Geneviève Darrieussecq, députée "MoDem et Indépendants" des Landes | La politique et moi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Elle s'est lancée en politique à 48 ans, sans aucune expérience, mais ça ne l'a pas empêchée d'enchaîner les succès, jusqu'à être élue députée en 2017, mais pendant six ans, elle n'a pas siégé. Il faut dire qu'elle avait une bonne raison à cela.
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En politique, quand vous vous êtes engagée aux côtés de François Bayrou, à Mont-de-Marsan, on vous connaissait déjà, mais pas du tout pour vos idées politiques. On vous connaissait parce qu'on vous voyait sur le bord du terrain tous les dimanches, au Stade Montois, le club de rugby. Vous étiez le docteur chargé de soigner les joueurs.
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Là, quand on vous entend, c'était une période difficile pour le club. On a l'impression que vous étiez plus la psy des joueurs que la médecin.
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Alors, dans une ville comme Mont-de-Marsan, j'imagine... Il faut savoir qu'à Mont-de-Marsan, le rugby, c'est pas rien, ça compte énormément.
- 8:00OuverteRéponse directe
Ecoutez, oui. Bon, vous avez de la notoriété, ça aide, effectivement.
- 10:00OuverteRéponse directe
François Bayrou est venu vous chercher en 2004. C'était pour les régionales. A l'époque, il vous a proposé d'être tête de liste de l'UDF dans votre département des Landes, mais à l'époque, vous n'aviez jamais mis les pieds dans une salle de meeting politique. C'est assez incroyable qu'il vous ait proposé cela. Pourquoi vous a-t-il choisie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:00Geneviève DarrieussecqFait
« Je crois que ce dont les joueurs ont besoin surtout, c'est d'être entourés, de sentir que personne ne baisse les bras autour. »
- 12:00Geneviève DarrieussecqFait
« Il cherchait surtout une femme, pour être tête de liste dans les Landes. »
- 16:00Geneviève DarrieussecqFait
« Je devais cumuler un petit peu tout cela. Les choses ont fait que nous nous sommes rencontrés et que je n'ai pas pu résister à sa demande. »
- 18:00Geneviève DarrieussecqFait
« Oui, "madame X". "Puis, une femme, forcément, elle sait pas faire, "elle a pas de compétences. "Si elle n'a jamais été là, elle va pas y arriver." »
- 20:00Geneviève DarrieussecqFait
« Oui, mais parce que, très simplement, mes adversaires, c'était le Parti Socialiste. Ils étaient très machos. Ils pensaient qu'une femme ne pouvait pas y arriver et qu'une femme sans expérience dans le domaine n'y arriverait pas. »
- 22:00Geneviève DarrieussecqFait
« M. Emmanuelli, qui était président du conseil départemental et la figure tutélaire du Parti socialiste dans les Landes, a reconnu que j'avais bien travaillé quand j'ai été réélue au premier tour en 2014, donc que j'avais fait mes preuves. »
- 24:00Geneviève DarrieussecqFait
« J'ai rencontré Edouard Philippe. Le soir, j'ai été nommée secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées. »
- 32:00Geneviève DarrieussecqFait
« L'exécutif est très passionnant. En définitive, ce qui peut être intéressant, c'est la bataille politique, parce que c'est là qu'elle se joue. »
- 34:00Geneviève DarrieussecqFait
« Je comprends que tout puisse faire débat. Ce que j'ai plus de mal à comprendre, c'est une espèce d'acharnement sur, tout simplement, les habitants de nos régions. »
- 36:00Geneviève DarrieussecqFait
« C'est une accumulation, si vous voulez. Des accumulations d'interdictions ou de projets d'interdiction sur des pratiques locales, qui sont, en fait, tout simplement des pratiques traditionnelles ou des pratiques culturelles locales. »
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-Elle s'est lancée en politique à 48 ans, sans aucune expérience, mais ça ne l'a pas empêchée d'enchaîner les succès, jusqu'à être élue députée en 2017, mais pendant six ans, elle n'a pas siégé. Il faut dire qu'elle avait une bonne raison à cela. Générique ...
Bonjour, Mme Darrieussecq. -Bonjour. -En politique, quand vous vous êtes engagée aux côtés de François Bayrou, à Mont-de-Marsan, on vous connaissait déjà, mais pas du tout pour vos idées politiques.
