Commerces le 1er mai : la gauche dénonce « un passage en force » | Bourbon hebdo - 10/04/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je suis Clément Mic et vous écoutez Bourbon Hebdo, le podcast de la rédaction d'CP qui vous fait revivre l'actualité de la semaine et vous dévoile les coulisses de l'assemblée. La séance est ouverte. Bonjour à tous et ravi de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Bourbon hebbo.
Les coulisses de l'assemblée cette semaine et bien ce sont d'abord les divisions jusque dans les rangs de la majorité autour de la proposition de loi Yad. Et puis l'autre sujet de la semaine, c'est la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Dernières auditions avant la rédaction du rapport final.
À moins que à moins que et bien on vous détaillera justement les différents scénarios qui sont sur la table. Et puis pour vous servir aujourd'hui et bien Elsa Mondingava, Stéphanie Despierres et Marco Pomier. Bonjour à tous les trois.
Bonjour Clément. Elsa, je rappelle que tu présentes chaque mardi et mercredi l'émission qui est autour des questions au gouvernement sur l'antenne del LCP et Stéphanie et Marco et ben vous intervenez régulièrement dans l'émission d'Elssa mais pas seulement également dans l'émission d'Adeline François qui est le soir à 19h30 chaque voix compte. [grognement] On commence par une toute dernière actué.
Oui oui, ça s'est passé ce matin à l'Assemblée parce que pour ne rien vous cacher, on enregistre ce podcast le vendredi en fin de matinée. Les députés débattaient donc de cette proposition de loi sur l'ouverture de certains commerces le 1er mai et c'était très chaud dans l'hémicycle juste sur la nécessité de rejeter avant tout débat ce texte puisque plusieurs groupes voulaient puisque plusieurs groupes voulaient madame la présidente et mes chers collègues déposer ce texte. La seule question qui vaille me semble-t-il aujourd'hui madame madame la présente chers collègues c'est celle de la sécurité juridique.
Alors une marseillaise dans l'hémisque on a aussi entendu l'international qu'est-ce qui s'est passé et énormément de suspension de séance de demandes de quorum. Exactement. Alors ce qui s'est passé dans le jargon c'est que le groupe ensemble pour la République les troupes de Gabriel Atal ont fait une duplomb.
C'est comme ça [rires] qu'on appelle ça maintenant. Alors, je traduis évidemment, c'est dans un texte de loi, quand les députés examinent un texte de loi, ils peuvent déposer une motion de rejet pour rejeter le texte. Généralement, c'est les opposants au textes qui font ça.
Sauf que depuis quelques mois à l'assemblée, on voit que parfois ceux qui soutiennent un texte et bien vont le rejeter d'emblé. Pourquoi ? Pour accélérer le processus législatif.
C'estàdire que quand ils se disent qu'en fait ça va durer trop longtemps et cetera, il coupent cours, on rejette le texte. Sauf que c'est pour aller plus vite dans la fameuse CMP, commission mixte paritaire avec députés et sénateurs et donc pour voir faciliter l'adoption du texte. C'est compliqué, la logique est compliquée.
C'estàd on est pour le texte, donc on vote contre pour pouvoir aller plus vite dans l'adoption pour pouvoir aller plus vite. Et ce qui s'est passé c'est que ce matin, la gauche avait déposé une motion de rejet mais elle parce qu'elle voulait rejeter le texte parce qu'elle y est défavorable sentant finalement qu'il pouvait y avoir un coup de trafalgar à la retirer sa motion de rejet. Sauf que ceux qui soutenaient le texte, le bloc central et la droite étaient bien décidé justement à utiliser Stratagem.
Paf, on a remis une motion de rejet. Ça a pris tout le monde de cours. C'est pour ça qu'il y a eu énormément de suspension de séance. 2 minutes, 5 minutes.
Boris Vallot a dit 30 minutes, une demi-heure et cetera. Corum pour vérifier tout un nom. On voyait dans la salle des quêtes colonnes des députés arrivriver en courant parce que tous les groupes ont appelé les députés pour dire "Venez vite, ça peut se jouer à très très peu de voix." Et finalement, le texte a été rejeté.
