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🔮 DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de Louis Aliot, maire de Perpignan, sur RMC

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

GĂ©nĂ©rĂ©e par IA — peut contenir des erreurs. MĂ©thodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 25 %Défensif 35 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Chiffre
    « On a embauché plus de 40 agents de police supplémentaires. »
  • Chiffre
    « le procureur de la République, lors de la rentrée judiciaire cette année, a annoncé le chiffre de moins 10% de la délinquance sur la circonstitution de Perpignan. »
  • Chiffre
    « Elle reste quand mĂȘme 96e sur 119. »
  • Fait
    « Ce sont des faits qui remontent à la période 2004-2016. »

ModÚle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C'est un homme qui a son Ăąge et qui est fatiguĂ©, mais qui est maintenant sous un rĂ©gime de protection juridique. Et ce sont ses enfants qui participent Ă  la gestion de ses affaires. Ces trois filles qui participent dĂ©sormais Ă  la gestion de ses affaires, il a Ă©tĂ© mis sous une forme de tutelle allĂ©gĂ©e, de prĂ©-tutelle, en quelque sorte, de tutelle lorsqu'on est conscient et qu'on dĂ©cide quand mĂȘme de prĂ©parer la suite.

Ça se passe Ă©galement comme ça aussi pour le RN, parce qu'il y Ă©tait normalement, vous le savez, comme vous d'ailleurs, et comme Marine Le Pen, convoquĂ© au tribunal en septembre. Il ne sera sans doute pas en Ă©tat d'y aller ? Je pense que le tribunal devra prononcer effectivement une mesure constatant qu'il ne peut pas ni se rendre, ni tĂ©moigner, ni participer Ă  ce procĂšs.

Vous irez vous ? Oui, bien sĂ»r. Vous faites partie des 27 personnes qui sont visĂ©es par cette enquĂȘte, soupçonnĂ©es d'avoir mis en place un systĂšme de rĂ©munĂ©ration.

Au fond, c'est la mĂȘme question qui s'Ă©tait posĂ©e avec François Bayrou et le Modem. C'est la question de la rĂ©munĂ©ration de personnes qui ne travaillent pas directement pour les parlementaires europĂ©ens, qui travailleraient plutĂŽt pour le parti, mais qui seraient payĂ©es par l'argent de l'Union europĂ©enne. Vous en dites quoi ?

C'est un débat qu'on va pouvoir maintenant avoir devant les juges pour savoir quel est réellement le statut d'un attaché parlementaire. Il y a deux statuts. Un qui est plutÎt à Bruxelles, un qui est plutÎt un attaché local.

Et tout reste à savoir maintenant à partir de quel moment on est un attaché parlementaire et le travail que l'on doit faire. En général, un attaché parlementaire d'un député, il fait de la politique. Il ne fait pas le jardin, il ne fait pas les grillades, il fait de la politique.

Et donc, on amÚnera un certain nombre d'éléments pour prouver que ces attachés parlementaires faisaient de la politique. Faire de la politique, oui, mais pour qui ? Pour le député.

Pour le député ou pour l'Union européenne ou pour les questions européennes ? Pour le député. Un député n'est pas un fonctionnaire européen.

Un assistant n'est pas un fonctionnaire européen. Les partis politiques en France, ils sont régis par l'article 4 de la Constitution. Ils sont reconnus.

Et c'est Ă  ce titre-lĂ  d'ailleurs que quand vous ĂȘtes Ă©lu dĂ©putĂ© europĂ©en, vous devez vous rattacher Ă  un parti politique. A l'occurrence, j'Ă©tais rattachĂ© Ă  l'Ă©poque au Front National. Et Ă  ce titre-lĂ , vous bĂ©nĂ©ficiez d'assistants parlementaires qui font de la politique.

C'est-à-dire à la fois certains directement du travail de l'institution parlementaire et puis d'autres qui gÚrent votre agenda, qui gÚrent la presse. Mais visiblement, il y a deux visions qui s'opposent. C'est-à-dire ça, j'ai bien compris que c'était votre vision.