On vous connaissait parce qu'on vous voyait sur le bord du terrain tous les dimanches, au Stade Montois, le club de rugby. Vous étiez le docteur chargé de soigner les joueurs. On va revoir un extrait d'une prise de parole de vous à cette époque. *-Je crois que ce dont les joueurs ont besoin surtout, c'est d'être entourés, de sentir que personne ne baisse les bras autour. *Elle hésite.
Dans le club, mais aussi à l'extérieur du club. Je crois qu'il faut sentir qu'on est soutenu par le public, qu'on est soutenu par la ville où on vit. -Là, quand on vous entend, c'était une période difficile pour le club.
On a l'impression que vous étiez plus la psy des joueurs que la médecin. -Les médecins, ils sont toujours là, dans les clubs en particulier, pas que pour soigner le physique. Ils sont aussi là pour soigner le moral, pour écouter les joueurs écouter quelquefois les détresses, écouter les questions.
Donc, ça fait partie du job. J'ai fait ça de façon bénévole pendant 10 ans, en structurant l'équipe médicale d'un club professionnel, d'un club devenu professionnel. Donc, c'était très passionnant, et en plus de mon activité de médecin allergologue, je faisais ça, et ça a été très passionnant. -Alors, dans une ville comme Mont-de-Marsan, j'imagine...
Il faut savoir qu'à Mont-de-Marsan, le rugby, c'est pas rien, ça compte énormément. -Oui. -J'imagine que soigner un peu les héros de la ville, c'est la rampe de lancement idéale pour la politique. -Ecoutez, oui.
Bon, vous avez de la notoriété, ça aide, effectivement. Puis, la notoriété, c'était pas que moi. C'était aussi mon mari, qui était ancien joueur, kiné de l'équipe, une grande figure locale.
Donc, si vous voulez, il a aussi participé avec moi à toute cette aventure, ou plutôt, j'y ai participé avec lui. -Là, on vous voit au milieu des joueurs. -En définitive...
Oui, ça, c'est l'esprit festif, et puis c'est toujours quand on gagne. C'est une montée en Top 14, ça, que nous avions gagnée contre Pau, d'ailleurs, en 2012. -Alors là...
Moi, j'étais très heureuse, contrairement à François Bayrou. -François Bayrou est venu vous chercher en 2004. C'était pour les régionales.
A l'époque, il vous a proposé d'être tête de liste de l'UDF dans votre département des Landes, mais à l'époque, vous n'aviez jamais mis les pieds dans une salle de meeting politique. C'est assez incroyable qu'il vous ait proposé cela. Pourquoi vous a-t-il choisie ? -Parce qu'il cherchait un profil, quelqu'un qui était connu dans sa ville, qui était engagé dans le mouvement associatif et puis qui avait une profession...
Médecin, c'est souvent... -Il cherchait une femme aussi ? -Il cherchait surtout une femme, pour être tête de liste dans les Landes.
Je devais cumuler un petit peu tout cela. Les choses ont fait que nous nous sommes rencontrés et que je n'ai pas pu résister à sa demande. -Vous aviez une petite notoriété liée au rugby, mais vos adversaires vous ont surnommée "madame X".
C'est vrai ? -Oui, "madame X". "Puis, une femme, forcément, elle sait pas faire, "elle a pas de compétences. "Si elle n'a jamais été là, elle va pas y arriver." -C'est ce qui s'est passé pour vous quatre ans après : vous vous êtes attaquée à la mairie de Mont-de-Marsan, un bastion de la gauche depuis presque un demi-siècle, aux mains du même homme politique, Philippe Labeyrie, depuis 24 ans.
Vous avez déjoué les pronostics en l'emportant. Après votre élection, vos adversaires étaient convaincus que vous alliez démissionner. C'est vrai ? -Oui, mais parce que, très simplement, mes adversaires, c'était le Parti Socialiste.
Ils étaient très machos. Ils pensaient qu'une femme ne pouvait pas y arriver et qu'une femme sans expérience dans le domaine n'y arriverait pas. Moi, je dis à tous ceux et à toutes celles qui veulent s'engager qu'il faut beaucoup travailler.