Mais contrairement à ce que pourraient penser ceux qui ne sont pas d'accord avec le texte, bah c'est pas une bonne nouvelle pour ceux qui s'opposent au texte. Parce qu'en fait le truc un peu particulier, c'est que le les promoteurs du texte euh donc la droite républicaine ensemble pour la République qui avait déposé ce texte-là veulent que euh ce texte-là s'applique avant le 1er mai. Le 1er mai, c'est dans euh 2 semaines et demi.
Donc ils voulaient accélérer le processus. C'est pour ça qu'ils ont fait une duplon. La commission mix paritaire devrait se tenir la semaine prochaine, on n' pas encore de date et c'est le seul la seule possibilité d'cord sénateur et députés sénateur et député qui seront d'accord puisque le Sénat a la majorité et le Sénat majorité droite bloc central.
Donc a priori le texte devrait pouvoir être adopté en commission mix paritaire. Euh voilà donc c'est pour ça concerne on le rappelle les commerces de bouche de proximité les boulangers et le texte et les établissements culturels, je crois les cinéma les cinéma mais le texte est très circonscrit en tout cas c'est ce qu'explique le rapporteur les républicains de texte qui dit on a vraiment tout fait pour se concentrer là-dessus boulanger fleuristes cinéma mais onira pas plus loin c'est pas la porte ouverte à une remise en cause globale du 1er ma sauf que la gauche ne le croit crois pas les députés et les syndicats à gauche non plus. Donc ce matin d'ailleurs c'était rigolo, il y avait quelques une poignée de de manifestant de la CGT devant à côté de l'Assemblée nationale.
Don Sophie Binet Don Sophie Binet là secrétaire numéro 1 du syndicat qui apprenait en direct ce qui qui apprenait exactement en direct. Et ce qui est rigolo, c'est qu'on était au cas de colonnes avec Elsa pour entendre les réactions des députés et quand les députés de gauche ont eu fini de parler aux journalistes, ils ont filé immédiatement à l'extérieur de l'Assemblée rejoindre les syndicats à la CGT pour dire que ils n'abandonnait pas le combat, que ce qui s'était passé était inadmissible et cetera et cetera. Et il y avait donc la France insoumise mais il y avait aussi des députés, il y avait toute la gauche, des socialistes, des écologistes.
Juste une question, les coulisses de ce coup de ce matin, comment ça s'est organisé ? Vous savez ? Alors ce qu'on sait c'est qu'effectivement Stéphanie il disait c'est un texte qui a été porté par la droite mais qui a été repris par Gabriel Atal qui a énormément médiatisé ce combat on l'a vu dans des vidéos acheter sa baguette et cetera donc il en faisait vraiment un marqueur politique de dire voilà il faut le travail et cetera dès m lors de la réunion du groupe a été émise l'idée justement de faire pas c'est le texte un peu de n'importe quelle manière qui a même voté peut-être la motion de rejet de la gauche mais il y avait pas énormément de députés présent l'arbitrage final il a été refait il y hier soir très tard ou très tôt ce matin de dire bah on vote la motion de rejet et ça s'est pas ébrué la gauche ne l'a pas su.
Non, parce que moi je je alors la gauche s'en a un peu douté parce que finalement elle a retiré son texte de peur que même les autres votent leur motion de rejet. Mais non, avec les journalistes ça s'est pas ébruté parce qu'ils savent que dans ces cas-là, il faut un côté surprise en fait, faut pas que tout le monde soit au courant parce que sinon tout le monde ramène ses députés et cetera. Donc il y a eu voilà une discrétion sur cette manœuvre ici qui a été faite et qui a été assez bien menée puisque ça a été un peu un coup de théâtre.
Alors, la gauche a dénoncé un détournement de procédure. Cette motion de rejet effectivement, elle est pas faite pour être utilisée comme ça. Qui peut trancher ce débat quand les députés entre eux sont pas d'accord sur la façon de d'utiliser les outils de la procédure parlementaire ?
Bien, il y a le le Conseil constitutionnel qui peut trancher. Il avait tranché sur la duplon, il avait trouvé qu'il n'avait rien à redire à à cette procédure tout en mettant un peu en garde en disant "Fudrait peut-être que ce soit pas trop souvent." Là, ça fait plusieurs fois.
