante et vraiment investie pour ma région, je participe au projet autour d'Anne Hidalgo, j'ai beaucoup d'ambition pour mon pays, je pense qu'en effet la France doit retrouver de la grandeur, de la grandeur par l'éducation, de la grandeur par la souveraineté, mais clairement c'est dans une équipe que je m'inscris, je n'ai qu'une parole, je suis derrière Anne Hidalgo, je continue, et puis surtout j'ai beaucoup de projets à consolider dans la région occitanie.
Vous soutenez sa candidature pour 2022, elle vous en a parlé ?
Oui, oui, on en a parlé avec Anne, ça fait un certain nombre d'années que nous sommes en contact sur les politiques que nous menons, et avec Anne nous pensons qu'il faut mettre en place un projet de société pour une gauche écologiste et citoyenne que nous incarnons.
Il y aura Villeurbanne, cette réunion lundi, un des soutiens, vous y serez, elle est candidate ? Il faut qu'elle soit candidate ?
Écoutez, en premier il faut travailler sur un projet. Mais le message, mais si, non, attendez, c'est important, il y a quand même 65% des Français qui nous ont envoyé ce message, comme quoi ça ne les intéressait pas les élections. Et ça fait 4 ans qu'on a une abstention qui est supérieure à chaque fois à 50%. Il faut quand même savoir se remettre en cause. Donc en premier, il faut expliquer où on va, il faut donner une vision, il faut faire un projet, et ensuite, il est question de la candidate.
Elle serait une bonne candidate ?
Elle serait une bonne candidate, je l'ai déjà dit, elle serait une bonne candidate pour la présidence de la République.
Quelle est aujourd'hui sa principale qualité et quel est son principal défaut à Anne Hidalgo ?
Sa principale qualité, c'est qu'elle connaît la réalité de vie de nos concitoyens, et c'est une battante.
Et les défauts ? Ou le défaut ?
Le défaut, c'est que certains, alors c'est à la fois un défaut et une qualité en France, c'est que certains peuvent lui dire, elle est mère de Paris. Mais vous savez, les Français, ils ont, et c'est tout particulièrement une Occitane qui le dit, ils ont une relation très compliquée à Paris. C'est parce qu'en même temps, il y a une fascination, c'est la ville lumière, et en même temps, c'est la ville qui centralise tous les pouvoirs. Qui agace. Et qui parfois agace.
Elle agace Anne Hidalgo parfois.
Je pense qu'elle le peut agacer, mais je pense qu'à chaque fois, l'avenir lui a donné raison. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'elle a été très précurseur sur les questions écologiques, et elle a su donner à Paris une visibilité dans le monde sur des politiques de limitation des pollutions. Et puis également, dans le concert des métropoles internationales, elle a su donner une stature à Paris.
Vous diriez qu'elle est à la fois socialiste, mais aussi écologiste, elle pourrait faire le job pour tout le monde à gauche, c'est ça l'idée ?
Moi je pense qu'en effet, elle incarne cette sociale écologie, tout à fait.
Donc c'est une candidate qui est en train de s'affirmer la canture à Villers-Bannes lundi avec tous ses soutiens, c'est quoi ? C'est un lancement de campagne ?
Non, non, non, Jean-François Kili, ce n'est pas un lancement de campagne, c'est la démonstration que nous sommes un travail pour un projet de société.
Que nous sommes au travail pour un projet de société.
C'est-à-dire que la gauche, elle arrête d'être dans une course de petits chevaux et elle est sur le fond. Ce que nous demandent nos concitoyens, c'est des vraies solutions. Ils en ont ras-le-bol de ces concurrences.
Qui est la gauche aujourd'hui, à vos yeux, Carole Delga ? La gauche ? D'où, à où, la gauche ?
Elle incarne ce que j'ai fait dans l'Occitanie, avec l'Occitanie en commun. C'est-à-dire, elle intègre le parti socialiste, Europe Ecologie, Les Verts. Elle intègre également le parti communiste, le parti radical de gauche, place publique.
Mais pas les insoumis, puisque vous avez refusé de faire alliance avec eux ?
