L'interview intégrale d'Éric Zemmour sur BFMTV
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On va accueillir maintenant notre invité pour parler politique, c'est Éric Zemmour qui est avec nous, le président de Reconquête. Bonsoir Éric Zemmour. – Bonsoir. – Aujourd'hui, on va vous interroger avec Benjamin Duhamel. Bonsoir Benjamin. – Bonsoir. – On a appris aujourd'hui que vous aviez été condamné par la Cour d'appel de Paris pour injure à caractère raciste pour avoir qualifié en 2018 le prénom de l'ex-chroniqueuse de Canal+, Absatoussi, d'insulte à la France. Votre réaction ?
– Écoutez, il faudrait remettre tout cela dans son contexte de l'émission, de la provocation qui m'a été faite, du fait que j'ai démontré que cette jeune femme qui était née en 1981, donc à l'époque il y avait une loi qui interdisait de donner des prénoms qui n'étaient pas dans le calendrier, des prénoms français, et donc ses parents ont frein la loi.
– Personne ne respectait.
– Non pas du tout, pas du tout, vous avez tort, vous n'étiez pas né. – Oui, d'accord, il y a d'autres prénoms qui ne s'étaient pas dans le calendrier qui étaient donnés dans les années 80. – Je vous assure que les gens la respectaient. Il y avait effectivement, parmi l'immigration arabo-musulmane, des gens qu'ils ne respectaient pas et les autorités administratives étaient conciliants. – On ne va pas refaire le débat, la justice est affranchée. – Non mais c'est pour ça que je dis. Simplement, vous savez, elle m'avait demandé comment je l'aurais appelé. Non, il y a deux choses, elle m'avait appelé comment je l'aurais appelé, je lui ai dit, c'est resté célèbre, Corinne.
J'ai regardé, il y a 155 000 Corinnes, elles seront ravies d'apprendre que leur prénom est une injure raciale désormais. Voilà, je vais vous dire quelque chose. – Mais alors pourquoi vous êtes condamné ? – Pourquoi vous êtes condamné ? – Mais je vais vous dire quelque chose. Depuis 12 ans, je subis 12 procès. Ça fait à peu près un par an. Depuis deux ans, depuis la campagne présidentielle, j'en ai quasiment un par mois. – On s'acharne ? – On est à 30 à faire. – Oui, on s'acharne sur moi. – La justice s'acharne. – Et je vais vous dire, jusqu'à présent, je gagnais la plupart de mes procès.
J'en ai perdu deux, et comme il y a cinq ans qui ont passé, vous savez, la loi prévoit qu'il y a une réhabilitation, donc ça n'existe plus. Sauf qu'aujourd'hui, je vois bien qu'il y a une offensive judiciaire pour absolument me faire taire.
– C'est une tête complotiste ?
– Non, non, ce n'est pas complotiste. Vous savez, on voit, on parle avec les avocats, mes avocats, on voit bien qu'ils me disent que le climat a changé, qu'avant on pouvait parler de droit. Aujourd'hui, on voit bien que certains juges font de la politique. Et vous savez, quand les juges font de la politique, on n'est pas loin d'un régime totalitaire. Mais je vais vous dire, ce n'est pas moi qui suis le seul visé. Parce que derrière moi, il y a tous les gens qui pensent comme moi, qu'on veut intimider. C'est toute une démarche. Et regardez, il y a quelques jours, quelques semaines, cette loi qui a été votée, qui va pénaliser les propos privés.
C'est-à-dire qu'on pourra vous dénoncer pour des propos à une table d'amis ou dans un café. Et vous avez remarqué, même l'opposition LR et l'opposition RN se sont abstenus sur cette loi qui a été adoptée. Donc si vous voulez, je pense que nous, vraiment nous, nous tournons mal. Notre démocratie va très mal. Et la liberté d'expression est en grave dans les juges.
– Et là, vous allez vous pourvoir en cassation ?