Donc est-ce que si le Conseil constitutionnel est saisi à nouveau et est amené à se prononcer, est-ce qu'il aura un avis plus sévère ? Euh c'est une question et c'est un enjeu. Mais moi, il y a un cadre là du groupe Ensemble pour la République qui pourtant donc fait partie de ceux qui ont bien voté cette motion de rejet en détournant un petit peu de son objet qui l'a m'écrit avec de telles pratiques je souhaite bien du courage à celles et ceux qui appartiennent aujourd'hui à la majorité et siégeront peut-être demain dans une opposition.
C'est-à-dire qu'on ouvre un petit peu des brèches. Faudra pas s'étonner après euh quand si la situation est inversée au niveau du socle politique, voilà, que tout le monde refasse la même chose. Il y en a quand même beaucoup qui sont conscients que c'est des détournements de procédure.
Quand on voilà quand elles sont bénéfiques pour nous, bah on les accepte. Le jour où certains devront les subir, je pense qu'ils sont le premier à les dénoncer. Et ça il y a quand même une prise de conscience même parmi ceux qui bah ont participé à voilà ce qui s'est passé ce matin et c'est des gens qui avaient déjà des doutes au moment de la duplom et qui disaient bon si c'est pas trop souvent là c'est vrai que si ça devient régulier des questions vont se poser.
Après il y en a d'autres ce matin qui n'avaient aucun état d'âme en disant on est c'est le seul moyen de contrer l'obstruction de la France insoumise qui ne veut pas débattre on fait ça on assume. Eux font bien de l'obstruction, pourquoi nous on utiliserait pas ces jeux de procédure ? On suivra donc la décision à venir du Conseil constitutionnel puisque les écologistes ont annoncé qu'ils allaient saisir les sages du Conseil constitutionnel.
Allez, on passe à la proposition de loi de Caroline Yadan qui vise à lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme en France. Une proposition de loi qui fait débat l'Assemblée, y compris dans la majorité. Je ne sais pas si le timing est opportun texte en ce moment.
Euh, il ne sera de toute façon compte tenu la situation géophique, pas apaisée. Or, sur ce sur ce type de texte, on a besoin d'apaisement et j'allais dire de pouvoir prendre un petit peu de recul. Donc, nous sommes très réservés sur ce texte au niveau du modèle.
Nous, nous appellerions quasiment à son retrait. C'était Périne Goulet, porte-parole du groupe démocrate à l'Assemblée. Marco, explique-nous d'abord quel est le point qui fait le plus débat dans cette proposition de Alors, effectivement, il y en a plusieurs qui qui font débat mais c'est vrai que le texte, il affirme en fait dans son exposé que la haine de l'État d'Israël est aujourd'hui consubstantielle à la haine des Juifs.
Et donc les détracteurs du texte dénoncent en fait un amalgame entre la haine des juifs et la critique d'Israël, autrement dit entre l'antisémitisme et l'antitionisme. Et donc les détracteurs du texte et bien estiment qu'il y a là un réel danger pour la liberté d'expression et que ce serait une manière finalement de museler tous les soutiens à la cause palestinienne et qu'il serait impossible maintenant de critiquer l'État d'Israël, critiquer la politique du gouvernement israélien. Voilà.
Du côté du groupe Ensemble pour la République et de Caroline Yadan, on dit c'est pas du tout le cas. Le texte, il a été vérifié par le Conseil d'État. Le Conseil d'État n'a rien trouvé à redire et il on pourra toujours critiquer le le régime de Benjamin Netaniaahou, le le le le le le le gouvernement de Benjamin Netaniaahu.
Mais effectivement, il faut quand même trouver des moyens de sanctionner les nouvelles formes d'antisémitisme. C'est ce que vous disiez, c'est le texte. Alors, Caroline Yadan est une députée macroniste.
Là, on vient d'entendre le modem qui fait pourtant partie du bloc central critiquer cette loi. Elles vont jusqu'où ces divisions dans le dans ce qu'on appelle le bloc central ? Alors, au sein du modem, on est quand même très très réservé comme le disait Pering Gou sur le texte.
Moi, je discutais avec un autre député du modem qui me disait quel h d'avoir inscrit ce texte. Il dénonçait chez Gabriel Atal une forme de clientélisme, de cynisme, d'opportunisme. Donc les mots étaient quand même assez forts contre l'initiative de Gabriel Atal.