C'est d'ailleurs la vision que vous auriez pu plaider en France avec le systĂšme français. Mais pour l'Union europĂ©enne, ils n'ont pas l'air d'ĂȘtre tout Ă  fait d'accord avec votre vision. Comment peut-on imaginer que les assistants parlementaires en France sont rĂ©gis par un rĂ©gime et que les mĂȘmes assistants parlementaires Ă  l'Europe, qui est une Ă©manation d'un pays ?

Vous connaissiez les rÚgles du jeu. Non, pas celles-là, parce que c'est trÚs flou. Vous savez, les rÚglements intérieurs d'ailleurs ont évolué depuis et ça a été reprécisé.

Mais la rĂšgle, elle est simple, notamment Ă  l'AssemblĂ©e nationale française. Quand vous ĂȘtes assistant parlementaire, vous faites du travail parlementaire et politique. Mais le parlementarisme, le travail parlementaire, c'est de la politique.

Ce n'est pas que du juridique. C'est aussi une question sur la maniĂšre dont on utilise ou alors dont on voit l'Union europĂ©enne en pleine campagne aujourd'hui. Cette question quand mĂȘme de savoir que vous ĂȘtes dĂ©sormais vous, Marine Le Pen, le Rassemblement national et 25 autres personnes.

Donc vous serez jugĂ©. Oui, mais les Français ne sont pas dupes. Ça fait maintenant presque 10 ans que cette enquĂȘte se dĂ©roule. 10 ans, vous vous rendez compte ?

Ce sont des faits qui remontent Ă  la pĂ©riode 2004-2016. Exactement. Et ça ne m'a pas empĂȘchĂ© d'ĂȘtre Ă©lu successivement dĂ©putĂ© national et maire.

Parce que je pense que les Français ont compris qu'aujourd'hui, il y avait un acharnement judiciaire Ă  l'encontre d'un certain nombre de personnalitĂ©s. Et tout est bon pour nuire Ă  l'intĂ©rĂȘt de ces gens-lĂ . Nos attachĂ©s parlementaires ne se sont pas enrichis.

Je ne me suis pas enrichi de l'argent de l'Europe pour ces attachés parlementaires. Il n'y a pas d'enrichissement. Ce n'est pas sur des faits d'enrichissement personnel.

Ils ont travaillé pour un député ou des députés à l'action d'un député, c'est-à-dire à la politique. Et ça, on devra le dire devant les tribunaux. Vous dites que vous avez été élu depuis, tout à fait, mais vous n'aviez pas été jugé.

Si. Et ça fait partie. Ça n'a jamais fait...

Les journaux, ça en sont fait les gorges chaudes. Le journal local en a fait la une. Pour vous dire que les Français sont quand mĂȘme assez dĂ©tachĂ©s de ces choses-lĂ .

Je l'ai encore lu en prĂ©parant cette interview. Vos opposants commencent dĂ©jĂ  Ă  dire, mais s'il est accusĂ©, jugĂ© et qu'il n'a plus le droit de se reprĂ©senter, est-ce qu'il dĂ©missionnera ? Écoutez, on verra bien, mais il y a un appel.

Si je suis condamné en premiÚre instance, il y aura un appel et on va se battre. Et je ne pense pas d'ailleurs que je serai condamné, mais ça, c'est à titre personnel. Mon cas personnel, voilà, qui se détache un peu du reste des cas.

Mais vous savez, les mĂȘmes adversaires appartiennent Ă  des formations politiques qui ont soutenu, par exemple, M. Alain JuppĂ©, qui siĂšge au Conseil constitutionnel et qui pourtant, lui, a Ă©tĂ© condamnĂ© pour emploi fictif. Nous, ce ne sont pas des emplois fictifs.

Donc vous estimez que lĂ , c'est de l'acharnement ? ComplĂštement. Louis Alliot, vous ĂȘtes le maire d'une des grandes villes, la plus grande sous-pavillon RN, je le disais, qui reste une ville trĂšs peu sĂ»re, en tout cas l'une des moins sĂ»res de France, d'aprĂšs les diffĂ©rents baromĂštres.