– Je me pourvoirai en cassation parce que je veux croire qu'il y a des juges encore dans ce pays qui font du droit et qui ne font pas de la politique.
– Mais qui veut vous faire taire ? Qui est derrière pour vous faire taire ? Parce que vous avez dit, j'en parle avec les avocats, donc qui ouvre cette machination ?
– Il y a, on le sait, il n'y a pas que moi qui le dit, au sein de l'appareil judiciaire, des magistrats qui font de la politique. La plupart sont affiliés au syndicat de la magistrature. Les autres, d'ailleurs, s'en plaignent. Parce qu'eux, ils veulent continuer à faire du droit. Mais il y a des magistrats qui ne font que de la politique.
Et avec moi, ils sont des adversaires politiques. – Ce sont les mêmes qui veulent vous faire taire ? Et qui libèrent les délinquants, du coup, alors ?
– En général, ce sont les mêmes, oui. – Parlons un peu des Européennes. – Pas vraiment dans la même chambre, j'ai bien compris. Moi, je suis la 17ème chambre. – Ce sont ceux qui ont qualifié l'axiste aujourd'hui. – Mais c'est la même idéologie qui est à l'oeuvre. – D'accord.
Parlons des Européennes. Pourquoi ça ne décolle pas pour la liste reconquête emmenée par Mario Maréchal ?
– Écoutez, vous savez, la campagne des Européennes, c'est toujours comme ça. J'en ai suivi d'État et c'est toujours lent à démarrer. C'est ainsi, les gens ne s'intéressent pas aux Européennes. Ils ont du mal à comprendre les enjeux, à suivre. – Il y a certaines listes qui ont décollé.
Celle de Raphaël Glucksmann progresse dans les sondages.
– Oui, vous avez raison. Moi, je me souviens, dans 2019, il y avait M. Bellamy aussi qui progressait dans les sondages et il a fini à 8. Vous voyez, c'est dangereux tout ça. En revanche, en 2019, la liste écologiste est restée scotchée à 6 pendant toute la campagne. Et la dernière semaine, ils ont fini, je crois, à 12-13. – Vous n'êtes pas inquiets ? – Non. On est prudents, on est attentifs, on va se battre.
– Mais Mario Maréchal fait une bonne campagne ? Parce qu'il paraît que ça ne se passe pas bien entre vous. J'ai lu dans la presse que vous n'ayez pas d'accord sur la stratégie à mener qu'il y avait finalement deux équipes. Il y avait l'équipe Zemmour et l'équipe Marion Maréchal et plus personne ne se parlait.
– Vous seriez au bord de l'implosion.
– Oh diable ! Oui, j'ai lu ça, moi, comme vous. Vous savez, il y a des journalistes qui sont des chochottes. C'est-à-dire que quand ils entendent parler de débats animés, d'échanges… – Donc il y a des débats animés ? – Ils ont l'impression, mais oui, je vais vous dire, d'échanges animés et parfois vigoureux, c'est immédiatement l'apocalypse. Il y a des gens qui devraient aller en Corée du Nord. En Corée du Nord, il n'y a pas de débat, ils sont peinards. – Et vous avez des débats sur quoi alors ? – Bien sûr, il y a des débats. – Sur quoi ? – Mais il y a des débats parce que, si vous voulez, nous sommes d'accord sur le fond. C'est déjà essentiel.
Je connais beaucoup de parties où les gens ne sont pas d'accord sur le fond. Après, il peut y avoir des débats sur la stratégie, sur la tactique, sur qu'est-ce qu'il y a à faire, etc. Voilà.
– Mais juste, c'est-à-dire très concrètement, vous parlez de désaccords tactiques. Si on lit ces papiers et qu'on écoute vos discours, vous avez au fond votre stratégie qui consiste à dire « il faut taper sur le RN pour essayer de se différencier », alors que Mario Maréchal considère qu'au fond, il y a une forme de complémentarité entre la liste de Jordan Bardella et la sienne. C'est ça le désaccord stratégique qu'il y a entre vous ?