Au sein du groupe de Gabriel Atal, il y en a beaucoup alors et ça c'est très partagé qui s'inquiètent d'un débat qui dérape complètement, d'un débat très dur au sein de l'Assemblée nationale. Tout monde s'attend un débat et un il y avait un député EPR, moi qui me disait que le débat allait être terrible et dégueulasse, je cite. Exactement.
Et après, il y en a d'autres. On va taper comme des sour insoumise et on va accepter que le HN se refasse un peu une virginité sur la question de l'antisémitisme. Ça c'est une inquiétude qu'il y a au sein du groupe.
Après maintenant, il y a un vrai problème, c'est-à-dire que certains comme le Modemandent le retrait du texte. Dans le groupe ensemble pour la République, on est un peu coincé parce qu'on se dit si on retire le texte et que c'est la France insoumise qui dicte l'agenda, c'est donner une victoire à la à la France insoumise. Exactement.
Donc on peut peut-être essayer de le maintenir. Euh Caroline Yad lors de la réunion du groupe mardi a a rappelé toutes les menaces aussi de mort dont elle faisait l'objet. On me raconte qu'elle était particulièrement émue euh et que c'était une situation difficile pour elle aussi à vivre.
Donc il faut pas que ce soit vécu comme un désaveu. Donc non il y a euh une réflexion. Je pense pas qu'on ira jusqu'à la retirer mais je sais que certains au sein du groupe espèrent qu'on nit pas le temps vraiment de finir de l'étudier parce que le le le texte pardon est à l'ordre du jour. 16 avril à partir du 16 avril 16 et 17 avril exactement mais il y a d'autres textes avant qu'il faut finir.
Donc voilà certains connaît à limite espérer qu'on en arrive pas à étudier cette PPL. Moi, il y avait un député PR qui me disait qu'il ne pouvait plus reculer maintenant et que de toute façon, il fallait examiner ce texte. En revanche, c'est vrai que Elsa disait tout le monde n'est pas forcément à l'aise he même dans le dans le groupe PR.
Certains disent que le groupe ne sera pas au complet euh la semaine prochaine pour défendre ce texte, que Gabriel Atal en revanche sera bien là parce qu'il veut défendre ce texte et Caroline Adad. Et ils ont demandé aussi à Carolinead pour l'instant de se retirer des médias, de faire le moins d'interviews possibles euh pour garder entre guillemets ses arguments dans l'hémicycle. Et Elsa disait aussi pour aussi faire en sorte que les détracteurs du texte ou ce qui s'oppose à Caroline Adad ne réutilisent pas parfois certains de ces mots et cetera pour créer des petits montages autour d'elle qui ne seraiit pas forcément cohérents par rapport à à son à son idée quoi.
Et il y a un enjeu de savoir quel ministre sera au banc puisque la personnalité du ministre peut aussi beaucoup jouer sur l'ambiance des débats. Moi, il y avait une députée qui me disait "Nous, on espère que ce sera surtout pas Aurore Berger qui est ministre de lutte contre les discriminations, mais qui est parfois très très virulente contre la France insoumise notamment pour dénoncer des dérives antisémites." Et certains préféraient que ce soit le ministre de l'intérieur, Laurent Nugèz pour avoir ce débat au sein de son cabinet.
A priori, c'est pas tranché mais en tout cas la personnalité du ministre qui va voilà être au banc va aussi compter dans l'ambiance. Stéphanie, tu voulais ajouter quelque chose ? Euh non, je pense et la gauche, ce qui est intéressant, si c'est de regarder à gauche, c'estàd que les socialistes ne savaient pas trop au départ ce qu'ils allaient faire sur cette proposition de loi et finalement ils ont décidé de voter contre, à l'exception euh de Jérôme Gedge probablement qui lui était signataire de cette proposition de loi initialement et peut-être, gen je sais plus ce qu'a dit exactement François Hollande, peut-être qu'il ne sera pas là lui non plus, mais en tout cas voilà, les socialistes ont finalement décidé de voter contre parce que ils estimaient que ça allait que cette proposition de loi pouvait aussi donner une victoire au Rassemblant national et cetera.