Le classement du Parisien, par exemple, fait de Perpignan, mĂȘme si elle a lĂ©gĂšrement quand mĂȘme remontĂ© dans le classement des villes les plus sĂ»res. Elle reste quand mĂȘme 96e sur 119. Vous aviez fait de la sĂ©curitĂ© et de la propretĂ©, mais de la sĂ©curitĂ©, votre prioritĂ©.

Est-ce que vous estimez aujourd'hui que vous n'y arrivez pas ? D'abord, il y a plusieurs classements. Le Parisien ne tient pas compte de la nature de la ville, du nombre d'habitants, etc.

C'est sur les villes de plus de 50 000 habitants. En effet, ce classement, Lille est considérée comme la derniÚre de ce classement. Je précise les choses.

Paris est Ă  la 103e position, donc derriĂšre Perpignan. Marseille aussi derriĂšre. Non, Marseille juste devant, 116e, pardon.

C'est pour vous dire. Donc vous ĂȘtes Ă  peu prĂšs dans le mĂȘme bateau que Marseille. Je veux dire, les gens prĂ©fĂšrent vivre Ă  Perpignan qu'Ă  Marseille ou Ă  NĂźmes.

Nßmes est devant nous, alors qu'aujourd'hui, on est obligé, il y a des morts pratiquement tous les mois, et il y a des forces supplémentaires qui sont obligées d'aller rétablir l'ordre. Non, nous, d'ailleurs, le classement du Figaro nous donne un certain nombre d'items pour l'année 2023 qui vont dans le bon sens. Et d'ailleurs, le procureur de la République, lors de la rentrée judiciaire cette année, a annoncé le chiffre de moins 10% de la délinquance sur la circonstitution de Perpignan.

On part de trÚs haut. On y a mis des moyens considérables. On a embauché plus de 40 agents de police supplémentaires.

On a mis de la police de proximitĂ©. On a remis de la police dans les rues. On a créé des groupes d'action pour aller gĂȘner les dealers, ce qui a des consĂ©quences quand mĂȘme importantes sur ces groupes-lĂ .

Bref, on a mis des moyens qui ont un coĂ»t financier. Et ce coĂ»t financier, malheureusement, il n'est pas compensĂ© par des dotations de l'État. Peut-ĂȘtre que l'État devra aussi se pencher sur les villes comme les nĂŽtres, qui font des efforts considĂ©rables sur la sĂ©curitĂ©, mais qui ne bĂ©nĂ©ficient pas de crĂ©dits supplĂ©mentaires pour faire face Ă  cela.

Et on va revenir sur la question des coĂ»ts tout Ă  l'heure, puisqu'il y a ce dĂ©ficit et que les collectivitĂ©s locales pourraient ĂȘtre mises Ă  nouveau Ă  contribution. Louis Alliot, hier, Perpignan, est l'une des villes qui a accueilli une nouvelle opĂ©ration, comme on les appelle, opĂ©ration PlaceNet, opĂ©ration PlaceNet XXL. Est-ce que vous avez un premier bilan et est-ce que ça a Ă©tĂ© efficace ?

Alors, ça s'est fait sur des acquisitions judiciaires. Donc, il y a des enquĂȘtes en cours. La seule chose qu'on peut dire aujourd'hui, c'est qu'on a trouvĂ© beaucoup d'argent.

Donc, beaucoup d'argent, ça veut dire beaucoup de trafic. Peu de produits. Il faudra se demander pourquoi, à ce jour-là, il y avait peu de produits.

Et donc, le rĂ©sultat est plutĂŽt positif. Et on a vu Ă  l'Ɠuvre, et c'est ça qui est important dans ce genre d'opĂ©ration, moins la communication dans un certain nombre d'endroits par un certain nombre de ministres. LĂ , il n'y avait pas de ministre.

Mais police nationale, police municipale et institutions judiciaires. Vous l'aviez demandé, cette opération PlaceNet. Est-ce que vous faisiez partie ?