Tout à fait, voilà, pour moi, il y a une dérive de la part de Jean-Luc Mélenchon, depuis plusieurs années, mais qui a connu un paroxysme avec les théories du complotisme. Et je pense qu'en effet, Jean-Luc Mélenchon n'est plus de gauche. Quand on est de gauche, on défend la République, on est contre le communautarisme, et on ne peut pas accréditer les thèses du complotisme.
Il est où s'il n'est plus de gauche ?
Justement, je ne sais pas où il est, mais je pense qu'il n'est pas dans la bonne voie.
Mais quand vous voyez, dans l'île de France, au régional, Anne Hidalgo soutenir la liste unie à gauche, incluse, donc la France insoumise, quelle est la logique dans tout ça ?
Mais ce qui ne vous a pas échappé, c'est que la tête de liste, c'était Julien Bayou. Et la politique, c'est un rapport de force. Donc c'est Julien Bayou qui a décidé, en toute légitimité, de l'union qu'il menait.
Donc c'est Bayou et ce n'est pas vous, c'est ça ?
Non, mais c'est Julien Bayou qui a fait l'union qu'il a souhaité. Moi, je l'avais dit, avant même les résultats du premier tour, j'avais dit qu'il n'y aurait pas de discussion avec la France insoumise. Parce que je ne me retrouve pas dans la position qu'a la France insoumise sur l'Europe. Je ne me retrouve pas dans la position de la France insoumise sur la sécurité. Donc après, je pense qu'il faut de la clarté. Si vous êtes la présidente la mieux élue de France métropolitaine, c'est parce que vous avez eu un projet clair. Ça veut dire que les habitants d'Occitanie, ils savent qu'avec Delga, où ils vont et dans quelles conditions.
Ça veut dire qu'aujourd'hui, pour vous, Jean-Luc Mélenchon est devenu un obstacle à l'unité de la gauche ou vous considérez qu'il n'est même plus la question et qu'on peut de toute façon gagner sans lui ?
Bien sûr qu'il est un obstacle à l'union de la gauche et surtout un obstacle à la conquête du pouvoir. Il faut être très clair. Il n'est pas dans une dynamique collective. Parce que lui, sa position, c'est mettez-vous derrière moi.
Il est un obstacle, mais c'est lui aujourd'hui le mieux placé dans les sondages.
Non, dans les sondages, il est placé à un point près. Vous ne pouvez pas, à dix mois, un point dans un sondage, ça n'a aucune valeur.
Il est quand même un point au-dessus.
Non, mais voilà, un point, qu'est-ce que vous voulez que ça soit ? C'est le début de la chute, vous le voyez. Il était à 12-13 il y a six mois. Aujourd'hui, il est à sept points. On est à dix mois de la présidentielle.
Vous y en avez à dix mois de la présidentielle et à la dernière élection présidentielle, il était parti de bien plus bas que ça. Il est arrivé bien plus haut que ça.
Oui, mais il était en progression à la dernière présidentielle. Là, sur cette présidentielle-là, il est en chute. Et il faut être clair, les Françaises et les Français, ce qu'ils ont besoin, c'est d'un projet rassurant. Ils n'ont pas besoin de rupture ou de radicalité. Parce que la rupture, la radicalité, ils la vivent depuis 18 mois dans leur quotidien. Avec la rupture du lien social, avec des ruptures du contrat de travail, avec quand même des licenciements qui sont en hausse. Donc il faut avoir un projet qui soit positif, qui soit rassurant.
Vous êtes en train d'acter, pardon Jean-François, la petite phrase de Manuel Valls sur les gauches irréconciliables.
Il avait raison. Non, je pense qu'il n'avait pas raison. Après, ce que vous venez de nous dire sur Jean-Luc Mélenchon. Mais Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui, de lui-même, d'ailleurs, il ne se réclame plus de gauche. Il ne se réclame plus de gauche. Il explique qu'il est l'incarnation du peuple, ou de la République.
Le problème, c'est Jean-Luc Mélenchon et ces prises de position que vous jugez extrêmes, ou c'est la France insoumise dans son ensemble ?
Non, mais je différencie des militants de la France insoumise qui, sur le terrain, clairement, me disent leur mal-être vis-à-vis des positionnements de plus en plus dérivants de Jean-Luc Mélenchon.
Vous faites appel aux électeurs insoumis, finalement. Vous tendez la main aux électeurs insoumis.