Et donc sur ce sujet-là, ils ont fait le choix de ne pas se désolidariser de la France insoumise alors que c'est quand même un des sujets la lutte contre l'antisémitisme qui les sépare en général. Il y a c'est vrai du coup aussi du côté du groupe PR anticipent un rejet du texte parce que si le Rassemblement national pourrait effectivement le voter peut-être peut-être le groupe Horizon est une partie du une grande partie du groupe PR mais si le modème les lâche. Certains disaient je suis pas sûr que la droite le vote finalement parce que ils sont pas forcément très courageux je cite.
Et puis effectivement si l'ensemble de la gauche vote contre le texte n'est pas forcément sûr d'être d'être d'être accepté. Oui, un mot peut-être de cette pétition citoyenne un contre cette proposition de loi parce qu'elle a dépassé les 600000 signatures cette semaine sur le site de l'Assemblée. Est-ce que ça peut peser dans la balance d'une façon ou d'une autre ?
Alors, je sais que les députés sont me disent ils sont très très interpellés. Des députés du bloc central reçoivent énormément de messages autour de la pétition, autour de cette loi et cetera. Donc, est-ce que ça joue ?
Oui, de toute façon, ça joue toujours un peu mais ça donne en fait ça donne une pression politique et une importance politique au débat. Après, ça ne changera pas la teneur du débat puisque la le il y a déjà un débat, la pétition réclame un débat mais il y a déjà un débat prévu puisque c'est le débat sur la proposition de loi. Donc ça ne changera pas en terme technique le parcours de cette proposition de loi.
Allez, on va passer à notre deuxième sujet de la semaine. viendra le temps de l'analyse, du commentaire et du bilan sur ce qu'elle révèle de notre vie politique, de sa polarisation, de ses coups d'éclat, de ce que dit notre commission de notre démocratie du spectacle où les passes d'armes, les coups d'éclat retiennent souvent plus l'attention et la lumière que le travail de fond. Et au terme de notre commission, une question vertigineuse s'impose à nous.
Que sommes-nous prêts, nous les responsables politiques, à sacrifier pour la reconnaissance les paillettes, ses accessoires, ses poussières, ses quarts d'heures de gloire ? Sans doute beaucoup, sans doute trop. Alors, c'était vous l'avez peut-être reconnu he Jérémy Patrier Leitus qui dresse un bilan sans concession de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public qui préside pourtant lui-même et on a bien compris bah qui cible un peu quelqu'un à travers ces propos là.
Bah le rapporteur Charles Loncle, je pense que c'était assez clair. C'est vrai qu'il y a eu on a énormément parlé de cette commission d'enquête, de la mise parfois entre le président et le rapporteur. Et alors, il s'inclut aussi un petit peu dans tout ça le président en disant que finalement ils ont pas montré un très beau spectacle et que certains étaient plus à la recherche de la lumière que d'une certaine vérité.
Et bah là, le débat va continuer avec le rapport. Oui. Euh Jérémie Patrielus, ça a reconnu une part de responsabilité dans le fait que la commission effectivement la commission d'enquête ne s'était pas forcément déroulée dans les meilleures conditions.
C'est vrai qu'il y a eu énormément de tensions euh et d'incidents dans cette commission d'enquête. Est-ce que ce constat, il est globalement partagé par les députés qui ont participé à cette commission ? Oui.
Oui, globalement partagé et ça fait plusieurs semaines que un certain nombre de députés qui travaillent sur ce sujet qui vont régulièrement. Moi, j'ai une députée qui m'a dit il y a quelques temps mais j'ai honte de la manière dont on questionne les gens, c'est vraiment le tribunal. Un autre me disait "Bah franchement, quand on met en cause des gens comme ça, ils ont pas vraiment enfin ils ont la possibilité de se défendre mais à ce compte-là, il faudrait carrément qu'il vienne avec un avocat parce que ça ressemble vraiment à un tribunal." Donc il y a il y a beaucoup de questionnements.
Cette commission d'enquête fait euh suscite beaucoup de questions sur la manière de les mener, sur comment il faut les organiser, qui qui a le pouvoir de convoquer, qui qui a le pouvoir de mener les débats ou pas. Et en fait, ce qui est intéressant aussi, c'est que c'est surtout ce qui s'est passé en dehors de la commission d'enquête. C'est que la commission d'enquête est publique, on a diffusé, vous pouvez regarder.