Est-ce que vous Ă©tiez volontaire ? Non. Moi, j'avais Ă©tĂ© volontaire pour faire venir un escadron de gendarmerie, pour prĂȘter main forte aux forces de police.

Ce qui avait été fait. 80 gendarmes vous ont été octroyés, et ils sont sur place de maniÚre pérenne. Depuis, ils sont partis à Nßmes.

Comme c'est plus grave Ă  NĂźmes, ils sont partis Ă  NĂźmes. On ne les a plus. Mais comme on a rĂ©tabli un certain nombre de situations plutĂŽt tranquilles, mĂȘme si le trafic de drogue est endĂ©mique, il faut quand mĂȘme le dire, on s'en sort mieux que d'autres.

Mais ces opérations PlaceNet, elles montrent l'étendue des dégùts, tout simplement. Elles montrent l'étendue du trafic. Et elles ne disent pas assez, et là, je rejoins ce qu'a dit le ministre de la Justice sur votre antenne.

Éric Dupond-Moretti, qui Ă©tait Ă  ce mĂȘme micro la semaine derniĂšre. Elles montrent pas assez la responsabilitĂ© du consommateur de stupĂ©fiants. C'est-Ă -dire que celui qui met sa petite dose de coke ou celui qui se fume un joint, il est, que le veuille ou non, le complice d'un certain nombre de choses qui se passent dans nos rues, de morts quelquefois, mais aussi de drames humains, de misĂšres humaines, de cas psychiatriques de plus en plus avĂ©rĂ©s chez les plus jeunes.

Et tout cela, il faut quand mĂȘme que l'on responsabilise les gens. Sinon, nous n'y arriverons pas. Vous faites rĂ©fĂ©rence Ă  cette phrase d'Éric Dupond-Moretti, qui disait que le joint du samedi soir avait le goĂ»t du sang sĂ©chĂ© sur le trottoir.

Est-ce que vous estimez qu'au-delà de la dénonciation, il faut aller plus loin dans la condamnation ? Dans la condamnation du consommateur, ça me paraßt évident. Maintenant, il faut aller, j'allais dire, à la chasse au consommateur, qui n'est pas faite du tout, pratiquement.

Et je pense que les policiers en sont bien conscients. Il faut donner le droit à la police municipale de pouvoir verbaliser les consommateurs, ce qui n'est pas encore le cas. La police municipale n'est pas autorisée.

Elle peut arrĂȘter le dealer, mais elle ne peut pas intervenir, elle ne peut pas verbaliser. Et les AFD, les amendes forfaitaires, on devrait pouvoir le faire. Et puis, je pense que ce dont nous souffrons, c'est d'un manque de communication sur les consĂ©quences de l'usage du stupĂ©fiant.

Quand je vois le débat aujourd'hui sur la légalisation, par exemple, du cas...

Pour vous, c'est une question de santé, également ? C'est d'abord une question de santé publique, de trafic, de criminalité, bien sûr. Mais aujourd'hui, c'est une question de santé publique.

Les cas, aujourd'hui, de psychiatriques dans nos rues explosent. C'est directement la cause d'un usage de stupĂ©fiants. Tous les stupĂ©fiants, parce que vous avez les stupĂ©fiants que l'on connaĂźt, puis vous avez des stupĂ©fiants qui arrivent sur le marchĂ© qu'on ne connaĂźt pas, qui arrivent de je ne sais oĂč...

Vous ĂȘtes quoi lĂ -dessus, Ă  Perpignan ? Est-ce que vous ouvrez des unitĂ©s ? Est-ce que vous accompagnez ?

Est-ce que...

Vous savez, on est des associations qui, elles-mĂȘmes, tentent de faire face. Mais c'est Ă©norme, si vous voulez. C'est comme si vous vidiez un ocĂ©an Ă  la petite cuillĂšre.

Il nous faut maintenant des moyens d'État, une communication d'État. Il faut aller dans les Ă©coles. Il faut ouvrir des lits psychiatriques.