Mais, bien entendu, parce que les électeurs de la France insoumise, pour la majorité, ne se retrouvent pas dans cette dérive de Jean-Luc Mélenchon et des cadres qui l'entourent.
Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie, l'invité de France Info jusqu'à 9h. Une toute petite pause, le temps du fil info avec Diane Ferschit à 8h40.
Syndicats et patronats appellent unanimement à ne pas se précipiter sur la réforme des retraites. Ils sont reçus aujourd'hui par Emmanuel Macron pour évoquer la situation économique et sanitaire, alors que le président de la République envisage toujours de repousser l'âge de départ à la retraite. Une réforme qu'il voudrait mettre en place avant la présidentielle. Le gouvernement qui continue aussi à consulter sur l'obligation vaccinale pour les soignants. Sur France Info, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, s'y dit favorable. Mais il ne faut pas, selon lui, stigmatiser. Et cet appel aussi de la pneumologue Irène Frachon dans Le Parisien.
Aujourd'hui en France, allez vous faire vacciner. Le bénéfice est immense, insiste la lanceuse d'alerte dans le scandale du Mediator. Elle prend position pour dénoncer aussi l'utilisation de son nom dans de fausses informations anti-vaccins qui circulent sur les réseaux sociaux. Malgré une envolée des cas de Covid, le Premier ministre britannique Boris Johnson annonce la fin du port du masque en Angleterre pour le 19 juillet. Et c'est à Londres, dans le Midi-Stade de Wembley, que se tient ce soir la première demi-finale de l'Euro de football. Italie-Espagne, c'est à 21h. Demain, l'Angleterre affrontera le Danemark.
France Info Le 8.30 France Info, Marc Fauvel, Jean-François Akili.
Alors Carole Delga, question. La gauche socialiste doit-elle céder le leadership aux écologistes pour la présidentielle ? C'est ce que disait au départ Olivier Faure qui s'est ravisé, le Premier secrétaire du PS. Écoutez cette analyse au lendemain même du deuxième tour des régionales, c'était sur France Info. Il y a aujourd'hui une force qui n'est pas limitée dans sa volonté de conquête. Et puis il y a une autre force qui est pour moi une force alliée, une force amie, qui sont les écologistes. Mais la réalité, c'est qu'il y a, appelez-le comme vous voudrez, un plafond de verre, un plafond vert qui fait qu'aujourd'hui, ça ne permet pas d'aller jusqu'à la victoire.
Plafond de verre, Carole Delga, c'est le retour du PS en première ligne ?
Je pense que c'est le retour de la gauche écologiste et citoyenne, clairement. Et je pense qu'il faut dépasser le parti socialiste. Il faut que le parti socialiste sache rassembler au-delà. Ça c'est absolument indispensable. On ne peut pas être juste dans nos couloirs partisans.
Il faut changer ce parti socialiste à vos yeux ? Il faut le faire évoluer, il faut le faire grandir ?
Oui, il faut le faire évoluer, il faut le faire grandir. Il faut savoir rassembler de façon forte sur des priorités majeures, sur la question de l'accès à l'éducation, sur la lutte contre le déterminisme social, sur la question de la relance économique et sur la question de la souveraineté. Souveraineté industrielle, souveraineté sanitaire, bien sûr, souveraineté énergétique ou souveraineté alimentaire. Sur la question de la sécurité, il faut qu'on soit clair, il faut qu'on apporte des réponses à nos concitoyens.
Vous estimez qu'aujourd'hui le PS est un peu court sur ces questions-là ?
Ou pas très clair ? Je pense qu'aujourd'hui, quand vous interrogez les gens dans la rue sur le parti socialiste, ils ne savent pas quel est le projet. Et ça, c'est un vrai sujet.
Mais vous avez des propositions concrètes, par exemple ?
Mais bien sûr, la proposition concrète, c'est le travail que nous menons autour d'Anne, en proposant un vrai projet de société. Et cela va vous être présenté dans les prochaines semaines par Anne Hidalgo et son équipe.
Ça veut dire quoi ? Anne Hidalgo, candidate à la présidentielle possible, après le projet, on a bien compris votre raisonnement. Et Carole Delgale peut aussi diriger un parti socialiste, on va dire, vitaminé, plus large ?