– Écoutez, je ne reprendrai pas exactement vos mots, mais je vais vous répondre. – Je pense que la politique, c'est montrer cette différence et que sinon, ça ne sert à rien. Si on ne montre pas ces différences, on n'a pas des idées à défendre, des convictions à défendre. Marion Maréchal, elle, elle vient du RN, elle sait pourquoi elle les a quittés. Elle les a quittés parce qu'elle n'était pas d'accord avec eux, qu'elle avait un certain nombre de désaccords avec eux. Et c'est pour ça qu'elle m'a rejoint. – Il faut qu'elle le dise davantage ? – Attendez, c'est pour ça qu'elle m'a rejoint. Vous êtes d'accord avec moi ? Donc moi, je sais qu'elle a des désaccords, elle le dit.
On peut le dire de façon différente, avec un style différent. Mais en tout cas, elle dit ces désaccords. Elle dit que c'est des accords sur l'économie. Elle n'est pas socialiste comme le RN. Elle dit que c'est des accords sur les problèmes de société. Elle n'aurait pas voté la constitutionnalisation de l'avortement comme les députés et que ça tente. – Donc le désaccord stratégique. – Mais bien sûr, et elle est en désaccord aussi sur la lutte contre l'islamisation. Je pense qu'on va parler de cette histoire incroyable dont vous avez parlé tous les jours, d'où la journée aujourd'hui. Donc vous voyez, alors que Marine Le Pen pense que l'islam est compatible avec la République.
Ça, c'est des accords de fond. Marion Maréchal les assume tout à fait comme moi.
– Mais alors donc, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que sinon, est-ce que c'est aussi qu'elle en a marre de vous voir sur les plateaux et qu'au fond, elle considère que vous prenez trop de place dans sa campagne et qu'elle aimerait que vous lui laissiez davantage d'autonomie ?
– Mais elle a toute l'autonomie qu'elle désire. En revanche, moi, vous savez, j'ai été journaliste politique avant vous, j'ai suivi pendant 30 ans des campagnes diverses et j'ai connu beaucoup de chefs de partis qui ne soutenaient pas leurs lieutenants et qui les regardaient de loin en se disant « Ah ben s'ils perdent, chic, chic, chic, on se frotte les mains ». Moi, je ne suis pas comme ça. – Vous souhaitez qu'elle fasse le meilleur score possible ? – Moi, je veux qu'elle fasse le meilleur score possible et je me battrai pour ça et je serai, je prendrai tous les coups qui se nécessaires. Je suis comme ça, c'est mon tempérament.
J'estime que, évidemment, c'est mon parti, c'est moi qui l'ai désigné, je prends le chef.
– C'est-à-dire qu'il n'y a pas de concurrence entre vous ? – Vous avez dit que c'est votre lieutenant ? – Vous avez dit que c'est votre lieutenant ? – C'est votre lieutenant ?
– C'est moi le président du parti. – D'accord, donc c'est votre lieutenant ? – Oui, mais c'est... – Non, non, non, bien sûr.
– Non, parce que vous dites « Moi, je me comporte bien ». Mais on a un petit extrait de 15 secondes, regardez.
– Mario, Guillaume, Nicolas et tous ceux qui porteront nos couleurs, nous sommes tous avec vous. On vous aime !
– François Bellamy dit « Si Éric Ciotti s'était comporté comme ça avec moi, moi, je l'aurais mauvaise. » – Vous ne l'avez pas suffisamment mis en avant, alors ?
– Vous prenez cet extrait, et le bonheur que Dupont prend cet extrait, c'est d'une mauvaise foi absolue. Dans mon discours, j'ai passé, quelques minutes après, un long passage en faisant l'éloge de Marion Maréchal. Vous pouvez demander à tous ceux qui ont assisté. Tous ceux qui disent le contraire sont des menteurs. Maintenant, moi, je vais vous dire la différence, c'est que moi, entre François-Xavier Bellamy et Éric Ciotti, ils sont d'accord sur pas grand-chose. Il y a beaucoup de désaccords entre les deux. Alors que moi, entre Marion Maréchal et moi, il n'y a pas d'être désaccord.