Mais après chaque fois Charles Loncle reprenait des extraits et mettait des titres un peu différents par rapport au contenu de la vidéo. Donc il y a beaucoup de députés qui se disent "Non mais c'est pas possible qu'il puisse faire ça, sauf que vous allez pas interdire à un député de tweeter." Mais il y a beaucoup de réflexions en cours sur la manière dont doivent se tenir les commissions d'enquête.
Est-ce qu'il faut changer un peu le règlement aussi pour que ce soit mieux cadré ? Voilà. Ce qui est intéressant aussi, bah c'est ce qui s'est passé lors de l'audition de Delphine Ernut, la présidente de France Télévision dernière audition cette semaine.
Elle avait été entendu une première fois, elle était restée plutôt calme. Alors là, elle a radicalement, pardon, changé de ton, on va dire. Oui.
Et je pense qu'en fait, bah c'est c'est-à-dire qu'il y a eu quand même des attaques assez fortes contre l'audiovisuel public. Et moi, il y a plusieurs députés qui m'ont dit "C'est vrai qu'on a vu le comportement des auditionnés changer au fil au début. tout le monde part un peu de bonne foi et en fait il y a eu tellement de tension, tellement de pression que déjà les gens venaient alors ils venaient toujours très préparés mais vraiment parfois avec on a vu Mathieu Pigas et Xavieral qui avait imprimé les réseaux sociaux de Charles Long pour pouvoir être très précis sur ce qui lui reprochait et cetera et pareil Delphine Arnut on pense que voilà elle a été aussi très très bien préparée et ils ont vu tout ce qui a pu être dit à la fois dans la commission et comme Stéphanie le disait en dehors dans les réseaux sociaux dans les interviews que les uns les autres menaient Donc effectivement, il y a c'est monté en il y a eu un avant après euh audition Nagi.
Euh c'est ce que beaucoup disent. Hm. Cette commission euh bah elle est censée maintenant rédiger et publier un rapport.
Est-ce qu'on est sûr qu'il verra le jour d'abord ce rapport ? Alors qu'il voit le jour oui parce que le rapport le rapporteur va le faire. Ensuite dans une commission d'enquête à l'Assemblée nationale les députés ont quelques jours pour le consulter.
C'est très privé. Ils n'ont pas le droit de prendre des photos. Ils n'ont pas le droit de le communiquer à la presse.
Enfin voilà, il y a toute une procédure. Et ensuite le rapport est voté. S'il est voté favorablement, il est publié dans les jours d'après et donc il est public.
Et la particularité, c'est que si le rapport n'est pas voté et bien en fait il disparaît. On n' plus le droit. Il ne sortent pas.
On n' pas le droit d'en parler. C'est puni même par la loi. Si vous faites sortir, c'est déjà produit euh ça.
Non, ça s'est produit si quand il y avait eu en de dans les années 2010 un rapport sur les syndicats qui avait été c'est une des seules je crois fois où ça s'est passé à l'Assemblée nationale. Et donc du coup le rapport est enterré. On enlève les vidéos sur le site de l'Assemblée nationale et les gens qui ont participé à la commission d'enquête n'ont pas le droit, Stéphanie le disait sous peine de poursuite, d'évoquer des éléments qu'ils ont pris connaissance dans la commission.
La question s'était beaucoup posée au moment de la commission d'enquête sur la gestion du Covid. Il y avait des grosses divergences comme là entre le président et le rapporteur. Président c'était Éric Siotti et le rapporteur c'était un député macroniste.
Et il y avait eu cette déjà cette question là. Et alors peut-être euh bah les différents scénarios euh sur la table. Du coup, Marco, moi pour avoir discuté avec des députés de gauche et du Bloc central qui sont dans cette commission d'enquête, euh déjà ils nous disent c'est pas maintenant que l'on va décider si oui ou non on va voter pour le rapport.
On veut d'abord voir ce qu'il y a dedans. Ce qui n'est pas encore écrit. En revanche, c'est vrai qu'ensuite ils ne sont pas forcément d'accord sur la position adoptée.