Non, diriger le parti socialiste, ce n'est pas dans mes projets. Vous pouvez en revanche participer de façon très forte à l'élaboration d'un mouvement qui permettra de transcender le parti socialiste et qui sera sur cette gauche réformiste.
C'est ce que vous êtes en train de mettre en place là ? Une sorte de dépassement du PS, un mouvement ?
C'est ce que j'ai mis en place dans ma région. L'Occitanie en commun, c'est cela. Dans ma région, c'est ce qu'on a mis en place. Une force citoyenne, la reconnaissance des partis, mais des partis qui s'agrègent et non pas qui se concurrencent et qui se dépassent. C'est absolument indispensable. C'est ça la gauche de gouvernement, la gauche réformiste.
Est-ce qu'il faudra, Carole Delgale, en passer à gauche et au parti socialiste par une primaire pour départager les candidats dans les mois qui viennent ? Primaire qui figure toujours aux dernières nouvelles dans les statuts de votre parti.
Je pense que la primaire, on l'a utilisée et on a vu tous les effets désastreux. Donc moi, je ne suis pas pour une primaire.
Elle a fait gagner François Hollande.
Elle a fait gagner François Hollande.
Vous mettez ça dans la catégorie des effets désastreux ou pas ?
Non, je mets ça dans les effets désastreux pour 2017. Mais je pense que là, on doit s'adapter vraiment à la nouvelle configuration politique et une primaire. En fait, après, quand vous êtes élu après une primaire, vous êtes le candidat d'un camp. Et aujourd'hui, la France, elle est très divisée. Il y a besoin d'avoir une candidature de rassemblement. Vous ne pouvez pas être la candidate ou le candidat d'un camp. Et c'est pour ça que c'est une erreur, la primaire. Ce n'est plus adapté. Les choses ont changé. On a vécu un quinquennat où la division avec les Français n'a fait que s'accentuer. Et on a vécu aussi un quinquennat où il y a eu une crise sanitaire qui est un événement exceptionnel.
Il faut prendre cela en compte.
Carole Delga, vous diriez, pardonnez-moi, Anne Hidalgo, Xavier Bertrand, même combat, à droite, à gauche, pas de primaire.
Oui, non, je ne pense pas que...
Candidat naturel, c'est ça l'idée ?
Je pense qu'en effet, il y a un candidat naturel après qui s'impose. Oui, tout à fait, c'est ça.
À partir de combien dans les sondages on devient candidat naturel ou candidate naturel ?
Je pense qu'il faut avoir quand même moins de chiffres, ça c'est certain.
Est-ce qu'il n'est pas le cas d'Anne Hidalgo pour l'instant ?
Pour l'instant, ce n'est pas le cas, pour l'instant.
Est-ce qu'il peut y avoir plusieurs candidats naturels ?
S'il y a plusieurs candidats naturels à gauche comme à droite, à ce moment-là, c'est l'échec. Ça veut dire qu'on n'est pas sélectionné au deuxième tour. Il ne faut pas se mentir. C'est ça la réalité politique. Donc soit on est en capacité de se rassembler pour avoir une vraie offre crédible auprès des Françaises et des Français, soit on joue la division. Et à ce moment-là, il n'y a aucun intérêt à faire de la politique de cette façon-là.
Quelle idée ? Anne Hidalgo peut par exemple passer un coup de fil au hasard à Yannick Jadot, lui dire rejoins-moi ? C'est ça l'idée ? Ça peut se faire comme ça, de gré à gré ?
Non, mais je pense que ce n'est pas comme ça que ça se passe. Il faut avoir des idées et voir la convergence des idées. Tout à l'heure, vous m'avez parlé en effet de Jean-Luc Mélenchon. Je sais très bien que quand on va lui présenter des propositions sur la sécurité, nous n'allons pas avoir d'accord. Alors qu'avec Europe Écologie Les Verts, avec le Parti communiste, on peut avoir en effet des accords.
Alors prenons un cas concret, imaginons une tentative d'accord avec Yannick Jadot ou un autre candidat écologiste pour une candidature unique de la gauche l'an prochain à la présidentielle. Sur le nucléaire, Carole Delga, quelle serait la position de compromis du Parti socialiste ?