Je veux dire, il y a beaucoup de choses à faire qui ne sont pas faites. On s'est beaucoup acharné, à juste titre, sur le tabac. On a beaucoup fait sur l'alcool.

Je pense que maintenant, il est temps de faire sur la drogue, qui est le fléau numéro un, aujourd'hui, pour l'avenir de notre jeunesse. Louis Alliot, deux points encore sur cette question, sur ce qui se passe dans les prisons. Je voudrais vous interroger dans un instant sur les nouvelles directives.

Mais d'abord, vous avez quand mĂȘme dit cette phrase, si j'ai bien entendu. Vous avez dit, on a trouvĂ© beaucoup d'argent, mais pas beaucoup de drogue. Et vous avez dit, il faudra d'ailleurs se demander pourquoi il n'y en avait pas tant ce jour-lĂ .

Qu'est-ce qu'il faut comprendre ? Est-ce que ça veut dire que vous vous demandez s'il n'y a pas eu des complicités ? Est-ce qu'ils étaient au courant ?

Est-ce qu'ils avaient planqué la marchandise ? Moi, j'ai bien écouté ce qu'ont dit les magistrats de Marseille, je crois, ou de Nice. Les magistrats de Marseille.

Les magistrats de Marseille, sur la complicitĂ© qu'il pouvait y avoir dĂ©sormais entre un certain nombre d'agents de l'État. Ils ont mĂȘme parlĂ© d'une forme de corruption. Vous savez, ces opĂ©rations-lĂ , moi-mĂȘme, en tant que maire, je n'Ă©tais pas au courant.

J'ai été mis au courant il y a 48 heures. Et je ne savais pas quel quartier. Mais quand vous mettez des centaines d'agents sur le terrain le jour J, le matin, pour aller faire une opération, il y a un certain nombre d'informations qui circulent.

Et il faudra quand mĂȘme regarder si ces informations ne sont pas arrivĂ©es. Vous soupçonnez potentiellement une forme de complicitĂ©, active ou passive, de la part peut-ĂȘtre des forces de l'ordre ? Écoutez, Ă  Perpignan, je n'en ai pas Ă©tĂ© tĂ©moin.

Mais les propos de ce magistrat, de ce procureur Ă  Marseille, j'allais dire...

Ce procureur de Marseille, qui l'a donc dit sur RMC, il était mon invité il y a trois semaines. Ils ont beaucoup choqué. Et je dois dire qu'à Perpignan, nous avons une chaßne de commandement direction de la police nationale, procureur, et avec nous désormais, et qui sont vraiment sensibilisés sur le sujet et qui ne laissent rien passer.

Donc si ça se passe, je pense que ça sera durement sanctionné. Mais pour l'instant, rien ne me permet de vous dire que ça s'est passé. Il s'agit de Nicolas Besson, procureur de Marseille, qui était effectivement à mon micro il y a trois semaines.

Louis Alliot, Ă©tonnante clĂ©mence du gouvernement face aux divers petits trafics en prison, mais par faute de moyens, et ils le reconnaissent eux-mĂȘmes. Les tĂ©lĂ©phones portables sont officiellement interdits, mais largement rĂ©pandus. Les stupĂ©fiants sont parfois retrouvĂ©s en cellule.

Ces tĂ©lĂ©phones servent aussi parfois, depuis la prison, Ă  gĂ©rer des trafics en dehors de la prison. Et un dĂ©cret est en prĂ©paration pour allĂ©ger les sanctions contre ces deux points, les tĂ©lĂ©phones portables et les stupĂ©fiants, faute de personnel suffisant, nous dit-on, pour engager des poursuites disciplinaires. Est-ce qu'au fond, cette honnĂȘtetĂ©, dans un sens, de reconnaĂźtre qu'ils n'ont pas les moyens de faire face, est-ce que cette luciditĂ©, vous vous dites, au fond, faisons comme ça, ou est-ce qu'il faut encore serrer la vis ?