– Alors, est-ce que peut-être il y a une autre explication, c'est que Marion Maréchal ne veut pas se fâcher avec Jordan Bardella et avec sa tante Marine Le Pen ? Est-ce qu'il n'y a pas un risque que Marion Maréchal retourne au Rassemblement National et qu'elle vous quitte ?
– Vous savez, moi, écoutez, je vais vous dire franchement, Marion Maréchal vient du Rassemblement National. Même plus encore, elle est une fille Le Pen. Donc, évidemment qu'elle n'a pas la même liberté que moi par rapport à sa tante, par rapport au parti d'où elle vient. Moi, je dis les choses crûment, je ne dois rien à Marine Le Pen. Je ne dois rien au Rassemblement National. Ils ne m'ont jamais rien à donner. Je suis libre par rapport à eux. Donc, je dis les choses comme elles sont, comme elles doivent être dites. Après, chacun, c'est ce que je dis, chacun a son style.
Mais encore une fois, l'important, c'est le fond et que les désaccords que Marion Maréchal a avec le Rassemblement National sont aussi les miens.
– Éric Zemmour, si elle fait moins de 5%, quoi, vous lui dites, la porte est à droite, vous pouvez partir ? – Mais elle ne fera pas moins de 5%.
– Ou à gauche ? – Ou à gauche, d'ailleurs, oui. Elle fera beaucoup plus que 5%. – Ah, vous êtes sûr ? – Combien ? – Je suis convaincu et je me battrai pour ça. – Vous avez un objectif ? – Je ne vais pas donner de chiffres, c'est ridicule, mais en tout cas, je me battrai pour ça.
– Alors, l'actualité, c'est effectivement le départ du proviseur du lycée Maurice Ravel, menacé de mort après avoir demandé à une élève d'enlever son voile. Celle-ci l'avait accusée de brutalité. Le proviseur a été reçu hier par le Premier ministre. Il a décidé de quitter ses fonctions pour des raisons de sécurité. Le rectorat parle de convenance personnelle. L'État va porter plainte contre la jeune fille. Est-ce que là, justement, il y a une réaction des autorités qui est suffisamment ferme, peut-être notamment par rapport à ce qui s'était passé auparavant avec Samuel Paty ?
– Bien sûr que par rapport à Samuel Paty, il y a un progrès incontestable. On ne va pas le nier, ça serait idiot. En revanche, vous savez, qu'est-ce qui se passe là, avec cette histoire ? C'est une de plus. Qu'est-ce qui se passe ? En vérité, si on voit un peu à l'échelle de l'histoire, c'est l'avancée continue de l'islam et de la civilisation islamique qui lutte contre notre civilisation sur notre territoire. C'est cette guerre de civilisation que je dénonce depuis des années et que certains s'obstinent à ne pas voir et qui a comme ça, on voit des éléments. Qu'est-ce que c'est que cette jeune femme, en vérité ? Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle fait du djihad. Elle fait du djihad du quotidien.
Elle se bat pour l'islam, contre notre civilisation. Et nous, nous sommes soit dans le déni, soit dans la peur.
– Pas ce proviseur. Ce proviseur a été formidable.