Les choses ne sont pas arrivées comme ça. C'est aussi beaucoup d'investissement, certes peut-être des capacités à comprendre les situations et à faire les choses, mais en tout cas, bien sûr que j'y suis arrivée et j'ai été réélue en 2014 au premier tour. -A quel moment vos adversaires ont commencé à changer de regard sur vous ? -Ecoutez, je pense que M.
Emmanuelli, qui était président du conseil départemental et la figure tutélaire du Parti socialiste dans les Landes, a reconnu que j'avais bien travaillé quand j'ai été réélue au premier tour en 2014, donc que j'avais fait mes preuves. -Alors, il a dit de vous : "Elle est sans doute plus tranchante "que moi." Dans la bouche d'Henri Emmanuelli, on peut se dire que c'est un compliment. -Je ne sais pas si c'est un compliment.
Oui, peut-être. -Il avait la réputation d'avoir un très fort caractère. C'était sa façon à lui de faire de la politique. -Mais je pense que je ne fais pas de la politique comme lui. -Vos différences ? -Ecoutez, lui, c'était un petit peu de la coercition au niveau du département, qui existe encore un peu, bien qu'il ne soit plus là.
De la coercition vis-à-vis des élus, des maires, tous liés automatiquement au conseil général ou au conseil départemental aujourd'hui et ne pouvant pas dévier des trajectoires qui leur étaient dictées. Moi, justement, c'est exactement l'inverse. Je pense que chacun, dans une démocratie, à partir du moment où il est élu, il peut s'exprimer et il faut que les personnes travaillent ensemble. -En 2017, à peine élue députée, tout s'est accéléré pour vous, là encore de façon un peu imprévue, on va dire.
Personne n'avait vraiment misé sur votre entrée au gouvernement. Pas même vous. Racontez-nous un peu l'histoire. -Ca, j'y ai pas pensé une seconde.
J'ai...
C'était très simple, Je venais m'inscrire à l'Assemblée nationale, j'avais fait la moitié du chemin. C'était un 21 juin. J'avais fait la moitié du chemin, et puis à 13h, j'ai un message du cabinet d'Edouard Philippe, qui me demandait de passer à Matignon parce qu'Edouard Philippe voulait me rencontrer.
Donc, j'ai rencontré Edouard Philippe. Le soir, j'ai été nommée secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées. Je vous avoue que j'étais partie de chez moi avec un sac à main pour la journée et que j'ai dû rester quelques jours.
Tout ça est assez...
Tout ça était totalement imprévu. -Parce qu'en fait, à l'origine, il était prévu que François Bayrou et Marielle de Sarnez soient au gouvernement. Les choses n'ont pas pu se faire en l'état et on a un peu l'impression que c'est l'effet papillon : deux petits événements ont des répercussions en chaîne et finissent par déterminer votre destin pour six ans. -Oui.
Je reconnais qu'il y a eu un concours de circonstances. Un concours de circonstances, pour moi, assez incroyable et qui m'a propulsée dans des gouvernements, en définitive, pendant six ans. Eh bien, voilà...
J'ai donné tout ce que j'avais, j'ai fait tout ce que je pouvais faire. J'ai été à la fois très honorée, très fière de servir mon pays et aussi très concentrée dans la tâche, dans le quotidien, mais aussi dans l'avenir qu'il faut que l'on dessine quand on est dans un gouvernement. Je trouve que bien entendu, tout cela a été tout à fait passionnant. -Passionnant pendant 6 ans.
D'abord, vous l'avez dit, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées. Vous avez été aussi ministre chargée des Personnes handicapées. Quand l'aventure a pris fin, qu'est-ce qui a dominé ?
Est-ce qu'il y avait une part de frustration de pas pouvoir aller au bout des choses, ou une part de soulagement, avec une fatigue accumulée au fil du temps ? -Ni l'un ni l'autre. Frustration...
Elle hésite. Peut-être parce que quand on...
Par exemple, pour les personnes handicapées, j'ai mis en oeuvre la conférence nationale du handicap. Toutes les annonces faites par le président de la République, il faut les décliner sur les cinq ans à venir, mais en fait, je me dis que bon, c'est bien, la feuille de route, elle a été écrite et financée. -Le plus important. -Je ne sais pas, il faut le mettre en oeuvre, après - c'est ça le plus important -, mais au moins, nous avons fait ce travail.