C'est un aveu de faillite. On fait faillite, on ne peut rien faire, donc on laisse courir. C'est Ă  peu prĂšs le mĂȘme schĂ©ma qui fait que, comme il n'y a plus de place de prison, on ne met pas en prison, on laisse en libertĂ©, on condamne au moins, oĂč on trouve des condamnations secondaires.

Et tout ça me alimente l'insĂ©curitĂ©, le sentiment d'insĂ©curitĂ©, la dĂ©linquance, et le sentiment surtout d'impunitĂ©. Parce qu'une fois qu'un dealer a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© 15, 20 fois au mĂȘme endroit, et qu'il ne va pas en prison, eh bien, ça lui laisse Ă  penser que, finalement, le trafic est autorisĂ©. C'est un projet, un projet de dĂ©cret, est-ce que vous vous dites, il ne faut pas publier ce dĂ©cret, mais en mĂȘme temps, quand ça ne marche pas, quand on n'y arrive pas Ă  un moment, le reconnaĂźtre ?

Alors, oĂč vont les prisons ? Laissons partir tout le monde, au moins, ça rĂ©glera tous les problĂšmes. Oui, d'accord, mais si on en est lĂ , puisque un endroit fermĂ©, contrĂŽlĂ©, surveillĂ©, fouillĂ©, aujourd'hui, vous avez de la drogue, des tĂ©lĂ©phones, et tout ce qui va avec, ce qui est quand mĂȘme absolument incroyable.

Et elles sont en plus surpeuplĂ©es. On manque de places de prison. Je veux dire, c'est un Ă©tat de faillite de l'institution judiciaire avec un manque de moyens, alors qu'il faut quand mĂȘme le dire, moi je le vois Ă  Perpignan, les procureurs font leur travail, sĂ©rieusement, mais quelquefois, il manque tout simplement de moyens.

Il peut y avoir des juges qui sont des juges laxistes, et qui remettent en libertĂ© des gens qu'on arrĂȘte, ça existe. Mais Ă  mon avis, ce n'est pas la norme aujourd'hui. Tout le monde a pris conscience de la gravitĂ© de la situation et du basculement possible d'un certain nombre de villes.

Et quand on aura...

C'est de quoi basculement ? Ça veut dire des villes qui Ă©chappent Ă  tout contrĂŽle, comme l'on voit dans certains pays d'AmĂ©rique du Sud, et des narco-villes. Et lĂ , ni la police, ni la justice n'arrivera Ă  faire son travail pour en arriver Ă  des situations extrĂȘmes, comme au Salvador, oĂč vous avez vu que le prĂ©sident lui-mĂȘme...

LĂ , vous agitez quand mĂȘme, il y a quand mĂȘme une marge. Oui, heureusement. Mais vous savez, on peut y arriver trĂšs vite, parce qu'il y a tellement d'argent...

Ces opérations placettes en sont une des réponses. Oui, oui, mais il y a tellement d'argent en jeu que je pense que les actions de la police aujourd'hui, de la douane, de la justice, services fiscaux, ne sont rien par rapport à l'immensité de la corruption et de l'argent de ce trafic-là. Là, par exemple, vous avez des points de deal à 60 000 euros, jour !

Comment vous voulez que des gamins qui dealent dans la rue ou qui chouffent dans la rue et qui sont payés des centaines d'euros, des milliers d'euros, puissent demain retrouver le chemin du marché du travail ? C'est impossible. Louis Alliot, Bruno Le Maire a tiré le signal d'alarme sur la question des déficits.

Il y a plusieurs réponses qui sont sur la table, notamment la question, certains, y compris la présidente de l'Assemblée nationale, disent qu'il faudrait taxer les super profits. Gabriel Attal, lui, parle de rente. Bruno Le Maire, lui, dit pas question, ne touchons pas, n'augmentons pas les impÎts.

Quelle est votre position, Louis Alliot ? Il faut taxer les profits qui sont immoraux. C'est quoi les profits immoraux ?