Il a appliqué la loi et il a résisté à la pression. Je parle des autorités, je parle de la classe politique. Nous avons une classe politique qui est dans le déni, et qui refuse de voir cette guerre de civilisation sur notre sol. – Et pas Gabriel Attal. – Gabriel Attal va porter plainte. – Il l'a reçu hier, il a interdit la baïa. – Moi, je parle, mais si vous voulez, je vois ça… – Plus globalement ? – Globalement. Évidemment que la perdition de la baïa, que je réclamais depuis longtemps, il a très bien fait de le faire. Vous voyez, quand c'est bien, quand c'est fait, c'est fait. Mais il n'y a pas de prise…
En fait, je vais vous dire, cette islamisation du pays, il faut bien comprendre que LFI veut l'encourager, parce qu'évidemment, ça lui donne des troupes. La Macronie veut l'organiser. Le RN et le LR veulent la ralentir. Seule Reconquête veut l'arrêter et la renverser. – Alors, c'est pour ça que, pour arrêter l'islamisation dans ce pays et dans toute l'Europe, il faut voter Reconquête et Marion Maréchal le neuf.
– Vous avez une jeune femme dont vous dites qu'elle fait du djihad du quotidien, donc elle n'a pas voulu enlever son voile, elle est française. Concrètement, vous dites, on est les seuls à pouvoir cesser ce type de phénomène. Qu'est-ce que vous faites ? – Il ne faut pas aussi des menaces de mort sur les réseaux sociaux, puisque ça c'est la rumeur enflée sur les réseaux sociaux. – C'est ce que j'appelle le djihad.
– Alors, qu'est-ce que vous faites contre ça ? Quand il tue Samuel Paty ou Dominique Bernat, c'est ça le djihad. Qu'est-ce que je fais ? Cette jeune femme est majeure, c'est bien ça ? – Oui. – Donc, moi, je la fais d'abord condamner, puis je la déchois de nationalité française, et je l'expulse du pays d'où elle vient. Parce que vous me dites qu'elle est française vers le pays où elle vient. – Je suis sûr qu'elle a une double nationalité. – Ah bon ? – Et je vais vous dire pourquoi. – Vous avez cette information ? – Non, ce n'est pas une information. Je vais vous dire pourquoi. – Si vous me laissez parler, je vous assure, je vous répète.
– Je vous laisse totalement parler, mais je vous dis de quelle est… – En Algérie, au Maroc, en Tunisie, au Mali, tous ces pays-là, on ne perd jamais sa nationalité. De père en fils, de mère en fille. Donc, tous ces gens-là ont une double nationalité. Donc, je le répète, ces gens-là doivent être condamnés, puis déchus de leur nationalité, puis expulsés.
– Donc, vous n'avez pas d'informations sur le fait de savoir si elle est binationale ou pas, mais vous dites que la solution, elle est simple. De toute façon, je la déchois de qui elle est seulement française. – Elle ne sera pas seulement française. – Mais qu'est-ce que vous en savez ?
– Je vous le dis. – Bon, il faudra avoir cette information. – Je viens de vous expliquer pourquoi. – Oui.
– Il est confirmé, semble-t-il, que c'est bien Aya Nakamura qui chantera la cérémonie d'ouverture pour les JO de Paris 2024. Elle devrait chanter du Piaf, l'Iman Amour. Et d'ailleurs, les descendants d'Edith Piaf ont validé ce choix. Qu'est-ce que vous en pensez ? Vous la connaissiez d'ailleurs, avant que ça devienne polémique ? – Je ne la connaissais pas. – Vous n'avez jamais dansé sur du Aya Nakamura ?
– Non, vous savez, je suis d'une vieille génération, je danse sur les Rolling Stones. Je ne connais pas cette dame. Je pense, si vous voulez, que, en fait, ta personne est anecdotique. Ce qu'il faut voir, c'est ce qu'il y a derrière le coup politique et idéologique. Qu'est-ce qu'il y a derrière ? C'est très simple.
– On l'a pris parce qu'elle est populaire ?
– Non, non, non, on ne l'apprend pas parce qu'elle est populaire. Emmanuel Macron n'est pas si idiot. Emmanuel Macron l'apprend pour montrer le grand remplacement à l'œuvre et pour obliger les Français à l'accepter et à s'y soumettre. C'est ça qu'il y a derrière ce choix. – Donc Emmanuel Macron participe au grand remplacement ? – Absolument. Quand on dit que c'est Aya Nakamura qui va chanter du Piaf, ça veut dire voilà la France, voilà la France de demain, que ça vous plaise ou non. C'est exactement la même chose dans les publicités, dans les films, dans les choix du service public. – Oui, c'est une réalité, vous avez raison, c'est une réalité démographique.