Ensuite, fatiguée...
Oui, c'est usant. C'est usant d'être dans les gouvernements, de faire beaucoup de déplacements. Les choses sont usantes, mais bon...
Donc, ni l'un ni l'autre. Je crois que j'ai pris ça comme je prends toutes les choses dans ma vie. J'ai eu de la chance de faire ce que j'ai fait et maintenant, j'ai d'autres objectifs. -Vous avez pris beaucoup de plaisir à la fois en tant que maire et membre du gouvernement.
Tout ça, c'est l'exécutif. Aujourd'hui, vous êtes à l'Assemblée, du côté législatif. Est-ce que ça correspond autant à votre tempérament ? -Beaucoup moins. -Mais est-ce que ça vous... -Beaucoup moins.
L'exécutif est très passionnant. En définitive, ce qui peut être intéressant, c'est la bataille politique, parce que c'est là qu'elle se joue. La bataille politique, aujourd'hui, elle est rude.
Elle est rude parce que nous sommes en majorité dite relative et que nous avons des oppositions extrêmes qui sont excessivement virulentes, qui sont même très violentes, à mon avis, dans leurs expressions. Je crois qu'il faut pas se laisser faire, parce que, d'abord, c'est bien injuste, bien entendu. Ensuite, je pense que dans ces moments troublés, la France aurait besoin d'un peu plus de modération que de radicalité et de propos violents.
Donc, il ne faut pas se laisser faire. Je veux faire de la politique. -A l'Assemblée.
On n'a pas encore parlé de votre attachement aux traditions du sud-ouest. Ca peut être la feria, mais pas seulement. Il y a aussi la défense de la corrida, le gavage des oies, la chasse.
Vous comprenez que ça fasse débat, tous ces sujets-là, dans la société ? -Je comprends que tout puisse faire débat. Ce que j'ai plus de mal à comprendre, c'est une espèce d'acharnement sur, tout simplement, les habitants de nos régions. -Pour vous, ça cible les habitants ? -Oui, bien sûr.
Bien sûr. Ils sont discriminés. On les prend pour des ploucs, excusez-moi, pour des gens qui n'ont pas de cervelle, avec une cruauté.
Bon, c'est pas ça du tout. Nous sommes...
Notre coin est un pays de cocagne, avec ses traditions, certes, avec ses modernités aussi, avec ses évolutions également. Je m'inscris en faux quand on décrit...
Par rapport à la façon dont sont décrites les choses. -Vous avez peur que ça nourrisse un vote populiste, d'interdire la corrida, par exemple ? -C'est une accumulation, si vous voulez.
Des accumulations d'interdictions ou de projets d'interdiction sur des pratiques locales, qui sont, en fait, tout simplement des pratiques traditionnelles ou des pratiques culturelles locales. Les cultures locales, il faut les maintenir. Si on pense tous la même chose, si on mange tous la même chose, eh bien, le monde n'aura plus beaucoup d'intérêt. -On va passer à notre quiz.
Je vais commencer des phrases, vous allez devoir les terminer. "Redevenir maire de Mont-de-Marsan en 2026, "c'est quelque chose..." -De possible. -Que vous envisagez, donc ? -Pourquoi pas ? -C'est noté. "J'ai l'air austère, mais..." -En fait, je le suis pas du tout, dans ma tête.
Je me marre et je trouve qu'on se marre pas assez, d'ailleurs. Ici. -Enfin, "jaune et noir "sont nos couleurs"... -Oui, vos supporters sont là, debout. -Oui... -Voilà.
Mont-de-Marsan est dans nos coeurs. C'est l'hymne. -Nos supporters seront là jusqu'au bout.
Voici la réponse. C'est l'hymne du club du Stade Montois. -Voilà. -Vous y êtes tous...
A chaque match, vous y allez ? -Bah, j'essaie, mais pendant mes six ans de gouvernement, j'ai loupé beaucoup de matchs. Heureusement qu'ils sont télévisés. -Vous allez vous rattraper. -Oui, je vais me rattraper.
Merci beaucoup d'être venue. -Merci à vous. SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA -Vos supporters Sont là debout Mont-de-Marsan est Dans nos coeurs Vos supporters seront là Jusqu'au bout
Geneviève Darrieussecq