Je pense que sur le nucléaire, la position est claire. C'est-à-dire que nous sommes, pour une sortie progressive du nucléaire, avec un mix énergétique. C'est-à-dire de développer les énergies renouvelables de façon forte et avoir ce mix énergétique qui est nécessaire pour les prochaines années. Et puis après, petit à petit...
Une sortie en combien de temps ?
Il faut être clair, sur des échelles de temps qui sont d'ici 2050. Donc on ne peut pas être dans le dogmatisme ou d'être dans la radicalité. Nous avons encore aujourd'hui besoin du nucléaire, mais nous devons fortement développer les énergies renouvelables, que ce soit la question de l'hydrogène, que ce soit la question de l'hydroélectricité.
Est-ce que d'ici là, on met en service de nouvelles centrales nucléaires ou est-ce qu'on éteint simplement celles qui sont en marche aujourd'hui ?
Non, mais je pense qu'on n'a pas à mettre en place de nouvelles centrales, mais il faut au contraire développer les énergies renouvelables et avoir un équilibre sur ce mix énergétique. C'est cela, la bonne voie.
Qu'est-ce qui vous différencie d'Europe Écologie Les Verts sur cette question-là ? C'est l'horizon 2050 ?
Oui, c'est l'horizon.
Parce que ça peut être une ligne de fracture entre vous, ça.
Et surtout, c'est le pragmatisme des propositions. On ne peut pas être dans le dogmatisme sans être vraiment connecté à la réalité du besoin énergétique qui existe en France. Aujourd'hui, moi, j'ai vraiment promu de façon forte les énergies renouvelables. La première région sur la filière hydrogène, c'est l'Occitanie. Le premier conseil national de l'hydrogène, il s'est tenu à Albi, dans ma région. Mais nous avons besoin encore de le développer. Nous devons aussi fortement développer la rénovation énergétique. C'est ce grand plan de relance que nous devons avoir concilié, écologie et économie.
Vous avez entendu, Carole Delga, pendant la campagne des régionales, la fronde dans certaines régions contre les éoliennes. Je ne sais pas combien il y en a dans la région Occitanie. Mais est-ce que vous considérez que tous ceux qui sont contre l'implantation de nouvelles éoliennes sont forcément anti-écolo ?
Non, ce genre de raccourci, moi, clairement, je suis pour l'éolien flottant. Nous avons deux sites expérimentaux au large de l'Occitanie, en Méditerranée. Et concernant l'éolien terrestre, il faut que ce soit les territoires qui fassent des propositions. Il ne faut pas que ce soit des industriels qui viennent s'implanter. Il faut, comme nous l'avons fait avec les parcs naturels régionaux en Occitanie, ce sont les parcs naturels régionaux qui indiquent sur leur territoire, c'est-à-dire que c'est le terrain, ce sont les communes, ce sont les populations qui sont associées qui disent quelles sont les zones qui peuvent accueillir des éoliennes et quelles sont celles qui n'en accueillent pas.
Avec un droit de veto des habitants par référendum ou pas ?
Un référendum, il faut quand même l'utiliser avec parcimonie. Donc je pense que c'est plutôt par des phénomènes d'association que de consultation, que par de référendum, qu'on peut avoir un consensus sur le parc naturel régional des Grands-Cosses. Il y a un consensus de l'ensemble et des habitants, mais également des communes et des acteurs économiques.
8h50, le fil info, Diane Ferschit et on vous retrouve dans un instant. Carole Delga.
Il demande une primaire ouverte de la droite. Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau et Hervé Morin. Alors que le bureau politique des Républicains se réunit en fin de journée dans une tribune publiée dans le Figaro, ils mettent en garde contre la compétition sauvage face notamment à Xavier Bertrand qui a lui déjà annoncé qu'il ne participerait pas à une primaire en vue de la présidentielle 2022. La réforme des retraites voulue par le chef de l'État, il en sera question à l'Élysée ce matin. Réunion avec le patronat et les syndicats pour Emmanuel Macron. Au sortir de cette crise sanitaire, il faut réparer, rassembler et accompagner les Français.