Pour l'instant, l'idée c'est pas de voter contre ce rapport parce qu'ils veulent pas non plus euh que donner une occasion à Charles Lonc le rapporteur de se victimiser en disant voilà je suis seul contre tous, je suis censuré. Donc ils veulent pas lui donner cette cette opportunité. Mais en même temps, certains députés, une députée en l'occurrence me disaient si jamais il y a des choses fausses écrites dans ce rapport, il est hors de question de le voter et d'avoir un rapport tamponné avec euh le tampon de l'Assemblée nationale, le saut de l'Assemblée nationale pour légitimer ce qui a été dit dedans alors qu'il y aurait des choses pauses.
C'est un vrai dilemme que plusieurs députés vont avoir à trancher. Là par exemple Erwan Balanon, député modem, lui il a tranché. Il dit que voilà, il ne s'opposera pas à la sortie du rapport parce que Charles Loncle il verrait une censure mais qui s'attend à ce qu'en effet il y ait des choses fausses et que ce sera compliqué pour lui.
Il peut y avoir un contre rapport et ben c'est ce qui voilà c'est ce qui Balanan lui va donner par exemple des contrepropositions et faire un contre rapport. Après quelle dimension médiatique cela prendra ? Est-ce que ces contrepropositions seront entendu ?
On sait pas mais c'était aussi en réflexion du côté de certains députés de gauche et ils s'attendent surtout à une offensive majeure de Charles Loncle dans les médias au moment de la sortie du rapport et là ils en ont certains on ont un peu peur on a utilisé ce mot un peu peur quand même de ce qu'il pourrai dire et faire par la suite. Et d'autres s'y préparent. Il y en a qui sont pour contrer le discours de Charles Long, il y en a qui sont déjà en train de réfléchir à leur stratégie de communication.
Comment est-ce qu'ils vont faire des conférences de presse ? Est-ce qu'ils vont solliciter les médias pour tenter d'être invités pour des interviews. Enfin, il y a il y a toute une réflexion en très en amont. euh sur la sortie de ce rapport.
Donc on n'a pas fini de parler de cette commission d'enquête et puis on n'a pas fini de parler de Charles Loncle parce que cette commission et ben elle lui a donné une certaine notoriété. On sait que le groupe UDR auquel il appartient va devoir se choisir un nouveau président assez rapidement parce que Éric Sioti va quitter l'Assemblée nationale pour devenir maire de Nice. Est-ce que Charles Long pourrait tenter de briguer la présidence ?
Et si oui, est-ce qu'il a ses chances ? C'est en tout cas c'est un des noms quand on demande un petit peu ce qui pourrait se passer. C'est un des noms qui revient puisque c'est un député effectivement qui a été très médiatisé sur ce côté-là.
Après, est-ce qu'il fera l'unanimité au sein du groupe ? Ça ça reste à voir. Mais effectivement, on sent bien que Charles Loncle a pas envie de s'arrêter voilà d'arrêter sa carrière médiatique après la commission d'enquête.
Il faut rappeler que le groupe UDR, c'est un petit groupe hein. Ils sont un peu plus d'une quinzaine, ils sont juste à la jauge pour pouvoir former un groupe et euh l'élection du nouveau président sera pas tout de suite parce qu'il y a des recours en fait contre l'élection d'Éric Choti en tant que maire de Nice. Et du coup euh Eric Choti peut garder son siège de député et son siège de maire tant que les recours contre son élection à la mairie ne sont pas épuisés.
Donc il devrait encore garder la tête du groupe pendant quelques semaines, voire quelques mois si la justice est un peu longue. Très bien. On arrive au terme de ce numéro de Bourbon hebdo.
Peut-être en un mot, qu'est-ce qu'il va falloir surveiller la semaine prochaine ? Bah les débats sur la proposition loyadant évidemment et aussi le vote sur les la loi simplification. On avait presque oublié qu'il fallait la voter un jour mais il y a les ZFE dedans.
Donc ça peut être à faible émission. Exactement. C'était pas censé être dedans finalement.
C'était dedans. Retiré, remis, retirer. Donc il faudra qu'on vérifie où on en est et surveiller ce vote là mardi.
Et ben, on va surveiller tout cela. Merci beaucoup à tous les trois et à la semaine prochaine.
Caroline Yadan