Ceux qui ont Ă©tĂ© faits, par exemple, sur le dos de la crise, tel que l'on a connu pendant le Covid. C'est-Ă -dire que pendant que l'État souffrait, pendant que l'État a mis Ă  disposition de l'argent pour permettre Ă  des entreprises de survivre et Ă  la population de vivre, certains se sont enrichis, mais durablement et d'une maniĂšre trĂšs importante. Cela, Ă  mon avis, doit ĂȘtre...

Vous pensez à quoi ? Vous pensez au domaine de l'énergie ? Oui, l'énergie, par exemple.

Pour vous, c'est immoral ? HonnĂȘtement, c'est immoral. Quand vous voyez aujourd'hui les difficultĂ©s de plus en plus de nos concitoyens, les difficultĂ©s des classes moyennes, et quand vous voyez comment se porte la bourse aujourd'hui et un certain nombre de grosses entreprises, notamment de l'Ă©nergie, qui font des super profits, oui, c'est choquant, et oui, je pense qu'il faut les taxer.

Pas d'une maniĂšre dĂ©finitive, pĂ©renne, mais au moment oĂč on peut le faire, il faut le faire, parce que les gens ne comprennent plus comment ça fonctionne. Plus ça va mal dans le peuple, et plus, en haut de la sociĂ©tĂ©, ça s'enrichit. Cet Ă©cart-lĂ  n'est pas moral.

Et Ă  l'inverse, rĂ©duire les allocations chĂŽmage, Ă  la fois dans le temps et dans le montant ? Moi, je ne crois pas que les chĂŽmeurs abusent de la situation. Il y a peut-ĂȘtre quelques tirs au flanc.

Il y a, c'est vrai, des places de travail qui ne trouvent pas preneur, mais mettons en adĂ©quation les formations avec prĂ©cisĂ©ment les besoins du marchĂ© du travail, et payons-les, et vous verrez qu'il y a un certain nombre de gens qui retrouveront le chemin de l'emploi. Aujourd'hui, il y a une inadĂ©quation, et il y a, on le voit bien, des carences dans certains mĂ©tiers. Eh bien, je pense que c'est sur ça qu'il faut travailler, plutĂŽt que de pĂ©naliser systĂ©matiquement les chĂŽmeurs qui, Ă  mon avis, au regard de la situation, n'abusent pas tant que ça quand mĂȘme. – Et sur l'objectif, Louis Alliot, qui forcĂ©ment, dont dĂ©pendent ces poches dans lesquelles on va essayer de trouver des sous, l'objectif, c'est de repasser sous la barre des 3% de dĂ©ficit, est-ce que ça vous paraĂźt un objectif nĂ©cessaire ?

Ou est-ce que vous vous dites, bon, allez, c'est pas la prioritĂ© ? – Non, mais ils ont laissĂ© filer. Écoutez, on a le plus mauvais gouvernement de toute l'histoire de la Ve RĂ©publique qui a augmentĂ© les dĂ©ficits, qui a augmenté  – Dans un contexte particulier. – Oui, d'accord, mais c'est toujours un contexte, mais il fait la leçon quand mĂȘme.

C'est toujours le contexte, mais il fait la leçon aux autres. Moi, je ne les trouve pas trĂšs bons en matiĂšre d'Ă©conomie. Et surtout, ils sont en train de menacer les collectivitĂ©s, d'aller chercher de l'argent dans les collectivitĂ©s, qui ne sont que pour 8% sur la dette de l'État.

Et donc, je leur dis de faire trÚs attention. Parce que nous sommes, nous, en situation trÚs fragile. S'ils aggravent les ponctions sur les collectivités territoriales et notamment sur les communes, les maires que nous sommes, nous serons obligés de réduire le service public, y compris la sécurité, mais y compris la culture, le sport et le reste.

Et ça, Ă©videmment, il faut l'Ă©viter Ă  tout prix. – Louis Alliot, maire de Perpignan, vice-prĂ©sident du RN. Merci d'avoir rĂ©pondu Ă  mes questions ce matin.

Il est 8h52 sur AMCB.