Estime sur France Info, le secrétaire général de la CFDT préoccupons-nous d'abord de la reprise économique avant de la question des retraites, déclare Laurent Berger. Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, convoqué devant la Cour de Justice de la République, ce sera le 16 juillet. Le garde des Sceaux soupçonné de prises illégales d'intérêts. L'ouverture du 74e Festival de Cannes ce soir, la grand masse du cinéma qui avait été annulée l'an dernier et reportée cette année. 120 films en compétition au total pour les 12 prochains jours. Et puis d'Alberville jusqu'à Valence, c'est le programme ce mardi de la 10e étape du Tour de France. Le slovéne Tadej Bokacar partira en jaune.
France Info. Le 8.30 France Info, Marc Fauvel, Jean-François Aquiline. Toujours avec la présidente socialiste de la région Occitanie à son tour, Laurent Berger, le leader de la CFDT, se prononce pour la vaccination obligatoire des soignants. Il a dit ce matin à ce même micro, Carole Delga, quelle est votre position ?
Moi je suis favorable en effet à la vaccination obligatoire des soignants parce que nous voyons que les variants sont quand même très préoccupants et il faut pouvoir protéger les soignants et bien sûr les populations qui vont avoir besoin d'eux. Mais en même temps, il faut avoir une grande campagne de communication pour la vaccination grand public. Et dès hier, j'ai écrit au directeur de l'ARS pour qu'en Occitanie, il y ait la même campagne de communication qu'en PACA avec la vaccination à des effets désirables.
Avec un couple qui s'embrasse, un couple vacciné, on le suppose, qui s'embrasse.
Tout à fait, il faut avoir une forte action pour inciter à la vaccination de toute la population et oui à la vaccination obligatoire des soignants.
Des sanctions pour les soignants qui refuseraient de se faire vacciner, qu'est-ce qu'on en fait ? On les laisse chez eux ? Non, je pense que... A partir du moment où il y a un caractère obligatoire, il faut qu'il se passe quelque chose s'ils ne le font pas.
Oui, d'accord, mais on peut quand même graduer, je veux dire, les incitations pour respecter cette obligation. Voilà, travaillons ce sujet-là avec le Parlement, mais vu la dangerosité des variants, il faut être responsable et il faut aller vers la vaccination obligatoire des soignants.
Uniquement pour les soignants ou aussi pour d'autres catégories ou d'autres professions ? Ou pour tous ?
Aujourd'hui, je pense que c'est la vaccination obligatoire des soignants qui est suffisante. La situation sanitaire ne demande pas de franchir encore un cas supplémentaire.
Même s'il y a une quatrième vague à la fin du mois de juillet, comme cela pourrait arriver, c'est ce qu'a dit Olivier Véran ?
Mais c'est dans cette perspective que je défends la vaccination obligatoire des soignants. C'est en prévision d'une quatrième vague, soit à la fin juillet, soit à la rentrée.
Vous avez autour de vous des gens qui ne veulent pas se faire vacciner, Carole Delga ?
Non, pas énormément.
Vous n'en rencontrez personne qui ne veut pas ou qui n'a pas eu le temps ?
Non, qui n'ont pas eu le temps, non, parce que là, très objectivement, j'ai râlé quand même sur le retard pour la lancement de la vaccination, mais aujourd'hui, c'est très facile de se faire vacciner. Donc, moi, très majoritairement, dans mon entourage, les gens se font vacciner.
Ça ne vous inquiète pas qu'il n'y ait personne dans votre entourage proche ou lointain, alors qu'il y a 40% des Français qui ne l'ont pas fait aujourd'hui ? Ça ne dit pas quelque chose de... Je ne vais pas dire de la déconnexion des élites, ce serait un peu facile, parce que je pourrais m'inclure là-dedans, mais ça ne dit pas quelque chose quand même ?
Non, parce que ce que vous indiquez...
Qu'une présidente de région ne croise aucun électeur ou aucun citoyen réfractaire au vaccin.
Non, mais c'est 60% qui sont vaccinés qui ont les deux vaccins. Je me permets de vous rappeler qu'ils sont vaccinés avec un vaccin, on dépasse les trois quarts. Non, non, non. Si, si, si, vous avez...
Un Français sur deux vaccinés avec au moins une dose.
Des plus de 18 ans, c'est 63% qui ont les deux doses. Donc, là, on est clairement...
Mais on vaccine jusqu'à 12 ans aujourd'hui, donc il faut inclure aussi les plus de 12 ans.