– Mais la France, c'est aussi Aya Nakamura ? Quel est le problème à ce dessin de la France qui est effectivement sans doute ce qui veut être montré à l'occasion de cette cérémonie d'ouverture ? – C'est son prénom, sa couleur de peau qui pose problème ? – Qu'est-ce qui pose problème ?
– Moi vous savez, ça ne peut pas être sa couleur de peau qui pose problème. – Alors c'est quoi ? – Alors c'est quoi là ? – Même si je pense, comme le général de Gaulle, que vous savez, vous connaissez la phrase célèbre, que la France est un pays de race blanche, de religion chrétienne et de culture gréco-romaine. – Et donc c'est quoi ? C'est une mauvaise française ?
– Non, non.
– Parce qu'elle est de couleur noire ? – Écoutez-moi bien, encore une fois, je vous ai répété, elle, en vérité, n'a pas grande importance. Ce qu'il y a derrière, et la discussion qu'il faut avoir là-dessus, c'est le choix politique d'Emmanuel Macron, qu'il le fait à dessin. Il le fait à dessin parce que ceux qui vont protester contre son choix, ils vont entendre les questions de Benjamin Duhamel. « Ah ben alors, elle est française ou pas française ? » « Ah ben alors, ceci, alors cela. » – Attendez, j'essaie vraiment d'être plus… – Voilà le sujet.
– Attendez, j'essaie de poser les questions simples. Je ne vois toujours pas dans votre discours quel est le problème avec Kayana Kamoura, chanteuse qui a du succès en France, auprès des jeunes, mais aussi dans le monde entier, qui est sans doute l'actrice la plus écoutée. Quel est le problème ? – Je vous ai répondu. – Mais je ne comprends toujours pas. – Si, plus exactement, j'avais entendu Marion Maréchal dire au micro d'Apolline de Malherbe « Kayana Kamoura ne chantez pas en français.
C'est vrai que ce n'est pas un français reconnaissable, en tout cas. »
– Mais vous ne la connaissiez pas, parce qu'on a vu… – Depuis, depuis, j'ai écouté. – Oui, sur les réseaux sociaux, justement, on a l'image, on a la vidéo où je crois votre compagne vous fait découvrir Ayana Kamoura.
– Vous n'avez pas eu envie de vous lever et de danser ? – Non. – Ce n'est pas votre génération ? – C'est vrai, ça vous avez raison. – Ce n'est pas une question de génération, la musique. – Vous m'accordez que ce n'est pas du français. – Mais c'est quoi alors ?
– Ah si, c'est un français. – C'est une novlangue, mélange de sons anglo-saxons, de langage de banlieue arabo-africaine, etc.
– Mais c'est au-delà de français. – C'est le grand remplacement linguistique. – Voilà, mais c'est au-delà de français, puisque les Jeux Olympiques, c'est le monde entier qui regarde la France dans sa diversité, c'est-à-dire aussi la francophonie.
– Mais moi, je vais vous dire, j'ai vu les cérémonies d'ouverture, par exemple, je me souviens de la cérémonie d'ouverture de la Chine, et la Chine a glorifié son histoire, sa tradition, son génie. J'aurais aimé qu'on en fie de même. Manifestement, ce n'est pas la direction que ça prend. Je n'ai pas encore vu la cérémonie d'ouverture. Moi, je pense qu'il faut effectivement glorifier la France, son identité, son histoire, son passé, pour mieux aller vers l'avenir. Ce n'est pas en ignorant et en effaçant son passé qu'on confondra l'avenir de la France. Au contraire.
– Merci Éric Zemmour d'être passé par le plateau de BFM Story. – Merci à vous.
Éric Zemmour