D'accord, mais là, c'est assez récent, les plus de 12 ans. Je veux dire, moi, j'en rencontre très rarement des personnes. En effet, je veux dire, sur les marchés, j'ai pu rencontrer des antivax, mais c'est extrêmement rare. Ce qu'il faut, c'est vraiment communiquer sur la nécessité de se vacciner, parce que c'est la meilleure arme. Il ne faut pas qu'il y ait d'abstention sur la vaccination. Et ensuite, je ne suis pas du tout déconnectée du réel, parce que si je l'étais, il n'y aurait pas eu, je veux dire, la confiance qui m'a été accordée. Et si je voulais que je vous parle du réel, je peux vous en parler. La préoccupation des Françaises et des Français, c'est sur l'accès à l'éducation.
Le fait qu'autour de nous, pardon Jean-François, je suis un peu long sur cette question, mais ça dit peut-être quelque chose. Ils sont où les 40% de Français pas vaccinés ? On ne les entend pas ? On ne les voit pas, quasiment ?
Mais si, attendez, là, si vous prenez les chiffres de la dernière semaine, de la semaine dernière, il y a de nouveau un peu une hausse de vaccination. Il faut beaucoup plus communiquer. Ce qui se passe, c'est que les Françaises et les Français retrouvent la liberté, ont envie d'évasion, et il faut avoir une communication forte et massive sur la nécessité de se vacciner.
Carole Delga, Emmanuel Macron reçoit syndicats et patronats. Il va être question de cette réforme des retraites, il doit la faire, il doit activer la réforme des retraites, Emmanuel Macron. Et deuxième question, est-ce que vous avez, vous, avec Anne Hidalgo, une réforme des retraites dans les cartons ?
Clairement, à 10 mois d'une présidentielle, de faire croire aux Françaises et aux Français qu'on va lancer une réforme des retraites, ça me paraît quand même surréaliste. Parce que le message que nous envoient les Français sur le terrain, ce n'est pas la problématique de la retraite. Ce serait du pain béni pour vous ? Non, mais écoutez, moi, je me réjouis quand la France réussit. Je ne suis pas dans la tactique politicienne. Donc la problématique des retraites, c'est la problématique de la pénibilité. Il y a une différence d'espérance de vie de 6 ans entre un ouvrier et un cadre. C'est ça qu'il faut traiter à travers la réforme des retraites.
Vous rallongez, vous, avec Anne Hidalgo, vous allez rallonger l'âge de départ ?
Non, mais je ne me parle pas à la place d'Anne Hidalgo. Mais moi, ma vision de la réforme des retraites, c'est que sous 10 mois, c'est infaisable. Et ce sur quoi il faut se pencher pour la question des retraites, c'est la question de la pénibilité et de la différence d'espérance de vie de 6 ans entre un ouvrier et un cadre. Ce n'est pas la question de l'âge de départ à la retraite, c'est la question de la pénibilité.
Ça suffira pour mettre le système à flot, la pénibilité.
Mais on ne peut pas quand même aujourd'hui dire que le premier problème des retraites, c'est juste un problème financier. Je crois que quand même, il y a de ça quelques mois, on a entendu quoi qu'il en coûte. On a su trouver vraiment les finances. Aujourd'hui, ce que me demandent les Françaises et les Français sur le terrain, c'est la question de l'orientation de leurs enfants. C'est la question des stages. Parce que trouver un stage en troisième ou trouver un stage aujourd'hui, quand on est en Bac plus 5, c'est difficile. C'est la question de l'emploi. Ça, ce sont des sujets.
Vous avez des secteurs qui ont besoin de main-d'oeuvre et qui n'arrivent pas à en trouver, le secteur de l'hôtellerie et de la restauration. Ou vous avez d'autres secteurs comme l'aéronautique qui a une reprise mais qui est beaucoup plus lente. Ce sont ces sujets dont on me parle sur le terrain. Pas la réforme des retraites, clairement.
Merci à vous, Carole Delga.
Merci. Et bonne journée. Merci d'être venue.
C'est le numéro 2 de la campagne Anne Hidalgo 2022. C'est ça l'idée.
Non, non.
Futur Premier ministre, même. Non. Pas du tout. Merci, Carole Delga.
Carole Delga